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France et politique française - Page 3549

  • Les gauches dans l'impasse pour 2017?

    Il y eut d'abord l'appel en faveur de primaires des gauches lancé par des intellectuels en janvier, puis la tribune patronnée par Martine Aubry dans Le Monde du 24 février 2016, qui prévient d'un "affaiblissement durable de la France" si rien ne change. Ces entames semblent survenir à contretemps, éventuellement même à contre-emploi faute de ne pouvoir aller jusqu'au bout de leur logique. La contestation bruyante du cap de l'exécutif eût été utile avant le remaniement, pour l'influencer et lui donner du sens. Il s'agissait d'infléchir les politiques avant 2017, afin de rassurer les salariés du privé ou les fonctionnaires, qui lors des élections votent de moins en moins pour le PS et ses alliés...
    Mais le remaniement symbolise un ajustement cosmétique et tactique, et dès lors, la démarche de Martine Aubry et de ses alliés survient trop tard, surtout si elle ne veut pas aller jusqu'au bout de sa démarche, c'est-à-dire se présenter en 2017. De ce point de vue, elle brouille la portée de son message, en indiquant immédiatement après la parution de la tribune qu'elle ne veut pas imposer une primaire au Président sortant, pour se rétracter ensuite, déclarant qu'une participation du Président à des primaires serait formidable! Surtout, elle n'indique en rien qu'elle souhaite être candidate à la présidentielle à venir. Dès lors, à quoi bon cette sortie, peuvent s'interroger les électeurs?
    Des primaires inutiles?
    Plus largement, qu'apporte cette dynamique visant à contester la logique "institutionnelle" dominante, à savoir qu'un sortant, s'il se représente, le fait "naturellement", c'est-à-dire sans contestation et tardivement, afin de bénéficier jusqu'au bout de son capital de gouvernant? Et même si le président sortant ne se présente pas en 2017, hypothèse désormais sérieuse, à quoi serviront les primaires des gauches? La question peut être posée: il s'agit certes de remobiliser les électeurs sympathisants, alors que l'identité de ses partis et de ses dirigeants est troublée par la cure de "réalisme" imposée par l'exécutif. La perte des repères semble atteindre son paroxysme, car depuis 2002 au moins, la progression du Front national se fait auprès d'un électorat dit "populaire", d'ordinaire assimilé aux gauches et pour le coup durablement éloigné des partis socialistes, écologistes et même de la gauche radicale. Elle atteint aussi un niveau plus intense, parce que la révision idéologique imposée par Manuel Valls et François Hollande concerne l'économique (ce qui était déjà le cas avec François Mitterrand et Lionel Jospin), mais aussi le culturel (cf. la déchéance de nationalité et la politique sécuritaire).
    Dès lors, en dépit des enquêtes d'opinion, est-on sûr que les sympathisants et militants, qui notamment se lassent du parti socialiste (60 000 votants au second tour au Congrès en 2015, contre 140 000 à Reims en 2008), répondront fortement présents à des primaires en 2017, tant le sentiment d'adhésion et de proximité positive par rapport aux partis de gauche est en crise? Au-delà, les dirigeants des gauches semblent pour le moins hésitants: Jean-Luc Mélenchon décline, le PC conteste, les écologistes sont désorganisés; enfin, Arnaud Montebourg ou Christiane Taubira se taisent pour l'instant... Quel score peut espérer un Manuel Valls face à un ou plusieurs candidats plus à gauche? Le risque pris serait très important pour le premier ministre sortant... Finalement, des acteurs putatifs, qui a un réel intérêt à des primaires? La séquence n'est-elle pas plutôt celle pendant laquelle les organisations politiques doivent se recomposer, avant que de s'ouvrir? Car comme l'indique la période post-2011, la primaire n'a rien réglé en termes d'unification durable d'un nouveau parti socialiste et encore moins des gauches...
    La recomposition serpent de mer
    A propos d'une recomposition éventuelle des forces de gauche, quel sens donner à la stratégie de l'exécutif? Pour le laps de temps restant avant la présidentielle, à cap et premier ministre inchangés, François Hollande fait le choix de modifier durablement la définition du registre des politiques identifiées par l'électorat comme étant de gauche. Il étend largement la dynamique ouverte sous François Mitterrand et davantage encore sous Lionel Jospin.
    Mais il le fait sans avoir pour l'instant donné des pistes de réorganisation, alors que le processus idéologique arrive à maturation; quel parti politique pourra soutenir électoralement cette évolution structurelle de la gauche de gouvernement? Une fraction de plus en plus large du PS actuel ne suit pas. Dès lors, les relais de terrain vont manquer. Jacques Chirac, entre 1997 et 2001, a su progressivement, dans l'ombre de la cohabitation, préfigurer l'organisation de l'UMP et donc réduire la place du centre-droit, pour préparer sa seconde candidature. François Hollande a subverti quelques écologistes; il sait la gauche radicale divisée et l'extrême-gauche moribonde. Mais il n'a pas préparé une réorientation vers le centre: comme vu, son parti-soutien en perte de vitesse (- 1/3 d'élus) est désormais profondément divisé - lors du vote de la révision constitutionnelle, les députés "frondeurs" sont plus nombreux et les débats préliminaires à la délibération de la loi sur le travail sont très vifs. De plus, la société civile de gauche se braque elle aussi (sur l'état d'urgence, la déchéance et la réforme du code du travail)... Il est peu envisageable de compenser ces pertes sur la gauche par des gains sur la droite: quel intérêt auraient les électeurs sympathisants des partis du centre et de droite, après avoir choisi "leur" candidat, à voter pour un Manuel Valls ou un François Hollande lors d'un premier tour de présidentielle? Même s'il n'y a rien d'inédit à la division grave du PS (Congrès de Rennes en 1990, big-bang de Michel Rocard en 1993, etc.), et des gauches (fin de la majorité plurielle dès 2001), les fractures antérieures semblaient moins grosses de divisions idéelles; et pourtant, elles avaient déjà occasionné de sévères défaites - au plus 60 députés socialistes en 1993 et échec traumatique de la présidentielle de 2002.
    Les gauches ne sont pas sorties des suites du "tremblement de terre" de 2002
    En fait, les gauches ne sont pas sorties des suites du "tremblement de terre" d'il y a 14 ans. A force de ne faire que de la tactique, elles n'ont pas su s'accorder sur un nouveau programme commun. De ce point de vue, un changement de gouvernement et une inflexion réelle de son cap, après un éventuel échec de la loi El Khomri et de la révision constitutionnelle sembleraient bien tardifs et légers... Pour finir, rappelons une récurrence institutionnelle sous la Ve République: un président sortant de cohabitation gagne la présidentielle; un président sortant qui dispose d'une majorité parlementaire la perd. Sans doute d'abord, parce qu'il est alors rendu seul responsable des insuffisances des politiques conduites. François Hollande ne peut l'ignorer, même si, bien sûr, le grave contexte actuel pourrait changer cette donne. Ou alors, sans primaire, ce pourrait être le tour de Martine Aubry. Si elle le voulait, ce qui ne semble pas être le cas.

