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actualité - Page 5016

  • La leçon de géopolitique de Vladimir Poutine

    Depuis 2004, le Club international de discussion de Valdaï réunit une fois par an des experts et des politiques de différents pays pour débattre de la politique internationale. Cette année, la rencontre a eu lieu les 22, 23 et 24 octobre, à Sotchi. 108 experts, historiens et analystes politiques, originaires de 25 pays, dont 62 étrangers à la Russie ont ainsi analysé durant trois jours le thème de cette édition 2014 : L’ordre mondial : de nouvelles règles ou un jeu sans règles ?

    Vendredi 24 octobre, Vladimir Poutine est intervenu. Extraits :

    "[...] La Guerre Froide a pris fin, mais elle n’a pas pris fin avec la signature d’un traité de paix comprenant des accords clairs et transparents sur le respect des règles existantes ou la création d’un nouvel ensemble de règles et de normes. Cela a créé l’impression que les soi-disant « vainqueurs » de la Guerre Froide avaient décidé de forcer les événements et de remodeler le monde afin de satisfaire leurs propres besoins et intérêts. Lorsque le système actuel des relations internationales, le droit international et les freins et contrepoids en place faisaient obstacle à ces objectifs, ce système était déclaré sans valeur, obsolète et nécessitant une démolition immédiate.

    Pardonnez l’analogie, mais c’est la façon dont les nouveaux riches se comportent quand ils se retrouvent tout à coup avec une grande fortune, dans ce cas sous la forme d’un leadership et d’une domination mondiale, au lieu de gérer leur patrimoine intelligemment, pour leur propre bénéfice. Aussi bien sûr, je pense qu’ils ont commis beaucoup de folies.

    Nous sommes entrés dans une période de différentes interprétations et de silences délibérés dans la politique mondiale. Le droit international a maintes fois été forcé de battre en retraite, encore et encore, par l’assaut impitoyable du nihilisme légal. L’objectivité et la justice ont été sacrifiées sur l’autel de l’opportunisme politique. Des interprétations arbitraires et des évaluations biaisées ont remplacé les normes juridiques. Dans le même temps, l’emprise complète sur les médias de masse mondiaux a rendu possible, quand on le désirait, de présenter le blanc comme noir et le noir comme blanc.

    Dans une situation où vous aviez la domination d’un pays et de ses alliés, ou plutôt de ses satellites, la recherche de solutions globales s’est souvent transformée en une tentative d’imposer ses propres recettes universelles. Les ambitions de ce groupe sont devenues si grandes qu’ils ont commencé à présenter les politiques qu’ils concoctaient dans leurs corridors du pouvoir comme le point de vue de l’ensemble de la communauté internationale. Mais ce n’est pas le cas.

    [...] Ils ont jadis parrainé des mouvements islamistes extrémistes pour combattre l’Union soviétique. Ces groupes se sont formés au combat et aguerris en Afghanistan, et ont plus tard donné naissance aux Talibans et à Al-Qaïda. L’Occident les a sinon soutenus, du moins a fermé les yeux sur cela, et, je dirais, a fourni des informations et un soutien politique et financier à l’invasion de la Russie et des pays de la région d’Asie centrale par les terroristes internationaux (nous ne l’avons pas oublié). C’est seulement après que des attaques terroristes horribles aient été commises sur le sol américain lui-même que les États-Unis ont pris conscience de la menace collective du terrorisme. Permettez-moi de vous rappeler que nous avons été le premier pays à soutenir le peuple américain à l’époque, le premier à réagir comme des amis et partenaires après la terrible tragédie du 11 Septembre.

    Au cours de mes conversations avec les dirigeants américains et européens, je parlais toujours de la nécessité de lutter ensemble contre le terrorisme, de le considérer comme un défi à l’échelle mondiale. Nous ne pouvons pas nous résigner et accepter cette menace, nous ne pouvons pas la couper en morceaux séparés à l’aide du deux poids deux mesures. Nos partenaires ont exprimé leur accord, mais après quelques temps, nous nous sommes retrouvés au point de départ. Ce fut d’abord l’opération militaire en Irak, puis en Libye, qui a été poussée au bord du gouffre. Pourquoi la Libye a-t-elle été réduite à cette situation ? Aujourd’hui, c’est un pays en danger de démantèlement et qui est devenu un terrain d’entraînement pour les terroristes.

    Seule la détermination et la sagesse de la direction égyptienne actuelle a sauvé ce pays arabe clé du chaos et de l’emprise des terroristes. En Syrie, comme par le passé, les États-Unis et leurs alliés ont commencé à financer et armer directement les rebelles et leur ont permis de remplir leurs rangs de mercenaires provenant de divers pays. Permettez-moi de vous demander où ces rebelles obtiennent leur argent, leurs armes et leurs spécialistes militaires ? D’où tout cela vient-il ? Comment l’État Islamique notoire a-t-il réussi à devenir un groupe aussi puissant, de fait une véritable force armée ?

