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Un jour à la ferme - Orages d'acier - 12/02/2017
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Nous étions à Pontourny – par Gabriel Florent (Les Identitaires)

Samedi 11 février, des habitants de Pontourny et de ses environs, en Indre-et-Loire, se sont réunis dans un froid glacial pour manifester contre le centre de « prévention, insertion et citoyenneté », termes officiel pour désigner le premier (et seul) centre de « déradicalisation » de France.
Inauguré en grandes pompes en septembre 2016, ce centre a toujours provoqué une franche opposition de la part de la population. Pour faire passer la pilule, l’État a annoncé que seuls des profils de « bas du spectre » seraient concernés par le centre de Pontourny : des jeunes « en voie de radicalisation », n’ayant jamais tenté de rejoindre la Syrie et n’ayant jamais été condamnés pour voies de violences.
Las ! Ces bonnes volontés se sont fracassées contre le mur de la réalité, et ce centre n’a jamais pu remplir ses vingt-cinq places. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir trahi toutes ces belles promesses : le centre de Pontourny a accueilli un condamné pour violences, un fiché S lié à la filière du Bataclan… Le 9 février, le tout dernier pensionnaire du centre a été condamné pour violences et apologie du terrorisme, poussant l’État à décréter un moratoire d’un mois devant cet échec lamentable qui a déjà coûté au contribuable la bagatelle de dix millions d’euros.
Cette succession de couacs, qui montre bien l’amateurisme criminel du gouvernement sur la question islamiste, n’a fait que renforcer la détermination des riverains pour leur manifestation, prévue avant le moratoire. Ils se sont donc retrouvés samedi matin pour manifester.
La population est à l’image sociologique de la région : européenne et plutôt âgée même si nous notons la présence de quelques familles. Le rendez-vous se situe devant la salle des fêtes, en face du PMU. Nous sommes bien ici dans la France périphérique décrite par Christophe Guilluy, cette France qui souffre de la mondialisation, que les jeunes quittent faute de travail et d’avenir. C’est d’ailleurs un crève-cœur que de voir que les fenêtres de la magnifique cité médiévale de Chinon, voisine de Pontourny, sont parsemées de panneaux « À vendre ». C’est pourtant cette France-là que le gouvernement a décidé de punir à nouveau en y installant un centre abritant des islamistes dangereux, comme il a précédemment dans d’autres villes et villages similaires répartis des clandestins.
Nous sommes une dizaine de militants identitaires, et notre jeunesse attire tout de suite l’attention. Des organisateurs, mais également des journalistes, venus en nombre pour couvrir la manifestation. Un des organisateurs, craignant de ne pouvoir tenir sur les trois kilomètres de manifestation, préfère confier l’un des deux mégaphones à un de nos militants, âgé de seize ans. Mission que notre militant s’empresse avec zèle de remplir.
Nous avons pu constater sur place que cette manifestation est une saine réaction populaire. La réaction d’un peuple qui refuse de voir son environnement utilisé pour loger ses ennemis. Qui n’accepte pas d’être envahi. Qui ne veut pas que le peu qui lui reste soit spolié par l’Etat pour nourrir ses ennemis.
D’un peuple qui veut, en somme, rester maître chez lui.
Nous retrouver aux cotés de ce peuple, notre peuple, accompagner cette saine réaction populaire, était non seulement un devoir, mais une véritable fierté. Si le projet n’était pas abandonné, c’est bien entendu plus nombreux et déterminés que nous viendrons à nouveau soutenir les habitants de Pontourny.
Gabriel Florent
Texte repris du site de : Les Identitaires
http://fr.novopress.info/203496/nous-etions-a-pontourny-par-gabriel-florent-les-identitaires/
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Proudhon vu par les royalistes (partie 2) : différences et points d'accord.
Je poursuis ici ma réponse sur P.-J. Proudhon et sur ce qui peut intéresser les royalistes dans sa pensée. Rappelons qu’il ne s’agit évidemment pas d’annexer Proudhon ou d’en faire un royaliste qu’il n’a jamais été : ce qui n’empêche pas d’en parler avec toute la liberté possible et sans préjugé. Certains voudraient que les frontières politiques soient infranchissables et prônent, d’une manière certaine, une forme de repli sur les positions déjà établies : le royalisme contemporain tel que je l’envisage ne doit pas avoir de telles attitudes de fermeture intolérante et, en définitive contreproductives. Pour autant, il n’est pas question non plus de céder aux facilités intellectuelles d’un conformisme qui ne peut rien apporter de bon au combat royaliste, qui est un combat d’exigence… La rigueur dans la pensée permet la véritable discussion, celle qui fonde le débat intellectuel et l’action politique.
