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  • Pierre LE VIGAN raconte : « Ordre Nouveau et moi ! »

    Je n’ai pas connu directement le mouvement Ordre Nouveau. Je n’en ai eu qu’une approche indirecte en achetant une fois ou deux leur journal Pour un Ordre Nouveau, au graphisme épatant. C’est dire que l’initiative de Dualpha avec Alain Renault de faire cette réédition de divers textes introuvables – il n’y avait pas Internet ! – est excellente. J’ai le souvenir d’écrits ultérieurs à O.N d’Alain Renault, généralement assez drôles et bien vu, par exemple dans la revue Item des années soixante-dix.

     

    Ce que j’ai en tête, c’est que, étant au lycée, il y avait – ce devait être entre 1971 et 1973, un militant ou adhérent d’Ordre Nouveau. A priori nous le savions parce qu’il ne s’en cachait pas. Or, il ne répondait pas aux clichés. Il n’avait pas les cheveux longs mais pas du tout non plus le crâne rasé, qui devait être rarissime à cette époque, affichait une petite barbe, et surtout n’avait rien d’un excité éructant. Il donnait au contraire une impression certaine d’équilibre, de calme et de maturité.

     

    J’ai toujours pensé que les idées étaient l’essentiel. Même si un parti libéral ou un groupe stalinien étaient incarnés par des saints, je ne m’y rallierais pas.

     

    Toutefois, je ne suis pas aveugle aux aspects humains. Que ce membre d’Ordre Nouveau ne corresponde à aucune caricature « antifasciste » (outre que je n’aime pas les caricatures) me fit réfléchir, et je me dis que c’était décidément une bonne idée que de m’intéresser à ce que disaient les  nationalistes-révolutionnaires.

     

    Il y avait par ailleurs au lycée deux types membres de l’U.N.I, increvable machin anti-gauchiste manipulé par la droite classique. Leur principal  discours consistait à dire qu’« il y aura toujours des riches ». Certes, je n’étais pas naïf au point de ne pas savoir que certains sont toujours doués pour s’en mettre plein les poches pendant que d’autres crèvent la dalle, mais, justement, ce qui me paraissait important, c’est que les riches ne soient pas en plus ceux qui ont le pouvoir. Que les riches ne soient pas aussi les puissants et les uniques décideurs. J’avais bien sûr raison et les types de l’U.N.I. étaient des canailles – ce que n’était pas le militant d’Ordre Nouveau.

     

    Quelques années plus tard, le mouvement sans doute le plus dans la continuité d’Ordre Nouveau fut les Groupes Nationalistes Révolutionnaires de Base de François Duprat et Alain Renault. Il fallait prononcer cela « Greuneubeu ». Un journaliste de Charlie Mensuel, Jean-Marie de Busschère, leur consacra, si ma mémoire ne me trompe pas, une série d’articles plutôt plaisants et compréhensifs vers 1977 (de Busschère, excellent esprit, est évoqué dans le blogue La longue vue, blogue animé par le général Tapioca). Mais ceci est une autre histoire, comme disait l’Oncle Paul dans Spirou

     

    Pierre Le Vigan http://www.europemaxima.com

  • La France en récession finance son grand remplacement

    Allocations familiales : l’incroyable décision

    Exclusif. Quand l’Europe impose à la France d’étendre le bénéfice de sa politique familiale à tous les enfants d’immigrés. Même nés à l’étranger.

    En France, la nouvelle est restée confidentielle. Mais pas en Algérie (voir notamment Le Matin DZ) : désormais, tout parent algérien installé en France pourra toucher des allocations familiales au titre de ses enfants, nés en Algérie, qui décideraient de le rejoindre. Et même, précise la Cour de Cassation réunie le 7 avril dernier en assemblée plénière, si les enfants en question ont pénétré en France en dehors de toute procédure de regroupement familial. Ce qui s’applique naturellement, d’abord, aux enfants de pères polygames, puisque les autres peuvent, depuis l’institution du système, en 1976, bénéficier dudit regroupement ! Résultat : les hommes ayant « épousé » plusieurs femmes dans leurs pays vont pouvoir, sans contourner la loi française comme ils le faisaient jusqu’à maintenant (en faisant passer, par exemple, leurs compagnes pour des « mères isolées »), financer légalement le séjour en France de leur descendance.

