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l'information nationaliste - Page 6467

  • TIC-TAC, TIC-TAC …. Le krach est en marche

    Pieter Kerstens

    La politique financière imposée par la FED, la BCE, la BOE et la BOJ, qui est caractérisée par des injections massives de capitaux à taux nuls ou négatifs, est une mauvaise option. Les taux zéro encouragent les entrepreneurs à racheter leurs actions et à faire de la croissance externe en s’endettant, mais ils ne les incitent pas à investir, à augmenter leur capacité de production ou leur productivité. Ces taux permettent la survie artificielle de sociétés qui auraient disparues avec des taux « normaux » et empêchent de surcroît l’éclosion de leurs remplaçantes naturelles.

    La morosité économique persistante depuis le milieu de 2015, année de la plus mauvaise croissance depuis 2009, qui semblait ne toucher qu’une partie du monde, s’étend maintenant à l’entièreté des pays tant développés qu’aux pays émergents, comme le Brésil, la Russie ou la Chine. L’économie américaine reconnue pour le dynamisme de sa main d’œuvre, sa capacité d’innover et sa mentalité entrepreneuriale s’essouffle à redémarrer à cause de la faiblesse des investissements industriels et commerciaux, de la vigueur du dollar et de l’incapacité de la FED à soutenir une économie par une politique monétaire laxiste. La dette publique des USA s’élève à 19.530 milliards de dollars actuellement et personne ne semble s’alarmer au sujet de cette bombe à retardement.

    Les yeux rivés sur une croissance plus faible qu’espérée, qui devrait tourner autour des 3% (avec 2% pour les économies occidentales et près de 5% pour les pays émergents), les grands argentiers de ce monde sont incapables d’insuffler une vigueur à l’économie. Les politiques de baisse des taux s’avèrent inefficaces, voire dangereuses. En effet, les acteurs économiques comme les ménages et les entreprises n’augmentent ni leur consommation, ni leurs investissements. Les liquidités monétaires inondent les marchés et provoquent des distorsions et bulles spéculatives : une hausse des actifs boursiers sans rapport avec la réalité économique et des taux d’intérêt négatifs jusqu’à 15 ans pour de nombreux emprunts d’Etats (allemands, hollandais, belges, français…). Les investisseurs institutionnels, que ce soit les assureurs ou les fonds de pension, se trouvent pris entre le marteau et l’enclume. La réglementation les oblige à acheter des obligations d’Etat, pour lesquelles ils paient un intérêt, avec le risque substantiel de voir leurs actifs se déprécier fortement dans le cas d’une hausse des taux longs. Il s’agit clairement d’une bulle spéculative qui en cas d’explosion mettrait les compagnies d’assurance en grande difficulté et certaines même en faillite.

    Les Banksters se font du mouron

    Les banques n’existent plus que par leur nom et l’on peut se demander quel est actuellement leur rôle dans l’économie. D’un point de vue conjoncturel, depuis près de 10 ans, la baisse graduelle et constante des taux ne leur permet plus de dégager une marge d’intermédiation suffisante pour être rentable. Leur métier de base a été saboté par les banques centrales, sans susciter une trop grande véhémence de la part des institutions bancaires, car elles tiraient une grosse partie de leurs revenus des marchés financiers. La réglementation a pratiquement réduit à zéro cette source de revenus, les poussant à prendre plus de risques. Le cas de la Deutsche Bank en est le parfait exemple. Cette banque « universelle » offre des services financiers à toutes les entités tant physiques que morales à travers le monde. C’est la plus importante banque dans l’économie la plus puissante d’Europe et une institution appelée « systémique » par les autorités de contrôle, c’est-à-dire que sa faillite entrainerait l’écroulement du système financier mondial.  En janvier 2016, la Deutsche Bank avait annoncé une perte de 6,8 milliards d’euros pour l’année 2015. L’exposition de la Deutsche Bank sur les produits dérivés est estimée à 50.000 milliards d’euros. Cette exposition de la D. B. sur les produits dérivés est 16 fois plus importante que le PIB de l’Allemagne...il va s’en dire que la déconfiture d’un tel établissement aura des répercussions dans votre assiette. Mais que font les responsables politiques ? Et pourquoi ne prennent-ils aucune mesure envers le « shadow banking », cette Finance de l’ombre, véritable système spéculatif qui repose sur la base de prêts extrêmement risqués aux entreprises ? Le Conseil de Stabilité Financière, organe du G.20, a calculé que cette Finance de l’ombre pèse 75.000 milliards de dollars….

    Pour sa part la banque italienne Monte dei Paschi di Siena s’enfonce dans le gouffre et son action le 20.09.2016 se trouve à un plus bas historique à 0,19 €, ayant perdu 84% de sa valeur depuis le 1er janvier 2016.

    Il est de notoriété publique que beaucoup trop de fonds de pensions européens et mondiaux sont incapables de faire face à leurs obligations par rapport à leurs bénéficiaires. La responsabilité des autorités de surveillance et de contrôle est d’ores et déjà clairement engagée avec le soutien des gouvernements. Il ne faudra pas dire « on se savait pas » ! Il existe des mesures à prendre qui nécessitent du courage, valeur rare parmi les décideurs. Les gestionnaires de fonds, encore appelés « asset managers », sont également dans une position délicate, coincés entre leurs obligations fiduciaires, les contraintes réglementaires et leurs objectifs commerciaux. Les signaux clairs envoyés par les gestionnaires de fonds concernant la liquidité des marchés obligataires, tant vers leurs clients que vers les autorités de contrôle, semblent ignorés. En tout cas tout le monde reste campé sur ses positions : velléité et pusillanimité sont des caractéristiques communes à la grande majorité des intervenants financiers.

