France et politique française - Page 2512
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debat sur la caserne de tepa" les soldats s'expriment" #1
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Paris vendredi 9 mars, Patrick Buisson au Cercle de Flore ... A ne pas manquer !
Renseignements : cercledeflore@actionfrancaise.net
Calendrier du Cercle de Flore
http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2018/02/19/paris-vendredi-9-mars-patrick-buisson-au-cercle-de-flore-a-n-6027732.html -
Est-on sûr que la transition énergétique sera si écologique ?
Le journaliste Guillaume Pitron vient de publier une enquête sur le marché des métaux rares. Il a été interrogé sur Batiactu. Extraits :
"Que reprochez-vous au modèle de la transition énergétique tel qu'il nous est présenté ?
Cette transition a été pensée de manière hors-sol. Avant même d'envisager les dimensions politique, économique et technologique de cette transition, il faut penser à ce qu'il y a au départ : de la matière. Où est-ce qu'on va la chercher ? A partir du moment où vous cherchez la réponse à cette question, toutes les constructions intellectuelles de la transition énergétique s'effondrent. Car toute matière procède d'une mine, nous l'avons complètement oublié.Les métaux rares, matière première indispensable à la transition énergétique, viennent de mines dont la grande majorité sont situées en Chine. Or, l'industrie minière est l'un des secteurs les plus polluants au monde, et le coût écologique de l'acheminement de ces métaux est immense. Ainsi, parler de transition énergétique est, au mieux, très naïf. Nous avons perdu la culture de la matière, nous considérons que nous ne dépendons plus d'elle. C'est ce que j'appelle l'effet Monoprix : vous avez l'illusion de croire que vous disposez de tout, à volonté. Nous sommes passés, en deux générations, d'une ère de privation à une ère d'abondance. Ce que je propose de faire, c'est de nous reconnecter aux enjeux bruts, et de retourner les cartes de cette transition écologique.
Dans votre ouvrage, vous dites : "En nous engageant dans la transition énergétique, nous nous sommes tous jetés dans la gueule du dragon chinois. L'empire du Milieu détient en effet aujourd'hui le monopole d'une kyrielle de métaux rares indispensables aux énergies bas carbone et au numérique." Que voulez-vous dire ?
L'occident a réalisé le fabuleux potentiel des métaux rares durant les années 80. Mais au même moment, nous avons renforcé nos réglementations environnementales et nos standards sociaux. Nous voulions des métaux, mais nous ne voulions plus les extraire chez nous. Nous ne voulions plus de mines. La Chine, elle, était prête à récupérer ces activités, même au prix d'un désastre environnemental et humain. Les Chinois nous ont donc inondés de métaux rares à prix cassés, et nous en avons profité pour fabriquer des technologies en-dessous de leur prix de revient réel. C'est ce que je qualifie de plus fantastique opération de greenwashing de l'histoire. Aujourd'hui, la Chine a la maîtrise sur une majorité de ces métaux rares ! Et elle ne nous fournit plus ces matières à satiété, comme elle le faisait. Elle dit à ses clients : "J'ai besoin de ces métaux pour mon propre développement. Je ne vous en fournirais donc qu'une petite part. Donc soit vous tournez au ralenti, soit vous venez vous installer en Chine, avec vos ingénieurs et vos laboratoires de recherche." [...]
Un récent rapport de la Banque mondiale a pointé cette problématique [lire notre article ici]. Cela tend-il à prouver qu'une prise de conscience a lieu ?
