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France et politique française - Page 3856

  • Trois questions à Lucien Cerise (1/3)

    img6.pngDes lecteurs de Scriptoblog et des éditions Le Retour aux Sources adressent parfois des questions aux auteurs et membres de l’équipe. Deux personnes qui souhaitent rester anonymes et Lucien Cerise vous proposent des extraits de cette correspondance privée qui pourront intéresser un plus large public.


    La page Wikipédia sur Gouverner par le chaos vous accuse de faire de l’entrisme à l’extrême-gauche. Que répondez-vous à cela ?

    Lucien Cerise. Je fais de l’entrisme absolument partout, parce que tout m’intéresse. Quand on fait des études de terrain en observation participante, on doit fréquenter tous les milieux, tous les groupes sociologiques, sans exclusive et sans a priori idéologique. En outre, je dirai toujours « oui » à toutes les propositions de conférences et sollicitations médiatiques d’où qu’elles viennent car les informations que j’ai à diffuser intéressent tout le monde, même le diable. Je fais donc de l’entrisme partout, mais aussi du « sortisme » partout. Conséquence : les gens de droite pensent que je suis de gauche, et les gens de gauche pensent que je suis de droite. Cela marche à tous les coups et c’est plutôt bon signe, une garantie d’objectivité. Évidemment, la police de la pensée a horreur des gens qui bougent, qui restent curieux dans leur tête et libres dans leurs fréquentations. Les flics veulent développer le communautarisme, que les gens restent à leur place, les gauchistes à gauche, les droitistes à droite, et surtout que les groupes ethniques ou religieux ne se rencontrent pas, car ils sont plus faciles à gérer et à utiliser ainsi. Dans ces conditions, c’est un acte politique critique que d’aller partout et de parler avec tout le monde, de l’ultra-droite à l’ultragauche et avec toutes les communautés identitaires.

    Je dis ceci bien que le militantisme politique soit secondaire pour moi, ma priorité étant de respecter une bonne méthodologie scientifique. En effet, ce qui m’intéresse en premier lieu en politique est de comprendre comment fonctionnent les diverses cultures, de l’ultragauche à l’ultra-droite, quels sont leurs mythes fondateurs et comment certains lobbies s’en emparent et les piratent pour les manipuler. Au-dessus des organisations politiques, il y a les organisations d’influence, les fameuses minorités agissantes, ou minorités actives, dont parlait Serge Moscovici en 1976, qu’on appelle encore des lobbies, ou groupes de pression. Quand on étudie ce domaine, il devient clair que si les tendances politiques qui vont de l’UMP à l’ultragauche se rejoignent finalement au-delà d’un clivage apparent, c’est parce que les groupes d’influence qui les dirigent sont d’accord sur l’essentiel du dogme libéral-libertaire, qui se résume ainsi : « Il faut ouvrir toujours plus la société, sans jamais commencer à la refermer un peu pour se protéger ». C’est d’ailleurs ça, le capitalisme : l’abolition de toutes les frontières et de toutes les limites, au moyen des traités de libre-échange européens et transatlantiques, TAFTA, TISA, CETA, ou par la marchandisation du vivant, les OGM, le « mariage homo », la PMA, la GPA, l’euthanasie, etc. Les milieux souverainistes sont encore préservés de ce fanatisme de l’ouverture totale ; le bon sens, le sens des limites, c’est-à-dire la nécessité du protectionnisme et de la fermeture sélective, ne les a pas encore quittés.

    Paradoxalement, ces idées de base de la lutte contre le capitalisme sont aujourd’hui minoritaires à gauche. Qui comprend encore à gauche qu’il faut sortir de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et relocaliser la production, c’est-à-dire limiter drastiquement l’immigration et annuler la dette du Tiers-monde pour en tarir les flux ? L’anticapitalisme a donc migré. L’échiquier politique a bougé. Si un jour, la critique authentique du capitalisme renaît dans les organisations de gauche, j’y retournerai. Et si des médias ou des organisations de gauche me proposaient aujourd’hui des créneaux d’expression, je les saisirai volontiers, pour les raisons exprimées plus haut. Mais que voit-on depuis les années 1980 ? Des communistes qui passent au Front national par centaines de milliers et qui ne reviennent pas en arrière. Il faut dire que le terrain intellectuel de la Gauche a été entièrement stérilisé par Terra Nova et le GODF. Conséquence : les seuls individus, médias et organisations qui se sont intéressés à mon livre sont ceux que le politiquement correct diabolise en les qualifiant d’extrême-droite. Mais je récuse également cette étiquette réductrice qui n’est qu’un stéréotype. Aujourd’hui, il faut avancer et porter la critique sociale par-delà la Droite et la Gauche, c’est-à-dire dans les faits et au-delà des idées. Alors, on découvre quelle est vraiment l’idéologie au pouvoir en Europe, en Amérique du Nord et en Israël : c’est le transhumanisme, c’est-à-dire le capitalisme intégral.

    http://www.scriptoblog.com/index.php/archives/actu-videos-auteurs/140-entretiens/1704-trois-questions-a-lucien-cerise-1-3

  • Peut-on détruire l’identité française ?

    Nos gouvernants - fausse droite et vraie gauche confondues – ne se posent plus la question depuis très longtemps et s’y emploient avec un zèle inégalé.

    Assurément, oui.

    Nos gouvernants – fausse droite et vraie gauche confondues – ne se posent plus la question depuis très longtemps et s’y emploient avec un zèle inégalé, chaque gouvernement prenant le relais du précédent afin de poursuivre et amplifier pour mener jusqu’à son terme, une politique ségrégationniste en faveur des banlieues.

    Comment s’y prennent-ils ?

    Tout simplement en s’en prenant à l’Ecole.

    Jean Macé, fondateur de la ligue de l’enseignement, disait : « Qui tient les écoles, tient la France ». Ceux qui sont censés nous gouverner l’ont bien compris.

    Ainsi, depuis le début des années 2000, deux systèmes éducatifs parallèles sont à l’œuvre et dont les objectifs se croisent dangereusement, mettant gravement en péril l’avenir de la société française.

