Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

France et politique française - Page 2823

  • Violences conjugales : pourquoi Mme Schiappa ne demande-t-elle pas la démission du maire de Carpentras ?

    Extrait de la lettre ouverte de Marie Thomas de Maleville, conseillère départementale FN de Vaucluse et conseillère municipale de Carpentras, à Mme Schiappa :

    6a00d83451619c69e201b8d2d6b2f6970c-250wi.jpg"[...] Puisque vous vous permettez de commenter une affaire judiciaire qui n’en est qu’à ses débuts, puis-je vous faire une suggestion ? J’en connais une que le Code pénal qualifie de « violences conjugales ». Les étapes de la garde à vue, de la mise en examen, du jugement en première instance et même du jugement en appel ont été franchies depuis de longs mois et l’on en est actuellement au stade du pourvoi en cassation. Donc, votre prise de position sur le cas que je vais vous soumettre sera infiniment moins « casse-gueule » que celle que vous avez prise sur l’affaire Daval.

    Il s’agit du cas de M. Francis Adolphe, maire de Carpentras, ancien membre du Parti socialiste et, depuis l’an passé, ardent soutien de M. Macron. Il a été condamné le 28 juin 2017 (vous étiez déjà secrétaire d’État) en appel par le tribunal correctionnel de Nîmes à huit mois de prison avec sursis, condamnation assortie d’une privation pour cinq ans de ses droits civiques et familiaux, ce qui n’est pas rien, surtout lorsqu’on est le premier magistrat de sa ville, officier de police judiciaire et officier de l’état civil. Un pourvoi est en cours : du fait de vos fonctions gouvernementales, vous ne pouvez ignorer que la cour d’appel a statué souverainement quant aux éléments de faits, la Cour de cassation n’étant là que pour contrôler l’application de la loi. Je pourrais vous parler de l’effroi, qui a frappé les personnes de ma connaissance qui ont assisté au procès, à l’énoncé des faits et des circonstances de cette affaire dans laquelle M. Adolphe est impliqué.

    Personne, à l’exception des élus du Front national dont je suis, n’a demandé la démission de M. Adolphe. Votre collègue au gouvernement, Mme Poirson, élue député de Vaucluse le 18 juin 2017, qui vous accompagnait encore récemment dans notre département lors de votre « tour de France de l’égalité femmes-hommes », garde un silence de vestale sur ce sujet.

    Alors, madame le Ministre – c’est une femme, une épouse, une mère qui vous le demande -, s’il vous plaît, prenez la parole pour demander la démission de M. Adolphe de sa fonction de maire. Ou taisez-vous ! Cessez, en tout cas, ces longs et inefficaces monologues de diva en mal de notoriété. Quelques instants. Au moins par solidarité féminine…"

    par Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2018/02/violences-conjugales-pourquoi-mme-schiappa-ne-demande-t-elle-pas-la-d%C3%A9mission-du-maire-de-carpentras.html

  • Société [Economie & Politique ...] • Si Versailles m’était compté

    Par Françis Bacque

    104095071.jpgL’opération séduction d’Emmanuel Macron auprès des grands patrons étrangers, à grand renfort de symbolisme monarchique, mais aussi d’argent public, a-t-elle été une réussite  ?

    Versailles, 22 janvier. Au lendemain d’une date si importante pour ce lieu, Emmanuel Macron recevait les grands patrons étrangers en chemin vers le forum de Davos. Que le lecteur se rassure, nous ne crierons pas au blasphème  : ce n’est pas notre genre – et puis, tout ce qui est national est nôtre, y compris en économie. C’est donc au cours d’un dîner de prestige que notre président a vanté les mérites d’une France «  de retour  », pendant trois heures, et intégralement en anglais – si blasphème il devait y avoir, ce serait bien plutôt ici.

