Les retombées du scandale Uranium One accélèrent aux Etats-Unis. Alors que la gauche politique et médiatique a de plus en plus de mal à apporter les preuves d’une collusion entre Trump et la Russie, Hillary Clinton continue d’être empêtrée dans les mailles d’enquêtes sur ses tractations avec les Russes durant son mandat de Secrétaire d’Etat. Rappelons à grands traits la nature du scandale Uranium One. Un accord passé en 2010 pour le transfert de 20 à 25 % du producteur américain d’uranium au groupe public russe Rosatom avait permis à la Fondation Clinton d’engranger des millions de dollars, infiniment plus que ce que la Russie a pu dépenser dans des publicités sur Facebook que la machine politico-médiatique démocrate affirme effrontément avoir fait basculer l’élection de 2016 en faveur de Donald Trump… alors qu’elles avaient été publiées en 2015 avant que le futur président ne s’engage dans la compétition. Le stratège démocrate Mark Penn estime d’ailleurs que seuls 6.500 dollars d’origine russe avaient été investis dans des publicités proprement électorales par le Kremlin. Oui, 6.500.
actualité - Page 3190
-
Derrière l’entrée de Rosatom au capital d’Uranium One, le scandale du financement russe d’Hillary Clinton : l’enquête relancée par Jeff Sessions
-
Seuls les immigrationnistes ont le droit de juger
François Lagarde, jeune magistrat administratif à Lyon, est chargé, comme tous ses jeunes collègues, du contentieux de l’immigration.En 2014, il se fait élire, hors du ressort de son tribunal, au conseil municipal d’Orléans. Le maire UMP de la ville, Serge Grouard, le nomme alors délégué à la lutte contre l’immigration clandestine. A charge pour lui de s’assurer que la loi est appliquée en ce qui concerne notamment les mariages d’étrangers et la délivrance des certificats de résidence qui permettent à des étrangers d’accueillir des membres de leur famille. Rien d’anormal.Mais le syndicat des avocats de France ne l’entend pas ainsi et intervient auprès du président du tribunal administratif de Lyon pour lui demander de retirer au juge Lagarde le contentieux des étrangers, au motif qu’il ne serait pas impartial. Les médias locaux et nationaux s’emparent immédiatement du « scandale » et le président du tribunal administratif de Lyon, n’écoutant que son courage, transmet le dossier à la commission de déontologie du Conseil d’Etat. Cette dernière estime alors que le juge Lagarde n’est plus apte à remplir ses fonctions.Une histoire d’autant plus extraordinaire que les principaux arrêts du Conseil d’Etat, juge suprême du droit des étrangers, ont été rendus par des magistrats qui, eux, militent activement dans des associations immigrationnistes ! Ils participent un jour au colloque du Gisti ou de la Cimade et, le lendemain, prennent des décisions politiques en faveur de l’élargissement du droit des étrangers.Mais eux, ce n’est pas pareil : ils sont immigrationnistes, donc ils ont le droit de juger !Jean-Yves Le Gallou, Immigration, la catastrophe. Que faire ? -
Notre ennemi le Capital (Jean-Claude Michéa)
-
L’anticatholicisme n’est-il aujourd'hui qu’un antioccidentalisme ?
Dans cette tribune du Journal de Montréal [25.12] Mathieu Bock-Côté invite les sociétés occidentales à « assumer ce qu’on pourrait appeler les marqueurs identitaires les plus profonds de notre civilisation », notamment le christianisme et particulièrement l'héritage catholique. L'Eglise catholique elle-même ne nous y invite plus avec autant de netteté. Volens nolens, cet héritage demeure pourtant un marqueur fondamental de notre identité. LFAR
Dans un monde menacé par un islam politique particulièrement militant, certains esprits anachroniques sentent encore le besoin de sonner la charge contre le catholicisme, comme s’il fallait enfin en finir avec lui. C’est le cas d’une Femen qui s’est jetée sur la crèche du Vatican lundi matin pour s’emparer de la statue de l’Enfant Jésus en dénonçant le travers sexiste du catholicisme. Le procès est entendu : l’Église catholique est encore assignée au mauvais rôle, et les médias, globalement, aiment l’y maintenir, comme si elle représentait une survivance anachronique dans le monde moderne. Il faut lutter contre le catholicisme comme s’il demeurait le principal obstacle avant l’avènement d’un nouveau monde pour de bon délivré de la tradition. Chaque fois qu’on l’humiliera, on applaudira, d’autant plus que l’orthodoxie diversitaire aime mettre toutes « les religions » dans le même sac dès qu’il est question de l’émancipation féminine, ce qui permet de ne pas réfléchir à la question bien particulière de l’islam.
