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France et politique française - Page 3770

  • Le Front national à la conquête de la droite

    Marion Maréchal-Le Pen montre que la sagesse politique n’est peut-être pas le monopole exclusif des âges mûr et canonique.

    Ce matin, L’Express titrait sur Internet : « L’exclusion de Jean-Marie Le Pen n’incite pas les Français à voter FN. » À la suite de ce titre racoleur et tellement rassurant pour ceux qui craignent tant pour les « valeurs de la République », les non-abonnés peuvent lire en ligne : « Selon un sondage publié dans Le Figaro ce lundi, 85 % des Français n’ayant pas voté FN en 2012 ne comptent pas le faire davantage aux prochaines élections. » Une lecture hâtive conduirait à la conclusion tout aussi expéditive que 85 % des Français ne veulent pas du FN et que le sacrifice du vieux leader n’aurait pas été d’une agréable odeur, propice à satisfaire l’opinion. D’abord, 85 % des Français qui n’ont pas voté FN en 2012, ce n’est pas 85 % des Français ! Et les 15 % de ces 85 % – excusez du peu – qui n’ont pas voté FN en 2012 et qui seraient disposés à voter, on ne les oublie pas un peu rapidement ?

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  • La proposition du FN d'expulser les étrangers fichés fait des vagues

    La présidente du FN veut que les étrangers fichés pour leurs liens avec l'islam radical soient «immédiatement expulsés». Une «caricature» pour Luc Chatel.

    Ses affaires de famille - provisoirement - réglées, Marine Le Pen a recommencé à faire de la politique en ces jours de rentrée. Rebondissant sur l'attentat évité du Thalys, la présidente du FN a réclamé, dimanche, l'expulsion immédiate de tous les étrangers fichés pour leur proximité avec l'islam radical, comme l'était Ayoub El Khazzani.

    «Pourquoi donc la France accepte-t-elle sur son territoire national un ressortissant étranger dont elle sait pourtant qu'il est potentiellement dangereux et lié à une idéologie meurtrière?», s'interroge Marine Le Pen dans un communiqué. La patronne du FN réclame «que les étrangers connus pour leurs liens avec l'islamisme radical ne soient désormais plus simplement fichés, mais qu'ils soient immédiatement expulsés du territoire français s'ils vivent en France, et dans tous les cas interdits de territoire». «Cette mesure doit être décidée le plus rapidement possible, et s'accompagner de la remise en place de nos frontières nationales pour être parfaitement efficace», dit-elle.

    Une proposition qui n'a pas manqué de faire réagir la classe politique. Ce lundi, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a critiqué cette idée, accusant plus largement le FN de vouloir faire «la chasse à tout ce qui est maghrébin». «Si le Front national arrive au pouvoir, il appliquerait son programme, je suppose. C'est-à-dire qu'il raccompagnerait à la frontière quatre millions de Français musulmans», a lâché celui qui réclame «ni islamophobie, ni islamophilie».

    À droite, Luc Chatel a préféré répondre par l'ironie: «Mme Le Pen a déjà suffisamment de mal à expulser son père pour ne pas tomber dans ces caricatures sur la question du terrorisme». «C'est très sympathique de dire à ses électeurs “moi, je renverrai tous les gens qui sont fichés”. Encore faut-il qu'ils soient sur votre territoire, ces gens fichés. Encore faut-il qu'on ait des moyens de suivi régulier de ces individus. Les discours, c'est très bien. On voit bien que dans la pratique, c'est irréaliste», ajoute le député Les Républicains.

    source : Le Figaro :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuupuukyulmWrhfUtr.shtml

  • 4 millions de musulmans liés à l'islamisme radical en France ?

    D'un côté un communiqué de Marine Le Pen :

    "Pourquoi donc la France accepte-t-elle sur son territoire national un ressortissant étranger dont elle sait pourtant qu'il est potentiellement dangereux et lié à une idéologie meurtrière? Marine Le Pen demande à ce que les étrangers connus pour leurs liens avec l'islamisme radical ne soient désormais plus simplement fichés, mais qu'ils soient immédiatement expulsés du territoire français s'ils vivent en France, et dans tous les cas interdits de territoire"

    De l'autre côté, la réaction de Jean-Christophe Cambadélis (PS) :

    "Si le Front national arrivait au pouvoir, il appliquerait son programme, je suppose. C'est-à-dire qu'il raccompagnerait à la frontière 4 millions de Français musulmans."