Ce rapport est une véritable bombe, et devrait être sur la table de chevet de tous les chefs d'État, ce qui est loin d'être le cas. Je cite également un rapport d'Olivier Vidal, chercheur au CNRS, qui dit qu'à capacité de production électrique équivalente, "les infrastructures éoliennes nécessitent jusqu'à quinze fois davantage de béton, quatre-vingt dix fois plus d'aluminium et cinquante fois plus de fer, de cuivre et de verre" que les installations utilisant des combustibles traditionnels. A-t-on vraiment établi l'analyse du cycle de vie de ces nouvelles solutions technologiques ? Est-on sûr que la transition énergétique sera si écologique ? Pour vous en faire une idée, je vous rappelle par exemple que la purification de chaque tonne de terres rares [un groupe de métaux rares parmi les plus convoités, NDLR] requiert l'utilisation d'au moins 200 mètres cube d'une eau qui, au passage, va se charger d'acides et de métaux lourds. Que faire de tous les déchets suscités par l'excavation de ces matières premières ? Il faut imaginer que pour chaque écoquartier qui est ouvert, vous avez l'équivalent d'une petite montagne de déchets pollués à gérer. [...]
Dans le secteur du bâtiment, en France, des réflexions sont menées par rapport à l'analyse du cycle de vie des bâtiments. Vont-elles assez loin ?
Je me demande si elles prennent vraiment en compte l'extraction et les transports des matières premières. Vous vous dites qu'un écoquartier est propre parce qu'au moment où vous l'utilisez, vous consommez moins. Mais avez-vous pensé aux milliers de kilomètres parcourus par les métaux rares pour finir dans la technologie embarquée de votre quartier connecté ou de votre voiture électrique ? Les réseaux intelligents, les maisons connectées, les compteurs de type Gazpar ou Linky, cela veut aller dans le sens d'une plus grande sobriété énergétique. Mais le bilan global écologique n'est pas forcément positif. Les objets connectés génèrent de la donnée, et cette donnée doit être traitée informatiquement. Tout cela a aussi un coût écologique. Pour rappel, l'Ademe a chiffré que les dix milliards d'e-mails envoyés chaque heure à travers le monde représentaient l'équivalent de la production électrique de quinze centrales nucléaires sur la même durée. [...]"
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Éric Zemmour : “Wauquiez reste plus proche de l’escrimeur que du gladiateur”
Les propos brutaux de Laurent Wauquiez devant des étudiants d’une école de commerce, et diffusés dans l’émission “Quotidien”, font scandale. Mais pour Éric Zemmour, le leader de LR est encore un “petit joueur” en comparaison avec Donald Trump.
Wauquiez peut être fier de lui. Il est vraiment devenu la bête noire du système médiatico-politique. Wauquiez est comparé à Trump, ce qui est désormais le sommet de la diabolisation.
Mais Wauquiez est encore un petit joueur, un débutant. Trump ne s’excusait jamais, même lorsque ses propos étaient également volés à une conversation privée. Il n’aurait pas dû s’excuser auprès de Sarkozy.
Jusqu’à présent, en France, on n’a eu que des Trump de cour d’école. Ils se regardent et s’admirent transgresser. Ils prennent la transgression intellectuelle, idéologique et politique pour un duel à fleurets mouchetés, alors que cela doit être une arène où le gladiateur joue sa peau. Laurent Wauquiez est pour l’instant plus proche de l’escrimeur que du gladiateur.
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Goldnadel : « J'en veux moins à Mennel qu'aux beaux esprits qui l'instrumentalisent »
Par
CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel revient cette semaine sur le départ de Mennel Ibtissem de l'émission «The Voice». Selon lui, le vrai problème se situe au-delà de l'éviction ou non d'une jeune chanteuse : c'est la propagation d'un discours radical au sein de l'islam qu'il faut empêcher à tout prix. Cette chronique [Figarovox, 12.02] dit avec force et un courage certain un grand nombre de simples vérités ! LFAR
Le médiocre scandale médiatique autour de Mennel Ibtissem aura au moins le mérite de faire le point sur cette radicalité d'une partie de la jeunesse islamique dont personne ne veut parler.
Un mot d'abord sur ce qui paraît me séparer d'une partie de mes amis, qui luttent dans la même tranchée contre cette radicale particularité.
Personnellement, il ne me dérange pas qu'une jeune femme vienne chanter les cheveux dissimulés sous un turban, a fortiori sur une chaîne privée. Je ne sache pas qu'une telle coiffe soit contraire à la légalité. Ceci posé, si le but est d'éviter de susciter le mâle désir, m'est avis que c'est assez raté.
