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l'information nationaliste - Page 6156

  • Effet bénéfique du Brexit : baisse de l’immigration au Royaume-Uni

    C’est Valeurs Actuelles qui nous l’apprend : de septembre 2015 à septembre 2016, le solde migratoire net du Royaume Uni est tombé à 273 000, soit une chute de près de 50 000 unités par rapport à la période précédente, atteignant ainsi son plus bas niveau depuis juin 2014.

    Le Premier ministre Theresa May s’est félicitée de ce résultat, tout en souhaitant « en faire davantage pour atteindre l’objectif d’un solde migratoire de seulement quelques dizaines de milliers de personnes ».

    Brexit : baisse drastique de l'immigration au Royaume-Uni >>

  • Donald Trump à la Conférence des Conservateurs américains

    La CPAC, Conservative Political Action Conference, est un grand rendez-vous politique, organisé par les conservateurs américains, se déroulant chaque année dans la ville de Washington DC, aux États-Unis. S'y retrouvent les personnalités les plus en vue des différents courants du mouvement conservateur américain, élus, militants ou dirigeants d'organisation, journalistes... Une sorte de rendez-vous de Béziers mais au format américain... 

    Donald Trump s'y est rendu. C'est le premier président à s'y rendre depuis Reagan.

    Il a cité notre bonne ville de Paris... :

    "La sécurité nationale commence par la sécurité aux frontières. Les terroristes étrangers ne pourront pas frapper l'Amérique s'ils ne peuvent entrer dans notre pays". "Regardez ce qui se passe en Europe! Regardez ce qui passe en Europe!"

    "J'ai un ami, c'est quelqu'un de très très important. Il adore la Ville lumière. Pendant des années, tous les étés, il allait à Paris, avec sa femme et sa famille".

    "Je ne l'avais pas vu depuis longtemps et j'ai dit 'Jim, comment va Paris ?'; 'Je n'y vais plus. Paris n'est plus Paris'". "Il n'aurait jamais raté une occasion. Aujourd'hui, il n'envisage même plus d'y aller".

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • COP21 : ce que la presse française ne vous dit pas

    Il est de plus en plus évident que les États-Unis vont se retirer de l’accord de Paris, le fameux « succès du quinquennat ».

    Il y a quelques jours, le président Trump essuyait un revers avec la démission forcée de son conseiller à la Défense nationale, le général Flynn, suite à des révélations de la NSA et de la CIA à la presse, qui en a fait ses gros titres. Sur le dossier environnement, les choses sont différentes et l’administration démocrate du pays a du souci à se faire.

    Le très redouté Scott Pruitt a été confirmé récemment par le Sénat à la tête de l’EPA (Environmental Protection Agency/Agence de protection de l’environnement). Évidemment, cette information n’a pas filtré dans les médias français, et pour cause : il se présente lui-même comme « un opposant à la politique activiste de l’EPA ». Cet organisme, noyauté par l’administration Obama, finançait entre autres les études sur le climat, pour peu qu’elles soient alarmistes.

    Pourquoi la presse française aurait-elle dû s’intéresser à cette nouvelle ? Premièrement, si la communication autour de la science climatique devient enfin objective, cela aura des répercussions sur les politiques de transition énergétique propres à chaque pays. Nos candidats à la présidentielle feraient bien d’en tenir compte.

    Deuxièmement, il est de plus en plus évident que les États-Unis vont se retirer de l’accord de Paris, le fameux « succès du quinquennat ».

    Myron Ebell, qui était à la tête de l’équipe de transition de l’EPA, l’a affirmé publiquement début février, lors d’un colloque organisé à Bruxelles.

    Autre signe allant dans ce sens, le thème « changement climatique » a disparu du site officiel de la Maison-Blanche. Il est remplacé par une annonce disant que « la nouvelle politique américaine va mettre en place un nettoyage des lois et des taxes climatiques inutiles ». Si cela se fait, nous devrons nous adapter, sous peine de voir nos entreprises un peu plus handicapées.

    Autre indice, le thème du climat a été évacué de la déclaration commune qu’ont effectuée Justin Trudeau et Donald Trump lors de la visite de ce dernier au Canada. En fait, la question n’est plus que de savoir comment les USA vont procéder pour sortir de cet accord. Un rapport du Sénat américain s’est déjà penché sur la question, et diverses solutions sont possibles.

