l'information nationaliste - Page 7954
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TVL : Journal du 17-11-2014
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L’Etat Islamique, un repaire d’apostats! Le parcours révélateur de Maxime, égorgeur en Syrie
Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a indiqué aujourd’hui qu’il y avait une «très forte probabilité» qu’un Français apparaisse sur la vidéo de l’État islamique dévoilée hier matin et sur laquelle on voit des djihadistes égorger plusieurs prisonniers.
Depuis hier, la vidéo propagandiste de l’Etat Islamique, qui montre l’égorgement monstrueux de 18 soldats syriens a rebondi vers une autre propagande plus insidieuse: un Français d’origine, converti à l’Islam, serait probablement l’un des égorgeurs. Tous les médias ne cessent de répéter que cet assassin serait issu d’une famille catholique. D’abord si c’est le cas qu’on cesse de le présenter comme converti, mais plutôt comme apostat, c’est le terme qui convient lorsqu’on voit la chose du point-de-vue catholique. Ensuite réfléchissons à l’enchainement des trahisons qui conduisent des jeunes influençables à devenir les idiots utiles du mondialisme à travers l’Islam.
Cette apostasie n’aurait jamais eu lieu sans la politique du Grand remplacement menée depuis la Présidence de Valéry Giscard d’Estaing en 1975 en France par les traîtres qui ont pris le pouvoir.
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Le Sénat a supprimé la modulation des allocations familiales
Le Sénat a supprimé dans la nuit de vendredi à samedi la modulation des allocations familiales pour les revenus élevés votée par l'Assemblée, dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale.
Contre l'avis du gouvernement, les sénateurs ont adopté une série d'amendements de suppression déposés par la majorité de droite (UMP et centristes), mais aussi par des sénateurs de gauche, comme les groupes Communiste, républicain et citoyen (CRC) et écologiste, ou la socialiste Marie-Noëlle Lienemann.
Le texte fera l'objet, le 18 novembre, d'une commission mixte paritaire (CMP, 7 sénateurs, 7 députés) chargée de trouver une version commune aux deux chambres. En cas de désaccord, c'est l'Assemblée, qui devrait rétablir la modulation des allocations, qui aura le dernier mot.
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TVL : Politique & Eco n°21
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L'UMP est en pleine crise existentielle
Collaborateur du Centre d’étude de la vie politique (Cevipol) à l’Université libre de Bruxelles, le politologue Gaël Brustier vient de publier Le Mai 68 conservateur. Que restera-t-il de la Manif pour tous ? (éditions du Cerf). Il répond à Libération :
"Prise en tenaille entre l’énorme vivier du national-populisme de Marine Le Pen et la nouvelle génération conservatrice, la droite est en pleine crise existentielle. Ses leaders sont paumés, ou opportunistes tel Nicolas Sarkozy, alors que des hommes comme Séguin ou Chirac n’auraient jamais cédé à des pressions de cet ordre. La contestation des élites a aussi été un terreau de LMPT : certains évêques ou prêtres, jugés trop mous, ont été mis à l’index, tandis que des UMP comme Luc Chatel, Nathalie Kosciusko-Morizet ou Bruno Le Maire étaient interdits de manif pour leurs positions jugées trop molles. Dans l’actuelle course à la présidence de l’UMP, Sarkozy comme Le Maire ont d’ailleurs durci sensiblement leurs discours.
La droite française reste-t-elle le principal débouché électoral de LMPT ?
Dans ces familles, qui sont pour la plupart catholiques, le poids d’une certaine tradition perdure et les interlocuteurs politiques naturels restent le plus souvent de droite. Les zones les plus mobilisées autour de la Manif pour tous ont été des terres historiques de l’UMP mais aussi de l’UDI, dont on sous-estime souvent l’engagement de certains membres dans les sphères conservatrices. Tous ont couru après le mouvement et même le FN en envoyant Marion Maréchal Le Pen, qui entretient des liens avec certains milieux catholiques, a fait le pèlerinage de Chartres en 2013 et est reconnue par cette génération conservatrice… [...]
