l'information nationaliste - Page 5757
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Alain Wagner l'Europe face à l'islam
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Défendre l’identité oblige à l’union des droites, par Ivan Rioufol

Aborder la question identitaire, c’est être d’extrême-droite. Thierry Solère débite sans cesse cette ânerie, avec d’autres égarés de la droite béate. Ils se sont auto-baptisés “constructifs”. La petite bande alerte sur la dérive des Républicains, mais refuse de les quitter. “Je trouve qu’ils sont de plus en plus à droite”, a également commenté le premier ministre, Edouard Philippe. Ce n’est pas la lucidité qui caractérise cette amicale des faux-culs, mise au service d’Emmanuel Macron et de sa prétention à avaler la droite libérale. La question identitaire est, en effet, partout présente en Europe. En Catalogne et en Espagne, elle accélère une histoire potentiellement conflictuelle.
L’Allemagne, l’Autriche, la République Tchèque, les Pays-Bas, la Hongrie, la Pologne et bien d’autres nations voient des mouvements patriotiques qui se consolident sur le rejet de l’immigration massive et de l’islam politique. En France, le procès Merah a dévoilé, pour ceux qui en doutaient, la réalité de la contre-société islamique régulièrement décrite ici : elle ne reconnaît pas les lois françaises, mais celles de l’islam. Sur Twitter, le succès de MontreTaCroix, en réaction à la décision du Conseil d’Etat se supprimer la croix d’une statue érigée à Ploërmel (Morbihan), révèle le potentiel de résistance culturelle qui existe dans la France indignée.
Laurent Wauquiez a donc mille fois raison de vouloir répondre politiquement à ce réveil des peuples, des nations, des mémoires. D’autant que Macron et ses joyeux caniches ne veulent rien voir du choc des cultures, partout à l’oeuvre. Leur monde désincarné et sans vision humaine se réduit à des chiffres et des techniques. Même Alain Juppé semble aujourd’hui reconnaître que son “identité heureuse” était une sottise. Mais que de temps perdu à écouter les poncifs de Solère and Co !
Ces ombres bavardes se prennent pour Jean Moulin résistant au nazisme. Les constructifs n’ont évidemment plus leur place chez les Républicains. Ceux-là devraient les mettre à la porte mardi, si le vaudeville ne réserve pas une nouvelle surprise après la fausse éviction de mardi dernier. Pour autant, il reste encore un sérieux doute sur la capacité de Wauquiez de couper les ponts avec la droite culpabilisatrice, cette infernale machine à perdre. Quand il répète sagement, et dimanche encore, qu’il ne fera jamais d’alliance avec le Front national tout en disant la même chose que lui, il se prosterne devant un totem devenu incongru.
La défense de l’identité française échouera si elle en reste à des querelles de chapelles, à des confrontations d’ego, à des guerres de tranchées. Macron a pour lui de ne rien s’interdire. En ce seul domaine, il est un modèle à suivre pour Wauquiez. Sinon, il reviendra à la société civile, en ultime recours, de prendre son destin en mains.
Ivan Rioufol
Texte daté du 30 octobre et repris du blog d’Ivan Rioufol
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FN : Eric Dillies maintient sa candidature face à Marine Le Pen
Eric Dillies, le patron du FN à Lille, avait fait savoir le 20 octobre qu'il souhaitait se présenter face à Marine Le Pen pour la présidence du parti. Pour être candidat, il faut le parrainage de vingt secrétaires départementaux du FN. Le candidat de dernière minute réclamait alors de changer le mode de parrainage et de reporter l'échéance du dépôt de candidature, fixé au 21 octobre.
Le 23 octobre, le bureau politique lui avait accordé une fin de non-recevoir, confirmant la candidature unique de Marine Le Pen lors du congrès prévu à Lille les 10 et 11 mars 2018.