Il est difficile de ne pas mettre en relation cette intervention des Femen avec l’absurde censure d’un film de Noël dans une école française quand les enseignants ont compris qu’il n’était pas sans lien avec les origines de cette fête et se sont empressés de l’arrêter en plein milieu. Pour reprendre l’explication loufoque rapportée par les journalistes qui ont rendu publique cette histoire, « il ne s'agit pas d'un film sur une légende de Noël mais sur l'histoire de la nativité ». On se demandera si celui qui a dit ça est complètement bête ou simplement de mauvaise foi. La scène est quand même d’une invraisemblable stupidité. On veut bien croire que la fête de Noël est aujourd’hui déchristianisée, au point même d’être neutralisée dans de plus vastes « fêtes de fin d’année », mais il n’en demeure pas moins que si l’histoire a ses droits, on conviendra au moins de ses origines chrétiennes. Faut-il désormais censurer toute mention des racines chrétiennes de l’Occident pour ne pas froisser les tenants de l’orthodoxie diversitaire et les représentants les plus intransigeants des religions non-chrétiennes ? Les Américains, sans se tromper, parlent depuis des années d’une guerre contre Noël.
Plusieurs l’ont noté, le remplacement du traditionnel Joyeux Noël par Joyeuses Fêtes s’inscrit, consciemment ou inconsciemment, dans ce processus de déchristianisation de la culture. En 2009, les commerçants du Plateau Mont-Royal, à Montréal, avaient cru trouver la formule la plus inclusive qui soit pour ne vexer personne en souhaitant « Joyeux Décembre ». La formule était incroyablement ridicule mais montrait jusqu’où peut aller la censure du réel pour ne pas heurter les sensibilités minoritaires exacerbées qui hurlent à la discrimination dès qu’on redécouvre que toutes les religions n’ont pas laissé la même empreinte sur notre civilisation. Il y a dans le monde occidental un zèle déconstructeur qui pousse à vouloir éradiquer toutes les traces du christianisme, comme si on espérait un jour le chasser du décor et l’effacer de la vie publique : la diversité pourrait alors s’exprimer et le christianisme serait privé de ses derniers privilèges. On a pu le constater il y a quelques semaines encore avec l’affaire de la croix de Ploërmel, qu’on a prétendu condamner au nom de la laïcité alors qu’il s’agissait surtout de pousser plus loin la neutralisation de l’identité historique de la France. Un jour pour ne plus heurter personne, faudra-t-il changer de calendrier ?
Sommes-nous encore dans un monde au moins partiellement chrétien ? Telle est la question. Il ne s’agit pas de savoir si nous croyons personnellement à la religion catholique, mais si nous assumons ce que Pierre Manent appelle la « marque chrétienne » de notre civilisation – c’est-à-dire que le catholicisme a servi de matrice civilisationnelle au monde occidental et qu’on ne peut nous y arracher complètement sans mutiler notre propre identité. On oublie aussi qu’on peut parfaitement assumer cette marque chrétienne et l’idée de laïcité, aussi fondamentale que nécessaire – les deux ne sont contradictoires que pour ceux qui peinent à réconcilier les différentes facettes d’une même civilisation. Il faut une certaine excentricité intellectuelle, en fait, aujourd’hui, pour croire que c’est le catholicisme qui menace la laïcité et qui cherche à occuper de nombreuses manières l’espace public en y faisant sentir de manière de plus en plus agressive sa présence.
Une question essentielle surgit : comment maintenir vivant un patrimoine de civilisation marqué par le christianisme quand la foi qui l’alimentait est morte, ou du moins, complètement déculturée et pratiquée sérieusement seulement dans les marges ? Il faut, pour cela, amener la philosophie politique à réfléchir aux conditions mêmes de possibilité de notre civilisation. Il ne s’agit plus seulement de réfléchir au régime politique de la cité mais à la conception de l’homme sur laquelle elle repose – sur son anthropologie, pour le dire autrement. Cela implique aussi de dégager notre compréhension du politique d’un présentisme asséchant en renouant avec une conception historique de la communauté politique, qui fasse droit à la part sacrée de l’appartenance à la cité. En d’autres mots, on peut ressaisir le christianisme à travers un patriotisme de civilisation qui n’impose à personne quelque foi que ce soit mais qui réinscrit le politique dans l’histoire en se tenant loin de la tentation de la table-rase. L’art politique a davantage à voir avec l’histoire qu’avec la gestion.
