Le député Emmanuelle Ménard a été interrogé dans le dernier numéro de Politique Magazine, qui consacre un dossier à la loi contre les fausses nouvelles. Extrait :
magouille et compagnie - Page 1672
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Au nom de la liberté de la presse, nous devrions supprimer toutes les aides étatiques
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D. Cohn-Bendit, le jouisseur repu
Chronique de Paysan Savoyard
(n°202 – juillet 2018)
Certes il est insupportable de suffisance, de contentement de lui-même, d’arrogance satisfaite. Sa boursouflure narcissique se comprend cependant : on peut considérer en effet que Cohn-Bendit, en Europe du moins, incarne à lui tout seul la période en cours, commencée en 1945 année de sa naissance. Cette période est celle de la domination des Etats-Unis, vainqueurs de la guerre. Celle de la société de consommation. Celle de la révolution libertaire de 1968. Celle de l’immigration de masse. A ces différents titres, ce trois-quarts de siècle est celui de Daniel Cohn-Bendit.
- Une icône libertaire
Révolution libertaire, mai 68 a bouleversé la société en profondeur. En détruisant le principe d’autorité, en promouvant le féminisme, en promouvant la liberté des mœurs au nom de l’individualisme, mai 68 a déstabilisé les principaux cadres sociaux : les rapports hommes-femmes, l’école, la famille surtout, cellule de base de la société.
Cohn-Bendit incarne à lui tout seul ce bouleversement. Il est le leader le plus emblématique de cette révolution, dont l’origine de façon significative a trait aux mœurs : on se souvient que mai 68 a commencé lorsque les étudiants de Nanterre ont voulu pouvoir se rendre dans le dortoir des filles. Cohn-Bendit, jouisseur et libidineux, est représentatif de l’évolution des mœurs. Il se vantera, par oral et par écrit, à la télévision même, d’actes pédophiles commis dans son emploi d’éducateur de jeunes enfants : il ne sera pourtant jamais inquiété. Cohn-Bendit en effet est une icône intouchable.
Il illustre également ce que sont désormais la majorité des étudiants, à l’heure de l’université ouverte à tous. Cohn-Bendit était un glandeur : d’abord inscrit en maths, il rejoint la socio, discipline fétiche des paresseux. N’ayant finalement jamais obtenu le moindre diplôme, il sera éducateur après 68, une « profession » refuge pour ceux que le travail rebute. Toute sa vie Dany sera un glandeur et un baratineur. Ne faisant jamais l’effort de construire une phrase grammaticalement correcte, il recourt au tutoiement systématique, non seulement pour provoquer et abaisser son interlocuteur mais également pour montrer que les règles traditionnelles de la vie en société sont toutes vouées à disparaître. « Dany » fait son cirque, avachi dans les fauteuils des télévisions, absous d’avance par les journalistes débordants de complaisance.
- Un libéral, logiquement macronien
Libertaire, Cohn-Bendit est aussi un libéral. 68 avait un versant social : des augmentations de salaires et des congés supplémentaires ont été accordés. Un versant communiste également : les grèves de la CGT, la présence des maos et des trotskystes…. Mais c’est bien la dimension libérale-libertaire de 68 qui l’a emporté. Alors que la société de consommation bat son plein, la gauche parvenue au pouvoir dans le sillage de mai 68 se convertit rapidement au libéralisme économique. La gauche était jusque-là communisante ; la droite était conservatrice sur le plan des mœurs : dans les années 80 elles deviennent toutes deux libérales-libertaires et gouvernent à tour de rôle en faisant la même politique : Cohn-Bendit incarne cette fusion des deux courants principaux de la politique française. C’est en toute logique qu’il soutient aujourd’hui Macron, qui réalise la réunion de la gauche et de la droite lib-lib dans un même parti politique. Ajoutons que bien entendu Cohn-Bendit admire les Etats-Unis, à la tête du système capitaliste adopté par les Européens après la guerre.
- Une des principales figures de l’universalisme et de l’immigrationnisme
Cohn-Bendit est en toute logique un militant de l’universalisme. L’universalisme est en effet un corollaire nécessaire de l’idéologie individualiste et libérale-libertaire : l’individu étant libre, aucune appartenance nationale, ni aucune frontière ne doivent pouvoir venir enfreindre sa liberté.
Dans cette perspective, Cohn-Bendit a été un des principaux militants de l’Union européenne (et député européen). L’Europe de l’UE et de Cohn-Bendit est l’Europe universaliste, l’Europe fondue dans la mondialisation. Pour l’UE, ne s’agit pas seulement d’abolir les frontières au sein de l’Europe mais les frontières du continent lui-même : hommes, marchandises et capitaux doivent circuler librement à l’échelle mondiale. L’Europe de Cohn-Bendit et de l’UE est aux antipodes de l’Europe « identitaire », celle qui chercherait à défendre les peuples européens, leur territoire et leur civilisation.
Cohn-Bendit, cela va sans dire est un militant de l’immigration, qui est l’une des dimensions de l’universalisme et sa conséquence logique.