    Olivier RouquanLe huffpost :: lien

    Note : 

    Olivier Rouquan est Politologue et constitutionnaliste. Il analyse l’opinion publique, la vie politique et institutionnelle depuis 20 ans.

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuVyyElyuAPGpwQSxH.shtml

  • A quoi servent encore les médias?

    Ex: http://www.lesobservateurs.ch

    Long reportage sur la Syrie jeudi soir 18 février sur France 2. La Syrie depuis 2011, c’est-à-dire le moment où les puissances occidentales ont déclaré que Bachar al-Assad était, pour reprendre un terme employé par Laurent Fabius, un « assassin ».  Tout de suite, à l’époque, j’ai eu l’impression que quelque chose ne bichait pas. Non pas que j’aie su qu’il ne l’était point, assassin, Bachar, mais que l’emploi de la morale en politique étrangère m’a toujours paru suspect. Il y a la politique et il y a la morale. C’est bête à dire mais si on ne le voit pas, on devient bête soi-même. Poutine un grand méchant loup ? Bachar un monstre ? Obama un ange ? Je n’aime pas qu’on me dise devant qui je dois faire une génuflexion ou m’étouffer d’indignation. Plus on m’explique qui est gentil et qui est méchant, plus j’ai envie de dire le contraire. Mais je ne le dis pas, parce que s’engager sur ce terrain me paraît vain, stupide, sans intérêt. Celui qui hier était porté aux nues est aujourd’hui traîné dans la boue – celui qu’on trainait en enfer est maintenant béatifié. A quoi bon s’exciter ?

