France et politique française - Page 4082
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TVL : Journal du 31/10/2014
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L'incroyable impunité de la CGT
On a beau avoir vu pas mal de choses du même genre, on reste quand même surpris de l'arrogance du vieil appareil stalinien de la CGT.Cette bonne vieille nuisance, reliquat des idées de lutte des classes du XIXe siècle, aurait pu marquer une pause, s'interroger sur les dérives de sa propre direction, nettoyer son secrétariat général.
Les révélations du Canard Enchaîné, en date de ce 29 octobre marquent quand même un point fort dans la découverte de l'imposture misérabiliste d'une centrale si puissamment aidée par des ressources qui n'ont rien à voir avec les cotisations de ses adhérents.
Dès que ces informations furent connues des salles de rédaction, c'est-à-dire la veille dans la soirée les médias ont réagis.
À 19 h 13, sur son site internet, Le Figaro commence ainsi le résumé de la situation : "Le syndicat a payé au prix fort la rénovation d'un appartement de 120 m2 à deux pas du château de Vincennes."
Et curieusement il titre : "Lepaon fait payer ses 130 000 euros de travaux par les militants de la CGT". (1)⇓
Cette présentation biaise un peu la réalité. En effet, s'il y a bien longtemps que les excellentes chroniques de feu Michel-Pierre Hamelet ne donnent plus au vieil organe de presse bourgeois "les informations que L'Humanité refuse à ses lecteurs" ceux-ci ne peuvent pas ignorer que le financement de la centrale communiste repose sur une base qui échappe à la notion de militantisme.
Plus prudent "Le Monde", à peine une demie d'heure plus tard, à 19 h 40, met en ligne un article qu'il consacre à la "coûteuse rénovation de l'appartement de Thierry Lepaon". À noter que désormais le patronyme du secrétaire général est orthographié en un seul mot, peut-être s'agit-il d'une consigne destinée à éviter les confusions.
"L'Humanité" du 30 octobre, publie un petit article sur le mode objectif : "L’appartement de Thierry Lepaon fait polémique". La journaliste laisse cependant poindre une légère irritation car s'indigne-t-elle : "Manuel Valls saute sur l’occasion". Et de donner le lien avec la réaction de la centrale.
Dès la veille, 29 novembre le bureau confédéral siégeant à Montreuil avait diffusé une note qu'il destinait "aux organisations et aux militants de la CGT." Ceux-ci ont probablement été émus puisque leur bureaucratie dirigeante parle des "pressions médiatiques", certainement cruelles, qu'ils subiraient à proportion de cette affaire. Mais les staliniens tiennent bon et concluent sur le mot d'ordre bravache, qui nous ramène plusieurs décennies en arrière : "… cela démontre que la CGT gêne et que tous les prétextes sont bons pour essayer de l'affaiblir.
Pour autant nous devons rester concentrés et déterminés à nous battre face au recul social sans précédent que les salariés subissent. Le prochain Comité Confédéral National permettra de débattre de notre stratégie revendicative dans la période et fixera les perspectives qui nous permettront de continuer à amplifier la mobilisation des salariés."
Impavide en effet, l'appareil stalino-cégétiste reste généralement impuni dans la pratique. Le jugement du 1er octobre condamnait quelques bureaucrates pour les détournements au comité des œuvres sociales d'EDF, pour des pratiques qui durent depuis 1946, et qui alimentent le parti communiste et L'Humanité. Mais qu'on se rassure, c'est pour de rire : personne n'ira en prison, personne ne repassera par la case départ, et personne ne remboursera un sou. (2)⇓
La centrale communiste prépare donc actuellement la grève dans les transports. Destinée à empoisonner la vie des gens le 4 novembre, cette mobilisation n'a aucun caractère revendicatif concret. Elle se propose d'agiter l'opinion contre ce que la CGT-Cheminots appelle la "privatisation" et "le dumping social". En fait, elle se dresse contre toute notion de concurrence. Rien n'assure d'ailleurs que ce "mouvement" rencontrera le succès espéré, à la SNCF mais aussi dans les transports urbains, les tramway, les métro, le RER.
Mais qu'importe : il s'agit de faire de la politique et de montrer que la CGT reste la seule force syndicale susceptible de faire reculer la classe politique et geler, encore plus, toutes les réformes nécessaires au redressement du pays.
JG Malliarakis
Apostilles
- sur le site du Figaro. ⇑
- On se reportera à notre chronique du 7 octobre "L'Omertà de la CGT fonctionne toujours". Depuis, un bon article est paru dans Le Point le 20 octobre. ⇑
http://www.insolent.fr/2014/10/lincroyable-impunite-de-la-cgt.html
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Les décombres
Ce que la gauche veut détruire par idéologie et par haine des valeurs nationales, la droite le détruit par l'argent devenu une idole. Cette triste collusion aboutit à un de ces moments dramatiques que la France a déjà connus et dont elle s'est heureusement toujours relevée
D'un côté le retour d'un ex-Président qui revient à la politique comme un ivrogne à sa bouteille: par addiction ! Ce n’est que l’épilogue d’un trop long feuilleton éculé, calqué sur le mythe bonapartiste du retour de l’île d’Elbe. Un feuilleton construit, qui plus est, sur un déni . Le président-candidat avait en effet juré, les yeux dans les yeux de Jean-Claude Bourdin, qu’en cas de défaite à l’élection présidentielle il arrêterait la politique.