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Ils aiment tous Daniel Cohn-Bendit : les bonnes âmes cathos, les protestants, les francs-maçons, les athées de toute obédience, tous ceux qui communient dans la religion de l’universel, la religion de l’Autre. Pourtant Dany est moins universaliste que cosmopolite. Sa gouaille provocatrice laisse apparaître le ressort qui l’anime : il ne veut pas de bien aux peuples européens
https://leblogdepaysansavoyard.wordpress.com/2018/07/07/cohn-bendit-le-jouisseur-repu/
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Macron est-il si clairvoyant ? Il est à côté de la plaque et il ne s'en rend pas compte

C'est, selon son habitude, à une fine analyse que Roland Hureaux se livre ici [Causeur - 16.07]. Rappelons simplement qu'il fut l'un des participants au colloque d'Action française du 7 mai 2016, à Paris, « Je suis royaliste, pourquoi pas vous ? » LFAR
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Ce qu’on ignore (encore) de « l’affaire Alexandre Benalla »…
« Il serait intéressant de connaître les raisons de l’intervention musclée d’Alexandre Benalla le 1er mai, ainsi que l’opinion des autres policiers et des spectateurs ayant assistés à la scène… »
Entretien avec Philippe Randa
Propos recueillis par Guirec Sèvres, publiés sur le site Synthèse nationale
Que vous inspire « L’affaire Alexandre Benalla », ce collaborateur d’Emmanuel Macron filmé en train de frapper un manifestant le 1er mai dernier ?
On assiste depuis quelques jours à un déchaînement des médias et de l’opposition politique – c’est de bonne guerre – et à un quasi-silence du gouvernement : quelques déclarations du bout des lèvres, notamment du porte-parole de la présidence, Bruno Roger-Petit, qui indique chichement que Benalla avait été « autorisé » à « observer les opérations de maintien de l’ordre pour le 1er mai », précisant « sur son jour de repos », mais bien sûr nullement à intervenir physiquement… Première remarque : puisque c’était son jour de repos, en quoi avait-il besoin d’une autorisation pour observer manifestants… ou policiers ? Bref… S’ensuivra comme on l’a apprit une mise à pied de 15 jours, censé être « la sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Élysée ». Qu’on se le dise !
D’où la polémique sur ce « scandale », sans même que l’on apprenne si le manifestant malmené l’a été gravement ou non – des images de caméras vidéo, aussi « frappantes » (sans jeu de mot) soient-elles, prises par un amateur, sont toujours à considérer avec prudence : les services de police ont des spécialistes pour les analyser comme il se doit. Il serait surtout intéressant de connaître les raisons de l’intervention musclée de Benalla et l’opinion des autres policiers ayant assistés à la scène sans juger bon d’intervenir…
Vous défendez Alexandre Benalla ?
Absolument pas, j’essaie juste d’avoir un regard dépassionné sur un fait-divers qui peut effectivement être un scandale d’importance si un employé de la Présidence de la République a tabassé pour se défouler un manifestant, ce avec impunité car arborant un « casque à visière des forces de l’ordre » et sans que les autres policiers ne s’interposent, ce qui impliqueraient une complicité manifeste de leur part… Je veux juste attirer l’attention sur le fait qu’à ce jour (vendredi 20 juillet), il manque les témoignages des policiers témoins si passifs lors de l’altercation et les explications de l’intéressé pour expliquer son attitude. Quant à la « victime », ce manifestant a-t-il été gravement blessé ou n’a-t-il eût à déplorer que quelques bleus ? On notera qu’il portait un foulard ; était-ce pour se protéger des gaz lacrymogènes ? Pour éviter d’être reconnu en commettant des actes de violence ou de délinquance ?… Quant au tabassage à terre que dénonce à haute voix le videaste amateur, on ne voit rien ! Rappelons que la scène a lieu en pleine rue, devant des commerces ouverts : outre les témoignages des policiers et des manifestants, ceux des spectateurs ne manqueront sans doute pas de retenir l’attention des enquêteurs… On sait aujourd’hui qu’il y a souvent des provocateurs parmi les policiers ; n’y en auraient-ils pas peut-être aussi parmi les manifestants ? Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis, a reconnu que le vidéaste amateur, opportunément présent sur les lieux, était membre de La France insoumise.
Il n’en reste pas moins que le parcours professionnel d’Alexandre Benalla est parsemé d’incidents violents ?
Oui, mais les « incidents violents » sont tout de même plus fréquents lorsqu’on assure des services d’ordre ou des protections rapprochées que lorsqu’on s’occupe de maintenance informatique, non ? Encore une fois, je ne me fais nullement l’« avocat du diable » de ce personnage, je fais seulement quelques remarques de bon sens face au procès uniquement à charge des médias et de l’opposition politique. Mais je le répète, c’est de bonne guerre de leur part dans une période estivale généralement assez pauvre en évènements politiques.
L’Élysée a toutefois engagé une procédure de licenciement ce vendredi 20 juillet contre Alexandre Benalla…
Il fallait s’y attendre ; vu la polémique, le plus simple est de se débarrasser du boulet qu’il est devenu ; le plus étrange, encore une fois, c’est que cela n’ait pas été fait en mai, puisqu’on assure que le Ministre de l’intérieur Gérard Collomb avait immédiatement été avisé de l’affaire… Il n’avait pas dû juger alors – ni aucun responsable proche de lui ou du Président Macron – que cela méritait davantage qu’une mise à pieds de 15 jours… Étonnant à notre époque où l’obsession du moindre scandale pousse généralement à condamner sans juger par simple « principe de précaution »… Soit l’affaire en question n’en est pas une, soit ceux qui nous gouvernent actuellement se croyaient intouchables… Ils ne seraient pas les premiers !