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  • Pendant que des renégats partent assassiner pour l’EI, le FN pousuit sa course en tête des sondages

    Un jeune Toulousain, parmi ceux qui furent encouragés par le gouvernement français à faire le djihad, est allé se faire sauter en Irak dans le but de tuer le maximum d’Irakiens. Ce misérable renégat, ce terroriste et cet assassin islamiste, avait brûlé son passeport français dans une vidéo. Son père et son frère, interrogés, étaient en liaison avec lui jusqu’au jour de son attentat terroriste. Son frère fait part de sa fascination pour la violence. Cette famille vivait dans une de ces cités où les jeunes influençables, avec des références identitaires détruites, peut-être aussi des familles brisées ou inexistantes, en arrivent à trahir leur pays et leurs ancêtres avec les valeurs traditionnelles de la civilisation chrétienne de la France. 

    Sans rien excuser de leurs crimes ni de leur trahison, ils ne sont pas aidés par les circonstances, ni par l’exemple des autorités de la République, force est de le reconnaître:

    « Deux hommes présentés comme français par l’Etat islamique auraient mené pour le compte du groupe terroriste des attentats contre des casernes de milices sunnites et chiites près de la ville d’Haditha, dans l’ouest de l’Irak. », « L’un d’entre eux désigné comme « Abou Maryam » serait Kevin Chassin, un jeune Toulousain, qui après s’être converti à l’islam, s’est radicalisé jusqu’à partir rejoindre les rangs de l’Etat islamique. »  (Source)

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  • Le double discours de Christian Estrosi à propos du collège islamique à Nice dénoncé par Marie-Christine Arnautu

     

    Suite aux propositions de Jean-Claude Juncker de répartir les migrants entre les différents pays d’Europe, Eric Ciotti a une nouvelle fois fait des déclarations martiales contre l’immigration. Pourtant, son comparse Christian Estrosi n’hésite pas à frayer avec les islamistes radicaux de l’UOIF. Marie-Christine Arnautu dénonce ce double discours.

    http://www.medias-presse.info/le-double-discours-de-christian-estrosi-a-propos-du-college-islamique-a-nice-denonce-par-marie-christine-arnautu/31947

  • Pierre-Antoine Cousteau, fasciste jusqu’à son dernier souffle

    Le livre, Hugothérapie, de Antoine Cousteau, que tout le monde surnommait PAC, vient d'être réédité aux éditions Via Romana. PAC est né le 18 mars 1906, à Saint-André-de-Cubzac et mort d'un cancer le 17 décembre 1958. Il est le frère du célèbre commandant Couteau (qui avait, lui, rejoint Londres) qui témoigna, et c'est tout à son honneur, à son procès et lui évita peut-être que la peine capitale, qui fut prononcée, fût exécutée. Issu de « l'extrême gauche de l'extrême gauche » (c'est lui qui le raconte), le « plus voltairien de nous tous » (dixit Rebatet), évoluera vers le fascisme intégral et collaborera à Je Suis Partout, en compagnie de Brasillach et de Rebatet, avant de prendre la direction du journal. Sa conviction était que l'Allemagne représentait à l'époque, « malgré tous ses crimes, la dernière chance de l'homme blanc ». Doté d'un solide humour et aimant pratiquer le canular, il avait fait croire qu'Edouard Herriot, en visite en URSS dans les années 1930, avait été élevé au grade fantaisiste de « colonel de l'Armée rouge ». Il fit preuve du même humour durant son procès, où il jouait pourtant sa tête. Un des journalistes présents écrira dans le Parisien Libéré « Il parvient à provoquer le rire ce qui, pour un accusé en si fâcheuse posture - et dont l’avenir paraît si singulièrement limité - est une véritable gageure ». Même le futur écrivain communiste Jacques Yonnet exprima son estime pour cet « ultra de la collaboration » et témoigna à décharge, écrivant « C'était un ennemi loyal ». Cousteau rejoignit, à sa libération, en 1953, un an après celle de Rebatet, l'équipe de RIVAROL. Quand il décéda en 1958, Le Monde rendra ainsi compte de sa disparition « Fidèle à son passé, à ses idées et à ses amis, Pierre-Antoine Cousteau n'avait rien perdu de son talent de polémiste. »

    LA PRÉFACE DE JACQUES PERRET

    Mais revenons au livre de PAC, dont le titre complet est Hugothérapie ou comment l’esprit vient aux mal-pensants. Dans une note au lecteur, Jean-Pierre Cousteau, le fils de PAC, cite son père, qui avait longtemps fréquenté les prisonniers de droit commun dans les geôles de la république « On se déshabitue plus facilement de percer les coffres-forts que de mal penser » Le livre, qui fut préfacé par le grand écrivain Jacques Perret, assassine « le père Hugo qui est un grand homme ou un grand sot ». Perret rappelle que Hugo s'était fait pensionner par Louis XVIII pour ses premiers poèmes à la gloire du trône et de l'autel, avant d'être décoré par Charles X puis d'être cajolé par Louis-Philippe. Il prit ensuite « congé acrobatiquement de ses hôtes en 1848 pour opérer une conversion foudroyante et géniale comme nous n'en verrons plus qu'en 1945 ». Guernesey, où Hugo s'était exilé de son propre chef sous l'Empire de Napoléon III ? « C'est, écrit Perret, radio Guernesey et Cousteau nous compose le parallèle avec une piété ingénieuse et d'édifiantes références où nous découvrons même un appel du 18 juin 1860 : si le général De Gaulle avait su ça, il aurait pu se prévaloir d'une incarnation jumelée de Jeanne d'Arc et Victor Hugo » ! Perret et Cousteau rappellent tous deux cette phrase de Hugo, que bien sûr ils approuvent : « Oui, vous avez raison je suis un imbécile » ! En conclusion de l'article de Jacques Perret, paru le 27 août 1954 dans Aspects de la France, nous lisons cette phrase gourmande « Je suis tout content de voir que mon vieux confrère de la presse pourrie, qui a frôlé le poteau et goûté le bagne sans cesser d'être beau joueur, n'a rien perdu de sa verve diabolique. C'est un affreux fasciste, mais j'ai un faible pour les incorrigibles de son espèce. »

    PAC, INSOLENT ET REBELLE ENDIABLE...