    Quant aux sources de financement, aujourd’hui, l’argent ne vient plus seulement de la drogue, dont la production a augmenté non pas de quelques points de pourcentage mais dans des proportions considérables depuis que les forces de la coalition internationale sont intervenues en Afghanistan. Vous êtes au courant de cela. Les terroristes obtiennent également de l’argent en vendant du pétrole. Le pétrole est produit dans le territoire contrôlé par les terroristes, qui le vendent à des prix de dumping, le produisent et le transportent. Mais d’autres achètent ce pétrole, le revendent, et font du profit, sans penser au fait qu’ils financent ainsi les terroristes qui pourraient venir tôt ou tard sur leur propre sol et semer la destruction dans leur propre pays.

    [...] La Russie a mis en garde à plusieurs reprises sur les dangers des actions militaires unilatérales, des interventions dans les affaires des États souverains, et des flirts avec les extrémistes et les radicaux. Nous avons insisté pour que les groupes luttant contre le gouvernement syrien central, surtout l’État islamique, soient inscrits sur les listes des organisations terroristes. Mais avons-nous vu le moindre résultat ? Nous avons lancé des appels en vain. [...]"

    Michel Janva

  • L'incroyable impunité de la CGT


    On a beau avoir vu pas mal de choses du même genre, on reste quand même surpris de l'arrogance du vieil appareil stalinien de la CGT.

    Cette bonne vieille nuisance, reliquat des idées de lutte des classes du XIXe siècle, aurait pu marquer une pause, s'interroger sur les dérives de sa propre direction, nettoyer son secrétariat général.

    Les révélations du Canard Enchaîné, en date de ce 29 octobre marquent quand même un point fort dans la découverte de l'imposture misérabiliste d'une centrale si puissamment aidée par des ressources qui n'ont rien à voir avec les cotisations de ses adhérents.

    Dès que ces informations furent connues des salles de rédaction, c'est-à-dire la veille dans la soirée les médias ont réagis.

    À 19 h 13, sur son site internet, Le Figaro commence ainsi le résumé de la situation : "Le syndicat a payé au prix fort la rénovation d'un appartement de 120 m2 à deux pas du château de Vincennes."

    Et curieusement il titre : "Lepaon fait payer ses 130 000 euros de travaux par les militants de la CGT"(1)⇓

    Cette présentation biaise un peu la réalité. En effet, s'il y a bien longtemps que les excellentes chroniques de feu Michel-Pierre Hamelet ne donnent plus au vieil organe de presse bourgeois "les informations que L'Humanité refuse à ses lecteurs" ceux-ci ne peuvent pas ignorer que le financement de la centrale communiste repose sur une base qui échappe à la notion de militantisme.

    Plus prudent "Le Monde", à peine une demie d'heure plus tard, à 19 h 40, met en ligne un article qu'il consacre à la "coûteuse rénovation de l'appartement de Thierry Lepaon". À noter que désormais le patronyme du secrétaire général est orthographié en un seul mot, peut-être s'agit-il d'une consigne destinée à éviter les confusions.

    "L'Humanité" du 30 octobre, publie un petit article sur le mode objectif : "L’appartement de Thierry Lepaon fait polémique". La journaliste laisse cependant poindre une légère irritation car s'indigne-t-elle : "Manuel Valls saute sur l’occasion". Et de donner le lien avec la réaction de la centrale.

    Dès la veille, 29 novembre le bureau confédéral siégeant à Montreuil avait diffusé une note qu'il destinait "aux organisations et aux militants de la CGT." Ceux-ci ont probablement été émus puisque leur bureaucratie dirigeante parle des "pressions médiatiques", certainement cruelles, qu'ils subiraient à proportion de cette affaire. Mais les staliniens tiennent bon et concluent sur le mot d'ordre bravache, qui nous ramène plusieurs décennies en arrière : "… cela démontre que la CGT gêne et que tous les prétextes sont bons pour essayer de l'affaiblir.

    Pour autant nous devons rester concentrés et déterminés à nous battre face au recul social sans précédent que les salariés subissent. Le prochain Comité Confédéral National permettra de débattre de notre stratégie revendicative dans la période et fixera les perspectives qui nous permettront de continuer à amplifier la mobilisation des salariés."

    Impavide en effet, l'appareil stalino-cégétiste reste généralement impuni dans la pratique. Le jugement du 1er octobre condamnait quelques bureaucrates pour les détournements au comité des œuvres sociales d'EDF, pour des pratiques qui durent depuis 1946, et qui alimentent le parti communiste et L'Humanité. Mais qu'on se rassure, c'est pour de rire : personne n'ira en prison, personne ne repassera par la case départ, et personne ne remboursera un sou. (2)⇓

    La centrale communiste prépare donc actuellement la grève dans les transports. Destinée à empoisonner la vie des gens le 4 novembre, cette mobilisation n'a aucun caractère revendicatif concret. Elle se propose d'agiter l'opinion contre ce que la CGT-Cheminots appelle la "privatisation" et "le dumping social". En fait, elle se dresse contre toute notion de concurrence. Rien n'assure d'ailleurs que ce "mouvement" rencontrera le succès espéré, à la SNCF mais aussi dans les transports urbains, les tramway, les métro, le RER.