Jean-François Touzé, membre du Bureau politique du Parti de la France, n’a pas mâché ses mots dans un communiqué concernant Alexandre Benalla… Pour lui, « c’est une racaille. Une racaille comme il y en a tant dans les milieux de la sécurité. Une racaille entrée dans la lumière du Président de la République sans, pour autant, quitter l’ombre des basses besognes de la mafia institutionnelle… »
Peut-être, oui… Cette opinion ne change rien et ne contredit nullement le regard que l’on peut porter objectivement sur cette affaire comme elle nous l’est présentée jusqu’à présent. Vous m’avez interrogé sur « l’Affaire Benalla », pas si je considérais ce personnage comme un gentleman.
Philippe Randa : Directeur du site EuroLibertés, Philippe Randa est un ancien auditeur de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale, chroniqueur politique, éditeur (éditions Dualpha, Déterna et L’Æncre) et auteur de plus d’une centaine de livres. Sociétaire de l’émission « Bistrot Liberté » sur TVLibertés. Il écrit également des billets pour le quotidien Présent et co-anime chaque jeudi l’émission « Synthèse » avec Roland Hélie sur Radio Libertés. Ses chroniques politiques sont publiées chaque année en recueil sous le titre : « Chroniques barbares ». Dernier livre paru Une démocratie hors de prix, préface d’Aristide Leucate.
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Et le Maghreb, lui, peut rejeter les migrants en toute impunité ?

La semaine dernière, au large des côtes tunisiennes. Une embarcation où s’entassent quarante migrants, une plate-forme gazière, un navire tunisien de la société en question, la rencontre des trois protagonistes. En bout de chaîne, trois pays dont la Tunisie qui, après avoir donné leur autorisation, refusent catégoriquement – par crainte « de devenir une zone de débarquement et de faire face à un afflux massif de migrants » – de faire accoster ce navire ravitailleur et non humanitaire. Voilà de quoi donner du grain à moudre à tous les défenseurs d’un monde sans frontière qui s’activent dans notre pays.
La Tunisie emboîte donc le pas à ses voisins. Au mois de juin, l’Algérie se trouvait accusée d’avoir expulsé, au cours des quatorze mois précédents, 13.000 personnes, les obligeant à fuir dans le Sahara, à pied, sans eau ni nourriture. La faute à « l’Union européenne » qui, en octobre 2017, a demandé aux pays d’Afrique du Nord de « renforcer leurs barrages aux frontières pour empêcher les migrants de se rendre sur le Vieux Continent […] ». C’est ce qu’on lisait dans Marianne. Hommes, femmes enceintes, enfants subissaient ainsi les affres du désert. Mais si un porte-parole de l’Union européenne affirmait avoir parfaitement connaissance « des agissements de l’Algérie », il estimait cependant « les pays souverains » libres d’expulser les migrants non désirés. Les pays du Maghreb souverains… et pas le nôtre !
Au Maroc, la situation des migrants subsahariens n’est pas plus enviable. Quand ils ne survivent pas dans des décharges à ciel ouvert, comme titrait Libération le 8 juillet dernier, ils subissent, dans des conditions précaires, « le racisme et la misère » : « Le Maroc, c’est dur. On n’est pas les bienvenus, on n’arrive pas à s’intégrer », disait l’un d’eux, cité par Le Monde, en 2017.
Alors, quoi ! On attend, par exemple, la réaction de Jean-Luc Mélenchon, le grand amoureux du Maghreb : il devrait monter au créneau et s’insurger contre la décision de la Tunisie ! Et celle du Président en personne, Emmanuel Macron, pour qui les migrations sont « un devoir d’humanité ». Que n’enjoint-il pas la Tunisie à faire accoster ce navire bientôt à court de vivres pour sauver ces quarante migrants ? Car on ne voit pas pourquoi les migrants ne représenteraient pas, pour la Tunisie, ce qu’ils représentent pour la France, à savoir « une opportunité économique » !
Le Maghreb, donc, guère accueillant pour ses migrants. Sans doute pas autant d’associations que chez nous pour les aider à gagner l’Europe, et la France en particulier. Sans doute ni CADA ni CAO ni familles d’accueil où se reposer de leur périple. Sans doute pas, non plus, d’aides sociales pour leur permettre de ne pas rester dans une extrême pauvreté.
Sans doute très peu ou rien de tout cela en Tunisie, en Algérie, au Maroc, pas même dans les pays du Golfe. Et pourtant, qui passe son temps à culpabiliser l’Europe de ne jamais en faire assez alors qu’elle continue d’en faire tant, au lieu de pointer du doigt ces pays qui traitent leurs migrants de façon aussi inhumaine ? Qui, si ce n’est la plupart de nos politiques et leurs thuriféraires, les médias ?
On les attend de pied ferme couvrir cette sale histoire. « Des migrants dont une femme enceinte morts de faim et de soif à bord du Sarost 5 parce que la Tunisie s’est refusée à toute humanité : une honte pour la Tunisie » : ça en aurait, de la gueule !
