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France et politique française - Page 4078

  • Autoroutes : jackpot de 14.7 milliards pour les concessionnaires

    L’État cherche toujours plus d’argent pour rembourser la dette, financer des projets fumeux, une politique migratoire criminelle, une classe politique corrompue. Alors que les péages d’autoroutes représentent une manne financière incroyable, nos « élites » vont renouveler les concessions aux sociétés privées pour un bénéfice estimée à 14.7 milliards d’euros.

    Lu sur20 minutes : Si l’Etat prolonge les contrats de concession des sociétés d’autoroutes, il fera gagner à ces dernières 14,7 milliards d’euros, révèle Le Parisien-Aujourd’hui en France.

    Ce scénario est plus que probable: en 2013, le gouvernement a signé un plan de relance autoroutier avec les trois majors du secteur -Abertis, Eiffage et Vinci. Le principe? Ces sociétés s’engagent à réaliser pour 3,2 milliards d’euros de travaux de rénovation et d’entretien du réseau autoroutier et en échange, elles voient la durée de leurs contrats, qui doivent s’achever entre 2027 et 2033, s’allonger de plusieurs années.

    «Selon un document que nous avons pu consulter, ce sont 14,7 milliards d’euros qu’empocheraient les autoroutiers durant les deux, trois, voire quatre ans de rab que l’Etat s’apprête à leur accorder», écrit Le Parisien-Aujourd’hui en France. Qui résume: «Là où Vinci, Eiffage et Abertis investiraient 1 euro, ils en récolteraient en moyenne 4,5».
    Un avantage fiscal conséquent

    Le quotidien rappelle par ailleurs que les sociétés d’autoroutes bénéficient d’un avantage fiscal conséquent: elles peuvent déduire de leurs impôts la totalité de leurs charges d’intérêt d’emprunt. Le fait que ces charges ne soient pas plafonnées, comme c’est le cas pour les autres entreprises, entraîne un manque à gagner pour l’Etat d’environ 60 millions d’euros par an.

    Ces avantages permettent aux autoroutiers de décrocher un «taux de rentabilité interne, qui mesure le rendement, de 7,7%», révèle le quotidien, soit plus que ce que prévoyaient les contrats (6,4%). Rappelons que le taux de profit net des sociétés d’autoroutes s’échelonne de 20 à 24% et que la privatisation du réseau autoroutier est totale depuis 2006.

    Dans une récente interview accordée à 20 Minutes, Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, rappelait qu’en dix ans, «le prix du kilomètre parcouru sur autoroute a augmenté en moyenne de 16,4%, soit deux fois plus vite que l’inflation».

    http://www.contre-info.com/autoroutes-jackpot-de-14-7-milliards-pour-les-concessionnaires#more-35743

  • Douze raisons de ne jamais voter Sarkozy

    Henry de Lesquen, président du Club de l’Horloge

    ♦« Adopté en 2007 par le Parlement à la demande du nouveau président de la République N. Sarkozy, c’est, écrite autrement, la constitution européenne repoussée par référendum en 2005 ».

    Les électeurs votent souvent sur des promesses. Mais peut-on passer sous silence les bilans ? Ce n’est pas l’avis d’Henry de Lesquen. Farouche contempteur de Nicolas Sarkozy, Henry de Lesquen relève ici douze points de faiblesse dans la direction des affaires d’Etat de l’ancien président de la République. Un texte polémique mais d’une précision chirurgicale.
    Polémia.


    1 Accélération de l’immigration

    200.000 immigrés légaux par an, sans compter les illégaux, alors que ce n’était « que » 150.000 par an avant 2002, du temps où le socialiste Jospin était premier ministre. Cela fait plus de deux millions en dix ans, de 2002 à 2012 (Sarkozy a été ministre de l’Intérieur de 2002 à 2007, à quelques mois près, président de la République de 2007 à 2012, et c’est lui qui, pendant ces dix années, a eu la haute main sur la politique de l’immigration).

    2 Forfaiture du Traité de Lisbonne

    Adopté en 2007 par le Parlement à la demande du nouveau président de la République N. Sarkozy, c’est, écrite autrement, la constitution européenne repoussée par référendum en 2005.

    3 Réintégration dans l’OTAN et soumission aux Etats-Unis

    Comment un souverainiste ou un gaulliste pourrait-il voter pour Sarkozy sans se renier ?

    4 Accroissement de 600 milliards d’euros de la dette publique

    De 1.200 milliards en 2007 la dette publique passe à 1.800 milliards en 2008. Soit 10.000 euros de plus par Français.