    Pour appuyer sa décision, la Cour de cassation évoque le principe de « non-discrimination » inhérent à la jurisprudence européenne – laquelle interdit depuis les années 1980 aux Etats de réserver à leurs seuls nationaux le bénéfice de prestations démographiques spécifiques – mais aussi l’accord euro-méditerranéen UE-Algérie du 19 décembre 2001. Dont les termes sont directement transposables aux ressortissants du Maroc et de la Tunisie ayant signé les mêmes accords avec l’Union européenne. Et sans doute demain, à tous les Etats extra-européens avec laquelle la France a signé des traités analogues ! [...]

    La suite sur Valeurs Actuelles

    http://www.actionfrancaise.net

  • La médecine globale du Dr Olli Rehn

    Nul ne peut en douter désormais. Pendant une période assez longue l'exigence de réformes préconisées par la Commission européenne va dominer, plus ou moins subrepticement, le débat économique, social et politique franco-français. Les uns se passionneront autour de la légitimité de cette pression venant d'une autorité supranationale, les autres y verront la main de la haute finance apatride.

    Certains pourront même reprendre au sujet de ces orientations eurocratiques la fameuse critique de Bainville à propos du traité de Versailles : trop fort pour ce qu'il manifeste de points faibles, trop faible pour appliquer vraiment ses clauses les plus dures. À vrai dire en effet on peut répéter cette analyse pour toutes les macrodécisions "globales" inspirées par des instances synarchiques internationales où l'on distingue mal qui les prend et qui va les appliquer.

    Disons quand même que la véritable question tourne dans le cas précis autour de la pertinence des observations que dès le 3 mai les autorités de Bruxelles ont communiqué aux ectoplasmes de l'Hexagone.

    Osons donc d'abord le soutenir ici : en suggérant fortement au gouvernement de Paris de mettre de l'ordre dans deux ou trois séries de dossiers, le commissaire européen Olli Rehn rend aux Français un service éminent.

    "Le Monde" en faisait la première page de son édition papier en date du 10 mai et la nouvelle se trouvait depuis la veille en ligne sur son site internet : "Olli Rehn, le commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires, a accepté d'étaler dans le temps les chantiers ouverts, en échange d'engagements les plus précis possibles de Paris en matière de réduction des dépenses publiques, et, surtout, de réformes structurelles". (1)⇓

    On trouvera donc toujours des gens pour ergoter. Georges Brassens en fait la chute d'une chanson, qu'il intitula "Corne d'Auroch". Le personnage ainsi dépeint possède toutes les caractéristiques du triste sire. Il meurt comme il a vécu, stupidement, refusant de se soigner au motif que "c'était à un Allemand qu'on devait le médicament".

    En l'occurrence le commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires est un homme politique finlandais. Il représente, dans son pays, le Suomen Keskusta. Cette formation siège au Parlement européen au sein de "l'Alliance des libéraux et des démocrates pour l'Europe". Le parti français affilié, en tant qu'observateur, est curieusement l'inoffensif allié du PS, le parti radical de gauche.

    Revenons donc sur les trois axes de réformes qu'Olli Rehn demande au gouvernement français d'accomplir.

    1° La durabilité du système de pensions.