    A moins que Jean-Christophe Cambadélis possède des statistiques tenues secrètes par le ministère de l'Intérieur, le tweet de Marine Le Pen suffira à commenter ses propos :

     Image1

    Philippe Carhon

  • Un muzz dénonce le racisme anti-blanc: « t’aime pas la France, tu la quittes! »

    Racisme anti-blanc

    « Il faut dire la vérité: 90% des racailles sont des muslims », dit-il…

    Juste une précision: La France est une terre chrétienne.

    http://www.medias-presse.info/un-muzz-denonce-le-racisme-anti-blanc-taime-pas-la-france-tu-la-quittes/37422

  • Au pouvoir, le FN expulserait «4 millions de Français musulmans», selon Jean-Christophe Cambadélis

    Une arrivée au pouvoir du Front national constituerait un risque de «guerre civile» car le parti de Marine Le Pen «raccompagnerait à la frontière quatre millions de Français musulmans», a estimé lundi le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis.

    « La chasse à tout ce qui est maghrébin »

    «Si le Front national arrivait au pouvoir, il appliquerait son programme, je suppose. C'est-à-dire qu'il raccompagnerait à la frontière 4 millions de Français musulmans. Cela provoquerait des tensions énormes. On ferait la chasse à tout ce qui est maghrébin, comme on le fait à Mantes-la-Jolie en ce moment. On s'attaquerait donc à une partie de notre population. Ceci créerait des tensions insupportables pour la société française», a déclaré Jean-François Cambadélis sur RTL.

    «Cambadélis compare 4 millions de Français musulmans et les terroristes islamistes. Il a oublié de prendre ce matin sa pilule de Padamalgam», lui a aussitôt répondu sur Twitter Marine Le Pen.

    «Quand on est nul et complètement dépassé par la situation, on dit n'importe quoi et on ment. Signe de panique (...) Le FN repose donc la question: quid des étrangers fichés pour islamisme en France ? Que font-ils encore dans notre pays ? Doivent-ils être interdits de territoire ? Nous disons oui. Que M. Cambadélis réponde», a renchéri le vice-président du FN Florian Philippot.

    « Plus la gauche est divisée, plus la droite et l'extrême droite dominent »

    Le premier secrétaire du PS évoque ce risque de «guerre civile» dans un livre («A gauche, les valeurs décident de tout», Plon) paru jeudi. «Nous sommes à la veille des élections régionales. Si la gauche avance divisée, c'est la droite qui va l'emporter et l'extrême droite qui va s'imposer. Nous sommes ensembles dans les exécutif régionaux partout, les écologistes, les socialistes, parfois les communistes ou autre. Je ne vois pas pourquoi nous devrions nous diviser dans ces élections», a par ailleurs déclaré Jean-Christophe Cambadélis.

    «Nous sommes dans une phase de fragmentation et je le regrette. Car plus la gauche est divisée, plus la droite et l'extrême droite dominent. J'appelle l'ensemble des formations politiques de gauche à réfléchir à cette équation», a-t-il insisté.

    «Je ne peux pas croire que (Arnaud) Montebourg soit resté dans un gouvernement pendant près de deux ans qui appliquait le programme de la droite allemande», a-t-il par ailleurs répliqué à l'ex-ministre de l'Economie, qui a de nouveau dénoncé la politique de l'exécutif dimanche à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire).

    source, 20 Minutes avec AFP :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuupuEpVuAPDqIDnPc.shtml

  • Entretien avec Vincent Vauclin dans le journal Présent

    Le journal Présent ouvre cet été ses colonnes à la « Réacosphère ». Dans son numéro 8410, du 5 Août 2015, Présent vous propose un entretien avec Vincent Vauclin, fondateur de la Dissidence Française.