    PAC (Paul-Antoine Cousteau) n'évoque pas seulement Victor Hugo, pour l'étriller avec humour et brio, il parle aussi de lui-même, de ses idées, sur un ton insolent, très loin d'être politiquement correct. Exemple « Je n'étais donc (après la commutation de sa peine) plus condamné qu'à la bagatelle des travaux forcés à perpétuité. Je m'en étais tiré à bon compte. J'avais eu de la chance. D'autant plus que si j'avais expié, conformément au programme initial, par un petit matin blême du printemps 47, j'eusse trépassé dans de consternantes dispositions d'esprit. Nullement pénétré de l’énormité de ma forfaiture. Sans dire merci. Sans crier "Vive la France" ! La bouche tordue d'une vilaine rancune. La mort du pécheur endurci, quoi ! avec tout ce que cela comporte d'affligeant pour les âmes délicates ». Cousteau poursuit « J'étais un sujet particulièrement ingrat. L'abus du fascisme hitléro-nippon m'avait ôté jusqu'à la notion du bien et du mal. Je fredonnais "Monica" en me faisant la barbe. Je brocardais la majesté des parlements, je croyais qu'en 39 la paix eût mieux valu que la guerre. Si l'on évoquait devant moi la Conscience universelle, j'éclatais d'un rire bête ». Mais PAC ne s'arrête pas en si bon chemin. Il tient des propos horribles. Exemple « Enfin, qu'on me pardonne cet odieux blasphème, mais une confession n'est valable que si elle est totale, il m'arrivait de dire que Dresde et Hiroshima étaient des bourgades légèrement plus peuplées qu'Oradour, et de mettre dans le même sac les crématoires et l'area bombing. » Bref, son cas paraissait parfaitement désespéré. Il se mit, raconte-t-il (ironiquement bien entendu) à la recherche d'une direction spirituelle. Il est censé l'avoir cherchée chez Rousseau, chez Sartre, chez Duhamel (« qu'un rideau d'ennui protège contre la curiosité du lecteur ») et chez Mauriac, connu pour être un parangon d'hypocrisie.

    Ce dernier a droit à cette humaniste considération « Faisant violence à mes préjugés bourgeois, je l'ai suivi patiemment dans ses copulations circonstanciées de catholiques pratiquants (tant plus ils pratiquent, les personnages de cet auteur édifiant, tant plus ils copulent ) sans parvenir néanmoins à entrevoir, à travers les relents bénis des entrecuisses gasconnes, la justification idéologique du personnalisme (le personnalisme de Mounier dont Mauriac prétendait s'inspirer) ». Et puis, PAC est censé avoir découvert Victor Hugo, supposé devenir son guide spirituel. Pour rire, bien sûr…

    VICTOR HUGO ET LA "CRAPULE CATHOLICO-SOCIALISTE"

    PAC va lire toute l'œuvre de Victor Hugo (ainsi que les œuvres complètes de nombre d'écrivains. Il a le temps en prison), histoire de pouvoir l'assassiner méthodiquement sous couvert d'un pseudo-exercice d'admiration. Vicieux, ce cher PAC. Faisant semblant de s'en indigner, il se fait une joie perverse pour nous livrer ce commentaire de Gustave Flaubert au sujet du fameux livre de Hugo, Les Misérables « Ce livre est fait pour la crapule catholico-socialiste, pour toute la vermine philosophico-évangélique. » Il ne manque pas, dans le même (mauvais) esprit, de citer le "Boche" Nietzsche, qui écrivait dans Par-delà le Bien et le Mal « Ce qui est au premier plan, c'est une France abêtie et devenue grossière, cette France qui tout récemment aux obsèques de Victor Hugo s'est livrée à une véritable orgie de mauvais goût et de contentement de soi. » Ce sournois de PAC fait semblant de s'en indigner, écrivant dignement « De tels propos, tenus par un ennemi garanti héréditaire sur facture, ne peuvent que rehausser la gloire du gigantesque poète français ».

    PAC, modeste en diable, explique « Je ne me permettrai pas, moi chétif incivique, d'analyser le génie littéraire de cet homme colossal ». Il le fait cependant... PAC se moque du "sérieux" de l'écrivain barbu et républicain, qui ne pratique guère l'humour. Il écrit « On est tout de suite mis en confiance par son sérieux. J'aime les gens sérieux. Ils me reposent de cet éternel persiflage par quoi les Français s'efforcent de démontrer à l'univers qu'ils sont spirituels. Hugo, lui, est sérieux. Il prend tout au sérieux, à commencer par lui-même. Il a horreur de l'ironie, il réprouve l'odieuse frivolité du XVIIIe siècle de ce siècle léger il ne goûte que les grands coups de gueule et les grands coups de couperet des années 90 qui mirent un terme si heureux à de répugnantes polissonneries ». Cousteau se fait ensuite grand analyste animalier, notant que « notre plus grand animalier, ce n'est ni Buffon, ni La Fontaine, c'est Hugo ». II relève, avec une feinte admiration, que les procureurs bolcheviks qui usaient d'accusations telles que « rats pesteux » ou « vipères lubriques », avaient pris leurs leçons auprès de Victor Hugo, qui usait et abusait de métaphores animalières. La chauve-souris est l'athéisme, le vautour, le paganisme, le griffon, le christianisme, etc. Cousteau a relevé, rien que dans L'Homme qui rit, 71 espèces distinctes (qu'il cite), allant de l'infusoire à l'hippopotame. A chaque homme, la bestiole qui traduit son physique et sa personnalité. Les femmes sont un peu mieux loties elles sont toujours des anges. Bon, parfois elles se transforment en volatiles mésanges, fauvettes, rossignols, ce qui, reconnaissons-le, n'est pas un mince compliment. PAC, toujours dans l'admiration feinte, note « Plus Hugo pense juste et plus il écrit fort. Plus il pénètre au cœur de la démocratie, plus la ménagerie de ses métaphores s'enrichit. » Il poursuit « On chercherait en vain dans toute l'Histoire de France un homme plus intelligent que Hugo. Si grand qu'il soit par son art, il est encore plus grand par ses idées. Il a tout pénétré et tout compris. » La preuve, relève notre pamphlétaire, « il le savait si bien que, malgré son humilité, il ne cesse de nous avertir qu'il est Le Penseur, n'oubliant ni la majuscule de l'article, ni la majuscule du substantif ». Et contrit en dévotions feintes, PAC ajoute « Devant cette pensée-là, on se sent aussi petit que M. Perruchon face à la mer de Glace ». Fermez le ban.