    Téléthon économique

    L’objectif était de convaincre cette centaine de grands patrons d’investir en France et de contribuer ainsi à la création d’emplois. Objectif atteint si l’on en croit le Gouvernement et la majorité des médias. Mais cette opération séduction visait aussi – surtout  ? – à séduire les Français. Le dîner de Versailles restera-t-il comme une belle opération d’affaires (pardon, de business) ou comme un coup de com’ savamment orchestré  ? Évidemment, un peu des deux. Côté économie, on recense un montant global d’investissements de 3,5 milliards d’euros sur cinq ans promis par des multinationales telles que SAP, Novartis, Facebook, Google ou Toyota, avec près de deux mille cinq cents emplois à la clé. De quoi réjouir les marcheurs, rassurer les sceptiques et clouer le bec aux réacs. Certains se sont malgré tout émus que le président dépense 600 000 euros de deniers publics pour des «  ultrariches  ». Notons que si deux mille emplois sont réellement créés, cela revient à 300 euros par poste  : c’est tout de même largement moins qu’un contrat aidé. Pourtant, à y bien regarder, l’opération n’est pas si mirobolante  : 3,5 milliards rapportés à deux mille cinq cents emplois sur cinq ans, cela fait aussi plus de 20 000 euros par emploi et par mois. D’une part le chiffre de deux mille cinq cents apparaît vite ridicule lorsque l’on s’y attarde un peu, et que l’on se rappelle que le même jour, Carrefour annonçait la suppression de deux mille quatre cents postes… D’autre part, une partie de ces investissements et emplois avaient déjà été annoncés et ne doivent donc rien à la beauté de Versailles ni au talent de Macron. Bilan assez mitigé donc pour l’aspect économique de l’opération, mais beaucoup plus intéressant vis-à-vis de l’opinion. Le discours, construit sur la base du «  choose France  » (choisissez la France), visait en effet aussi à justifier les récentes (et futures) réformes portant sur la flexibilité du travail et l’attractivité de notre pays. D’ailleurs, Bruno Le Maire et Muriel Pénicaud étaient intervenus l’après-midi même pour expliquer les réformes économiques et sociales, histoire de bien faire comprendre aux Français le lien de cause à effet entre lesdites réformes et le succès de l’opération. Et puis, Emmanuel Macron s’est bien empressé d’ajouter qu’il avait été élu pour cela  : «  J’ai reçu un mandat très clair des Français avec tous les moyens de procéder à des réformes qui ne seront pas remises en cause.  » Puisqu’on vous le dit  !

    La promesse du retour

    L’épisode nous laisse même un goût amer tant il donne l’impression que les entreprises françaises licencient et délocalisent pendant que l’on fait venir les investisseurs étrangers en France. Un drame que corrobore hélas le rapport des emplois créés aux montants investis. Même Christophe Barbier se montre lucide, craignant que le président «  réussisse à redresser l’économie du pays sans régler le problème du chômage  ». Quant à l’attractivité, elle ne se situe pas totalement dans la réforme du Code du travail ou dans les politiques de rémunération. La France, avec son haut niveau de dépense publique, est un marché peu risqué pour les entreprises et les capitaux étrangers. En période de croissance, elles peuvent compter sur un potentiel de consommation important  : niveau de vie, salaire moyen et population en croissance donnent des perspectives solides à moyen terme. En période délicate, l’effet crise est amorti par la dépense publique, ce qui est un élément d’attractivité sans doute plus intéressant que la rupture conventionnelle collective ou le référendum d’entreprise. Toyota sait qu’en 2009 l’État est venu au secours des constructeurs automobiles qui affichent aujourd’hui une forme insolente, et Novartis peut compter sur le système de la Sécurité sociale pour assurer à ses médicaments une commercialisation massive et continue.

    La France de retour  ?

    Loin de nous toutefois l’idée de hurler avec les loups pour se satisfaire d’une critique systématique. Nous ne nous plaindrons jamais que le régime fasse son travail quand il le fait bien, ou à peu près  ; en revanche, nous continuerons inlassablement à en dénoncer l’hypocrisie et les méthodes mercatiques. «  La France est de retour  », a clamé notre président à cette occasion  ; gageons que nous pourrons rapidement en dire autant à notre sujet. Et venant de nous, ce n’est pas une promesse en l’air.  

    L'Action Française 2000 du 1er février 2018

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • DE LA ZAD À GARGES-LÈS-GONESSE : L’USAGE COLLECTIF DE LA FORCE PAYE

    the-making-of-the-mob-new-york-key-art-1200x707-1200x660.jpg

    Deux événements, en quelques jours, amènent à penser que l’usage collectif de la force paye aujourd’hui dans un pays où l’État de droit semble lourdement défaillant.