De l'autre une gauche en lambeaux qui hésite entre l'immobilisme et la fuite en avant vers l'abîme!
Ajoutons à cela la désacralisation du pouvoir qui a commencé avec Jacques Chirac "roi fainéant" , qui a été rendue triviale par Sarkozy qui faisait "le job" pour finir avec le summum de la bassesse de l'expression "sans-dent" et du mépris qu'elle induit.
Les décombres: "Restes de ce qui a existé dans sa plénitude avant d'être partiellement ou complètement détruit" explique le dictionnaire
La France est devenue un champ de décombres. Dans un contexte de crise, croissance à l'arrêt, interminable crue du chômage, overdose fiscale, déficits incompressibles, dette record , la France est devenue un édifice social qui vacille, ébranlé, miné, en pleine décomposition détruit par l'action conjuguée de la gauche libertaire et la droite libérale issues des Lumières et de la Révolution: il n'y a plus de peuple français! Le peuple est une volonté politique issu d'une dynamique du lien social. Il ne reste qu'un agrégat d'individus.
Comment reconstruire sur ces décombres? On doit commencer par changer d'architecte! Le salut en République est toujours exogène. Le régime doit chercher hors de lui-même une figure charismatique, un homme neuf qui n'a pas d'allégeance avec le système. Lui seul peut devenir la clef de voûte car il est extérieur au système. L'Alliance royale proposera en 2017 un Régent qui modifiera le cadre institutionnel de la Constitution afin de préparer l'instauration d'une nouvelle structure arbitrale. A ce moment-là seulement la France se donnera les conditions de la renaissance! D'ici là l'AR prépare des actions de visibilité pour reconquérir le territoire usurpé par la république. Le roi ou le chaos!
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Analyse apoliticienne : Front National et Système
La politique et moi, c'est 35 ans de rapports intenses et passionnés. Peut être est-ce ou sera -ce – l'avenir n'est pas encore écrit – l'engagement de toute une vie. Pourtant, de façon paradoxale, je n'aime pas la fréquentation des militants, que ce soit ceux de la mouvance ou d'ailleurs. Je leur reproche – ce qui justement les caractérise – leur engagement partisan. S'il est en effet un domaine ou mauvaise foi et malhonnêteté intellectuelle sont omniprésentes, c'est bien en politique.
C'est ainsi que les militants de la majorité défendent le gouvernement au même titre que ceux de l'opposition le fustigent systématiquement. Or, aucune idéologie, aucun gouvernement ne peuvent être considérés comme totalement mauvais ou nocifs.
On comprendra que la majorité des militants lisent principalement des ouvrages écrits par des essayistes issus du même terroir qu'eux, ce afin de voir conforté leur point de vue. Pourtant, les ouvrages de valeur, tout simplement objectifs voire d'un autre bord, ne manquent pas.
André Breton ne se trompait peut être donc pas en affirmant « qu'adhérer c'est l'idéal du mollusque ».
Sur ce qu'est le Front National, mouvement politique connu de tous depuis une trentaine d'années, chacun y va de son petit refrain. Le plus souvent de façon subjective et passionné. On peut néanmoins, sans préjugés, l'étudier de façon rationnelle, quand bien même est-on, comme moi – engagé en sa faveur. Pour ce faire, il suffit de ne pas censurer les informations susceptibles de nous déranger ou contrarier. C'est justement ce que se refuse à faire l'homme d'une seule idée qui picore dans la base de données empiriques, les seuls renseignements justifiant son point de vue.
Voilà la raison pour laquelle, l'esprit objectif ne peut que dessiner qu'un tableau nuancé de la réalité. Voilà aussi pourquoi, il apparaîtra aux yeux de beaucoup comme peu clair.
Le Système fustige le Front national de manière caricaturale. Ainsi le fait de le qualifier de fasciste. Lionel Jospin en fut, avant de reconnaître, très tardivement, qu'il ne s'agissait là que mensonge (1)
Aux élections présidentielles de 1981, les quatre principaux candidats proposèrent aux Français,quatre modèles de société différents. Aujourd'hui, la grande homogénéisation, prélude au totalitarisme à venir, rend la plupart des partis interchangeables : bien peu de différences entre Sarkozy, Bayrou et Hollande. Aujourd'hui, la plupart des partis appartiennent au monde demo-libéral. Ce qui rend le Front National extrémiste aux yeux de beaucoup, c'est qu'il est probablement le dernier parti viscéralement républicain : comme si la République, dont il a existé plusieurs moutures, était extrémiste …
A lire la presse systémique, on a presque l'impression que le Front National constitue le plus grand des dangers qui menace la France. Attitude d'autant plus surprenante que ce mouvement n'a jamais exercé de responsabilités ministérielles et que donc, par voie de conséquence, il n'est nullement responsable de la situation actuelle. Si le Front National joue bien, force est de constater qu'une bonne partie de son succès, n'est que la conséquence de l'échec des autres. Si le Système veut réellement détruire le Front National, il lui suffit tout simplement de résoudre les problèmes auxquels les Français sont confrontés.