Proudhon était hostile à l’Église, ce qui n'est pas forcément notre cas, même si notre position politique est celle de l'indépendance de l’État à son égard, ce que peut comprendre un lecteur attentif de Proudhon qui constatera que ce dernier n'est pas, en soi, un anticatholique et qu'il la rejoint même sur la lutte pour la préservation du repos dominical, comme le montre son texte « De la célébration du dimanche »...
Il était aussi hostile au Pouvoir de l’État, et n'a eu de cesse de dénoncer la Révolution en ce qu'elle avait marqué un renforcement du Pouvoir par la centralisation et, pire encore, par le centralisme symbolisé par le jacobinisme, idéologique comme étatique. En cela, il rencontre une écoute attentive des monarchistes contre-révolutionnaires, et particulièrement aux XXe et XXIe siècles : dans les années 1910, quelques intellectuels royalistes sociaux fonderont, avec le soutien de Charles Maurras et de Georges Sorel (socialiste fervent et antiparlementaire), le « Cercle Proudhon », tandis que la pensée de Proudhon sera enseignée, avec des commentaires et des critiques mais sans acrimonie, par les monarchistes, de la revue « L'Ordre français » aux militants engagés dans la Nouvelle Action Française des années 1970. Loin d'en faire un maître, les royalistes voient en Proudhon une référence intéressante, un « socialiste français » dont nombre d'idées peuvent s'accorder à un royalisme « de combat » contre le système du Pouvoir-Moloch républicain. Sa défiance à l'égard du rousseauisme est aussi un élément que les royalistes considèrent favorablement.
Proudhon n'est pas corporatiste mais les corporations d'Ancien régime sont une manifestation professionnelle de la subsidiarité nécessaire, selon les monarchistes, à une organisation équilibrée des territoires de France. De plus, Proudhon, sans être royaliste, reconnaît quelques qualités à la Monarchie, comme cette citation le révèle : « Un homme qui travaille à assurer sa dynastie, qui bâtit pour l'éternité est moins à craindre que des parvenus pressés de s'enrichir et de signaler leur passage par quelque action d'éclat. » Alors, pourquoi n'en ferions-nous pas état ? Nous ne sommes pas sectaires et nous prenons aussi notre bonheur là où il se trouve, chez Proudhon l'anarchiste comme chez Orwell ou Brassens !
Le révolutionnaire Blanqui, lui aussi, aurait beaucoup à apporter à notre réflexion, malgré son anti-monarchisme virulent. Mais Proudhon nous apporte plus, et plus immédiatement. Quant à la Commune de mai 1871 et à son terrible châtiment, il suffit de relire Georges Bernanos, ce royaliste colérique et si ardent qu'il brûle encore la République aux doigts, pour bien saisir combien le « sinistre Thiers », celui-là même qui établira la République bourgeoise en empêchant la restauration d'un roi (le comte de Chambord considéré comme « trop socialiste » par les élites financières de l'époque), n'a rien de royaliste ! Qu'il ait été ministre sous Louis-Philippe, bien avant la Commune, n'y change rien, car il apparaît, pour les historiens comme pour les monarchistes (y compris du XIXe siècle), comme l'incarnation même de la « bourgeoisie égoïste et sans cœur », celle qui a trouvé en la République son meilleur moyen institutionnel de domination et de répression. Signalons en passant que la République sera moins avare du sang ouvrier que la Monarchie, dont les trois derniers rois déchus se refuseront, en tant que « père du peuple », à faire tirer sur les manifestants, et préféreront y perdre, non leur honneur, mais leur trône... « Le droit du Prince naît du besoin du Peuple », comme le rappelait Pierre Boutang.
Dans la fin de votre propos, vous vous en prenez à Pierre Bécat, bien à tort quand on connaît son œuvre et son état d'esprit, d'une grande générosité et ouverture intellectuelle. Qu'il soit royaliste est indéniable et il en était fier, comme nous sommes fiers de le lire, de le commenter et de le republier. La lecture de « L'anarchiste Proudhon, apôtre du progrès social » montre toute la complexité d'une pensée proudhonienne qui mérite mieux que la répétition de quelques formules toutes faites et de préjugés tenaces mais, en définitive, faux : Bécat évite quelques écueils de la « pensée facile » qui n'est rien d'autre, le plus souvent, qu'une « pensée paresseuse ».