    2° La réforme du marché du travail

    3° La libéralisation des marchés des biens et services

    Les deux premiers points sont devenus familiers à l'opinion française. Certaines demi-mesures sont déjà intervenues, depuis la simili réforme des retraites sous le gouvernement Fillon en 2010 : on savait déjà à cette époque que, dès 2013, il faudrait revoir la copie : nous y voilà. La notion d'un "financement pérenne" ne peut plus demeurer sans réponse. Quant au marché du travail, le coût de la main d'œuvre est régulièrement évoqué par le Medef qui se garde d'ailleurs de mettre en cause le monopole de la sécurité sociale.

    C'est sur la question de la libéralisation, évidemment nécessaire, des marchés des biens et des services que les Français se trouveront bientôt surpris : il leur faudra découvrir ce que leur coûtent dans leur vie quotidienne les quantités de petits monopoles abusifs qu'on leur dissimule.

    On ne saurait donc, contourner la nécessité d'en évoquer quelques aspects, depuis le blocage du développement des transports par les bureaucraties syndicales jusqu'aux rentes spoliatrices détenues par les gros intérêts de la distribution. Il faudra par conséquent s'y employer sans hésitation, quitte à faire grincer des dents.

    JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

    Apostilles

    1 - cf. article "Les trois réformes exigées par Bruxelles" Le Monde le 9.05.2013 à 10 h 22

  • Intronisation du facteur falseflag

    http://www.dedefensa.org/

    On connaît depuis longtemps, quasiment depuis l’attaque de septembre 2001, le tour polémique aigu qu’a pris le concept du “complotisme” (ou “théorie des complots”), dont l’expression falseflag est une des expressions sémantiques de représentation récemment mise en vogue et très utilisée aujourd’hui. Il s’agit d’abord d’une question centrale de communication accordée au règles de fer du conformisme-Système, avec le constat que l’idée même d’une telle hypothèse de montage a été, dans son principe, dès l’origine, non seulement rejetée mais diabolisée à l’égal des pires diabolisations imposées par le Système. Cela correspondait bien entendu à la “mythologisation” de l’événement 9/11 que rien ne devait entacher ni mettre en doute, qui s’est accompli selon un processus-Système quasiment automatique (c’est-à-dire sans “complot” humain de la part du Système, puisque de la part du Système), impliquant un verrouillage fait de références obligatoires et destiné à emprisonner l’esprit dans un mode de pensée de pérennisation et de légitimation du Système. (A notre sens, ce processus, toujours dans un mode automatique renvoyant à la dynamique de surpuissance du Système, est allé jusqu’à une tentative de faire de 9/11 un événement métaphysique [voir le 11 octobre 2011]. A cet égard, l’événement de l’attaque du 11 septembre 2001 peut sans le moindre doute être considéré comme “refondateur” de la légitimité du Système pour sa dernière phase d’expansion et de domination telle qu’on l’a vue se développer, justement à partir de 9/11, – mais, très vite, avec des avatars et des crises tendant à l’autodestructiont qui ont rendu encore plus sensible toute mise en cause avec potentialité de “dé-mythologisation” de cet événement.)

    De ce point de vue évoqué, la situation était que toute personne envisageant une telle possibilité de complot, de manipulation, de montage, etc., concernant 9/11, puis bientôt concernant tous les actes de la “politique de l’idéologie et de l’instinct” de l’époque Bush, transformée ensuite avec l’abandon de références politiques courantes en politique-Système, devait être considérée comme subversive, moralement condamnable sans appel, quasiment relaps ou hérétique, etc. Nous insistons particulièrement sur ce point : nous ne parlons pas de la valeur ou non, de la véracité ou non de telle ou telle hypothèse de complot, de montage, etc., mais bien d’un principe-Système. (Si le mot “principe” peut-être accolé au Système, ce qui est en soi une contradiction, mais qui peut être accepté pour ce cas en comprenant que le terme “principe” est employé techniquement et nullement dans sa signification ontologique. S’il est considéré ontologiquement, il doit être apprécié dans ce cas comme une totale inversion de la véritable signification d’un “principe”.)