Eric Dillies répond à L'Express:
"[...] Si Marine Le Pen le souhaite, elle peut donc être parfaitement reportée. Je persiste et signe donc et maintiens ma candidature. Mais ce maintien d'une candidature est de pure forme... On ne peut pas avoir d'élection sans élection. On ne peut pas avoir de débat sans débat. Et donc, on ne peut pas avoir un seul candidat, il en faut plusieurs. Nous venons de passer une période électorale difficile. Nous ne pourrons pas en tirer d'enseignements sans débat libre, loyal et sincère. Mais pour que la liberté, la loyauté et la sincérité soient au coeur de la démarche de refondation du parti, il faut que Marine Le Pen puisse permettre que le débat ait vraiment lieu.
En avez-vous parlé directement avec Marine Le Pen?
Avant le bureau politique du 23 octobre, je l'avais appelée pour lui en parler. Elle m'avait alors dit que c'était une bonne idée et qu'elle me rappellerait. Mais elle ne m'a jamais rappelé. Le bureau politique a rappelé que les règles de candidature étaient "connues de tous depuis plusieurs mois".
Est-ce que vous ne vous êtes pas réveillé un peu tard en formalisant votre candidature la veille de la date limite du dépôt des parrainages? Votre démarche n'est-elle pas simplement promotionnelle?
Ma démarche est sans intérêt personnel. Je ne pensais pas me présenter initialement. Mais suite aux remontées de la base, qui veut un vrai débat, et de l'université d'été de élus à Poitiers le 1er octobre dernier, au cours de laquelle je me suis rendu compte du désarroi des cadres, je me suis dit qu'il fallait que quelqu'un se présente. Il n'y a pas d'urgence à clore le dépôt des parrainages. A la présidentielle, ce dépôt s'effectuait au 17 mars, soit à peine un mois et une semaine avant le premier tour de l'élection. Là, pour le FN, nous sommes à cinq mois du congrès. Le parti a pris plus que des largesses avec le temps. [...]"
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FABIEN ENGELMANN : « BEAUCOUP DE MÉDIAS VIENNENT DANS LES MAIRIES FN COMME ON VA AU ZOO »
À lire un article du journal Libération, paru dimanche soir, on pourrait croire que Fabien Engelmann, maire FN d’Hayange (Moselle), veut évincer le Secours populaire de sa ville. Dans cet article sont notamment rapportés les propos du responsable local de cette association : « Le maire FN n’en a rien à foutre des habitants dans le besoin. » Propos que le maire d’Hayange juge diffamatoires. Réaction de Fabien Engelmann au micro de Boulevard Voltaire.
Fabien Engelmann, d’après l’article de Libération, vous auriez l’intention de dégager le Secours populaire d’Hayange.
Est-ce exact ?Je n’ai rien contre le Secours populaire en règle général. C’est le Secours populaire local qui s’est mis de lui-même en dehors des associations hayangeoises.
Dans mon programme électoral de 2014, j’ai toujours été clair sur le fait que je ne subventionnerais pas d’associations politisées qui utilisent l’image de leur propre association à des fins politiques.
La secrétaire départementale du Secours populaire, madame Thull, m’avait donné raison. Dans un article du Républicain lorrain, en page région, elle indiquait ne plus supporter l’entrisme du Parti communiste au sein du secours populaire hayangeois.La responsable locale vous accuse, je cite, « de n’en avoir rien à foutre des habitants dans le besoin« .
Réfutez-vous cette accusation ?Je trouve ces propos diffamatoires.
Ils ont en plus été relayés par Libération. Tout le monde connaît Libération. C’est un journal militant. D’ailleurs, qui lit encore ce quotidien à part des bobos parisiens ? Plus grand monde.J’ai informé le journaliste de Libération que j’avais augmenté la subvention des Restaurants du coeur et donné des nouveaux locaux au Secours catholique. Nous sommes l’une des seules mairies à avoir un chantier d’insertion avec le CCAS. De plus, nous faisons beaucoup pour le social, pour les jeunes, les moins jeunes et les seniors.
Je n’ai donc vraiment pas de leçons de morale à recevoir de la part de cette personne qui n’a eu de cesse de salir la majorité municipale, d’indiquer que nous diabolisions une partie de la population et que nous étions des gens d’extrême droite…
Je lui propose simplement d’aller dans une autre mairie, peut-être communiste.