Une dernière remarque : pour mon compte personnel, ce n'est pas à l'école de la République que j'ai rencontré Proudhon, jamais évoqué durant ma quinzaine d'années de scolarité obligatoire par cette école qui se dit publique. C'est, au début des années 1980, lors d'une université d'été royaliste, le Camp Maxime Real del Sarte, que, pour la première fois, j'ai entendu parler de Proudhon autrement que comme un simple nom perdu dans un dictionnaire : est-ce, au regard de ce qui a été écrit ci-dessus, si étonnant que cela ?
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« Nous n'avons pas encore fini d'être Français ! » | Reportage aux Assises présidentielles de Lyon
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Bobards d’Or : quand la réinformation dérange
Source : Polemia – « Bobards d’Or : quand la réinformation dérange »
Effusion, applaudissements enjôleurs, en ce 6 février 2017. Sous les élégantes loges du théâtre Marie Bell, le public a tranché : au terme d’une soirée à laquelle il a fait honneur, il a couronné l’équipe de Yann Barthès du Bobard d’Or de l’année !
Le choix fut cornélien et les concurrents des rivaux de taille. Mais décidément, la balade d’Hugo Clément dans Molenbeek, ce paradis du multiculturalisme où il fait bon vivre, aura ravi la victoire. Réagissant aux sombres propos d’un Donald Trump trop prompt à dénoncer en ce quartier belge une zone de non-droit dans laquelle les forces de l’ordre n’osent plus paraître, le journaliste de l’équipe de Yann Barthès (Le Petit Journal) aura omis de mentionner l’état de siège dans lequel se trouvait plongé Molenbeek au lendemain des attentats du 13 novembre… Si l’ex équipe de Canal + (aujourd’hui partie chez Quotidien) n’est pas venue chercher sa récompense, Jacques Pezet (Désintox, Libération) a déploré, au détour d’un tweet, de ne pas pouvoir venir chercher une quelconque distinction à l’issue de la soirée. Le Bobard d’argent a, quant à lui, échu à Alain Marschall, qui avait, sur BFMTV, affublé le terroriste à l’origine du carnage de Nice d’un déséquilibre mental douteux et prétendu que l’attentat d’Orlando, pourtant revendiqué par l’Etat islamique, n’était pas islamique… Enfin, c’est Guillaume Auda, l’ancien journaliste d’i>Télé, parti raconter ses mensonges sur France 2, qui a remporté le Bobard de bronze, pour des tweets affabulateurs sur de pseudo-soutiens de Donald Trump (des activistes noirs déguisés en membres du Ku-Klux-Klan…).
Les décodeurs à l’assaut de la cérémonieDans les loges, les journalistes de TV5, du Monde et de Marianne se font discrets : si Aurélien Colly (Radio France) semble avoir rapidement déserté les lieux, d’autres assistent vaillamment à la cérémonie. Sourire figé, certains attendent patiemment la fin de la soirée pour interroger une assistance dont on salive à l’avance les « dérapages ». D’autres n’auront pas leur tempérance. À l’instar de Guillaume Meurice, « l’humoriste » de France Inter, plus pressé de déguster une bière au bar que de saisir les ressorts à l’origine de ce que sa bande de petits copains « décodent » toute la journée. L’homme est sans préjugés : les « réunions d’extrême droite » de ce type, ça le connaît ! Alors à quoi bon tenter de saisir, de comprendre la raison pour laquelle, pour la huitième année consécutive, c’est une salle comble et de francs éclats de rire qui accueillent cette cérémonie ; de saisir pourquoi, huit ans durant, les organisateurs des Bobards d’Or n’ont jamais reçu de plaintes à l’issue des dénonciations faites à l’encontre d’une sphère médiatique qui s’est érigée seule détentrice d’une pensée conformiste, au gré des accents supposés « humanistes » de ses chroniques. Le lendemain, Guillaume rate salement sa chronique ; plus fasciné par la binouze que par la critique qui lui est adressée, le chroniqueur aura eu quelques difficultés à retracer le déroulement de la cérémonie… Mais, courageux, il mijotera des heures durant dehors, son manque d’intérêt pour la cérémonie lui ayant valu, après de nombreux allers-retours au bar, d’être remercié. Un courage salué, par la présentatrice de la matinale de France Inter : « Merci, Guillaume, des risques que vous prenez ». A n’en pas douter, sélectionner trois anecdotes d’une soirée qu’on n’a daigné honorer de plus de quelques minutes de présence, ça c’est de la prise de risque !
