Sans langue de bois. Par Christian Harbulot, directeur de l'Ecole de guerre économique, interrogé sur Xerfi Canal
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Sans langue de bois. Par Christian Harbulot, directeur de l'Ecole de guerre économique, interrogé sur Xerfi Canal
Ce refus d'engager le dialogue avec Moscou ne saurait être perçu autrement que comme un aveu d'impuissance de notre appareil diplomatique.
Vladimir et François ne sont pas amis mais se parlent. Non, il ne s’agit pas de François Hollande mais du pape François, celui-là même que tous les ayatollahs de la laïcité exècrent du haut de leur toute-puissance républicaine bon teint. Les deux chefs d’État échangent, alors que le tapis rouge n’est plus de sortie depuis longtemps en Occident pour Poutine. Plus qu’une erreur, ce refus de dialoguer de l’Union européenne représente une faute politique grave.
Reçu au Vatican (et en Italie) le 11 juin dernier, Vladimir Poutine n’a pas boudé son plaisir. Poser le pied sur le sol européen, après les dernières joutes qui ont vu les chancelleries occidentales désarçonnées par l’annonce d’une liste de personnalités non gratae en Russie, constituait un formidable pied de nez. Un scandale, diront certains, une nouvelle preuve du caractère sans gêne de la Russie… Tout est bon pour accuser l’autre et faire oublier que les listes sont également une pratique occidentale effective depuis plus d’un an. Mais passons…

Pieter Bruegel l’Ancien (vers 1525 – 1569), Bataille navale dans le golfe de Naples,huile sur bois, 41x70
Jusqu’au 12 juillet 2015 se tient au musée de Flandre une exposition qui aborde le thème de la mer dans l’art flamand à travers un riche ensemble de gravures et de peintures des XVIe et XVIIe siècles.
L’exposition propose de découvrir la genèse de la marine en tant que genre pictural, en partant de l’époque des grandes explorations, dont les récits favorisèrent le développement de la géographie ou des sciences aussi bien que celui des arts – la porosité entre les trois domaines étant particulièrement remarquable.
Le caractère ambivalent de la mer dans l’univers mental flamand est bien mis en évidence dans les premières salles de l’exposition : si le répertoire formel du monde marin est en effet une source d’inspiration formidable pour de nombreux artistes, on remarque que la mer elle-même n’intègre pleinement le domaine pictural qu’assez timidement, au début du XVIe siècle. C’est que la mer ne représente pas seulement la prospérité économique, élément clé de la puissance des ports de Bruges, puis d’Ostende, d’Anvers, ou plus tard de Rotterdam et d’Amsterdam : elle est aussi le lieu de la tragédie et de maints cauchemars abyssaux, comme l’atteste bien, par exemple, le Triomphe d’Amphitrite de van Kessel.

Le cauchemar lovecraftien avant l’heure : le Triomphe d’Amphitrite de Jan van Kessel (1626 - 1679), huile sur cuivre, 14x19
L’exposition rassemble, entre autres merveilles, un magnifique ensemble d’architectures flottantes minutieusement détaillées de Pieter Bruegel l’Ancien, un paysage idyllique de Claude Gelée, dit le Lorrain, de vastes scènes de batailles navales, parmi lesquelles on retiendra surtout la représentation de la bataille de Lépante par Andries van Eeertvelt et celle du golfe de Naples par Bruegel l’Ancien, une collection de paysages mythologiques ou bibliques dont la mer constitue le théâtre, et enfin un magnifique ensemble de marines hollandaises du XVIIe siècle, qui vient clore cet édifiant parcours.

Andries van Eertvelt (1590 - 1652), Combat naval de Lépante, 1623, huile sur toile, 176x315

Jan Porcellis (av. 1585 - 1632), Un estuaire par temps orageux, vers 1630, huile sur toile, 58x80,5
Si l’on peut regretter une certaine frugalité pour ce qui est des explications, on admettra en revanche volontiers que le parcours muséographique est très agréable, stimulant et bien aéré, et que les explications fournies sont limpides. La consultation du catalogue d’exposition permet bien évidemment d’approfondir l’ensemble des sujets abordés dans l’exposition, au même titre, je suppose, que les audioguides – dont j’ai préféré, pour ma part, me passer.
Le seul vrai bémol de l’exposition de Cassel concerne peut être son manque de diversité : le thème aurait en effet gagné à être davantage agrémenté de cartes, d’objets ou de maquettes qui auraient pu constituer un contrepoint intéressant à la collection de marines réunies par le musée. Seule la première salle présente un planisphère espagnol dans un manuscrit, ainsi que trois maquettes modernes de navires historiques.
Ne boudons cependant pas notre plaisir : l’exposition « la Flandre et la mer » regorge de merveilles. La curiosité y côtoie le chef d’œuvre et le thème abordé saura séduire l’esthète aussi bien que l’amateur d’histoire nautique. Pour ceux d’entre vous que la symbolique du CNC ne laisse pas indifférents, l’exposition permet en outre de découvrir l’allure des phares de la côte flamande d’il y a trois siècles, ce qui constituera une cerise sur le gâteau !