Caroline Artus
http://www.bvoltaire.fr/et-le-maghreb-lui-peut-rejeter-les-migrants-en-toute-impunite/
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Macron et Pénicaud s’attaquent à nouveau à l’indemnisation des chômeurs
Syndicats et patronat avaient signé un nouvel accord en février dernier sur l’assurance chômage. Alors que celle-ci se renégocie tous les trois ans, Macron et son gouvernement n’en ont que faire et poussent à ce que de nouvelles négociations s’ouvrent et aboutissent d’ici le printemps 2019. De fait, Murielle Pénicaud a auto-amendé son texte. Le but ? Essayer de faire passer ce qui n’est pas passé en février et de rajouter une escroquerie en plus.
Sous couvert de lutter contre la précarité, le gouvernement précarise toujours plus
Pénicaud dans son amendement, explique que « le gouvernement demandera aux partenaires sociaux de négocier une nouvelle convention d’assurance chômage, afin de mieux lutter contre la précarité et d’inciter les demandeurs d’emploi au retour à l’emploi ». Le président des riches en défenseur des pauvres et à l’avant-garde de la lutte contre la précarité ? Bien évidemment, il y a anguille sous roche. Cette fois, il est question de prolonger les droits aux chômages mais pour supprimer l’Allocation de solidarité spécifique qui permet d’avoir un revenu après avoir épuisé ses droits aux chômages et qui permettait de cotiser pour la retraite.
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Comme pour la propagande LGBT, ils vont raconter que la pédophilie est une orientation sexuelle comme une autre
De Jeanne Smits sur Réinformation.tv :"Mirjam Heine est allemande, étudiante en médecine, et elle voudrait changer le regard sur les pédophiles. C’est au cours d’une conférence TED donnée à l’université de Würtzberg en Allemagne qu’elle a affirmé, devant un auditoire sans doute interloqué, que « La pédophilie est une orientation sexuelle inchangeable, au même titre que… l’hétérosexualité ». Si la jeune conférencière n’est pas allée jusqu’à justifier les actes pédophiles, elle a néanmoins ouvertement pris la défense de ceux qui ont ces pulsions « parce qu’on naît comme ça ».
C’est exactement la même argumentation qui a présidé au rapide changement de regard sur l’homosexualité qui s’est imposé au XXe siècle finissant dans la plupart des pays développés. Puisque les homosexuels seraient « nés comme ça », pourquoi les empêcher de vivre selon leurs attirances naturelles ? Certains ont osé dire alors qu’on savonnait la pente et qu’on préparait à terme la légalisation de toutes les aberrations sexuelles. On les montrait du doigt, mais aujourd’hui, avec les nouveaux combats pour les droits « trans » et cette promotion dans un milieu qui n’a rien de marginal de la compréhension envers les pédophiles, l’affaire paraît bien engagée.
Les conférences TED Technology, Entertainment and Design, s’intéressent à tous les domaines, avec l’objectif affiché de « répandre des idées » en vue de « changer les attitudes, les vies et finalement, le monde ». TED appartient à une « fondation à but non lucratif et non partisane » mais très prompte à publier les idées dans le vent : syncrétisme religieux, droits LGBT, lutte contre le changement climatique…
En l’occurrence, les propos de Mirjam Heine ont tout de même choqué, à telle enseigne que les dirigeants des conférences TED se sont fendus d’un communiqué expliquant que la jeune femme avait un peu trop sollicité ses sources : la conférence n’est plus en ligne en raison du grand nombre de commentaires négatifs qu’elle a suscités. Ils ont ajouté que nombre d’internautes y avaient vu un argument en faveur d’une pratique « illégale et dommageable ». Le communiqué a été complété par la suite par une phrase assurant que les conférences TED ne soutiennent ni ne recommandent la pédophilie.
Sous le titre « Pourquoi notre perception de la pédophilie doit changer », Mlle Heine avait pourtant cherché avant tout à en appeler aux sentiments. D’où une introduction sur un jeune homme nommé « Jonas », 19 ans, étudiant en droit et joueur de foot. Le public était invité à le considérer en laissant de côté sa « révulsion » à l’égard des pédophiles. « N’importe qui aurait pu naître pédophile », assurait-elle.
Il faut savoir faire la différence entre l’attraction sexuelle à l’égard des enfants, qu’il s’agirait d’accepter de tolérer en tant que « sentiments » involontaires, et l’abus sexuel des enfants qui serait donc toujours un mal. « La différence entre la pédophilie et les autres orientations sexuelles est que le fait de mettre en œuvre cette orientation sexuelle aboutira toujours à la catastrophe », a-t-elle dit. Voilà qui est fondamentalement incohérent. Pourquoi accepter toutes les autres « orientations », et pas celle-là ? Ou alors, il faut admettre que certaines orientations sont « intrinsèquement désordonnées », un propos qui peut déjà vous attirer de graves ennuis dans le monde anglo-saxon lorsqu’il est appliqué à l’homosexualité. [...]"
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Les fonctionnaires peuvent sortir de leur réserve… quand ils défendent l’immigration !

Par Etienne Lahyre, haut fonctionnaire, analyste politique
La Cité idéale imaginée par Platon est dirigée par des Gardiens, des citoyens issus de l’élite intellectuelle qui, par leur vertu et leurs mérites, étaient fondés à garantir l’harmonie collective. Un gouvernement des « Sages », en quelque sorte. Les médias occidentaux raffolent des « Sages » et ont pris la fâcheuse habitude de désigner ainsi les oracles modernes : les membres du conseil constitutionnel, perçus comme les gardiens de la Constitution alors même qu’ils ne cessent de la dévoyer, depuis la funeste décision du 16 juillet 1971 ; mais aussi ceux du CSA, Big Brother de l’audiovisuel ; et désormais ceux du Conseil d’Etat.
