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international - Page 1483

  • Le piège technologique de la cyberguerre

    Le prochain numéro de la  dirigée par Jeremy Ghez porte principalement sur la cyberguerre. Infoguerre publie un extrait de l’article que Christian Harbulot a rédigé dans ce numéro spécial.

    Par Christian Harbulot

    La cyberguerre est née dans la confusion des genres (1) illustrée par la terminologie qui a fleuri ces dernières années : « cyberespace, cyberguerre, cyberdéfense, cyberstratégie, cyberattaque, cyberhacktivisme, cybercriminalité ». L’absence de doctrine française (2) sur le sujet entretient un flou conceptuel qui freine la prise de conscience des principaux intéressés (appareil militaire, structures de sécurité, acteurs économiques, société civile).

    Lorsque le pouvoir politique ne saisit pas l’enjeu stratégique, la problématique se dilue souvent dans des considérations techniques avec, dans le meilleur des cas, quelques avancées sur le terrain défensif.

    La clarification du concept de cyberguerre passe d’abord par une étude détaillée de la conflictualité propre à la société de l’information.

    Cette évidence n’en est pas une. La plupart des spécialistes du sujet ou qui se présentent comme tels prennent le problème à l’envers en partant de l’identification des failles «  des tuyaux » et non de l’analyse des stratégies qui cherchent à les exploiter.

    Cette erreur a déjà été commise lors de l’introduction du char dans les armées entre les deux guerres mondiales. Les responsables de l’armée française accueillirent cette innovation comme un apport technique à la puissance de feu de leurs forces et ne cherchèrent pas à saisir la manière dont l’ennemi allait l’utiliser en le combinant avec l’appui aérien.

    Cet aveuglement n’est pas nouveau et a déjà eu pour conséquence d’aboutir dans le passé à des défaites stratégiques ou tactiques. Les précédents historiques dans l’histoire du XXè siècle devraient pourtant inciter à une certaine prudence.

    Plusieurs conflits militaires de grande et de moyenne intensité ont mis en évidence l’importance déterminante d’une guerre de l’information par le contenu dans les stratégies des belligérants. (…)

    La place du contenu dans la guerre de l’information

    L’influence des Etats-Unis est perceptible dans cette tendance à focaliser les esprits sur le contenant tout en excluant la problématique du contenu ou la reléguant à un impact mineur.

    La volonté de détruire l’ennemi, de le priver de ses capacités de frappe militaire, de limiter son pouvoir de nuisance par une suprématie en termes d’armement incite le mode de pensée militaire américain à privilégier la technologie de la guerre et sa rentabilité. Certains officiers généraux et ingénieurs informaticiens (français en l’occurrence) en charge du dossier portent une responsabilité certaine dans cette tendance à ne cerner que la partie technique de cette nouvelle forme de guerre.

    Les premiers éléments de réflexion sur les marges de manœuvre suscitées par la nature conflictuelle de la société de l’information soulignent le lien indissociable qui existe entre le contenu et le contenant.

    Les conflits militaires qui intègrent la cyberguerre font apparaître une différence d’impact entre les actions sur le contenant et les actions à partir du contenu.

    Lors de la dernière guerre du Liban, les Israéliens ont détruit à distance des sites internet proches du Hezbollah. Mais cette réussite technique a eu peu d’effets par rapport à la photo mondialement connue du jeune enfant tué à la suite d’un bombardement israélien dans le Sud Liban.

    Les commandos du Hezbollah tiraient des roquettes à proximité d’habitations pour exploiter ensuite l’image des victimes des tirs de contre batterie de l’Etat hébreu. Cette guerre de l’information par le contenu a obligé l’armée israélienne à relever ce défi lors de la guerre dans la bande de Gaza face au Hamas. Ce dernier reprit à son compte la ruse du Hezbollah mais en commettant l’erreur de donner l’exclusivité de la prise d’images à la chaîne Al Jezira. Ce regard exclusif sur le déroulement des évènements militaires dans la bande de Gaza eut pour effet de jeter le doute sur la démonstration par les images que les dirigeants du Hamas voulait faire passer dans le reste des médias. (…)

    Les tensions en temps de paix génèrent aussi des actions de guerre de l’information. C’est l’interprétation que l’on peut donner au raid que des pirates chinois mènent désormais chaque année contre des sites japonais pour commémorer les crimes commis par l’armée nipponne (3) contre la population chinoise dans les années trente. Ces actes de piratage informatique sont un message adressé aux actuels dirigeants du Japon qui les traduit comme un acte d’intimidation. Dans cet exemple, le contenant sert de support au contenu. (…)

    Un chemin semé d’embûches

    Le contrôle des tuyaux est-il plus maîtrisable ou plus nuisible que l’information et la connaissance qu’ils véhiculent ?

    Cette question est au cœur de la problématique de la guerre de l’information. Les informaticiens et les militaires centrés sur le contenant mettent en avant la croissance exponentielle des réseaux, des individus connectés, des produits liés aux technologies de l’information.

    Cette  masse critique leur donne la légitimité dans la prise de parole et le cadrage de l’expertise.

    Il n’empêche que l’histoire des conflits passés et présents relativise le poids de la technologie dans l’issue des affrontements.

    Combien de fois faudra-t-il répéter que le Vietnam, l’Irak et l’Afghanistan ne sont pas des victoires technologiques mais  des situations d’enlisement dans lesquelles la guerre de l’information par le contenu (légitimée par des facteurs historiques et culturels) a joué et continue à jouer un rôle décisif ?