Dans ma vallée, il y a des mairies de gauche qui n’ont aucune association caritative dans leur commune.
Si nous avons autant de médias sur Hayange, c’est uniquement parce que nous sommes au Front national.Ce n’est pas la première fois que vous êtes ciblé par la presse nationale.
Appelez-vous cela un acharnement ?
Maintenez-vous votre position Front national ?Evidemment, il y a un acharnement.
Des affaires scandaleuses se passent dans des mairies de gauche, de droite ou du centre et pourtant on n’en lit que deux ou trois lignes dans le journal local.
J’ai été élu sur une liste Front national. Je reste fidèle au Front national et à Marine Le Pen.Ce n’est évidemment pas facile tous les jours, parce que les médias viennent dans les mairies gérées par le Front comme on va au zoo.
Marine Le Pen l’avait indiqué il y a un an ou deux.
Je suis vacciné et je tiens le coup avec mon équipe.
Les gens ont l’air satisfaits puisque d’élections en élection, nous augmentons notre nombre de voix.Lors d’une élection municipale, vous votez pour une liste et après pour la personne et son équipe. Aux élections locales, certains électeurs votent pour moi en tant que Fabien Engelmann, en revanche à une élection nationale ils vont peut-être plutôt voter pour un autre candidat qui n’est pas au Front.
L’article a été publié hier soir dans Libération. Son manque d’objectivité est très clair. Tout cela est assez affligeant, mais on reconnaît aussi que très peu de personnes lisent encore ce genre de torchons.
Fabien Engelmann Maire d'Hayange -
La Terreur (Révolution française) | 2000 ans d’histoire | France Inter
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C’est reparti comme en 1400... Démondialisation et réveil des nations : retour vers le futur

Publié le 29.10.2016 - Réactualisé le 3.11.2017
Par Thomas Flichy de la NeuvilleUn remarquable article - presque une fable - dont la morale tient justement de la manière des fabulistes et concerne éminemment notre époque prétendument postnationale et vouée au Marché. [Causeur, 26.10.2016] Mais l'Histoire nous enseigne que cette situation n'est ni nouvelle ni irréversible. Et nous vient à la mémoire que deux siècles après les faits qui sont rappelés ici, d'autres décrets d'importance majeure furent pris, non plus en Italie, mais cette fois-ci en Espagne, par ses Rois, non plus pour réduire l'emprise des financiers, mais en la circonstance celle de l'Islam. Autre récit, autre morale, aussi, pour notre temps. Dédié aux gens qui croient que les choses vont toujours dans le même sens ... Lafautearousseau
Nous avons tellement cru en la fable d’un monde pacifié par une mondialisation heureuse que la résurgence des identités – désormais au cœur du débat politique – nous semble aller contre la marche du temps. En réalité, la transition 2010-2030 rappelle fortement celle que connaît l’Europe entre 1340 et 1400. Au début du XIIIe siècle, les banquiers vénitiens font tout pour éviter l’émergence de gouvernements nationaux forts, comme celui d’Edouard III d’Angleterre. Pour ces banquiers, le modèle politique à abattre est celui de Frédéric II Hohenstaufen, saint empereur romain germanique de la seconde moitié du XIIIe siècle.
Le rôle des banquiers florentins
Pour éviter l’émergence d’Etats forts, les banquiers florentins ne se contentent pas de prêter de l’argent aux rois, ils s’assurent en retour d’avantages en nature. En 1325, les Peruzzi possèdent tous les revenus du Royaume de Naples, soit la moitié sud de l’Italie. Ceci leur permet de recruter l’armée de Robert de Naples, de nommer les membres de son gouvernement et de vendre à sa place ses productions céréalières.