Les milieux catholiques conservateurs proposent davantage que la gauche une réponse aux angoisses du temps présent. Au pouvoir ou plus radicale, la gauche, dont une partie est tombée dans le social conservatisme, semble saisie par la trouille. Elle est idéologiquement en panne, c’est notamment flagrant sur l’urgence environnementale et les mesures écologiques. De plus, en réduisant les défilés de LMPT à une France «moisie», la gauche a omis de répondre à la question la plus importante pour une communauté humaine, a fortiori s’il s’agit d’une nation : la définition qu’elle se donne d’elle-même. Blum, Jaurès ou Mendès l’avaient fait en leur temps. Où est à gauche la vision de long terme qui transcende l’actualité et les mesquineries du clivage droite-gauche dans la vie politique française ? Au PS, le débat entre l’exécutif et les «frondeurs» ne porte que sur l’affectation de 12 milliards d’euros aux ménages plutôt qu’aux entreprises… c’est peu de chose ! La gauche au pouvoir semble privée de boussole par rapport à ce qu’est son histoire, à ce que pourrait être un projet émancipateur et à ce que sont les aspirations de la société. [...]"
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Créances douteuses : un boulet à 900 milliards d’euros pour les banques
Avec 136 milliards d’euros de créances douteuses supplémentaires, la rentabilité des banques est sous pression.
C’est un boulet de 880 milliards pour les principales banques de la zone euro, soit 4 % du total de leur bilan. Cette somme correspond au total des prêts dits « non performants » (c’est-à-dire en retard de paiement depuis au moins 90 jours), détectés par la BCE au sein des 130 banques de la zone euro passées au scanner par ses soins.
Avant ce « bilan de santé », les banques ne reconnaissaient « que » 743 milliards d’euros de ces prêts douteux. La BCE a constaté qu’elles en décelaient 18 % de plus. La Banque centrale européenne a ainsi requalifié 136 milliards d’euros de prêts en créances douteuses supplémentaires au cours de son enquête. Dans le détail, sur ces 136 milliards, environ 54 milliards proviennent de la méthode suivie par la BCE : une définition harmonisée de ces « expositions non performantes » (ou « NPE » dans le jargon de la BCE) a été appliquée aux différents pays de la zone euro, ce qui a dégradé des créances jusque-là considérée comme sans histoire.
Le solde – 80 milliards d’euros – provient de nouveaux « cadavres » effectivement découverts dans les placards des banques. Ces nouveaux « NPE » se concentrent sur les prêts aux grandes entreprises (+ 35 milliards d’euros) et au financement immobilier (+ 37 milliards d’euros).
« Ajustements »
Bien moins volumineux, le financement au transport maritime (« shipping ») voit ses créances douteuses progresser de 26,6 %. Il faudra encore du temps pour approfondir les données fournies par la BCE et comprendre précisément où se situent les zones de risque. Seule certitude : ces nouveaux risquent pèsent fortement sur la rentabilité des banques. Mécaniquement, un prêt non performant amène la banque à passer des provisions et, dans le pire des cas, à enregistrer une perte. En outre, les impayés sont autant d’intérêts qui ne rentrent pas et qu’il faut refinancer autrement.
Au total, le poids de ces crédits non performants, mais aussi d’autres exercices de valorisation des bilans bancaires, doivent conduire à des « ajustements » de valeur d’actifs de 48 milliards d’euros. Ces derniers « se sont traduits ou se traduiront par des ajustements prudentiels [donc un renforcement des fonds propres, NDLR] à ou des dépréciations comptables, la répartition entre ces deux éléments n’étant pas connue à ce jour », souligne Fabrice Odent, associé chez KPMG. Une interrogation de taille.
À noter
En proportion de la taille de leurs bilans, les banques grecques, chypriotes et slovènes sont celles qui ont le plus sous-estimé leurs créances douteuses.
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“Le capitalisme est essentiellement anti-familial aux yeux de Chesterton” – Entretien avec Philippe Maxence 2/3
Propos recueillis par Pierre Saint-Servant
Chesterton fut avec Belloc l’un des théoriciens de ce que l’on a appelé “distributisme”, pouvez-vous expliquer ce mot et développer ce qu’il recouvre ?