Ensuite, concernant ses vilaines idées cachées, aucune non plus ne me paraît avoir enfreint la loi, raison pourquoi je préfère que la demoiselle ait décidé de se retirer sur la pointe des pieds, quelle que soit la spontanéité de sa démission, plutôt que d'avoir vu la première chaîne de télévision lui donner brutalement son congé.
Ceci fermement posé, je ne saurais partager le discours victimaire des amis de la jeune chanteuse qui objectent que ses messages radicaux sont remontés à la surface en raison de la coiffe islamique qui lui était reprochée.
C'est qu'ils ne veulent pas voir la réalité de la virtualité. Je gage sans grand risque, que si un joli chanteur de la France des profondeurs, aux cheveux couleur d'or, avait lui aussi électrisé le plateau et les animateurs de «The Voice», tout un public curieux se serait rué sur ses adresses électroniques.
Et si, par malheur pour lui, certains messages peu amènes pour les congénères de Mademoiselle Ibtissem ou de l'auteur de cet article avaient été découverts, je ne doute pas un seul instant que pour lui aussi sa carrière eut été contrariée, peut-être plus brutalement.
Reste que dans un récent passé des discours bien plus brutaux que ceux de Mennel ont été mis à jour qui nous montrent dans toute leur crudité la réalité roublarde du mariage entre modernité et radicalité au sein d'une bonne partie de la jeunesse islamique.
Ils montrent également que la classe médiatique, ordinairement vétilleuse en matière de racisme, a fait montre d'une bienveillante compréhension qui ne pouvait être prise que comme un encouragement.
Mehdi Meklat d'abord. Jeune protégé de Pascale Clark du temps où elle sévissait sur France Inter. Membre éminent du Bondy blog qui avait ses colonnes ouvertes à Libération comme aux Inrocks. Petite particularité, manière de coquetterie qui ne semblait pas troubler les âmes antiracistes : le jeune homme aimait davantage Adolf Hitler que les israélites. Il avait également la parole sexiste, ce qui ne gênait pas nos nouvelles féministes.
Les héroïnes de « Divines » ensuite. Excellent film justement primé au César de 2017. Petit détail, un rien, une paille qui n'a pas non plus grandement gêné le parterre progressiste de la place cinématographique de Paris : Houda Benyamina, la réalisatrice couronnée, par ailleurs admiratrice de Malcom X et de Ramadan T avait eu le bon goût de poster peu avant sur Facebook une caricature qu'un esprit vétilleux pourrait considérer comme un chouïa antisémite ou conspirasioniste: on y voit la marionnette d'un terroriste de Daech, la lame du couteau encore sanguinolente, dont les ficelles sont tirées par un américain et un juif cachés derrière un mur…
Quant à son amie et actrice dans le même film, Oulaya Amamra, celle-ci crut bien venu de poster une petite quenelle sauce Dieudonné ou encore de gazouiller sur Twitter « C'est bien du rap de sale naigre (sic) » sans que ni SOS-Racisme ni le Cran ne fassent la grimace. Tout au plus, sur le service public, Laurent Delahousse, tout en délicatesse subliminale, lui reprocha gentiment des bêtises, comme à un enfant surpris le doigt dans un pot de confiture.
Retour à Mennel. Nul ne saurait être la dupe de sa duplicité. Une voix mélodieuse. Un regard d'ange. Une chanson de Léonard Cohen. Alléluia ! Mais un double langage chanté. Les paroles anglaises du juif canadien et, en parallèle, les paroles en arabe, non en traduction de celle de Cohen, mais à titre connivent de prière islamique.
Sur son site, une magnifique mélopée, magnifiquement interprétée: Palestine ! Palestine ! Palestine ! Après tout pourquoi pas. Mais, vantée par un Comité de Bienfaisance proche des Frères Musulmans…
Et enfin et surtout, ces messages complotistes qui se refusent à croire qu'un musulman qui se réclame de l'islam puisse avoir réellement commis l'attentat de Nice, mais qui se plaisent à penser que le vrai responsable, c'est le gouvernement de la France.