On y revient alors : ce n’est pas en déconstruisant elles-mêmes leur propre socle de civilisation que les sociétés occidentales sauront vraiment se montrer à la hauteur des exigences de l’hospitalité. Au contraire, plus elles se renient et moins ceux qui les rejoignent peuvent vraiment les aimer. La haine de soi ne fait rêver personne, le nihilisme non plus. Il ne s’agit pas de fantasmer sur je ne sais quelle reconfessionnalisation de l’État ou d’idéaliser de quelque manière que ce soit la parole du Pape ou d’autres officiels du monde catholique mais simplement d’assumer ce qu’on pourrait appeler les marqueurs identitaires les plus profonds de notre civilisation : la cité ne saurait être une simple structure juridique sans épaisseur historique et culturelle. Elle plonge ses racines dans le cœur de l’homme et ne saurait se fermer aux besoins fondamentaux de l’âme humaine. Mais pour plusieurs, aujourd’hui, cette simple évidence passe étrangement pour un scandale.
-
MOUVEMENTS DE LA POPULATION FRANÇAISE : CE QUE L’INSEE NE PEUT PAS DIRE
Les statistiques sont instructives, notamment en matière d’étude des populations. Elles apportent rarement des surprises, mais confirment les constats que beaucoup peuvent faire. Ainsi, selon les résultats d’une enquête de l’INSEE, qui vient de rendre publics les nouveaux chiffres de la population légale, entre 2010 et 2015, la ville de Paris est passée de 2.243.833 habitants à 2.206.488, soit une baisse de 1,66 % – plus de 37.000 habitants tout de même, l’équivalent d’une petite ville de province.
Les causes en sont multiples. Le premier facteur est d’ordre démographique : moins de naissances et une population vieillissante. Le second facteur, d’ordre financier : le prix de l’immobilier, à l’achat ou à la location, est inabordable pour les classes moyennes, notamment pour les familles nombreuses, qui doivent s’éloigner de la capitale. La mairie de Paris met également en cause, aussi, les meublés touristiques et les logements inoccupés.
Il est un autre phénomène, dont l’enquête ne parle pas, qui a une conséquence sur la pénurie d’appartements et se répercute sur leur prix : le nombre de divorces et de séparations, qui entraîne souvent la nécessité de doubler le logement pour une même famille. Certes, le divorce est parfois la seule solution quand un couple est en conflit, mais l’État ne devrait-il pas chercher à favoriser l’épanouissement de la famille ? Mais assez sur ce sujet : on entend déjà les libertaires de tout poil crier haro contre cette suggestion iconoclaste.
Si deux arrondissements, le XIIIe et le XIVe, voient leur population légèrement augmenter, les plus fortes baisses sont dans le VIIIe(-11,10 %), le IIe (-9,61 %) et le VIIe (-6,62 %). Dans le VIIIe, qui bat les records, les loyers sont trop élevés, écartant des cadres même relativement aisés, surtout quand leur famille s’agrandit. Résultat : les bureaux se développent, les commerces s’en ressentent. Il y a aussi des prix exorbitants dans le Ve ou le VIe, à proximité de lycées de renom : l’offre scolaire a une incidence sur les prix.
L’enquête révèle, d’autre part, que les départements du Grand Sud-Ouest sont parmi les plus attractifs de France. Ainsi, avec la LGV qui met Bordeaux à deux heures de Paris, la ville d’Alain Juppé devient, pour certains cadres, une banlieue de la capitale, quand leur profession le permet. Quoi qu’on pense du bilan du maire de Bordeaux quand il était au gouvernement, son action locale a été bénéfique. Les nombreux touristes qui y passent ne s’y trompent pas. Espérons que l’afflux de nouveaux habitants ne transformera pas Bordeaux en une ville de bobos, à l’instar de Paris !
Toutes ces statistiques ne prennent pas en compte, ni à Paris ni à Bordeaux, les migrants, clandestins ou non, de plus en plus nombreux. Dans les rues de Bordeaux et de sa proche banlieue, à la sortie des magasins, devant les distributeurs de banque, ils font la quête – parfois les mêmes, aux mêmes endroits, depuis des mois. Si l’on s’aventure, le soir, dans le quartier de la gare Saint-Jean, on voit apparaître des silhouettes par groupes de trois ou quatre, sorties d’on ne sait où, qui pourraient paraître inquiétantes. Et ne parlons pas des camps de migrants à Paris… C’est un sujet tabou !