    5 Explosion des dépenses publiques, qui ont atteint 56% du PIB en 2012

    Comment un libéral pourrait-il voter Sarkozy sans se renier ?

    6 Institution du Conseil français du culte musulman

    Les socialistes en avaient rêvé, Sarkozy l’a fait.

    7 Droit de séjour perpétuel pour les délinquants et criminels étrangers

    Dès 2002, abolition de la prétendue « double peine » à l’initiative de Sarkozy, ministre de l’Intérieur.

    8 Financement sur fonds publics des associations antiracistes comme SOS-Racisme

    9 Introduction de la théorie du genre à l’école

    La théorie du genre est introduite à l’école en septembre 2011, par Luc Chatel, son ministre de l’Education nationale.

    10 Création du délit d’homophobie

    C’est la loi Sarkozy du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure (Sarkozy est alors ministre de l’Intérieur), suivie de la loi du 30 décembre 2004 portant création de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, la HALDE (Sarkozy est alors président de l’UMP, formation majoritaire à l’Assemblée nationale).

    11 Nomination du pédophile Frédéric Mitterrand comme ministre de la Culture

    12 Financement sur fonds d’Etat de spectacles sacrilèges et christianophobes et répression brutale des manifestants

    Notamment, en 2011, pièces de Romeo Castelluci, Sur le concept du visage du Fils de Dieu (Paris, Théâtre de la Ville) et de Rodrigo Garcia, Golgota Picnic (Paris, Théâtre du Rond-Point).

     Henry de Lesquen, 25/11/2014

    http://www.polemia.com/douze-raisons-de-ne-jamais-voter-sarkozy/

  • Sarkozy-Villepin : petits arrangements opportunistes…

    Les Français sont-ils assez naïfs pour ne pas soupçonner derrière ces arrangements opportunistes des coulisses dans lesquelles on ne souhaite pas qu'ils entrent ?

    Quand j’ai entendu l’ancien président de la République questionné sur TF1 par une Claire Chazal fidèle à elle-même pour la conduite des entretiens politiques, c’est-à-dire insipide et mollassonne, je l’ai trouvé à peu près aussi crédible dans sa façade sereine et pleine d’équanimité que François Hollande dans le rôle du « bon gros » qu’il affectionne pour tromper son monde.

    Son intention de créer un comité des anciens Premiers ministres, derrière l’apparente concertation qui semble l’inspirer, est en réalité un piège redoutable et cynique.

    On est bien obligé d’évoquer les étranges sinuosités de Dominique de Villepin dans ses relations avec Nicolas Sarkozy. Pendant près de quinze ans, ils ont été à couteaux tirés, avec une violence et une démesure qu’ils ne tentaient jamais de dissimuler tant elles révélaient l’authenticité d’une haine à la fois personnelle et politique. Depuis juin 2014, c’est un risible et singulier retournement. On entend quasiment Dominique de Villepin s’écrier « Embrassons-nous, Sarkozy ! » Celui-ci, paraît-il, a miraculeusement changé, « il a tiré les leçons de l’expérience du pouvoir ».

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  • Entretien avec Frédéric Pichon : « La finalité de la politique, c’est la recherche du bien commun »

    05/12/2014 – PARIS (via l’hebdomadaire Minute)
    Connu comme avocat – il est notamment celui de « Minute » – Frédéric Pichon [photo] a rejoint Souveraineté, Identité et Libertés (Siel), présidé par Karim Ouchikh, dont il est devenu viceprésident. Il s’explique sur son engagement au sein de cette composante du Rassemblement Bleu Marine et sur le rôle qu’il entend y jouer.

    « Minute » : Pourquoi avoir rejoint ce petit voire tout petit parti ?

    Frédéric Pichon : Parce que ce parti, qui est en effet petit par le nombre actuel d’adhérents mais grand par les idées, incarne, au sein du Rassemblement Bleu Marine, une sensibilité qui me semble pleine d’avenir au moment où l’UMP n’a plus de corset idéologique et est en voie de décomposition. Le Siel incarne, à côté du navire amiral qu’est le Front national, une sensibilité qui lui permet d’accueillir aussi bien des déçus de l’UMP que des gens issus de La Manif pour tous, des souverainistes ou des identitaires, dans un contexte de droitisation de la société, ce que Guillaume Bernard (1) appelle « le mouvement dextrogyre ». Ce que j’appelle « la droite “Valeurs actuelles“ » hésite à franchir le cap pour des raisons parfois sociologiques. Nous leur proposons une structure appropriée.

     

    Quelle est cette « sensibilité spécifique »?