Les « Sages » du Palais-Royal
Rappelons que la majorité des membres du Conseil d’Etat est issue de l’ENA. Classés dans la botte pour avoir mieux réussi leur épreuve de note juridique ou de note économique que leurs camarades, des jeunes gens de 25 ans deviennent illico presto chargés de juger l’administration, sans même la connaître.
On compte également quelques membres du corps des tribunaux administratifs et cours administratives d’appel, intégrant le Conseil d’Etat par le biais du tour extérieur et disposant de compétences juridiques, parfois supérieures à celles de leurs prestigieux collègues.
Et enfin, des personnalités issues de l’administration ou de la société civile, nommées au Conseillers d’Etat en service extraordinaire.
En tout état de cause, aucun élément de nature à conférer aux membres du Conseil d’Etat une quelconque « sagesse ». Mais les dénommer ainsi permet aux médias d’octroyer une supériorité morale à leurs décisions, à les extraire du champ du débat et de la controverse : les conseillers d’Etat se borneraient, conformément à leurs prérogatives, à dire quel est le droit applicable ; les « Sages », eux, disent la vérité. Les arrêts du Palais-Royal sont les écritures saintes de l’époque. Et Jean-Marc Sauvé, ancien vice-président du Conseil d’Etat, catholique de gauche, de bénéficier auprès des médias d’une infaillibilité quasi-pontificale.Une obligation de réserve appréciée strictement par le juge administratif
Le respect de l’obligation de réserve des fonctionnaires, notion prétorienne, est apprécié en fonction des « circonstances de l’espèce », selon la formule traditionnellement utilisée par le juge administratif. En tout état de cause, plus les fonctions occupées par un agent public sont importantes, plus l’expression publique de celui-ci devra être mesurée. C’est le Conseil d’Etat qui, en dernier ressort, définit les contours de l’obligation de réserve.
Le Conseil d’Etat est ainsi particulièrement strict avec les militaires, dont le code de défense, limite la liberté d’expressions, notamment dans son article L. 4121-2 qui dispose que « les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres. Elles ne peuvent cependant être exprimées qu’en dehors du service et avec la réserve exigée par l’état militaire. Cette règle s’applique à tous les moyens d’expression ».
Il a validé la radiation du Général Piquemal, lequel avait participé à une manifestation interdite par arrêté préfectoral visant à protester contre la politique migratoire menée par le gouvernement Valls (CE , 2 septembre 2017,n°404921). Les juges retiennent notamment dans leur décision le fait que le Général ne pouvait ignorer « le fort retentissement médiatique de ces propos ». Plus récemment, il a rejeté la requête d’un officier de gendarmerie sanctionné d’un blâme pour avoir publié, sous pseudonyme, des articles hostiles au gouvernement ; l’officier s’étant prévalu de sa qualité d’ancien élève de Saint-Cyr et de l’école des officiers de la Gendarmerie Nationale (CE, 27 juin 2018, n°412541).
Plus discutable est la décision de la Cour Administrative d’Appel (CAA) de Nantes au sujet d’un secrétaire administratif de Préfecture qui avait manifesté, pendant une réunion du conseil municipal d’Angers, son opposition à la participation financière de la commune à l’édification d’une mosquée. Les magistrats ont rejeté la demande du fonctionnaire tendant à l’annulation de la sanction disciplinaire dont il avait fait l’objet : alors même que cet agent public s’était borné à participer à la manifestation, sans agressivité, ni prise de parole publique, le Préfet de Maine-et-Loire l’a déplacé d’office, ce qui correspond à une sanction disciplinaire du deuxième groupe, particulièrement lourde. La CAA n’a pas jugé que cette sanction était disproportionnée, ce qui semble éminemment contestable : la personne sanctionnée n’a jamais fait état de son statut de fonctionnaireet son grade est peu élevé. Sans doute la nature de son engagement public aura-t-elle incité les magistrats à faire preuve d’une particulière intransigeance dans un arrêt cursif et faiblement motivé (CAA Nantes, 13 février 2017, n°15NT03204).
De la « neutralité » des « Sages »
Mais ceux qui jugent l’administration, ceux qui restreignent la liberté d’expression peuvent en ce qui les concerne, méconnaître régulièrement le principe de neutralité et l’obligation de réserve, en toute impunité.
Le cas le plus emblématique est celui de Thierry Tuot, auteur en 2013 d’un rapport intitulé « La grande nation : pour une société inclusive », qui admet benoitement dans sa phrase de conclusion : « Il se peut qu’on s’étonne à lire ce qui précède d’un ton, d’un style et de formes qui manquent au devoir de grisaille sinon de réserve ». On ne saurait mieux résumer la fatuité et la morgue du personnage… Pour lui, la « question musulmane est une pure invention de ceux qui la posent » et « l’Etat est le principal créateur de clandestins par son comportement ». Ce rapport est truffé de pétitions de principe et de contrevérités, notamment sur les évolutions démographiques dans le monde musulman et l’origine des immigrés récemment en France, présentées avec un style ampoulé. Tuot, c’est le Joseph Prudhomme de la bien-pensance. Mais c’est aussi et surtout l’homme qui, avec deux autres membres du Conseil d’Etat, a tranché à la fin de l’été 2016, la question de la possibilité pour les maires d’interdire le port du burkini. Dans quel Etat un homme qui estime que c’est au pays d’accueil de s’adapter aux us et coutumes des immigrés se retrouverait-il en position de juger, en dernier ressort une question aussi sensible ?