Les statistiques ont leurs limites. Elles aussi subissent les contraintes de la bien-pensance.
http://www.bvoltaire.fr/mouvements-de-population-francaise-linsee-ne-dire/
-
RÉSISTER EN 2018 (Luc Sommeyre)
Je me réfère expressément à l’article de notre ami Marc Le Stahler, publié le 27 décembre, intitulé CHRONIQUES DE LA RÉSISTANCE – décembre 2017.
- La « Colère » est légitime.
- Le « Courage » est de rigueur.
- Il manque simplement à ce noble binôme quelque chose qu’on appelle… l’« Intelligence stratégique ».
Aucune association dite patriotique déclarée ne peut mener de combat efficace. Pour la bonne et très simple raison qu’elle est « déclarée », tout simplement…
La Résistance ne peut être QUE clandestine.
À 100%.En 1942, les vrais Résistants auraient-ils eu l’idée saugrenue d’adhérer à l’AAJM (Association des Amis de Jean Moulin) ou de s’adresser à la Kommandantur pour louer une salle de réunion ?
De nos jours, la partie émergée de l’iceberg de la Résistance barbote dans la Mer des Absurdes.
Répéter toujours et encore les mêmes lieux-communs sur « la Patrie en danger » la main sur le cœur (de plus… à qui est déjà convaincu !), est une perte de temps et d’énergie létale. Les inviter à signer de leur nom au bas d’un parchemin revient à désigner à l’ennemi comme cibles de braves gens (les adhérents auxdites « associations »), Patriotes sincères mais non-formés et par là-même vulnérables.
Dans l’hypothèse (malheureusement fort plausible) d’un conflit civil majeur, la Résistance ne peut être le fait que de personnes formées, équipées, déterminées, organisées, cloisonnées et dirigées par des Chefs coordonnéset habiles aux stratégies de la guérilla et de la contre-guérilla tant urbaine(s) que rurale(s). Les compétences de chacun et ses qualifications propres forment un tout. L’habileté des uns compense la carence des autres.
Sur un plan parallèle à l’action directe, l’agit-prop et le Rens sont affaires de professionnels, mais tout « civil de bonne volonté » discipliné et attentif, peut acquérir assez rapidement les notions de base que tout HC (Honorable Correspondant) digne de ce nom doit maîtriser par habitudes-réflexes de façon naturelle.
Lisez et apprenez par cœur
« LA GUERRE MODERNE »
du colonel Roger Trinquier, téléchargeable gratuitement en cliquant sur ce lien : http://betweenthelines-book.com/la-guerre-moderne-isbn10-B010NRGIN2.html.Mieux : achetez cet ouvrage, véritable bible de la contre-insurrection.
Les beaux discours et les écrits pertinents « font joli » et « donnent bonne conscience » à ceux qui les prononcent ou les écrivent. Et parfois même à ceux qui les écoutent ou les lisent ! Mais… après ?
La Résistance est protéiforme. Elle se tapit dans l’ombre et agit « par tous moyens même légaux ». Sans breloques ni insignes, sans pin’s à la boutonnière, sans autocollants, fanions, tambours et trompettes ou autres turlupinades.
« On est partout » aurait-on dit il y a quelques décennies. Mais… OÙ ? – Mystère.
N’oublions rien des maximes de la sagesse populaire : « Pour vivre heureux, vivons cachés ». La discrétion est mère d’efficacité.