En français, le mot « distributisme » sonne mal et ne dit pas tout de ce qu’il contient. Ce courant politique, économique et social, est né principalement du contexte anglais, où la question centrale n’est pas celle du régime politique – problème auquel furent soumis les catholiques français après la Révolution de 1789 et au moment du Ralliement sous Léon XIII –, mais celui de la confiscation par l’aristocratie du pouvoir et de la vie économique du pays. Refusant à la fois les conséquences dramatiques du libéralisme économique et les fausses solutions apportées par le socialisme étatique, le « distributisme » postule la renaissance d’une société agraire et artisanale, reposant sur une large distribution de la propriété privée, afin qu’elle ne soit pas confisquée par quelques-uns et qu’elle permette à chaque foyer d’être propriétaire ou co-propriétaire des moyens de production. Le distributisme repose sur une conception organique, largement anti-étatique de la société, s’appuyant sur la famille et la mise en application du principe de subsidiarité, fondement des relations pouvoir-responsabilité à chaque niveau social. Même s’il n’emploie pas cette image, Chesterton estime qu’il faut que chaque famille, conçue aussi comme une unité économique, détiennent le clou et le marteau, pour supporter elle-même les conséquences de ses actes et éviter des catastrophes que l’analogie laisse imaginer quand on sépare celui qui tient le marteau de celui qui tient le clou.
Ce courant politique, économique et social, est né principalement du contexte anglais, où la question centrale n’est pas celle du régime politique – problème auquel furent soumis les catholiques français après la Révolution de 1789 et au moment du Ralliement sous Léon XIII –, mais celui de la confiscation par l’aristocratie du pouvoir et de la vie économique du pays.
Quelle est la place des anciennes Guildes dans l’esprit de Chesterton ? Comment transposer celles-ci dans nos sociétés contemporaines ?
Contrairement à un autre distributiste, Arthur Penty, qui a développé toute une réflexion sur le rôle des Guildes ou des corporations, Chesterton s’est contenté d’évoquer l’exemple historique des Guildes dont il pensait que le principe s’imposerait dès lors que la propriété privée serait largement diffusée et qu’il faudrait alors redonner aux métiers la possibilité de s’organiser. Dans son livre sur Chaucer, il écrit : « Qui dit métiers dit Guildes; détruisez les Guildes, vous détruisez la classification naturelle des hommes. » Je ne suis moi-même pas un spécialiste de cette question ni surtout de celle qui consisterait à la transposer à la réalité actuelle. En revanche, je peux vous inviter à lire et à découvrir le livre que j’ai contribué à faire éditer et qui est plus largement une actualisation de la pensée distributiste : Small is– toujours – beautiful, une économie au service de la famille de Joseph Pearce, auteur de biographies de Chesterton, Belloc et Soljénitsyne ou Chrétienté, réveille-toidu père Aidan Nichos, qui aborde directement cette question.
Quelle est la part due aux socialistes anti-utilitaristes tels que John Ruskin ou William Morris dans la pensée distributiste ?
Chesterton avait de la sympathie envers eux, à des degrés divers. Il reconnaissait une certaine dette à leur égard, mais il trouvait aussi qu’ils restaient d’une certaine manière habités par des aspects de la modernité.
La révolte luddite avait-elle la sympathie de Chesterton ? En quoi ce mouvement est symbolique de la lutte de l’homme contre la machine froide ?
Au moment de la constitution de la « Distributist League », le mouvement qui devait incarner et répandre les idées de Chesterton et Belloc, certains de leurs compagnons avait proposé que l’appellation fasse référence aux luddites. Il y avait donc une certaine sympathie à leur égard, mais en même temps le constat que la réaction qui consiste à détruire les machines se retournait contre les ouvriers eux-mêmes. DansOutline of sanity, que nous avons traduit en français par Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, livre essentiel pour comprendre la vision politique de Chesterton, celui-ci écrit : « Détruire les machines comme du temps des Luddites est une réaction humaine, fort compréhensible au demeurant, due à l’ignorance. Ignorance qui d’ailleurs fait pendant à celle des économistes industrialistes qui parlaient avec mépris de ces mêmes Luddites. Il s’agissait là d’une révolte aveugle conduite par des hommes trop ignorants pour comprendre le caractère artificiel et temporaire de l’outil qui excitait leur rage et deviner où se trouvait le véritable siège des tyrans qui l’exploitaient »
Bloy comme Chesterton sont souvent perçus comme de sympathiques pamphlétaires par les catholiques français, peu en retiennent leur dégoût du capitalisme et de la prostitution à l’argent-roi, cet “odieux règne de l’esprit bourgeois” qui considère de haut le scandale de la Croix. Le catholicisme ne tient-il pas là une chance historique, en assumant son anti-modernisme et en recréant la possibilité d’une vie saine et belle, la “good life” du socialiste Morris ?