Qu’ils fussent grossiers (comme Meurice) ou plus curieux, les journalistes des grandes plateformes subventionnées auront, quoi qu’il en soit, honoré la cérémonie de leur présence. Le Décodex, la Désintox, la chasse aux « fake news », c’est « tendance » ! En créant ces armes contre la réinformation, la grande presse ne fait pourtant que conforter celle-ci dans la certitude que l’information dispensée par l’oligarchie, tantôt tronquée, tantôt censurée, en permanence orientée, a fait son temps.
Une presse obèseAvec 2,3 milliards de subventions, les subsides octroyés à la presse représentent 30% du chiffre d’affaires de ce milieu… « Contre une moyenne européenne de 2% », souligne Benjamin Dormann. Au cours d’une démonstration solidement argumentée, l’auteur d’Ils ont acheté la presse (éditions Jean Picollec) a fait remarquer au public le véritable gouffre économique qu’incarne aujourd’hui la grande presse. « Aux mains de sept des onze plus gros milliardaires français, comment les grands titres des médias de l’oligarchie ne pourraient être influencés par leurs investisseurs et propriétaires ? », s’interroge encore l’ancien journaliste. Une problématique qui ne semble pas poser de cas de conscience au multimilliardaire Xaviel Niel, notamment actionnaire d’Atlantico, qui soulignait récemment « Quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard, et ensuite ils me foutent la paix ».
Conclusion
« Cette cérémonie vient à nouveau de le démontrer : la presse écrite subventionnée et les radios et télévisions autorisées à émettre ne sont pas des médias d’information mais des médias de propagande », conclura justement Jean-Yves le Gallou au terme de la soirée. Pour autant, face à cet état de fait, il n’est pas de désespoir permis. Car, cette année, les victoires de la réinformation ont été nombreuses : de la discréditation d’« Ali » Juppé à l’annulation du concert de Black M à Verdun, les dynamiques impulsées par les réseaux sociaux sont la preuve que le pays réel a trouvé ce canal d’expression qui lui permettra demain de faire triompher l’information factuelle sur la soupe idéologique servie dans les mangeoires quotidiennes de la presse subventionnée. « Rira bien qui rira le dernier »…
http://fr.novopress.info/203475/bobards-dor-quand-la-reinformation-derange/
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Terres de Mission n°19 : Le populisme chrétien
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Fausses nouvelles : les médias dominants gonflent leurs chiffres de fréquentation grâce à des bots chinois
La semaine dernière, le New York Times, journal en perdition, a publié un article qui attribuait à Donald Trump et à l’élection présidentielle controversée le gain de « plus d’abonnés en trois mois que sur toute l’année 2015 », revendiquant 276 000 clients supplémentaires pour la « version numérique uniquement ».
La publication, propriété du milliardaire mexicain Carlos Slim, cernée de toutes parts, se porte tellement bien qu’elle abandonne huit étages de son quartier-général new-yorkais pour « générer des revenus locatifs significatifs », et qu’elle publie de pathétiques publicités sur Twitter proposant 40 % de réduction sur les abonnements, avec des slogans tels que « La vérité. C’est vital pour la démocratie » et « Le meilleur du journalisme indépendant ».
Alors que le nombre d’abonnés pourrait certes avoir augmenté, le trafic sur le site n’a véritablement commencé à décoller qu’à partir de la première semaine de décembre.
Le Washington Post et le Guardian ont connu des évolutions de trafic similaires durant cette période, en contraste flagrant avec leurs autres confrères.