    BYE-BYE Britannia !

    Heureusement, les marchés obligataires poursuivent leur montée inouïe sous l’impulsion du Brexit, favorisant les détenteurs d’obligations d’états souverains. Les mouvements brutaux des marchés financiers ne sont que la traduction des évènements et traduisent la surprise. Cependant, bien que l’économie britannique soit solidement imbriquée dans celle de l’Union Européenne, puisque plus de 40% des exportations britanniques sont achetées par l’Union Européenne, rien de significatif ne devrait perturber ces échanges.

    La livre sterling venant de chuter de 10% par rapport à l’euro, cela devrait même permettre à la Grande-Bretagne d’accroître ses exportations. Par ailleurs, les biens exportés par l’Europe vers la Grande-Bretagne ne seront pénalisés que partiellement ; ceux à forte valeur ajoutée ne pâtiront pas de la faiblesse du sterling, à l’instar des biens exportés par l’Allemagne ; il faut se souvenir que malgré un plus haut historique de l’euro en 2007 à 1,63 contre dollar, l’Allemagne présentait une balance commerciale excédentaire de 250 milliards, devant celle de la Chine !

    Le climat se détériore dans l’Empire du Milieu

    La menace du protectionnisme commercial n’est pas non plus à prendre à la légère. Le républicain Trump souhaite un retour à l’hégémonie américaine et accuse la Chine de manipuler sa monnaie. Le yuan a baissé par rapport au dollar, mais il s’est considérablement apprécié par rapport à la monnaie des autres partenaires commerciaux de la Chine. La balance commerciale de la Chine ne continue d’augmenter que parce que les importations diminuent encore plus vite en raison de la faiblesse de la demande intérieure. La croissance chinoise n’est plus que de 4.5% en chiffre annualisé, soit au plus bas depuis des années. Mais c’est plus le manque de confiance dans les perspectives de la Chine qui frappent les esprits. Les investisseurs étrangers ont réduit leurs investissements ce qui s‘est traduit par des sorties massives de capitaux en 2015 et au début de cette année. En outre, les ménages chinois et les entreprises ont beaucoup investi en bourse dont les performances restent très médiocres ces 2 dernières années. La demande intérieure reste forte mais sans une augmentation substantielle du pouvoir d’achat. La richesse se concentre dans les mains de 50 millions de chinois laissant un grand nombre sur le pavé.

    Malgré des hausses de salaires substantielles ces 3 dernières années, les conditions sociales des travailleurs chinois elles, n’ont guère évolué : la protection du salarié est quasi-inexistante, les conditions de travail sont effroyables, les camps de rééducation/concentration -les laogaïs- tournent à plein régime en fournissant une main d’œuvre très bon marché. L’hypocrisie de nos dirigeants, avec l’assentiment des gens, laisse une dictature chinoise écraser son peuple d’esclaves au nom du libre-échange, tout en bombardant par ailleurs les populations civiles du Proche-Orient au prétexte de leur apporter une démocratie dont elles se moquent éperdument.

    Dans la même veine, la volonté d’une clique d’eurocrates de soumettre les peuples européens à leurs diktats se trouve battue en brèche par la souveraineté du peuple britannique qui a pu, à tort ou à raison, s’exprimer. Quand la démocratie arrange les autocrates européens ils l’utilisent pour servir leurs intérêts partisans, mais quand la volonté du peuple heurte la leur, alors rien ne va plus…à l’exemple de cette déclaration de Bernard Henri Lévy sur Twitter : «  Défaite probable du Brexit donc, des souverainistes, des xénophobes, des racistes. Reste maintenant à refonder l’Europe. »

    Attendons de voir également les résultats de l’élection présidentielle aux Etats-Unis en novembre et aussi ceux de l’Autriche, le 4 décembre prochain, qui pourraient réserver des surprises et entrainer des répercussions dans la sphère bancaire et financière.

    PS : ces derniers jours, les taux d’intérêt négatif concernant plus de 1.000 milliards de dollars en obligations à long terme sont passés à des taux positifs, telles les obligations allemandes à 10 ans et les obligations japonaises à 30 ans. C’est un changement colossal et, s’il se poursuit, les conséquences pour les Etats qui se sont fortement endettés seront financièrement catastrophiques.

    http://synthesenationale.hautetfort.com/

  • Panique chez les féministes : de plus en plus de femmes tentées par le FN !

    Voilà-t-il pas, horresco referens, qu’un nombre croissant de ces pauvres créatures à la cervelle de piaf se tournerait vers Marine Le Pen.

    Dans notre monde où les privilèges ont, en principe, été abolis, il ne manque cependant pas de chasses gardées. Et moi, Solognote des bois, je peux vous dire ce qu’il en coûte de franchir fossés et clôtures. Ainsi, la défense des femmes – qui ont besoin d’être défendues, forcément, puisque ce sont toutes de pauvres petites choses indigentes – est une chasse gardée de la gauche. Et de la gauche extrême.

    Or, voilà-t-il pas, horresco referens, qu’un nombre croissant de ces pauvres créatures à la cervelle de piaf se tournerait vers Marine Le Pen. C’est pourquoi une vingtaine d’associations se sont rassemblées pour lancer, jeudi dernier, le site Internet Droits des femmes contre les extrêmes droites.

    Leur page de présentation nous le dit, ce sont « des féministes venu-e-s d’associations, de syndicats et de partis. Des féministes qui en ont assez de voir resurgir les vieux fantômes du passé. Des féministes qui ne croient pas à la mutation, dédiabolisation des extrêmes droites. » La chose est gravissime, il faut en convenir, car elles nous l’assurent, c’est le tortionnaire à moustache qui se cache sous la blonde : « Le ventre est toujours fécond d’où a surgi la bête immonde. » Ouououuuuuhhh… Maman, j’ai peur ! Et la blonde est retorse : « Afin de pouvoir remporter enfin des élections, le Front national de Marine Le Pen a décidé de raboter les angles, ravaler la façade, modérer le discours.

