Suite et fin du texte de Bernard Lugan intitulé La démographie africaine dans sa longue durée. La première partie est ici. La seconde partie de ce texte est titrée par l’africaniste : Les réponses historiques à l’accroissement démographique
Première difficulté, nous ignorons quelle était la population de l’Afrique sud-saharienne à l’époque précoloniale. Il semblerait que jusqu’aux XVI-XVII° siècles, elle fut un monde de basse pression démographique. De nombreux indices permettent de penser qu’un essor considérable se produisit ensuite à partir de l’introduction de plantes américaines par les Portugais : maïs et haricots devenus la nourriture de base dans toute l’Afrique australe et dans l’Afrique interlacustre, patates douces, manioc, etc., partout ailleurs.
Dans les années 1970, le phénomène avait fait dire à Yves Person, alors titulaire de la chaire d’histoire de l’Afrique à la Sorbonne que la traite européenne avait en quelque sorte « épongé » l’excédent d’une population en explosion et qu’en définitive elle avait eu peu d’impact sur la démographie africaine. Yves Person avait-il raison ? Sans entrer dans ce débat extérieur à notre sujet, et dont les développements ont été faits par Pétré-Grenouilleau en France, nous pouvons mettre en évidence plusieurs éléments :
1. Aussi bien en Afrique de l’Ouest qu’en Afrique de l’Est et australe, les traditions indiquent que partout, des milieux nouveaux ont été défrichés à partir de la fin du XVI° siècle, avec une accélération jusqu’à la veille de la colonisation.
Dans un monde que j’ai particulièrement étudié, qui est celui de la région interlacustre, les traditions des lignages défricheurs indiquent la venue de ces derniers dans la zone de la crête Congo Nil qui était alors une forêt primaire qui fut achetée aux pygmées Twa à partir du XVI° siècle. En Afrique du Sud, les traditions des Nguni du Nord (Zulu et apparentés), aussi bien que celles des Nguni du Sud (Xhosa et apparentés) indiquent le même ordre de grandeur chronologique. Dans les deux cas nous sommes en présence d’un excédent de population qui part conquérir des territoires nouveaux, l’expansion territoriale jouant alors le rôle de soupape.
2. Pour nous en tenir à ces deux ensembles régionaux sur lesquels nous sommes particulièrement bien documentés, nous constatons que la réponse des hommes à l’essor démographique y eut des applications différentes.
Dans la région interlacustre, milieu de dualisme entre la civilisation de la vache et celle de la houe, la réaction des uns et des autres face à l’essor démographique fut très différente. C’est ainsi que les pasteurs tutsi limitèrent leur croît démographique, en l’alignant sur celui des bovins. Chez eux, les pratiques abortives ou les comportements sexuels adaptés permirent de limiter l’essor de la population. Alors que les Tutsi étaient généralement polygames, cette polygamie ne déboucha pas sur une explosion démographique car les femmes les plus belles n’avaient que peu d’enfants afin qu’elles puissent conserver l’élégance de leurs formes. Il en était d’ailleurs de même avec les vaches royales.
Ayant choisi d’être minoritaires par rapport aux agriculteurs hutu qui les entouraient, il fallut aux Tutsi prendre le contrôle politique des premiers afin que le fait d’être minoritaires ne soit pas un handicap pour eux. C’est alors que, selon l’adage de l’ancien Rwanda, il fallut « sauvegarder les biens de la vache (les pâturages) contre la rapacité de la houe », et pour ce faire, un système de contrôle des hommes fut instauré au profit des Tutsi. La réponse de ceux des Hutu qui se sentirent emprisonnés fut de migrer vers la crête-Congo-Nil pour la défricher. Le mouvement fut général, ce qui explique d’ailleurs pourquoi les clans hutu de la région sont éclatés.
A la différence des Tutsi, les Hutu, pourtant monogames, affirmèrent leur différence par une démographie galopante et le phénomène s’accentua à partir du moment où ils s’implantèrent dans les zones de montagnes. Il y eut deux raisons, à cela. D’abord parce qu’il fallait des bras pour défricher la forêt et ensuite parce que ces régions étaient exemptes de malaria ou de maladie du sommeil. La seule limite au développement démographique y était la mortalité infantile due au froid et qui provoquait ces affections bronchiques dont les effets néfastes furent éliminés par la médecine coloniale.
3. En Afrique australe, le mouvement fut différent car les populations qui appartiennent à deux grands groupes, les Sotho Tswana et les Nguni, pratiquaient à la fois l’agriculture et l’élevage. Les Sotho Tswana qui vivaient sur le plateau central de l’actuelle Afrique du Sud occupaient l’espace depuis le fleuve Limpopo au nord jusqu’au nord du fleuve Orange au Sud. La limite méridionale de leur zone d’occupation était pluviométrique car au sud d’une certaine limite, l’agriculture n’était plus possible. Nous sommes mal renseignés sur eux.