Luc Sommeyre
fondateur des Réseaux Rémora -
Etre radical, être en rupture avec le système
Etre radical signifie remettre en cause ce système en tenant ensemble ses quatre dimensions économique, technologique, culturelle et politique – en les englobant dans une même critique sans en ignorer aucune. Mais pour être radical, la critique doit aussi envisager une remise en cause approfondie qui entraîne une véritable rupture avec ce système. C’est précisément ce que ne font pas les intellectuels contestataires à la mode actuellement, qui ont pour point commun de postuler que c’est l’évolution du capitalisme, c’est-à-dire son intensification et non son arrêt, qui rend possible son dépassement. Selon eux, le capitalisme engendre des formes de vie plus riches et des rapports sociaux plus libres parce qu’il arrache les individus aux traditions, à la morale ancienne et à la culture classique (censées être intrinsèquement et uniquement porteuses de tares : bourgeoises, masculines, occidentales, blanches, hétérosexuelles, etc.), et parce qu’il produit en outre les outils technologiques qui serviront les mouvements de résistance et d’émancipation, pourvu que les opprimés s’en emparent.Il y a de ce point de vue une réelle continuité, de Gilles Deleuze et Félix Guattari proposant « d’aller encore plus loin dans le mouvement du marché, du décodage et de la déterritorialisation [...] ; non pas se retirer du procès, mais aller plus loin, ‘accélérer le procès’, comme disait Nietzsche », jusqu’à Toni Negri et Michael Hardt donnant aux multitudes la tâche de faire advenir le cyborg, être posthumain artificiel construit « à la frontière ambiguë entre homme, animal et machine », « sur le terrain souple et modulable des nouvelles technologies biologiques, mécaniques et de communication ». S’inscrivent dans la même ligne les propos de Bernard Stiegler suggérant récemment de mettre les technologies numériques et « l’augmentation de la valeur esprit au centre de l’économie libidinale » d’un « nouveau modèle industriel », ou ceux d’Alain Badiou, assénant avec l’assurance de la bêtise : « Tant d’aventures majeures piétinent, ou relèvent de ‘la vie trop lente’, voyez l’exploration des planètes, l’énergie par fusion thermonucléaire, l’engin volant pour tous, les images en relief dans l’espace, etc. [...] Pas assez de technique, une technique encore très fruste, telle est la vraie situation : le règne du capital bride et simplifie la technique, dont les virtualités sont infinies. »Les mêmes postulats guident d’ailleurs souterrainement les cultural studies. L’une des caractéristiques de ce courant de recherche est en effet d’avoir congédié la critique des médias et de la société de consommation, considéré comme paternaliste et élitiste, pour revaloriser le travail de détournement et de réappropriation auquel se livrent les « dominés » sur les représentations et les produits qui leur sont donnés à consommer. A partir de là, les tenants de ce courant intellectuel se consacrent à l’étude des formes de cultures populaires et/ou minoritaires, sans distinguer les cultures faites par le peuple pour le peuple de celles qui sont faites pour les masses par les industries culturelles. Ainsi voit-on apparaître des études très sérieuses sur la portée politique des séries télévisées, des jeux vidéo, de la pop music, des pratiques sadomasochistes ou de la vidéo porno... Là encore se révèle le progressisme sous-jacent à une critique partielle du capitalisme avancé : de manière plus ou moins avouée, tous ces interprètes partagent finalement l’opinion que le marché exerce de réels effets de démocratisation, parce qu’il rend disponible une grande quantité de produits culturels et parce qu’il perturbe les hiérarchies établies entre gens nobles et vulgaires – comme si la démocratie se mesurait à la massification d’une culture usinée en studio.Il n’est finalement pas excessif de parler de « libéralisme libertaire » à propos de toutes ces pensées soi-disant critiques, qui « sont parvenues à faire admettre quasi unanimement leur méthode d’analyse à une très large partie de la gauche et de l’extrême gauche, sans que cette dernière s’aperçoive que cette méthode renforce un système d’exploitation que jusqu’alors elle prétendait combattre ». Déjà l’apologie des réseaux, de même que les concepts de machines désirantes ou de libération des flux, qui faisaient fureur chez les penseurs postmodernes des années 1970, concordaient assez bien sur le plan idéologique avec l’irruption simultanée du capitalisme connexionniste, tout en faisant le lien avec les thématiques du gauchisme soixante-huitard. Et comme l’ont fait remarquer plusieurs commentateurs, si l’on suit les recommandations politico-économiques de ces penseurs aujourd’hui en vogue, c’est bien « sur le terrain même des libertariens américains que l’on se retrouve ». A ce propos, il n’est peut-être pas tout à fait innocent que Michel Foucault, dont se revendiquent la plupart des intellectuels d’extrême gauche à l’heure actuelle, se soit positivement inspiré des théories néolibérales à partir de la fin des années 1970, ou que Toni Negri ait proclamé en 2005 son soutien à un traité constitutionnel européen gravant dans le marbre les principes de concurrence « libre et non faussée ».Cédric Biagini, Radicalité. 20 penseurs vraiment critiques -
D'une année l'autre
Année charnière : ainsi à chaque rentrée scolaire, ce refrain entendu lors des réunions de parents d'élèves tend plutôt à faire sourire.
Pourtant si nous considérons la masse des événements et des évolutions survenues dans le monde, en Europe et dans la vie sociale française en cette année 2017, il semble difficile de prétendre en évacuer l'ampleur et la portée.