Certains beaux esprits ont cru devoir plaider, à décharge, que de tels messages, beaucoup de jeunes écervelés les ont écrits à cette époque sur la Toile.
C'est tristement un fait, raison pourquoi j'en veux infiniment moins aux Mennel, Houda et caetera qu'à ces tenants de l'idéologie qui les aura décérébrés moins par amour de ce qu'ils sont que par détestation de ce que nous sommes.
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain.
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Ce que l'Histoire fait, l'Histoire peut le défaire...
Le territoire des Bermudes, dans les Caraïbes, a adopté en décembre 2017 une loi rétablissant l’interdiction du mariage homosexuel quelques mois seulement après son autorisation par la Cour suprême. La nouvelle loi ne s’applique pas aux couples qui se sont déjà mariés et elle laisse place pour les couples homosexuels souhaitant s'unir à la possibilité d'un concubinage, Cette loi, signée par le gouverneur du territoire le 7 février 2018, fait des Bermudes le premier pays du monde à revenir sur le mariage homosexuel.
On ne peut qu'admirer cet exemple de courage face à la vague homosexuelle militante qui déferle sur le monde depuis des années.
Que nos hommes politiques (notamment de « droite ») méditent l'exemple des Bermudes, quand ils disent ne pas vouloir, ni pouvoir revenir sur la loi Taubira de 2013 dite du « mariage pour tous »... -
33 000 nuitées d'hôtel pour les clandestins en IDF informe le ministre Mezard
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Les infos dont on parle peu n°168 (3 février 2018)
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RETRAITÉS ET CSG : À VOS CONTRIBUTIONS ET…SILENCE DANS LES RANGS !
La CSG, ah, la CSG !
Vous aurez remarqué que ce n’est pas un impôt : un impôt, c’est une ponction sur votre compte en banque sans affectation précise ; pas très populaire, sauf pour les 57 % de contribuables exonérés. Ce n’est pas, non plus, une taxe ; une taxe, on la verse pour un service rendu (sauf la TVA !).
Alors, c’est peut-être une redevance, payée seulement par ceux qui utilisent le service à financer. Eh bien, non !
Il ne reste plus que la cotisation. Raté, encore, car là, on est dans le domaine de la Sécu. Alors, « ils » ont inventé la « contribution ». C’est gai et primesautier, la contribution ! On contribue en sifflotant, d’un cœur léger, un peu comme on fait sa B.A. Vous, moi, mon voisin de palier, tout le monde est d’accord pour contribuer. Mot magnifique, mot magique, contre lequel seuls les esprits grincheux pourraient s’élever.
Né du cerveau fertile de Michel Rocard en 1991, la contribution sociale généralisée avait pour objectif de financer la protection sociale, à un moment où le déficit de la Sécu atteignait 24 milliards d’euros. Son taux feutré se montait alors à 1,1 % de tous les revenus. 27 ans plus tard, son poids flirte avec les 10 %. Certes, le déficit, ramené à 4,5 milliards d’euros, a été divisé par 5. Mais, dans le même temps, le taux de la CSG a été multiplié par 8. À ce compte, ce n’est plus un effet de ciseau, mais un effet de hachoir ! Notamment pour les retraités qui sont, désormais, priés de contribuer, sourire aux lèvres, à hauteur de 9,1 % sur leur pension de base, et 10,1 % sur leur retraite complémentaire.
Résumons: revalorisation des retraites, 0,8 %, augmentation de la CSG, 1,7 %… le compte est bon, mais pas pour tout le monde !
En 2018, toute la France est ponctionnée par le fisc. Toute ? Non ! Un village peuplé d’irréductibles réfractaires résiste encore et toujours aux « ponctionnaires ». Ce village, c’est « Palaisbourbum ». En plein mois d’août 2017, les députés ont aboli l’IRFM, l’indemnité représentative de frais de mandat, montant fixe (5.840 € bruts par mois) assujetti à la CSG, pour la remplacer par le remboursement sur justificatif, exempté, lui, de la CSG, et dont on ignore si le montant est limité. On peut trouver bien des explications juridiques à une telle exemption mais, au moment où l’on tabasse les retraités et les autres – voir, par exemple, la hausse de la taxe sur le diesel : +10 % en 2018 –, cette mesure amoche la plus élémentaire équité et colle mal avec la moralisation de la vie publique.