Une rapide comparaison avant/après illustre l’énorme augmentation du nombre de visiteurs :
Classements au début du mois de décembre 2016 :

Classements au 8 février 2017 :

Le trafic commence à augmenter de manière significative vers la mi-décembre pour les trois sites. Voici une comparaison des variations de la fréquentation de ces trois sites, comparée à celle d’autres sites d’information :

Voilà qui est étrange. Voyons à présent la fréquentation du site du New York Times par pays d’origine, qui montre une augmentation significative du nombre de visiteurs en provenance de Chine, passant en deux mois de 5,1 % à 49,2 % de l’ensemble du trafic sur le site :

Ce qui est encore plus intéressant est le fait que le New York Times a été complètement bloqué en Chine depuis 2012, et que le mois dernier Apple a reçu l’ordre de retirer deux applications du NYT de son App Store, bien que les utilisateurs n’avaient de toute façon pas la possibilité d’accéder au contenu depuis l’interdiction de 2012. Le New York Times a lui-même déclaré :
Lorsque le gouvernement chinois a commencé à bloquer les sites internet du Times en 2012, il a aussi empêché les utilisateurs de Times app de télécharger du contenu nouveau.
Les personnes cherchant à contourner les filtres internet utilisent habituellement des VPN (Virtual Private Networks – Réseaux Privés Virtuels) qui tentent de se frayer un chemin à travers les murs de protection hautement restrictifs utilisés par la Chine, qui a cependant réprimé l’usage de VPN depuis plusieurs années.
À présent, jetons un œil au Washington Post et au Guardian, qui ne sont pas bloqués en Chine – un pays qui est passé pour les deux sites d’un trafic quasi-nul au 1er décembre 2016, à une fréquentation globale respective de 58,9 % et 57 %.


Ces importantes augmentations de trafic ont permis aux deux sites de voir leur classement de fréquentation sur Alexa augmenter jusqu’à 38 %, une donnée essentielle pour estimer la valeur marchande d’un site internet. On notera que le site BBC.com a connu une augmentation similaire, et c’est peut-être le cas pour d’autres. [Ndt : les sites Lefigaro.fr, Lemonde.fr et Liberation.fr ont par exemple tous connu une forte hausse de leur classement sur Alexa à partir de juillet 2016, après avoir été en chute libre dans ce classement]Il est évident que, considérant la restriction de l’URL du New York Times en Chine, on pourrait conclure que cette augmentation massive, qui représente désormais près de la moitié de la fréquentation totale du site, provient d’un type de serveur automatisé générant un trafic élevé qui ne serait pas entravé par le mur de protection restrictif mis en place par la Chine, ce qui permettrait d’augmenter artificiellement le décompte des visiteurs sur ces sites.
Les trois organes de presse ont passé la majeure partie de l’année 2016 à tenter d’influencer l’élection américaine en faveur d’Hillary Clinton, avec une couverture biaisée et en publiant régulièrement des articles à charge contre Donald Trump. Depuis sa victoire électorale, le président Trump a déclaré la guerre à la plupart des médias dominants – les qualifiant de « parti d’opposition », tout en restant la cible d’attaques biaisées. La Chine n’est pas non plus un soutien de Trump ; entre la menace sur l’augmentation des tarifs douaniers et le mépris de Trump pour la politique traditionnelle américaine de préférence pour la « Chine Unique » plutôt que pour la reconnaissance de Taïwan, la Chine a à la fois des raisons politiques et économiques de tenter de faire pression sur le discours offensif du président américain.
De plus, la société d’état chinoise JAC Motor et le fabricant automobile mexicain Giant Motors, co-détenu par le propriétaire du New York Times Carlos Slim, investissent conjointement plus de 200 millions de dollars pour fabriquer des véhicules à Hidalgo, au Mexique, suite aux querelles continuelles entre le président Trump et le Mexique au sujet de la proposition de mur à la frontière, et des taxes douanières exorbitantes qui sont censées en payer la construction. Amazon, qui a un actionnaire en commun avec le Washington Post, a récemment été autorisé par la Chine à transporter par cargo des marchandises chinoises vers ses entrepôts américains, ainsi qu’à lancer Amazon Web Services dans ce pays fortement restrictif.
Bien qu’on ne sache pas grand-chose de plus jusqu’à présent, la liste des entités capables de représenter la moitié du trafic sur plusieurs sites internets majeurs à partir de domaines chinois est sans doute relativement réduite.