    Le reportage de France 2 mettait en évidence deux choses : premièrement que l’idée de démocratie, en politique étrangère, conduit au désastre – deuxièmement que l’idée de droits de l’homme, dans ce domaine, conduit également au désastre. Examinons ces deux idées dans l’ordre.

    Croire qu’il y a un peuple innocent et opprimé qui, quelque part, souffre, est stupide et dangereux. Cette idée est maintenant associée à la démocratie et plus vite on s’en débarrassera, mieux nous nous porterons. Il n’y a pas, quelque part dans une population, un groupe de martyrs qu’il faudrait sauver et, à partir de là, sauver le peuple. Croire cela, c’est plaquer sur les affaires humaines une grille religieuse avec d’un côté les élus, de l’autre les damnés. Or, il n’y a pas, parmi nous, des très purs ou des très impurs. Nous sommes tous pécheurs. Je n’ai pas de remède miracle pour soigner les plaies de l’humanité, mais je sais ce qu’est un poison. Faire de la démocratie une religion est un poison. Ce n’est pas elle qui va nous conduire au bonheur, à une paix perpétuelle, au vivre-ensemble. Mais nos dirigeants ne le savent plus. Ils utilisent le modèle démocratique pour se présenter comme ceux qui, s’ils sont élus par des suffrages, vont tout apaiser et tout réconcilier en politique intérieure et extérieure. C’est une imposture de faux prophètes. Le résultat, on peut le voir aujourd’hui en toute clarté. La Syrie s’enfonce dans la guerre civile et des millions de réfugiés affluent en Europe.

    Quant à l’idée de droits de l’homme, c’est encore pire que l’idée de démocratie en politique étrangère. A force de fonctionner sur la base d’une grande émotion devant un enfant échoué sur une plage, les dirigeants occidentaux ont fait mourir des milliers d’enfants sur les plages de Syrie, de Turquie et de Grèce. Les hommes ne sont pas des hommes parce qu’ils sont des êtres humains, mais parce qu’ils sont les membres d’un corps politique. S’émouvoir sur des drames d’individus, sans comprendre qu’ils appartiennent à ce corps, c’est vouloir soigner un bras cassé comme s’il ne dépendait pas d’un cœur, de veines et d’artères. L’action humanitaire, c’est des chirurgiens aveugles qui opèrent dans la nuit des guerres et des famines. Il y avait des brancardiers dans la Première guerre mondiale. Je ne sache pas qu’ils en aient fait diminuer l’horreur.

    Comme un seul homme les médias ont accusé Bachar al-Assad d’avoir gazé sa population. Là aussi, j’ai tout de suite eu des doutes. Non point que j’attribuasse au président syrien de l’innocence ou de la pureté, mais que le chaos de groupes armés engagés dans une guerre civile me paraissait rendre pour le moins problématique l’imputation de ce crime à tel ou tel. Mon attitude me paraissait relever du bon sens. Qui est responsable d’un jet de pierre dans une énorme bataille de rue ? Ce jet de pierre est-il moral ou immoral ? Je croyais rêver en entendant les médias attribuer souverainement les responsabilités dans cette guerre civile.

    Lors de la récente intervention russe en Syrie, les médias se sont empressés de dire que cette intervention ne visait pas Daech mais les ennemis de Bachar al-Assad. Là encore, le simple bon sens nous faisait poser une question élémentaire. N’y a-t-il pas des djihadistes parmi les ennemis du président syrien ? La réponse est évidemment oui ! Dès lors les frappes russes ne frappent-elles pas Daech au moins en partie ? La réponse, là aussi, est positive.

    L’émission de France 2 signalait enfin la fermeture de l’ambassade de France à Damas en mars 2012, au moment où l’ambassadeur, Éric Chevallier, tentait d’expliquer au gouvernement français qu’il n’y avait pas une très pure opposition démocratique luttant contre le très monstrueux gouvernement syrien. On doit se frotter les yeux et les oreilles lorsqu’on prend note de cette information. Comment l’Elysée, héritier d’une longue tradition diplomatique, a-t-il pu prendre une décision aussi délirante. Une seule explication : l’ambassadeur français n’entrait pas dans les catégories de la bien-pensance. Il menaçait le déni de réalité orchestré par les autorités politiques françaises.