    "LA CONNERIE ET LA CORNICHONNERIE DU PONTIFE BARBU"

    Ce sont dans des lettres à son épouse que Cousteau, qui lui relate ses motivations et l'avancement de son travail d'écriture, use de ces qualificatifs (connerie, cornichonnerie), pas évidemment dans son livre, Hugothérapie, supposé ironiquement être hagiographique. Où en est Hugo avec Dieu ? Lisons ce qu'en dit PAC « Tout d'abord, Hugo croit en Dieu, en un Dieu aux contours un peu flous, mais bien intentionné et plutôt sympathique avec qui il condescend parfois à dialoguer. Sur certaines photos où son attitude apparaît comme particulièrement inspirée, le poète a écrit de sa main "Victor Hugo causant avec Dieu" ». Ce Dieu n'a évidemment rien à voir avec le Dieu des religions traditionnelles que Hugo exècre. Il est « pour la religion (celle qu'il a inventée) contre les religions ». Les prêtres sont, bien sûr pour Hugo, des fumistes et les dogmes des impostures. Mais Victor Hugo croit au délire que sont les tables tournantes et des esprits frappeurs. Cousteau s'en amuse voici Moïse qui pastiche La Légende des Siècles, Mahomet qui flétrit les despotes (commentaire de PAC « Et il s'y connaissait, ce démocrate »), Shakespeare qui manie sans problème l’alexandrin français, Molière, bien sûr, puis Aristophane qui lui aussi maîtrise parfaitement notre langue, et puis, la Dame Blanche, la mort, qui terrifie les naïfs participants aux soirées hugoliennes de Guernesey. N'oublions cependant pas le Christ, avec lequel Hugo semble avoir établi une relation de confiance puisque celui-ci lui confie « L'enfer n'est pas. Le Paradis est l'état normal du ciel , les ténèbres sont les apparences... Le firmament, ô vivants, est un pardon infranchissable. »

    Cousteau raconte qu'à la suite de ces propos hautement fantaisistes, un des convives, Jules Allix, devint fou furieux, suscitant le scandale dans la petite assemblée... Mais comment, pour changer de sujet, Hugo explique-t-il qu'il y ait tant de gâchis dans un monde où tous les hommes sont bons, et les femmes exceptionnelles ? Facile de répondre à cette question: la société est mal faite. Comme le dit PAC « Il fallait y penser. Hugo y a pensé ». Depuis, d'autres y ont pensé. La criminalité, explique Hugo, est une conséquence de la mauvaise organisation sociale. Les hommes volent et tuent parce qu'ils sont pauvres et ignorants. Commentaire des plus perfides de PAC « Apprenez-leur la règle de trois, la liste des sous-préfectures, les propriétés du triangle rectangle et les os du squelette, et aussitôt ils cesseront de braver le Code Pénal. » Lisons ce passage qui donne une idée de l'humour cynique de Cousteau, et qui donnera certainement envie au lecteur de RIVAROL de lire ce formidable livre « Si Al Capone n'avait pas été poussé par la faim, jamais l’idée ne lui fût venue d'attaquer à la mitrailleuse des banques que l’inanition lui faisait prendre pour des boulangeries. Et, muni de son certificat d'études, Stavisky ne se fût pas embrouillé dans ses comptes. » Hugo condamne avec véhémence l'échafaud et le bagne. Badinter n'avait pas manqué de le rappeler lors du débat sur l'abolition de la peine de mort. Mais pour Hugo, il y a des cas où la société doit se défendre. Napoléon III est voué « au poteau », ni plus, ni moins, ses collaborateurs, au "fouet", à la "chaîne" et aux « sabots sonnant sur le pavé du bagne ». Il est vrai qu'il s'agit, dans leur cas, d'adversaires politiques, pas de vulgaires criminels qui, eux, méritent la compassion.

    CONCLUSION

    Citons une importante pensée du prophète barbu, plus que jamais d'actualité « La république a le devoir de se défendre, même contre le peuple ». Conclusion ironique de Pierre-Antoine Cousteau « Si ce petit recueil contribue, si peu que ce soit, à consolider en France la République et la Démocratie, je n'aurai pas perdu mon temps ». Allez, une dernière avant de nous quitter. Victor Hugo, en évoquant le gouvernement tel qu'il l'imagine : « Moi non plus, je ne veux pas être gouverné par une femme, ni même par un homme ». Par un transsexuel sans doute ? Alors bienvenue dans le parti de Marine Le Pen !

    R.S.

     

    Hugothérapie, 285 pages, Paul-Antoine Cousteau, 12 euros plus 2 de frais de port à l'ordre de Via Romana, 5, rue du Maréchal Joffre, 78000 Versailles.

  • Entretien avec Pierre de Brague Le Cercle Proudhon : Le sursaut de l’esprit français

    Jeune historien et membre d’Egalité et réconciliation, Pierre de Brague oeuvre à la redécouverte d'une expérience politique très originale au XXe siècle le Cercle Proudhon.

    RIVAROL : Quelles sont les origines idéologiques du Cercle Proudhon ?