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  • Quand l'extrême gauche l'emporte avec Corbyn

    En obtenant une large victoire, par 62 % contre 38 % Jeremy Corbin se trouve confirmé à la tête du « plus grand parti politique du monde occidental », selon sa propre expression. le résultat du vote avait été proclamé, au soir du 24 septembre, en lever de rideau du congrès du Labour à Liverpool

    Rappelons ici que le parti travailliste n'est plus statutairement contrôlé par les trade-unions qui l'avaient fondé, ni même par son groupe parlementaire qui, à 80 % rejette la nouvelle direction.
    De plus ce parti est en déclin.

    Fondé au début du XXe siècle par les syndicats britanniques, le parti travailliste est apparu, au plan parlementaire, d'abord timidement : une vingtaine puis une quarantaine de députés avant la première guerre mondiale. À partir des années 1920 il supplante le parti libéral.

    Or, s'il forme, aujourd'hui encore, l'opposition officielle à la Chambre des communes, ses scores vont en diminuant régulièrement depuis 20 ans. En 1997 il comptait 419 députés sur 659, avec 13,5 millions de voix, soit 43,2 %. Aux élections de 2015 il ne recueillait plus que 9,3 millions de voix, soit 30,4 %, obtenant 232 députés sur 650. En Écosse il est éclipsé par le parti nationaliste écossais, SNP qui forme le gouvernement d'Édimbourg.

    Parallèlement, la gauche militante britannique et continentale voudrait désormais que soit tournée la page du « blairisme » et de la social-démocratie.

    En revanche, fin juin, 172 des 230 députés travaillistes avaient voté la défiance anti-Corbyn et la plupart des membres du « cabinet fantôme » avaient donné leur démission. Tous protestaient contre la quasi-absence du leader dans la campagne pour rester dans l’Union européenne lors du référendum, ligne officielle du parti.

    De plus, l’éventualité d’élections anticipées, avant la date prévue de 2020 et les sondages de popularité catastrophiques de Corbyn, exacerbent les tensions. Il était considéré comme le meilleur gage de pérennité pour les conservateurs à l'époque du gouvernement Cameron. Il le demeure sous celui de Theresa May.

    Ses partisans arguent de l'engouement qu'il susciterait chez les anciens militants de la gauche et chez les très jeunes. En un an, le nombre des adhérents a doublé pour atteindre 654 000 et le vote en faveur de Corbyn est passé de 60 à 62 %.

    En réalité son arrivée à la tête des travaillistes est en partie accidentelle.

    Son soutien de départ était en effet constitué du Socialist Campaign Group, qui rassemble les députés travaillistes les plus à gauche au sein du parti et leurs sympathisants, un mouvement comptant à peine une dizaine d’élus à la chambre des Communes.

    À l’automne 2014, lors de la réunion annuelle de ce tout petit groupe, au témoignage d'un participant : « J’y vais chaque année pour discuter et prendre le pouls de la gauche du Labour. Mais cette année-là, c’était franchement déprimant : il y avait beaucoup moins de monde que d’habitude et l’ambiance était morose. On avait l’impression d’un banquet funéraire. »

    Or, en mai 2015, les travaillistes perdent leur deuxième élection consécutive face à David Cameron, et Ed Miliband, partisan d'un gauchissement de la ligne de Gordon Brown et de Tony Blair, honnis par les militants de l'extrême gauche, renonce à diriger le parti. Son échec est clairement perçu comme celui du virage à gauche

    En juin 2015, le Socialist Campaign Group se réunit de nouveau. L'objectif est alors de présenter une candidature « de témoignage »

    John McDonnell, avait déjà accepté de se présenter en 2007 et 2010. Mais en 2015 son état de santé l'oblige à renoncer.

    Corbyn se lance alors en juin 2015, pour suppléer à son ami McDonnell. Disposant de moyens très limités, il mène une campagne active sur les réseaux sociaux. Et, trois mois après s’être déclaré candidat, il est élu leader du parti travailliste avec 59,5 % des voix au premier tour.

    Aujourd'hui la plupart des observateurs britanniques considèrent que le Labour a été kidnappé par une bande d’activistes gauchistes et qu'ils l'auraient de ce fait aucune chance de remporter la prochaine élection générale actuellement prévue pour 2020.

    Il est cependant de fait que le Labour n’a perdu aucune des législatives partielles qui se sont tenues depuis un an. Y compris à la mairie de Londres conquise par le travailliste Sadiq Khan, cependant fort critique vis-à-vis Corbyn.

    Les divers groupes gauchistes s'emploient d'ailleurs à finaliser un regroupement autour de l'opportunité qu'ils entrevoient au gré de cette nouvelle direction travailliste. Le réseau Momentum qui entend transformer la société outre-Manche et que l'on crédite de 18 000 affiliés, cherche désormais à fédérer la « gauche de la gauche ». Les Verts ont annoncé avoir « été bien reçus » par le leader travailliste lorsqu’ils sont venus lui proposer une « alliance progressiste » qui pourrait rassembler le Labour, les écologistes, les nationalistes gallois et les centristes Lib-dems.

    Ainsi, quoique très minoritaire aujourd'hui, ce parti « radicalisé », ce parti, dont le chef se dit ouvertement républicain et fait mine d'ignorer le palais de Buckingham et la Reine, pourrait bien forger à moyen terme une redoutable alternative au premier faux pas du pouvoir conservateur.