    Siel signifie Souveraineté, Indépendance et Libertés. La souveraineté est un point commun à tous les patriotes, je ne la détaillerai pas. La notion d’identité est essentielle dans notre sensibilité car notre conception de la nation n’est pas uniquement juridique: elle assume toute l’histoire de France et notamment son héritage chrétien, et intègre évidemment le combat civilisationnel contre la loi Taubira et tout ce qui est lié: PMA, GPA, idéologie du genre, etc. Le troisième point est la défense des libertés, au pluriel, point qui est moins mis en avant par le Front national.

    Dans Siel, en effet, le mot Libertés est écrit avec un s. Ce n’est donc pas une référence au triptyque républicain. Il y aurait même un côté Ancien Régime. Quelle est la signification de ce pluriel?

    Cela signifie que l’Etat doit intervenir à titre subsidiaire, c’est-à-dire, pour dire les choses simplement, que l’action publique doit revenir de droit à la plus petite entité; l’échelon supérieur ne doit intervenir que si l’échelon inférieur ne peut pas résoudre le problème.

    Le principe de subsidiarité est un principe essentiel. S’il faut rétablir la notion de politique, notamment eu égard aux impératifs de souveraineté et d’indépendance vis-à-vis de l’UE, du FMI, de l’Otan, que sais-je encore, qui peuvent nécessiter dans certains cas le recours à la notion d’Etat stratège (dans les secteurs de la défense, de la recherche ou de l’énergie), il faut être souple au niveau de l’organisation intérieure. L’Etat n’a pas à se substituer aux autorités subalternes ou inférieures si ce qu’on appelait autrefois les corps intermédiaires font ce qu’ils ont à faire: les collectivités territoriales, les associations, la société civile au sens large.

    Cela est valable dans tous les domaines, notamment pour les libertés économiques et pour les libertés familiales – je pense notamment à la question scolaire.

    Vous êtes très décentralisateur en fait…

    Autant il faut restaurer la figure et l’autorité de l’Etat dans les domaines régaliens que sont la justice, la police, la défense nationale, autant, pour tout ce qui concerne l’économie à l’intérieur du territoire national ou l’éducation, je suis en effet favorable à la décentralisation.

    Je note que vous ne faîtes pas vôtre le mot de planification qui figure dans certain programme… Vous êtes membre du Siel et, en même temps, vous l’êtes aussi du Front national. Vous avez d’ailleurs intégré dimanche le comité central du FN. Comment conciliez- vous ces deux appartenances et même, comment croire à l’autonomie de l’un par rapport à l’autre?

    Il y a d’abord un élément statutaire à rappeler: rien, dans les statuts du Siel, n’interdit la double appartenance, non seulement avec le Front national mais avec tout autre parti. La question sera abordée lors du prochain congrès du Siel, en 2015, car elle fait débat en interne, mais pour le moment, c’est ainsi.

    Cela veut-il dire que l’on peut être membre de la Droite forte, de la Droite sociale, de la Droite populaire et appartenir au Siel?


    Le Siel a tout de même pour vocation de participer à l’accession de Marine Le Pen à la présidence de la République…

    Pour en revenir à votre question précédente, disons que le Siel peut faire venir des gens qui, pour de multiples raisons, n’adhéreraient pas directement au Front national et qui se sentiraient plus « en sécurité » dans cette structure. Il peut participer au rééquilibrage en cours du Front national…

    Le SIEL reconnaît Marine Le Pen comme incarnant la véritable opposition nationale au gouvernement socialiste et il y a autour du vaisseau amiral qu’est le FN différentes petites escouades qui ont toute leur place.

    On peut dire que vous seriez plutôt Marion Maréchal que Florian Philippot?

    [rires] A titre personnel, j’ai plus d’affinités avec Marion Maréchal mais je considère que chacun a sa place. Il s’agit d’arriver au pouvoir et de rassembler tous les patriotes. Il y a des patriotes de gauche, il y a des patriotes de droite, et Florian Philippot, à sa manière et avec son talent, rassemble des gens issus de la gauche ou des milieux souverainistes de gauche et, à ce titre, il a tout à fait sa place. Moi mon rôle, au sein du Siel, c’est de ramener les patriotes de droite.

    Est-ce que vous vous définissez toujours comme « alter européen » plus que comme souverainiste ? Vous écriviez en 2009 que c’est « autour de [ces] quatre défis que sont l’identité, la puissance, la justice sociale et le respect des libertés et solidarités communautaires que cette nouvelle Europe doit se construire ».

