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Le 14 août dernier, nous avons été informé de la suspension de notre chaîne YouTube. Sans avertissement préalable ni justification claire, YouTube a ainsi délibérément fait le choix de censurer la chaîne officielle de la Dissidence Française qui comptait plusieurs milliers d’abonnés et des dizaines de vidéos auxquelles nous n’avons désormais plus accès.
Les motifs invoqués par YouTube pour justifier cette décision sont flous et mensongers : en aucun cas la Dissidence Française n’a publié un contenu qui « encourage ou glorifie la violence ou la haine contre une personne ou un groupe de personnes ». D’ailleurs, notre organisation n’a jamais fait l’objet de poursuites ou de condamnations pour ces faits, ni pour aucun autre.
Ces dérives témoignent des ingérences de plus en plus nombreuses des multinationales étrangères dans la vie politique des États souverains. Il s’agit donc là d’atteintes graves aux libertés constitutionnelles d’expression et d’opinion.
En effet, au nom de quoi une entreprise privée – a fortiori une entreprise étrangère – s’arroge-t-elle le droit de décider si un parti politique français officiel et déclaré, qui représente plusieurs milliers d’électeurs et siège au sein d’assemblées locales, a le droit de s’exprimer ou non ? Au nom de quoi une entreprise privée s’arroge-t-elle le droit de mettre une oeuvre une discrimination pour des motifs politiques, et faire ainsi le choix de favoriser un courant d’idée plutôt qu’un autre ?
La décision de YouTube est inique, mais elle est aussi illégale à plusieurs titres :
Les dispositions légales relatives au financement des partis politiques indiquent clairement qu’une entreprise privée n’a pas le droit d’intervenir dans le financement d’un parti politique ou d’une campagne électorale, soit directement soit en nature (Art. 11-4 de la loi du 11 mars 1988). Or, en empêchant la Dissidence Française d’utiliser sa plate-forme, YouTube favorise de fait l’audience des autres partis politiques, ce qui s’apparente un financement illégal de partis politiques.
L’article 225-1 du Code Pénal, régissant les relations entre personnes morales, précise qu’une entreprise n’a pas le droit d’opérer une discrimination sur le fondement des opinions ou orientations politiques.
Nous avons fait appel de cette suspension, et n’avons reçu pour le moment aucune réponse de la part de YouTube. En l’absence de réponse et conformément à la Loi, la Dissidence Française se réserve donc le droit d’ester en justice et de poursuivre YouTube au titre des articles pré-cités.
Nous appelons tous nos militants et sympathisants, et de manière générale tous les Français attachés à la liberté d’expression et au pluralisme démocratique, à nous soutenir en signant la pétition que nous avons mis en ligne.
Le président américain Donald Trump veut s’attaquer à une décision judiciaire dite “loi Flores” : les mineurs qui passent la frontière des États-Unis pourraient être mis en détention pour une durée illimitée.
Lorsque, le 12 août dernier, deux jours après la mort de Jeffrey Epstein, Marlène Schiappa, avec son collègue Adrien Taquet, secrétaire d’État chargé de la Protection de l’enfance, a réclamé l’ouverture d’une enquête en France car « l’enquête américaine a mis en lumière des liens avec la France », on a disserté sur la légitimité de cette demande : un membre du gouvernement est-il dans son rôle en demandant l’ouverture d’un enquête ?
Le garde des Sceaux, Nicole Belloubet, tacla « gentiment » les deux secrétaires d’État en rappelant les principes de séparation des pouvoirs et d’indépendance de la Justice. Certes. Et on a pu sourire, aussi, de l’apparente cacophonie du gouvernement : la très professorale Nicole Belloubet tapant sur les doigts des deux gamins.
Bien sûr, il y a sans doute beaucoup à dire et redire sur ce personnage clé de la Macronie qu’est Marlène Schiappa. Si elle a demandé cette enquête, c’est pour se faire remarquer, faire parler d’elle – cela faisait longtemps ! -, c’est évident, diront certains. Peut-être, peut-être pas. Mais sur le fond, quelle mère digne de ce nom – mais aussi, quel père digne de ce nom ! – ne s’est pas senti, instinctivement, un petit peu en accord avec Marlène Schiappa ?