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    Né en 2011, ce mouvement nationaliste se caractérise par sa radicalité face au monde moderne et compte des centaines de militants à travers la France. Très actif sur les réseaux sociaux, il fait régulièrement parler de lui, notamment par ses actions contre l’immigration et le multiculturalisme. Il a aussi appelé les maires de France à la désobéissance civile après la légalisation du « mariage » homosexuel. Entretien avec son fondateur, Vincent Vauclin, auteur de deux essais, Cendres et Putsch.

    Pouvez-vous présenter la doctrine de la Dissidence française ?

    La Dissidence française est au carrefour de divers courants, dont elle formule une synthèse doctrinale opérative, c’est-à-dire actualisée, jeune, virale, efficace, qui emprunte à la fois au nationalisme contre-révolutionnaire, à l’ethno-différencialisme et au traditionalisme. Mais la Dissidence française est d’abord le mouvement d’une génération débarrassée du prêt-à-penser médiatique et déterminée à reconquérir les esprits par son activisme, à la fois social et politique. C’est donc une démarche de rupture telle qu’elle s’est pratiquée en Italie. Je ne vous cacherai pas que CasaPound est d’ailleurs l’une de nos références.

    Dans votre charte, vous dites être fidèle à « l’idée d’imperium » et promouvoir une résistance continentale face à « l’internationale des marchands ». Pouvez-vous expliciter ces propos ?

    Pour faire simple, il nous apparaît évident que le combat à mener dépasse largement l’échelon national. Nous ne sommes pas européistes et nous restons fermement attachés au principe de souveraineté nationale. Mais il faut bien comprendre que le processus de subversion mondialiste et thalassocratique condamne l’ensemble des peuples européens à l’extinction. Rien de moins. C’est une riposte civilisationnelle à l’échelle continentale qu’il s’agit de formuler d’urgence, et c’est pourquoi nous tendons la main à nos camarades européens, avec qui nous partageons un héritage commun, à la fois ethnique et culturel. Voilà pourquoi nous reprenons aujourd’hui l’antique notion d’imperium, que nous entendons comme un processus de sanctuarisation de notre espace vital.

    Vous avez défilé derrière une banderole « Vivement le putsch » lors du rassemblement Jour de Colère. Comptez-vous sur l’armée pour le réaliser ?

    En septembre 2013, j’ai fait paraître un ouvrage intitulé Putsch, largement diffusé depuis, et dans lequel j’appelle justement l’Armée française à prendre l’initiative pour restaurer la souveraineté de l’Etat, aujourd’hui court-circuitée par ce que ce nous appelons la « république des partis, des loges et des lobbies ». Nous avons alors entamé une vaste campagne militante destinée à populariser l’idée putschiste et à envoyer un signal aux militaires. C’est ainsi qu’effectivement, nous avons réuni une centaine de personnes derrière notre banderole putschiste lors de cette manifestation… Et je peux vous dire que le signal a été entendu ! Néanmoins, l’Armée est une institution complexe. L’avenir appartient aux communautés militantes et aux actions en réseaux. Comme on dit dans nos milieux : le changement ce sera nous, de gré ou de force.

    La remigration est un thème récurrent de la Dissidence française. Vous avez d’ailleurs cosigné un plan d’urgence pour Calais avec le Parti de la France et le mouvement Jeune Nation. Est-il encore temps, selon vous, d’échapper à la guerre civile et/ou ethnique sur notre sol ?

    Un point de non-retour est en passe d’être franchi. Les politiques suicidaires menées par la gauche comme par la droite, notamment en matière d’immigration, vont précipiter notre pays dans le chaos le plus complet. Personne n’y est préparé, et certainement pas les Français de souche conditionnés depuis des décennies par la propagande cosmopolite. Mais il est toujours de temps d’éviter la guerre. Le Plan d’urgence pour Calais, dont la Dissidence française est à l’origine, s’inscrit dans une démarche de proposition. Le message que nous avons voulu faire passer est simple : nous avons des solutions. Il existe encore une alternative au chaos multiculturel. C’est ce que nous appelons la remigration, c’est-à-dire une politique pacifique, conforme aux conventions internationales, qui ne nécessite pas un bouleversement complet des institutions et qui permettrait, par des mécanismes d’incitations, d’inverser durablement les flux migratoires et de rétablir l’équilibre ethno-culturel dans notre pays. Avant qu’il ne soit trop tard…