    JG Malliarakis
    article publié sur le site Est-&-Ouest

    http://www.insolent.fr/

  • Invasion migratoire : un Calaisien témoigne à Versailles

  • Modifier la pensée dominante

    De Jean-Pierre Maugendre :

    6a00d83451619c69e201b7c8971ce0970b-120wi.jpg"Les 3 et 4 septembre derniers, à l'occasion des 46e Journées Chouannes, la maison de Chiré-en-Montreuil célébrait le cinquantième anniversaire de la fondation de DPF (Diffusion de la Pensée Française). Il ne nous appartient pas de dresser un bilan de ces cinquante années au service de la diffusion de bons livres mais l'occasion nous est ainsi fournie de réfléchir quelques instants aux modes de diffusion d'une pensée.

    De Bossuet à Voltaire

    Dans la préface de son ouvrage de référence, La crise de la conscience européenne 1680-1715, Paul Hazard observe : « La majorité des français pensait comme Bossuet ; tout d'un coup les Français pensent comme Voltaire : c'est une révolution. » C'est cette révolution intellectuelle, complétée par celle des philosophes des Lumières, qui a rendu possible, quelques décennies plus tard, la révolution politique que fut la Révolution française. Quelles furent les conditions d'une telle révolution et quelles leçons en tirer pour notre temps ?

    Il y eut d'abord des hommes de talent, certains atteignant même le génie. Descartes, Malebranche, Leibniz, Locke, Rousseau, Diderot, Montesquieu, Voltaire, etc. Sur la forme et sur le fond ce n'est pas rien. Ces talents sont un don gratuit de Dieu sur lequel nous ne pouvons agir que par la prière.

    Ces hommes avaient à leur service un outil merveilleux qu'ils maîtrisaient à la perfection : leur langue maternelle et une ou plusieurs langues apprises, le plus souvent le français et le latin. Victor de l'Aveyron, le célèbre enfant sauvage, avait peut-être un potentiel de prix Nobel de littérature ou de philosophie. Sa désocialisation et sa non maîtrise du langage l'ont rendu incapable de concrétiser ces éventuelles potentialités. Sans outil conceptuel adapté et maîtrisé il est impossible à une pensée personnelle de se déployer. C'était la prédiction de George Orwell dans 1984  : certaines pensées deviendront impensables car les mots pour les conceptualiser et les exprimer auront disparu. C'est aujourd'hui le programme volontaire de déstructuration des intelligences mis en œuvre par le ministère de l'Éducation nationale qui permet à de brillants ingénieurs de confesser douloureusement : « Je voudrais vous dir e quelque chose mais je n'ai pas de mots pour l'exprimer. »

    « Travaillez, prenez de la peine »

    Mais il ne suffit pas d'être comblé de talents, il faut travailler. L'Encyclopédie – publiée entre 1751 et 1776 sous la direction de Diderot et d'Alembert – fut une œuvre gigantesque de 18 000 pages et 17 volumes d'articles écrits par 140 auteurs. Elle modifia durablement les esprits. L'œuvre de Voltaire est considérable, plus de 21 000 de ses lettres ont été retrouvées.

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    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Le Manuel d'Épictète

    4046532303.gifParmi les philosophies antiques, le stoïcisme tient une grande place. Traversant l'antiquité grecque et l'antiquité romaine sur près de six siècles, symbole du sérieux et de l'abnégation de tout un peuple, l'école du Portique apprend à ses disciples à vivre en harmonie avec l'univers et ses lois. Maîtrise de soi, courage, tenue, éthique, ce sont là quelques mots clés pour comprendre le stoïcisme. Le Manuel 1d'Epictète, condensé de cette sagesse, permet à chaque Européen de renouer avec les plus rigoureuses racines de notre civilisation. Brillant exemple de ce que pouvait produire l'univers mental propre au paganisme européen, le stoïcisme continuera d'irriguer la pensée européenne sur la longue durée (avec notamment le mouvement du néo-stoïcisme de la Renaissance). Et au delà de la longue durée, il est important de souligner l'actualité de la philosophie stoïcienne. Philosophie de temps de crise comme le souligne son histoire, le stoïcisme redirige l'homme vers l'action.

    Structure de l’œuvre: Le Manuel est volontairement court. Il s'agit d'un condensé des leçons données par Epictète. Si court qu'il soit, on pourrait s'attendre à une idée différente à chaque aphorisme. Et pourtant les idées centrales ne sont que quelques-unes. Le lecteur ne doit donc pas s'étonner de voir répétées sous des formes différentes, à partir d'observations différentes, les mêmes idées. Ce manuel est un précis de gymnastique, une gymnastique de l'âme. Quelques mouvements y sont codifiés. Ce qui importe n'est pas le nombre mais bien la perfection dans l'exécution. Que chacun puisse donc y voir une porte d'entrée vers une métaphysique de l'absolu, celle de nos origines et qui s'oppose à la métaphysique de l'illimité dans laquelle nous nous perdons aujourd'hui.

    Gwendal Crom, pour le SOCLE

    La critique positive du Manuel d’Épictète au format .pdf

    Le Manuel est l’œuvre attribué à Epictète la plus célèbre. Attribué car tout comme Socrate, il n'écrit rien de son vivant. C'est le disciple d'Epictète, Arrien qui consigna les pensées du maître dans huit à douze œuvres (les Entretiens) dont seuls quatre nous sont parvenus. Le Manuel consiste en un condensé de ces entretiens. Disciple de l'école stoïcienne fondée par Zénon en 301 avant notre ère, Epictète fut par la suite abondamment cité par l'empereur Marc-Aurèle. Epictète forme avec Sénèque (qui le précéda) et Marc-Aurèle la triade du stoïcisme impérial (ou latin). Esclave affranchi né aux alentours de l'an 50 de notre ère, il put suivre durant sa servitude les leçons de Musonius Rufus, grande figure du stoïcisme romain. Une fois libre, il devint un philosophe porté en haute estime par ses contemporains. Epictète vécut dans la pauvreté toute sa vie en ayant pour principale préoccupation de répondre à la question « Comment doit-on vivre sa vie ? ». Il mourut selon toutes vraisemblances aux alentours de l'an 130.