A titre d'exemple, on nous assène que la politique économique menée, tant par les gouvernements de « droite » que de « gauche » est incontournable. Il n'en reste pas moins que dans la presse économique, on s'inquiète de l'actuelle situation. Même l'Allemagne, meilleur élève économique de l'Europe d'un point de vue systémique, voit sa situation critiquée par ces mêmes partisans du Système. Il est aussi bien beau de reprocher au Front National de vouloir revenir au Franc. N'en reste pas moins, toujours à lire la presse économique systémique, que la disparition de l'euro y est très sérieusement envisagée. Et que les grandes entreprises ont déjà élaboré des plans afin de s'adapter au retour au Franc.
Il est aussi bien facile au Système de reprocher au Front National de mettre en exergue le fait délinquance. Si le mouvement de Marine le Pen insistait sur la future invasion des petits hommes verts, il ne ratisserait pas autant de suffrages. Fatalement donc, c'est que ce fait délinquance, existe réellement. Et là encore, objectivité oblige, les statistiques nous indiquent que cette délinquance croît, mais aussi qu'elle est de plus en plus violente.
Phénomène lié, l'immigration et ses excès, ne sont nullement une invention du Front National : non seulement les faits objectifs l'affirment, mais aussi les Français – qui ont des yeux – le perçoivent objectivement.
Le chômage voici un demi-siècle, c'était moins de 500 000 personnes. Aujourd'hui, toutes catégories confondues et assimilés, c'est environ vingt fois plus, soit pas très éloigné de 10 millions de Français. On ne peut donc pas dire que ce chômage est le fait du Front National ou que les solutions proposées par ce mouvement politique soient nécessairement mauvaises. Au contraire, on ne peut que constater l'échec des différentes politiques menées en ce domaine et ainsi, prôner une politique alternative. Celle par exemple, proposée par le Front National...
Ce dont le Système, qu'il ne faut absolument pas limiter à l'actuel gouvernement, ne semble pas avoir conscience, c'est de son impopularité qui va crescendo. En fustigeant le Front National, il ne fait donc, par réaction, que le renforcer. Puisque les Français rejettent les différents gouvernements successifs, ils se tournent tout naturellement vers le mouvement le plus décrié par ces gouvernements : le Front National.
Alain Rebours
Note :
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Alain Juppé, la tentation de Venise pour la France
Pourquoi un tel engouement si on veut bien aller au-delà de la rassurante élégance du personnage ?
Il est bien, Alain Juppé. Il n’est plus le gendre idéal, certes, mais l’a-t-il jamais été ? Il a cette élégance discrète, une élégance de chat, cet égoïste mammifère qui retombe toujours sur ses pattes et sait si bien ronronner et se lover au creux de son maître. Mais Alain Juppé n’a plus de maître. Sa seule allégeance, désormais, va aux dogmes qui gouvernent le monde. Lui qui, autrefois, était de droite dans ses bottes s’affirme en majesté un parfait candidat à la magistrature suprême pour quiconque pense large, à défaut de penser loin, haut et profond, en clair pense à gauche et au centre gauche en ce pays. Cette élégance discrète plaît tout autant aux descendants des grandes et antiques lignées bourgeoises pour qui tout doit changer afin que rien ne change (on connaît l’histoire) qu’aux adeptes inconditionnels de la dissolution des mœurs et de notre peuple dans un grand ensemble sans foi ni loi.
Sa parole, très légèrement colorée d’un accent que l’on entend au bord de la Garonne à l’ombre des beaux hôtels particuliers, fait couler un flot ample et rassurant qui n’a plus rien à voir avec le torrent impétueux et menaçant de ses débuts en politique, flot qui s’en va mourir langoureusement dans l’océan des bonnes intentions. Bref, on boit ses paroles comme les meilleurs crus bourgeois, sans modération, d’autant que le millésime est fort respectable. Pour autant, ce vin est-il charpenté ? Oui, si l’on considère que l’ambition personnelle et l’orgueil structurent toute action politique. Rien de bien original, en somme. De ce tonneau on a bu et on boira sans doute encore longtemps.
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De la charité à l'humanitaire : Qu'est devenue la "part du pauvre" ?
La grandeur d'une société n'est pas de nier les inégalités mais de permettre aux hommes de sortir de leur égoïsme, en parlant, plutôt que des droits des défavorisés, des devoirs de ceux qui ont plus à l'égard de ceux qui ont moins... Retour sur la charité dans l'histoire de France.