    Pierre de BRAGUE : Le Cercle Proudhon est à mon sens l'incarnation française la plus aboutie qui soit (au niveau de la formulation intellectuelle), de la conjonction des deux non-dits de la matrice bourgeoise issue de 1789, à savoir cette escroquerie philosophique (les Lumières), politique (la démocratie) et économique (l'exploitation capitaliste) qui constitue notre actuelle mythologie officielle. Face à ce "système", certains ont plébiscité l'appui sur le « monde d'avant », l'Histoire et la Tradition, devenant alors d'affreux réactionnaires pour le libéralisme (dont la définition pourrait être la dictature du présent), et d'autres ont voulu bâtir le « monde d'après », arc-boutant leurs aspirations révolutionnaires sur la défense des intérêts du prolétariat, devenant alors l'alibi progressiste de toutes les compromissions socialistes...

    Lorsqu'elles furent intègres, radicales et authentiques, les mouvances monarchistes et syndicalistes ont représenté, chacune à leur manière, la quintessence des alternatives à cette "civilisation" bourgeoise. Ainsi de l'Action Française et du syndicalisme révolutionnaire. Le Cercle Proudhon est la réunion de certains militants — à mes yeux les meilleurs éléments de ces organisations , la crème de la crème de la radicalité patriote une sorte d'union sacrée anti-démocratique, anti-capitaliste, anti-bourgeoise et anti-Lumières qui nous apparaît impensable au premier abord, mais qui se révèle conforme à ce que le véritable « esprit politique français » a produit (et doit produire) de manière plus ou moins explicite au fil des époques.

    R. : Pourquoi reprendre Proudhon comme figure tutélaire ?

    P. de B. : A première vue, rien de plus éloigné des monarchistes catholiques de l'AF et des syndicalistes révolutionnaires que le supposé anarchiste libertaire se revendiquant de 1789 que serait Pierre-Joseph Proudhon. Mais c'est se borner aux délimitations malhonnêtes du conditionnement intellectuel de ne pas faire l'exégèse profonde de l'homme et de son œuvre. Le Cercle ne tombe évidemment pas dans cet écueil et s'il peut arborer légitimement le sulfureux patronage du penseur franc-comtois c'est par une fidélité quasiment métapolitique à « l'esprit proudhonien », cet esprit parfaitement français, à la fois traditionnel et révolutionnaire, qui, par une vive et libre opposition des antagonismes, se transcende et trouve l'équilibre, cette notion fondamentale à la richesse insoupçonnée (et pour le coup quasiment métaphysique).

    Si l’on s'en tient aux théories, Proudhon, par son fédéralisme, son mutualisme, sa critique acide de la démocratie et de la propriété capitaliste, ainsi que son caractère de farouche pourfendeur de la culture bourgeoise, a su permettre — malgré les tentatives de récupération des socialistes républicains- « à des Français, qui se croyaient ennemis jurés, de s'unir pour travailler de concert à l'organisation du pays français ». Nous touchons là un point essentiel Proudhon était un homme d'ordre et non cet anti-étatiste anti-théiste et anti-propriétaire primaire que l’on veut nous faire accroire... C'est en tant que prophète de « l'ordre social français » que les membres du Cercle célèbrent ce « grand réaliste », ce « Maître de la contre-révolution », ce « Proudhon constructeur » à l'esprit et à la foi révolutionnaire. J'arrête ici, c'est certainement déjà trop de dialectique pour les quelques placides intellectuels de "gôche" qui prétendent s'accaparer la figure de ce rude fils de paysan, viril et guerrier, inaltérable et hardi défenseur du Travail de la la Famille et de la Terre (qui a dit Patrie ?), je ne voudrais pas être désigné responsable de l'ataraxie mentale dont ils souffrent, si peu nombreux soient-ils.

    R. : Cette alliance de royalistes et de syndicalistes révolutionnaires a-t-elle reçu le soutien de leurs "maîtres" Charles Maurras et Georges Sorel ? Quelles furent les principaux animateurs du cercle ?

    P. de B. : Allons immédiatement, si vous le voulez bien, au fond du sujet : Proudhon, Maurras et Sorel, incarnent pleinement et précisément, chacun à leur manière, avec des variations et des idiosyncrasies propres que nous n'ôterons pour rien au monde à l'histoire et à la fortune de l'humanité — cet « esprit politique français » si précieux à mes yeux. Ils le personnifient par leurs "êtres", par leurs pensées, par leurs authenticités mêmes. Ils sont, ensemble et chacun de leur côté, cet esprit révolutionnaire conservateur français qui configure certainement le pire affrontement possible pour la pseudo-"civilisation" ploutocratique actuellement bourgeoise et soi-disant démocratique et libérale dans laquelle nous baignons depuis bien trop longtemps.

    Pour être concret tout en restant succinct que Ton songe aux conjonctions profondes qui animent cette si belle triade. Que ce soit sur l'Action, sur l'Intelligence, sur l'Organisation ou même sur l'État, les concordances, les filiations, les accords, les rapprochements et les frottements sont finalement pregnants ! Et ce jusqu'à constituer une philosophie politique véritablement française, foncière et radicale, qui se définirait par la recherche de l'organisation sociale qui rendra le plus justice à la dignité des travailleurs français et à la défense de leurs libertés et de leurs intérêts spirituels et matériels. J'invite le lecteur à reprendre un par un les mots de cette dernière phrase et à y déceler une quelconque résonance avec notre contemporanéité…