D’autres conseillers d’Etat prennent position, toujours dans le même sens, sur les questions liées à l’immigration ; André Posokhow avait recensé cela dans un excellent article pour Polemia. Aurélie Bretonneau, maître des requêtes au Conseil d’Etat, est depuis le mois d’octobre 2017, rapporteur adjoint auprès du Conseil constitutionnel (CC). Elle fait donc partie des membres du Conseil d’Etat qui préparent les décisions soumises à l’examen des membres du CC. Cette magistrate s’est réjouie sur son compte twitter, de la décision par laquelle le CC a dépénalisé l’aide désintéressée aux immigrés (ce comportement que les médias de propagande qualifiaient de « délit de solidarité »)
Proud https://t.co/ifulqrPsht
— Aurélie Bretonneau (@ABretonneau) 6 juillet 2018
Peut-être était-elle directement chargée de ce dossier ? Et, en tout état de cause, comment considérer qu’elle respecte le devoir de neutralité ? « Le respect du devoir de neutralité est à la fois une protection pour l’agent public et une limite à sa liberté d’expression. L’obligation de réserve étant une dimension du principe de neutralité, elle limite l’expression des agents publics tant dans leur propos sur leur service (avant tout à l’extérieur de leur service) que dans la manifestation de leur conviction » (M. Reydellet, L’obligation de réserve des agents publics : Thèse Aix-Marseille III, 1977. – F. Melleray, L’impossible codification de l’obligation de réserve des fonctionnaires : AJDA 2013, p. 1593).
Comment, eu égard à ses convictions publiquement exprimées, croire que Mme Bretonneau présente les garanties d’impartialité subjective exigées par l’article 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, quand elle est amenée à juger des dossiers relevant du contentieux des étrangers ?Le code de justice administrative prévoit dans son article L. 721-1 la possibilité de récuser un magistrat s’il existe une raison sérieuse de douter de son impartialité. L’Etat osera-t-il avoir recours à cet article ? On peut en douter tant le Conseil d’Etat « tient » les directions juridiques des ministères, en particulier au ministère de l’intérieur. On ne saurait mettre en doute l’impartialité des « sages ».
Le Conseil d’Etat, caisse de résonance de l’idéologie dominante
Le Conseil d’Etat, créé par Napoléon, s’enorgueillit de son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique. Quand Nicolas Sarkozy est devenu ministre de l’intérieur en 2002, puis Président de la République en 2007, le Palais-Royal constituait, de notoriété publique, un bastion d’opposition au pouvoir politique. Qu’elles semblaient loin les critiques visant la trop grande proximité entre le Conseil d’Etat et les gouvernements successifs. En réalité, le Conseil d’Etat n’a jamais cessé d’être le lieu où s’exprimait l’idéologie dominante : quand le pouvoir politique était fort, jusqu’aux années Pompidou, le Conseil d’Etat lui était fidèle. La jurisprudence « des semoules » de 1968, par laquelle le Conseil d’Etat refuse de reconnaitre la primauté des traités sur les lois nationales en est une illustration. Mais depuis les années 1970, les institutions de l’Etat sont devenues des théâtres d’ombre : la réalité du pouvoir ne leur appartient plus. Celui-ci est à la fois médiatique et économique : l’idéologie diversitaire des médias servant les intérêts économiques des multinationales. La souveraineté des Etats, voilà l’ennemi ! L’arrêt Nicolo de 1989, qui opère un revirement de jurisprudence et balaye la théorie de la loi-écran en admettant la supériorité des textes internationaux sur les lois nationales postérieures, sonne le glas de la souveraineté nationale.
Le gouvernement macroniste actuel est, dans l’histoire politique de la Vème République, le plus européiste et le plus inféodé à des intérêts opposés à ceux de la Nation et du peuple Français. Il est dirigé par M. Edouard Philippe, membre du Conseil d’Etat : sans doute une coïncidence.
Etienne Lahyre 19/07/2018
https://www.polemia.com/sages-conseil-etat-devoir-reserve-immigration/
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Dépenses publiques : ce rapport que le gouvernement tente de garder secret
Emmanuel Macron ne veut plus rendre public le rapport du comité CAP 22. Un symbole des tergiversations de l’exécutif.
La scène est un brin surréaliste. Le 27 juin, dans l’hémicycle du Palais du Luxembourg, Christine Lavarde, membre du comité CAP 22, qui a planché sur la réforme de l’Etat, interpelle le gouvernement sur le devenir de son rapport. » Sera-t-il porté à la .. connaissance des parlementaires, voire des citoyens ? » Devant la réponse embarrassée de la secrétaire d’Etat Delphine Gény-Stephann, la sénatrice LR précise : » En tant que membre du comité, je n’ai même pas eu connaissance de ce rapport. » Pas de chance, elle n’a pu assister à la dernière réunion durant laquelle les membres de CAP 22, soumis à une clause de confidentialité, ont juste eu le droit de consulter le document sur place.