    C’est dans ce contexte de terrorisation des psychologies opérationnalisée par le Système que la nouvelle selon laquelle l’ancien chef de cabinet du secrétaire d’État (2001-2005) Colin Powell, le colonel Lawrence Wilkerson, estime que l’actuelle polémique sur l’emploi du chimique en Syrie pourrait être, notamment mais significativement, une opération falseflag israélienne est un fait important. L’emploi même de l'expression/du mot falseflag, qui fait partie du vocabulaire “démonisé” par le Système, est en soi un fait symbolique d’une grande signification. Quoi qu’il ait déjà exprimé des opinions critiques très appuyées, Wilkerson reste, du fait de sa carrière et de ses fonctions anciennes, un personnage qui peut être considéré comme faisant partie du Système. Cette appréciation est d’autant plus acceptable qu’il est admis qu’à cause de ses liens avec Powell les déclarations de Wilkerson sont d’une façon courante considérées comme implicitement cautionnées par Powell, – personne considérable du Système, pour sa part. (Il est possible que sa déclaration fasse évoluer ce “statut” de Wilkerson, mais c’est une autre affaire. Dans tous les cas, cela nous paraît improbable à cause du désordre régnant aujourd’hui à l’intérieur du Système, – comme nous argumentons plus loin.)

    La nouvelle a été donnée dans un article de Jurriaan Maessen sur son site Explosive Report, le 3 mai 2013. Elle a été aussitôt reprise, bien entendu, sur Infowars.com, le même 3 mai 2013. (On connaît la réputation et la spécialité d’Infowars.com. Le site ne va pas rater une nouvelle qui conforte à ce point son fond de commerce fondamental, qui est l’exploitation des nouvelles et hypothèses en tous genres, de complots, manipulations, et falseflag en tous genres.)

    «Former chief of staff to Colin Powell, Retired Colonel Lawrence Wilkerson, told the Young Turks the early “indications” of the use of chemical weapons by the Syrian regime could point to “an Israeli false flag operation”. Wilkerson: “We don’t know what the chain of custody is. This could’ve been an Israeli false flag operation, it could’ve been an opposition in Syria… or it could’ve been an actual use by [Syrian President] Bashar al-Assad, but we certainly don’t know with the evidence we’ve been given.”»

    Le reste de l’article reprend diverses occurrences où des hypothèses de falseflag dans diverses affaires ont été évoquées dans des organisations proches du Système, par des personnalités-Système mais de moindre envergue que Wilkerson. Ces cas n’ont absolument pas la signification symbolique de l’intervention de Wilkerson et ne servent que d’illustrations pour la défense du “principe” de la possibilité de falseflag, chose qui ne nous intéresse pas ici. (Que les falseflag, les “complots”, etc., existent, c’est une évidence à laquelle il est inutile de s’attarder. Le cas traité ici est bien entendu celui du principe-Système qui repousse cette hypothèse comme relaps dès lors qu’elle a quelque lien que ce soit avec 9/11, qui reste la référence sacrée à cet égard.)

    Le cas de Wilkerson tend à renforcer les constats que nous faisions dans un de nos textes consacrées à l’attaque de Boston, le 23 avril 2013 : «Le premier et le principal constat remarquable de cette deuxième phase de l’attaque de Boston, avec l’identification et l’élimination des deux suspects aussitôt qualifiés de coupables, c’est ce climat extraordinaire où l’hypothèse du montage et de la manipulation par les services de sécurité US, FBI en tête, est non seulement une hypothèse honorablement admise mais pas loin d’être l’hypothèse principale. Dans tous les cas, il y a une sorte d’unanimité dans la mise en cause du FBI, allant effectivement de l’hypothèse d’incompétence aux hypothèses beaucoup plus sombres de manipulations.» Nous développions ensuite le thème de cette “popularisation du complotisme”, le 26 avril 2013Boston et la symbolique du triomphe du complotisme»). Il est bien entendu que nous plaçons l’intervention de Wilkerson dans le cadre du “climat” qui a notamment permis que se développe, à propos de l’attentat de Boston, ce que nous en avons décrit.