Rappelons que, le 12 août, l’association Innocence en danger publiait, dans L’Obs, une lettre envoyée le jour-même au procureur de la République de Paris, dans laquelle elle affirmait que « de source fiable », elle avait eu « confirmation récemment que plusieurs victimes du réseau prostitutionnel, créé par Jeffrey Epstein et ses complices, sont également de nationalité française ». Alors, certes, on peut disserter à l’envi sur la question de la séparation des pouvoirs (d’ailleurs, soyons puriste, il n’y a pas de pouvoir judiciaire mais une autorité judiciaire !) comme on dissertait sur le sexe des anges à Constantinople. Entre nous, Mme Belloubet ne semblait pas avoir une approche aussi stricte de cette sacro-sainte séparation des pouvoirs lorsqu’elle parcourait, sous les regards des caméras, au plus fort des manifestations des gilets jaunes, les couloirs de la permanence du parquet de Paris. Un précédent !
Au-delà du débat byzantin, il y a la réalité sordide et le Daily Mail, journal britannique, vient, en quelque sorte, d’étayer les allégations faites par Innocence en danger en révélant que des fillettes de douze ans, venues de France, auraient été offertes à Epstein comme cadeau d’anniversaire par le fameux Jean-Luc Brunel, patron d’une agence de mannequinat. Ces trois gamines, trois sœurs, issues d’un milieu pauvre, auraient été vendues par leurs parents. Des faits dont Epstein se serait, en quelque sorte, vanté en les racontant à une certaine Virginia Giuffre, l’une de ses anciennes victimes devenue, par la suite, sa complice, faits qu’elle aurait par la suite rapportés lors d’une audition par la Justice américaine en 2015.
Que Marlène Schiappa, mère de deux filles, comme elle se plaît à le mentionner sur son compte Twitter, ait pu, ou pas, déroger au principe de séparation des pouvoirs n’en devient que plus secondaire.
Précision : l’auteur de ces lignes n’est pas devenu schiappolâtre.
Emmanuel Macron a reçu Vladimir Poutine au fort de Brégançon. Désaccords sur les manifestations des Gilets jaunes et à Moscou, sommet du G7 et crise ukrainienne…
Que retirer de cette rencontre au sommet ? Entretien avec Héléna Perroud, analyste et auteur de l’essai ‘Un Russe nommé Poutine‘ (Le Rocher, 2018).
Contrairement à la raison, la crise est la chose du monde la moins bien partagée. En témoignent les montants records de dividendes versés aux actionnaires qui atteignent le chiffre vertigineux de 514 milliards de dollars au deuxième trimestre 2019.
Le capitalisme, on le voit, se porte bien malgré la conjoncture internationale, et les entreprises françaises cotées en bourse, viennent, elles aussi, de franchir un nouveau record d'attribution de dividendes: 54 milliards, ce qui les place, et de loin, au rang de meilleurs payeurs d'Europe.
On ne peut bien sûr que se féliciter de ce que nos entreprises dégagent bénéfices et profits.
Mais l'on préférerait que ces profits soient, pour une part bien plus large quelle ne l'est, utilisés pour l'investissement et le développement technologique, et pour une autre part, certes plus minimes, redistribués aux salariés sous forme d'intéressement.
En versant plus de 46 % de dividendes à leurs actionnaires, les entreprises hypercapitalisées du CAC 40 rémunèrent à la fois les sommes investies, ce qui est naturel mais devrait se faire sur le temps long, tout en versant une sorte de prime de risque immédiate aux actionnaires dont la voracité cupide va s'accroissant.
En ces temps d'iniquité et de désarroi, pouvoirs publics et présidents de grandes sociétés devraient réfléchir aux moyens les plus sûrs de raffermir les liens sociaux entre français, liens qui garantissent seuls la cohésion nationale, tout en assurant l'avenir et l'essor de leurs entreprises.
La prospérité nationale ne viendra que de la synergie des forces entrepreneuriales, de la sagesse des actionnaires et de l'énergie participative des salariés, sous la houlette d'un État fort.