    Mais qu'importe : il s'agit de faire de la politique et de montrer que la CGT reste la seule force syndicale susceptible de faire reculer la classe politique et geler, encore plus, toutes les réformes nécessaires au redressement du pays.

    JG Malliarakis

    Apostilles

    1.  sur le site du Figaro. 
    2.  On se reportera à notre chronique du 7 octobre "L'Omertà de la CGT fonctionne toujours". Depuis, un bon article est paru dans Le Point le 20 octobre. 

    http://www.insolent.fr/2014/10/lincroyable-impunite-de-la-cgt.html

  • Les décombres

    Ce que la gauche veut détruire par idéologie et par haine des valeurs nationales, la droite le détruit par l'argent devenu une idole. Cette triste collusion aboutit à un de ces moments dramatiques que la France a déjà  connus  et dont elle s'est  heureusement toujours relevée

    D'un côté le retour d'un ex-Président qui revient à la politique comme un ivrogne à sa bouteille: par addiction ! Ce n’est que l’épilogue d’un trop long feuilleton éculé, calqué sur le mythe bonapartiste du retour de l’île d’Elbe. Un feuilleton construit, qui plus est, sur un déni . Le président-candidat avait en effet juré, les yeux dans les yeux de Jean-Claude Bourdin, qu’en cas de défaite à l’élection présidentielle il arrêterait la politique.

    De l'autre une gauche en lambeaux qui hésite entre l'immobilisme et la fuite en avant vers l'abîme!

    Ajoutons à cela la désacralisation du pouvoir qui a commencé avec Jacques Chirac "roi fainéant" , qui a été rendue triviale par Sarkozy qui faisait "le job" pour finir avec le summum de la bassesse de l'expression "sans-dent" et du mépris qu'elle induit.

     

    Les décombres: "Restes de ce qui a existé dans sa plénitude avant d'être partiellement ou complètement détruit" explique le dictionnaire

    La France est devenue un champ de décombres. Dans un contexte de crise, croissance à l'arrêt, interminable crue du chômage, overdose fiscale, déficits incompressibles, dette record , la France est devenue un édifice social qui vacille, ébranlé, miné, en pleine décomposition détruit par l'action conjuguée de la gauche libertaire et la droite libérale issues des Lumières et de la Révolution: il n'y a plus de peuple français! Le peuple est une volonté politique issu d'une dynamique du lien social. Il ne reste qu'un agrégat d'individus.

     

    Comment reconstruire sur ces décombres? On doit commencer par changer d'architecte! Le salut en République est toujours exogène. Le régime doit chercher hors de lui-même une figure charismatique, un homme neuf qui n'a pas d'allégeance avec le système. Lui seul peut devenir la clef de voûte car il  est extérieur au système. L'Alliance royale proposera en 2017 un Régent qui modifiera le cadre institutionnel de la Constitution afin de préparer l'instauration d'une nouvelle structure arbitrale. A ce moment-là seulement la France se donnera les conditions de la renaissance!  D'ici là l'AR prépare des actions de visibilité pour reconquérir le territoire usurpé par la république. Le roi ou le chaos!

  • Analyse apoliticienne : Front National et Système

    La politique et moi, c'est 35 ans de rapports intenses et passionnés. Peut être est-ce ou sera -ce – l'avenir n'est pas encore écrit – l'engagement de toute une vie. Pourtant, de façon paradoxale, je n'aime pas la fréquentation des militants, que ce soit ceux de la mouvance ou d'ailleurs. Je leur reproche – ce qui justement les caractérise – leur engagement partisan. S'il est en effet un domaine ou mauvaise foi et malhonnêteté intellectuelle sont omniprésentes, c'est bien en politique. 

    C'est ainsi que les militants de la majorité défendent le gouvernement au même titre que ceux de l'opposition le fustigent systématiquement. Or, aucune idéologie, aucun gouvernement ne peuvent être considérés comme totalement mauvais ou nocifs.

    On comprendra que la majorité des militants lisent principalement des ouvrages écrits par des essayistes issus du même terroir qu'eux, ce afin de voir conforté leur point de vue. Pourtant, les ouvrages de valeur, tout simplement objectifs voire d'un autre bord, ne manquent pas.

    André Breton ne se trompait peut être donc pas en affirmant « qu'adhérer c'est l'idéal du mollusque ».

    Sur ce qu'est le Front National, mouvement politique connu de tous depuis une trentaine d'années, chacun y va de son petit refrain. Le plus souvent de façon subjective et passionné. On peut néanmoins, sans préjugés, l'étudier de façon rationnelle, quand bien même est-on, comme moi – engagé en sa faveur. Pour ce faire, il suffit de ne pas censurer les informations susceptibles de nous déranger ou contrarier. C'est justement ce que se refuse à faire l'homme d'une seule idée qui picore dans la base de données empiriques, les seuls renseignements justifiant son point de vue.