    De 2011 à aujourd’hui la plupart des médias nous auront ainsi roulés dans la farine d’une approche si simpliste et si manichéiste des affaires humaines que nous aurons été mis en présence non de la réalité, mais de la culture hors-sol des puissances occidentales. Comment celles-ci ont-elles pu embobiner les journalistes, difficile à dire ! Mais une chose est sûre : si les journalistes n’ont pas une solide culture politique couplée avec un solide bon sens, on peut leur faire avaler n’importe quoi. Quant aux correspondants étrangers, les pauvres, ils doivent jouer le rôle d’un témoin direct de la réalité et ils en sont évidemment incapables. Ce n’est pas parce qu’on est sur place qu’on voit mieux ce qui se passe. C’est même plutôt le contraire comme l’a montré Stendhal avec Fabrice del Dongo, présent à Waterloo mais ne comprenant rien à ce qui se passait.

    Ce ne serait pas une mauvaise chose de demander aux étudiants en journalisme de commencer avec la Chartreuse de Parme, de continuer avec Guerre et paix de Tolstoï avant de lire des historiens militaires comme Victor Hanson.

    Les médias ne servent presque à rien si nous voulons comprendre ce qui se passe dans le monde. Mais il y a pire. Non seulement ils ne servent à rien mais en plus ils sont devenus les collaborateurs serviles des puissants de ce monde, comme l’étaient les journalistes à l’époque de Staline.

    Mais ne désespérons pas ! Ces réflexions m’ont été inspirées par une émission de... télévision !

    Jan Marejko, 21.2.2016

    http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2016/02/21/a-quoi-servent-encore-les-medias-5763275.html

  • Catherine, la paysanne « rebelle » qui vend ses semences illégales

    Une véritable « guerre des graines » semble s’être enclenchée en réaction à l’accaparement du patrimoine agricole par des groupes industriels, avec l’aval des autorités. Cette résistance s’observe à travers les cas symboliques d’individus issus de l’agriculture paysanne, de l’agroforesterie ou encore de la permaculture. Rencontre avec Catherine, responsable du groupe Semailles, qui persiste à vendre ses fameuses « graines interdites » !
    Les semences constituent certainement la richesse la plus essentielle de la culture paysanne. Pendant des millénaires, les agriculteurs ont sélectionné le plus naturellement du monde les meilleures espèces de végétaux. Celles qui étaient les mieux adaptées à leur terroir, les plus résistantes tant aux intempéries qu’aux parasites, et les plus productives. Au fil des siècles, ce savoir s’est transmis gratuitement d’une génération à l’autre, mais aussi d’un paysan à l’autre. Une sorte d’«open source phytogénétique» avant l’heure, en quelque sorte.
    Le marche de l’industrialisation

    C’était sans compter sur l’industrialisation galopante du secteur et un lobbying forcené. À la fin des années 1990, les institutions internationales sont venues s’accaparer l’enjeu crucial de l’agriculture moderne, avec deux attitudes assez contradictoires. Tout d’abord, en 1998, l’Union Européenne entérine la directive 98/44/CE, censée légiférer en matière de protection juridique des inventions biotechnologiques. Comme tout mauvais médicament, cette directive induit implicitement un puissant effet secondaire : tout procédé de sélection de plantes pouvait alors être breveté, même si ce procédé est « naturel ».
    La Grande chambre de recours de l’Office Européen des Brevets a d’ailleurs rappelé, pas plus tard qu’en mars 2015, que la directive n’interdit en rien la « brevetabilité des traits natifs préexistants », et a donc confirmé que des plantes issues de procédés « essentiellement biologiques » peuvent aussi être brevetées. Une nouvelle qui fera la joie des multinationales de la semence comme Monsanto, Bayer et Syngenta (récemment racheté par le chinois ChemChina pour 43 milliards de dollars, soit la plus grosse acquisition en date d’une entreprise étrangère par une entreprise chinoise).
    Ensuite, avec un autre traité, le Tirpaa (Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture). Signé sous l’égide de l’Onu en 2001, il est entré en vigueur en 2004. En théorie, son objectif louable est de donner accès à des millions d’échantillons de semences rassemblées aux quatre coins de la Terre et, toujours en théorie, garantir un partage équitable des bénéfices issus de leur exploitation. Il en découle également un droit des agriculteurs de conserver, d’utiliser, d’échanger et de vendre leurs propres semences. Cependant, le catalogue européen des espèces et variétés de plantes cultivées est très drastique en matière de semences autorisées à la vente. Comment faire pour survivre dans cette schizophrénie législative quand on est un petit producteur de semences naturelles ?
    Le combat de Catherine