Paul Bril (1554 – 1626), Vue d’un port de mer, huile sur toile, 107x151.
Lyderic / C.N.C. http://cerclenonconforme.hautetfort.com/
Jérôme Cahuzac va être renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris. Le parquet national financier avait requis le renvoi en correctionnelle de l'ex-ministre du Budget pour l'affaire de son compte caché.
Pourfendeur de l'évasion fiscale quand il était au gouvernement (de mai 2012 à mars 2013), Jérôme Cahuzac sera jugé notamment pour fraude fiscale, tout comme son épouse Patricia.
En avril 2013, Jérôme Cahuzac avait reconnu avoir placé quelque 685 000 euros sur un compte, ouvert en Suisse en 1992 puis déplacé à l'automne 2009 à Singapour.
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html
Le torchon continue de brûler entre Bruxelles et le gouvernement grec…
La réunion des ministres des Finances de la zone euro consacrée à la Grèce s’est terminée sur un échec jeudi soir à Luxembourg. Alors que le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble s’était montré très réservé sur les chances de succès de cette réunion, un membre de son entourage qualifiait hier soir son bilan de « tragique ». De son côté, devant les députés Syriza, le Premier ministre grec s’en était violemment pris lundi aux « institutions » (UE, BCE, FMI, naguère désignés sous le vocable de « Troïka »), dénonçant « La responsabilité criminelle » du Fonds monétaire international. La Grèce est en effet sommée d’accepter en bloc toutes les exigences de ses créanciers institutionnels. Or, si aucun accord n’est trouvé, le pays ne pourra faire face à ses échéances, notamment les 1,6 milliards d’euros qu’elle doit rembourser au FMI avant le 30 juin prochain. Un nouveau sommet, tout aussi improbable, est prévu fin juin.
Le système financier semble se préparer au défaut du paiement de la Grèce
Pour les Grecs, le choix semble être entre un scénario à la Chypriote, c’est-à-dire la confiscation de leur épargne pour renflouer les banques, et une sortie pure et simple de la zone euro, et donc l’introduction en catastrophe d’une nouvelle monnaie. Or, cette dernière, fondée sur une économie exsangue, se traduirait par un effondrement de ce qui leur reste de niveau de vie. Dans les deux cas, c’est un chaos politique et social qui semble attendre le pays. Le parlement grec a entendu mercredi, en présence de M. Tsipras, les premières conclusions des experts qui ont planché depuis avril au sein de la « Commission pour la vérité sur la dette publique ». Selon un de ses membres, la Commission estime que
La Grèce ne devrait pas payer sa dette, car elle est illégale, illégitime, et odieuse
et que le pays a été victime « d’une attaque concertée » de ses créanciers uniquement destinée à faire passer la dette qui pesait sur les banques privées, notamment françaises, allemandes et grecques, vers le secteur public grec, c’est-à-dire sur le peuple grec lui-même.
Bruxelles et Washington redoutent que la Russie ne tire profit de la situation
Accompagné de plusieurs membres de son gouvernement, le Premier ministre grec Alexis Tsipras était hier à Saint-Pétersbourg, où se tient un forum économique international. Il doit rencontrer aujourd’hui le président Vladimir Poutine. L’enjeu officiel est une éventuelle participation de la Grèce au projet de gazoduc Turkish Stream du géant russe Gazprom. Un projet qui éveille naturellement l’inquiétude de Washington, qui a demandé mardi soir à la Grèce de prendre une « initiative sérieuse » pour mettre fin au bras de fer avec Bruxelles…
Prêchées aveuglément par la République, les valeurs de fraternité et d'amour engendrent la mort. Derrière « Liberté, Égalité, Fraternité », il faut savoir lire, ce que ne font pas conservateurs et libéraux, « Ni Dieu ni Maître ».
La politique n'est pas la religion, et tous les penseurs classiques ont bien marqué le distinguo, de saint Thomas qui ne bâtit pas une cité théocratique, à Bossuet qui fonde sa politique sur l'histoire sainte et non sur la Révélation. La sottise haineuse et subversive qu'ont suscitée en France, dans certains milieux républicains, les rappels du pape Benoît XVI de principes évidents de la morale du Décalogue, qui n'est que l'exposé de la morale naturelle, nous ont fait penser à certaines pages de Maurras. Illustrons donc ici l'actualité de réflexions générales.