    Voilà la raison pour laquelle, l'esprit objectif ne peut que dessiner qu'un tableau nuancé de la réalité. Voilà aussi pourquoi, il apparaîtra aux yeux de beaucoup comme peu clair.

    Le Système fustige le Front national de manière caricaturale. Ainsi le fait de le qualifier de fasciste. Lionel Jospin en fut, avant de reconnaître, très tardivement, qu'il ne s'agissait là que mensonge (1)

    Aux élections présidentielles de 1981, les quatre principaux candidats proposèrent aux Français,quatre modèles de société différents. Aujourd'hui, la grande homogénéisation, prélude au totalitarisme à venir, rend la plupart des partis interchangeables : bien peu de différences entre Sarkozy, Bayrou et Hollande. Aujourd'hui, la plupart des partis appartiennent au monde demo-libéral. Ce qui rend le Front National extrémiste aux yeux de beaucoup, c'est qu'il est probablement le dernier parti viscéralement républicain : comme si la République, dont il a existé plusieurs moutures, était extrémiste …

    A lire la presse systémique, on a presque l'impression que le Front National constitue le plus grand des dangers qui menace la France. Attitude d'autant plus surprenante que ce mouvement n'a jamais exercé de responsabilités ministérielles et que donc, par voie de conséquence, il n'est nullement responsable de la situation actuelle. Si le Front National joue bien, force est de constater qu'une bonne partie de son succès, n'est que la conséquence de l'échec des autres. Si le Système veut réellement détruire le Front National, il lui suffit tout simplement de résoudre les problèmes auxquels les Français sont confrontés. 

    A titre d'exemple, on nous assène que la politique économique menée, tant par les gouvernements de « droite » que de « gauche » est incontournable. Il n'en reste pas moins que dans la presse économique, on s'inquiète de l'actuelle situation. Même l'Allemagne, meilleur élève économique de l'Europe d'un point de vue systémique, voit sa situation critiquée par ces mêmes partisans du Système. Il est aussi bien beau de reprocher au Front National de vouloir revenir au Franc. N'en reste pas moins, toujours à lire la presse économique systémique, que la disparition de l'euro y est très sérieusement envisagée. Et que les grandes entreprises ont déjà élaboré des plans afin de s'adapter au retour au Franc.

    Il est aussi bien facile au Système de reprocher au Front National de mettre en exergue le fait délinquance. Si le mouvement de Marine le Pen insistait sur la future invasion des petits hommes verts, il ne ratisserait pas autant de suffrages. Fatalement donc, c'est que ce fait délinquance, existe réellement. Et là encore, objectivité oblige, les statistiques nous indiquent que cette délinquance croît, mais aussi qu'elle est de plus en plus violente.

    Phénomène lié, l'immigration et ses excès, ne sont nullement une invention du Front National : non seulement les faits objectifs l'affirment, mais aussi les Français – qui ont des yeux – le perçoivent objectivement.

    Le chômage voici un demi-siècle, c'était moins de 500 000 personnes. Aujourd'hui, toutes catégories confondues et assimilés, c'est environ vingt fois plus, soit pas très éloigné de 10 millions de Français. On ne peut donc pas dire que ce chômage est le fait du Front National ou que les solutions proposées par ce mouvement politique soient nécessairement mauvaises. Au contraire, on ne peut que constater l'échec des différentes politiques menées en ce domaine et ainsi, prôner une politique alternative. Celle par exemple, proposée par le Front National...

    Ce dont le Système, qu'il ne faut absolument pas limiter à l'actuel gouvernement, ne semble pas avoir conscience, c'est de son impopularité qui va crescendo. En fustigeant le Front National, il ne fait donc, par réaction, que le renforcer. Puisque les Français rejettent les différents gouvernements successifs, ils se tournent tout naturellement vers le mouvement le plus décrié par ces gouvernements : le Front National.

    Alain Rebours

    Note : 

    (1) http://youtu.be/xY3jUuFBWIM

    http://www.voxnr.com/cc/a_la_une/EuEuZZppEpyTvVayqj.shtml

  • Alain Juppé, la tentation de Venise pour la France

    Pourquoi un tel engouement si on veut bien aller au-delà de la rassurante élégance du personnage ?   