Il suffit de parcourir les rues de Paris ou les couloirs du métro pour voir que la clochardisation de notre société ne cesse de progresser. Le pire est que le libéralisme, joint à un hédonisme que la "crise" n'a pas refroidi, ne cesse de favoriser la course au profit sans souci des drames humains, dont celui du surendettement, et entretient chez les Français une mentalité d'assistés alors que les plus défavorisés sont poussés à revendiquer toujours plus de "droits", confondant inégalité avec injustice...
« Des pauvres vous en aurez toujours parmi vous », dit le Christ dans l'Évangile. La vraie justice n'est pas de ce monde, elle relève du Ciel. La grandeur d'une société n'est donc pas de nier les inégalités mais de permettre aux hommes de sortir de leur égoïsme, en parlant, plutôt que des droits des pauvres, des devoirs de ceux qui ont plus à l'égard de ceux qui ont moins.
Aumône
Dans notre France aux origines chrétiennes, c'est l'Église qui a su changer les mentalités en jetant une lumière surnaturelle sur les misères des hommes et en présentant l'amour du prochain comme une voie vers la sainteté.
Dès le haut Moyen Âge, les pauvres s'attroupaient à la porte des aumôneries monastiques où étaient distribués vivres et vêtements. Dans le déferlement des turbulences féodales dont souffraient surtout les paysans pauvres, les évêques brandissaient le glaive de l'excommunication contre les seigneurs qui n'observaient pas la trêve de Dieu. Tout en luttant pied à pied contre l'anarchie des barons, les rois capétiens donnaient eux-mêmes l'exemple de la charité : souvenons-nous de Robert II le Pieux ouvrant sa salle à manger aux indigents et même nourrissant en cachette de la méchante reine Constance, tel affamé glissé sous la table et... occupé à couper des franges d'or du manteau royal...
Ordres mendiants
Au XIIe siècle, la grande pauvreté se porta sur la ville et l'on vit émerger les vagabonds, même les truands, accueillis d'abord par des prédicateurs populaires dans des structures improvisées où pullulaient le meilleur et le pire ; puis, la charité chrétienne s'affirmant, apparurent les ordres mendiants, surtout dominicains et franciscains, créés pour l'accueil des infortunés. De leur côté théologiens et canonistes admettaient que voler un pain dans une situation d'extrême nécessité était légitime. Quant au roi saint Louis, il disait à son fils : « S'il advient que quelque querelle entre riche et pauvre vienne devant toi, soutiens plus le pauvre que le riche, et quand tu entendras la vérité, ainsi fais-leur droit. »
Les hôtels-Dieu, contrôlés par les évêques, se réservaient alors les malades tandis que les hospices (tel celui des Quinze-Vingts fondé pour les aveugles par saint Louis) accueillaient les pèlerins, les voyageurs pauvres, principalement ceux qui n'avaient pas la force de mendier.
Les hiérarchies protectrices
Après les calamités de la guerre de Cent ans, puis les exactions des Routiers et des Grandes Compagnies, les guerres de Religion et la Fronde, il fallut tout recréer pour relancer la charité. Longtemps il revint aux paroisses et aux familles nobles, parfois sous l'injonction des autorités, de contribuer à l'assistance, mais une fois l'ordre rétabli au XVIIe siècle, des figures sublimes apparurent, tel saint Vincent de Paul, osant prêcher aux Grands, quitte à les rudoyer, le sens du service et de la protection des faibles. En somme les hiérarchies avaient vocation à devenir protectrices...
Cet apostolat auprès des Grands avait plus d'effets que des discours vengeurs tenus aux pauvres à la manière d'aujourd'hui... Les structures de la société s'y prêtaient excellemment. C'était, écrit Marie-Madeleine Martin, une société « unifiée organiquement dans laquelle la dépendance hiérarchique des hommes les uns envers les autres décalquait l'ordre de la nature et de la raison. La charité chrétienne transfigurait cet ordre sur le plan surnaturel, elle l'illuminait par la considération du royaume des âmes également rachetées par le Rédempteur ; elle ne le détruisait pas. Bien au contraire elle se servait de lui et de sa force pour maintenir au maximum parmi les hommes la justice, préface obligatoire et premier échelon de la charité. » (Saint Vincent de Paul et les Grands, éditions du Conquistador)
Au coeur de l'Île de la Cité, l'Hôtel-Dieu pouvait alors grouper en cas de disette de deux à quatre mille personnes. Partout dans la capitale naissaient de petits établissements, fruits de libéralités privées, confiés au soin des religieuses. Des dames de la société fortunée consacraient leur temps à visiter les malades ; leur dévouement s'ajoutait à celui des Filles de la Charité venues des campagnes à l'appel de "Monsieur Vincent", visitant les malades à domicile, prenant en charge les enfants trouvés, ou les enfants des mères en détresse aujourd'hui tués avant de naître... Un grand bureau des pauvres réunissait les curés de Paris et offrait des secours alimentés par les quêtes ou une taxe versée par les bourgeois de la capitale.