    Productrice belge de semences biologique, Catherine Andrianne gère sa société semencière de main de maître. Son commerce de graines biologiques, Semailles, ne désemplit pas. L’incessant va-et-vient de ses clients témoigne du succès que rencontrent ses semences paysannes dans un contexte où l’opposition aux logiques industrielle gagne du terrain. L’émission télévisée belge « Alors, on change ! » a dressé son portrait à l’occasion d’un numéro consacré à la désobéissance civile.

    Catherine Andrianne lors d’une journée portes ouvertes de son jardin

    Pour cause, Catherine commercialise des semences non inscrites dans le catalogue européen des espèces et variétés. Une activité qui, si elle permet de sauvegarder notre patrimoine et de lutter contre la perte de biodiversité, est totalement illégale. Pourtant, Catherine n’en démord pas ! Depuis la diffusion de son portrait en 2014, elle a encore ajouté une soixantaine de variétés de semences « interdites » supplémentaires à son inventaire. Avec l’achat de ces nouvelles graines, le nombre de semences qu’elle propose atteint aujourd’hui plus de 600 espèces différentes.
    Une réforme du commerce des semences en stand-by

    Cette situation à peine croyable est due à une législation européenne en matière de commercialisation des semences particulièrement complexe et, aujourd’hui, profitable aux industriels. À l’heure actuelle, la réforme de la législation sur le commerce des semences, qui devait éclaircir la situation, est au point mort. Mise en application, elle simplifierait l’enregistrement de variétés rares dans le catalogue européen et autoriserait probablement les micro-entreprises (de moins de dix employés et dont le chiffre d’affaire est inférieur à 2 millions) à commercialiser eux aussi des variétés de semences aujourd’hui non enregistrées. Paradoxalement, cette même réforme doit faciliter la commercialisation de semences brevetées dont la conservation et la reproduction seront interdites, entrainant inexorablement une perte de biodiversité.
    De leur côté, les députés européens se sont récemment estimés « surpris par la décision de l’Office européen des brevets autorisant les brevets sur de tels produits », appelant la Commission Européenne à clarifier d’urgence les règles existantes et à protéger l’accès des sélectionneurs de semences au matériel biologique. Vous avez dit schizophrénie ? Si la situation n’était pas suffisamment complexe, dans ce brouillard législatif, l’ombre du TTIP plane sur le secteur semencier. En effet, certains craignent qu’un rejet de la réforme ramènerait à des directives bien moins adaptées aux droits des agriculteurs en adaptant une nouvelle proposition au fameux TTIP, le fameux Traité de libre-échange transatlantique.
    Si Catherine est optimiste, sa situation légale et celle de Semailles reste floue. En attendant qu’un cadre législatif soit clairement défini, aucun contrôle spécifique à la commercialisation des semences paysannes n’est effectué. En effet, l’un des enjeux de la réforme du commerce des semences est de déterminer qui de l’AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire) ou de la DGRNE (Direction Générale des Ressources Naturelles et de l’Environnement) se chargera de ces inspections. Un scénario complexe voire surréaliste à l’image de nos administrations.Dans l’expectative, Catherine poursuit donc le commerce de ses semences paysannes en toute illégalité, mais aussi en toute sérénité. Et ce, pour le plus grand plaisir de clients toujours plus nombreux en Belgique autant que depuis la France.

  • Un mois après les attentats, Aulnay-sous-Bois accueille des salafistes

    L’information n’est sortie que tout récemment : la mairie LR d’Aulnay-sous-Bois a autorisé une soirée organisée par une asosciation salafiste. Au micro, un imam proche de l’un des frères Kouachi.

    700 personnes, selon les organisateurs, ont passé un bon réveillon à l’invitation de l’Espérance musulmane de la jeunesse française (EMJF), au gymnase municipal de la ville d’Aulnay-sous-Bois.
    Au programme des réjouissances, Nader Abou Anasn, Éric Younous et l’« imam Mehdi d’Aubervilliers ». Trois prédicateurs radicaux connus pour des propos sexistes ou antisémites. Marianne révèle que le mystérieux « Mehdi d’Aubervilliers » n’est autre que Mehdi Bouzid, proche de Cherif Kouachi, responsable de l’attaque de Charlie Hebdo en janvier 2015.