    Propos recueillis par Louis Lorphelin pour Présent

    Présent, à retrouver en kiosques ou sur internet à cette adresse : www.present.fr

    http://la-dissidence.org/2015/08/05/entretien-avec-vincent-vauclin-dans-le-journal-present/

  • RATIER : UNE ENCYCLOPÉDIE LIBRE DISPARAÎT

    Un anti système jamais condamné car il disait des vérités

    Jean Ansar 

    Ex: http://metamag.fr 

    C’est une bibliothèque qui disparaît avec un journaliste druide unique en son genre. Emmanuel Ratier, journaliste et écrivain, nous a quitté ce mercredi 19 août à l’âge de 57 ans. Militant infatigable de la «  vérité est ailleurs », il était le rédacteur de la lettre confidentielle Faits et documents, indispensable pour tous les journalistes désireux de connaitre les dessous du pouvoir et le parcours des personnalités du monde politique, économique et médiatique. Il était – dans la lignée d’Henry Coston – l’archiviste et le documentaliste numéro un de la droite nationale , régulièrement pillé par ses détracteurs et haï par ceux qui veulent vivre cachés pour manipuler sans se dévoiler.

    Il fût également l’auteur d’une inégalée « Encyclopédie politique Française » en deux volumes, mais également d’un précieux « Au coeur du pouvoir : enquête sur Le Siècle ». Plus récemment son remarquable livre « Le vrai visage de Manuel Valls » avait été frappé de la loi du silence. Il prétendait notamment révéler le rôle de l’épouse du Premier ministre dans une subite «conversion» qu’aurait connue ce dernier en faveur d’Israël. Il gênait le vrai pouvoir, mais ses analyses et  portraits sans concession n’ont jamais été contestés.

     

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    Inconnu du grand public, cet ancien du journal Minute avait aussi collaboré à Valeurs Actuelles et auFigaro Magazine. Il s’était également fait surtout le documentaliste de sa famille politique. «Faits et Documents», cette publication bimensuelle était devenue une petite institution utilisée même par des spécialistes extérieurs à la mouvance. Jeudi, de nombreuses figures de son camp saluaient la mémoire de l’essayiste - dont Jean-Marie Le Pen.

    «Ces dernières années, Emmanuel Ratier s’était rapproché du polémiste antisémite Alain Soral, participant notamment à alimenter le site de son organisation Egalité et Réconciliation,» croit devoir préciser Libération,  sans doute pour discréditer un véritable journaliste d’investigation et non  le membre d'une meute conformiste forte de son nombre. Animateur sur Radio Courtoisie, l’antenne «de la libre parole et du pays réel», Ratier dirigeait également la librairie Facta, dans le neuvième arrondissement de Paris. 

    Le journaliste entretenait enfin une très riche documentation personnelle sur de nombreuses personnalités, associées ou non à l’extrême droite. Des dossiers parfois mis à disposition de ses amis politiques ou de journalistes, même représentants de cette «presse du système» honnie.

     

    Qui prendra la suite d’un  journaliste quasiment irremplaçable aujourd’hui? 

    S’ils sont Charlie, on nous permettra d’être plutôt Ratier….. Car savoir et comprendre vaut mieux que caricaturer et salir.