L'esprit national en matière économique et sociale est, lui aussi, à réinventer.
Le sommet du G7 qui s’ouvre samedi à Biarritz a pour thème principal la lutte contre les inégalités. Un sujet qui devrait vite être éclipsé par une actualité internationale chargée.
Uber à l’assaut des transports publics
L’entreprise américaine Uber lorgne sur les services publics ! A la recherche de nouveaux débouchés pour maintenir son développement, l’application commerciale noue des partenariats avec des structures publiques… une approche qui suscite de vives inquiétudes.
Amazonie : le poumon part en fumée
La forêt amazonienne en proie à des incendies sans précédent. Depuis 17 jours un feu ronge la jungle devant l’impuissance des secours. Un drame qui s’inscrit dans une année particulièrement meurtrière pour le poumon de la planète.
On ne vous dit pas tout et cela se passe pourtant en France.
*A Arras, dans le Pas de Calais, incarcéré dans le centre de détention de Bapeaume, un marocain, en situation irrégulière et âgé d’une quarantaine d’années, lourdement condamné pour viol et considéré comme extrêmement dangereux, s’est évadé en bousculant son escorte pénitentiaire, alors qu’il était menotté, et a pris la fuite en courant.
On peut vraiment se poser la question : à quoi servait cette escorte pénitentiaire incapable de d’empêcher un prisonnier, dangereux et menotté, de s’enfuir, après les avoir bousculé ? Vraiment des incapables !)
Un important dispositif a été mis en place pour palier au manque de professionnalisme de ces « surveillants » et l’individu a été appréhendé quelques heures plus tard alors qu’il cherchait à retirer ses menottes.
C’est là que l’on ne comprend plus ! On expulse de France, sans délai, un Mohammed, qui vit à Roubaix depuis 2012 et qui n’a rien à se reprocher, et à qui on ne reproche d’ailleurs rien, bien au contraire, et on « conserve » un migrant clandestin très dangereux et condamné pour viol !
Décidément l’administration marche complètement sur la tête à un moment où il faudrait surtout qu’elle ait les pieds bien sur terre !
*A Saint-Amans-Sault, dans le département du Tarn, dans la nuit de samedi à dimanche, vers 2 h du matin, alors que la fête se déroulait dans la joie, un individu âgé de 21 ans, fortement alcoolisé et d’origine haïtienne, a poignardé très violemment un père de famille, Florent Basso, 30 ans, qui se trouvait en compagnie de sa fille, âgée de six ans, et de sa compagne, Céline, et cela sans aucune raison apparente.
Cela s’est passé derrière l’orchestre du bal et près des manèges.
Florent est mort des suites de ses blessures.
De courageux témoins de ce drame ont pu maîtriser ce voyou, quelques uns ont été blessés durant l’altercation, et l’ont remis aux gendarmes qui l’ont placé en garde à vue.
Florent était très apprécié de toute la commune. Ancien joueur de foot de Saint-Amans et assidu à la pétanque le dimanche, il était salarié à l’entreprise Terreal.
« Florent a voulu défendre des personnes dès qu’il a aperçu le couteau à la main du Haïtien, et constaté qu’il était déterminé à faire du mal. Il a certainement sauvé la vie à quelques personnes présentes. C’est un héros », a déclaré, très émue, sa compagne, Céline.
Le meurtrier résidait à Albi (Tarn).
*A Nantes (44), c’est un migrant clandestin âgé de 20 ans et d’origine guinéenne, qui est monté à bord d’un bus avec un couteau de boucher à la main, dans la nuit du mardi 20 août.
Les policiers de la BAC prévenus ont fait descendre tous les passagers du bus avant d’interpeller l’individu menaçant.
C’est alors qu’il a tenté de s’échapper par la porte du milieu en blessant profondément au front (plaie ouverte) l’un des policiers qui s’interposait.
*A Aulnay-sous-Bois, dans le 93, dans la nuit du 20 au 21 août, une bande d’une quinzaine d’individus, armés d’armes à feu, a envahi le tournage d’un clip de la vedette du rap Booba, qui se filmait dans un entrepôt désaffecté, 50 rue Becquerel.