    Il est bien, Alain Juppé. Il n’est plus le gendre idéal, certes, mais l’a-t-il jamais été ? Il a cette élégance discrète, une élégance de chat, cet égoïste mammifère qui retombe toujours sur ses pattes et sait si bien ronronner et se lover au creux de son maître. Mais Alain Juppé n’a plus de maître. Sa seule allégeance, désormais, va aux dogmes qui gouvernent le monde. Lui qui, autrefois, était de droite dans ses bottes s’affirme en majesté un parfait candidat à la magistrature suprême pour quiconque pense large, à défaut de penser loin, haut et profond, en clair pense à gauche et au centre gauche en ce pays. Cette élégance discrète plaît tout autant aux descendants des grandes et antiques lignées bourgeoises pour qui tout doit changer afin que rien ne change (on connaît l’histoire) qu’aux adeptes inconditionnels de la dissolution des mœurs et de notre peuple dans un grand ensemble sans foi ni loi.

    Sa parole, très légèrement colorée d’un accent que l’on entend au bord de la Garonne à l’ombre des beaux hôtels particuliers, fait couler un flot ample et rassurant qui n’a plus rien à voir avec le torrent impétueux et menaçant de ses débuts en politique, flot qui s’en va mourir langoureusement dans l’océan des bonnes intentions. Bref, on boit ses paroles comme les meilleurs crus bourgeois, sans modération, d’autant que le millésime est fort respectable. Pour autant, ce vin est-il charpenté ? Oui, si l’on considère que l’ambition personnelle et l’orgueil structurent toute action politique. Rien de bien original, en somme. De ce tonneau on a bu et on boira sans doute encore longtemps.

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  • Le projet turc ou la plus grande mosquée

    La "bonne" nouvelle apparaissait à la une ce 27 octobre, sur le site du journal kémaliste turc Hürriyet. Le gouvernement d'Ankara, en effet, va bientôt construire en Albanie ce qui deviendrait la plus grande mosquée d'Europe du sud est.

    Les arguments avancés en faveur de cet investissement laissent évidemment un peu rêveur. On dirait une estimation avancée pour justifier la création d'une liaison TGV.

    Tirana, ville de 300 000 habitants, nous dit péremptoirement le journal (1)⇓ , compterait 70 % de musulmans. Ce pourcentage, d'élaboration parfaitement fantaisiste, est couramment indiqué pour l'appartenance religieuse des Albanais.

    Or, déplorent les autorités turques, cette population ne dispose pas des installations cultuelles auxquelles elle peut légitimement prétendre. C'est donc l'administration religieuse étatique turque, la fameuse "Diyanet" qui prendra les choses en main et réalisera ce projet.

    On doit donc s'interroger d'abord sur le rôle que la Turquie étatique s'assigne elle-même, bientôt un siècle après avoir renoncé officiellement au califat. De plus en plus, en effet, elle se pose, et une partie de ses dirigeants se pensent eux-mêmes, en défenseurs des musulmans de tous les pays du monde, jusqu'aux Rohingyas de Birmanie.  

    Le fameux esclandre de Davos du 29 janvier 2009, à partir duquel on a commencé à dépeindre Erdogan, alors chef du gouvernement et aujourd'hui chef d'État, en adversaire d'Israël, n'a pas d'autre origine, le Hamas étant identifié à la cause de l'islam.

    Or, dans le même temps on remarque que le même gouvernement tire parti, aujourd'hui encore auprès de l'occident, de sa réputation, de moins en moins fondée, d'îlot de "laïcité au sein du monde musulman.

    Soulignons à cet égard que par "laïcité" on ne devrait entendre que l'existence d'un "mur de séparation entre la religion et l'État". Cette célèbre formule de Thomas Jefferson est apparue au moment de l'indépendance américaine. Les 10 premiers mots du Bill of Rights interdirent ainsi au Congrès des États-Unis de légiférer pour "établir" aucune confession.  (2)⇓

    Ceci s'appliquait en l'occurrence à un ensemble de colonies qui allaient devenir un seul pays constitué de communautés très disparates. Elles appartenaient toutes aux diverses "dénominations" chrétiennes, ou plus précisément : protestantes. Le Maryland, au départ colonie catholique sous Charles Ier, ne comptait plus que 15 % de "papistes" en 1806, lorsque fut inaugurée la cathédrale de Baltimore. La liberté accordée l'Église romaine par George Washington à la demande du pape Pie VI allait permettre à celle-ci un prodigieux développement dans le cadre de cette "laïcité".

    Or, en Turquie, le schéma inverse s'est consolidé en vertu d'une doctrine nominalement laïciste et pratiquement islamiste.

    La prétendue république "laïque" y a bel et bien "établi" l'islam sunnite, plus solidement encore que sous le régime ottoman.

    Cette prédication s'est certes trouvée favorisée au détriment, d'abord, des confessions non-musulmanes. Cela commence à être mieux connu en occident. Elles ne représentent plus grand-chose aujourd'hui. Remarquons qu'au début du XXe siècle, – avant les massacres massifs des Arméniens, des Grecs "Pontiques", des Assyriens etc. ‑ on comptait environ 30 % de chrétiens en Asie mineure. Ceci appartient au passé. Le président Özal l'a fort élégamment expliqué un jour au parlement de Strasbourg sur le mode "on ne ressuscitera pas les morts". On n'a pas trouvé la force de l'expulser.