    Face à cette menace, selon un communiqué de l’AFP, notre Président Hollande a affirmé qu’il fallait répondre avec « fermeté » à Donald Trump, en marge d’un sommet de sept pays du sud de l’Union européenne à Lisbonne. Lors de son entretien téléphonique avec son homologue américain, cette question a été évoquée et, selon le Washington Post, Trump lui a répondu textuellement qu’il voulait que les USA se retirent de l’accord.

    Pour ceux qui seraient inquiets de l’avenir climatique de la planète, sachez que Christiana Figueres, la représentante officielle des Nations unies pour le climat, a affirmé ce mois-ci, durant une conférence à Bruxelles, que « le but des conventions climatiques signées par l’ONU n’était pas de sauver le monde de calamités écologiques, mais de détruire le capitalisme ». Trump l’a bien compris.

    http://www.bvoltaire.fr/marclemenn/cop-21-presse-francaise-ne-dit,315805

  • Six millions de migrants aux portes de l’Europe !

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    « Ils veulent tous venir en Europe », s’alarmait mardi le quotidien allemand Bild, révélant que selon un rapport du renseignement intérieur allemand, près de 6 millions de migrants sont prêts à tout, sur le pourtour méditerranéen, pour passer clandestinement en Europe.

    « Les pays connaissant la plus forte proportion de clandestins, détaille TV Libertés sur la base de la presse allemande, sont la Turquie avec près de 3 millions d’individus, et la Libye avec 1,2 million » de personnes, très majoritairement issues de l’Afrique sub-saharienne et de religion musulmane.

    Le renseignement d’Outre-Rhin a recensé également jusqu’à 710 000 migrants potentiels en Jordanie, 500 000 en Egypte ou 610 000 en Tunisie, en Algérie et au Maroc.

    Un sujet détaillé sur TV Libertés (à partir de 13’05’’).

  • Banlieues : qui a allumé le feu ?

    Sous prétexte de calmer le jeu, la passivité et la complaisance affichée du pouvoir envers la « cause » des banlieues en général et de Théo en particulier ne font que conforter les émeutiers. Pendant que la guérilla urbaine s’étend, le PS, s’appuie sur la bien-pensance et rêve de présidentielles.

    À feu et pas encore trop à sang, mais pour combien de temps ? Les banlieues dites « populaires » en novlangue (comprendre à fort taux de population immigrée ou d'origine immigrée) sont la proie d'émeutes de plus en plus violentes. L'étincelle qui a mis le feu aux poudres, c'est l'arrestation musclée de Théo, 22 ans, le 2 février à Aulnay-sous-Bois. Interpellation durant laquelle le « jeune » raconte avoir subi un viol à coups de matraque par l'un des policiers, déchirure à l'anus et 60 jours d'incapacité totale de travail (ITT) à l'appui de son récit.

    S'en suivent plusieurs journées de manifestations à Aulnay puis à Bobigny, « en marge » desquelles pillages, destructions, affrontements violents avec la police se succèdent et font tache d'huile en Seine-Saint-Denis. Les habitants n'attendent évidemment pas les conclusions de l'IGPN, la police des polices, pour se lancer dans leur vendetta, pas plus que la presse, d'ailleurs, qui relaie com-plaisamment la version de Théo. « Je me mets contre le mur, tranquillement, et là un des policiers vient et m'assène un coup », explique-t-il. « Je l'ai vu avec sa matraque il me l’a enfoncée dans les fesses, volontairement. »

    Une guerre civile de basse intensité

    Plus étonnant (?), le silence du ministre de l'Intérieur (rappelons à nos lecteurs qu'il se nomme Bruno Le Roux) et la visite de François Hollande au chevet du blessé pour appeler au calme. Appel, appuyé par celui de Théo, qui ne sera pas entendu.

    La présence du « président » auprès de la victime atteste aux yeux de tous la culpabilité de la police, qui a apprécié le déplacement d'un Hollande, absent au chevet des flics brûlés vifs dans leur voiture à Viry-Châtillon.

