Colette Beaune, qui termine sa carrière universitaire, nous a offert de magnifiques ouvrages sur le le Moyen-Âge chrétien.
À la fin d'une carrière universitaire, le professeur qui part en retraite est généralement honoré par plusieurs de ses collègues qui travaillent dans la même discipline et la même spécialité. Ces derniers rédigent ce qui est appelé communément un « mélange » de textes traitant de point précis d'histoire. Cette tradition de l'université française honore la recherche et ses exigences. Dans un ouvrage accessible, plus d'une vingtaine d'historiens (maîtres et élèves) ont souhaité rendre hommage à l'historienne Colette Beaune en lui offrant un recueil de communications sur le royaume de France du XIIe au XVe siècle(1). On y retrouve le spécialiste de la fameuse bataille de Marignan, Didier Le Fur, Lydwine Scordia, honorée très récemment du prix Provins pour l’édition du magnifique Livre des Trois âges(2), mais aussi Martin Aurell, grand spécialiste de la littérature arthurienne, ou encore Murielle Ferragu, jeune chercheuse qui vient de terminer un travail sur les funérailles royales dans le royaume de France. L’ouvrage collectif « Une histoire pour un royaume (XIIe-XVe siècle » constitue ainsi une remarquable approche de la réalité et de la diversité des temps médiévaux. Mais dire la richesse de l’époque serait enfoncer une porte déjà ouverte plusieurs fois dans cette chronique littéraire. Souligner l'apport et l'influence de l'œuvre de Colette Beaune dans l'historiographie me semble plus important, afin de montrer pour certains, révéler pour d'autres, la spécificité de son œuvre.
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