En revanche, nous sommes bien documentés sur les Nguni, ou du moins sur les Nguni du Sud, à savoir les Xhosa et apparentés car dès le XVI° siècle nous disposons de témoignages de naufragés européens. Puis à partir des années 1760, le contact s’étant établi avec les Hollandais, les archives de la colonie du Cap contiennent une importante documentation les concernant. Je ne ferai pas l’histoire du contact entre les front pionniers blanc et Xhosa en Afrique du Sud, pour m’en tenir au seul point qui nous intéresse ici, à savoir la question démographique.
Les Nguni du Sud qui vivaient dans le piedmont oriental de la chaîne du Drakensberg et dans les plaines littorales à partir du sud de la région de Durban furent confrontés à un double problème : ceux qui en avaient les moyens étaient polygames et ici, la polygamie engendrait une nombreuse progéniture, or, l’espace était limité dans trois directions. Au nord, par les autres tribus nguni qui maillaient étroitement l’espace, à l’est par l’océan et à l’ouest par la chaîne du Drakensberg qui était un obstacle naturel. La seule expansion possible était donc vers le Sud. C’est pourquoi, et nous sommes très bien documentés sur la question, à partir là encore du XVI° siècle, à chaque génération, le surplus de la population partait conquérir des espaces nouveaux sur lesquels de nouvelles chefferies étaient créées.
Le phénomène est essentiel et il mérite que l’on s’y attarde. L’exemple des Xhosa, les plus connus parmi les Nguni du Sud, illustre bien cette réalité. Ici, l’organisation était comme souvent lignagère, tribale et clanique. Politiquement, l’organisation était la chefferie. Chaque chef avait plusieurs femmes dont les huttes étaient situées par ordre d’ancienneté à droite de la hutte du chef, d’où les épouses dites « de la main droite » et les « enfants de la main droite ». Mais, ne pouvait être l’héritier de la chefferie, que l’aîné des garçons né de la Grande épouse. Or, cette dernière ne pouvait être désignée qu’après l’accession au pouvoir du chef. En d’autres termes, tant qu’il était dauphin, l’héritier ne pouvait avoir de Grande épouse. A la mort de son père, il choisissait donc une nouvelle femme qui devenait sa Grande épouse et qui vivait dans son enclos chef.
Bien évidemment, il y avait une considérable différence d’âge entre les aînés des « épouses de la main droite » et celui de la Grande épouse. A chaque génération, il y avait donc contestation du pouvoir et les oncles ou demi-frères de l’héritier légitime partaient avec les membres de leur lignage et leurs dépendants pour s’installer plus loin vers le sud où ils fondaient de nouvelles chefferies. La soupape de la surpopulation était donc la conquête de terres vierges. Or, le mouvement fut bloqué à la fin du XVIII° siècle lorsque le front pionnier hollandais rencontra le front pionnier nguni. Le traumatisme fut tel chez ces derniers qu’il provoqua une crise existentielle et une anarchie dévastatrice.
Chez les Nguni du nord, la situation était différente car, même si l’organisation sociale était quasi semblable, la différence était qu’à partir du début du XVII° siècle, il n’y eut plus d’espaces vierges à conquérir, dans ces conditions, la réponse des Nguni du Nord à l’accroissement démographique fut la guerre afin que les plus forts se taillent un espace vital aux dépens des plus faibles. Or, la culture guerrière nécessitait une solide organisation laquelle déboucha sur l’étatisation dont l’accomplissement fut l’Etat zulu.
Dans les exemples choisis, nous venons donc de voir que ce fut quand il n’y eut plus d’espace vierge permettant au croît humain de s’établir que l’Etat apparut. Ce phénomène est bien connu. Pour ne prendre qu’un exemple, la naissance de l’Egypte dynastique, le « miracle égyptien », fut d’abord une réponse adaptée à un milieu particulier, l’étroite vallée du Nil, qui devait faire face à un insurmontable problème de survie de ses populations. Ce fut pour répondre aux défis de la démographie que naquit l’Etat égyptien. Rares sont les exemples de ce type car partout ailleurs en Afrique, l’espace existait et la logique n’était donc pas à la limitation de la population, mais au contraire à son essor car seuls survivaient les groupes nombreux capables d’aligner des guerriers pour se défendre et des bras pour défricher ou cultiver, d’où la philosophie de la virilité et de la fécondité.
Bernard Lugan
Texte publié avec l’aimable autorisation du site realpolitik.tv, animé par Aymeric Chauprade.
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La démographie africaine dans sa longue durée (suite et fin), par Bernard Lugan
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La démographie africaine dans sa longue durée (I), par Bernard Lugan
Universitaire africaniste, Bernard Lugan aborde les questions africaines sur la longue durée en partant du réel, à savoir la Terre et les Hommes. Pour lui, il convient de parler des Afriques et non de l’Afrique, et des Africains, donc des peuples et des ethnies, et non de l’Africain, terme aussi vague que réducteur. Après plus de trente années d’expériences de terrain et d’enseignement universitaire en Afrique – il fut notamment professeur durant dix ans à l’université nationale du Rwanda –, il mène actuellement des activités multiples : édition d’une revue africaniste diffusée par internet, direction d’un séminaire au CID (Ecole de Guerre), conseil auprès de sociétés impliquées en Afrique. Il est également expert pour l’ONU auprès du TPIR (Tribunal international pour le Rwanda) qui siège à Arusha, en Tanzanie.