    Notes :

    • Jamel Metmati, capitaine au 40è régiment de transmissions, Une stratégie du cyberespace, le modèle des cyberopérations, revue Défense&Sécurité Internationale n°85, octobre 2012.
    • Constat émis dans le rapport de Jean Marie Bockel sur la cyberdéfense.
    • Le massacre de Nankin de 1937 est un des évènements les plus marquants de la seconde guerre sino-japonaise. Plusieurs centaines de milliers de civils et de soldats ont été tués par les soldats de l’armée impériale japonaise

    http://www.infoguerre.fr/

  • Mali, c'est quoi demain ?

    Kidal est tombé, le croissant rouge qatari est déconsidéré, les drones-tueurs américains vont décoller du Niger. Il faut passer à autre chose.
    Bambara
    On a pu un temps considérer le Mali comme le solde de répartition des espaces décolonisés. On attela deux régions antagonistes qui traînaient à la découpe, le désert au nord du fleuve tenu plus ou moins par les Touaregs, le fleuve des Songhaï et les terres à jardins du sud peuplées de Bambara. A tel enseigne qu'il exista au départ une Fédération du Mali groupant le Sénégal actuel et le Soudan français, Mali d'aujourd'hui. Cette géographie des restes, qui apparaît en Afrique et au Moyen-Orient au reflux des empires français et anglais, est de tout temps calamiteuse car une aimantation des ethnies aux pays voisins subsiste, et la devise du Mali « un Peuple - un But - une Foi » fait sourire puisque ce fut dès le départ tout l'inverse, à l'exception de l'islam soufi. L'histoire du pays est correctement résumée par la Wikipedia. La déposition du président Amadou Toumani Touré le 21 mars 2012 tient justement à ce qu'on ne voyait aucun but à sa politique autruchienne.

    Le problème de toujours est la fracture entre Touaregs et Noirs. Les premiers ont besoin des seconds pour subvenir au quotidien dans la variété alimentaire, l'artisanat, le négoce de comptoir, toutes activités qui exigent la sédentarité pour se développer ; quand les seconds peuvent facilement substituer les produits d'élevage touaregs par les leurs. Ces élevages décimés par la sècheresse ont agglutiné beaucoup de nomades sans qualifications dans les villes au sud du Sahara. Les programmes de développement pilotés par Bamako ou par les agences étrangères les ont particulièrement évités. D'où l'ambiance de rezzou persistante dans les zones désertiques qu'ils patrouillent plus qu'ils ne les contrôlent. Les tribus sont assimilées aux trafics en tout genre jusqu'au juteux narcotiques qu'ils partagent avec les hordes arabes prétendument islamistes. Peu instruits, ils ont en revanche une haute considération d'eux-mêmes et un mental fort qui leur évite de tomber dans le piège du suicide bruyant pour la Cause et les 72 vierges-aux-yeux-noirs. Aussi est-il peu à craindre qu'un Touareg se fasse sauter en plein marché. C'est plutôt une occupation d'Arabe des villes. En ce sens, le concours des autochtones est utile à détecter le freux malade dans la foule.

    Songhai
    ATT, le président renversé, était un ancien parachutiste et il est surprenant qu'il ait laissé se liquéfier l'armée malienne jusqu'au point qu'elle déserte ses postes avancés dans le nord à la première annonce d'une colonne de rebelles assoiffés de sang. Il est vrai que le massacre par le MNLA de la garnison d'Aguel'hok (cercle de Kidal) rendue à court de munitions le 18 janvier 2012, qui avait été démembrée ensuite pour faire des vidéos sur Internet, avait cassé le moral et enflammé les familles des "sacrifiés". Mais de réactions offensives, point ! On peut dater ce lâche abandon de 2005 : Lors de la fête du Maouloud (naissance du Prophète), le colonel Kadhafi convoque à Tombouctou tous les chefs de tribus touaregues du quartier afin de signer ensemble la Charte pour la Fédération du Grand Sahara au nez et à la barbe du pouvoir de Bamako. Les "unités" étaient sa marotte. Après avoir humilié convenablement ATT, il rentre à Tripoli avec des groupes touaregs qu'il place en position de garde rapprochée du pouvoir. Ce sont ces groupes qui devront se débander à la chute du raïs libyen et retourner au nord du Mali, armés jusqu'aux dents. Ils y seront reçus avec les honneurs par les officiels !!! L'armée malienne doutait de la pertinence de cet accueil aimable mais maintint sa confiance à l'ancien général jusqu'à "Aguel'hok". ATT était devenu un président playmobil dans le déni perpétuel des réalités, fustigeant l'amalgame terrorisme-islamisme-azawad (c'était sa marotte à lui). Mal équipée, démotivée, ses cadres corrompus, une fraction de l'armée le renversera, à deux mois du scrutin présidentiel !