Qu'il s'agisse en France des craquements sans précédent de l'État central jacobin, ou, dans le monde, de la remise en cause, par la voix de Donald Trump lui-même, de l'influence dominante des États-Unis, que de bouleversements se sont affirmés ou annoncés.
Impossible d'en établir une liste à prétention exhaustive dans le cadre d'une chronique telle que celle-ci.
L'année qui vient de s'écouler aurait pu être marquée aussi par une évocation enfin véridique du centenaire du coup d'État bolchevik du 7 novembre 1917. Ce tournant n'a pas été pris lors même que plus personne ou presque n'envisage plus sérieusement son incidence comme inspiratrice d'un modèle.
L'Histoire officielle, celle des bobos conformistes, n'ose pas toucher aux dogmes des adversaires de la Liberté : ceux-ci parlent encore rituellement de la révolution d'Octobre, comme s'il s'agissait d'un beau souvenir romantique. Dès lors s'écarter de cette convention de langage expose le contrevenant à se voir taxer de dérapage, c'est-à-dire de la pire atteinte au conformisme bobo.
Cela n'a pas évolué, en 2017, ou pas dans le bon sens, car cela s'aggrave.
Les circonstances un peu particulières dont votre chroniqueur a lui-même, vécu, survécu, cette année 2017 auront au moins entraîné, pour lui, cependant, un petit avantage : n'avoir pas encaissé de trop près toutes les horreurs, toutes les médiocrités, toutes les saletés accumulées en France et en Europe au cours de ces longs mois.
Et, plutôt que de faire la revue de détail de tous nos sujets de mécontentement, et bien souvent d'indignation légitime, observons les symptômes d'une marche vers l'abîme hélas trop vraisemblable. On peut y voir l'œuvre de poisons qui rongent l'ensemble de nos identités nationales dans tout le continent.
Noël, oui Noël, nous en donne un exemple éclatant. Cette fête de la victoire de la lumière sur les ténèbres, fête qui vient du fond des âges et que l'Occident chrétien, au cours des siècles, avait su placer au centre de sa vue du monde, et devenir la fête des familles. Elle est aujourd'hui pourchassée par l'État républicain au nom de son interprétation actuelle de principes qui se veulent laïcs et obligatoires. Inutile de rappeler les décisions de justice, les déclarations politiques confinant au ridicule, les censures de langage : plus de "bon Noël", juste "bonne fêtes", etc.
Comme au début du XXe siècle, comme à l'époque de la persécution anticléricale portée à incandescence sous le gouvernement Émile Combes (1902-1905), le laïcisme se montre sous son vrai jour. Il agit clairement contre la Liberté. (1)⇓
Il a pourtant fallu attendre une révision constitutionnelle du 4 août 1995, sous la présidence Chirac, pour que l'article 1er de la Constitution de 1958 nous apprenne désormais que "la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances."
Cette définition peut sembler anodine et on imagine mal que Dieu l'ait confiée à Chirac sur le mont Sinaï.
Or, elle conduit dans la pratique à retourner complètement l'esprit dans lequel avaient travaillé un Michel Debré ou un René Capitant lors de la rédaction du texte constitutionnel de 1958. Celui-ci ne considérait nullement la loi de séparation de 1905 comme un pilier dogmatique du régime politique naissant.
Depuis le vote de la loi Barangé de 1951, le comité d'action laïque était clairement devenu un prétexte pour le PCF et pour ses cryptos agissants au sein du grand orient, d'appeler à l'union de la gauche, et une machine à détruire la IVe république.
On aurait éprouvé alors les plus grandes difficultés à définir, de façon précise, même l'adjectif laïc. La grande inquiétude des laïcistes du moment se focalisait sur la rumeur d'une aide substantielle qu'on pensait promise à l'enseignement privé catholique au gré du régime des contrats. Celui-ci dure encore. Mais en fait il a surtout permis d'affadir grandement le message des grands collèges libres d'autrefois où les brillantes traditions pédagogiques ignaciennes, mais aussi oratoriennes, mais aussi protestantes, dominicaines, etc. pouvaient rivaliser dans une honorable émulation.
Appelons les choses par leur nom : le projet laïciste n'est pas d'arracher la jeunesse à un cléricalisme qui n'existe pas, mais un prétexte pour effacer toujours plus sauvagement et cyniquement les traces de la France identitaire traditionnelle et du christianisme en Europe.