    D'ailleurs, les bœufs-carotte, pourtant réputés intraitables, concluent à une blessure involontaire de la part du flic matraqueur. Celui-ci décrira l'interpellation du trafiquant de drogue, très violent « Il se débattait, portait des coups de poing à tout va… » Un peu plus loin, il explique qu'« il continuait de piétiner le gardien de la paix D qui se trouvait toujours dos contre sol » et que c'est à ce moment qu'il assène à Théo des coups de matraque dans les jambes, ne s'expliquant pas la provenance de sa blessure à l'anus.

    Anus qui va donc servir d'étendard aux casseurs d'Île-de-France et de province, qui régulièrement font reculer la police sous le nombre et la violence de leurs assauts, lesquels s'apparentent bien souvent à de la guérilla urbaine. Car si les émeutes sont encore inorganisées, malgré les tentatives de l'ultra-gauche d'infiltrer et de coordonner le mouvement, elles ne sont qu'un nouvel épisode de cette guerre civile de basse intensité qui voit s'affronter les « territoires perdus de la République » et les forces de l'ordre.

    L'anus de Théo

    Les jeunes considèrent d'ailleurs ces dernières comme une simple bande rivale qu'il convient de chasser de son territoire, à coups de cocktails Molotov et de « Allahu Akbar », souvent entendus dans les vidéos prises sur le vif et qui témoignent que la dimension ethnico-religieuse se mêle à la simple délinquance dans ces affrontements.

    Le « pouvoir », lui, gère la situation à sa manière. Il minimise et temporise. Parle de « quelques dizaines de casseurs », alors que les rapports de police font état de centaines d'émeutiers. « S'il y a des manifestations, il n'y a pas l'autorisation de casser », tance Hollande le 14 février. Un truisme que n'aurait pas renié Macron. L'explication semble évidente le PS est tétanisé à l'idée de déplaire à son électoral fétiche, minorités ethniques, bobos et gauchistes. Il s'en voudrait à mort d'encourir les foudres de la bien-pensance journalistique - qui ne découvre la vraie nature des « jeunes » que quand leurs voitures brûlent - et artistique, qui signe des appels indécents de complaisance communautariste dans Libé ou réclame justice pour Théo aux Victoires de la Musique. Alors, il demande aux associations antiracistes comment éteindre le feu qu'elles ont alimenté.

    L'effet Penelopegate est passé par là, la bulle Macron semble se dégonfler et Hamon peut envisager l'impossible, une qualification au second tour, donc une très probable victoire à la présidentielle. L’Élysée vaut bien de laisser brûler une ou deux banlieues... au risque de répéter le scénario de 2005.

    Richard Dalleau monde&vie 23 février 2017

  • "Le véritable contre-pouvoir, c'est Internet, les réseaux sociaux, c'est vous"

    En meeting dans la Drôme ce vendredi, Marine Le Pen s'en est pris directement aux médias :

    "le véritable contre-pouvoir, ce n'est plus la presse". "Le véritable contre-pouvoir, c'est Internet, les réseaux sociaux, c'est vous (…) Les médias ne se comportent plus comme des contre-pouvoirs mais comme les petits fayots du système".

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Ernst Jünger : L’Anarque

    « L’anarque peut vivre dans la solitude; l’anarchiste est un être social, et contraint de chercher des compagnons.
    Etant anarque, je suis résolu à ne me laisser captiver par rien, à ne rien prendre au sérieux, en dernière analyse… non, certes, à la manière des nihilistes, mais plutôt en enfant perdu, qui, dans le no man’s land d’entre les lignes des marées, ouvre l’oeil et l’oreille.

    C’est le rôle de l’anarque que de rester libre de tout engagement, mais capable de se tourner de n’importe quel côté.

    Le trait propre qui fait de moi un anarque, c’est que je vis dans un monde que, « en dernière analyse », je ne prends pas au sérieux.

    Pour l’anarque, les choses ne changent guère lorsqu’il se dépouille d’un uniforme qu’il considérait en partie comme une souquenille de fou, en partie comme un vêtement de camouflage. Il dissimule sa liberté intérieure, qu’il objectivera à l’occasion de tels passages. C’est ce qui le distingue de l’anarchiste qui, objectivement dépourvu de toute liberté, est pris d’une crise de folie furieuse, jusqu’au moment où on lui passe une camisole de force plus sérieuse.

    Ce qui d’ailleurs me frappe, chez nos professeurs, c’est qu’ils pérorent d’abondance contre l’Etat et l’ordre, pour briller devant les étudiants, tout en attendant du même Etat qu’il leur verse ponctuellement leur traitement, leur pension et leurs allocations familiales, et qu’à cet égard du moins ils sont encore amis de l’ordre.