    Kel Tamasheq
    On sait bien que résoudre la question touarègue est essentiel à la pacification et au développement du Mali. Mais elle convoque deux préalables : que les quatre Etats impliqués au Sahara agissent de concert et ne jouent pas du vieil antagonisme ethnique ; que les Touaregs non sédentarisés s'inscrivent dans un schéma économique moderne - ce qui n'est pas tout de leur responsabilité, faut-il qu'ils y soient acceptés aussi. Le maillon faible du raisonnement est l'Algérie. Il y a un blocage mental du pouvoir algérien sur l'amélioration de conditions de vie au sud-Sahara. Ces territoires qu'ils ne se sont jamais vraiment appropriés n'ont d'intérêt pour eux que minier, et le plus fort affaiblissement des voisins sahéliens est recherché dans un but dont il est difficile de trouver la logique, quand on sait le déséquilibre des forces en présence ; la prospérité de la sous-région serait quand même préférable pour tous, y compris les nomades. Pourquoi dès lors traiter en sous-main avec tel groupe djihadiste contre tel autre ? Ce brassage de fange est caractéristique d'une intention de déstabilisation de la sous-région, mais pour quel profit ? C'est à la limite de la pathologie. L'attaque d'In Amenas les a-t-elle fait changer d'avis ? Ils ont tous les moyens de fermer la frontière (pas nécessairement sur le tracé point-trait) et s'ils avaient besoin d'un soutien dans le renseignement, l'Africom américain y pourvoierait de bonne humeur. Mais le soutien est un gros-mot. Le pouvoir en place qui vit sur la trajectoire d'une victoire militaire historique contre un empire européen - on a les contrefaçons qu'on peut, nous avons les nôtres - n'a besoin du soutien de personne. Qu'on se le dise ! Aussi, coincé entre l'insurrection rampante de la Kabylie misérable au nord, l'insatisfaction populaire partout ailleurs, et l'insécurité grandissante au désert, le gouvernement risque fort de cultiver son autisme face à l'imbrication des difficultés de tous ordres, un peu comme le faisait ATT dans ses derniers mois, la tête dans le sable à compter son or, laissant à la police le comptage des mécontents.

    femme Dogon
    ATT a-t-il perçu ces empêchements d'une politique de croissance comme il l'avait promise, et attendait-il "à la Chirac" la fin de son mandat ? C'est probable. Un homme politique, même un général parachutiste peut être dépassé par la fonction, les contingences, ses humeurs, sa résilience voire l'étendue de la corruption qu'il organise. Même sans cette gangrène, la meilleure bonne volonté des présidents¹ qui s'y sont succédés en libéralisant les codes socialistes pour inciter les entrepreneurs à créer n'a pu vaincre une chose : le manque de capitaux pour mettre en valeur les fondamentaux du pays qui ne sont pas nuls. C'est pourquoi la corruption d'Etat, qui a détourné les fonds de développement destinés à le pallier, est criminelle.
    Le secteur minier produit de l'or, du fer, de la bauxite, des phosphates et du marbre. L'agriculture vivrière (blé, riz) ne peut suivre la démographie et l'agriculture commerciale (coton, maïs) n'est pas transformée sur place, faute d'investisseurs - il y a de vrais opportunités à créer des filières agro-alimentaires. Le cheptel laitier est important et le pays ne manque pas de protéines (viande, laitages) mais les filières de conservation insuffisantes obligent à importer du lait sec. La production avicole est de bon niveau ; la pêche est ridiculement faible par rapport à la ressource. Du fait des ruptures saisonnières et du climat sahélien dégradé, il manque des conserveries de fruits et légumes. Le reste de l'économie tient aux services, transport et commerce principalement. Les comptes du pays ne sont pas "horribles", et avec le retour d'un Etat compétent et honnête, et grâce à la jeunesse de sa population et à ses ressources, le Mali est un pays certes pauvre mais d'avenir. Avis aux capitalistes courageux.
    J'amortis ce billet en présentant une ONG qui mérite le détour et qui oeuvre en pays dogon. J'ai travaillé pour ces gens, efficaces et désintéressés. Une courte vidéo en dira plus long. Si vous avez six sous de reste, c'est là qu'il faut les jeter sans hésitation !

    (1) Un article de MaliJet passe en revue les grands chefs du Mali depuis l'indépendance et l'influence de la fonction sur leur comportement ; nous résumons :
    - Modibo Keïta (Bamako 1915- Djikoroni 1977), intègre jusqu'à l'os mais socialiste buté, ne laissera à sa famille qu'une ferme à Moribabougou et nul compte bancaire en Suisse. Déposé par le suivant.
    - Moussa Traoré (Sébétou 1936- ), général putschiste préférant le pouvoir à l'argent, laissera ses affidés faire fortune sur fonds internationaux quand lui ni sa famille ne furent ensuite remarqués par leur train de vie. Déposé par ATT qui fera la transition démocratique.
    - Alpha Oumar Konaré (Kayes 1946- ), viendra à bout des revendications touarègues mais pas de la corruption désormais endémique de son entourage. Terminera ses deux mandats constitutionnels propre sur lui et s'est retiré à l'OIF.
    - Amadou Toumani Touré dit ATT (Mopti 1948- ), revêtira la peau du mouton jusqu'à recevoir l'adoubement des grandes démocraties pour l'équité politique qu'il met en scène. Une gestion des pénuries à la Ben Ali, sa famille captera le plus de richesses possibles tant sur fonds internationaux que nationaux. La corruption gangrènera l'état-major. Déposé par un capitaine de rencontre, prof d'anglais au prytanée militaire, il va subir une procédure d'extradition au Sénégal pour répondre du trésor amassé par le clan.

  • La mondialisation à la source de l'endettement : l'heure de vérité !

    « Crise de l’euro », « crise de la dette » : les débats politiques et médiatiques passent à côté de l’essentiel. Il n’y a pas de crise de l’euro, il y a une crise de la dette. Et cette crise de la dette est due à la mondialisation sauvage. L’enjeu est simple : baisser massivement le niveau de vie des Européens ou bien réindustrialiser le continent européen en rétablissant des frontières. Un point de vue de François Thuillier pour Polémia.