    Mais ayons confiance, selon le président de l’EMJF, Hassen Farsadou, aucun propos « pas correct » n’a été tenu durant cette soirée, avant d’ajouter : « Je ne suis pas un policier. Ce qu’ils disent, ce qu’ils pensent, ce n’est pas mon problème. S’il y a un problème, c’est l’État français qui doit s’en occuper. »

    Donc il invite des gens à parler, mais ce qu’ils disent est le problème de l’État… Mais bien sûr… D’ailleurs, si des salafistes ont éventuellement tenu des propos litigieux dans une salle communale prêtée par la mairie, ce n’est pas non plus la faute de celle-ci. « Les propos qui peuvent être tenus dans une salle ne relèvent pas des prérogatives du maire » explique, plein de courage et de responsabilité le maire Les Républicains Bruno Beschizza.

    On va quand même finir par trouver ça un peu louche, cette soirée organisée par une association musulmane, où des prédicateurs salafistes n’ont tellement pas tenu de propos pas corrects que personne ne veut en endosser la responsabilité. Et puis, nous sommes sûrement mauvaises langues, mais le thème du débat : “un bon bilan pour un bon départ”, un mois à peine après les attentats du 13 novembre, cela laisse un peu songeur…

    http://fr.novopress.info/

  • François Ruffin à l’assaut de l’oligarchie et des médias complices

    Source : OJIM

    Depuis la sortie de son premier documentaire, mercredi 24 février 2016, François Ruffin fait beaucoup parler de lui dans les médias.

    Dans « Merci Patron ! », le fondateur du journal satirique Fakir montre les conséquences calamiteuses de la gestion de LVMH par le milliardaire Bernard Arnault. S’intéressant à la situation désespérée d’une famille du Nord, licenciée en 2007 après la délocalisation de leur usine textile vers les pays de l’Est, Ruffin montre l’envers du décors d’un capitalisme mondialisé sans gêne et sans remords.

    Militant social inspiré notamment, à l’instar de Pierre Carles, par les travaux du sociologue Pierre Bourdieu, le journaliste s’engage depuis de nombreuses années auprès des travailleurs en promouvant le protectionnisme économique, la pensée économique de Frédéric Lordon ou encore en dénonçant les multiples trahisons de la gauche. Concrètement, à la manière de ce que fait Élise Lucet dans « Cash Investigation », Ruffin s’emploie parfois, en compagnie de salariés, à acheter des actions dans des multinationales pour intervenir lors des assemblées générales, seul moyen d’interpeller directement les dirigeants sur leurs erreurs.

    À travers sa revue Fakir, fondée à Amiens, et ses nombreux ouvrages engagés, le réalisateur d’un jour souhaite raconter l’application froide et concrète de la pensée libérale. Né à Amiens en 1975, il est entré en 2000 au Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris après avoir obtenu une maîtrise de lettres. Aussitôt ses études terminées, il a créé Fakir, journal satirique militant tout d’abord local puis, en 2010, national à parution trimestrielle. Jusqu’en 2012, il a participé à plusieurs émissions de « Là-bas si j’y suis », sur France Inter. C’est avec une démarche proche de celle du documentariste américain militant Mickael Moore qu’il a entrepris la réalisation de « Merci patron ! », son premier documentaire.

    Sa cible : Bernard Arnault, patron de LVMH. « J’ai découvert que l’origine de la fortune de Bernard Arnault, c’était à côté de chez moi », explique-t-il à Libération. Et d’ajouter : « Depuis 2005 que je titille Bernard Arnault, il réagit de façon intelligente : il ne réagit pas. »

    Après un passage remarqué chez Bourdin sur RMC, François Ruffin s’est rendu sur Europe 1, où il avait prévu de faire un « attentat radiophonique ». Tout d’abord décommandé de l’émission de Frédéric Taddeï, la station d’Arnaud Lagardère a été contrainte de reprogrammer son invité, cette fois chez Jean-Michel Aphatie. L’occasion rêvée de dénoncer « l’oligarchie » sur ses propres ondes. Ainsi celui-ci a-t-il estimé au micro qu’« un salarié aussi désinvolte qu’Arnaud Lagardère aurait été licencié depuis longtemps, en n’assistant pas au conseil d’administration du fleuron de l’aéronautique européenne. Un salarié ferait ça, il serait licencié immédiatement. Votre patron au lieu d’être licencié, il a empoché deux milliards de plus-value. »