Le venin de l'individualisme
Les Lazaristes recevaient à dîner chaque jour vingt-quatre pauvres. Le prieur se plaçait au milieu d'eux et ils étaient servis avec autant de respect que lui. Les Restos du coeur, la médiatisation en moins... Les clochards allaient se présenter à la porte des Célestins où ils recevaient du pain. Les Chartreux, quant à eux, recevaient chaque vendredi ceux qu'on appelait les "pauvres honteux" (cf. Jacques Wilhelm : La Vie quotidienne des Parisiens au temps du Roi Soleil, Hachette-littérature). À signaler encore, la création par édit royal en 1656 d'un hôpital général à Paris, sur le lieu de la Salpêtrière, ancêtre de notre Assistance publique.
Au XVIIIe siècle apparut hélas le germe de l'individualisme. Ce ne fut pas un progrès ! La Révolution de 1789, au nom de l'individu "libéré", renversa tous les cadres protecteurs et interdit les associations. Le libéralisme se mit à enseigner que de la recherche par chacun de son bien propre devait naître le bien général... La loi de la jungle... Résultat : au siècle suivant les classes laborieuses furent livrées à elles-mêmes sans autre protection que l'action tout à ait insuffisante de quelques industriels au noble coeur. Bientôt les gouvernements allaient se soucier beaucoup plus d'apprendre à cette population miséreuse à penser républicain (lois laïques...) qu'à lui donner les moyens de vivre décemment.
La charité détournée
Petitement arrivèrent toutefois à se créer des sociétés de secours mutuels, des caisses de retraites, des oeuvres pour le logement, le soin des malheureux. Faut-il s'étonner de rencontrer, parmi les pionniers des cercles d'ouvriers ou des conférences Saint-Vincent de Paul, des catholiques royalistes : le vicomte de Bonald, le vicomte de Villeneuve Bargemont, Armand de Melun, Albert de Mun, Maurice Maignen, le colonel de La Tour du Pin, marquis de La Charce, sans oublier soeur Rosalie, fille de la Charité, secourant les misères physiques et morales dans l'actuel 13e arrondissement de Paris ?
Ces fidèles d'Henri V, comte de Chambord, étaient d'autant plus enclins à soulager les misères ouvrières qu'ils en avaient parfaitement décelé la cause : l'organisation sociale issue de l'idéologie des Droits de l'Homme qui contrecarrait l'idée que les hommes sont sur terre pour vivre en société, pour s'entraider, pour s'aimer, et non pour ne penser qu'à s'enrichir. Ils parvinrent assurément à faire avancer la législation (réglementation du travail des enfants, repos dominical, allocation familiales...) mais le meilleur de leurs idées fut bien souvent détourné au XXe siècle au profit de l'État-providence.
On est loin du temps où les familles riches mettaient un point d'honneur à garder "la part du pauvre"... Chacun participe aujourd'hui à la vie de tous par le fisc de plus en plus paralysant pour les classes moyennes, et reçoit en retour assurances et allocations ; celui qui donne n'a d'autre sentiment que d'entretenir une bureaucratie, celui qui reçoit se sent à l'écart de la société qui se résume pour beaucoup aux Assedic. Tout est impersonnel, seul l'égoïsme y trouve son compte : le riche en se donnant bonne conscience, le pauvre en faisant valoir toujours plus de droits que l'on dit maintenant opposables... Le bien commun reste le grand absent des soucis des uns et des autres.
Ou alors la charité, médiatisée à l'extrême, se vent comme un produit de consommation, en de tonitruantes campagnes qui foulent au pied la règle d'or de l'action bienfaisante : « Que ta main droite ignore ce que donne ta main gauche »... Les miséreux se trouvent assimilés à une cause militante, ou servent d'instruments de publicité pour telle ou telle vedette. Ainsi se trouvent souvent détournés de beaux élans de générosité.
La "crise" actuelle, qui met à rude épreuve les utopies du libéralisme, va-t-elle aider les Français à retrouver le sens des vraies solidarités, naturelles, familiales, locales, professionnelles, ces forces vives de la nation légitimant les hiérarchies par les services rendus et sachant remettre à leur place les soucis de rentabilité ? Ordre qui devrait, pour s'épanouir librement - toute l'expérience historique le prouve - être couronné par le justicier suprême qu'est le roi, seul assez indépendant des puissances d'argent pour rappeler aux Grands leurs devoirs au service du bien commun...
Michel Fromentoux L’ACTION FRANÇAISE 2000 du 18 au 31 décembre 2008
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Questions/réponses sur la Monarchie - 3
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Communautarisme: soyons francs, clairs et cohérents
Double-discours, double-langage, mépris des engagements envers les électeurs pris pour des imbéciles par des donneurs de leçons hypocrites…Le dégoût des Français pour les politiciens du Système ne va pas en s’arrangeant au vu de l’actualité de ces derniers jours. A cette aune, le procès fait au (nouveau) ministre de la Culture n’est pas le plus grave. Invitée du « Supplément « de Canal plus le 26 octobre, Fleur Pellerin qui a « déjeuné » avec le tout nouveau prix Nobel de littérature, le « gardien de la mémoire » Patrick Modiano, a avoué ne pas avoir le temps de lire depuis deux ans. Et même n’avoir jamais ouvert un livre de M. Modiano, pas plus le dernier qu’un autre. Imagine-t-on feu André Malraux nous expliquer ne pas avoir lu un livre pendant vingt-quatre mois ? Une faute professionnelle plus qu’une faute de goût peut être, car quitte à consacrer un peu de temps à la lecture, il peut apparaître secondaire, pourquoi pas, de se jeter sur les livres de Patrick Modiano, alors que tant de grands classiques, de génies de la littérature, de grands écrivains Français et étrangers méritent d’être lus et relus.