Contrairement à ce qui est trop constamment affirmé, l’Afrique se développe, mais sa démographie est plus rapide que son développement. Certains chefs d’Etats en sont conscients. C’est ainsi que dans le discours prononcé le 9 juin 2008 lors de l’ouverture du deuxième congrès national sur la population, le président Moubarak d’Egypte déclara que la pression démographique était la « mère de tous les maux », la huitième plaie d’Egypte en quelque sorte. Avec une population de 80 millions d’habitants concentrée le long du Nil sur quelques dizaines de milliers de km2, avec un indice de fécondité de 3,1 par femme et un taux de croissance naturelle de 18,5 pour 1000, la catastrophe est effectivement annoncée. Le président égyptien est allé jusqu’à reprocher à ses compatriotes (je cite) de « faire concurrence aux lapins ».
I- La situation actuelle : une démographie qui bloque le développement
Aujourd’hui, l’accroissement de la population est tel qu’il gomme les effets du développement du continent et qu’il annonce de graves crises alimentaires.
Quelques chiffres permettent de saisir l’ampleur du phénomène : dans les années 1900, la population de l’Afrique était d’environ 100 millions d’individus ; dans les années 1950-1960, au moment des indépendances, elle était de 275 millions ; en 1990, de 642 millions dont 142 en Afrique du Nord ; en 2002, de 689 millions ; en 2004, de 872 millions et en 2005 de 910 millions. En 2007, la population de la seule Afrique sud-saharienne était estimée à 788 millions. Selon les Nations Unies, dans les années 2050, les Africains sud-sahariens seront un peu moins de deux milliards si toutefois les femmes n’ont que 2,5 enfants en moyenne, et aux environs de 3 milliards si elles continuent à en avoir 5,5 (1).
Or, il faut bien comprendre que c’est cette croissance démographique et elle seule, qui annule les effets du développement. Entre 1966 et 2005, le PNB du continent a en effet augmenté de 3,9% en moyenne, ce qui est une excellente performance, mais, ramené à l’évolution de la population, ce taux tombe à 1,6% (FMI, mars 2005). Entre les années 1960 et 1995, la production agricole africaine a progressé en moyenne de 1,25% par an, soit 43,75% en trente-cinq ans, ce qui est remarquable. Mais, dans le même temps, comme la population croissait de 3% par an, soit 105%, l’écart entre les besoins et les moyens s’est considérablement creusé ; le phénomène ira en augmentant car un taux de 3% entraîne un doublement de la population tous les 20 ans.
En 1970, 200 millions d’Africains n’avaient pas accès à l’électricité ; en 2002, ils étaient 500 millions. Et pourtant, en 30 ans, des dizaines de milliers de kilomètres de lignes furent tirés, mais là encore, la démographie est la grande responsable de ce constat car les naissances sont allées plus vite que l’électrification. Cet exemple se retrouve dans tous les domaines.
Autre conséquence de la surpopulation, les disettes saisonnières qui, dans la société traditionnelle apparaissaient régulièrement au moment de la soudure entre deux cycles agricoles ou lors d’accidents climatiques ponctuels, se sont transformées en famines, car les ressources alimentaires ont-elles aussi progressé moins vite que la population.
Des années 1960 à 2000, deux grandes zones furent quasiment en permanence frappées par le phénomène de famine : le Sahel et la Corne de l’Afrique. En 2002, une troisième zone s’y est ajoutée, l’Afrique australe où cinq pays, à savoir le Lesotho, le Mozambique, le Swaziland, la Zambie et le Zimbabwe furent sévèrement touchés par une crise alimentaire. Cette année là, la crise agricole frappa également des pays comme le Sénégal où la récolte céréalière 2002/2003 fut en forte baisse par rapport à celle de l’année précédente et où, faute de pâturages, certains troupeaux furent gravement affectés. Selon la Banque mondiale (Rapport de décembre 2002), en 2002, 30 millions de personnes dans toute l’Afrique eurent besoin d’une aide alimentaire. Ce chiffre a encore augmenté depuis, notamment en 2007-2008, quand 135 millions d’Africains reçurent une aide alimentaire (Banque africaine de développement, avril 2008).
Le phénomène a été amplifié par l’exode rural et par la création de mégapoles non productives mais grosses consommatrices, ce qui entraîna une baisse des productions vivrières et par conséquent l’augmentation du déficit alimentaire : « Les villes et les agglomérations du continent vont devoir absorber une vague de 12 à 13 millions d’habitants en 2008, si bien que la population urbaine va croître plus vite que la population rurale à l’horizon 2035 » (2) Or, souligne la BAD, cette urbanisation n’est pas le résultat de l’industrialisation, mais de la misère rurale.
La surpopulation a également eu des conséquences dramatiquement observables sur l’environnement, amplifiant le phénomène de désertification. Depuis la décennie 1960, le déboisement de l’Afrique qui en est une conséquence directe a même pris des proportions alarmantes. Les 3/4 des Africains se servent en effet de bois ou de charbon de bois pour la cuisson de leurs aliments ; 85% du bois coupé en Afrique sert en bois de feu, 10% pour l’habitat et 5% seulement pour l’exportation.