    Crise de l’euro, crise de la dette, crise économique, tout le monde y va de son analyse, de ses pronostics, de ses solutions. Et chacun, qu’il soit politique, journaliste ou économiste, de nous faire part de ses inquiétudes, de ses commentaires ou de ses recommandations, quand il ne s’agit pas d’ouvrir une polémique sur les responsabilités des uns ou des autres. Pourtant, dans cette abondance de débats rien de clair n’émerge, ni sur la nature réelle du problème ni sur les remèdes à y apporter.

    L’euro est en crise mais son cours reste élevé

    Première incohérence : on nous parle d’une crise de l’euro. Or il n’y a pas de crise de l’euro. Certes, la monnaie européenne gêne aujourd’hui des pays comme la Grèce qui ne peuvent plus dévaluer pour redresser leur économie. Mais l’euro en tant que tel reste une monnaie forte. Si l’euro n’inspirait plus confiance, personne n’en voudrait plus et son cours s’effondrerait. Ce qui est loin d’être le cas.

    En revanche, il y a bien une crise de la dette due à des niveaux d’endettement auxquels beaucoup d’Etats européens ne peuvent plus faire face. Mais rares sont les observateurs qui avancent des explications convaincantes sur l’origine de cet endettement généralisé. On laisse entendre que cette dérive serait due au laxisme de nos dirigeants. Sans doute y a-t-il là une part de vérité, mais peut-on réellement expliquer un phénomène aussi généralisé et aussi continu par une simple dérive des comportements politiques ?

    L’endettement des pays européens, conséquence de la mondialisation sauvage

    En réalité, l’endettement massif des pays européens est principalement la conséquence de la mondialisation sauvage et du soutien idéologique indéfectible qu’elle reçoit des dirigeants du système. La mondialisation a en effet provoqué, avec la désindustrialisation, un transfert de richesse des pays européens vers les pays émergents, qui se traduit par un appauvrissement relatif de l’Europe. Or, nos gouvernants, qui n’ont cessé de vanter les mérites de cette mondialisation, n’ont jamais voulu admettre cette terrible vérité. Et pour supprimer les effets désastreux qui en résultent, ils ont cherché, malgré l’appauvrissement de notre nation, à maintenir le niveau de vie et de protection des citoyens en recourant massivement à l’emprunt. Pour ne pas avoir à réduire les prestations sociales, le service public et le pouvoir d’achat, ils ont fait vivre notre pays au-dessus de ses moyens.

    Il faut donc le dire haut et fort : la crise de l’endettement est la conséquence directe de la mondialisation sauvage. Comment expliquer autrement que l’endettement débute dans les années soixante-dix et aille croissant à mesure que les droits de douane sont supprimés et que la dérégulation commerciale se généralise ? Comment expliquer autrement que les pays européens soient tous largement endettés alors que les pays émergents disposent tous de larges excédents ?

    Il n’est plus possible de camoufler les effets néfastes de la mondialisation

    C’est donc clair : la crise que nous connaissons aujourd’hui vient du fait que la politique de camouflage des effets néfastes de la mondialisation est devenue impossible dès lors que le niveau d’endettement a atteint son seuil maximum.

    Si l’on comprend cela, on comprend pourquoi aucun gouvernement n’a jamais pu apporter une solution véritable à ce problème et pourquoi aucun des partis en présence ne peut résoudre cette crise. Attachés aveuglément à l’idéologie de la mondialisation, liés par les propos idylliques qu’ils tenaient il y a peu de temps encore sur ses supposés bienfaits, ils ne voudront jamais se déjuger et, en refusant de s’attaquer aux causes profondes de la crise, ils ne pourront qu’en développer les conséquences funestes.

    Mondialisation sauvage ou régulation aux frontières ?

    Nous sommes donc à la croisée des chemins, car quel que soit le discours de nos dirigeants il nous faut maintenant revenir à la réalité. Dès lors, deux voies et deux voies seulement nous sont ouvertes. Ou bien on remet en cause la mondialisation sauvage par une régulation réelle aux frontières de l’Europe qui permettrait de réindustrialiser notre continent et de retrouver une prospérité suffisante pour résorber nos dettes. Ou bien on laisse les frontières grandes ouvertes et il faudra alors se résoudre, contraint et forcé, à réduire le niveau de vie et de protection de nos compatriotes et à organiser l’appauvrissement et donc la régression inexorable des nations européennes.

    Tel est le véritable enjeu. Un enjeu que personne hélas ne présente clairement aux Français.

    François Thuillier
    24/11/2011

    Correspondance Polémia – 28/11/2011

  • La guerre au Mali ne profite pas à François Hollande

     Avec la prise de Tombouctou, François Hollande a remporté une première bataille mais pas encore la guerre tant les périls paraissent toujours grands pour la reconquête du nord du Mali. L'opération militaire est toujours soutenue par une majorité de Français mais ne bénéficie guère à François Hollande dans sa reconquête de l'opinion.

    Avec la prise très symbolique de Tombouctou, François Hollande semble avoir rassuré tout du moins les siens qui s’inquiétaient de son manque de décision. Moins de trois semaines après le lancement de l'opération Serval au Mali, la reconquête éclair des villes du Nord lui confère désormais l'apparence de celui qui n'a pas hésité à agir « vite et bien », loin des accusations d’hésitation qui, néanmoins, lui collent toujours à la peau.
     