     

  • Charles Maurras : l’Intelligence, l’Or et le Sang

    Pour Maurras, le monde est régi par un certain nombre de forces. Ces forces sont de natures différentes : matérielle et spirituelle. « Il faut être stupide comme un conservateur ou naïf comme un démocrate pour ne pas sentir quelles forces tendent à dominer la Terre. Les yeux créés pour voir ont déjà reconnu les deux antiques forces matérielles : l’Or, le Sang. »

    Le destin de l’unique force spirituelle, l’Intelligence, est de s’allier à l’une de ces forces matérielles. Elle doit décider, trancher « entre l’Usurier et le Prince, entre la Finance et l’Épée. » Aux yeux de Maurras, le déclin de l’Intelligence est dû à un renversement d’alliance. Autrefois, l’Intelligence était souveraine car liée au Sang, c’est-à-dire aux rois. Aujourd’hui, l’Intelligence est soumise au règne de l’argent. La cause de ce retournement est la Révolution française. « De l’autorité des princes de notre race, nous avons passé sous la verge des marchands d’or, qui sont d’une autre chair que nous, c’est-à-dire d’une autre langue et d’une autre pensée. »

    Avant la Révolution française, le déclin de la monarchie a coïncidé avec l’essor des hommes de lettres. L’Intelligence a pris les traits de la noblesse. La voix des philosophes compte alors plus que celle des seigneurs. Jean-Jacques Rousseau rédige la constitution polonaise et l’on parle désormais du « roi Voltaire ». Pour Maurras, « le successeur des Bourbons, c’est l’homme de lettres. » La révolution marque donc, selon le mot du martégal, l’avènement « d’une dictature littéraire ». L’Intelligence, ayant mis à mal le Sang, ménage de la place pour le retour de la force matérielle concurrente : l’Or. Pour Maurras, le paradoxe est le suivant : la victoire de l’Intelligence pendant la période révolutionnaire, parce qu’elle s’est faite contre la force du Sang, favorise le règne de l’Or. L’Intelligence révolutionnaire, détachée de sa référence au Sang, aboutit au règne illégitime de l’Écrit. « L’Écrit régna non comme vertueux ni comme juste, mais précisément comme Écrit. Il se fit nommer la Raison. » Le philosophe maurrassien Pierre Boutang parle ici d’une « absurde victoire » et explique que celle-ci s’est plus faite contre l’Église que contre la royauté déjà moribonde. Les hommes de lettres deviennent selon Boutang les nouveaux clercs : « le nouveau pouvoir du littérateur s’est modelé sur le pouvoir ecclésial ». Mais cette autorité va vite s’émousser car la rupture d’avec le Sang est insoutenable pour l’Intelligence. Au « roi Voltaire » va succéder le « père » Hugo, un symbole qui montre dès la moitié du XIXe siècle la déliquescence de cette Intelligence séparée.

    Avec le progressisme révolutionnaire et la complication du monde va naître l’abondance matérielle. Cette abondance va favoriser l’émergence d’un nouveau type d’homme : le bourgeois. Les rapports de force vont donc changer radicalement. L’Or va définitivement prendre le pas sur le Sang pour plus tard asservir l’Intelligence. « Cet Or est sans doute une représentation de la Force, mais dépourvue de la signature du fort. » Ce qui afflige Maurras, c’est que « les quelques familles devenues maîtresses de la planète » sont les tenants de l’Or et non du Sang. C’est donc une nouvelle forme de pouvoir, sans noblesse, sans vertu, toute soumise et conditionnée par les lois ignobles de l’argent, qui dirige le monde.

    Quel avenir pour l’Intelligence dans un contexte où les forces matérielles de l’Or ont triomphé de celles du Sang ? « Au temps où la vie est simple, la distinction de l’Intelligence affranchit et élève même dans l’ordre matériel ; mais, quand la vie s’est compliquée, le jeu naturel des complications ôte à ce genre de mérite sa liberté, sa force. » Aux yeux de Maurras, le danger ultime pour l’Intelligence est l’industrie littéraire, c’est-à-dire le conditionnement de la pensée par des impératifs d’argent. Si Maurras n’a pas développé, comme le montre Boutang, de méfiance particulière vis à vis du progrès matériel – progrès technique « qu’il attribue à Pallas-Athéna et à l’industrieux Ulysse dans leur véritable origine » – « l’ordre mauvais » et les « lois défectueuses » le corrompent fatalement jusqu’à ce qu’il ne soit plus qu’un moyen pour l’argent d’étendre sa domination.