    Ainsi, à Garges-lès-Gonesse, ce sont des dizaines de « jeunes » d’une cité qui sont allés déloger des Roms qui squattaient une propriété privée appartenant à un retraité maghrébin. Ils y sont allés à la manière forte, armés et déterminés, et ils ont réussi à libérer la maison du propriétaire (au passage, on imagine le scandale médiatique si la même chose s’était produite lors de l’affaire Maryvonne).

    À Notre-Dame-des-Landes, Emmanuel Macron a annoncé qu’il ne construirait pas l’aéroport, mais surtout a renoncé à expulser par la force les zadistes les plus violents, ceux qui n’ont eux de cesse de casser dans les manifestations en 2016 et 2017 à Nantes – parfois avec des arrestations et des condamnations lourdes à la clé.

    Ces deux exemples frappants pourraient être additionnées avec les nombreuses avancées financières et sociales qu’obtiennent, en Bretagne, les syndicalistes paysans lorsqu’ils bloquent, brûlent et violentent si nécessaire pour se faire entendre. Ou avec la révolte des Bonnets rouges, il y a quelques années, les portiques écotaxe descendus, les radars automatiques attaqués, qui avaient entraîné le retrait de cette nouvelle taxe. 

    Les exemples sont pléthore, désormais, en France : lorsqu’un groupe – social, ethnique, professionnel – s’organise et décide de s’approprier une partie du territoire, ou de se faire justice lui-même, ou encore de déclencher des violences pour qu’elles deviennent médiatisées, alors à chaque fois, le gouvernement capitule (cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’arrestations, de répression, de condamnations parfois, mais il y a tout de même une capitulation au bout).

    Parallèlement à cela, toutes les revendications lancées à coups de pétitions sur Internet, de manifestations avec des ballons roses, de sit-in, de « grands colloques », n’aboutissent à rien, systématiquement à rien.

    Parallèlement encore, le moindre acte individuel de rébellion est lourdement sanctionné : pas la peine d’être très imaginatif pour savoir ce qui va vous arriver si vous lancez, seul, une grève des charges sociales parce que vous vous estimez asphyxié, ou bien si vous vous mettez à parler au gendarme qui vous arrête dans le même langage que certains émeutiers de banlieue.
     
    L’État, en France, est fort avec les faibles et les isolés, mais faible avec les forts et les organisés.

    La conclusion ? À chacun, dans ce pays, de la tirer.

    http://www.bvoltaire.fr/de-zad-a-garges-gonesse-lusage-collectif-de-force-paye/

  • Notre liberté est redevable au christianisme et non pas aux Lumières

    Rémi Brague est interrogé dans le numéro de février de La Nef :

    Capture d’écran 2018-02-01 à 21.58.45Capture d’écran 2018-02-01 à 21.58.52

    Et dans la suite de l'entretien, Rémi Brague constate une coïncidence entre régions christianisées et institutions libres.

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • HERVÉ DE LÉPINAU : « MADAME SCHIAPPA EST LA CAUTION IDÉOLOGIQUE DU GOUVERNEMENT D’ÉDOUARD PHILIPPE »

    Marlène Schiappa a divisé la classe politique ces jours derniers en commentant une affaire judiciaire en cours : celle du couple Daval.

    Pour Maître Hervé de Lépinau, cette intervention, de la part d’un secrétaire d’État, est totalement déplacée. Il s’étonne, par ailleurs, de l’indignation à géométrie variable de madame Schiappa.

    Hervé de Lépinau, la secrétaire d’État Marlène Schiappa a largement divisé la classe politique ces jours-ci en commentant l’affaire judiciaire en cours du couple Daval. En tant qu’avocat, selon vous, l’intervention de la secrétaire d’État va-t-elle à l’encontre de la séparation des pouvoirs entre politique et Justice ?

    C’est une intervention totalement déplacée. L’autorité judiciaire est impliquée dès le début de cette affaire sordide, dans le cadre d’une enquête.
    Je ne vois pas en quoi le fait que la victime soit une femme change quelque chose.
    Madame Schiappa emploie le néologisme militant de « féminicide ». Il s’agit d’un homicide, pas autre chose. Et cet homicide nécessite d’être décortiqué pour en comprendre les mobiles. Cela fait partie du vade-mecum d’une enquête judiciaire classique.