    Aujourd'hui la politique religieuse étatique d'Ankara se concrétise par l'existence et les activités de ce que nous appelons en français le/ou la "Diyanet". Cette structure agit aussi dans un pays comme la France. Sur le site internet de sa branche française, les Français peuvent découvrir ses ramifications, constructions, établissements, salles de prières dans leur pays, des bâtiments en général discrets répartis sur tout le territoire, de Gien à Cholet, en passant par Sens, Romorantin, Auray, Le Havre ou Cergy-Pontoise. Une seule photo montre un minaret, sur la mosquée de Nantes. (3)⇓

    Disposant d'un budget de 4,6 milliards de livres turques en 2013, employant plus de 100 000 fonctionnaires cette énorme administration, habilement présidée aujourd'hui par Mehmet Görmez, remonte à un décret de Mustafa Kemal de 1924. Elle s'inscrit donc dès l'origine dans la politique de sécularisation et d'occidentalisation que nous confondons avec l'idée de "laïcité".

    Il se trouve cependant que, dans la constitution actuelle, protégée par l'article 136, cette branche de l'État agit exclusivement en direction de la propagation, de la prédominance et de la consolidation de l'islam sunnite. Les diverses branches du chiisme ne reçoivent aucune sorte de reconnaissance, ni dans l'entretien de leurs lieux de culte, ni dans l'enseignement religieux, ni sous aucune forme de subvention. Or les divers chiites, alevis, bektachis, djaferis, alaouites, etc. représentent probablement plus de 30 % de la population. Ils appartiennent souvent, mais pas toujours, à des groupes périphériques ou centrifuges, kurdes, azéris, syriens, etc. Le seul point commun entre l'idée française de "neutralité religieuse" et la conception turque de la "laïcité" consiste en cette volonté centraliste jacobine. Les jeunes-turcs, d'où les cadres du kémalisme furent issus à 95 %, ne s'en cachaient pas, qui fondèrent leur mouvement à Paris, le 14 juillet 1889.

    Voilà par qui sont gérées les 77 000 mosquées de Turquie

    Or, voici que cette organisation s'étend en Europe du sud est. Elle agit, non plus seulement comme elle le fait en Allemagne ou en France, pour se préoccuper de ses compatriotes et pour dénoncer l'assimilation qui, seront Erdogan serait "contraire aux droits de l'Homme" – mais en considération de l'espace balkanique comme étant par définition "ottoman". L'actuel Premier ministre Davutoglou l'a dit fortement en Bosnie. L'État turc fait constamment pression dans ce sens sur la Grèce et sur la Bulgarie. La Diyanet entend le mettre en œuvre, le couler dans le béton de ce chantier, dans la capitale de l'Albanie.

    Peu lui importe que la majorité des musulmans albanais se rattache à une branche dissidente et syncrétiste de l'Islam, la confrérie des bektachis, qui fut la religion des janissaires, elle-même marginalisée en Anatolie.

    La plus importante mosquée de Tirana y porte le nom de Et'hem Bey. Il s'agit du plus ancien bâtiment de l'actuelle capitale albanaise, où elle est tenue pour emblématique autant que la statue de Skanderbeg, lui-même héros de la résistance européenne aux Turcs. Considérée comme partie importante du patrimoine national cette petite mosquée échappa à la fureur destructrice du régime stalinien d'Enver Hodja. Sa construction remonte à la fin de la période ottomane. Commencée en 1794 elle ne fut achevée, presque 30 ans plus tard, qu'en 1821. Le touriste contemporain peut la visiter en dehors des heures de prières, à condition de retirer respectueusement ses chaussures à l'entrée, bien entendu.

    Fermée au culte pendant cette période communiste, elle fut spontanément réouverte en 1991 par la pression des 10 000 musulmans de la ville. Ceci s'effectua à l'époque avec le soutien des deux autres confessions, elles aussi opprimées, chrétiens-orthodoxes et catholiques-romains. Or, elle ne peut contenir que 60 personnes.

    La nouvelle mosquée "ottomane" que va créer la généreuse Turquie pourra accueillir le vendredi une prédication s'adressant à 4 500 croyants.

    JG Malliarakis
            

    Apostilles

    1.  Le chiffre officiel était en 2005 de 585 756 habitants
    2.  À cet égard, la traduction donnée en français des 10 premiers mots du Premier Amendement pourrait être avantageusement revisitée d'ailleurs. Le texte disait : "congress shall note make law respecting establishment of a religion". Or, on peut lire de façon approximative : "Le Congrès ne fera aucune loi accordant une préférence à une religion ou en interdisant le libre exercice, restreignant la liberté d'expression, la liberté de la presse ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement et d'adresser à l'État des pétitions pour obtenir réparation de torts subis."
    3.  Le mot désigne la religion. Le vrai sigle est "Diyanet İşleri Başkanlığınca" Direction des affaires religieuses. C'est ce qui amène logiquement à préférer l'appeler "la" plutôt que "le". Son siège en France "Fransa Ditib" occupe un imposant immeuble sis 58 rue Lénine (sic) à Bagnolet code postal 93170. Ceux qui lisent le turc consulteront son site avec profit 