    Il n’y avait donc aucun problème de fond à ce que Maurras et Sorel soutinssent initiative de leurs meilleurs (ou atypiques selon l'angle de vue) disciples, surtout lorsqu'elle se fit sous ce glorieux patronyme de Proudhon. Cessons ici tout essentialisme pour revenir aux réalités et aux contextes il n'était pas question pour les "maîtres" de fusionner leurs mouvements ou de participer activement et personnellement à ce genre d'"expériences" conférant pratiquement à l'aventure. Les maîtres respectifs sont restés à l'écart, en retrait, accompagnant d'abord avec entrain et bienveillance, mais également avec méfiance, la "tentative" du Cercle Proudhon. Notons néanmoins que c'est Sorel qui a fait le premier pas "officiel" dès 1908 dans une revue syndicaliste italienne en dressant l'éloge pragmatique de l’AF, considérée alors comme une vraie force vivante pour l'avenir de la France. Remarquons aussi que Maurras prononça une allocution à la première réunion du Cercle, qui fut tenue à l'Institut d'Action Française, donc dans ses locaux, le 17 décembre 1911 Dans la pure lignée de cet « esprit proudhonien », à l'instar, et peut-être plus encore que leurs aînés, Georges Valois et Edouard Berth furent les principaux protagonistes du Cercle, lui donnant une vie et une aura rares, représentant et formulant magnifiquement la Combativité et la Vitalité française, comme, ai-je l'impression, la France savait — malgré tout — encore en produire il y a quelques décennies... Citons les autres fondateurs et participants rédacteurs aux Cahiers du Cercle Henri Lagrange, Gilbert Maire, René de Marans, Marius Riquier, André Pascalon et Albert Vincent.

    R. : Le rejet de la Démocratie est-il commun aux deux mouvances ?

    P. de B. : Et comment ! Qualifiée de « plus grande erreur au siècle passé », de « maladie mortelle » et de « plus sotte des rêveries », la démocratie est mise en cause par ces deux écoles pour des raisons propres qui sont finalement similaires. À droite, on rejette la république démocratique car c'est le régime et le système politique de l'avènement de la classe bourgeoise, soit ce gouvernement des intérêts étrangers et anti-traditionnels, et à gauche parce que c'est l'alibi majeur de l'exploitation capitaliste. Le Cercle va directement à l'essentiel en attestant de la consubstantialité des institutions démocratiques, des "valeurs" bourgeoises et de la domination socio-économique.

    La démocratie libérale bourgeoise est explicitement vomie en tant que "totalité" pour des raisons politiques et économiques, et en dernière instance parce qu'elle n'est que le symbole d'une vision du monde hypocrite et mortifère. Si l'on accepte de l'utiliser comme un terme générique, cette Démocratie (qui est encore la nôtre aujourd'hui) n'est qu'une fable avilissante, abrutissante, précaire, anti-Production et anti-Culture. « Ramenée parmi nous pour instaurer le règne de la vertu, elle tolère et encourage toutes les licences. Elle est théoriquement un régime de liberté ; pratiquement elle a horreur des libertés concrètes, réelles et elle nous a livrés à quelques grandes compagnies de pillards, politiciens associés à des financiers ou dominés par eux, qui vivent de l'exploitation des producteurs. » Voilà comment le Cercle Proudhon définissait la démocratie dans sa première Déclaration !

    R. : Les animateurs du cercle insistaient sur les vertus viriles, vitalistes et héroïques. L'aspect guerrier était-il au coeur de la démarche de ce groupe ?

    P. de B. : Proudhon restera l'immortel auteur de La Guerre et la Paix, ouvrage majeur par lequel il établit que toute construction humaine — et toute humanité — tient son origine dans la guerre. Il s'agit ici d'exalter le sentiment guerrier, mobilisateur, générateur « du sublime, de la gloire, de l'héroïsme, de l'idéal et de la poésie » et non de vanter la barbarie ou les va-t-en-guerre. Cet esprit combattant se retrouve transposé chez Sorel via ses Réflexions sur la Violence et le mythe de la « grève générale » où l'ouvrier devient le nouveau héros ; quant à Maurras et son Si le Coup de Force est possible, les vertus aristocratiques qu'il défend ne pouvaient que tomber en accord avec cet aspect. Tout ceci évidemment en opposition dialectique avec les pseudo-"valeurs" bourgeoises bien-pensantes hypocrites et maniérées que seraient le pacifisme, l'humanitarisme et l'intellectualisme.

    R. : L'équipe de rédaction n'hésitait pas à attaquer la finance anonyme et vagabonde. En quoi l'anti-capitalisme était-il un élément fondamental de la démarche du cercle ?

    P. de B. : Anonyme, anonyme. Pas tant anonyme que ça si l'on en croit certains textes ! L'anti-capitalisme est effectivement un élément fondamental de la démarche du Cercle, au même titre que l'anti-démocratisme, et pour cause ils sont indissociables, et ce constat n'a pas échappé aux militants du Cercle, bien au contraire. Admettant l'alliance des démocrates et des financiers, comme aujourd'hui celle des socialistes bobos et des néo-libéraux bling-bling, le Cercle y oppose une alliance des royalistes et des syndicalistes révolutionnaires, et ce sans forcer sa cohésion car la mise à bas du « régime de l'Or » (par opposition au "Sang") est une thématique forte chez les partisans de Maurras. Georges Valois lui-même, le principal initiateur du Cercle, la « recrue prolétarienne » de l’AF, fut toute sa vie durant l'homme d'un combat, celui de l'Humain contre l'Argent, et ce quoi que l'on en dise.

    Citons encore une fois la si concise prose du Cercle « La démocratie enfin a permis, dans l’économie et dans la politique, le rétablissement du régime capitaliste qui détruit dans la cité ce que les idées démocratiques dissolvent dans l’esprit, c'est-à-dire la nation, la famille, les mœurs, en substituant la loi de l’or aux lois du sang. La démocratie vit de l'or et d'une perversion de l’intelligence. » Nous retrouvons ici le véritable moteur métapolitique du Cercle c'est le combat de la Vie et de la Civilisation contre son placebo fantoche aliénant et destructeur.

    R. : L'accusation d'antisémitisme lancée contre le Cercle Proudhon est-elle valable ? Plus largement, comment analysez-vous l’antijudaisme présent dans le mouvement ouvrier de la fin du XIXe siècle ?