Les Français sont en revanche légitimement en colère lorsqu’ils apprennent que le président UMP de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Gilles Carrez, est en délicatesse avec le fisc. Au motif que lui, le spécialiste très affûté, se serait trompé de bonne foi, affirme-t-il, dans le calcul de la valeur de sa maison de Perreux-sur-Marne. Or c’est de celui-ci que découle son entrée dans l’impôt sur la fortune (ISF).
Il est tout à fait légitime, le débat l’est en tout cas, de juger l’ISF contre productif, son assiette confiscatoire, de douter de son utilité et de ses bienfaits. Mais dura lex, sed lex, la loi est dure mais c’est la loi. M. Carrez, à un devoir tout particulier d’exemplarité au vu des fonctions qui sont les siennes et ne peut s’exonérer du régime commun sans trahir le mandat qui lui a été confié par les électeurs.
Plus choquant encore, le député PS René Dosière, au vu des annexes du projet de budget 2015, a jugé hier «choquantes» les rémunérations dans les cabinets ministériels de ses amis du gouvernement Valls. Se serrer la ceinture ? C’est bon pour les autres ! «Par rapport au gouvernement Ayrault, a écrit M. Dosière sur son blogue, les rémunérations dans le gouvernement Valls (2014) sont en forte augmentation: +7,1% à 8.201 euros pour la rémunération brute moyenne d’un agent et +4,3% à 2.235 euros pour les indemnités de sujétion» (primes, NDLR).
«Les cinq rémunérations les plus élevées se trouvent au ministère de la culture (13 744 euros), au ministère de l’intérieur (12 987 euros), au ministère de la décentralisation (12 680 euros), au ministère du redressement productif (12 369 euros) et au secrétariat d’Etat à l’enseignement supérieur (12 222 euros)».
Si le «communautarisme financier» des membres du Système défraye la chronique, une autre «affaire», bien différente, a été exposée dans de nombreux articles ces derniers jours. Le blogue de Bruno Gollnisch avait réagi le 3 octobre, de manière d’ailleurs très mesurée, à la présence de Pierre Ducarne, 22 ans, candidat aux dernières municipales FN à Nancy (Meurthe-et-Moselle) sur le stand du « Kreuji ». En l’espèce «un collectif de 11 associations qui représentent la communauté homosexuelle bi et transsexuelle (LGBT) à Nancy. Avec le soutien de la ville, elle va prochainement ouvrir une maison LGBT au centre-ville » rapportait le média régional Loractu.
Nous avions fait état de cette information, redoutant que le message du FN soit brouillé par la présence médiatisée d’un candidat du FN auprès d’associations prosélytes en faveur du mariage, de l’adoption, de la PMA et GPA pour les paires homosexuelles. Et ce, deux jours avant la mobilisation de très nombreux élus, militants et électeurs frontistes dans les manifestations (à Paris et Bordeaux) en faveur de la défense de la famille traditionnelle et contre la loi Taubira.
Sans nous contacter directement, Pierre Ducarne avait vivement réagi à ce qu’il considérait comme une mise en cause injustifiée de notre part. Il a depuis précisé via les réseaux sociaux être opposé la création de cette maison LGBT, au «mariage pour tous», tout en se disant persuadé, comme Alain Juppé et la plupart des caciques de l’UMP, que la loi Taubira ne pourra être abrogée.
«On me présente a-t-il dit, comme un militant LGBT alors que je n’ai fait que discuter avec des membres de ce collectif dont je ne fais pas partie». «J’assume totalement a-t-il écrit sur internet, le fait d’avoir visité le stand du Kreuji (ainsi que d’autres d’ailleurs) non seulement pour l’intérêt que suscite ce projet (auprès des Nancéens ?, NDLR) et que j’ai pu ainsi découvrir mais également pour l’amitié que je porte à certaines personnes (de droite comme de gauche) impliqués dans sa réalisation ». Dont acte.
Le Monde le rapportait avant-hier, «accusé de soutien à une association homosexuelle», de «communautarisme», « le Front National - sans que Bruno Gollnisch la réclame ou soit intervenu dans ce sens, NDLR- avait engagé une procédure disciplinaire » à l’encontre de ce jeune homme.