Traduction de l’article Fake Newsflow: Are The NY Times, Guardian, And WaPo Buying Clicks? China Jumps From Trickle To Half Of All Traffic In Two Months
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Basse propagande
Les journaux n’ont pas manqué de commenter cette information et de s’en indigner, le patron de canal +, Vincent Bolloré, a décidé d’arrêter les frais avec la disparition de « l’émission mythique » (sic) de la chaîne depuis 2004, Le Grand Journal, dont les audiences n’ont cessé de décroître avec aujourd’hui moins de 100 000 téléspectateurs. Un Grand journal qui n’était peut-être pas plus dégoulinant de moraline, de politiquement correct, de lieux communs, que d’autres émissions du même acabit diffusées sur les chaînes concurrentes mais dont le passage à la trappe est un prétexte pour taper sur M. Bolloré. Un homme décrit comme un affreux « catho intégriste » par François Hollande (voir le livre Conversations privées avec le président signé par les journalistes Karim Rissouli et Antonin André), dénoncé qui plus est pour avoir nommé un autre catho à la tête de l’information du groupe canal + et I télé en la personne de Guillaume Zeller.
Les belles âmes laïcardes de gauche s’inquiètent de la capacité de résilience d’une France catholique de droite décrite comme moribonde il y a encore dix ans mais ne s’affligent pas plus que cela de l’encouragement donné à l’envahissement-abrutissement consumériste par la Commission européenne. Celle-ci entend « offrir du temps de cerveaux disponible » supplémentaire en permettant aux chaînes d’afficher plus de pages de pub aux heures de grandes audiences. La commission qui dévoile ici une nouvelle fois le niveau de ses priorités précise qu’il s’agirait de rattraper notre retard sur les chaînes américaines, qui gavent leurs téléspectateurs en leur infligeant jusqu’à 20 minutes de publicité par heure. Le meilleur des mondes…
Le taux de publicité par heure contre le FN, sa candidate et son programme est également en forte hausse ces dernières semaines, de manière plus ou moins indirecte. La semaine dernière, c’était Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission, lors d’une conférence de presse à Bruxelles,qui exhortait les dirigeants européistes à mépriser les aspirations populistes. Il a donc menacé de sanctions dès le mois prochain les pays récalcitrants à honorer leurs engagements en matière d’accueil des centaines de milliers d’ immigrés économiques, clandestins baptisés migrants ou réfugiés.
Dans la foulée d’un article récent peu ou prou similaire du Monde, Les Echos, nous explique, dans une autre pub implicite pour les candidats euromondialistes, que Marine est « une menace pour la zone euro » qui, comme de juste « va mieux » (sic). Mais cette embellie serait menacée, par les vilains patriotes, les sans-dents populo-souverainistes, des nationaux aux relents méphitiques.
« Pour la troisième fois consécutive affirme le quotidien économiste européiste, depuis la crise de 2008, tous les pays qui la composent sont en croissance selon la Commission. Celle-ci devait atteindre 1,6 % cette année et accélérer pour atteindre 1,8 % l’an prochain. MAIS... car il y a un gros mais. Tout dépendra des diverses élections importantes: les législatives en Allemagne mais aussi et surtout la présidentielle française. Chez nous, la campagne est entrée dans un tel chaos que l’hypothèse d’une victoire de Marine Le Pen est désormais intégrée dans les scénarios économiques. Si elle gagne, c’est le retour au franc soit 30 milliards de coût additionnel par an pour le service de la dette française selon la Banque de France. Notre économie n’y résisterai pas et c’est bien ce qui affole Bruxelles . » Nous sommes là dans la basse propagande la plus crasse; quant aux arguments développés par le FN au sujet de l’euro, ils sont toujours consultables ici.
Le député du Finistère, le socialiste (défroqué?) Richard Ferrand, rallié à Emmanuel Macron et devenu secrétaire général d’’En Marche !‘, crie pour sa part au complot russe dans une tribune du Monde , sur twitter, sur France 2. Le Kremlin réitérerait la guerre numérique qui aurait été menée contre Hillary Clinton (dont les macronistes reprennent les éléments d de langage) et dirigerait désormais ses feux, propageant folles rumeurs et multipliant les attaques de son site, sur M. Macron. Pour étayer sa thèse, M. Ferrand affirme que son champion « veut une Europe forte, une Europe qui pèse lourd, y compris face à la Russie, là où d’autres (comprendre Marine Le Pen, François Fillon, NDLR ) sont plus familiers, plus amicaux du régime russe ».
