
1998 aura été, littérairement parlant, l’année Bernanos. Alors que de toutes parts, patiemment érigé sur vingt siècles d’histoire européenne, l’imposant édifice catholique s'effrite, les plus grandes maisons d’édition parisiennes ont tenu l'an durant à célébrer la mémoire du plus fameux de nos “catholiques écrivant”, mort il y a tout juste 50 ans, par la réédition de quelques-uns de ses meilleurs brûlots : Français si vous saviez, La Liberté pour quoi faire, La Grande Peur des bien-pensants (1). Le tout assorti de quelques nouvelles inédites. Sans oublier, en ces temps où, misère de l’esprit, l’on s’intéresse davantage aux petits secrets de nos auteurs qu’à ce qu’ils ont pu écrire (que penser de “l’affaire” Marguerite Duras ?), l’inévitable cortège de biographies, plus ou moins littéraires et bien troussées. Ironie de l’histoire, pour une des rares plumes libres du siècle, guère plus connue aujourd'hui que pour ses 3 volumes de la Pléiade.
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