Finalement« il a été décidé que la commission des conflits ne se réunirait pas sur son cas» comme il était prévu le 27 novembre, «qu’il n’était pas convoqué et qu’il ne serait pas sanctionné. Le dossier est vide , a dit Florian Philippot à Reuters avant de poursuivre : Pierre Ducarne n’a pas, en tant que responsable du Front National, soutenu une association communautariste, ce qui aurait été contraire aux valeurs du parti. Il n’est pas un responsable du parti et c’était dans un cadre privé. »
M. Ducarne outre son passage devant la commission des conflits, devait être « également convoqué devant la commission de discipline pour «insultes proférées envers un dirigeant du FN», et plus précisément envers Bruno Gollnisch ont affirmé à la presse Florian Philippot et Bruno Bilde (conseiller de Marine).
Pierre Ducarne s’est finalement fendu d’un petit mea culpa sur tweeter le 29 octobre : «Que la presse cesse d’instrumentaliser et détourner un quiproquo interne au FN pour alimenter une polémique fondé sur le bruit et la rumeur.» «Clarification faite avec le FN. Malentendu de part et d’autre. Moralité: il vaut mieux privilégier une explication sereine que de réagir à chaud.»
C’est en effet en réagissant à chaud, mettons cela sur le compte de la jeunesse, que M. Ducarne a commis un message, pour le moins maladroit, effacé par la suite, mais donc jugé insultant par Florian et Bruno (Bilde) – « je ne sais pas si j’ai été insulté…» a voulu temporiser Bruno Gollnisch contacté par Europe 1. « M. Bruno Gollnisch écrivait le jeune homme le 6 octobre, serait bien inspiré de vérifier l’exactitude de ses informations avant de relayer tout et n’importe quoi. De respecter la liberté et la vie privée d’autrui. Mais M. Gollnisch se verra notifier tout cela par écrit et pourra ainsi juger de mon mécontentement. Le Mac Carthysme ça va bien » (sic).
Le jeune homme a finalement renoncé à «notifier tout cela par écrit » au professeur Gollnisch, qui du haut de son parcours intellectuel et des ses trente ans de militantisme au FN, n’a guère de leçons à recevoir en matière de défense de nos libertés fondamentales. Surtout, est-il nécessaire de rappeler que Bruno a toujours respecté la vie privée de chacun (justement parce qu’elle est privée !) et n’est pas animé par la moindre velléité d’établir une quelconque « police de la braguette » au FN comme dans le reste de la société française ! M. Ducarne a d’ailleurs avoué «qu’il n’y a pas de chasses aux homosexuels » au Front National.
Mais il s’agit de rappeler que la communication politique répond à des règles de base. La première d’entre elle veut que quand on est candidat à une élection, et si l’on souhaite continuer à l’être, on ne peut échapper dans l’espace public à l’attention médiatique et à l’interprétation de ses faits et gestes, a fortiori dans la commune dans laquelle on milite. En ce sens, si l’on souhaite que sa vie privée soit respectée et la dissocier nettement de sa vie publique, il n’est pas bien malin de poster, comme M. Ducarne l’a fait, une photo ou on le voit enlaçant un jeune homme sur le stand du Kreuji, assortie de la mention ambiguë « pied de nez aux sectaires ». Peut-on s’étonner dans le contexte actuel que cela peut être aussi interprété comme un message politique ? Puisse la leçon être entendue.
« De toute façon, je me suis mis en retrait du parti depuis plusieurs mois. Et si on doit m’exclure, on m’exclura », a encore déclaré Pierre Ducarne qui vient aussi d’apporter son soutien à Maxence Buttey. « L’acharnement de certains sur ce jeune élu FN converti à l’islam est scandaleux. Laissez le libre de croire ce qu’il veut. Idiots », a-t-il énoncé dans un tweet le 26 octobre…
Ce jeune élu FN de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), est accusé de prosélytisme islamique par ses camarades de la fédération. Il lui est reproché –voir notre article en date de lundi dernier- d’avoir adressé à des membres du FN une vidéo (Les miracles du Coran) vantant les mérites de la religion du prophète pour expliquer sa récente conversion. Une vidéo objectivement intellectuellement très médiocre, assez affligeante même, a peu près du niveau de celles que font les Témoins de Jéhovah…
Sur le site Atlantico, Christophe Bouillaud, professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble, a été interrogé simultanément sur les affaires Ducarne et Buttey. Contrairement à ce qu’il affirme, le cas Ducarne n’illustre pas «des contradictions au niveau de l’électorat du FN sur cette question. Il y en a un traditionnaliste qui n’arrive pas à normaliser l’homosexualité dans son mode de pensée alors que pour l’autre ce n’est pas important. Au niveau de l’actuelle direction du FN regroupée autour de Marine le Pen il n’y a pas trop de divergences sur le sujet. En revanche Bruno Gollnisch et Jean Marie le Pen pensent différemment mais cela reste un courant minoritaire ».
Cette analyse assez primaire est surtout fausse car elle confond l’accessoire et l’essentiel. Comme nous l’avons dit, ce que rejette le FN en bloc, et c’est là son positionnement politique partagé par tous, c’est la dérive communautariste et prosélyte, ni plus, ni moins. Le reste est affaire de conscience pour chacun.