    Le libéral est mécontent de tout régime; l’anarque en traverse la série, si possible sans jamais se cogner, comme il ferait d’une colonnade. C’est la  bonne recette pour qui s’intéresse à l’essence du monde plutôt qu’à ses apparences – le philosophe, l’artiste, le croyant.

    Quand la société oblige l’anarque à entrer dans un conflit auquel il est intérieurement indifférent, elle provoque ses contre-mesures. Il tentera de retourner le levier au moyen duquel elle le meut.

    Si j’aime la liberté « par dessus tout », chaque engagement devient image, symbole. Ce qui touche à la différence entre le rebelle et le combattant pour la liberté; elle est de nature, non qualitative, mais essentielle. L’anarque est plus proche de l’être. Le partisan se meut à l’intérieur des fronts sociaux et nationaux, l’anarque se tient au-dehors. Il est vrai qu’il ne saurait se soustraire aux divisions entre partis, puisqu’il vit en société.

    Je disais qu’il ne faut pas confondre rebelles et partisans; le partisan se bat en compagnie, le rebelle tout seul. D’autre part, il faut bien distinguer le rebelle de l’anarque, bien que l’un et l’autre soient parfois très semblables et à peine différents, d’un point de vue existentiel.
    La distinction réside en ce que le rebelle a été banni de la société, tandis que l’anarque a banni la société de lui-même. Il est et reste son propre maître dans toutes circonstances.

    Pour l’anarque […] S’il prend ses distances à l’égard du pouvoir, celui d’un prince ou de la société, cela ne veut pas dire qu’il refuse de servir, quoiqu’il advienne. D’une manière générale, il ne sert pas plus mal que tous les autres, et parfois mieux encore, quand le jeu l’amuse. C’est seulement du serment, du sacrifice, du don suprême de soi qu’il s’abstient.

    L’anarque est […] le pendant du monarque : souverain, comme celui-ci, et plus libre, n’étant pas contraint au règne.

    Le libéralisme est à la liberté ce que l’anarchisme est à l’anarchie.

    L’illusion égalitaire des démagogues est encore plus dangereuse que la brutalité des traîneurs de sabres… pour l’anarque, constatation théorique,  puisqu’il les évite les uns et les autres.

    L’anarque, ne reconnaissant aucun gouvernement, mais refusant aussi de se bercer, comme l’anarchiste, de songeries paradisiaques, possède, pour cette seule raison, un poste d’observateur neutre.

    L’anarque pense de manière plus primitive; il ne se laisse rien prendre de son bonheur. « Rends-toi toi-même heureux », c’est son principe fondamental, et sa réplique au « Connais-toi toi-même » du temple d’Apollon, à Delphes. Les deux maximes se complètent; il nous faut connaître, et notre bonheur, et notre mesure.

    Le monde est plus merveilleux que ne le représentent sciences et religions. L’art est seul à le soupçonner.

    L’obligation scolaire est, en gros, un moyen de châtrer la force de la nature et d’amorcer l’exploitation. C’est tout aussi vrai du service militaire obligatoire, qui est apparu dans le même contexte. L’anarque le rejette, tout comme la vaccination obligatoire et les assurances, quelles qu’elles soient. Il prête serment, mais avec des restrictions mentales. Il n’est pas déserteur, mais réfractaire.

    Qu’on lui impose le port d’une arme, il n’en sera pas plus digne de confiance, mais, tout au contraire, plus dangereux. La collectivité ne peut tirer que dans une direction, l’anarque dans tous les azimuts.

    L’anarque […] a le temps d’attendre. Il a son éthos propre, mais pas de morale. Il reconnaît le droit et non la loi; méprise les règlements. Dès que l’éthos descend au niveau des règlements et des commandements, c’est qu’il est déjà corrompu.

    L’anarque n’en [la société] discerne pas seulement de prime abord l’imperfection : il en reconnaît la valeur, même avec cette réserve. L’Etat et la société lui répugnent plus ou moins, mais il peut se présenter des temps et des lieux où l’harmonie invisible transparaît dans l’harmonie visible. Ce qui se révèle avant tout dans l’oeuvre d’art. En pareil cas, on sert joyeusement.