    Une posture nouvelle pour le président, « plus grave et plus posée », sans doute bénéfique également sur la scène intérieure où il doit faire face à la gravité de la situation économique et sociale.
    Pour autant, et même si une majorité de Français soutient l'intervention au Mali, cette adhésion ne bénéficie encore guère à François Hollande dans les sondages. Malgré une très légère hausse, il reste une large majorité d'opinions négatives pour le président (58 à 60% de mécontents).
    Alors que la guerre au Mali s'annonce toujours périlleuse, que le chômage est toujours au plus haut en France, la reconquête de l'opinion française est donc encore loin d'être gagnée pour le « chef » de l'État.

    Avec RFI http://www.francepresseinfos.com/

  • La mondialisation a permis d'augmenter le pouvoir d'achat ? Balivernes !

    Quand les ressorts pervers de la mondialisation sont dévoilés, quelques bonnes âmes s’exclament : « Oui ! mais grâce à la mondialisation, les prix baissent, le pouvoir d’achat s’améliore. Qui lutte contre la mondialisation va donc renchérir le coût de la vie des plus pauvres, dont les tee-shirts ou les jouets en plastique vaudront soudain quelques euros de plus. » Cet argument est naïf et faux. H.de B. 

    Quelques produits ont vu baisser leurs coûts grâce à la mondialisation, comme l’électronique grand public, les jouets et une partie du textile. Mais les produits importés ne sont pas l’essentiel des dépenses obligatoires des ménages. Le coût du logement ne baisse pas grâce à la mondialisation, ni le prix des abonnements téléphoniques, de l’électricité, des transports, de l’assurance ou de la banque. Ni les impôts. Les quelques produits dont les prix ont baissé ont, en outre, souvent vu leur qualité s’effriter, comme les jouets en plastique qui connaissent une fin digne de Toy Story : la benne, vite. Dans le domaine alimentaire, la mondialisation a accéléré l’industrialisation de la production d’aliments, et provoqué une baisse effarante de la qualité des produits : poulets sans goût, saturés de déchets, viande de porc repue d’antibiotiques, viande de bœuf fourrée d’hormones de croissance, tomates hors sol truffées de pesticides, poisson d’élevage saturé d’antibiotiques. Pour cette nourriture sans goût, qui empoisonne à long terme et représente une régression majeure par rapport aux produits moins industriels, la baisse de la qualité a été bien plus forte que la baisse des prix... Le bénéfice pour le client final a été maigre.

    Pour d’autres produits, comme le textile ou l’électronique, la baisse des coûts liée au sourcing en Asie a servi à augmenter les marges des grandes marques plus qu’à baisser des prix. Apple, Nike ou Mattel pratiquent des prix élevés et des coûts bas. Ils n’ont guère contribué à l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages occidentaux. Au contraire, les marges fortes rendues possibles par la délocalisation leur ont permis d’investir massivement en marketing pour convaincre les consommateurs occidentaux d’acheter leurs produits de plus en plus cher

    Dans le textile et l’ameublement, les baisses les plus fortes de prix ne sont pas dues à la mondialisation, mais à l’adoption de nouveau business modèles par des entreprises comme Zara ou Ikea. Flux tendus, fabrication européenne mais intégrée, séries finies, rapidité dans la chaîne design/fabrication pèsent davantage sur les prix que la sous-traitance déloca- lisée. Le low-cost a été inventé dans l’aérien par Southwest et a migré en Europe grâce à Ryanair : rien à voir avec la mondialisation, pas plus que le low-cost hôtelier ou que le hard discount dans la distribution.

    Voir en la mondialisation la Jeanne d’Arc du pouvoir d’achat des classes moyennes ou inférieures relève de la stupidité ou de l’intégrisme. Il ne reste à la mondialisation venue de Chine que la baisse de prix des tee-shirts, des jouets, d’outils ou de meubles bas de gamme. Mince bilan.

    Au contraire, cette même mondialisation a pesé sur le pouvoir d’achat occidental, en faisant grimper le prix des matières premières, de l’énergie et même des produits alimentaire. L’adoption, par les milliards d’habitants des pays émergés, des pires habitudes des pays occidentaux, a créé une bulle des prix, amplifiée par les hedge funds. Les Chinois, vainqueurs et prisonniers de l’hypercapitalisme, veulent eux aussi se gaver de steaks, une des nourri- tures les plus coûteuses, les moins efficaces et les plus polluantes. Les classes moyennes inférieures et les classes pauvres occidentales ont ainsi la joie de combiner, grâce à la mondialisation, aliments de qualité douteuse et prix en augmentation.

    Au rebours de la vision des ravis du libre-échange heureux, la mondialisation a fait décliner, depuis vingt ans, le pouvoir d’achat réel de la majorité de la population des pays occidentaux. Des baisses limitées sur un nombre restreint de produits non indispensables ont été largement compensées par une dégradation de la qualité, pendant que s’envo- laient les dépenses de santé, le coût du logement et les tarifs des monopoles. La stagnation voire la baisse des salaires, ou le chômage, liés à la mondialisation, ont empiré la situation. La mondialisation, c’est l’enrichissement de quelques-uns et l’appauvrissement de presque tous.

    Henri de Bodinat http://www.polemia.com
    président de TIME Equity Partners 
    27/01/2013

  • Bouclier antimissile en Europe : éternel sujet de tensions entre Washington et Moscou

    Bouclier antimissile en Europe : éternel sujet de tensions entre Washington et Moscou

    MOSCOU (NOVopress) – Le problème de la défense antimissile reste le principal sujet d’irritation dans les relations entre Moscou et Washington. « La Russie est toujours ouverte au dialogue », a déclaré mercredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

    « Il reste des sujets d’irritation, et la défense antimissile en est le principal, mais nous sommes toujours ouverts à la poursuite du dialogue », a souligné le chef de diplomatie lors d’une conférence de presse consacrée au bilan de 2012 en politique extérieure russe.