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Vérité et liberté

PAR JACQUES TRÉMOLET DE VILLERS
Justice. Qui est détenteur de la vérité ? Et qui garantit la liberté ? Amusant de voir les contradictions dans lesquelles s’emmêlent les autorités du jour.
A l’heure où j’écris ces lignes la proposition de la loi relative à la lutte contre la manipulation de l’information a été adoptée, en première lecture, par l’Assemblée Nationale, après des débats houleux.
La lecture du texte et des débats laisse une impression de grande confusion. Le citoyen qui s’y livre, ne cesse de se demander quelle est, derrière la logomachie utilisée, la vraie raison de cette loi.
Proposition de loi ou projet ?
En effet, cette « proposition de loi » qui émane des députés, et non, comme un projet de loi, du gouvernement, a cependant été travaillée et préparée comme si elle émanait du gouvernement. La proposition est donc un masque, et, dans la violence des débats, le masque est tombé. Seuls, deux ou trois des nombreux signataires la soutiennent, plus en tant que rapporteurs de la commission des Affaires culturelles et de l’Éducation qu’en leur qualité de rédacteurs de la proposition. Le ministre de la Culture et le rapporteur sont en première ligne.
L’idée de la proposition est de lutter contre « la campagne massive de diffusion des fausses informations destinées à modifier le cours normal du processus électoral par l’intermédiaire des services de communication en ligne ».
Les campagnes seraient menées par des opérateurs à qui il conviendrait d’imposer une transparence absolue sur leurs ressources financières, les origines de ces ressources, leur caractère commercial ou économique.
Une procédure de référé permettra à tout citoyen comme au président de la République, ou à tout parti ou candidat, de faire cesser la diffusion de ces fausses informations susceptibles d’influencer le cours du scrutin : « La fausse information » est définie comme « toute allégation ou imputation d’un fait dépourvu d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable ».
Les débats sont centrés sur le caractère abstrait et très vague de la définition de la « fausse information », l’accessibilité de la saisine du Juge des référés qui a priori, en 48 heures, doit dire si l’information est fausse, et si elle est de nature à influencer le scrutin, et, surtout, le fait souligné par l’opposition que l’arsenal juridique de la loi de 1881 sur la presse est largement suffisant. En bref, l’opposition considère cette loi comme « liberticide », tandis que la majorité la vote comme étant raisonnable et, surtout, indispensable.
Une rencontre objective se fait, dans l’hémicycle entre les intervenants de la France Insoumise et les « non-inscrits », Marine le Pen, Sébastien Chenu, Nicolas Dupont-Aignan, Luc Lassalle, Emmanuelle Ménard. Mélenchon convoque Socrate et Platon, tandis que le rapporteur qu’on appelle « la rapporteure », s’en tient à Robespierre, comme modèle du respect de la liberté.
Le couple vérité-liberté
En prenant le recul qui est la marque propre de Politique Magazine, il me semble qu’il faut distinguer trois plans :
- le plan philosophique, qui pose la question de la liberté d’opinion et de la vérité des faits et des idées ;
- le plan législatif, qui en découle ;
- et enfin notre situation actuelle, en droit positif.
Il est réconfortant de voir que la vérité, cette inconnue ou cette exclue de nos études secondaires et supérieures, fait un retour en force. Rémi Brague le faisait observer dans une méditation brillante et non conformiste qu’il offrit aux journalistes catholiques lors de leur pèlerinage traditionnel du 1er juin ; dans les campus américains où le mot même de vérité était banni, la lutte contre Trump, qualifié par ces intellectuels de « menteur professionnel », fait revenir en force le concept de vérité. En France, nous voyons les députés macroniens s’élever avec force contre l’idée que nous serions dans un temps de « post-vérité ». Que la classe politique tienne à la vérité ne peut que réjouir le cœur du citoyen ! Mais la question rebondit : « quelle vérité ? » et qui dira où est la vérité ? Est-ce le législateur ? Est-ce le juge ? Est-ce la conscience droitement éclairée de chacun ? Le fondement manque cruellement surtout lorsque cette « vérité » est mise en opposition avec le respect de la liberté d’opinion, la liberté de penser, la liberté d’écrire, la liberté de dire.
Un bon élève de philosophie classique, – aristotélicienne, thomiste, celle que Bergson appelait « la métaphysique naturelle de l’esprit humain » –, répondra : La vérité est l’adéquation entre la chose et la pensée : « adaequatio rei et intellectus ». Ce qui est est, ce qui n’est pas n’est pas. Le principe d’identité gouverne la raison qui, ajoutera mon confrère Cicéron, nous dicte l’adhésion à la vérité. C’est par la raison qui distingue l’homme des autres animaux et le fait frère des dieux, que les hommes peuvent chercher et trouver la vérité. La liberté, dès lors, leur est nécessaire, non pour dire ou penser n’importe quoi, mais justement pour aller à la vérité, laquelle, à son tour, est source de liberté : « Veritas liberavit vos ». La liberté vous rendra libre.
Dans ce débat souvent à front renversé, on entend les macroniens défendre le respect de la vérité au mépris de la liberté, et les partisans de la vérité, défendre le droit à l’erreur ou au mensonge, au nom de la liberté !
Mais c’est que les uns et les autres ne parlent, ni de la vérité, au sens philosophique du mot, ni de la vraie liberté.