C’est cette démographie devenue suicidaire qui fait que l’Afrique sud-saharienne est aujourd’hui plus pauvre qu’elle ne l’était en 1960 puisque, depuis les indépendances, le revenu par habitant y a baissé entre moins 0,5 et moins 1% par an.
(1) En Afrique, le Sida a fait depuis le début de la pandémie 25 millions de morts. Dans les pays les plus touchés (Botswana 37% de la population, Zimbabwe 24%, Afrique du Sud 21%, on pourrait assister à une contraction de la population active mais pas à un dépeuplement.
(2) BAD (Banque africaine de développement), Compte-rendu de la réunion du 14 mai 2008, Maputo. Selon la Banque mondiale, en 1981 11% des pauvres de la planète vivaient en Afrique sud-saharienne. Cette proportion était de 27% en 2007 et elle sera de 33% en 2015. Selon la BM, il faudrait un « miracle » pour que la situation change (Rapport de la Banque mondiale du 26 août 2008, Washington.)A suivre : La démographie africaine dans sa longue durée
(II) – Les réponses historiques à l’accroissement démographique.
Texte publié avec l’aimable autorisation du site realpolitik.tv, animé par Aymeric Chauprade. [cc] Novopress.info, 2010, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine [http://fr.novopress.info]Lien permanent Catégories : actualité, culture et histoire, géopolitique, international 0 commentaire -
Afrique : Défense des intérêts économiques français
Conférence sur la France-Afrique à l’école Militaire par Monsieur André JANIER Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire auprès de la République de Côte d’Ivoire jusqu’à l’été 2009. L’objet de cette conférence est de donner un éclairage sur la capacité de la France à défendre ses intérêts en Afrique francophone.
16 décembre 2009…
En écoutant le parcours professionnel de notre orateur, qui d’autre que lui aurait la légitimité à redonner espoir à nos entrepreneurs, attirés qu’ils seraient vers de nouveaux territoires… de compétition.L’ambassadeur en s’adressant à son auditoire, principalement représenté par les étudiants du 3° cycle spécialisé en Intelligence Economique et Stratégie de l’EGE, mais aussi d’auditeurs de l’IHEDN et d’industriels insista sur le rôle des ambassadeurs dans un contexte de guerre économique.En géopolitique et en géostratégie l’ambassadeur est avant tout une arme pacifique de négociation(1) pour les politiques dans les conflits d’intérêts, par opposition à l’emploi de la force. Les diplomates se consacrent à contourner les confrontations directes. La guerre économique est pour lui différente du combat qui vise à éliminer les adversaires.Elle devrait avoir pour objet de contourner la confrontation(2) et d’amener les parties en présence à se placer sur des terrains de compromis ou de cheminement possibles.Ainsi en parlant aux nouveaux entrepreneurs Français, conquérants sur les marchés mondiaux, il leur répète qu’il faut reconstruire leur notoriété sur des bases de qualité et de développement durable.Sur ces champs les Chinois ne sont pas crédibles au delà des effets de vitrine comme les derniers jeux olympiques, ou en jouant les milliardaires en distribuant monnaies et palais…En Afrique ces « nouveaux » territoires s’organisent aussi selon des règles et des normes
internationales, souvent aidés en cela par la Communauté Européenne.Leur rôle est aussi de sensibiliser nos entreprises à la prise en compte essentielle de cette nouvelle donne où les rapports de force ne sont plus régis par l’antériorité d’occupation, mais par la meilleure offre du moment.Pour lui il leur faut apprendre à être patient, opiniâtre et à reconstruire leur notoriété sur des bases de qualité et de développement durable. Quelques batailles perdues n’en font pas la guerre nous encourage-il!1 http://www.ambafrance-at.org/IMG/pdf/26.08_Conf_des_Ambassadeurs.pdf
2 http://www.parti-ecologique-ivoirien.org/relation-Cote-d-Ivoire-france/SEM-Andre-Janier-aux-Ivoiriens-Ce-n-est-pas-le-moment-de-vous-decourager.phpAndré Janier, ministre plénipotentiaire hors classe, a été ambassadeur successivement au Qatar, au Tchad, au Yémen, en Iraq, et Cote d’Ivoire. Il a également représenté la France dans le processus euro-méditerranéen et dans les négociations pour le Darfour.
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Faim et pauvreté : faire payer aux Blancs le pullulement des autres
Deux ans seulement après les « émeutes de la faim », la FAO vient de lancer une nouvelle alerte à la suite de mauvaises récoltes imputables aux caprices du climat et... à la spéculation. Prétextes qu'on ne finit pas de nous resservir quand il est évident que l'élévation de la démographie mondiale et l'apparition brutale de centaines de millions de nouveaux consommateurs dans les pays émergents en sont les raisons principales. Crise ou pas crise, les tensions ne vont cesser de se renforcer sur le marché ouvert des produits de subsistance. À mesure en particulier que les masses chinoises accédant à la consommation exigeront plus de viande, plus d'œufs, plus de pâtes et que la Chine pillera les stocks de céréales de la planète.
Le climat ? Depuis 5 000 ans, le néolithique et l'apparition de l'agriculture, il n'a cessé en effet d'être l'impondérable numéro un dans l'équilibre alimentaire des hommes.