    La pensée stoïcienne dégage à ses origines trois grands axes d'étude: la physique (l'étude du monde environnant), la logique et l'éthique (qui concerne l'action). La pensée d'Epictète a ceci de particulier qu'elle ne s'intéresse pas à l'étude de la physique et ne s'attarde que peu sur celle de la logique, même si Epictète rappelle la prééminence de cette dernière dans l'un de ses aphorismes: Le Manuel, LII, 1-2. Car en effet, toute éthique doit être démontrable.

    Et si la pensée d'Epictète peut être considérée comme une pensée de l'action alors son Manuel est un manuel de survie, comme le considérait selon la légende Alexandre le Grand. Le Manuel est dénommé en Grec : Enkheiridion qui signifie également « que l'on garde sous la main » et désigne communément le poignard du soldat. Voilà pourquoi Alexandre le Grand gardait sous son oreiller nous dit-on, un poignard et Le Manuel d'Epictète.

    Le stoïcisme a pour tâche de nous faire accéder au divin. Il n'est pas une illumination une révélation. C'est une voie d'accès au bonheur par l'exercice et la maitrise rigoureuse de la (froide) raison. C'est une constante gymnastique de l'esprit, une méditation à laquelle on doit se livrer en permanence pour redresser son esprit, redresser toute son âme vers un seul but : être en harmonie avec les lois de l'univers et accepter la marche de celui-ci sans s'en émouvoir. Ainsi, dans ses Pensées pour moi-même 2 (Livre I, VII), l'Empereur Marc-Aurèle remercie son maitre Julius Rusticus (qui fut vraisemblablement un élève d'Epictète) en ces termes: « De Rusticus : avoir pris conscience que j'avais besoin de redresser et surveiller mon caractère... [et] avoir pu connaître les écrits conservant les leçons d'Epictète, écrits qu'il me communiqua de sa bibliothèque ».

    On ne saurait de fait évoquer la pensée d'Epictète sans évoquer la notion de tenue. Car la tenue est une manière d'être, un exemple pour soi et pour les autres comme le souligne Epictète. Ainsi pour le philosophe, il ne faut point attendre pour mettre en pratique ce qui a été appris. La perfection théorique n'a aucune valeur si elle n'est pas suivie d'effets. De plus, le stoïcisme croit aux effets retours du comportement sur l'âme humaine. C'est en effet en s'astreignant chaque jour à la discipline, à la méditation, au maintien d'une tenue que l'âme peut tendre vers la perfection. Simplement théoriser cette perfection ou pire, l'attendre, est vain et puéril. Il faut chaque jour trouver de nouvelles confirmations des enseignements du stoïcisme. Il faut chaque jour méditer cet enseignement comme on pratiquerait un art martial, pour que chaque mouvement appris se fasse naturellement, instinctivement.

    Mais avant de pénétrer plus avant la pensée stoïcienne, il convient d'emblée de préciser qu'il ne faut pas confondre la philosophie stoïcienne avec le caractère « stoïque » qui désigne quelqu'un de résigné, faisant preuve d'abnégation et affrontant les coups du sort sans broncher. La philosophie stoïcienne est avant tout une recette du bonheur visant à se libérer totalement de l'emprise des émotions pour atteindre un état dit d'ataraxie, calme absolu de l'âme. Néanmoins, ce bonheur ne sera accessible qu'en étant « stoïque » : l'abnégation étant la base nécessaire pour accéder à la philosophie stoïcienne. De fait, cette recherche du calme absolu, de la maîtrise de soi intégrale ne put que plaire aux Romains comme le souligne Dominique Venner dans Histoire et Tradition des Européens 3. Peuple droit et rigoureux, cette philosophie enseignait entre autres à bien mourir, c'est-à-dire à affronter la mort en face, et au besoin, de se l'administrer soi-même lorsque l'honneur le commandait. Il sera d'ailleurs tentant de remarquer que la philosophie stoïcienne, par son rapport aux émotions, rappelle le bouddhisme là où le sérieux des Romains n'hésitant pas à se donner la mort rappelle étrangement celui des Samouraïs s'infligeant le seppuku. Que serait devenu une Europe où le stoïcisme aurait remplacé la morale chrétienne ? Qu'en serait-il également d'une noblesse européenne qui telle la noblesse japonaise aurait répondu de son honneur sur sa vie ? Ce sont là des pistes que l'historien méditatif saura explorer à bon escient. Mais avant d'entreprendre tel voyage, examinons comme dirait Epictète ses antécédents et ses conséquents.