    Ne pensez-vous pas qu’on pourrait vous rétorquer qu’en tant que secrétaire d’État à l’égalité hommes-femmes, cette affaire qui relève du drame conjugal pourrait indirectement la concerner?

    Hélas, il y a beaucoup de drames conjugaux en France. Dans beaucoup de cas, je dirais que la pomme de discorde se trouve dans le panier de noces. On ne va pas interpeller madame Schiappa à chaque fois qu’il y a une difficulté dans un couple. Il faut rester raisonnable.
    Madame Schiappa est en quelque sorte une enflure, au sens propre du terme. Ce gouvernement incapable de régler les soucis quotidiens des gens a, en revanche, une capacité très importante à faire gonfler un phénomène ou une personne pour masquer ses propres incohérences dans la gestion des affaires de la cité. Maintenant, madame Schiappa, ça va cinq minutes !
    À Carpentras, monsieur Francis Adolphe a fait l’objet d’une condamnation, pour des faits de violences conjugales, de huit mois de prison avec sursis et surtout cinq ans de privation de ses droits civiques, civils et de famille par la cour d’appel de Nîmes. Même s’il y a un pourvoi en cours, la cour d’appel, dans son pouvoir souverain d’appréciation des éléments de faits, a considéré que la culpabilité de monsieur Adolphe est avérée. Madame Schiappa ne s’est absolument pas exprimée sur le sujet. Pas plus que sa collègue au gouvernement, madame Brune Poirson, secrétaire d’État sous la coupe de monsieur Hulot. Et encore moins le président de l’association Réseau, basée à Carpentras et censée lutter contre les violences faites aux femmes.
    Vous voyez donc que la gauche et l’extrême gauche ont cette capacité extraordinaire à procéder à un filtre en fonction de la personne mise en cause et, surtout, de son pedigree idéologique ou politique.

    Marlène Schiappa est-elle chargée, un peu comme Christiane Taubira en son temps, d’attirer l’attention médiatique pour servir de paratonnerre à la droite ?

    Madame Schiappa est la caution idéologique du gouvernement Philippe voulue par monsieur Macron. Elle fait de l’égalité hommes-femmes son combat quotidien.
    Mon propos n’est absolument pas sexiste ou réactionnaire, mais il me semble que les préoccupations quotidiennes des Français sont aux antipodes des soucis de madame Schiappa.
    Les Français se soucient de l’immigration de plus en plus invasive et agressive, de l’insécurité qui en découle et de l’emploi. N’oublions pas que nous avons des millions de chômeurs en France.
    Il y a aussi l’agriculture, qui meurt aux sens propre et figuré du terme. Nous avons quand même un taux de suicide anormalement élevé dans cette profession.
    Je crois qu’il va falloir mettre un bémol sur ce que madame Schiappa dit et revendique. Elle n’est pas le centre du monde et elle ne répond pas aux préoccupations premières des Français.

    http://www.bvoltaire.fr/madame-schiappa-caution-ideologique-gouvernement-dedouard-philippe/

  • Têtes à clash n°21 : législatives partielles, le début de la fin pour le FN ?

  • Adieu Édouard

    C’est avec une grande tristesse que j’ai appris le décès de notre camarade Édouard Ferrand, membre du Bureau Politique du FN, député européen et vice-président du groupe parlementaire ENL (Europe des Nations et des Libertés). Fidèle de la cause nationale, il était adhérent et militant du Front National depuis 1983. Candidat à de très nombreuses élections, notamment dans l’Yonne dont ce Bourguignon enraciné fut longtemps le Secrétaire départemental, c’est à l’université de Lyon III, qui fut chère à mon cœur, qu’il débuta de brillantes études d’histoire qu’il acheva à Paris. Titulaire d’un DEA d’histoire contemporaine et d’un doctorat en science politique, il était aussi diplômé de l’École supérieure de journalisme de Paris. Catholique aux fortes convictions, érudit – il venait de publier une étude sur le Comte de Saillans, combattant provençal et martyr méconnu de la Contre-Révolution- Édouard était un homme de mémoire et de fidélité, dont le combat politique était éclairé et nourri par sa très grande connaissance des œuvres et des figures de notre famille de pensée. Esprit fin et distingué, convive enjoué, d’une parfaite courtoisie, il manquera à tous ceux qui l’ont connu. Il a supporté sa maladie avec une discrétion et un courage remarquables. En ces instants si douloureux, j’ai une pensée toute particulière pour son épouse Alexandrine et pour leurs cinq enfants, à qui j’adresse mes très sincères condoléances.