    P. de B. : l’antijudaïsme du mouvement ouvrier, comme celui du Cercle Proudhon, de Proudhon lui-même ou de beaucoup d'autres, fut rarement racial ou théologique. La question juive s'y présente comme un problème essentiellement économique et social, perçu sous l'angle de la lutte des classes. Concernant le Cercle, si attester de la place prééminente de la bourgeoisie juive dans la société française suite à sa prise de pouvoir au sein même de cette classe bourgeoise (par l'instauration de la république démocratique) est un fait suffisant pour être taxé d'antisémitisme, alors oui le Cercle est antisémite !

    R. : Pour vous, en quoi consiste le mélange de Réaction et de Révolution qui incarne l'esprit français ?

    P. de B. : Il convient de manier les termes avec exactitude, comme dirait un certain Professeur. II est question de Tradition et non de Réaction. Comme explicité plus haut, toute la vérité de cet « esprit français » résulte de la libre opposition des antagonismes, que ce soit au point de vue politique ou individuel. Ce qui, à mon avis, définit le mieux l'esprit français tient en un mot l'équilibre, auquel nous devons impérativement accoler une qualité chérie par Proudhon lui-même, je veux parler de l'ironie. Définition simple mais subtile, et qui se décline à une multiplicité de niveaux. En dehors de ses théorisations politiques, Proudhon devient ici le symbole de la France éternelle, celui qui mêle « esprit classique et christianisme fondamental », ce révolutionnaire patriote, ce gaulois frondeur et spirituel, ce mélange unique et réussi entre la rudesse et la légèreté. Un « miracle français » reconnu dans le monde entier et qui engendrait, il y a encore peu de temps, une vision du monde, une identité et une mentalité propres que les agressions répétées du libéralisme mondialisé anti-humain ont mis à mal, illustrant cette « mutation anthropologique » que Pasolini constatait dans son pays dès les années 1970. Faire revivre l'esprit de la France, voilà ce qui importe !

    Propos recueillis par Monika BERCHVOK. Rivarol 30 avril 2015

    A lire

    Les Cahiers du Cercle Proudhon, préface de Pierre De Brague, Editions Kontre Kulture (http://www.contrekulture.com/), 2014, 496 pages — 18 euros.

     

    Le numéro 68 de la revue Rébellion avec un important dossier sur Sorel, le syndicalisme révolutionnaire français et le Cercle Proudhon (5 euros - Rébellion c/o RSE BP 62124 31020 Toulouse cedex 02).

  • Laurent Garnier : « Subversion générale des programmes et fin du latin »

    Laurent Garnier est professeur de latin dans un grand lycée parisien. Concerné au premier chef par les réformes de l'enseignement, il donne cet entretien à Monde et Vie en toute liberté, en n'hésitant pas à remettre dans un contexte plus large et encore plus inquiétant la dernière attaque contre le latin à l'Ecole.

    Claire Thomas : Est-il exact qu'avec la nouvelle réforme, le latin et le grec ne seront plus enseignés dans les collèges ?

    Laurent Garnier : Si vous écoutez les médias, le Ministère avait d'abord supprimé cet enseignement, mais il l'aurait ensuite rétabli face au tollé suscité par cette mesure. Madame Belkacem, de son côté, assure qu'il n'a jamais été supprimé : c'est une simple « rumeur », et on « baigne dans la désinformation la plus complète » (chez Jean-Jacques Bourdin, le 13 avril dernier). Pour tirer cette affaire au clair, il faut se reporter aux textes officiels. Première constatation le projet de réforme a fait l'objet de plusieurs versions successives, et dans l'une au moins de ces versions, l'enseignement des langues anciennes avait en effet disparu. Ce n'est pas une "rumeur", c'est un fait.

    CT : Mais maintenant ? Cet enseignement est-il rétabli ?

    LG : Les mots « langues et cultures de l'antiquité » et « latin » (mais non « grec ») figurent bel et bien dans la version actuelle, ce qui semble donner raison à Najat Vallaud-Belkacem. Mais c'est une illusion, car ces mots n'ont aucun contenu réel. La supercherie consiste en effet à intégrer le latin aux EPI.

    CT : Qu'entendez-vous par "EPI" ?

    LG : C'est une des principales innovations de la réforme : les EPI sont des « Enseignements Pratiques interdisciplinaires », réunissant les professeurs de plusieurs disciplines, pour faire travailler les élèves en équipes sur des applications « pratiques ». Il y a huit EPI en tout, parmi lesquels : « développement durable », « monde économique et professionnel », « corps, santé et sécurité », « information, communication et citoyenneté ». Sur l'utilité pédagogique de ces nouvelles EPI, voici des exemples fournis par le Ministère : dans un EPI physique/SVT, les élèves réaliseront des maquettes d'éoliennes et produiront un reportage vidéo qui sera diffusé sur le blog du collège. Autre exemple, déjà expérimenté celui-là dans un collège de Bordeaux. les professeurs d'espagnol et de géographie demandent à leurs élèves de rédiger en espagnol un tract destiné aux floriculteurs du Kenya. Je n'invente rien : c'est un reportage de France 2, disponible sur Internet.

    CT : Soit, mais quel est le problème, à partir du moment où le latin continue à être enseigné ?

    LG : Mais comment pourrait-il l'être ? Ce qu'il faut savoir, c'est que ces EPI ne bénéficient pas d'horaires spécifiques les heures qui leur sont consacrées sont empruntées aux disciplines concernées (aux heures d'espagnol et d'histoire-géographie, dans le dernier exemple cité). Or - et c'est le point capital - d'après les documents officiels eux-mêmes, aucune heure d'enseignement n'est prévue pour le latin (ou le grec), je dis bien aucune. Cela veut dire que, dans le cas d'un EPI « langues et cultures de l'antiquité », il faudrait prendre des heures à d'autres disciplines. Lesquelles les mathématiques ? la physique ? l'EPS ? Absurde. Le français ? Mais il ne dispose que de 4 heures ou 4 h 30 selon les niveaux. Et il en faut 3 pour enseigner le latin dans les conditions actuelles. Le Ministère prétend que ces heures seront maintenues, mais il ne nous explique pas de quel chapeau on les sortira. Autre mystère : si vous consultez les nouveaux programmes, vous ne trouvez rien sur les langues anciennes. Etrange enseignement, qui n'a d'existence ni dans les horaires, ni dans les programmes officiels ! En réalité, tout se passe comme si l'on avait voulu court-circuiter toute opposition en ajoutant aux EPI déjà existants un intitulé bidon, qui n'a manifestement rien à voir avec eux... Vous avez dit désinformation ?