M. Ferrand est en effet audible quand il affirme en s’abritant derrière des formules rassurantes que M. Macron est certainement le plus euromondialiste de tous les candidats en lice, mais cet euromondialisme là n’est pas la garantie d’une Europe forte affirme Bruno Gollnisch, il en est même l’exacte antithèse. L’ex ministre de l’Economie de François Hollande n’est pas l’ami de l’Europe des patries enracinées, de la libre coopération que Marine souhaite d’ailleurs étendre à un partenaire naturel, incontournable comme la Russie. Non, Emmanuel Macron est le candidat de la finance vagabonde, de l’ internationalisme libéral-libertaire , du travestissement du génie européen.
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Proudhon vu par les royalistes (partie 1) : La question de la propriété.
Sur l’un des sites du Groupe d’Action Royaliste qui propose un texte sur Proudhon tiré d’un livre de Pierre Bécat, historien qui ne cachait pas ses opinions monarchistes, un contradicteur nous a fait part de sa réaction, dont je reproduis ici quelques extraits, suivis de la réponse que je lui ai faite, en toute courtoisie. Cette réponse, ici présentée en deux parties pour en faciliter la lecture, est évidemment trop courte et incomplète, et il y faudrait même plus de références et de commentaires, mais elle me semble apporter quelques éclaircissements sur l’intérêt que la pensée de P.-J. Proudhon peut avoir pour la réflexion politique des royalistes, au-delà des raccourcis et des préjugés…
Le commentaire du contradicteur :
« Vous voir dévoyer à ce point là pensée de Proudhon me ferait éclater de rire si je n'étais pas trop impressionné par l'aplomb avec lequel vous le faites ; encore un petit effort et vous arriverez à nous faire croire que la terre est ronde. "La propriété c'est le vol" : la monarchie s'accompagnerait donc d'une abolition de la propriété ? Dans "De la justice dans la révolution et dans l'église", il s'oppose radicalement à cette dernière. Je cite encore Proudhon "L'anarchie c'est l'ordre sans le pouvoir" comment pouvez vous prétendre concilier la monarchie avec cela, là où un roi est placé au dessus du commun des pauvres mortels que nous sommes (c'est d'ailleurs ce qui fait de lui un roi).
« De plus les "corporations" auquel votre document renvoie nous parleraient de la pensée fédéraliste de Proudhon qui ne peut en aucun cas, encore une fois, aller de pair avec le système monarchique auquel la hiérarchie est inhérente et qui reste donc incompatible avec L'anarchie.
« Comble de l'offense, vous citez pour clore, "Lettre à Blanqui", ce dernier était un communard et un révolutionnaire, il s'est opposé toute sa vie à la monarchie contre Charles X puis Louis Philippe, il a créé "Ni dieu ni maitre" (tout est dans le titre), il a lutté jusqu'à la fin de sa vie pour l'amnistie de ses camarades retenus par le gouvernement Thiers. Ce dernier est un monarchiste et il a déclaré à propos de la commune "qu'on la fusille" ; cette dernière se battait pourtant pour l'égalité sociale réelle et encore un fois vous tirez sur le peuple. J'aurais sans doute encore beaucoup de choses à vous dire mais au fond de moi je pense que vous êtes de ceux incapables de changer d'avis même si mon côté positif se dit que vous pourriez reconnaître qu'effectivement citer Proudhon n'était pas très pertinent pas plus qu'une référence Blanqui à la fin. La quasi totalité de votre travail est basé sur les interprétations très objectives (ironie) de Pierre Bécat un idéologue, oh quel hasard, à tendance royaliste/extrême droite réactionnaire.
« P.S: J'ai pris le temps de lire votre propagande et de taper ce pavé incomplet, j'espère très naïvement que vous renoncerez à nous faire croire que Proudhon était royaliste car c'est une imposture intellectuelle parmi tant d'autres… »
Ma réponse :
Bonjour et merci de votre commentaire qui va nous permettre de préciser quelques points :
Tout d'abord, et si vous nous lisez attentivement, vous pourrez constater qu'il n'est pas dans notre intention ni dans celle de Pierre Bécat de faire de Proudhon un royaliste mais de traiter de ce qu'il a écrit et pensé, et des liens forts que cette pensée, vaste et complexe, peut avoir avec les réflexions faites par les royalistes, au-delà, donc, des seuls positionnements ou étiquettes politiques. Il se trouve que Proudhon défend des valeurs familiales, des traditions professionnelles et les libertés provinciales qui sont, il me semble difficile de le nier, indissociables des valeurs traditionnelles de l'ancienne Monarchie et de celles défendues aujourd'hui par les royalistes... D'autant plus au regard des évolutions d'une société de consommation individualiste qui a tendance à morceler les sociétés et à détruire tous les fondements de ce qui fait société dans notre vieux pays, évolutions qui ne plairaient guère à Proudhon s'il vivait encore.