    Bruno Gollnisch

    https://gollnisch.com/2018/02/02/adieu-edouard/

  • Invasion migratoire : Lancement de l’opération “Themis” pour secourir les migrants en Méditerranée

    migrants-C81011A9-1A88-4C03-8A9E-E8EA6817BAF4_w1023_r1_s-600x337.jpg

    Ne l’appelez plus “Triton” mais “Themis”. C’est le nom de la nouvelle opération de l’agence européenne Frontex en Méditerranée. Une mission destinée à secourir en premier lieu les migrants. “Themis” entre en action ce 1er février avec un mandat plus large.

    Sa nouveauté ? La fin de l’obligation de débarquer les migrants uniquement en Italie. Ceux qui seront secourus en mer, seront déposés dans la zone de sécurité la plus proche, que ce soit en Italie, en Grèce, en Espagne, en Libye ou à Malte.

    Par cette initiative, l’Union européenne va donc continuer à inciter les migrants à quitter leur pays pour tenter de s’installer en Europe.

  • Il peut y avoir une légitime diversité d'opinion parmi les catholiques sur certains sujets mais pas sur l'avortement

    Alors que l'on apprend qu'un nombre important de dirigeants du MRJC avait soutenu la loi Taubira, et que son président actuel a visiblement soutenu Jean-Luc Mélenchon à la dernière présidentielle, Vivien Hoch rappelle sur Riposte catholique ce qu'est un principe non-négociable, c'est-à-dire non soumis aux circonstances ni à l'époque ni au lieu (l'avortement est toujours un meurtre / l'accueil de l'immigré doit être évalué en fonction du bien commun) :

    "[...] Ces principes non négociables ont vertu d’utilité. Ils servent comme critères sûrs et indiscutables qui facilitent un choix politique en conformité avec les enseignements de l’Église. Le chrétien peut très bien refaire le parcours intellectuel ascendant (philosophie) et descendant (théologie) qui aboutit à ces principes. Deuxièmement, force est de constater que ni en 2006 ni après, les principes non négociables de la doctrine de l’Église catholique n’incluent l’ « accueil des migrants ».

    Dans l’Église, certains critiquent le principe même de « principes non négociables ». Bruno Saintôt, Directeur du département de bioéthique du Centre Sèvres (faculté jésuite de Paris), remet en doute la clôture de la liste, et souhaite qu’elle s’étende, par exemple, à la « justice sociale » ou à la « libération des formes modernes d’esclavage ». Il conditionne le respect des principes non négociables de Benoit XVI, au respect d’autres critères, économiques et sociaux.

    Selon Benoit XVI, le sens de la non négociabilité des principes est tout autre. La défense de la vie, de la famille et de l’éducation des enfants sont des fondamentaux de la vie en communauté. De leur respect découlent les actions sociales et politiques justes. En cela, ils leur sont antérieurs et prioritaires. Si jamais un tel principe est soumis à la négociation, c’est toute la chaîne anthropologie-société-économie qui est impactée.

    Il ne faudrait pas que l’Église de France, par le truchement de ses porte-paroles, envoie des signaux de faiblesse sur ces principes non négociables. Ils sont la nécessaire porte d’entrée d’une société humaine."