    Ces piliers fondamentaux sont les mêmes au niveau de la nation. Pour ce qui est de l’Union européenne, j’ai accompli une évolution personnelle. Je pensais à l’époque, comme Guillaume Faye(2), qu’on pouvait braquer le conducteur de l’autobus pour le faire changer d’orientation. Je ne crois plus que cela soit possible. Je crois que l’Union européenne est intrinsèquement perverse, et donc à ce titre qu’elle n’est pas réformable.

    En revanche, ce n’est pas parce que je suis opposé à l’Union européenne dans sa forme actuelle, qui est une institution à la fois totalitaire, jacobine et bureaucratique dans sa façon de fonctionner en interne, et ultralibérale visà- vis de l’extérieur, qu’il s’agisse des flux migratoires ou des mouvements de capitaux, que je rejette l’Europe: je suis attaché à la notion d’Europe en tant que civilisation.

    Mais ce qui a marché dans l’histoire, ce sont les alliances intergouvernementales qui étaient dues à des circonstances particulières. Par exemple, il n’a pas été nécessaire d’organiser un gouvernement européen pour livrer la bataille de Lépante. Les alliances se sont faites au regard des menaces qui se présentaient.

    Selon vous, il y a bien une civilisation européenne ?

    Bien sûr, c’est une réalité historique et culturelle.

    Vous avez fait référence à Guillaume Faye. Pour que les choses soient tout à fait claires, vous, vous êtes catholique. C’est même le déterminant de votre engagement.

    Le combat que je mène est un combat politique. Le fait d’être catholique éclaire mon engagement mais la finalité de la politique n’est pas la finalité du combat spirituel. La finalité de la politique, c’est la recherche du bien commun, c’est la défense de la patrie. Je me bats pour tous mes compatriotes, y compris ceux qui ne partagent pas ma foi. Ma foi peut dicter un certain nombre de comportements mais je ne mélange pas le combat spirituel et le combat temporel.

    Que pensez-vous de la notion de « grand remplacement », qui a été débattue ces dernières semaines? Certains y voient une vue de l’esprit, d’autres un complot, les troisièmes une réalité.

    Pour moi, ce n’est ni une vue de l’esprit, ni un complot, c’est une réalité. Il s’agit malheureusement de la conséquence d’une convergence de catastrophes dues à la politique d’ouverture des frontières de la France et de l’Union européenne. C’est une réalité incontestable. C’est Philippe Martel, le chef de cabinet de Marine Le Pen, qui disait qu’il suffit de prendre le métro tous les jours, ce que je fais moi-même, pour se rendre compte de la réalité du grand remplacement.

    Qu’est-ce qui vous inquiète le plus dans ce « grand remplacement » ? L’aspect ethnique ou l’aspect religieux, c’est-à-dire le fait que l’islam progresse dans notre pays ?

    Ma conception de l’identité est civilisationnelle. Le péché principal – et on le voit bien avec la conversion de milliers de Français à l’islam – est que, en raison du poids démographique qui fait que dans certaines cités, voire dans certaines villes, il y a 80 % de gens issus de l’immigration, des Français de souche, qui sont une minorité, en viennent à adopter « naturellement » la culture des populations arrivantes. Pour moi, le défi essentiel est civilisationnel.

    Comment lutter contre cette évolution ?

    Pour lutter contre l’islamisation de la France, il faut lutter contre l’immigration. On ne peut pas dissocier, comme le font certains, la lutte contre l’immigration et la lutte contre l’islamisation. Les deux vont de pair. Il faut non seulement arrêter l’immigration mais aussi en inverser les flux.

    Cela étant, il ne faut pas faire l’autruche. Certains, en nombre, resteront en France. Il faudra les assimiler. C’est la raison pour laquelle je n’oppose pas le concept de remigration à celui d’assimilation. Les deux vont de pair. Au nom du principe de réalité, il faudra intégrer les deux notions : il faudra d’abord faire remigrer ceux qui ont vocation à retourner dans leur pays, ensuite assimiler les autres.

    Mais pour assimiler, encore faut-il que la France en donne envie. Lorsque les jeunes voient la Gay Pride ou l’élection de Conchita Wurst, on peut comprendre qu’ils ne soient pas attirés par les modèles de leur pays d’accueil…

    Le combat est donc double: pour le retour des frontières – et en organisant le nécessaire retour au pays des personnes qui ne sont ni assimilées ni assimilables; et pour l’assimilation des autres, à qui il faut proposer un modèle qui soit enraciné dans l’histoire de notre pays.

    Un bon exemple d’assimilation, ce serait finalement le président du Siel, Karim Ouchikh ?