Ils ont ouvert le feu sur un spectateur qui assistait au tournage. Blessé aux jambes il a dû être hospitalisé, puis ils ont agressés et blessés à coups de battes de base-ball deux autres membre de l’équipe de tournage, dont le réalisateur du clip et un technicien, qui ont pu se réfugier dans une petite épicerie toute proche.
Aucune interpellation sur place puisqu’ils ont pris la fuite.
Des douilles de calibre 9m/m ont été découvertes sur les lieux.
*C’est dans la nuit de lundi 19 à mardi 20, dans la cité universitaire Vauban, à Guyancourt, où une trentaine d’étudiants organisaient une soirée, que trois jeunes filles âgées d’environ 19 ans, ont été agressées sexuellement, et l’une d’elles violée (conduite à l’hôpital André-Mignot du Chesnay-Rocquencourt, pour y subir des examens et un prélèvement d’adn).
Les agresseurs, dont on ignore les origines, âgés d’une vingtaine d’années et reconnus pour avoir traîné dans le secteur, sont activement recherchés.
*Mardi après-midi, un peu avant 14 h, à Cournon, une dame octogénaire a été violentée et blessée à l’arme blanche par deux individus qui sont repartis avec un très maigre butin (le portefeuille et quelques dizaines d’euros).
Une voisine, Madeleine, qui se trouvait dans son jardin, rue des Coquelicots, et a entendu les appels au secours, s’est précipitée et a trouvé cette pauvre femme en état de choc, avant qu’elle ne soit hospitalisée.
*Dimanche c’est à Lille, en plein centre-ville, rue des Tanneurs, zone piétonnière, vers 5 h 30, qu’une jeune femme a été violemment agressée sexuellement. Saisie par les chevaux et jetée au sol.
Quelques minutes plus tard un suspect, correspondant au signalement fourni par la victime, a été interpellé dans le vieux-Lille.
*A Rennes (35), mardi après-midi au supermarché « U Express » de la rue Saint-Hélier, un individu âgé de 35 ans est entré muni d’une hache.
Pris de panique une douzaine de clients sont sortis en courant.
L’individu, déjà connu des services de police pour des actes de violence, avait déjà eu un différent avec le gérant du magasin, notamment sur un problème de stationnement non autorisé.
Il a pris la fuite avant l’arrivée des policiers de la BAC.
*A Maing (59), c’est une nouvelle fois un maire qui a été agressé et menacé.
Philippe Baudrin s’opposait à l’installation d’un campement sauvage par les gens du voyage.
Menacé à l’aide d’une tronçonneuse, il a porté plainte pour agression, menace de mort et dégradation de mobilier urbain, contre les membres de cette communauté particulièrement agressive depuis quelques temps.
*Un avion de la compagnie « Transavia » qui effectuait un vol Paris/Tunis a dû être dérouté sur Nice à cause d’un islamiste qui effectuait sa prière devant la cabine de pilotage et a frappé violemment une hôtesse de l’air qui s’y opposait.
A l’arrivée il s’est battu avec les policiers qui l’interpellaient en hurlant « Allahou Akbar ».
Voilà, c’est terminé pour aujourd’hui dans notre « Douce France » ! Dormez en paix, tout va pour le mieux « chez nous », Romain Goupil !
Une bagatelle à 24 millions d’euros. C’est ce que retiendront sans doute de ce G7 les populations qui voient une ville mise en état de siège en pleine saison touristique, nourrissant encore un peu plus le sentiment d’une fracture entre les grands de ce monde et cette part des citoyens qui travaillent,
paient des taxes et jouent le jeu d’un système qui les considère comme des pions. Décalage vertigineux pour une réunion censée se pencher, de toute la hauteur de ces sept grands, sur les inégalités. Les dirigeants de l’Allemagne, du Japon, de l’Italie... dissertant sur les inégalités hommes-femmes en Inde ou en Afrique, voilà qui laisse pressentir d’ébouriffantes avancées. Et ne parlons pas de l’explosion des revenus des 0,01 % les plus privilégiés de la planète ou de la destruction des classes populaires et des classes moyennes des pays occidentaux... L’observateur avisé se remémorera que le G7 (redevenu tel après l’éviction de la Russie en 2014 pour cause d’invasion de la Crimée) est un pur produit de la guerre froide et de ses équilibres et ne reflète en rien les enjeux géopolitiques actuels et à venir, que le G20 embrasse davantage.