Oui, à la différence que pour un catholique la « good life » n’est jamais totalement réalisable sur terre qui reste sous l’emprise sur péché. Au-delà du désir de recréer les conditions d’une vie humaine, avec sa beauté et son poids, le distributisme vise à ne plus couper l’être humain en plusieurs morceaux sans rapport les uns avec les autres – l’homme économique, l’homme sociable, l’homme politique, l’homme des loisirs, l’homme religieux, etc. – mais à le restaurer dans son unité.
Retourner à Belloc ou Chesterton permettrait également aux catholiques français de saisir à quel point la défense de la famille et la justice sociale sont intimement liées. Chesterton rappelle que le capitalisme ne veut pas de familles car il ne veut pas de communauté face à lui.
En fait, le capitalisme est essentiellement anti-familial aux yeux de Chesterton parce qu’il ne voit que l’individu, soit comme ouvrier ou comme employé, soit comme consommateur. Les catholiques devraient effectivement s’inspirer d’une telle pensée qui ne réduit pas la défense de la famille à celle de l’aspect moral – opposition à la contraception, à l’avortement ou aux unions homosexuelles, par exemple – mais au fait, fondamental, que la société est impossible sans la famille, qui est perçue elle-même comment étant l’institution de la liberté. Deux citations peuvent illustrer ces aspects. La première est extraite de l’essai de Chesterton sur le divorce : « Les ennemis de la démocratie veulent désagréger la morale sexuelle, car, par leur structure, les petits noyaux familiaux ressemblent aux petites nations. Comme elles, c’est le cauchemar de l’esprit de haute envergure qui rêve d’empire. Bref, ce que l’on craint, au sens le plus littéral du mot, c’est l’autonomie. »
Dans Le Monde comme il ne va pas (éditions de l’Age d’Homme), il écrit encore :« On peut dire que cette institution qu’est le foyer est l’institution anarchiste par excellence. C’est-à-dire qu’elle est plus ancienne que la loi, et qu’elle se tient à l’écart de l’État. De par sa nature, elle est revigorée ou corrompue par des forces indéfinissables issues de la coutume ou de la parenté. Cela ne veut dire pour autant que l’État n’ait pas autorité sur les familles : dans de nombreux cas qui sortent de l’ordinaire, on a recours, et il le faut, à cette autorité de l’État. Toutefois, l’État n’a pas accès à la plupart des joies et des chagrins familiaux, ce n’est pas tant que la loi ne doive pas interférer mais plutôt qu’elle ne le peut. Certains domaines sont trop éloignés de la loi, d’autres en sont trop proches ; il est plus facile à l’homme de voir le Pôle Nord que de voir sa propre échine. Des affaires sans importances et immédiates seront tout aussi difficiles à gérer que d’autres, plus importantes et lointaines. Les vraies peines et les vraies de la famille en sont un parfait exemple. Si un bébé réclame la lune en pleurnichant, le gendarme ne pourra pas plus aller la lui décrocher qu’il ne pourra le calmer. »
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Mentir ? « Ça ne coûte pas très cher » à Sarkozy
M. Sarkozy a envie de devenir président de l’UMP, il a donc décidé de tenir le discours musclé qui est supposé plaire aux militants de ce parti en voie de droitisation accélérée.
À l’époque, pas si lointaine, où il s’était mis en retrait – en retrait, pas en retraite – de la vie politique, Nicolas Sarkozy s’était bien gardé de se mêler de la querelle du « mariage pour tous ». C’est qu’il estimait, non sans raison, n’avoir que des coups à prendre dans cette affaire qui n’était pas seulement clivante pour l’ensemble de la société, mais dans son propre camp. S’il se défendait d’avoir qualifié de « fascisme en loden » les participants aux cortèges de la Manif pour tous – la paternité de l’expression semble bien revenir à Jacques Attali –, il ne cachait pas en privé son peu d’envie d’être rangé parmi les soutiens anachroniques de la famille traditionnelle comme son refus de s’engager aux côtés de la modernité « bobo », puisque dans un cas ou dans l’autre, il risquait de perdre d’un côté ce qu’il aurait pu espérer gagner du côté opposé.