    [rires] Oui, Karim Ouchikh est l’exemple même de l’assimilation. Il est non seulement à l’aise avec l’histoire de France – il développe une conception très chère à Péguy, celle d’enracinement – mais, qui plus est, il s’est converti au christianisme. Ce n’est pas un point de passage obligé mais c’est un signe supplémentaire d’assimilation et d’adhésion à la France.

    Quelle est la nature des accords électoraux entre le Siel et le FN au sein du RBM?

    Sans qu’il y ait de quota de candidatures, il y a statutairement des accords entre le Siel et le RBM. Pour les élections départementales, par exemple, des candidatures sont gelées pour être spécifiquement attribuées au Siel afin de permettre à celui-ci de présenter des candidats. Il devrait en être de même pour les régionales.

    Cela veut-il dire que Frédéric Pichon, élu RBM, en 2015, c’est possible?

    Oui, c’est possible…

    Propos recueillis par Lionel Humbert

    1. Le politologue Guillaume Bernard est maître de conférences à l’Ices, l’Institut catholique d’enseignement supérieur, à La Roche-sur-Yon, en Vendée.
    2. Guillaume Faye fut une figure intellectuelle de la Nouvelle Droite avant de s’éloigner de celle-ci.

  • Les deux moteurs idéologiques de la droitisation

    Gaël Brustier, docteur en sciences politiques et membre du Parti socialiste, auteur de Voyage au bout de la droite, de La Guerre culturelle aura bien lieu etLe Mai 68 conservateur, déclare au Figarovox :

    "Que ce soit à l'UDI, à l'UMP ou au FN, le conservatisme nouveau est en dynamique. Tous les candidats à la présidence de l'UDI ou de l'UMP ont dû composer avec, à des degrés divers. Certains ont marqué le refus d'emboiter le pas à ce mouvement, mais d'autres, à l'instar de Nicolas Sarkozy, ont clairement marqué leur soutien aux thèses conservatrices. D'autres enfin, ont essayé de capter la puissance diffuse de ce mouvement: Jean-Christophe Fromantin ou Hervé Mariton. La question de l'abrogation de la loi Taubira n'est qu'une des facettes de cette montée du conservatisme, qui s'attache à répondre à tous les aspects de la vie sociale. [...]

    Il faut distinguer deux moteurs idéologiques de la «droitisation»: le national-populisme et le conservatisme nouveau, que nous voyons se lever. Ce dernier est l'objet de l'attention du Front national, qui n'était guère préparé à devoir y répondre. Les cortèges de La Manif pour tous, ce n'est pas le Front national. Les droites radicales européennes sont tiraillées aujourd'hui, pour schématiser, entre deux idéaux-types, une ligne Wilders et une ligne incarnée en France, au sein du FN, par Marion Maréchal Le Pen. La première s'efforce de séduire des électorats jusqu'ici réticents à l'égard des droites radicales, comme les gays ou les femmes, en pointant les dangers supposés liés à l'immigration extra-européenne ou à la présence de l'islam en Europe. La seconde est une ligne plus classiquement conservatrice. Il s'agit d'idéaux-types, car, en Europe, du FPÖ à l'UDC de Blocher et Freysinger, en passant par tous les autres mouvements de la droite radicale européenne, on distingue une large palette de nuances dans l'intégration de ce regain du conservatisme… C'est davantage le FN qui cherche à séduire ce vivier, que la droite qui peut parvenir à séduire le gros de l'électorat FN à partir de cette ligne."

    Michel Janva

  • Parisot et Besancenot, même combat !

    Fiche de lecture de Bernard Mazin, essayiste.

    « Le seul concept qui permet de rendre compte du mouvement actuellement à l’œuvre dans nos sociétés libérales, … c’est celui « d’horizontalisation ».

    J’entends par là le processus de délégitimisation, de destitution et de décrédibilisation de tout rapport à la « transcendance », au « symbolique », à l’ « immatériel » … Je parle du déclassement de ce que l’on appelle, depuis Nietzsche, les « valeurs », [c’est-à-dire] ce qui nous détermine à agir de telle ou telle manière au nom d’une idée ou d’un sentiment ineffable, et qui échappe à ce que l’on appelle d’ordinaire la rationalité. »