Le « gouvernement pinochioïde » martèle qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôts en 2018. Oui ! Mais quid des autres formes de prélèvements aux noms plus ou moins fleuris ? En ce domaine, l’imagination est sans limite. Puis-je proposer modestement de faire entrer dans le lexique fiscal un nouveau mot : « obole », que le Larousse qualifie de « petite offrande, contribution de peu de valeur monétaire ». On pourrait alors, sans craindre grognes ou manifs, créer l’« OPA », obole de participation amicale. Succès garanti !
http://www.bvoltaire.fr/retraites-csg-a-vos-contributions-silence-rangs/
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Le souvenir d'une jeunesse royaliste...
Les déménagements sont toujours des épreuves et des redécouvertes, et j'en fais à nouveau l'expérience teintée d'amertume et de nostalgie : la maison familiale, celle qui a entendu nos cris d'enfants et abrité notre jeunesse, avec ce jardin dans lequel nous avons tant joué, bercés par les aboiements joyeux d'Indienne, l'épagneule fidèle, n'est plus qu'une demeure en sursis que nous vidons de cinquante ans de souvenirs et de plus d'un siècle de mémoires accumulées, et ce depuis les années de la pharmacie du Progrès de mon grand-père Lechaptois, après la Première guerre mondiale. C'est aussi l'occasion de récupérer et de sauver (mais qui cela intéressera-t-il après moi ? Peut-être quelque jeune chouan pas encore né...) des morceaux de ma propre histoire politique, depuis la deuxième moitié des années 1970 : certes, je n'ai pas retrouvé le premier « journal » politique que j'avais rédigé sur la mort du général Franco, ce dictateur espagnol qui avait eu la bonne (et la seule bonne ?) idée de restaurer la Monarchie avant de mourir en ce mois de novembre 1975 ; mais les correspondances politiques, en un temps où le courrier ne se faisait pas à l'ordinateur, sont là, rangées dans un carton, tandis que les coupures de presse, les collections des revues royalistes (parfois un peu désordonnées et incomplètes) ou les petites marges blanches découpées du quotidien Ouest-France sur lesquelles j'inscrivais des slogans royalistes avant de les glisser dans des livres ou des journaux de la Documentation du lycée Chateaubriand, débordent de sacs plastiques dont certains sont siglés de « La Restauration Nationale » (nom officiel du mouvement royaliste maurrassien d'A.F. depuis 1955). Dans un autre grenier, non loin de là, s'entassent des collections d'Aspects de la France des années 1950 à 1980, mais aussi de La Revue Universelle des années 1920-1940 et des exemplaires de La Nation Française, l'hebdomadaire de Pierre Boutang et de Michel Vivier, et d'autres publications monarchistes, sans oublier les affichettes royalistes locales, parfois simples photocopies de slogans et de dessins fleurdelysés, souvent signées du Cercle Jacques Bainville de Rennes-2 : en somme, une véritable caverne d'Ali Baba royaliste !