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TVL : BISTRO LIBERTES N°7
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Élisabeth Lévy : Eric Zemmour, mai 68 et moi
Ni Zemmourolâtre, ni Zemmourophobe, la patronne de Causeur s’interroge sur le succès du Suicide français. Elle dénonce le procès médiatique dont l’auteur est victime, y voyant une enième preuve du sectarisme de la gauche française.
GAROVOX : « Eric Zemmour ne mérite pas qu’on le lise » : cette phrase de Manuel Valls vous a mise hors de vous. Pourquoi ?
Elisabeth Lévy : La France a toujours été un grand pays de controverse et il m’est insupportable de la voir devenir le royaume du prêchi-prêcha. Voilà pourquoi cette invitation à la censure, parée en prime des atours du combat contre le Mal, me paraît être de fort mauvais aloi. C’est le droit du Premier ministre - et de tout un chacun - d’être en désaccord avec Zemmour. Mais proclamer qu’on doit le dénoncer sans le lire, c’est stalinien ou orwellien - ce qui revient au même. De plus, ce manquement à l’art de la polémique argument contre argument, se double d’un mépris affiché pour le lecteur/électeur qui a voté, non pas avec ses pieds mais avec ses idées (et son porte-monnaie), en achetant massivement ce livre qui « ne mérite pas qu’on le lise ». Et que lui dit Manuel Valls, à ce plouc attardé, réac et j’en passe ? Précisément qu’il est plouc, attardé et réac. L’ennui, pour le Premier ministre, c’est que ses injonctions n’ont guère de succès…
Selon vous, pourquoi ce livre cristallise-t-il tant d’opposition contre lui, jusqu’au sommet de l’Etat ?
Précisément parce que son succès constitue un désaveu cinglant pour tous les propagandistes du « Parti de demain » (nom que Jean-Claude Michéa donne à la gauche de notre temps), qui considèrent la nostalgie comme un crime et le passé, en tout cas celui de la France, comme un monde ténébreux et haïssable. Et la raison de ce succès, c’est que Zemmour donne un cadre intellectuel, une visibilité, une voix, bref une légitimité, à l’inquiétude que beaucoup de Français éprouvent pour leur pays. Les mêmes qui manifestent la plus grande compassion pour ceux qui redoutent de perdre leur emploi ou leur revenu évacuent par le mépris les peurs dites culturelles ou identitaires, dénigrées comme des « paniques » irrationnelles et détestables : quand une partie de nos concitoyens disent qu’ils ne se sentent plus chez eux, on se lamente sur la progression des « idées lepénistes » en évitant soigneusement de se demander pourquoi elles progressent. Or, avec son livre, Zemmour oblige tout le monde à regarder les choses en face. Il contribue à interdire le déni. Et bien sûr, face au déni, il pousse souvent le bouchon très loin, ce qui le place en phase avec une exaspération grandissante.
Et que voit-on quand on regarde les choses en face ?
On voit un pays en proie à un désarroi identitaire qui ne se nourrit pas seulement, et sans doute pas prioritairement, du chômage et de la crise, mais aussi de l’immigration massive des dernières décennies et de ses conséquences. La France a connu une révolution démographique et culturelle et elle est à la fois sommée de ne pas la voir et de l’applaudir. En clair, Zemmour remet sur le tapis le débat qu’on élude depuis trente ans sur l’immigration et l’intégration - il faut parler des deux car ce n’est pas la diversité des origines qui pose problème à un nombre croissant de Français, mais celle des cultures. Plus précisément, ce sont les modalités de la greffe entre « cultures d’origine » des immigrés récents et de leurs descendants et ce que les Allemands appellent la « culture de référence », qui sont en cause. Ou pour le dire autrement, le fonctionnement de la machine à fabriquer des Français : Qui s’adapte à qui ? L’inaliénable égalité des individus suppose-t-elle l’égalité des cultures ? En creux, Zemmour raconte l’adoption subreptice, en lieu et place du modèle républicain, d’un modèle multi culturaliste qui sied mal au teint d’un vieux pays jacobin et colbertiste. Sur cette question du dosage entre l’héritage et le nouveau, désolée, mais je vais faire le robinet d’eau tiède, entre ceux qui ne croient qu’à l’héritage, un peu comme Zemmour, et les partisans de la table rase comme les Indigènes de la République : je veux de l’héritage et du nouveau - seulement, aujourd’hui, c’est l’héritage qui est menacé. [....]
La suite sur Le Figarovox
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Elisabeth-Levy-Eric-Zemmour-mai-68