    Ainsi s’exprime, dans son ouvrage « La Gauche du capital : Libéralisme culturel et idéologie du marché », récemment publié aux éditions Krisis, Charles Robin, qui fait partie de ces auteurs comme Jean-Claude Michéa (1), Costanzo Preve (2), Jacques Julliard (3) et d’autres, qui sont passés par la gauche communiste, trotskyste ou maoïste, mais qui ont su dépasser leurs appartenances partisanes pour élever leur réflexion au niveau métapolitique. Ils ont en commun de mettre en évidence la convergence qui s’opère sous nos yeux depuis la fin du XXe siècle entre les versions économique et politique du libéralisme, ce qui confère à leurs analyses une pertinence pour notre famille de pensée, même si leurs propositions restent souvent plus nébuleuses. Le livre de Charles Robin rassemble un texte intitulé « Le libéralisme comme volonté et comme représentation », que l’auteur qualifie d’ « essai philosophique à tonalité pamphlétaire », et une série d’articles qui résument, commentent ou développent certains aspects de l’ouvrage-source. Cette configuration a pour inconvénient d’entraîner quelques redites, mais le lecteur aura tôt fait de dégager les lignes de force de la pensée « robinienne ».

    L’extrême gauche, chien de garde du capitalisme

    Dans un premier temps, Charles Robin revient aux sources philosophiques du libéralisme et rappelle que « la philosophie libérale se présente, dès l’origine, comme un courant de pensée double », reposant :

    • d’une part sur le postulat suivant lequel l’initiative privée et la libre concurrence au sein du Marché sont ce qui garantit seul le bien commun par l’équilibrage et par l’harmonisation naturels des intérêts particuliers ;
    • d’autre part sur la primauté du principe de liberté individuelle à l’égard des conventions sociales imposées de manière arbitraire par les institutions.

    Il s’agit donc d’un « programme philosophique global qui pose l’individu et sa liberté (supposée “naturelle”) comme les seules instances normatives de la vie en société ». Et Robin de poursuivre :

    « … Dès l’instant où l’idéal philosophique du “gouvernement par la liberté” a été posé comme la visée théorique et pratique qui structure tout l’édifice de la pensée libérale, l’opposition classique entre libéralisme politique et libéralisme économique tend inévitablement à s’abolir. Cela revient à dire […] qu’il n’existe aucune contradiction de principe entre la lutte des “libertaires” d’extrême gauche, pour une expansion illimitée des libertés individuelles (la “libéralisation des mœurs”) et les plaidoyers incessants des économistes libéraux en faveur d’un Marché mondial “libre”, “ouvert” et “concurrentiel”. »

    Le cœur de l’analyse repose donc sur l’idée de l’unité du libéralisme, via la convergence entre formalisme politique et matérialisme économique. Cette idée peut être résumée de la façon suivante :

    « La doctrine dite du libre-échange ne constitue pas autre chose que l’application à la sphère marchande du principe de liberté individuelle qui gouverne l’épistémologie politique du libéralisme du droit naturel […] dans un second temps, en déléguant à l’économie le soin de fixer les modalités sous lesquelles toute vie humaine serait appelée désormais à se dérouler – à savoir la recherche permanente du profit – les partisans de la thèse du libre-échange [invitent inéluctablement] à l’élimination méthodique de tous les obstacles politiques et culturels à l’avènement du marché, c’est-à-dire, en définitive, à l’abolition de tout ce qui, dans les lois, les coutumes et les mœurs léguées par l’histoire, entrave encore l’action rationnelle des individus, c’est-à-dire la libre poursuite par ceux-ci de leurs intérêts bien compris. […] Il existe, par conséquent, un lien étroit qui invite à voir dans la lutte incessante des libéraux politiques en faveur d’une émancipation sans fin vis-à-vis des structures normatives traditionnelles (Eglises, Morale, Tradition) la condition culturelle et anthropologique de l’expansion du principe marchand que les libéraux économiques appellent unanimement de leurs vœux. »

    Cette analyse, exposée dans la seconde partie, « L’extrême gauche et le libéralisme », est reprise sous une forme plus concrète dans l’entretien intitulé « L’extrême gauche, armée de réserve du libéralisme ».

    L’auteur y dénonce en particulier deux mythes couramment répandus :

    • l’idée que le libéralisme serait une doctrine exclusivement économique politiquement incarnée dans la « droite ». Il a beau jeu de rappeler que les véritables racines intellectuelles du libéralisme, au XVIIIesiècle, étaient à gauche et se situaient au confluent du courant « jusnaturaliste » et du courant « utilitariste » ;
    • l’idée que l’extrême gauche serait la seule force d’opposition au libéralisme et à ses effets humainement dévastateurs.

    Il en résulte une contradiction philosophique intenable pour l’extrême gauche qui, dans la mesure où elle adosse sa condamnation du libéralisme économique à une défense inconditionnelle des principes du libéralisme culturel et des droits « sociétaux », est amenée ainsi à « déplorer les conséquences de ce dont elle chérit les causes ».