M. Bouillaud, a contrario, est plus lucide quand il rappelle que « le FN n’a jamais été contre la religion musulmane », tout en soulignant « le manque de culture politique (de Maxence Buttey). Il n’a pas compris les dynamiques de l’électorat français et ce que signifie politiquement le mot immigration ».
« Le FN peut accueillir des gens nés musulmans parce que c’est un choix par défaut et qu’on accepte la religion de ses parents. En revanche l’idée de choix est très importante car cela nous engage autour des valeurs. Aujourd’hui on voit la conversion à l’islam comme un rejet de la société française ». C’est en tout cas comme cela qu’elle est perçue par la très grande majorité de nos compatriotes.
C’est en restant ferme dans sa dénonciation du prosélytisme communautariste, sans excès mais sans faiblesses coupables, que le Front National apportera de la clarté dans un débat politique qui en a bien besoin. C’est aussi sur notre cohérence que nous sommes jugés affirme Bruno Gollnisch, et nous le serons tout particulièrement lors de la grande échéance de 2017 pour porter Marine Le Pen et nos idées au pouvoir.
http://gollnisch.com/2014/10/31/communautarisme-soyons-francs-clairs-coherents/
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Le choc de simplification : très simple à comprendre
François Hollande avait annoncé le grand chantier de son quinquennat : le choc de simplification, un terme générique censé rapporter 12 milliards d’euros en 3 ans ! Mazette ! Quand les socialistes ont des idées pour gagner de l’argent sans prélever plus, c’est que l’affaire est sérieuse !
Donc rendez-vous cet après-midi à l’Elysée pour assister au grand show du grand choc ! Et là, la quasi-totalité du gouvernement est réuni pour nous annoncer une grande nouvelle : Internet existe ! Et oui !
Devant le choc d’une si grande découverte, la salle de ce show qui vient de subir ce choc se lève d’un seul homme, choquée, pour applaudir chichement la choquante découverte gouvernementale !
Allez, ne soyons pas méchant : vous voulez finir ces quelques lignes en sachant réellement ce que cache ce choc ? Ne cherchez pas : dorénavant, il sera possible de faire par Internet ce qui se faisait par papier. Pas forcément idiot, très utile, il était même temps ! Mais il n’y aura aucune simplification, juste une numérisation qui permettra de ne pas renouveler des fonctionnaires.
Ne soyez pas choqués, il n’y a même pas de quoi être déçus !
Xavier Celtillos
http://www.medias-presse.info/le-choc-de-simplification-tres-simple-a-comprendre/17291
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Le gouvernement décide de résilier le contrat avec Ecomouv’
La société n’exclut pas de demander jusqu’à 1,5 milliard d’euros de dommages et intérêts devant la justice.
Après avoir suspendu sine die l’écotaxe le 9 octobre, l’État l’a définitivement enterrée jeudi après-midi. « Le gouvernement a décidé de résilier le contrat de partenariat conclu le 20 octobre 2011 avec Écomouv’ », a déclaré au Sénat Alain Vidalies, secrétaire d’État aux Transports. La fin de la tragi-comédie de l’écotaxe qui empoisonne l’État depuis un an ?
Pas sûr car le gouvernement va se retrouver confronté à un autre casse-tête : comment faire pour ne pas payer à Écomouv’ les pénalités prévues en cas de résiliation du contrat. Elles s’élèvent à 800 millions d’euros. Auxquels il faut ajouter 250 millions de loyers pour l’année 2014. Sans compter le manque à gagner de 450 millions par an qu’aurait rapportés cet impôt. Et la dizaine de millions nécessaires pour démonter et stocker les portiques. Un sacré gâchis que les Français auront du mal à supporter alors que le gouvernement leur impose tous les jours de nouveaux sacrifices.
Pour ne pas payer sa note, l’État fourbit ses armes. La lettre de résiliation du contrat avec la société chargée de percevoir l’écotaxe fait mention de « doutes » émis sur « la validité du contrat initial, au regard des exigences constitutionnelles qui s’imposent à l’État lorsqu’il confie à des personnes privées la gestion de certaines activités », affirme Alain Vidalies. En clair, le gouvernement suggère que ce contrat serait inconstitutionnel car il confie la perception d’une taxe à un opérateur privé. Une piste chère à la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, qui avait demandé avant l’été au cabinet d’avocat de Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement, de plancher sur ce sujet.
C’est qu’en cas d’inconstitutionnalité, le gouvernement serait en position de force pour négocier une sacrée remise sur sa note supérieure à un milliard d’euros.
Reste que la probabilité que ce contrat soit déclaré inconstitutionnel est faible. Car ce PPP (partenariat public-privé) a déjà été examiné sous toutes les coutures. Et qu’il s’agisse du Conseil d’État en 2011 ou de la commission d’enquête sénatoriale formée sur le sujet au premier trimestre 2014, toutes ces instances ont affirmé que ce contrat était parfaitement légal.[....
La suite dans Le Figaro.fr