Dans ce contexte, il ne sert à rien pour Dante Alighieri de vanter le modèle de Frédéric II dans De Monarchia. Venise force Dante à quitter Florence et fait la promotion d’une contre-littérature. Il s’agit des ouvrages de Bartolomée de Lucca ou de Marsile de Padoue. Les banquiers vénitiens finissent par ligoter financièrement des embryons d’Etat comme l’Angleterre, la France et l’Espagne. Puis, la banque vénitienne génère une gigantesque bulle financière qui paralyse la production et vient éclater en 1345. Télécommandées par Venise, les familles Bardi et Peruzzi de Florence déclenchent un crash financier au cours duquel tout crédit s’évanouit. S’enclenche alors une période de grave instabilité, caractérisée par la résurgence de la famine et des épidémies.
La politique domestique la finance
Mais après 1400, les forces politiques se retournent contre les méthodes des banquiers italiens. En 1401, le roi Martin Ier d’Aragon les expulse d’Espagne, en 1403, Henri IV d’Angleterre limite fortement leur activité. En 1409, la Flandre emprisonne les banquiers génois. En 1410, les banquiers italiens sont expulsés de Paris. La résurgence des identités nationales a alors mis en échec les projets de la finance internationale. L’histoire se répétera-t-elle ?
enseigne à Saint-Cyr. Dernier livre : Les grandes migrations ne détruisent que les cités mortes (L’Aube, 2016). Du même auteur : Syrie : Poutine sur les traces de Pharaon
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#Balancetonporc: l'erreur de notre société et des médias
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17 octobre 1961 : un « massacre » sans cadavres
Par Bernard Lugan, historien africaniste français ♦ Comme chaque année à la date anniversaire de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris, communistes et socialistes, amis du FLN et militants « anticolonialistes » (sic), vont commémorer un « massacre » qui aurait été perpétré par la police française. Ils se réuniront ensuite sur le Pont Saint-Michel d’où, toujours selon eux, des dizaines, voire des centaines d’Algériens auraient été précipités dans la Seine. Le seul problème, mais il est de taille, est que ce « massacre » n’a pas eu lieu… Quant aux noyades, à l’exception de celles pratiquées par le FLN sur les membres du MNA ou sur les Harkis, elles n’ont pas davantage existé…car nous sommes en réalité en présence d’un montage.
Démonstration [*] :
1) Le 18 octobre 1961 au matin, le bilan de la manifestation de la veille parvient à Maurice Legay, directeur général de la police parisienne. Il est de 3 morts. Nous voilà donc loin des dizaines, voire des centaines de morts et de noyés avancés par certains.
2) Or, deux de ces trois morts, à savoir Abdelkader Déroués et Lamara Achenoune n’ont aucun lien avec la « répression » du 17 octobre puisqu’ils ont été tués, non pas à coups de matraque, mais par balle, non pas dans le centre de Paris, mais à Puteaux, donc loin de la manifestation. De plus, le second a été préalablement étranglé…
3) Un mort, un seul, a tout de même été relevé dans le périmètre de la manifestation et il ne s’agit pas d’un Algérien, mais d’un Français « de souche » nommé Guy Chevallier, décédé vers 21h devant le cinéma REX de fractures du crâne. Etait-il un simple passant ou bien un porteur de valises manifestant avec le FLN ? Nous l’ignorons. Fut-il tué lors d’une charge de la police ou bien par les manifestants ou bien par une toute autre cause ? Nous ne le savons pas davantage.
La conclusion qui s’impose à tout esprit doté d’un minimum de réflexion est que la « répression » de la manifestation algérienne du 17 octobre semble n’avoir paradoxalement provoqué aucun mort algérien…
A ces faits, les tenants de la thèse du « massacre » répondent que le vrai bilan de la « répression » policière n’a pu être établi que plusieurs jours plus tard, une fois pris en compte les blessés qui décédèrent ultérieurement, et une fois les cadavres retirés de la Seine. Mais aussi, parce que, terrorisés, les manifestants cachèrent d’abord les corps de leurs camarades.
Trois grandes raisons font que cette argumentation n’est pas recevable :
– Les archives des hôpitaux parisiens ne mentionnent pas une surmortalité particulière de « Nord-Africains » (selon la terminologie de l’époque), durant la période concernée. Même si de nombreux manifestants blessés à coups de matraques y furent pris en charge.