La spéculation ? S'il reproche avec véhémence aux investisseurs institutionnels leurs mauvaises pratiques sur les cours des matières premières, Olivier de Schutter, le nouveau rapporteur spécial de l'ONU sur l'alimentation, évalue leur rôle avec pertinence. « Dès 2001, écrit-il, le marché des produits dérivés des matières premières alimentaires a vu affluer un flot d'investisseurs non traditionnels. La raison en a été que d'autres marchés se sont asséchés les uns après les autres : la bulle Internet éclata fin 2001, puis celle de la Bourse, puis l'immobilier en 2007. À chaque nouvelle crise les investisseurs institutionnels passaient sur un autre marché considéré comme plus stable que le précédent. Et on peut voir de fortes ressemblances dans les comportements des matières premières alimentaires et d'autres valeurs refuge comme l'or ». Il faudra donc bien faire avec une situation dont il est peu probable qu'elle se modifie par un suicide des capitalistes. D'ailleurs, au regard de l'évolution de la Chine et de l'Inde, ils sont innombrables les « damnés de la terre » impatients de prendre leur place.
Depuis la spectaculaire envolée des prix en 2007/2008 et les « émeutes de la faim », la situation s'est certes calmée. Les spéculations se sont portées ailleurs. Mais les cours n'ont pas retrouvé leur ancien niveau. La majorité d'entre eux se calant d'ailleurs à plus de 50 % de ce qu'ils étaient précédemment. Il aura donc suffi de peu de choses, quelques intempéries par-ci par-là et une forte pression sur les marchés mondiaux d'importateurs majeurs comme l'Égypte et la Chine, pour que la tendance s'emballe à nouveau.
Trop de pluies au Canada et au Pakistan, trop de sécheresse en Eurasie, il n'en faut pas plus pour faire monter les prix des céréales. Mais le sucre et les oléo-protéagineux, nullement concernés par les intempéries russes, avaient déjà amorcé le même mouvement. Et si le monde vertueux enrage que certains puissent acheter sous les Tropiques d'immenses territoires mieux pourvus en soleil et en eau, en Afrique par exemple, comment leur reprocher de faire de la priorité alimentaire un objectif vital ?
Dans de telles conditions les ONG dont la faim dans le monde est le fonds de commerce s'agitent comme des puces. Et relaient avec acrimonie les résultats accablants publiés par les Objectifs du Millénaire pour le Développement, l'agence de l'ONU qui entend éradiquer la pauvreté d'ici 2015. On en lira sans surprise certaines des conclusions : « Nous, chefs d'Etat et de Gouvernements, réunis au siège de l'Organisation des Nations Unies, à New York, du 20 au 22 septembre 2010, constatons avec une vive inquiétude que le nombre de personnes vivant dans une extrême pauvreté ou souffrant de la faim dépasse le milliard et que les inégalités internes et entre les pays demeurent un problème majeur... La faim et la malnutrition ont de nouveau augmenté de 2007 à 2009 annulant en partie les progrès antérieurs ».
Le document, qui sera sans nul doute avalisé par l'assemblée plénière des Nations Unies, compte 65 pages et sa lecture ne peut laisser insensible tant il est une sorte de catalogue des mesures coercitives que les gestionnaires du Mondialisme entendent imposer aux nations décrétées "riches" afin de réaliser les objectifs extravagants qu'ils se sont fixés.
En finir avec la faim et la pauvreté dans le monde sans toucher à ce qui en est la cause principale : la démographie débridée des pays qui justement sont incapables de se nourrir et ne savent qu'imputer aux Occidentaux des maux dont ils sont les premiers responsables : « Nous sommes résolus, peut-on lire dans l'acte de clôture, à promouvoir et renforcer ensemble, ces prochaines années, le partenariat mondial pour le développement... affirmé dans la déclaration du Millénium, le Consensus de Monterrey, le Sommet Mondial pour le développement de Johannesburg... et la Déclaration de Doha sur le financement du développement. »
Et ce ne sont pas des paroles en l'air. Lors de cette réunion, 40 milliards d'US$ ont été promis par la communauté internationale rien que pour financer la Stratégie Mondiale pour la Santé de la Femme et de l'Enfant, une nouvelle structure lancée par Ban-Ki-Moon destinée à « sauver les vies de millions de femmes et d'enfants ». En creusant encore plus les déséquilibres démographiques de la planète.
Est-il besoin de préciser que, selon les critères du Millenium, parmi les 23 pays développés les mieux placés dans la lutte contre la faim et la pauvreté, on trouve, le Japon et la Corée du Sud mis à part, uniquement des pays blancs ? Ceux-là même qui sont mis au pilori dans tous les forums internationaux où les parasites des quatre points cardinaux viennent avec arrogance exiger leur dû. Les Français seront ravis d'apprendre que, immédiatement après le Luxembourg, ils sont les seconds de la classe, devant l'Espagne, la Suède, le Canada, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Australie, la Norvège, l'Irlande, les États-Unis, etc. L'Espagne ? L'Irlande ? Ne sont-elles pas en état de faillite ? Comme le sont le Royaume-Uni et les États-Unis ?