    L’Intelligence ne peut reconquérir sa noblesse perdue avec cette nouvelle allégeance. « La vraie gloire étant évaluée en argent, les succès d’argent en reçurent, par une espèce de reflet, les fausses couleurs de la gloire. » Pour Maurras, le prestige lié à l’Or est un faux prestige. L’Intelligence en s’alliant à l’Or ne peut plus être prestigieuse. Elle n’est plus que la victime du mépris des industrieux. Car si tout succès est aujourd’hui évalué en argent, l’écrivain, le représentant de l’Intelligence, parce qu’il ne pourra jamais dégager autant d’argent que le grand industriel, est condamné à la relégation. « Non contentes, en effet, de vaincre l’Intelligence par la masse supérieure des richesses qu’elles procréent, les autres Forces industrielles ont dû songer à l’employer. » Dans ce monde dominé par l’Or, l’Intelligence n’est plus une fin, seulement un moyen. L’Intelligence est soumise, elle défend des intérêts qui ne sont pas les siens, elle prend partie pour le plus offrant. Avec le règne de l’Or, la liberté de penser devient monnayable, négociable. On échange « un peu de son franc-parler contre de l’argent. » La presse en particulier n’est plus qu’un instrument entre les mains des possédants. L’Intelligence est humiliée, étriquée. Elle sert.

    L’argent est aussi un moyen pour l’Étranger d’œuvrer à travers et par lui. Maurras s’appuie sur deux exemples historiques : les distributions d’or anglais en France pour les campagnes de presse, de 1852 à 1859, en faveur de l’Unité italienne et les arrosages de la presse française par Bismarck après la bataille de Sadowa en 1866. Pour autant, Maurras, face aux intrusions de l’Étranger via l’argent, ne cède pas à la fatalité. « C’est à la Patrie de se faire une presse, nullement à la presse, simple entreprise industrielle, de se vouer au service de la Patrie. » Cette phrase contient en elle-même une légitimation de L’Action Française.

    Néanmoins, aux yeux de Maurras, la liberté absolue de l’Intelligence est de tout temps dure à conquérir. « L’indépendance littéraire n’est bien réalisée, si l’on y réfléchit que dans le type extrême du grand seigneur placé par la naissance ou par un coup de la fortune au-dessus des influences et du besoin (La Rochefoucauld) et dans le type correspondant du gueux soutenu de pain noir, désaltéré d’eau pure, couchant sur un grabat, chien comme Diogène ou ange comme Saint François. » La logarchie (de logos et archè) absolue qui est l’horizon de Maurras semble donc inatteignable. Par ailleurs, beaucoup lui ont reproché la liberté de ton de L’Action Française conjuguée à une conception autoritaire du pouvoir politique. Une dévotion à l’État qui l’amènera en septembre 1939 à demander des mesures pour limiter la liberté de la presse. Cependant, pour Boutang, il n’y a pas de contradiction « mais la reconnaissance de deux pouvoirs contraires ».

    L’avenir de l’Intelligence n’est donc pas radieux. Maurras a cette phrase terrible : « Le Sang et l’Or seront recombinés dans une proportion inconnue. Mais l’Intelligence, elle, sera avilie pour longtemps ; notre monde lettré, qui paraît si haut aujourd’hui, aura fait la chute complète, et, devant la puissante oligarchie qui syndiquera les énergies de l’ordre matériel, un immense prolétariat intellectuel, une classe de mendiants lettrés comme en a vu le moyen âge, traînera sur les routes de malheureux lambeaux de ce qu’auront été notre pensée, nos littératures, nos arts. » Cependant, il n’est pas dans la nature du maurrasisme que de céder à la tentation pessimiste. L’Or peut être vaincu et l’alliance de L’Intelligence avec le Sang restaurée. Ce salut pour l’écrivain, « le plus déclassé des êtres », est possible sous deux conditions : le renforcement en France du catholicisme en tant que « croyance autonome de l’esprit pur » et la reconstitution progressive de l’ancienne alliance à travers une contre-révolution.

    Matthieu Giroux

    SourcePhilitt

    http://la-dissidence.org/2015/08/11/charles-maurras-lintelligence-lor-et-le-sang/