Pour la majorité parlementaire actuelle, la vérité, c’est un ensemble de dogmes qu’on ne peut pas remettre en question : l’Europe, l’antiracisme, la lutte contre l’homophobie, le droit à l’avortement, avec la morale installée du moment contre laquelle la liberté n’a pas sa place. Pour l’opposition, la liberté, quelle qu’elle soit, c’est un espace de respiration et de contestation de cette morale imposée.
Les deux références faites dans l’exposé des motifs et qui reviennent sans cesse dans les débats, sont le Brexit et l’élection de Trump. Deux erreurs majeures commises par le scrutin qui aurait été abusé par de fausses nouvelles ! On voit nettement qui est l’ennemi qui devra être combattu : le populisme.
L’ennemi qui est coupable
Or cet ennemi, qui n’est pas nommé, mais qu’on devine facilement, ne s’exprime pas par les médias installés et raisonnables, mais par les réseaux sociaux, totalement insaisissables.
Il faut donc le poursuivre là où il fait son œuvre, sur ces plateformes incontrôlées et pouvoir l’interdire. On pourra aussi, s’il est avéré que ces réseaux sont en lien avec les États étrangers, leur interdire toute existence par la voie du CSA au nom des intérêts fondamentaux de la nation.
Traduisez : si vous diffusez d’une plateforme des idées semblables à celles qui dominent en Italie, en Autriche, en Tchéquie, en Hongrie, en Pologne, voire au Royaume-Uni, vous pouvez être interdit pour intelligence avec une puissance étrangère.
Ce ne sera pas par voie de justice, mais par voie de décision administrative prise par le CSA auquel la loi donne ce pouvoir.
Parallèlement, une éducation sera mise en place auprès des jeunes dans les écoles et les universités pour leur apprendre à se méfier des réseaux sociaux et à faire confiance aux médias reconnus qui sont les soutiens de la démocratie.
Car, ce qui découle, au plan législatif, de cette « philosophie » ou de cette absence de vraie philosophie, c’est la « défense de la démocratie dans ce qu’elle a de plus sacré, le scrutin ». La loi sanctuarise ainsi l’évènement électoral que rien ne doit troubler afin d’éviter que le peuple, égaré, vote mal, et trahisse ainsi la démocratie comme ce fut le cas aux Etats-Unis, avec l’élection de Trump, au Royaume-Uni avec le vote du Brexit. On ne parle pas des autres pays… mais on les devine.
Le tableau est simple. Il y a, d’un côté, les bons, qui sont les médias installés, à qui on peut faire confiance et qui sont éducateurs. De l’autre côté, ces réseaux sociaux innombrables et incontrôlables, à qui il faut interdire de troubler l’opinion, au moment sacré du scrutin.
L’ironie n’a pas manqué de déferler, du côté des opposants. Si nous avions dit que M. Cahuzac, Ministre du Budget, avait des comptes en Suisse ouverts pour le parti socialiste, quel juge ne nous aurait pas condamnés pour diffusion d’une fausse information capable d’influencer sur le scrutin ?
En revanche, la poursuite contre Fillon qui a vraiment influencé le scrutin présidentiel, et s’est, depuis, arrêtée comme si elle était sans fondement, n’est pas condamnée comme une « fausse information » puisque les juges la menaient…
Dans ce relativisme absolu, la vérité et la liberté périssent ensemble, ce qui est philosophiquement logique et politiquement désastreux.
Droit positif aujourd’hui
Cette loi dont on ne sait pas dans quel état final elle va sortir, après lecture au Sénat et relecture à l’Assemblée, sera peut-être nocive, en tout cas inefficace.
La loi de 1881 sur la presse, qui n’est pas un chef d’œuvre, avait, par le jeu des jurisprudences, gagné une certaine utilité pratique qui permettait de saisir le juge tout en donnant à l’expression écrite et orale l’espace de liberté dont elle a besoin pour vivre. Internet est un nouvel espace, moins ordonné encore que celui de la presse écrite ou rediffusée ou télévisée, mais qui peut aussi, à l’usage… et par les outils de cette loi, se policer, à défaut de se moraliser. Ajouter un instrument législatif et une règlementation supplémentaire ne résoudra rien et ne pourra que contribuer – mollement, espérons-le – à entraver un peu plus la vraie libre pensée.
La proposition n’est pas déraisonnable quand elle met le doigt sur l’éducation. Là est la vraie question. Seulement, cette éducation n’est pas le « respect de l’espace sacré de la démocratie, le temps du scrutin ». La véritable éducation est tout simplement dans le goût de la vérité et la passion de la liberté qui sont à la racine de la culture française.
Rien n’est beau que le vrai ; le vrai seul est aimable !
Allez à la vérité de toute votre âme, et vous verrez bien qu’elle existe !
La liberté, c’est de dire oui au vrai…
Ces maximes sont présentes dans nos décisions judiciaires, car l’esprit humain, quand il raisonne, ne peut pas s’en écarter, sauf à tomber dans le scepticisme et l’inconséquence. Mais elles ne gouvernent plus l’État, au moins officiellement.
Ce sera l’œuvre de la génération qui vient, si elle veut, d’imposer comme source de salut et de féconde harmonie ces deux réalités que seuls des esprits faux continuent d’opposer, la vérité et la liberté.