Mais l'équarrissage planétaire, acharné à faire disparaître toute bio-diversité humaine, poursuit imperturbablement son cours dans l'indifférence des peuples condamnés.
René BLANC. RIVAROL 22 OCTOBRE 2010 -
Jour de victoire pour la France au Mali, malgré des perspectives peu rassurantes
Mission accomplie pour la France: les forces françaises ont pris la ville de Kidal, dernier bastion des islamistes au Nord-Mali.
La guerre fut courte et inhabituelle. Elle a commencé il y a trois semaines contrairement à toute attente: les Européens ont aidé les forces américaines pendant des années en Afghanistan et en Irak, soit, mais évoquaient constamment leur retrait.
En 2011, l'opération en Libye - avant tout européenne – n’était pas une guerre-éclair malgré les apparences. Elle s'est déroulée avec une tension extrême de forces et de ressources pour les pays européens. Sans parler de son résultat, c'est-à-dire le tableau plus que dramatique de la Libye aujourd'hui. Tout cela ne renforce pas le moral.
En ce qui concerne le Mali, les Français et d'autres Européens ne pouvaient pas rester de marbre: les djihadistes qui régnaient déjà au nord du pays sont entrés en janvier à Kona (l’épicentre des combats actuels) et s'apprêtaient clairement à mettre le cap sur la capitale Bamako.
Si ce scénario était arrivé à son terme, un deuxième Afghanistan taliban apparaîtrait sur la carte de l’Afrique à proximité des pays qui fournissent du pétrole et du gaz à l'Europe – l'Algérie et la Libye - cette dernière étant elle-même sur le point de se transformer en une sorte de Mali. Et tout le secteur énergétique nucléaire français fonctionne grâce aux mines d'uranium au Niger voisin.
C'est donc ici un cas d'urgence où l'Europe - dans le cas présent la France mais appuyée d'une manière ou d'une autre par tous les Européens - fait la guerre malgré la crise économique et toutes ses dispositions pacifistes.
Leçon numéro un: sur ce modèle, la situation au Grand Moyen-Orient pourrait pousser les Européens ou les Américains à une réaction militaire immédiate en dépit de leurs propres dispositions, et pas seulement au Mali.
La logique dicte à l'UE et aux Etats-Unis une politique budgétaire prudente et une modestie idoine dans les affaires internationales. Oui. Mais le Mali a dicté un autre ordre du jour, que cela plaise ou non aux Américains et aux Européens.
L'opération au Mali est figée pour l'instant sur la mince frontière entre une "expédition" d'un corps de 2 500 soldats français et une "guerre", pendant laquelle les troupes se concentrent pendant une longue période en garnisons et que les pertes sont inévitables.
L'ennemi s'est pour l’instant évaporé et on ne peut pas dire qu'il ait opposé une forte résistance, ce qui soulève des questions désagréables: où est-il? Dans le désert? Vient ensuite le scénario optimiste: les Africains reprendront l'initiative en envoyant leurs troupes au Mali. D'accord. Mais s'ils échouaient?
Bien sûr, les mouvements ultra-islamistes sont un mal. Ils ont interdit la musique dans le nord occupé du pays et ont tenté de brûler la bibliothèque unique de Tombouctou, où sont conservées des manuscrits datant du XIIème siècle sur la vie de cet oasis à la croisée des routes commerciales.
Ces manuscrits sont majoritairement rédigés en arabe et concernent l'histoire du monde islamique. Mais pour les extrémistes salafistes, ils étaient simplement "non islamiques". Beaucoup d'ouvrages ont pu être sauvés car les habitants les avaient mis à l'abri chez eux.
Mais les autres Maliens, sont-ils bons? Un reportage de France-24 montre les troupes maliennes traînant hors de sa maison un habitant de la ville de Diabali libérée et commençant à le frapper à la tête. Parce qu'il avait une barbe. Ici, la barbe ne signifie pas simplement "musulman" – la majorité des Maliens l’est - mais salafiste.
Ce genre de procédés serait dans l'ordre des choses aujourd'hui. Voici donc ce qui pourrait se produire par la suite: le Mali se transformerait en arène de confrontation tribale et régionale, les habitants chasseraient les troupes gouvernementales et feraient revenir… devinez qui. Et si d'ici là les soldats français ne partaient pas, ils en prendraient aussi pour leur grade. Pour cette raison, d'une manière ou d'une autre, la vie renvoie les Européens à l'idée familière de la "construction nationale". Cette fois en Afrique.
Le premier ministre britannique David Cameron, qui s'est rendu mercredi en Algérie, a déclaré que 240 militaires britanniques seraient envoyés à Bamako pour aider à constituer une armée malienne régulière. C'est à peu près ce que les Britanniques et autres font en Somalie, en aidant ce qui fait office de gouvernement dans ce pays.
Pendant ce temps, les Etats-Unis comptent aider les Européens en installant dans la région une base de drones au Niger. D'abord des drones de reconnaissance, puis de combat. Rien de plus pour l'instant. Mais le débat concernant ce qui s’est passé au Mali et la marche à suivre est très intensif aux USA.