    Dans une lettre du cardinal Ratzinger, alors Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, aux évêques des Etats Unis en juin 2004, il est précisé :

    "Tous les problèmes moraux n'ont pas le même poids que l'avortement ou l'euthanasie. Par exemple, si un catholique venait à être en opposition avec le Saint Père sur la peine capitale ou sur une décision de mener une guerre, il ne serait pas, pour cette raison, considéré comme indigne de se présenter à la Sainte Communion. Bien que l'Eglise exhorte les autorités civiles à rechercher la paix et non la guerre et d'user avec discrétion et pitié dans l'application de la peine capitale aux criminels, il reste néanmoins possible de prendre les armes pour repousser un agresseur et d'avoir recours à la peine capitale. Il peut y avoir une légitime diversité d'opinion parmi les catholique sur l'opportunité de mener une guerre ou de recourir à la peine capitale mais pas sur l'avortement et l'euthanasie.

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Charles le Maudit...

    Ainsi, il était à nouveau question de Charles Maurras ces jours-ci, pour le motif que le 150ème anniversaire de sa naissance avait été inscrit parmi les commémorations évoquées par le ministère de la Culture pour cette année 2018 : aussitôt, nombre d'associations spécialisées dans la délation et l'indignation (éminemment sélective, au demeurant) ont manifesté leur courroux et le ministère a désinscrit Maurras de sa liste pour éviter toute polémique inutile. Quelques radios et journaux ont évoqué l'affaire, bien petite en somme mais tout aussi révélatrice de l'état d'esprit contemporain, de cette censure permanente et de cette « loi des suspects » étendue à tous ceux qui se retrouvent accusés (à tort ou à raison, d'ailleurs) de quelque phobie condamnée par les vigilants de notre République morale et vertueuse à la façon d'un Maximilien (de) Robespierre (sa petite particule ayant disparu, de par la volonté de son porteur en 1791) si soucieux des bonnes mœurs et des bonnes pensées républicaines... 

    Oui, j'ai envie de prendre la défense de Maurras aujourd'hui ! Non par provocation mais par compassion pour la vérité historique et par passion pour la liberté d'expression et de débat, l'une et l'autre aujourd'hui malmenées par nos Messieurs les censeurs, si justement dénoncés par le gaucho-royaliste Maurice Clavel un soir d'ORTF. Je la prends comme Marcel Jullian, éminent royaliste et résistant reconnu, dialoguiste du film « La grande vadrouille » et ancien président de la deuxième chaîne de télévision (en 1975), l'avait fait lorsque, pour sa revue de poésie Vagabondages, il avait consacré un numéro à ce même Maurras, provoquant l'ire de quelques écrivains qui retirèrent alors leur soutien à cette publication pourtant réputée. Mais Jullian répétait à qui voulait l'entendre que l'on pouvait accuser Maurras de toutes les intelligences, sauf de celle avec l'ennemi, prenant ainsi le contre-pied du jugement de Lyon de janvier 1945 lors du « procès Maurras », exemple même de procès politique...

    Non, je ne suis pas (ou plus ?) maurrassien, et je ne supporte pas ses excès de plume comme son antisémitisme maladif, mais je ne renie pas tout ce que, en un temps fort de ma jeunesse, Maurras m'a apporté, me sauvant de certaines tentations et désespoirs, et me préservant, a contrario, de certains aveuglements qui furent, pour son malheur et celui du royalisme tout entier, les siens, et cela même s'il les partageait avec nombre d'autres.

    D'ailleurs, le royalisme ne se limite pas à Maurras, Dieu merci, comme l'on ne peut limiter Maurras à l'antisémitisme. Personnellement, si je suis devenu royaliste au sens politique du terme, je le dois à Maurras mais aussi à Bertrand de Jouvenel. Et si je suis resté royaliste, c'est, pourrait-on dire, malgré Maurras et ses errements, mais c'est en appliquant, aussi, sa fameuse « tradition critique » et son « empirisme organisateur », et en rappelant, encore et toujours, que Maurras ne voulait pas faire des maurrassiens (trop souvent imitateurs sans imagination...) mais bien d'abord des royalistes actifs, « intellectuels et passionnés ».