    http://www.insolent.fr/2014/10/le-projet-turc-ou-la-plus-grande-mosquee.html

  • Communautarisme: soyons francs, clairs et cohérents

    Double-discours, double-langage, mépris des engagements envers les électeurs pris pour des imbéciles par des donneurs de leçons hypocrites…Le dégoût des Français pour les politiciens du Système ne va pas en s’arrangeant au vu de l’actualité de ces derniers jours. A cette aune, le procès fait au (nouveau) ministre de la Culture n’est pas le plus grave. Invitée du « Supplément « de Canal plus le 26 octobre, Fleur Pellerin qui a « déjeuné » avec le tout nouveau prix Nobel de littérature, le « gardien de la mémoire » Patrick Modiano, a avoué ne pas avoir le temps de lire depuis deux ans. Et même n’avoir jamais ouvert un livre de M. Modiano, pas plus le dernier qu’un autre. Imagine-t-on feu André Malraux nous expliquer ne pas avoir lu un livre pendant vingt-quatre mois ? Une faute professionnelle plus qu’une faute de goût peut être, car quitte à consacrer un peu de temps à la lecture, il peut apparaître secondaire, pourquoi pas,  de se jeter sur les livres de Patrick Modiano, alors que tant de grands classiques, de  génies de la littérature, de grands écrivains Français et étrangers méritent d’être lus et relus.

    Les Français sont en revanche légitimement en colère lorsqu’ils apprennent que le président UMP de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Gilles Carrez, est en délicatesse avec le fisc. Au motif que lui, le spécialiste très affûté, se serait trompé de bonne foi, affirme-t-il, dans le calcul de la valeur de sa maison de Perreux-sur-Marne. Or c’est de celui-ci que découle son entrée dans l’impôt sur la fortune (ISF).

    Il est tout à fait légitime, le débat l’est en tout cas, de juger l’ISF contre productif, son assiette confiscatoire, de douter de son utilité et de ses bienfaits. Mais dura lex, sed lex, la loi est dure mais c’est la loi. M. Carrez, à un devoir tout particulier d’exemplarité au vu des fonctions qui sont les siennes et ne peut s’exonérer du régime commun sans trahir le mandat qui lui a été confié par les électeurs.

    Plus choquant encore, le député PS René Dosière, au vu des annexes du projet de budget 2015, a jugé hier «choquantes» les rémunérations dans les cabinets ministériels de ses amis du gouvernement Valls. Se serrer la ceinture ? C’est bon pour les autres ! «Par rapport au gouvernement Ayrault, a écrit M. Dosière sur son blogue, les rémunérations dans le gouvernement Valls (2014) sont en forte augmentation: +7,1% à 8.201 euros pour la rémunération brute moyenne d’un agent et +4,3% à 2.235 euros pour les indemnités de sujétion» (primes, NDLR).

    «Les cinq rémunérations les plus élevées se trouvent au ministère de la culture (13 744 euros), au ministère de l’intérieur (12 987 euros), au ministère de la décentralisation (12 680 euros), au ministère du redressement productif (12 369 euros) et au secrétariat d’Etat à l’enseignement supérieur (12 222 euros)».

    Si le «communautarisme financier» des membres du Système défraye la chronique, une autre «affaire», bien différente, a été exposée dans de nombreux articles ces derniers jours. Le blogue de Bruno Gollnisch avait réagi le 3 octobre, de manière d’ailleurs très mesurée, à la présence de Pierre Ducarne, 22 ans, candidat aux dernières municipales FN à Nancy (Meurthe-et-Moselle) sur le stand du « Kreuji ». En l’espèce «un collectif de 11 associations qui représentent la communauté homosexuelle bi et transsexuelle (LGBT) à Nancy. Avec le soutien de la ville, elle va prochainement ouvrir une maison LGBT au centre-ville » rapportait le média régional Loractu.

    Nous avions fait état de cette information, redoutant que le message du FN soit brouillé par la présence médiatisée d’un candidat du FN auprès d’associations prosélytes en faveur du mariage, de l’adoption, de la PMA et GPA pour les paires homosexuelles. Et ce, deux jours avant la mobilisation de très nombreux élus, militants et électeurs frontistes dans les manifestations (à Paris et Bordeaux) en faveur de la défense de la famille traditionnelle et contre la loi Taubira.

    Sans nous contacter directement, Pierre Ducarne avait vivement réagi à ce qu’il considérait comme une mise en cause injustifiée de notre part. Il a depuis précisé via les réseaux sociaux être opposé la création de cette maison LGBT, au «mariage pour tous», tout en se disant persuadé, comme Alain Juppé et la plupart des caciques de l’UMP, que la loi Taubira ne pourra être abrogée.