    D’une façon générale, cette évolution n’est pas anecdotique et ne peut être considérée simplement comme la progression de perceptions plus nuancées à l’intérieur du Système, dans le cas de l’un ou l’autre individu, non plus simplement comme une progression de la perception de la situation syrienne et du comportement d’Israël. Il s’agit de l’illustration d’une tendance plus générale qu’on a vue déjà exposée à l’occasion de l’affaire de l’attentat de Boston et autour de cette affaire, au niveau du système de la communication. On y distingue aisément la décadence d’une perception générale accordée aux normes du Système et de l’expression de l’unité de vue au moins sur les grands thèmes et les grands axes de jugement à l’intérieur des directions politiques et des élites du Système. On peut alors interpréter cet épisode, comme la situation générale à laquelle on se réfère, comme le reflet au sein du système de la communication de différents désordres qui prolifèrent, aussi bien dans les aspects extérieurs de la politique-Système, comme le désordre de la politique-Système en Syrie par exemple, aussi bien dans les aspects intérieurs avec le désordre de politique intérieure à Washington même, que ce soit entre les différents centres de pouvoir, les concurrences entre agences et ministères, ou que ce soit à l’intérieur du corps politique, à l’intérieur des deux ailes (démocrates et républicains) du “parti unique” et entre ces deux ailes. La conséquence de ces désordres est la démobilisation et la dissolution de la psychologie-Système dans son rôle premier d’interprétation absolument favorable au Système avec censure hermétique de quelques grands domaines “sacralisés”. Le résultat est la dégradation et la dissolution de l’interprétation de la politique-Système générale, la dissolution de la cohésion, et la perte de vue des références essentielles du Système.

    http://euro-synergies.hautetfort.com/

  • Égypte, jusqu’où ira la rivalité entre la confrérie et les salafistes ?

    Égypte, jusqu’où ira la rivalité entre la confrérie et les salafistes ?
    La crise entre les Frères musulmans et Al-Nour, principal parti salafiste, pose la question des futurs rapports entre les deux forces dominantes islamistes d’Egypte, qui avaient contrôlé le premier Parlement post-révolution, dissous en juin dernier. A eux seuls, ils avaient occupé presque les trois quarts des sièges de l’Assemblée du peuple (Chambre basse du Parlement) et plus de 80 % de ceux du Conseil consultatif (Chambre haute), actuellement investi des pleins pouvoirs législatifs, en attendant l’élection, prévue en octobre, d’une nouvelle Chambre des députés. Les deux parties islamistes sont aujourd’hui plus que jamais engagées dans une lutte de pouvoir, qui marquera un échiquier politique en perpétuelle recomposition.

    Désormais, les salafistes du parti Al-Nour, une émanation de l’Appel salafiste, la plus puissante organisation salafiste d’Egypte, se posent clairement en alternative au Parti Liberté et Justice (PLJ), bras politique de la confrérie. Leur prochaine visite aux Etats-Unis, la première, serait en quelque sorte l’occasion de présenter leurs lettres de créance aux Occidentaux, en tant que possibles remplaçants des Frères musulmans, en mauvaise posture et sous le feu des critiques depuis fin novembre, lorsque le président Mohamad Morsi a tenté de placer ses décisions au-dessus de tout contrôle judiciaire.

    Le « divorce » entre les salafistes d’Al-Nour et les Frères musulmans fut consommé lorsque les premiers eurent présenté le 30 janvier une initiative de règlement de la crise politique qui épouse les conditions posées par l’opposition libérale et laïque, regroupée dans le Front National du Salut (FSN).