Qu'un tel projet se développe sous Macron, un homme qui se veut au-dessus de la droite et de la gauche, mais qui se refuse au geste le plus respectueusement banal lors d'un enterrement catholique, voilà qui ne dément aucune de ses inquiétantes et récurrentes prises de position dans les questions que l'on dit aujourd'hui sociétales, celles qui marquent dans le long terme, beaucoup plus que l'économie, le destin des peuples.
JG Malliarakis http://www.insolent.fr/
Apostilles
cf. "Le Laïcisme contre la Liberté" par Emile Flourens. La crise appelée en France "séparation de l'Église et de l'État" est supposée avoir été durablement résolue par le vote d'une loi en 1905 : on la présente comme irénique, bienfaisante, réconciliatrice et pratiquement intangible. Émile Flourens, par la critique qu'il développait au nom de l'Action libérale dès 1907, ainsi que les textes que le lecteur trouvera en annexe, démontrent très clairement l'imposture des radicaux-socialistes persécuteurs. La solution adoptée en 1905 a sans doute très largement contribué à la déchristianisation du pays. Elle ne s'est révélée ni pacificatrice, ni bienfaisante, ni réconciliatrice. Elle est devenue extrêmement fragile dans les équilibres qu'elle feignait de respecter. On doit constater l'actualité de ce livre. On pourrait presque parler de son urgence : C'est en effet en invoquant la "laïcité", qui pratiquée par eux devient le laïcisme, que la plupart de nos politiques entendent combattre de l'islamisme. ••• 130 pages 15 euros. ••• Livre à commander sur le site de l'éditeur ou en adressant un chèque de 15 euros port compris aux Editions du Trident, 39 rue du Cherche Midi 75006 Paris
-
L’ALLEMAGNE PREND DES MESURES POUR PROTÉGER SES FEMMES DURANT LE RÉVEILLON
La nuit du réveillon du Nouvel An 2016 était entrée dans l’Histoire suite aux agressions sexuelles de masse perpétrées au sein des villes allemandes de Cologne, située en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, et de Hambourg par des Nord-Africains à l’encontre de femmes allemandes. Un an plus tard, la police avait dû déployer de gros moyens matériels et humains afin d’empêcher que de tels événements ne se reproduisent, alors que la gent féminine évitait le centre de certaines cités allemandes. À Francfort-sur-le-Main, les forces de l’ordre avaient même placé des blindés dans les rues.
Alors que la nuit du réveillon de 2018 approche, les autorités allemandes prennent les devants. Le ministre de l’Intérieur démocrate-chrétien (CDU) de l’État de Rhénanie-du-Nord-Westphalie Herbert Reul recommande aux femmes de ne pas se promener seules à la Saint-Sylvestre, mais en groupe, tout en affirmant que tout a été fait pour assurer la sécurité lors du Nouvel An : « Je dirai à mes trois filles : si vous en avez la possibilité, n’allez pas seules, mais en groupe », avant d’ajouter : « Quand cela devient critique, faites-vous remarquer bruyamment et si cela ne vous aide pas, appelez aussi vite que possible le 110, plutôt une fois de trop qu’une fois trop peu. » En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, 5.700 policiers seront déployés, dont 1.400 à Cologne.
Après les agressions de 2016, le maire de Cologne, sans étiquette, élu avec le soutien de la CDU, des sociaux-démocrates du SPD et des écologistes, madame Henriette Reker, avait recommandé aux femmes allemandes de se tenir à une distance d’au moins la longueur d’un bras des étrangers, de rester en groupe et, le cas échéant, d’appeler à haute voix à l’aide. En 2017, suite aux contrôles renforcés mis en place par la police à Cologne, visant les personnes au profil nord-africain ou de type arabe lors du Nouvel An, ainsi que l’utilisation par les forces de l’ordre (dans un tweet) du jargon « Nafris » (Nord-Africains), des critiques visant ces dernières avaient vu le jour.
Le ministre Herbert Reul précise que la police n’a pas pour objectif de surveiller plus les étrangers, mais que si des groupes déterminés d’étrangers sont visiblement suspects, cela doit être dit clairement.
La télévision allemande retransmet habituellement le rassemblement festif de la Saint-Sylvestre qui se déroule au sein du cœur politique de l’Allemagne, à Berlin, devant la porte de Brandebourg, à quelques pas de la Chancellerie et du Parlement national, lorsque les douze coups de minuit retentissent. Cette année, pour la première fois, un domaine réservé aux femmes est érigé. Au sein de ces « zones de sécurité pour femmes », des aides formés à la psychologie de la Croix-Rouge seront à la disposition, sous des tentes, des femmes harcelées sexuellement ou qui se sentent en insécurité.