Pourtant, s’en tenir aux apparences horripilantes de ce raout hors d’âge serait passer à côté des bouleversements majeurs dont le G7 version 2019 est une des déclinaisons. Sous la plume de nombreux commentateurs, ils se résument à deux tignasses blondes venues jouer les trouble-fête. Comment vont se comporter Donald Trump et Boris Johnson ? Vont-ils faire alliance ? L’équipe des méchants va-t-elle battre l’équipe des gentils ? Degré zéro de la réflexion géopolitique. Pour sortir de ce néant, un état des lieux s’impose.
Le monde est entré en surchauffe. La course aux armements a repris, détruisant des décennies de traités et d’accords contre la prolifération. Le 18 août, deux semaines après s’être officiellement retirés du traité russo-américain interdisant la production et l’essai de missiles intermédiaires, les Etats- Unis ont testé... un de ces missiles (tiens, ils auraient donc enfreint l’interdiction de production ?). Parallèlement, tous les indicateurs économiques laissent pressentir l’imminence d’une crise. La guerre commerciale qui se joue entre la Chine et les Etats-Unis pourrait laisser les Européens exsangues.
Face à une situation aussi explosive, se demander si le président français devait ou non recevoir le méchant Vladimir Poutine a quelque chose de lunaire. Pour qui sort des visions simplistes, ce sont bien les Américains, les élites américaines, démocrates et républicains confondus, et non pas le seul Donald Trump, qui souhaitent l’affrontement avec la Chine et la Russie. La volte-face du président américain sur Hongkong, après les critiques adressées par l’intelligentsia sur son manque de soutien aux manifestants, en est une illustration parmi tant d’autres. Et la guerre qui est menée, en premier lieu sur la question cruciale de l’énergie, fut lancée bien avant l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Dans ce champ de mines, les Européens avancent en ordre dispersé, voire, pour certains, en tirant quelques balles dans le dos des camarades.
On peut reconnaître à Emmanuel Macron une forme de lucidité face à cet état des lieux. Au moins ne se drape-t-il pas dans cette fausse vertu de François Hollande, Laurent Fabius ou Alain Juppé, dont l’unique objet était de masquer un atlantisme pavlovien, et l’unique conséquence d’e acer la France de la scène internationale comme de la ruiner en cou- pant ses entreprises et son agriculture des marchés iranien ou russe. Le dialogue noué avec Vladimir Poutine à Brégançon a eu le mérite d’envoyer d’emblée un message aux Américains. Mieux, la France, en jouant les cavaliers seuls sur sa taxe Gafa, ose pour la première fois imposer un de ces rapports de force qui seuls peuvent sauver l’Union européenne de l’apathie et de l’insigni ance. C’est tout le paradoxe : l’unilatéralisme, en ce cas précis, parce qu’il déjoue l’impérialisme américain, est le dernier espoir d’un multilatéralisme qui n’a su pour l’heure qu’inféoder l’Europe aux Etats-Unis.
Il est parfaitement ridicule de jouer comme le font nombre de médias à savoir si Emmanuel Macron sera ou non le « leader » de l’Europe ou s’il damera le pion à Donald Trump, comme s’il s’agissait d’une bataille de cour de récréation. Accepter aujourd’hui le jeu irresponsable des Etats-Unis serait une faute majeure. Elle a été commise collectivement en Europe pendant des années, sous les auspices d’un José Manuel Barroso ou d’une Angela Merkel, l’un par idéologie, l’autre par mercantilisme à courte vue, et de tant d’autres avec eux. L’indépendance est la seule arme des pays européens pour casser la logique de guerre qui s’installe entre les Etats-Unis et la Chine. Un G7 qui va brasser des bonnes intentions et des déclarations lyriques sur le nécessaire respect des accords de Paris n’est sans doute pas le meilleur lieu pour cela. Mais il ne faut jurer de rien.