    L’objectif d’Al-Nour était, entre autres, de « casser » l’hégémonie qu’exercent et cherchent à renforcer les Frères musulmans sur les institutions de l’Etat. Les salafistes, qui avaient soutenu le PLJ par affinités dans plusieurs grandes questions politiques, s’attendaient à prendre leur part du gâteau, une fois la confrérie installée au pouvoir. Mais ils ont été déçus de la part que leur ont réservée les Frères musulmans.

    La rivalité Frères musulmans/salafistes ne date pas d’hier ou du soulèvement populaire du 25 janvier 2011, qui a vu l’apparition et la montée en puissance des salafistes en tant que force politique. Les rapports entre les deux parties étaient, au moins depuis la fin des années 1970, teintés de rivalité autour de l’influence religieuse et politique dans les mosquées, les organisations caritatives et les universités. Alors que les Frères musulmans craignaient la montée des salafistes, ceux-ci cherchaient à s’opposer aux tentatives des premiers de les marginaliser.

    Cette concurrence a tourné à la bagarre entre les partisans des deux camps en 1980 lorsque la confrérie a tenté d’empêcher les salafistes d’élargir leur audience parmi les étudiants de l’Université d’Alexandrie. Cette deuxième ville d’Egypte est aujourd’hui le fief de l’Appel salafiste, créé au début des années 1970. Cette rivalité était en partie à l’origine de la décision des salafistes d’entrer en politique après le 25 janvier 2011. Eux, qui dédaignaient faire de la politique et préféraient se concentrer sur le prosélytisme en vue d’islamiser la société, ont décidé de créer leur propre parti, Al-Nour, en mai 2011, après la fondation le 30 avril de celui des Frères musulmans.

    Outre le fait de chercher à mettre en oeuvre leur vision de la société et de l’Etat islamique, leur objectif était d’empêcher la confrérie d’avoir les coudées franches dans ses efforts de monopoliser le « projet islamiste » et de marginaliser les salafistes via sa mainmise sur le pouvoir.

    Mais face à un ennemi commun, les forces libérales et séculières qui s’opposent farouchement à l’amalgame entre politique et religion, les Frères musulmans et les salafistes ont fait front et ont coordonné leurs positions à des échéances-clés comme le référendum sur les amendements constitutionnels de mars 2011 qui a permis la tenue des législatives avant la rédaction d’une nouvelle Constitution, les élections parlementaires de novembre-décembre de la même année et la rédaction de la nouvelle Constitution, approuvée par référendum en décembre 2012.

    Cette concertation leur a permis de faire triompher la plateforme islamiste et de faire échec au programme politique des partis libéraux. Cependant, la rivalité qui couvait entre la confrérie et les salafistes d’Al-Nour a éclaté au grand jour peu de temps après l’arrivée au pouvoir du premier président islamiste, issu des Frères musulmans, le 30 juin dernier.

    Les déceptions d’Al-Nour se succédaient. Alors qu’il était arrivé en deuxième position, avec 24 % des sièges de l’Assemblée du peuple après le PLJ (47 %) lors des premières législatives post-révolution, le premier parti salafiste d’Egypte était insatisfait de la part du pouvoir que lui a réservée la confrérie. Qui plus est, il s’est retrouvé progressivement marginalisé par les Frères musulmans qui ont en outre joué un rôle, comme l’affirment l’Appel salafiste et plusieurs dirigeants d’Al-Nour, dans la dissidence qui a frappé ce dernier, entraînant la scission du président du parti, Emad Abdel-Ghafour, et de quelque 150 autres membres pour fonder le 2 janvier un nouveau partie salafiste, Al-Watan (la patrie). Pour Al-Nour, les choses sont claires : les Frères musulmans veulent affaiblir les salafistes en encourageant leurs divisions.