    Celui-ci précise que les américains persistent à créer leur système ABM, Anti-ballistic Missile, sans prendre en compte les arguments de la Russie et tout en refusant de donner à Moscou la garantie que ce dispositif ne sera pas dirigé contre le potentiel nucléaire russe. Condition nécessaire à toute entente et à l’application par le Kremlin des mesures définies par le traité START, qui prévoyait une réduction du nombre d’armes nucléaires. 

    Rappelons que lors du sommet Russie-OTAN, en novembre 2010, Moscou et Washington avaient prévu de coopérer dans l’application commune de ce traité et dans le domaine de la défense antimissile européenne. Cependant, les parties n’ont jamais réussi à s’entendre sur l’architecture du futur bouclier.

    D’autres sujets de discorde sont apparus entre les deux ex-protagonistes de la guerre froide, avec notamment en 2009, l’affaire Sergueï Magnitski, avocat russe employé par un cabinet juridique américain et mort dans une prison russe. En réaction, les Etats-Unis avaient interdit de visas une soixantaine d’officiels russes.

    Depuis, la tension monte entre les deux pays dont les visions du monde semblent si différentes.

    Julien Lemaire http://fr.novopress.info

    Crédit photo : Missile Defense Agency, USA via Wikipédia (cc).

  • Mondial 2022 : Sarkozy et Platini tremperaient dans le « Qatargate »

    Mondial 2022 : Sarkozy et Platini tremperaient dans le « Qatargate » [MàJ]

    PARIS (NOVOpress) – Le Bloc identitaire a réagi face à ce “scandale”, par le biais d’un communiqué.

    Rappelant que “de la place de l’Opéra de Paris jusqu’à l’hôtel Martinez de Cannes, [il] a toujours été aux avant-postes pour dénoncer le rachat progressif de la France par le Qatar”.

    C’est la raison pour laquelle “dans un premier temps, [le Bloc identitaire] invite tous les Français à signer [sa] pétition visant à obtenir une commission d’enquête sur les investissements qataris et leurs relais en France. Cette demande n’est pas extravagante puisque certains députés indépendants ont témoigné de la même préoccupation.”

    De son coté Fabrice Robert, président du Bloc Identitaire, a personnellement indiqué :

    “Plus rien ne nous étonne de la part du Qatar. Pour cet émirat, tout – entreprises, individus, événements sportifs – est à vendre, ce n’est qu’une question de prix.
    Ce nouveau scandale permet notamment de rappeler que le Qatar tente aussi de racheter progressivement la France grâce à la lâcheté de nos élites dirigeantes. Pour exemple, une loi unique taillée sur mesure, exonère les Qataris d’imposition sur les plus-values immobilières et d’impôt sur la fortune (pour les cinq premières années de résidence) alors qu’aujourd’hui on impose l’austérité à notre peuple.
    Aujourd’hui, le Qatar se paye notre patrimoine (hôtels particuliers, palaces, etc.), investit dans les entreprises et les médias, achète nos clubs de football (PSG) et même nos banlieues.

    Le Bloc identitaire a toujours été en avance pour dénoncer le rachat progressif de la France par le Qatar. Nous entendons mettre en place très prochainement de nouvelles initiatives – au-delà des étiquettes partisanes – sur ce thème crucial pour l’avenir et l’indépendance de notre pays.”

    DOHA (NOVOpress) – Le Qatar dépense sans compter : livraison d’armes pour les islamistes en Syrie ou au Mali, financement des mosquées dans l’Hexagone, rachat des plus beaux palais français à Paris, ou encore, acquisition du PSG. Dans l’univers de l’argent sale et du ballon rond, le Qatar fait la Une des médias depuis hier. France Football a en effet publié une enquête dans laquelle le bihebdomadaire (photo ci-dessus) accuse le Qatar de corruption dans la course à l’attribution du Mondial 2022. C’est le 2 décembre 2010 que le comité exécutif de la FIFA a confié à l’émirat qatari l’organisation de cette Coupe du monde de football.

    Pour étayer sa démonstration, France Football cite notamment un mail interne de la FIFA dans lequel le secrétaire général de la Fédération internationale de football, Jérôme Valcke, déclare : « Ils ont acheté le Mondial 2022 ». Un « Qatargate » qui impliquerait également Nicolas Sarkozy et Michel Platini. La revue révèle en effet un rendez-vous secret entre Nicolas Sarkozy, Michel Platini, Sébastien Bazin (alors président du PSG) et le prince Tamin bin Hamad al-Thani du Qatar, afin de lui offrir la voix de la France.

    L’enquête de France Football n’est pas la seule à accuser de corruption le Qatar et ses soutiens occidentaux. En octobre 2010, le « Sunday Times » avait recueilli le témoignage d’une employée du service communication internationale pour la candidature du Qatar. Elle accusait deux membres du comité exécutif, l’Ivoirien Jacques Anouma et le Camerounais Issa Hayatou, président de la CAF, d’avoir touché 1,5 million de dollars afin de voter en faveur du Qatar. Elle s’est rétractée en juillet 2011…

    En décembre 2010, le Wall Street Journal révélait à son tour qu’au moins un des conseillers de la fédération qatarie avait proposé à la fédération argentine de lui verser 78,4 millions de dollars en contrepartie de son soutien. Cet énorme scandale international pourrait enfin braquer une lumière crue sur les magouilles multiformes des Qataris.

    http://fr.novopress.info

  • Timides observations sur la destruction de la race blanche en Australie (et ailleurs)

    Le journal culturel Quadrant, de tonalité conservatrice, a récemment permis à un généticien et penseur audacieux, Frank Salter, de s’exprimer sur un sujet tabou : celui de la destruction de la majorité blanche de souche anglo-celtique en Australie. Il est facile de lire cet article en ligne, que j’ai découvert par un commentaire de Kevin McDonald sur son site <theoccidentalobserver.com>.