    L’égalisation et le culte des idées collectives n’excluent point le pouvoir de l’individu. Bien au contraire : c’est en lui que se concentrent les aspirations des multitudes comme au foyer d’un miroir concave.

    Etant anarque, ne respectant, par conséquent, ni loi ni moeurs, je suis obligé envers moi-même de prendre les choses par leur racine. J’ai alors coutume de les scruter dans leurs contradictions, comme l’image et son reflet. L’un et l’autre sont imparfaits -en tentant de les faire coïncider, comme je m’y exerce chaque matin, j’attrape au vol un coin de réalité.

    Non qu’en tant qu’anarque, je rejette à tout prix l’autorité. Bien au contraire : je suis en quête d’elle et me réserve, pour cette raison précise, le droit d’examen.
    Je mentionne cette indifférence parce qu’elle éclaire la distance entre les positions : l’anarchiste, ennemi-né de l’autorité, s’y fracassera après l’avoir plus ou moins endommagée. L’anarque, au contraire, s’est approprié l’autorité; il est souverain. De ce fait, il se comporte, envers l’Etat et la société, comme une puissance neutre. Ce qui s’y passe peut lui plaire, lui déplaire, lui être indifférent. C’est là ce qui décide de sa conduite; il se garde d’investir des valeurs de sentiment. Chacun est au centre du monde, et c’est sa liberté absolue qui crée la distance où s’équilibrent le respect d’autrui et celui de soi-même.

    Le bannissement se rattache à la société comme l’un des symptômes de son imperfection, dont l’anarque s’accommode tandis que l’anarchiste tente d’en venir à bout.

    Nous frôlons ici une autre des dissemblances entre [l’anarque] et l’anarchiste : la relation à l’autorité, au pouvoir législateur.
    L’anarchiste en est l’ennemi mortel, tandis que l’anarque n’en reconnaît pas la légitimité. Il ne cherche, ni à s’en emparer, ni à la renverser, ni à la  modifier – ses coups de butoir passent à côté de lui. C’est seulement des tourbillons provoqués par elle qu’il lui faut s’accommoder.
    L’anarque n’est pas non plus un individualiste. Il ne veut s’exhiber, ni sous les oripeaux du « grand homme », ni sous ceux de l’esprit libre. Sa mesure lui suffit; la liberté n’est pas son but; elle est sa propriété. Il n’intervient ni en ennemi, ni en réformateur; dans les chaumières comme dans  les palais, on pourra s’entendre avec lui. La vie est trop courte et trop belle pour qu’on la sacrifie à des idées, bien qu’on puisse toujours éviter d’en être contaminé. Mais salut aux martyrs !

    A première vue, l’anarque apparaît identique à l’anarchiste en ce qu’ils admettent, l’un comme l’autre, que l’homme est bon. La différence consiste en ceci : l’anarchiste le croit, l’anarque le concède. Donc, pour lui, c’est une hypothèse, pour l’anarchiste un axiome. Une hypothèse a besoin d’être vérifiée en chaque cas particulier; un axiome est inébranlable. Suivent alors les déceptions personnelles. C’est pourquoi l’histoire de l’anarchie est faite d’une série de scissions. Pour finir, l’individu reste seul, en désespéré.

    Il n’y a pas plus à espérer de la société que de l’Etat. Le salut est dans l’individu.

    L’idée fondamentale de Fourier est excellente : c’est que la création est mal fondue. Son erreur consiste à croire que ce défaut dans la coulée est réparable. Avant tout, l’anarque doit se garder de penser en progressiste. C’est la faute de l’anarchiste, en vertu de laquelle il lâche les rênes.

    L’anarque peut rencontrer le monarque sans contrainte; il se sent l’égal de tous, même parmi les rois. Cette humeur fondamentale se communique au souverain; il sent qu’on le regarde sans préjugés. C’est ainsi que naît une bienveillance réciproque, favorable à l’entretien.

    Le capitalisme d’Etat est plus dangereux encore que le capitalisme privé, parce qu’il est directement lié avec le pouvoir politique. Seul, l’individu peut réussir à lui échapper, mais non l’association. C’est l’une des raisons qui font échouer l’anarchiste. »

    Ernst Jünger, Eumeswill (1977)

    Source

    http://www.voxnr.com/8245/ernst-junger-lanarque