Depuis l’ouverture des frontières aux migrants par la chancelière allemande Angela Merkel (CDU) en 2015, le visage de l’Allemagne a bien changé. Les femmes n’y sont plus en sécurité comme autrefois. Un réveillon du Nouvel An ne peut plus s’y dérouler sans que les forces de l’ordre doivent déployer des moyens importants afin d’éviter les agressions sexuelles de masse.
Lionel Baland Écrivain et journaliste belge francophone Son blog -
Le pape François et l’immigration
Dans cette tribune du Journal de Montréal [28.12] Mathieu Bock-Côté dit des propos du pape - mieux sans-doute et autrement - la même chose que nous. [Voir article précédent]. La charge du pape François en faveur de l'immigration, au soir de Noël, ne vise en fait que l'Europe. Peut-être surtout, comme on le dit, la catholique Pologne. Mais aussi la France, sans aucun doute. Gardons présent à l'esprit qu'en matière politique, en tout ce qui touche au Bien Commun de notre patrie, nous sommes - ou devrions être - seuls souverains. LFAR
Depuis quelques années, le pape François a multiplié les déclarations invitant l’Occident à s’ouvrir aux vagues migratoires.
Entre les vrais réfugiés et les migrants économiques, il ne distingue pas vraiment : il ne veut voir qu’une misère humaine réclamant qu’on lui porte secours. Même s’il fait quelques nuances, il invite globalement les Européens à accueillir avec le sourire ceux qui entrent chez eux sans même frapper à la porte.
Occident
Il lui importe peu que les Européens se sentent submergés : ils doivent faire un effort supplémentaire de charité pour ne pas renier leur humanité.
C’est dans cet esprit qu’il a récemment comparé les migrants à Jésus et ses parents. On comprend le message : qui ferme la porte aux migrants la ferme au Christ.
On comprend que, pour le pape, un bon chrétien ne saurait jamais s’opposer à l’immigration massive qui transforme l’Europe démographiquement.
Lorsqu’il est question du pape, les médias occidentaux pratiquent l’écoute sélective. Lorsqu’il parle de religion, ils s’en fichent. Mais lorsqu’il plaide pour la dissolution des frontières, ils lui donnent le titre de grand sage et nous invitent à suivre ses conseils.
C’est qu’il radicalise le préjugé sans-frontiériste dominant chez nos élites économiques et médiatiques.
En gros, l’Occident serait devenu riche en pillant la planète et il serait normal qu’aujourd’hui, il se fasse pardonner en accueillant sans rechigner les déshérités du monde entier. Cette vision de l’histoire est fausse et déformée, mais elle monopolise la conscience collective.
Du haut de son magistère, le pape fait la morale sans trop s’intéresser aux conséquences pratiques de cette révolution migratoire. Il y a là une terrible irresponsabilité.
Dans un livre essentiel paru début 2017, Église et immigration : le grand malaise, le journaliste français Laurent Dandrieu, lui-même catholique, décryptait la pensée du pape et, plus globalement, de l’Église, autour de cette question. Il observait une inquiétante indifférence de l’Église devant le droit des peuples à conserver leur identité.
Au-delà des déclarations du pape François, on doit constater que l’immigration massive est probablement le grand enjeu de notre époque. Ce sont des masses humaines qui se mettent en mouvement.
Le phénomène ne date pas d’hier : depuis le début des années 1980, on s’en inquiète, mais personne n’ose le maîtriser, et pour cela, il prend de l’ampleur.
Responsabilité
Et on aura beau sermonner les peuples occidentaux en leur expliquant que la diversité est une richesse, ils se sentent néanmoins bousculés, dépossédés. S’ils veulent bien accueillir un certain nombre de malheureux, ils ne peuvent accueillir pour autant toute la misère du monde.
Les vagues migratoires des dernières années ont quelque chose de traumatisant. On entre illégalement et massivement en Europe. Les pays sont incapables de faire respecter leurs frontières. Leurs équilibres sociaux et culturels sont compromis. Les tensions identitaires augmentent.
L’immigration est une question explosive. Et les irresponsables qui accusent de xénophobie ceux qui voudraient mieux la contrôler et faire respecter les frontières enveniment la situation.
Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l'auteur d'Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012) de La dénationalisation tranquille (Boréal, 2007), de Le multiculturalisme comme religion politique (éd. du Cerf, 2016) et de Le Nouveau Régime (Boréal, 2017).