On parle également de drones et de moyens de surveillance électronique américains œuvrant déjà en Afrique - en Somalie et même cette fois au Mali, à partir du Burkina Faso. Mais le succès de l'électronique est limité, les terroristes ne sont plus très bavards au téléphone. Les conclusions des experts américains sur l'Afrique sont du réchauffé. Susanna Wing écrit dans Foreign Affairs que la démocratie a régné au Mali pendant 20 ans, puis les touaregs du nord ont profité du renversement début 2012 et de l'affaiblissement du gouvernement en tentant de créer leur propre Etat, avant de laisser leur place aux islamistes extrémistes.
Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur cette guerre. Mais il est possible que l'Afrique et ses risques puissent poser problème à l'idée chère d'Obama d’une "réorientation du Moyen-Orient vers l'Extrême-Orient" - où la Chine est en plein boom.Dmitri Kossyrev http://www.voxnr.comsource : RIA Novosti :: lien -
Etats-Unis : le marché des « mères porteuses »…
Pour quelques dizaines de milliers de dollars aux États-Unis, les agences qui évoluent dans la filière des mères porteuses proposent des jeunes femmes triées sur le volet.
Le Figaro propose ici un témoignage singulier. Jennifer, 29 ans, pionnière en matière de «création de familles», figure dans le catalogue de «plus de mille donneuses aux profils des plus exceptionnels et divers» proposé par l’agence américaine Egg Donation (Don d’ovule), «leader du marché». Elle ne veut pas d’enfant mais elle estime que ce serait «un gâchis» de ne pas «utiliser de si bons ovules»…
Voilà ce qui attend la France, après le « mariage » homosexuel. Car ne nous y trompons pas, détourner la loi de l’intérêt général pour l’ordonner à l’individu et à ses intérêts égoïstes, c’est s’exposer aux plus graves dérives consuméristes. Puisque l’enfant n’est plus sujet, mais objet de la loi, puisque le droit à l’enfant s’est substitué au droit de l’enfant, c’est désormais un véritable marché qui va se mettre en place, si la loi passe. Des « couples » homosexuel qui, par nature, ne sont pas ouverts à la transmission de la vie, auront recours à tous les artifices que la technologie mettra à leur disposition, pour « fabriquer » les enfants que les lois de la nature leur refusent…
Nous sommes entrés dans l’ère des apprentis sorciers où des lois immuables et séculaires sont bousculées pour satisfaire une idéologie destructrice, au risque de briser le fragile équilibre que l’homme a su construire avec l’apparition de la civilisation.
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Chute de la zone euro : Marine et « l’équipe Gollnisch » préparent l’Europe d’après…
La crise du capitalisme spéculatif, les effets délétères du mondialisme et ses ravages au sein d’une Union européenne au logiciel dépassé, une zone euro non viable …Chaque jour qui passe ne fait que confirmer de manière aussi évidente qu’implacable la justesse des avertissements et des analyses du Front National et de Marine Le Pen. Si la majorité des députés britanniques a finalement eu peur de la vox populi et a refusé lundi soir d’organiser un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE, les coutures de la défroque bruxelloise craquent de partout. Le quotidien La tribune l’évoque aujourd’hui, après la Grèce, c’est aujourd’hui l’Italie qui se rapproche dangereusement du bord du gouffre, pays dont la chute signerait notamment la mort de la zone euro, du moins dans sa configuration actuelle…
« Quatrième dette publique au monde (…) l’Italie présente (…) un risque systémique . Un doute sur sa capacité à rembourser sa dette et c’est la contagion à tout le système financier mondial. Près de 830 milliards d’euros de la dette italienne sont en effet dus à des opérateurs étrangers, souvent des banques et des fonds de pension. Les établissements français, qui contrôlent plusieurs banques importantes en Italie (elles mêmes ayant dans leurs comptes beaucoup d’emprunts italiens) à l’instar de la BNL (BNP),Cariparma (Crédit Agricole), seraient autrement plus concernées par un fléchissement (de l’économie italienne) que par le désastre grec. »
Si la Banque centrale européenne (BCE) a racheté massivement cet été des emprunts italiens afin de maintenir bas leurs taux « il ne saurait être question d’éponger la moitié de la dette publique italienne indique encore La tribune, comme les banques et in fine les Etats de la zone euro s’apprêtent à le faire avec les 330 milliards d’euros du total de la dette grecque. À 1.900 milliards d’euros, l’endettement accumulé par les autorités publiques transalpines n’est pas gérable à coups de Fonds européen de stabilité financière (FESF), même plus efficient».
Dans ce contexte, le Front National offre plus que jamais un recours cohérent et crédible à la pensée unique euromondialiste. La lettre d’information Entourages 2012, souligne d’ailleurs le poids de Bruno Gollnisch et de « ses proches » « au sein de l’équipe de campagne de Marine Le Pen », dans le travail de réflexion et d’élaboration du programme de la candidate nationale sur les questions européennes.