    CT : Quelle est donc la logique d'ensemble de cette réforme ?

    LG : Celle du sabotage : on réduit de 20% les horaires des cours traditionnels (au profit des EPI et autres), on ne cesse de restreindre la part des « savoirs fondamentaux » tout en prétendant les renforcer (le français perd encore une heure d'enseignement au collège, alors que, selon certains calculs, un élève en a déjà perdu 300 au cours de sa scolarité !), on supprime tout ce qui pourrait viser à l'excellence (cours de langues anciennes, classes européennes, et, pour une grande part, classes « bilangues »), on amuse la galerie avec des gadgets (EPI, etc.), on masque l'effondrement du niveau en supprimant les redoublements, les notes chiffrées, les objectifs annuels, et on augmente le bourrage de crâne idéologique par le biais des enseignements « transdisciplinaires », dont c'est la fonction explicite, selon Vincent Peillon lui-même. L'Ecole devient une gigantesque garderie, doublée d'une invraisemblable usine à gaz. Sommé de travailler toujours plus « en équipe », l'individu doit se dissoudre dans la masse. Le professeur, pris dans toutes sortes de contraintes, perd sa liberté, et l'élève se voit privé des moyens de devenir un sujet autonome, capable de réflexion et d'esprit critique.

    CT : C'est donc l'aboutissement d'un Mai 68 pédagogique comme on ne l'avait jamais cauchemardé ?

    LG : Un Mai 68, oui, mais qui a la particularité d'être imposé d'en haut, et de se poursuivre depuis des décennies, selon un plan de toute évidence conçu de longue date (déjà formulé en 1947 avec Langevin-Wallon).

    CT : Un plan conçu dans quel but ?

    LG : A qui profite le crime, sinon au système, qui entend disposer ainsi d'une masse d'abrutis qu'il pourra manipuler à sa guise ?

     

    Propos recueillis par Claire Thomas, monde&vie avril 2015

  • Disparition de Robert Chardon : Francis Gruzelle saisit la justice

     

    Toujours sans nouvelles du maire de Venelles, notre confrère Francis Gruzelle, éditorialiste sur ripostelaique.com, a déposé un avis de signalement de disparition de personne.

    Injoignable à sa mairie ou son domicile, introuvable dans les hôpitaux de la région, comptes Facebook et Twitter fermés, Robert Chardon semble avoir été « rayé de la carte » depuis ses déclarations-choc sur la nécessite d’interdire le culte musulman en France. Aux dernières nouvelles, il avait été interné en hôpital psychiatrique après ses déclarations, mais nul ne sait dans quel établissement le maire a été placé.

    Devant l’impossibilité de joindre le maire de Venelles ou même de trouver trace de lui, Francis Gruzelle a déposé un signalement de disparition de personne à Madame le Procureur de la République Dominique Moyal près le Tribunal de Grande Instance d’Aix-en-Provence.
    Espérons que cette démarche officielle sera suivie d’effet.

    http://fr.novopress.info/

  • Prostitution de mineures : trois vedettes du taekwondo à la barre. Ou « l’intégration par le sport »…

    Le sport est souvent présenté par les politiciens comme un bon moyen de canaliser, d’intégrer et de civiliser les jeunes étrangers (à papiers français ou non) : les associations sportives de banlieue sont ainsi largement financées par les contribuables.

    Est-ce vraiment une bonne idée de donner des cours de sport de combat aux jeunes immigrés ?

    En tout cas, on n’entend pas tellement parler des cas de figure, pourtant pas rares, où l’« intégration » par le sport au plus haut niveau a échoué, c’est le moins qu’on puisse dire.

    En scrutant un peu, on apprend par exemple récemment que trois anciens membres de l’équipe de France de taekwondo (sport de combat coréen) comparaissent ces jours-ci devant la cour d’assises de l’Isère, « pour avoir obligé des mineures en rupture familiale à se prostituer via des annonces sur internet ».

    L’affaire éclate en avril 2012 quand la mère d’une des jeunes filles, âgées de 14 à 17 ans, porte plainte à la gendarmerie. Sa fille fugueuse et placée en famille d’accueil a non seulement été contrainte de se prostituer mais elle dit aussi avoir été violée par Amine Manai, champion de France (-68 kg) et champion d’Europe (-21 ans) de taekwondo.

    Ce dernier passait des annonces sur le site Vivastreet et incitait la jeune fille à fumer du cannabis pour qu’elle devienne insensible aux rapports sexuels.

    Au fil de l’enquête, les gendarmes découvrent que certaines annonces sont passées depuis les locaux parisiens de l’Insep (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance) et que plusieurs autres taekwondoïstes sont impliqués : Adam Manai, frère d’Amine, et Moussa Cissé, vice-champion d’Europe des moins de 58 kg.

     

    Les jeunes filles étaient «recrutées» dans un foyer éducatif de Saint-Egrève, près de Grenoble, puis devaient se prostituer dans des hôtels, principalement dans le sud-est de la France.

    Ce réseau de proxénétisme était dirigé par Amine Manai, aujourd’hui âgé de 25 ans, et par Sofiane Cherifi, 24 ans, déjà condamné pour des faits similaires et qui continuait à officier depuis sa cellule.

    L’entreprise était particulièrement lucrative, chaque victime pouvant rapporter 1.200 euros par jour à ses proxénètes. Sur une écoute téléphonique, Sofiane Cherifi se vante ainsi de s’être «fait presque 8.000 euros en deux jours avec Amine».

    Source

    http://www.contre-info.com/prostitution-de-mineures-trois-vedettes-du-taekwondo-a-la-barre-ou-lintegration-par-le-sport#more-38038