L’un des charmes du temps estival est de redonner au hasard sa part dans la découverte de livres, au gré des trouvailles lors de brocantes villageoises.
C’est le cas avec le volume d’A.Finkielkraut L’imparfait du présent, paru en 2002 et rassemblant ce qu’il appelle en sous-titre Pièces brèves, ou l’art d’effectuer des prélèvements tout au long de ce qui aura été la première année de ce nouveau siècle. L’inévitable (et appétissante) diversité des sujets laisse quand même affleurer des préoccupations transverses. L’une concerne la culture et ce que l’auteur appelle l’avènement de l’âge du culturel.
Comprenons-bien d’abord ce mot culture : en effet, l’auteur s’en sert pour désigner à la fois un état et son contraire.
L’état de culture, c’était, pour reprendre au mieux les mots d’A.Finkielkraut, un monde de la distinction, de la hiérarchie des rôles, de pratiques symboliques, de frontières : des partages séculaires entre le public et le privé, l’enfant et le parent, l’élève et le professeur, le dedans et le dehors, le monastère éducatif (NDLR : comprendre « l’école ») et le tissu social ; un monde de la modération et du scrupule ; un monde où ce qui était important, c’était la personnalité : qui on était.
Dans ce nouveau monde de l’âge de la culture, constaté par l’auteur et brossé par touches, tout devient culturel. Chacun peut déterminer à sa guise le contenu de la culture. Et ce contenu peut-être changeant. Toute réalité est donc réformable. L’homme ne se définit ainsi plus par sa capacité à faire des promesses mais par son droit discrétionnaire de reprendre, à tout moment, sa liberté (Illustrons par cette affirmation de Mme Schiappa, le 7 août, à propos des femmes tuées par leurs conjoints : « Je crois que le problème est d’ordre global, systémique et qu’il faut un changement d’ordre culturel… Il y a un changement culturel à opérer »).
Tout étant culturel, tout devient égal : nous sommes tous égaux et les frontières ont été remplacées par la proximité, l’ascendant des anciens maîtres par la sollicitude de l’adulte fraternel ou copain. L’identité devient l’élément-clé de ce nouveau monde constitué d’échantillons représentatifs.Ce n’est plus qui on est qui inspire, c’est ce qu’on est : le nouvel arrimage à l’appartenance, et de chacun à sa classe, sa minorité, sa communauté d’origine (nouvelle illustration par le tweet récent du ministre du Travail Muriel Pénicaud à l’occasion de la mort de l’écrivain Toni Morrison : « Grâce à elle, les noirs ont enfin pu entrer par la grande porte dans la littérature »).
Les capacités sont dorénavant placées sous la tutelle des identités. Le baume du « en tant que » étend maintenant ses bienfaits sur l’humanité entière et on sera respecté et représenté en tant que jeune, en tant que femme, en tant que musulman… Chacun sera fier de son identité : la nouvelle culture est celle des fiertés. Son identité n’a plus de compte à rendre (ah, l’inoubliable Arnaud Gauthier-Fawas, administrateur de l’inter-LGBT et invité de l’émission Arrêt sur images le 29 juin 2018, expliquant avec sérieux qu’il n’est pas un homme). Et c’est une identité au fil de l’eau, une identité libérée de l’ipséité (NDLR : ce qui fait qu’une personne est unique et absolument distincte d’une autre), déliée de la lourde charge de maintien de soi dans la fidélité à la parole donnée.
A l’âge du culturel, la culture (ancienne) a sombré dans l’indifférenciation culturelle. La culture (nouvelle) est une forme sans matière ou une matière sans forme. C’est la décivilisation du monde. Et nous habiterons à l’avenir un espace d’un seul tenant.
C’était il y a dix-huit ans. Où l’on constate avec le recul que cet état de décivilisation, auquel il faudra bien donner un nom un jour et qui s’est particulièrement déployé depuis dans les domaines de la différenciation sexuelle et de la bioéthique, se conforme finalement à la globalisation du monde.