    Historiquement, les libéraux politiques des Lumières cherchaient à lutter contre les forces d’oppression de l’Ancien Régime. Leur représentation de la liberté humaine était conçue comme la capacité de s’affranchir de tout lieu de « dépendance » ou même d’ « appartenance », que celle-ci soit familiale, nationale ou encore historique, à l’égard d’une autorité supra-individuelle. Elle débouchait sur ce que Jean-Claude Michéa a nommé « l’aptitude de l’homme à se déraciner perpétuellement ».

    Depuis Mai-68, les « apôtres de la pensée libertaire [travaillent] bien plus efficacement, de fait, à l’aménagement méthodique des conditions politiques et culturelles de son « atomisation », soit à la mise en circulation du modèle social et anthropologique […] le plus adapté aux besoins idéologiques du marché ».

    Comme le note Hervé Juvin (4), « La société politique libérale tente d’aspirer chacun vers l’abstraction du sujet du droit, elle le déshabille de tout ce qui fait de lui un être de chair et de sang, un passé, des origines, des liens, une terre et une histoire, pour le rendre fluide, liquide, mobile, indéfiniment ». Et Robin de conclure sur ce point :

    « Tel est donc l’irréductible paradoxe du travail de désymbolisation accompli par les théoriciens de l’extrême gauche depuis ces quarante dernières années. En proclamant partout l’égale illégitimité de toutes les figures traditionnelles de l’autorité, sous couvert de lutter contre l’oppression et l’exploitation capitalistes, il se donnait les moyens de noyer définitivement les derniers îlots de résistance culturelle à l’extension sans fin du règne de la marchandise. »

    Ainsi se met en place un univers culturo-marchand dans lequel les problématiques « sociétales » (lutte pour la diversité, pour la défense des minorités, contre toutes les discriminations…) se substituent à la « question sociale » d’autrefois, avec la complicité de la classe politique, (presque) toutes tendances confondues, et des médias.

    Charles Robin ne se contente pas de rester au niveau de la philosophie pure. Il passe de la théorie à la pratique en braquant le projecteur sur différents champs de manœuvre de l’idéologie de l’extrême gauche libertaire au profit du capitalisme mondialiste :

    • l’école et le système éducatif conviés au nivellement par le bas ;
    • la défense du métissage et la thématique de l’antiracisme ;
    • la sexualité avec la mise en place d’une « économie libidinale » au service de la « désinhibition pulsionnelle » et de la « libération du désir ».

    Il ne répugne pas, au passage, à désigner certains maîtres à penser de la « déconstruction » comme Pierre Bourdieu et leurs relais politiques, certes beaucoup plus indigents intellectuellement, comme Olivier Besancenot. Il convoque aussi les complices censément de « droite », du MEDEF à Nicolas Sarkozy ou à Valérie Pécresse. C’est sans doute là que se niche la dimension pamphlétaire de l’ouvrage.

    Le réalisme contre l’utopie

    Le problème des réflexions de Charles Robin et des auteurs cités plus haut auxquels il s’apparente est qu’elles sont certes très pertinentes dans l’analyse et le constat, mais n’offrent pas de perspectives tangibles ou acceptables à nos yeux.

    On rappellera à cet égard que Constanzo Preve se qualifiait lui-même de « marxiste dissident » et plaidait la compatibilité entre le marxisme et la réhabilitation d’une certaine forme de communautarisme.

    D’autres, comme Jean-Claude Michéa, entrevoient une solution dans le retour à la « convivialité » en s’inspirant de la notion de « common decency » orwellienne ou, comme Alain de Benoist, dans la décroissance.

    Robin, quant à lui, revendique son adhésion pleine et entière au projet d’une société qui aurait fait sienne le mot d’ordre de Marx « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ».

    Tous ces penseurs, au-delà de leurs différences idéologiques parfois considérables, ont en commun d’estimer qu’il existe un dysfonctionnement « structurel » du modèle capitaliste et qu’il n’est de remède que dans une mise en cause radicale et totalisante du Système.

    C’est sans doute sur ce point que l’on est tenté d’adopter une position moins tranchée que Charles Robin et ses épigones. D’une part, les catégories ne sont pas aussi absolues que la présentation qui en est faite : souvenons-nous, par exemple, que Friedrich von Hayek, grand défenseur s’il en est de l’économie de marché, a été simultanément un critique intransigeant du rationalisme cartésien et de ses conséquences sur l’abandon de l’enracinement et des traditions.