    507860584.jpgCar le stoïcisme est une voie dure et qui n'est pas sans risques. Le rejet des émotions et donc de la subjectivité de l'existence expose celui qui s'y livre à une vie terne (car sans émotions) et tourmentée (tourmentée car on ne souffre jamais plus que de ce que l'on cherche à fuir, à nier ou à absolument contrôler). Celui qui recherche le bonheur et la suprême sagesse à travers la philosophie stoïcienne se devra de s'y livrer totalement. Il serrera alors conte lui ses enfants comme des êtres mortels, que l'univers peut à tout moment lui prendre sans que cela ne l'émeuve. Le Manuel, III: « Si tu embrasses ton enfant ou ta femme, dis-toi que c'est un être humain que tu embrasses ; car s'il meurt, tu n'en seras pas troublé ». Mais celui qui ne peut ou ne veut s'engager sur la voie de la philosophie mais recherche un exemple de tenue, une manière de redresser son âme tel l'empereur Marc-Aurèle aura alors à sa disposition les outils d'une puissante et européenne méditation. Tel Marc-Aurèle, il sera en moyen de faire le bien et de s'acquitter de sa tâche en ne cédant pas aux fastes et distractions que la vie pourrait lui offrir. Car c'est également cela la force de la pensée stoïcienne : elle offre deux voies. Une pour le philosophe et une autre pour le citoyen. C'est également en cela qu'elle est une pensée de l'action car elle n'est pas uniquement destinée à un corpus d'intellectuel mais constitue une manière de vivre que chaque Européen, que chaque citoyen peut faire sien. Philosophe et citoyen, tous deux seront en mesure de vivre selon ce qui est élevé. Qu'est ce qui est élevé ? La Sagesse. Que fait l'homme sage ? Le Bien. Comment se reconnaît-il ? Il vit dans l'Honneur.

    Et c'est cet Honneur au-dessus de tout, au-dessus de la vie elle-même qui est invoqué par la pensée d'Epictète. Car rappelons-le, la tenue est la base de la pensée stoïcienne. Sans Honneur, point de tenue. Sans tenue, point de voie d'accès à la Sagesse. Et sans Sagesse, on ne saurait faire le Bien. Il faut d'abord et avant tout vivre dans l'honneur et savoir quitter la scène le jour où notre honneur nous le commandera. C'est ce que ce grand Européen que fut Friedrich Nietzsche rappelle dans Le Crépuscule des Idoles 4 (Erreur de la confusion entre la cause et l'effet, 36): Il faut « Mourir fièrement lorsqu'il n'est plus possible de vivre fièrement ». Et s'exercer à contempler la mort jusqu'à ne plus la craindre, jusqu'à lui être supérieur est une des principales méditations stoïciennes : Le Manuel, XXI: « Que la mort, l'exil et tout ce qui paraît effrayant soient sous tes yeux chaque jour ; mais plus que tout, la mort. Jamais plus tu ne diras rien de vil, et tu ne désireras rien outre mesure ». Celui qui se délivrera de l'emprise de la mort sur son existence pourra alors vivre dans l'Honneur jusqu'à sa dernière heure.

    Pour bien comprendre Le Manuel, il convient de rappeler les trois disciplines du stoïcisme selon Epictète. Selon lui, toute philosophie se répartie entre ces trois disciplines que sont : la discipline du discernement (le jugement que l'on porte sur soi et le monde environnant), la discipline du désir et des passions (celle qui régit l'être) et la discipline de l'éthique (c'est-à-dire celle qui régit l'action). Et par l'usage de la raison, on part de la première pour arriver à la troisième. Ce qui importe, c'est de pouvoir porter un jugement sûr permettant de régler tout notre être de la meilleure manière qui soit pour pouvoir enfin agir avec sagesse et donc ainsi faire le Bien. La première tâche qui nous incombe est donc de focaliser notre attention (et donc notre jugement) sur les choses qui importent.

    3765338834.jpgToute la démarche de celui qui s'engage sur la voie du stoïcisme consiste donc d'abord à pouvoir déterminer la nature de l'univers et à pouvoir se situer par rapport à lui. Et le stoïcisme nous enseigne que la première caractéristique de l'univers est qu'il est indifférent à notre sort. Tout est éphémère et n'est que changement. Nous ne pouvons rien contre cela. La marche de l'univers est inéluctable et nous ne sommes qu'une partie d'un grand Tout. Si les Dieux existent, ont prise sur notre existence et doivent être honorés, ils ne sont eux aussi qu'une partie d'un grand Tout et soumis au fatum. Il devient dès lors inutile de pester contre les coups du sort, de maudire les hommes et les Dieux face au malheur. La véritable Sagesse consiste à accepter tout ce qui peut nous arriver et à aller à la rencontre de notre destin le cœur serein. Voilà entre autres pourquoi on ne saurait craindre la mort qui forcément un jour viendra à nous. Prenant l'exemple des bains publiques pour illustrer les torts que notre environnement ou nos contemporains peuvent nous causer, Epictète nous dit (Le Manuel, IV) : « Ainsi, tu seras plus sûr de toi en allant te baigner si tu te dis aussitôt : « Je veux me baigner, mais je veux encore maintenir ma volonté dans un état conforme à la nature ». Et qu'il en soit ainsi pour toutes tes actions. Ainsi s'il te survient au bain quelque traverse, tu auras aussitôt présent à l'esprit : « Mais je ne voulais pas me baigner seulement, je voulais encore maintenir ma volonté dans un état conforme à la nature. Je ne la maintiendrais pas, si je m'irritais de ce qui arrive » ». C'est l'un des pivots de la pensée stoïcienne. Tout comme l'univers est indifférent à notre sort, nous devons être indifférents à sa marche. Mieux encore, épouser la marche du monde, accueillir le destin d'un cœur résolu, c'est faire acte de piété car c'est avoir fait sien le principe directeur qui guide l'univers lui-même. Et l'univers est par définition parfait donc divin. Ce sont ces considérations métaphysiques qui nous amènent à la raison. Et c'est par la raison que nous accéderons en retour au divin.