– La police ayant totalement et hermétiquement bouclé le périmètre de la manifestation, l’on voit mal comment des porteurs de cadavres auraient pu passer à travers les barrages.
– Et, in fine, que seraient devenus les cadavres en question ? Ils n’apparaissent en effet pas dans les archives de l’IML, l’Institut médico-légal (la Morgue), où sont transportés les morts relevés sur la voie publique ou repêchés dans la Seine et dans la Marne.
Le « Graphique des entrées de corps « N.A » (Nord-africains) par jour. Octobre 1961 », à l’Institut médico-légal de Paris, pour la période allant du 17 octobre au 21 octobre, nous apprend ainsi que:
– Le 17 octobre, alors que se déroulait dans Paris un prétendu « massacre », l’Institut Médico-Légaln’a enregistré aucune entrée de corps de « NA ».
– Le 18 octobre, deux corps de « NA » furent admis à l’IML. Il s’agissait d’Achour Belkacem, qui avait été tué ce 18 octobre à Colombes, donc le lendemain de la manifestation, par un policier invoquant la légitime défense. Le second était Abdelkader Bennahar relevé lui aussi à Colombes et portant des blessures à la tête avec possibilité, dixit le rapport de police, d’écrasement par un véhicule.
– Les 19 et 20 octobre, l’IML n’a comptabilisé aucune entrée de corps de « NA ».
– Le 21 octobre, soit 5 jours après la manifestation, 1 corps fut déposé à l’IML, celui de Ramdane Mehani décédé vers 22h 30 durant son transfert du commissariat du 13° arrondissement au palais des Sports de la Porte de Versailles. Le registre de l’IML parle de mort naturelle, donc, là encore, sans aucun lien avec la manifestation du 17 octobre.
Conclusion : nous sommes donc en présence d’un « massacre » sans cadavres, ce qui s’explique parce qu’il n’y eut pas de « massacre » !!!
C’est donc un « massacre » imaginaire qui va être commémoré le 17 octobre prochain à l’occasion d’une grande cérémonie culpabilisatrice à laquelle des médias incultes ou partisans vont une fois de plus donner une grande publicité.
Un « massacre » imaginaire fruit d’un montage politique fait à l’époque par le FLN voulant peser psychologiquement sur les négociations en cours avec le gouvernement français. Montage qui fut ensuite orchestré par le parti communiste et plus que complaisamment relayé par les médias… hier comme aujourd’hui.
Pour les historiens du futur ce prétendu « massacre » restera donc comme la fabrication d’un des grands mythes du XXe siècle. A l’image de Katyn, des cadavres de Timisoara en Roumanie, des « couveuses » du Koweit et des « armes de destruction massive » en Irak. Leur principal sujet d’étonnement sera cependant l’insolite caution donnée à un tel mensonge par les plus hautes autorités de l’Etat français sous la présidence de François Hollande…
Bernard Lugan 13/10/2017
[*] La brièveté synthétique de cette mise au point interdisant de développer un argumentaire détaillé, la bibliographie et l’historiographie de ce « massacre » seront faits dans le numéro de novembre 2017 de l’Afrique Réelle que les abonnés recevront le 1er novembre. On pourra également voir à ce sujet le chapitre IX de mon livre : Algérie, l’histoire à l’endroit.
Source : L’Afrique Réelle (17/10/2017)
contact@bernard-lugan.comhttps://www.polemia.com/17-octobre-1961-un-massacre-sans-cadavres/
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Histoire • Action Française : Les affrontements des années 30 à Marseille

Le Comité du Vieux Marseille, association de défense du patrimoine, vient de sortir une superbe plaquette de 194 pages sur l’histoire de la Canebière. Parmi celles-ci, quatre pages évoquent l’Action Française à propos de Jeanne d’Arc, surtout dans les années 30. Ces éléments de l’histoire de l’Action Française marseillaise intéressent les lecteurs de Lafautearousseau. Les affrontements des années 30
Comme l’ont écrit Roger Duchêne et Jean Contrucci dans leur livre Marseille, la Canebière « est, dans les années 1920-1930, le point focal de Marseille », surtout après sa prolongation en 1927. Dans une ville où l’opposition entre droite et gauche se durcissait, chaque occupation de la célèbre artère était une victoire.