    Face à un Aphatie assez perturbé, le réalisateur n’a rien lâché et a préféré s’en prendre directement à Lagardère plutôt que d’évoquer son film de manière générale, comme il l’avait fait chez Bourdin. L’attentat ne s’est pas limité aux mots : pendant l’émission, Ruffin a offert un Maroilles « pour remercier Arnaud Lagardère pour le plan com’ qu’il [lui] a assuré » en le décommandant de chez Taddeï, avant de quitter le plateau en lançant un os en plastique à Aphatie. Une manière symbolique d’affirmer que ce ne sont plus les médias qui, aujourd’hui lui donnent un os à ronger.

    Dans son premier livre, « Les petits soldats du journalisme », il avait déjà dénoncé le système de formatage que constituaient les écoles de journalisme (il a lui-même fait le CFJ de Paris), où aucune place n’est donnée à l’engagement politique et à l’impertinence. Pour Ruffin, le sujet de son film rejoint parfaitement ce constat. En effet, ce dernier n’a pas manqué, récemment, de souligner la complaisance avec laquelle les médias présentaient Bernard Arnault, le montrant comme un investisseur et un entrepreneur alors qu’il a « fondé sa fortune sur un énorme tour de passe-passe, en 1984 : promettant de sauver le conglomérat textile Boussac, il en liquidera presque tous les actifs pour ne garder que Dior. »

    http://fr.novopress.info/198787/francois-ruffin-lassaut-loligarchie-medias-complices/#more-198787

     

  • Faillite des gauches

    8555-Chard.jpg

    (Présent 8555)

    8555_Une.jpgTandis que notre pays s’enfonce dans la crise, que se creusent la dette et les déficits, que l’ombre noire du terrorisme islamique plane sur lui, les socialistes débattent âprement d’une question existentielle qui s’apparente à celle sur le sexe des anges : où est la vraie gauche ? « Nous représentons la gauche moderne », assure Martine Aubry parlant d’elle et des frondeurs, reprenant la formule de Manuel Valls qui l’appliquait à sa politique et fustigeait la « gauche passéiste ».
    Réplique de l’édile lilloise : « Nous sommes la gauche progressiste. » Mélenchon explique que Martine Aubry ne fait que se rallier à ce qu’il a toujours dit, lui le porteur de la vraie croix socialiste. Ce jeu de ping-pong peut durer un moment encore, car dans cette querelle des anciens et des modernes, tout le monde veut être moderne.
    C’est la réforme du Code du travail, portée par Myriam El Khomri, qui a déclenché les hostilités et a contraint Mme Aubry à sortir de sa tranchée nordiste pour monter au front. Depuis, les vieux croyants du socialisme ne sont qu’imprécations, fulminations, condamnations, hurlant à la trahison des sublimes idéaux de la gauche. La vérité pourtant est que les socialistes ont depuis un moment déjà mis de l’eau libérale dans le vin rouge du socialisme, non par vertu, mais par nécessité, le projet du ministre du Travail aujourd’hui n’en est que la dernière manifestation.

    Qui, chez les anciens comme les modernes du PS, donne toujours du socialisme la définition du dictionnaire : « l’appropriation collective des moyens de production » ? Qui fait toujours sienne la formule de Mitterrand en 1971 : « Celui qui n’accepte pas la rupture avec le capitalisme celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste » ? En 1983, alors au pouvoir, il dut renoncer à ces billevesées pour éviter d’achever la ruine du pays par l’application du programme commun.
    En 2002, loin de rompre avec le capitalisme, le gouvernement Jospin le restaura de 1997 à 2002, il fut le Premier ministre qui privatisa le plus. Rappelons que Martine Aubry et Jean-Luc Mélenchon y étaient ministres. La « trahison » vient de loin, les poulains de Hollande, Valls, Macron, El Khomri, s’inscrivent dans sa continuité en dépouillant le socialisme de ses dogmes exténués.