    Ce texte ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà. La force d’une catastrophe est de frapper partout et simultanément. En Australie aussi, on supprime l’histoire, on favorise l’immigration du tiers-monde (M. Salter ose ce néologisme !), on criminalise les blancs, on leur censure tout accès au média s’ils ne pensent pas antiraciste, on encourage leur dénatalité s’ils ne sont pas Skippy le kangourou ! Rien que des bonnes nouvelles par conséquent pour tous les ennemis comme moi du fanatisme et de l’intolérance. M. Salter ajoute que c’est le premier exemple de colonisation obligatoire imposée contre sa propre population (aucun roi n’aurait fait cela, écrit-il étonnamment) ; enfin que si les USA ont commencé à basculer dans les années soixante, l’Australie a basculé dans les années 70 pour obéir à l’agenda multiracial.

    C’est comme en Hexagonie depuis les années 70. Giscard, Pompidou, la loi Pleven, la loi Veil, le regroupement familial, le rapport Ozbekan-Pelrmutter (agenda : défranciser la capitale et transformer Paris en plateforme cosmopolite), le périphérique, les grands ensembles, tout nous est tombé dessus en un seul jour, même les films Dupont-Lajoie ou Rabbi Jacob (l’affreux de Funès patauge dans ses préjugés raciaux et bien sûr dans le chewing-gum vert nommé Yankee !)

    L’intérêt du texte de M. Salter est ailleurs : il montre que la destruction de la race blanche est le programme de la démocratie mondialisée partout ; que les blancs, même quand ils votent, sont mis en minorité finalement dans leur propre pays ; qu’ils sont les seuls à être des racistes et des assassins en puissance ; qu’enfin leurs hommes et surtout leurs femmes politiques ne savent pas trop que faire pour en finir avec eux. Peut-être qu’on sera plus radical avec nous dans trente ans, quand nous aurons soixante ans de moyenne d’âge et qu’il faudra laisser la place à de plus jeunes et plus vaillants que nous ? Cochin avait décrit déjà, et Robert Michels, comment on fait monter ceux qu’il faut dans les appareils politiques.

    M. Salter remonte à l’époque de la première guerre mondiale comme Kevin McDonald, à la révolution bolchévique (ce sont eux qui vont inventer la notion de racisme, tout en massacrant les chrétiens orthodoxes de Russie et d’ailleurs) et à l’anthropologue Boas, qui a légiféré en la matière, rendant toute étude des races impossibles sous peine de poursuite. M. Salter prend soin d’insister sur les sympathies communistes de Boas et bien sûr sur son acquiescement lors du génocide ukrainien, le fameux Holodomor. Quand on est humaniste, on ne compte pas. On ne comptait pas non plus quand on était patriote humanitaire sous la révolution Française. On découvre alors la signification de l’élite hostile, que ce soit sous la forme patriotique, socialiste, américaine ou néo-européenne. Que l’on ait pu aux USA et en deux générations ramener la proportion de bébés blancs de 89 à 49 % est tout simplement et comme en France le fruit d’une politique hostile, et pas des seuls hasards de la démographie et du progrès bien mal géré. La guerre culturelle des Boas et son école avait commencé avant et préparé cette liquidation de la conscience de groupe (rebaptisée racisme donc) et des nations d’accueil, c’est-à-dire des blancs, dont tous les pays sont devenus des pays d’accueil, avec six millions de chômeurs comme en Espagne ou pas.

    M. Salter remarque que le taux de natalité (reproductive fitness, dit-il exactement) baisse avec l’immigration, ce qui est une évidence car les gens ont moins de place, d’argent et de moral pour faire des enfants. Evidemment on peut considérer surtout après la manifestation du 13 janvier, qu’il y a encore trop de blancs et de catholiques en France ! C’est ce que font les commentateurs des médias. Le président actuel qui a adressé ses voeux aux musulmans de France mais pas aux chrétiens le sait très bien. Gageons qu’il prendra les mesures fiscales qui s’imposent.

    Le fond gnostique de tout cela, c’est-à-dire de la démocratie plurielle et de la liquidation de la race blanche (ou raciste, parce que c’est la même chose), c’est le nombre. C’est la quantité. C’est la vision que les hommes ne sont pas tous égaux mais tous pareils, comme l’avait expliqué Bernanos dans sa "France contre les robots" (les robots c’est nous maintenant). C’est la vision que nous viendrons tous de la machine politique, disait Cochin, et de ceux qui la contrôlent, le boss, le vénérable, les tireurs de ficelle (les wire-pullers des élections américaines), les orateurs et tout le reste. Le règne de la quantité suppose la destruction de tous les peuples au nom d’un idéal purement quantitatif. Les partis politiques s’allient et jouent contre leurs électeurs, Cochin le rappelle pour l’Amérique en s’appuyant sur les recherches du grand savant Ostrogroski. Les Etats-Unis, les nations unies, les planètes unies, tout sera zuni.

    Il est bon de savoir que les Français ne sont pas si seuls dans leur épreuve, dans leur drôle de guerre, et que les médias sont partout tenus par de chauds partisans de la destruction des blancs et de leurs nations.