    Nous devons donc ne nous préoccuper que de ce qui ne dépend que de nous car selon Epictète, l'une des plus grandes dichotomies à réaliser c'est celle existante entre les choses qui dépendent de nous et celles qui n'en dépendent pas. Parmi les choses qui dépendent de nous, le jugement que l'on se fait de soi et de l'univers qui nous entoure. Ce qui dépend de nous, c'est tout ce qui a trait à notre âme et à notre libre-arbitre. Et parmi les choses qui ne dépendent pas de nous : la mort, la maladie, la gloire, les honneurs et les richesses, les coups du sort tout comme les actions et pensées de nos contemporains. L'homme sage ne s'attachera donc qu'à ce qui dépend de lui et ne souciera point de ce qui n'en dépend point. C'est là la seule manière d'être libéré de toute forme de servilité. Car l'on peut courir après richesses et gloires mais elles sont par définition éphémères. Elles ne trouvent pas leur origine dans notre être profond et lorsque la mort viendra nous trouver, à quoi nous serviront-elles ? Pour être libre, il convient donc de d'abord s'attacher à découvrir ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. C'est bel et bien la première discipline du stoïcisme : celle du discernement. En se plongeant dans Le Manuel d'Epictète, on apprendra vite qu'il faut d'abord et avant tout s'attacher à ce que l'on peut et au rôle dont le destin nous a gratifié. Le rôle qui nous est donné l'a été par l'univers (que ce soit par l'entremise des Dieux ou par la voie des causes et des conséquences) et c'est donc avec ferveur que nous devons le remplir. C'est en faisant ainsi, cheminant aux côtés de ses semblables, modeste et loyal, que l'on sera le plus utile aux siens et à sa patrie. C'est bel et bien une vision fataliste de l'existence, un amor fati très européen. Rappelons-nous qu'aller à l'encontre du destin, c'est défier les Dieux et l'univers. Et pourtant... cela nous est bel et bien permis à nous Européens. La Sagesse consiste à savoir que cela ne peut se faire que lorsque tel acte est commandé par l'absolue nécessité et en étant prêt à en payer le prix. On se replongera dans l'Iliade pour se le remémorer. Mais comme il est donné à bien peu d'entre nous de connaître ce que le destin leur réserve, notre existence reste toujours ouverte. Il n'y a pas de fatalité, seulement un appel à ne jamais se dérober lorsque l'histoire nous appelle. Voici une autre raison de s'exercer chaque jour à contempler la mort. Car si nous ne nous livrons pas quotidiennement à cette méditation, comment réagirons-nous le jour où il nous faudra prendre de véritables risques, voir mettre notre peau au bout de nos idées ? Lorsque le Destin frappera à notre porte, qu'il n'y aura d'autre choix possible qu'entre l'affrontement et la soumission, le stoïcien n'hésitera pas. Que seul le premier choix nous soit accessible, voici le présent que nous fait le stoïcisme. Le Manuel, XXXII, 3: « Ainsi donc, lorsqu'il faut s'exposer au danger pour un ami ou pour sa patrie, ne va pas demander au devin s'il faut s'exposer au danger. Car si le devin te déclare que les augures sont mauvais, il est évident qu'il t'annonce, ou la mort, ou la mutilation de quelque membre du corps, ou l'exil. Mais la raison prescrit, même avec de telles perspectives, de secourir un ami et de s'exposer au danger pour sa patrie. Prends garde donc au plus grand des devins, à Apollon Pythien, qui chassa de son temple celui qui n'avait point porté secours à l'ami que l'on assassinait ».

    Qu'en est-il à présent des trois disciplines du stoïcisme. Comme il a été dit précédemment, être et action découlent du discernement et l'on peut ainsi affiner la définition des trois disciplines du stoïcisme:

    • Discernement: On s'attachera à déterminer les choses qui dépendent de nous et celles qui n'en dépendent pas.
    •  Être: On se bornera à ne point désirer ce qui ne dépend pas de nous et inversement à désirer ce qui en dépend.
    • Action: On pourra alors agir selon ce que notre être nous commande et ne pas aller vers ce qui nous en détournerait.

    1380867778.jpgIl convient de s'attarder maintenant sur ces définitions de l'être et de l'action. Comme nous le voyons, non seulement nous devons aller dans la bonne direction mais qui plus est nous interdire tout ce qui pourrait nous en détourner. Vivre en stoïque, c'est vivre de manière radicale. Que l'on vive le stoïcisme en philosophe ou en citoyen ne change rien à cela. Il n'y a pas de place pour la demi-mesure. Une droite parfaitement rectiligne, c'est ce qui doit symboliser le chemin parcouru par l'homme antique, l'homme stoïque. Il a été dit plus haut que tout était éphémère, que tout n'était que changement. A partir de cette constatation, sachant que nous ne devons point désirer et accorder d'importance à ce qui ne dépend point de nous, il devient dès lors impossible de s'attacher à ses possessions, à ses amis, à sa famille. Ceux-ci ne nous appartiennent pas et rien de ces choses et de ces personnes ne sont une extension de nous-même. Hommes ou objets, nous n'en jouissons que temporairement. Et cela ne doit pas être vu comme un appel à l'indifférence et à l'égoïsme. L'enseignement qui doit en être retiré est que la vérité et l'exigence de tenue ne doivent pas tenir compte de ces que nos contemporains, si proches soient-ils de nous, peuvent en penser. De même, l'argent et les biens matériels ne sont que des outils. Des outils au service du bien, de la cité, de la patrie. Celui qui se laisse posséder par ce qui est extérieur à lui-même ne mérite pas le titre de stoïcien, le qualificatif de stoïque. Et à ceux qui verront le stoïcisme comme trop dur, Epictète répond que la Sagesse a un prix. Nous ne pouvons désirer la paix de l'âme et les fruits d'une vie de servitude. A vrai dire, à vouloir les deux à la fois, on n'obtient bien souvent ni l'un ni l'autre. Et à ceux qui se décourageront en chemin, Epictète rappelle que nous pouvons trouver en nous tous les outils pour persévérer. Face à l'abattement, invoquons la ferveur, face à la fatigue, invoquons l'endurance, face aux insultes et aux coups, invoquons le courage.