L’émeute parisienne du 6 février 1934 où, à la suite du scandale politico-financier Stavisky, les ligues d’extrême-droite affrontèrent la police, n’eut pas son équivalent à Marseille. Quatre cents membres de l’Action Française défilèrent ; il y eut quelques affrontements avec des communistes, à la hauteur du cours Saint-Louis, mais le calme se rétablit vite.
En revanche, la gauche s’organisa pour s’opposer à ce qu’elle considérait comme une tentative de coup d’État fasciste. Pour la première fois, socialistes, communistes et syndicalistes CGT et CGTU, défilèrent ensemble, le matin du 12 février, sur la Canebière, les boulevards de La Madeleine et de Longchamp. L’atmosphère se gâta l’après-midi où des frictions entre policiers et manifestants transformèrent le centre-ville en champ de bataille, peut-être avec l’aide de provocateurs. Une fusillade devant La Bourse fit un mort et plusieurs blessés.
L’atmosphère s’alourdit de plus en plus, surtout après les élections municipales de 1935, à l’issue desquelles les socialistes d’Henri Tasso battirent les listes de Simon Sabiani.
Poussés par cette dynamique, les 100 000 partisans de la Gauche unie remontèrent toute la Canebière, le 14 juillet 1936 ; la droite, quant à elle, avait réuni dix fois moins de Marseillais.
Le 1er mai 1936 enregistra un record de participation pour descendre la célèbre voie. Le cortège traditionnel pour Jeanne d’Arc rassembla cette année-là 8 000 personnes dont 800 royalistes sous la bannière de divers groupements qui remplaçaient la Ligue d’Action Française dissoute le 13 février. Ainsi, le commandant Dromard se retrouva-t-il en tête de l’association Marius Plateau des Anciens combattants royalistes.
Le Front Populaire remporta les élections des 26 avril et 3 mai 1936 qui furent suivies par un grand mouvement de grève. Le parti de Sabiani s’opposa violemment à lui, le 17 juin. « La Canebière est devenue un champ clos où, par petits groupes, on règle des comptes. Des autodafés de drapeaux rouges sont ponctuées par le feu nourri des armes. Des voitures sont renversées. Les dégâts matériels sont impressionnants » (in Simon Sabiani, par J.-B. Nicolaï).
Ces incidents n’empêchèrent pas le succès du 14 juillet : 200 000 personnes allèrent du Prado aux Mobiles, d’après Fernand Pauriol (Rouge-Midi – 17 juillet), contre 20 000 dans le défilé des nationaux.
La fête de Jeanne d’Arc du 8 mai 1937 montra que la droite marseillaise s’était unie contre le « péril rouge ». D’après l’Action Française, sur les « 20 000 patriotes qui défilèrent derrière Eugène Pierre, nouveau président du Comité, Simon Sabiani avec le P.P.F. et Jacques Arnoult avec le P.S.F. (ex-Croix de Feu), étaient présents pour la première fois ».
Les Marseillais eurent de nombreuses occasions d’arpenter le pavé mais combien étaient-ils réellement ? Les chiffres publiés dans les journaux sont tous sujets à caution. Robert Mencherini, dans Midi rouge, ombres et lumières (éditions Syllepse, 2004), le souligne en citant l’exemple du 1er mai 1938 : dans Rouge-Midi, le journal communiste, la Canebière est noire de monde ; dans Marseille-Matin, le quotidien de Jean Fraissinet, elle est vide.
Le 14 juillet 1939, on aurait dû fêter le cent-cinquantième anniversaire de la Révolution. La journée fut marquée au contraire par deux défilés marquant la division des Français à la veille de la guerre. (Fin)

1er mai 1936, manifestation de force des syndicats
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Pierre Bergé, l’épine dans le pied de la bien-pensance - Journal du lundi 6 novembre 2017