Tout cela me ramène à mes premières années militantes, à la fin de la décennie 70, lorsque les ordinateurs n'existaient que pour quelques entreprises ou administrations et n'avaient pas encore envahi notre quotidien, et que les téléphones mobiles n'étaient qu'un phantasme d'auteurs de science-fiction. La politique se faisait autour de soi, dans son milieu scolaire ou professionnel, dans la rue et au cœur des familles, par le tract, la brochure et la parole, et les cafés avoisinant les lycées et les facultés retentissaient constamment des débats enflammés qui suivaient les cours d'histoire ou de français, qui étaient alors très marqués par les discours dominants de l'après-Mai 68. Au lycée Jean-Macé, les panneaux d'affichage des étages étaient couverts d'affiches des différents groupes qui s’entre-déchiraient furieusement, de l'extrême-gauche trotskiste à l'extrême-droite du Front de la Jeunesse et de l'Eurodroite, de l'UNCAL communiste au Cercle Charles Maurras local, ce dernier tenant quelques réunions (autorisées par l'administration du lycée) dans une salle du rez-de-chaussée destinée aux activités d'études ou syndicales, ou de club de la presse, je crois... Mais c'est au lycée Chateaubriand que j'ai vraiment commencé à militer politiquement, et c'était encore la grande époque du militantisme, même si cet établissement, moins central que Jean-Macé, apparaissait aussi moins politisé. Si ma mère m'avait offert pour mes quinze ans les « Œuvres capitales » de Maurras, gros volume à la couverture d'un bel orange vif, c'est à « Chatô » que j'ai vraiment découvert le royalisme par le biais de l'hebdomadaire Aspects de la France, mais aussi du mensuel L'Action Française étudiante, alors vendu en kiosque au carrefour de la rue de Fougères (aujourd'hui Jean Guéhenno et rue du Général Guillaudot), du boulevard Sévigné et de la rue de La Borderie.
Le temps a passé, et la politique est beaucoup moins prégnante dans notre société, sa place étant désormais parfois occupée par la religion, et surtout par une logique économique de la société de consommation qui ne pousse pas vraiment à réfléchir ni à s'engager dans la Cité : d'ailleurs, que d'anciennes ministres comme Mmes Vallaud-Belkacem et Kosciusko-Morizet annoncent renoncer à la politique, ne serait-ce que pour un temps, après Mme Fleur Pellerin, la plus catastrophique ministre de la Culture de M. Hollande, et cela pour rejoindre de grandes entreprises en profitant de confortables émoluments, est tristement révélateur de l'état d'esprit des élites républicaines contemporaines, état d'esprit qui, au-delà des personnes, condamne sans doute la République elle-même, en tant qu'idéologie et institutions sans pour autant porter atteinte au noble sens du mot, la Res Publica, que l'on peut traduire par « la Chose publique » et qui reste aussi la raison d'être de la Monarchie royale en France.
Le temps a passé, mais la nostalgie qui parfois m'envahit de sa douce amertume, ne doit pas et, d'ailleurs, ne peut pas fonder une politique pour notre temps : on ne construit rien sur le « C'était mieux avant », mais il s'agit bien plutôt d'appliquer une forme d'empirisme que l'on pourrait qualifier (au-delà du qualificatif habituel d'organisateur que Maurras a popularisé) d'ordonnateur, en tirant des expériences passées ce qui peut permettre le meilleur (ou le moins pire...) pour les générations présentes et à venir. En ce sens, et au regard de l'histoire, la Monarchie royale reste, qu'on le veuille ou non, la formule institutionnelle la plus souple et, sans doute, la plus socialement juste dans sa volonté de préserver l’État des pressions des puissances féodales, politiques comme économiques et financières, comme nous le rappellent les exemples fameux de Jacques Cœur et de Nicolas Fouquet qui en ont fait les frais... Une Monarchie qui ne soit pas figée sur ses représentations de 1830 ou de 1848, mais se projette en 2018 et dans les années d'après, sans oublier ce qu'elle a été et sans négliger ce qui a été depuis qu'elle n'est plus, et en préparant ce qu'elle sera et devra être pour durer.
En quittant une dernière fois ce grenier de la Motte Brûlon qui fut ma chambre durant de longues et heureuses années, et en franchissant le portail d'une propriété qui a cessé d'être nôtre, j'ai vieilli, d'un seul coup. Nous ne sommes pas encore en Monarchie, et ma jeunesse est définitivement morte, le 12 février de cette année 2018, mais il reste l'avenir, toujours à fonder comme la Monarchie est, elle, à refonder : c'est encore assez pour poursuivre les combats de ma jeunesse, en cette vieillesse qui s'annonce...
Jean-Philippe CHAUVIN