    Mais cette faillite idéologique s’accompagne d’une autre, bien plus grave, dont Hollande est le syndic. Les socialistes ont trahi les ouvriers, les oubliés, les laissés-pour-compte de la société dont ils prétendaient être les défenseurs.
    L’ancêtre du PS, c’était la SFIO : Socialistes français de l’internationale ouvrière. Il n’y a plus d’ouvriers au Parti socialiste, occupé par les bobos, les hauts fonctionnaires et les apparatchiks. Au point qu’en 2002 Pierre Mauroy, qui avait connu, dans le Nord, un socialisme ouvrier, dut lancer au candidat Jospin : « Ouvrier, ce n’est pas un gros mot ! »
    Ces gens-là n’ont entendu parler du peuple que par ouï-dire. De Hollande à Mélenchon en passant par Aubry et Valls, ils sont pour les immigrés au détriment des travailleurs français dont ils ignorent la souffrance.
    Et ils s’étonnent que ceux-là, leurs électeurs d’hier, se tournent vers le Front national, seul à les défendre.

    Guy Rouvrais

    http://fr.novopress.info/

  • FN censuré à Vitry : le PCF interdit d’associer « migrants » à « insécurité »

    Associer « immigration » et « insécurité » est tabou pour la gauche, pourtant partisane d’une « pleine liberté d’expression » : le FN a été deux fois censuré en peu de mois par le PCF de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

    L’été dernier, la tribune pour le mensuel de Vitry de François Paradol, président du groupe FN dans un conseil municipal dirigé par le PCF, est censurée alors même qu’il y faisait « l’éloge » de Georges Marchais, pour son cadeau de Noël 1980 à 300 Maliens : un bulldozer pour les empêcher d’entrer dans un centre pour travailleurs de… Vitry !
    Georges Marchais qui, en acceptant des ministres PCF en 1981, sera aspiré par le tourbillon Charybde qu’était François Mitterrand – comme l’actuel François avec les Verts – et qui, à sa mort, tombera dans l’oubli de Scylla : les plaques « Georges-Marchais (1920-1997) » se comptent, en France, sur une seule main et encore… amputée de plusieurs doigts.
    D’où le rappel de M. Paradol : « Député de la circonscription durant 24 ans, il n’est pas anormal que sa mémoire y soit honorée. [Il] a défendu le “produire français” et dénoncé les conséquences de l’immigration sur les salaires. » Son « discours était à l’opposé […] de celui que [les communistes] tiennent aujourd’hui ».
    Concluant – crime de lèse-maj… orité vitriole ! – par une citation de leur ex-maître : « Il est inadmissible de laisser entrer de nouveaux travailleurs immigrés en France alors que notre pays compte près de 2 millions de chômeurs. »
    Heureusement, sans ajouter du Jean Jaurès de 1894 : « Nous voulons protéger la main-d’œuvre française contre la main-d’œuvre étrangère, non pas par un exclusivisme chauvin mais pour substituer l’internationalisme du bien-être à l’internationalisme de la misère. » Vu du XXIe siècle, cela peut surprendre…
    En juillet, donc, refus de la tribune pour le « non aux immigrés » du n° 1 du PCF… et en février, nouveau refus pour le « non aux migrants » du n° 1 du FN (à… Vitry !).
    Ce dernier y évoque les viols du Nouvel An en Europe : « Chaque fois, les mêmes profils pour les auteurs : des “migrants” ou des “demandeurs d’asile”. […] cette submersion migratoire est désastreuse pour nos pays. Arrivant trop vite, trop nombreux, de pays aux mœurs et cultures trop éloignées des nôtres […], ces migrants [sont] une menace pour notre sécurité… » Dénonçant « le grand patronat » et une gauche utile à « l’oligarchie mondialiste », il estime que « ces “migrants” modifient gravement la substance même de nos pays ». Attentats de Paris, viols de Cologne… Il est « urgent de rétablir nos frontières et de stopper l’immigration massive et incontrôlée ».
    Mme Lorand (PCF), maire-adjointe de Vitry et directrice de la publication, a déclaré au Parisien : « Une liberté totale est donnée aux auteurs. À la limite près qu’ils ne peuvent pas tenir de propos interdits par la loi. » Limite dépassée, selon elle. Ce que conteste l’élu FN : le PCF n’a fourni « aucune indication concernant le passage litigieux » . C’est, pour lui, « strictement politique ».

    Jacques Martinez Boulevard Voltaire :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EuVyVlAplpdOwaNkeC.shtml