Fraternité et mort
Dans l'introduction de son Dilemme de Marc Sangnier 1 Maurras rappelle que la théologie catholique ne s'est jamais abandonnée au vague des sentiments. Il rappelle que la fraternité et l'amour, quand ces vertus avaient été aveuglement prêchées hors du catholicisme, avaient le plus souvent produit « la fraternité et la mort ». Que fit l'Ordre catholique ?
« Par une opération comparable aux chefs d'oeuvre de la plus haute poésie, les sentiments furent pliés aux divisions et aux nombres de la pensée ; ce qui était aveugle en reçut des yeux vigilants ; le coeur humain, qui est aussi prompt aux artifices du sophisme qu'à la brutalité du simple état sauvage, se trouva redressé en même temps qu'éclairé.
Un pareil travail d'ennoblissement opéré sur l'âme sensible par l'âme raisonnable était une nécessité d'autant plus vive que la puissance de sentir semble avoir redoublé depuis l'ère moderne. "Dieu est tout amour", disait-on. Que serait devenu le monde si, retournant les termes de ce principe, on eût tiré de là que "tout amour est Dieu" ? Bien des âmes que la tendresse de l'Évangile touche, inclinent à la flatteuse erreur de ce panthéisme qui, égalisant tous les actes, confondant tous les êtres, légitime et avilit tout. S'il eût triomphé, un peu de temps aurait suffi pour détruire l'épargne des plus belles générations de l'humanité. Mais elle a été combattue par l'enseignement et l'éducation que donnait l'Eglise : – Tout amour n'est pas Dieu, tout amour est "de Dieu". Les croyants durent formuler, sous peine de retranchement, cette distinction vénérable qui sauve encore l'Occident de ceux que Macaulay appelle les barbares d'en-bas.
Aux plus beaux mouvements de l'âme, l'Église répéta comme un dogme de foi : Vous n'êtes pas des dieux. À la plus belle âme elle-même : Vous n'êtes pas un Dieu non plus. En rappelant le membre à la notion du corps, la partie à l'idée et à l'observance du tout, les avis de l'Église éloignèrent l'individu de l'autel qu'un fol amour-propre lui proposait tout bas de s'édifier à lui-même ; ils lui représentèrent combien d'êtres et d'hommes, existant près de lui, méritaient d'être considérés avec lui : – N'étant pas seul au monde, tu ne fais pas la loi du monde, ni seulement ta propre loi. Ce sage et dur rappel à la vue des choses réelles ne fut tant écouté que parce qu'il venait de l'Église même. La meilleure amie de chaque homme, la bienfaitrice commune du genre humain, sans cesse inclinée sur les âmes pour les cultiver, les polir et les perfectionner, pouvait leur interdire de se choisir pour centre. »
Quel magnifique éloge dans les dernières lignes, éloge de l'Église pour son bienfait social, mais aussi pour son bienfait moral. Si, dans un ordre qui ne nous regarde pas ici, elle prépare les hommes à mériter de vivre dans la Jérusalem céleste, elle est, au temporel, l'héritière de la Cité antique, de l'Ordre romain, elle est garante de la Civilisation.
Désordre mental
Que va dresser face à l'Ordre qui nous dit, comme le souligne Maurras, « Vous n'êtes pas des dieux », le désordre mental – moral et politique – qu'incarnent le romantisme et la Révolution ? « Conscience ! conscience ! instinct divin, immortelle et céleste voix ; guide assuré du bien et du mal, qui rend l'homme semblable à Dieu... » 2 L'individualisme forcené, métaphysique, moral, esthétique et politique dans lequel est né l'esprit révolutionnaire. Derrière « Liberté, Égalité, Fraternité », il faut savoir lire, ce que ne font pas conservateurs et libéraux, « Ni Dieu ni Maître ».
Nous commenterons de plus près une prochaine fois ce texte fondamental de Charles Maurras.
Gérard Baudin L’ACTION FRANÇAISE 2000 du 12 au 15 avril 2009
1 - Le Dilemme de Marc Sangnier (1906) fait partie, avec La Politique religieuse (1912) et L'Action française et la Religion catholique (1913), de La Démocratie religieuse (1921). Rééditée en 1975 (Nouvelles Éditions latines).
2 - Jean-Jacques Rousseau : Emile, L. IV, Profession