    Ce que nos actuels censeurs reprochent officiellement à Maurras, c'est, nous dit-on, son antisémitisme qu'il proclamait « d'état » (au double sens du terme, à la fois de l’État lui-même, et des états au sens communautaire du terme, que ne redoutait pas, d'ailleurs, Maurras) et qui s'apparente à une forme extrême d'anticommunautarisme, même si ses écrits quotidiens et, surtout, la lecture de ses premières pages politiques laissent planer un doute douloureux sur la nature de cet antisémitisme, obsessionnel quand celui de Voltaire ou même de Marx, de nature assez proche du sien, se fait plus discret et plus « banal ». Cet antisémitisme lui a fait perdre une bonne part de sa crédibilité près des élites intellectuelles de son temps, même s'il y a toujours eu, et en assez grand nombre, des Juifs d'Action Française, dont certains seront, comme Henri Mosséri, déportés et assassinés par les nazis durant la guerre. Mais, soyons clair : un Maurras capable de surmonter l'antisémitisme, comme Bernanos et Boutang le feront chacun à leur tour, aurait été d'un meilleur secours pour l'idée royale qu'il défendait quotidiennementDaniel Halévy, fin lecteur de Maurras et proche du courant traditionaliste français jusqu'à sa mort, l'avait, je crois, confié à Henri Massis et à Pierre Boutang, et s'il n'était pas insensible à l'argumentation nationaliste et monarchique du vieil homme, il ne partageait évidemment pas les outrances du doctrinaire du « nationalisme intégral ». Quant au comte de Paris de l'époque maurrassienne puis gaullienne, il a toujours dénoncé l'antisémitisme quelle que soit sa forme et ses fondements, et la lecture du Courrier Royal(1934-1940) est fort rassurante sur ce point... Maurras tirera en définitive quelques leçons des horreurs des persécutions dont furent victimes les Juifs durant la seconde guerre mondiale et il mettra une certaine sourdine à son antisémitisme traditionnel, ce que sa longue lettre au président Auriol, intitulée « Votre bel aujourd'hui », confirme partiellement.

    Toujours est-il que la République avait au moins prévu de commémorer la naissance de Maurras, ce qui ne valait évidemment pas soutien ni même accord avec la pensée et la pratique du théoricien monarchiste, mais était la reconnaissance de la place de Maurras dans le débat intellectuel français, place obscure sans être obscurantiste, et de sa prégnance dans l'inconscient français, ce que Bernard-Henri Lévy (à la suite de l'historien Zeev Sternhell) avait pressenti. Le sous-titre d'un article que L'Obs a consacré à cette nouvelle « affaire Maurras » sur son site internet me semble assez juste s'il apparaît provocateur et, peut-être, trop limité quant à l'espace politique et idéologique : « L'imam caché de la vieille droite française ». 

    Que peut-on encore retenir de Maurras aujourd'hui ? Au-delà de quelques pages lumineuses de « L'ordre et le désordre » et de « L'avenir de l'Intelligence», et une fois soldés son dramatique antisémitisme et ses fautes politiques, aussi nombreuses que ses fautes stratégiques, il reste une ligne fédéraliste françaiseintéressante ; un nationalisme historique et politique (Boutang disait un « nationisme ») qui peut encore, si l'on suit les quelques feuillets du chapitre « Que la France pourrait manœuvrer et grandir », tirés de « Kiel et Tanger », inspirer une politique diplomatique française (ce que n'avait pas manqué de souligner le président Georges Pompidou en 1972, devant les étudiants de Sciences Po !) ; et quelques arguments forts pour une magistrature suprême de l’État qui ne doive rien aux féodalités politiciennes, financières et économiques... (1)

    Je rajouterai à cette courte liste « la Prière de la fin» dont j'espère qu'elle sera, comme je le souhaite, lue à ma messe de funérailles (que j'espère la plus tardive possible, bien sûr), et, parmi les photos glissées dans la poche de ma veste, dans le cercueil, entre celle du général de Gaulle et de sa fille Anne et celles de mes proches, j'aimerai que l'on y mette celle de Maurras derrière son bureau encombré de tas de journaux dont, au premier plan... L'Humanité ! Comme un clin d’œil à la liberté de l'esprit qui ne s'embarrasse pas d'étiquettes et de préjugés...

    Notes : (1) : Sur ces bases simples que nous étions quelques uns à partager à l'AF dans les années 1990, un étudiant d'Action Française, dans un numéro de la revue royaliste Insurrection, avait ainsi cru reconnaître en De Gaulle « un Maurras pressé d'agir », ce qui ne me semble pas totalement faux.

    Jean-Philippe CHAUVIN

    http://nouvelle-chouannerie.com/