    D’autre part, l’idéologie « libertarienne », que ce soit sous la forme économique de l’ultra-libéralisme ou sous celle du « Jouissons sans entraves ! » des héritiers de Mai-68, n’est qu’une utopie, et, comme telle, elle s’expose au mieux à la dégénérescence, au pire à la révolte dès qu’elle est mise à l’épreuve du réel.

    A cet égard, il ne faut pas minimiser le phénomène de « défiance préventive » des classes populaires à l’égard des entreprises de « modernisation » entendue précisément comme une volonté de déracinement systématique. La gauche et l’extrême gauche ne comprendront jamais ce phénomène, tout engluées qu’elles sont dans le tabou du « Progrès continu ». Mais les forces de résistance existent.

    Le « gouvernement planétaire » et le village global, tout comme l’idée de « citoyens du monde » sont des utopies qui ne se réaliseront jamais. Pour autant, il ne faut pas organiser la riposte autour d’autres utopies. Pour notre part, il nous semble qu’une perspective plausible est plutôt à rechercher du côté de l’analyse dumézilienne de l’organisation trifonctionnelle des sociétés indo-européennes, en l’occurrence le rééquilibrage et le découplage entre la fonction souveraine et la fonction marchande. Par ailleurs, l’on observe que des pays de plus en plus nombreux mettent en œuvre des expériences de gouvernement reposant sur la synthèse libérale et nationale (Hongrie, Inde, Turquie…). Sauf à considérer que l’évolution vers le cosmopolitisme est une tendance irrésistible, il n’est pas vain de penser que ce type d’expérience soit amené, sous l’influence de peuples de plus en plus rétifs à la mondialisation, à se multiplier dans les années à venir.

    Bernard Mazin, 1/12/2014

    Charles Robin, La Gauche du capital : Libéralisme culturel et idéologie du marché, Editions Krisis, octobre 2014, 245 pages.

    Notes :

    1. De Jean-Claude Michéa, deux ouvrages ont été commentés sur le site : Impasse Adam Smith, par Michel Geoffroy le 20/05/2011 (http://archives.polemia.com/article.php?id=3810), et Les mystères de la gauche, par C.D. le 13/03/2013 (http://www.polemia.com/les-mysteres-de-la-gauche-de-lideal-des-lumieres-au-triomphe-du-capitalisme-absolu-de-jean-claude-michea/). On peut aussi lire sur le même thème : Le Complexe d’Orphée, Ed. Flammarion, Coll. Climats, 2013, 357 p.
    2. De Costanzo Preve, La Quatrième Guerre mondiale a été présenté sur le site par Bruno Guillard le 19/03/2014 (http://www.polemia.com/la-quatrieme-guerre-mondiale-de-costanzo-preve/). Un commentaire de l’ouvrage Eloge du communautarisme (Ed. Krisis, 2012, 267 p.) interviendra prochainement.
    3. Cf. Jacques Julliard, Les Gauches françaises 1762-2012, Ed. Flammarion, 2012, 940 p. On notera que J. Julliard et Jean-Claude Michéa viennent de publier un ouvrage de « lettres croisées » intitulé La Gauche et le Peuple, Ed. Flammarion, octobre 2014, 318 p.
    4. Hervé Juvin et Gilles Lipovetsky, L’Occident mondialisé, Ed. Grasset, 2011, 256 p.

    http://www.polemia.com/parisot-et-besancenot-meme-combat/

  • Le ramadan, oui, la crèche de Noël, non !

    Plusieurs religions mais plusieurs façons de les traiter ; autant dire que le combat est inégal et perdu d’avance pour les chrétiens.

    Les élites françaises sont amoureuses de la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État. Le mot « laïcité » est de ceux qui reviennent le plus souvent dans les litanies de la mythologie républicaine. Et ce mot, comme tant d’autres, a le mérite d’avoir tous les sens qu’on veut bien lui prêter ; c’est-à-dire de n’en avoir finalement aucun. Une expression fourre-tout que l’on invoque quoi que nous ayons à dire. Au nom de la laïcité, on peut par exemple fustiger que la République transmette ses condoléances suite à la mort du pape Jean-Paul II tout en acceptant, le plus naturellement du monde, que l’on donne aux imans la possibilité d’être formés et d’exercer dans un cadre prévu par une République plus allergique à la soutane qu’à la djellaba.

    La réalité est que la laïcité est l’armature idéologique qui permet de lutter contre le christianisme tandis que les minorités religieuses, islamique ou juive surtout, sont à la fois soutenues et promues par une autre armature idéologique : l’antiracisme. Plusieurs religions mais plusieurs façons de les traiter ; autant dire que le combat est inégal et perdu d’avance pour les chrétiens.

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