« Conseiller aux souverainetés et aux renégociations des traités », Président de l’Alliance européenne des mouvements nationaux (AEMN), Bruno Gollnisch s’est vu investi d’une tâche centrale est-il expliqué : « recenser l’ensemble des contraintes internationales et européennes qui pèseraient sur la France et réfléchir aux conditions de leur révision, à commencer par une sortie de l’euro. » De son côté l’ingénieur centralien Thibaut de La Tocnaye, qui avait « coordonné les commissions d’action politique (CAP) pour le compte de Jean-Marie Le Pen lors de la précédente élection présidentielle », « conseille désormais (Marine) sur les problématiques de réindustrialisation. »
Catherine Salagnac, la « directrice de cabinet » du député européen, « diplômée d’économie et de sciences politiques », « a pris la tête du CAP consacré à l’Europe » indique encore Entourages 2012. « En complément du travail de Bruno Gollnisch, (elle) devra élaborer les grandes lignes d’un futur traité européen revu de fond en comble mais qui n’abandonnera pas la coopération intergouvernementale. Epaulée par Edouard Ferrand, le conseiller aux affaires internationales du FN, elle n’exclut pas de s’appuyer sur la clause de retrait prévue par l’article 50 du traité de Maastricht. Ses premières propositions seront présentées (…) le 19 novembre 2011. »
On le constate, si gouverner c’est prévoir, le mouvement de Marine Le Pen est fin prêt et l’équipe de Bruno Gollnisch est en première ligne dans l’élaboration d’une politique de souveraineté et de prospérité retrouvées.
25 octobre 2011 http://www.gollnisch.com
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Islande : “Nous avons laissé les banques faire faillite”
Olafur Ragnar Grimsson, président de l’Islande est interviewé en marge de la conférence de Davos à propos du renouveau de l’économie Islandaise. Son programme a été simple : laisser les banques faire faillite, investir dans l’innovation et la haute technologie.
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VIDEO - LA FRANCE, L'EUROPE ET LE MONDE : RETOUR GEOPOLITIQUE
Gaullistes ou anti-gaullistes des années 1960, tout comme les plus jeunes d'entre nos lecteurs qui n'ont connu cette époque que par les livres, les récits ou les documents de toute nature, regarderont certainement cette vidéo avec intérêt, sans-doute avec profit, et, pour quelques uns, avec une certaine nostalgie pour un temps - à ce jour révolu, il est vrai (mais les "retours" sont toujours possibles) - où le Politique s'exprimait dans le langage de la culture et avec - au moins - les apparences de l'autorité et de la puissance.
Après cinquante ans (cette conférence de presse élyséenne de De Gaulle date du 15 mai 1962), bien des choses ont changé en France, en Europe et dans le monde. De Gaulle évoque la menace des "Soviets" : elle s'est effondrée; il parle d'une Allemagne qui, selon son expression avait "les reins cassés", l'Allemagne coupée en deux par un rideau de fer. Elle a retrouvé aujourd'hui son unité et sa puissance qui, à bien des égards, dépasse la nôtre, pour l'instant. Tout, cependant n'a pas changé. Quelques grandes constantes demeurent et restent d'actualité. En particulier tout ce qui a trait à la construction européenne, à l'heure où, justement, chacun s'interroge sur son devenir. Quelle Europe voulons-nous ? Comme Maurras, De Gaulle voulait l'Europe, mais ne voulait pas que l'on fît "comme si c'était fait". De plus, elle ne pouvait être, pour lui, que souveraine, c'est à dire indépendante des Etats-Unis d'Amérique, sans quoi elle n'existerait pas. Son projet était réaliste, progressif, volontaire mais construit sur la base des peuples et des Etats. On sait que c'est une démarche inverse qui a été suivie depuis; une démarche idéologique et technocratique, d'ailleurs plus mondialiste qu'européenne. On sait ce qu'il en est aujourd'hui et qu'au lieu d'être une force centripète qui eût uni peu à peu peuples et nations d'Europe occidentale s'habituant progressivement à leur unité, "l'Union" que l'on a tenté d'imposer aux peuples européens finit par être une force centrifuge qui oppose et divise. De fait, les peuples l'ont rejetée. D'ailleurs, à bien y regarder, l'affaiblissement des Etats, la décadence du Politique, n'ont pas du tout, comme d'aucuns l'espéraient, favorisé la construction européenne. Bien au contraire, ils l'ont rendue presque impossible.
Est-il encore temps, comme il faut sans doute le souhaiter, de reprendre avec le réalisme qui s'impose un grand projet européen ? Ou, comme à d'autres époques de notre Histoire commune, faute de volonté, faute d'autorité, faute de solidarité, ce projet, cent fois repris, finira-t-il par se dissoudre et s'évanouir une fois de plus, comme une perpétuelle utopie ? Telle est la question.
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Overdose : La prochaine crise financière (VOSTFR – Exclusivité Fortune)
En temps de crise, les sociétés cherchent des dirigeants forts et des solutions simples, mais que se passe-t’il si les solutions envisagées constituent les mêmes erreurs que celles qui ont provoqué cette crise ? Ce document relate l’origine de la plus grande crise économique de notre temps, la crise à venir.
Documentaire réalisé en 2010 par Martin Borgs et basé sur le livre de Johan Norberg : “Financial Fiasco”.
(Traduction et sous-titrage: Fortune) http://fortune.fdesouche.com/