« La propriété c'est le vol » n'est pas une formule de la Monarchie, bien évidemment, mais ne faîtes pas dire à Proudhon ce qu'il n'a pas dit, sur ce sujet comme sur d'autres : le relire dans le texte est souvent le meilleur moyen de dépasser la seule surprise et le « scandale » que cette citation pourrait, aujourd'hui plus qu'hier, provoquer. De plus, dans l'ouvrage de référence « Histoire des idées sociales en France » (tome 2, « De Babeuf à Tocqueville »), de Maxime Leroy, celui-ci précise : « Ce n'est pas la propriété en soi que rejette Proudhon ; c'est la propriété en tant qu'elle représente un revenu sans travail. » (page 470). « Proudhon admet un mode de propriété, qu'il appelle possession, une propriété justifiée vraiment par le travail. (…) Une propriété accotée au travail ; une propriété qui, pour parler comme Proudhon, a cessé d'être une « somme d'abus ». (…) Proudhon eût voulu que des droits de propriété fussent accordés à tous les producteurs, c'est-à-dire des moyens sur quoi appuyer leur liberté, et la faire durer. » (pp. 421-422).
Si la Monarchie n'est pas « proudhonienne », cela n'empêche pas celle-ci de s'intéresser à cette forme de propriété fondée sur le travail que met en avant Proudhon, mais en ne la limitant pas, loin de là, à cette conception : il s'agit surtout, pour les royalistes et au-delà de Proudhon, de dénoncer ou de prévenir les dangers d'une « appropriation » illimitée, qu'elle soit le fait de l’État (collectivisme communiste, que rejette absolument Proudhon) ou de particuliers (libéralisme sans bornes, des féodalités nouvelles comme des « individus individualistes »). On peut aussi reconnaître là cette lutte contre « l’hubris » (la démesure) qui est l’une des caractéristiques du combat royaliste et, plus généralement, de la pratique de la Monarchie en France, anti- et post-féodaliste, et soucieuse de diminuer la force des « trop-puissants » : le roi Louis XIV le démontrera largement et publiquement en faisant emprisonner l’homme le plus riche du royaume, Nicolas Fouquet, tout en invitant à la table royale celui qui moquait les prétentieux et les « bourgeois gentilshommes », et, parfois, dont il tenait (ou inspirait) même parfois la plume, Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière…
De plus, la Monarchie ne remettra pas globalement en cause toute forme de propriété d’usage (pourtant dénoncée par une bourgeoisie urbaine et « progressiste » comme une « perte économique scandaleuse »), forme de propriété qui se confond parfois avec la fameuse « vaine pâture » qui permettait aux plus pauvres des paysans d’aller faire paître leur bétail sur ces terres communes à tous au village, ou ouvertes à tous après les moissons, et que le mouvement de « privatisation des terres » accélérée et surtout légalisée par la Révolution française, si peu sociale et si oublieuse des intérêts des plus faibles, finira par sérieusement compromettre au nom de la « propriété privée », cette dernière inscrite sous le seul vocable synthétique de « propriété » dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen d’août 1789.
D’ailleurs, n’est-ce pas cette « propriété privée abusive » que condamne, d’abord, Proudhon, ne serait-ce que parce qu’elle prive les travailleurs de la terre de cette possibilité d’exploiter ces espaces productifs agricoles que, pourtant, ils contribuent à entretenir et à faire fructifier, y compris, comme un juste retour des choses, à leur propre bénéfice, même si celui-ci reste bien minime ? Dans cette affaire, Proudhon est plus proche des droits et revendications des paysans rappelés par les cahiers de doléances de 1789 et garantis par la Monarchie d’Ancien régime que de la Révolution française qui les met à bas au profit de ceux qui détiennent l’argent et les moyens pour s’acheter des terres désormais clôturées au nom de la « propriété privée »…
Jean-Philippe Chauvin
(à suivre)