    Quelles sont alors les valeurs qui doivent être invoquées en toutes circonstances par l'Européen sur la voie du stoïcisme ? Puisque tout n'est qu'éthique, puisque tout n'est que tenue, que doit-on se dire inlassablement pour être prêt le jour où le destin nous appellera ?

    • Méprise mort, maladie, honneurs, richesses
    • Ne te lamente de rien qui puisse t'arriver
    • Maîtrise-toi car tu es le seul responsable de tes actes
    • Joue à fond le rôle qui t'es donné
    • Agis ou lieu de décréter
    • Respecte les liens du sang, de hiérarchie et les serments
    • Ne te détourne jamais de ton devoir
    • Ne te justifie jamais, ris des éloges que tu reçois
    • Ne parle que lorsque cela est nécessaire
    • Ne commet rien d'indigne
    • Par ta conduite, amène les autres à la dignité
    • Ne fréquente pas ceux qui sont souillés
    • Modération en tout. Accepte les bonnes choses de la vie sans les rechercher. Enfin, ne les désire plus
    • Les Dieux gouvernent avec sagesse et justice :

    « Sache que le plus important de la piété envers les Dieux est d'avoir sur eux de justes conceptions, qu'ils existent et qu'ils gouvernent toutes choses avec sagesse et justice, et par conséquent, d'être disposé à leur obéir, à leur céder en tout ce qui arrive, et à les suivre de bon gré avec la pensée qu'ils ont tout accompli pour le mieux. Ainsi, tu ne t'en prendras jamais aux Dieux et tu ne les accuseras point de te négliger »

    Epictète, Le Manuel, XXXI

    781453531.jpgAller au-devant du monde le cœur serein. Rester droit face aux pires menaces et affronter la mort sans faillir, voilà la grande ambition du stoïcisme. En des temps troublés, l'Européen, quel que soit son rang, trouvera dans le Manuel tous les outils pour y arriver. Par la méditation, la raison et la maîtrise de soi il pourra se forger jour après jour une antique et véritable tenue. Le stoïcisme est également l'une des traditions par laquelle on peut se rapprocher du divin puis enfin mériter soi-même ce qualificatif. Devenir « pareil au Dieux » fut l'une des grandes inspirations de nos plus lointains ancêtres au sein de toute l'Europe. Germains et Celtes aux ancêtres divins ou Latins et Hellènes rêvant de prendre place à la table des Dieux, tous étaient habités par cette métaphysique de l'absolu qui guide nos âmes depuis nos origines. Une métaphysique de l'absolu qui les poussait à rechercher la perfection, l'harmonie, la beauté. Avec la raison menant au divin et le divin menant à la raison, le stoïcisme réussit un syncrétisme que beaucoup ont cherché à réaliser en vain pendant des siècles. Et cette sagesse n'est nullement incompatible avec les fois chrétiennes comme avec nos antiques fois européennes. Le libre penseur, l'incroyant lui-même n'en est pas exclu. Voilà pourquoi celui qui ouvre Le Manuel aura alors pour horizon l'Europe toute entière et ce, à travers toutes ses époques. Que celui qui contemple alors notre histoire se rappelle ces paroles d'Hector dans L'Iliade 5 (XII, 243) : « Il n'est qu'un bon présage, celui de combattre pour sa patrie ».

    Pour le SOCLE :

    De la critique positive du Manuel, les enseignements suivants peuvent être tirés :

                        - Le Manuel dicte la tenue idéale à tenir pour un certain type d'Européen.

                        - C'est un devoir sacré pour chacun d'être utile là où il est.

                        - Il ne saurait y avoir de réflexion sans action.

                        - L'honneur est au-dessus de la vie.

                        - L'hubris doit être condamné.

                        - On doit être guidé par une métaphysique de l'absolu.

                        - Le divin mène à la raison. La raison mène au divin.

    Bibliographie

    1. Le Manuel. Epictète. GF-Flammarion.
    2. Pensées pour moi-même. Marc-Aurèle. GF-Flammarion.
    3. Histoire et tradition des Européens. 30 000 ans d'identité. Dominique Venner. Editions du Rocher.
    4. Le crépuscule des idoles. Friedrich Nietzsche. Folio Essais.
    5. L'Iliade. Homère. Traduit du grec par Fréréric Mugler. Babel.
    http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2016/09/24/le-manuel-d-epictete.html
  • Provence : L'Action française fait sa rentrée le 8 octobre ! Vous êtes attendus !

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    Jeunes et anciens de Marseille, de Provence ou même des régions voisines, seront bienvenus, sont même attendus, à cette réunion de rentrée qu'annonce  - et à laquelle invite - la très esthétique affiche ci-dessus.

    La réunion se tiendra donc au local d'Action Française Provence, 14 rue Navarin à Marseille, le samedi 8 octobre à 16 heures, et se prolongera en soirée où sera proposé un programme à la fois intéressant et sympathique ... 

    Vous en saurez plus dans les jours qui viennent. Mais, dès à présent, nous conseillons à nos lecteurs et amis désireux de participer, de réserver leur après-midi et leur soirée du samedi 8 octobre ...  

    Une invitation par courriel sera diffusée prochainement.  •  LFAR

    Pour de premiers renseignements : 06 08 31 54 97

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/