    La confrérie a également cherché à élargir sa domination du champ religieux et à affaiblir Al-Nour en étendant son influence au sein de l’Association islamique pour les droits et la réforme, deuxième organisation salafiste en importance, à travers la participation de Khaïrat Al-Chater, l’homme fort des Frères musulmans et vice-guide suprême de la confrérie. Celui-ci est considéré par plusieurs dirigeants salafistes comme étant très proche du salafisme. Il fait partie des Frères qotbistes, en référence à l’idéologue des années 1960, Sayed Qotb, aux idées radicales. L’Association pour les droits et la réforme a ainsi apporté son soutien à la confrérie et a accordé sa tutelle au nouveau parti Al-Watan, dissident d’Al-Nour. Plusieurs prêcheurs salafistes ont quitté en conséquence l’Association, l’accusant de partialité envers la confrérie.

    Depuis le début de 2013, Al-Nour a lancé contre la confrérie une campagne croissante de critiques et d’accusations qui rejoignent celles de l’opposition libérale et a épousé dans son initiative de réconciliation nationale les revendications du FSN pour augmenter la pression sur le PLJ en vue de l’obliger à faire des concessions, limitant son emprise sur le pouvoir mais sans grand succès.

    La rivalité PLJ/Al-Nour devrait se poursuivre et même s’intensifier au fur et à mesure que s’approchent les législatives, un test majeur de popularité pour les deux courants islamistes. La portée de cette lutte de pouvoir est cependant tributaire de la puissance ou de la menace que représente l’opposition séculière aux courants islamistes. Les salafistes considèrent toujours les Frères musulmans, malgré leurs divergences idéologiques et politiques, comme faisant partie du projet islamiste, qu’ils veulent faire triompher du programme des forces laïques. Le maintien de la faiblesse de l’opposition libérale aura comme conséquence l’intensification de la rivalité inter-islamiste, alors que l’éventuelle montée en puissance de cette opposition poussera Al-Nour et la confrérie à marquer une pause dans leur lutte pour le pouvoir.
    Hicham Mourad http://www.voxnr.com
    source : Al-Ahram Hebdo :: lien

  • SOS Homophobie amalgame et dérapage

    Europe 1 rapporte ce matin le bilan dressé par l’association communautariste et victimaire SOS Homophobie. Dans le cadre de la publication de son 17e « Rapport sur l’homophobie », l’association a confié à Europe 1 que les agressions homophobes auraient augmenté de 30% en 2012. Et l’association de faire immédiatement le rapprochement avec les manifestations anti-mariage gay, reprise par Europe 1 qui met les pieds dans le plat en posant immédiatement la question : « Alors que le mariage pour tous a été définitivement adopté à l’Assemblé en avril dernier, qu’en est-il de l’homophobie en France ? »

    Ce qui pose évidemment beaucoup de questions. Car l’association SOS homophobie est une association partisane et ouvertement favorable au « mariage » homosexuel : aussi bien est-on en droit de douter de l’impartialité et donc de l’objectivité d’une association militante dans l’exercice de son enquête, notamment quand elle s’autorise un rapprochement entre les actes dits « homophobes » sur lesquels elle enquête et l’opposition au « mariage » homo qu’elle combat au quotidien.

    D’une part, les défenseurs des valeurs familiales sont attachés à un modèle de société et à un modèle familial : en évoluant ainsi sur le terrain politique, ils sont indifférents aux comportements privés. La défense d’un modèle politique est celui d’un modèle public ; quand les comportements sont d’ordre privé.

    D’autre part, les comportements privés, dans leur ordre, peuvent aussi bien faire l’objet d’un jugement de valeur : car tout ne se vaut pas. Souligner que le comportement homosexuel, fermée à la transmission de la vie, n’a pas la même porté que le comportement hétérosexuel, lequel est fécond, est une réalité qui rejoint un jugement vieux comme le monde. Il demeure que les personnes sont plus grandes que la somme de leurs actes.

    Autant de subtilités qui semblent avoir échappé aux moralisateurs publics.

    http://www.contre-info.com/

  • « Dissimuler » les racailles du PSG qui ont créé une émeute hier : le lapsus BFM-TV