    75 % des britanniques considèrent que l’islam est inassimilable en Grande-Bretagne (sur ces 25 % d’euphoriques en matière d’islamisme, combien de british de souche ? Ils ne sont plus que 84 % dans leur pays, d’où les blancs partent, comme de France et de Hollande d’ailleurs) ; la presse allemande a fait état des comportements ahurissant et sadiques des minorités levantines dans le grand Berlin ou à Brême (même les juges et la police ont peur) ; l’Amérique blanche se réveille timidement, qui n’a pas pu voter librement pour son candidat naturel et anti-impérial, le médecin libertarien Ron Paul ; et l’Australie maintenant qui en dépit du boom minier montre que l’on a tout détruit là-bas aussi, fabriquant à la chaîne des générations d’homosexuels et d’homophobes (les autres). Franck Salter a d’ailleurs commencé son étude par un examen de la théorie du genre qui est en train de dévaster - pardon, d’instruire - aussi la France.

    Mais je retourne à mes chères études puisque cette entropie (à venir) des Blancs et de la chrétienté était déjà écrite par un autre savant australien, le Dr Pearson, dont j’ai déjà parlé, et vers la fin du XIXe siècle. Le docteur Salter cite aussi un autre universitaire, M. Kaufmann, qui évoque le coup de balai anti-anglo-saxon en Amérique du Nord à partir des années 50. A soixante ans de là (comme le temps passe vite ! comme nous ne nous rendons compte de rien !), les vieux Américains d’origine européenne pourront au moins se satisfaire d’une chose : on a remplacé la bête immonde blanche par de la bonne vieille dette. De la bête à la dette. Car la disparition de l’une est allée avec l’émergence de l’autre. Comme en Hexagonie d’ailleurs.

    Nicolas Bonnal http://www.france-courtoise.info/

    Franck Sakter: "The War Against Human Nature" - "III: Race and the Nation in the Media"
    Eric Kaufmann: "The rise and fall of Anglo-America"
  • La reconquête de l’Afrique

    Au-delà des discours lénifiants de Barack Obama et François Hollande, le géographe Manlio Dinucci observe l’ensemble de l’action des États-Unis et de la France en Afrique. Ce que l’on pourrait croire être, ici ou là, des opérations humanitaires ponctuelles, apparaît à une échelle plus vaste comme une entreprise systématique de recolonisation.

    Au moment même où le président démocrate Barack Obama réaffirmait dans son discours inaugural que les États-Unis, «  source d’espoir pour les pauvres, soutiennent la démocratie en Afrique  », de gigantesques avions étasuniens C-17 transportaient des troupes françaises au Mali, où Washington a installé au pouvoir l’an dernier le capitaine Sanogo, entraîné aux USA par le Pentagone et par la CIA, en aiguisant les conflits internes.

    La rapidité avec laquelle a été lancée l’opération, officiellement pour protéger le Mali de l’avancée des rebelles islamistes, démontre que celle-ci avait été planifiée depuis longtemps par le socialiste François Hollande. La collaboration immédiate des États-Unis et de l’Union européenne, qui a décidé d’envoyer au Mali des spécialistes de la guerre avec des fonctions d’entraînement et de commandement, démontre que l’opération avait été planifiée conjointement à Washington, Paris, Londres et dans d’autres capitales.

    Les puissances occidentales, dont les groupes multinationaux rivalisent entre eux pour s’accaparer les marchés et les sources de matières premières, se compactent quand leurs intérêts communs sont en jeu. Comme ceux qui en Afrique sont mis en péril par les soulèvements populaires et par la concurrence chinoise.

    Le Mali, un des pays les plus pauvres du monde (avec un revenu moyen par habitant 60 fois inférieur à celui des Italiens, et plus de la moitié de sa population sous le seuil de pauvreté), est très riche en matières premières : il exporte de l’or et du coltan, dont les gains finissent cependant dans les poches des multinationales et de l’élite locale.

    Pareil au Niger voisin, encore plus pauvre (avec un revenu par habitant 100 fois inférieur à l’italien) bien qu’il soit un des pays les plus riches en uranium, dont l’extraction et l’exportation est aux mains de la multinationale française Areva. Ce n’est pas un hasard si Paris, en même temps que l’opération au Mali, a envoyé des forces spéciales au Niger.

    Situation analogue au Tchad, dont les riches gisements pétrolifères sont exploités par l’étasunienne Exxon Mobil et d’autres multinationales (mais des compagnies chinoises sont aussi en train d’arriver) : ce qui reste des profits va dans la poche des élites locales. Pour avoir critiqué ce mécanisme, l’évêque combonien [ordre religieux missionnaire italien, NdT] Michele Russo avait été expulsé du Tchad en octobre dernier.

    Niger et Tchad fournissent aussi des milliers de soldats, qui, sous commandement français, sont envoyés au Mali pour ouvrir un deuxième front. Ce qui a été lancé au Mali, avec la force française comme fer de lance, est donc une opération de vaste envergure, qui du Sahel s’étend à l’Afrique occidentale et orientale. Elle se soude à celle qui a commencé en Afrique du Nord avec la destruction de l’État libyen et les manœuvres pour étouffer, en Égypte et ailleurs, les rebellions populaires.

    Une opération à long terme, qui fait partie du plan stratégique visant à mettre la totalité du continent sous le contrôle militaire des « grandes démocraties », qui reviennent en Afrique avec un casque colonial peint aux couleurs de la paix.

    Traduction  Marie-Ange Patrizio

    Source Il Manifesto (Italie)