    «On me présente a-t-il dit, comme un militant LGBT alors que je n’ai fait que discuter avec des membres de ce collectif dont je ne fais pas partie». «J’assume totalement a-t-il écrit sur internet, le fait d’avoir visité le stand du Kreuji (ainsi que d’autres d’ailleurs) non seulement pour l’intérêt que suscite ce projet (auprès des Nancéens ?, NDLR) et que j’ai pu ainsi découvrir mais également pour l’amitié que je porte à certaines personnes (de droite comme de gauche) impliqués dans sa réalisation ». Dont acte.

    Le Monde le rapportait avant-hier, «accusé de soutien à une association homosexuelle», de «communautarisme», « le Front National - sans que Bruno Gollnisch la réclame ou soit intervenu dans ce sens, NDLR- avait engagé une procédure disciplinaire » à l’encontre de ce jeune homme.

    Finalement« il a été décidé que la commission des conflits ne se réunirait pas sur son cas» comme il était prévu le 27 novembre, «qu’il n’était pas convoqué et qu’il ne serait pas sanctionné. Le dossier est vide , a dit Florian Philippot à Reuters avant de poursuivre : Pierre Ducarne n’a pas, en tant que responsable du Front National, soutenu une association communautariste, ce qui aurait été contraire aux valeurs du parti. Il n’est pas un responsable du parti et c’était dans un cadre privé. »

    M. Ducarne outre son passage devant la commission des conflits, devait être « également convoqué devant la commission de discipline pour «insultes proférées envers un dirigeant du FN», et plus précisément envers Bruno Gollnisch ont affirmé à la presse Florian Philippot et Bruno Bilde (conseiller de Marine).

    Pierre Ducarne s’est finalement fendu d’un petit mea culpa sur tweeter le 29 octobre : «Que la presse cesse d’instrumentaliser et détourner un quiproquo interne au FN pour alimenter une polémique fondé sur le bruit et la rumeur.» «Clarification faite avec le FN. Malentendu de part et d’autre. Moralité: il vaut mieux privilégier une explication sereine que de réagir à chaud.»

    C’est en effet en réagissant à chaud, mettons cela sur le compte de la jeunesse, que M. Ducarne a commis un message, pour le moins maladroit, effacé par la suite, mais donc jugé insultant par Florian et Bruno (Bilde) – « je ne sais pas si j’ai été insulté…» a voulu temporiser Bruno Gollnisch contacté par Europe 1. « M. Bruno Gollnisch écrivait le jeune homme le 6 octobre, serait bien inspiré de vérifier l’exactitude de ses informations avant de relayer tout et n’importe quoi. De respecter la liberté et la vie privée d’autrui. Mais M. Gollnisch se verra notifier tout cela par écrit et pourra ainsi juger de mon mécontentement. Le Mac Carthysme ça va bien » (sic).

    Le jeune homme a finalement renoncé à «notifier tout cela par écrit » au professeur Gollnisch, qui du haut de son parcours intellectuel et des ses trente ans de militantisme au FN, n’a guère de leçons à recevoir en matière de défense de nos libertés fondamentales. Surtout, est-il nécessaire de rappeler que Bruno a toujours respecté la vie privée de chacun (justement parce qu’elle est privée !) et n’est pas animé par la moindre velléité d’établir une quelconque « police de la braguette » au FN comme dans le reste de la société française ! M. Ducarne a d’ailleurs avoué «qu’il n’y a pas de chasses aux homosexuels » au Front National.

    Mais il s’agit de rappeler que la communication politique répond à des règles de base. La première d’entre elle veut que quand on est candidat à une élection, et si l’on souhaite continuer à l’être, on ne peut échapper dans l’espace public à l’attention médiatique et à l’interprétation de ses faits et gestes, a fortiori dans la commune dans laquelle on milite. En ce sens, si l’on souhaite que sa vie privée soit respectée et la dissocier nettement de sa vie publique, il n’est pas bien malin de poster, comme M. Ducarne l’a fait, une photo ou on le voit enlaçant un jeune homme sur le stand du Kreuji, assortie de la mention ambiguë « pied de nez aux sectaires ». Peut-on s’étonner dans le contexte actuel que cela peut être aussi interprété comme un message politique ? Puisse la leçon être entendue.

    « De toute façon, je me suis mis en retrait du parti depuis plusieurs mois. Et si on doit m’exclure, on m’exclura », a encore déclaré Pierre Ducarne qui vient aussi d’apporter son soutien à Maxence Buttey. « L’acharnement de certains sur ce jeune élu FN converti à l’islam est scandaleux. Laissez le libre de croire ce qu’il veut. Idiots », a-t-il énoncé dans un tweet le 26 octobre…

    Ce jeune élu FN de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), est accusé de prosélytisme islamique par ses camarades de la fédération. Il lui est reproché –voir notre article en date de lundi dernier- d’avoir adressé à des membres du FN  une vidéo (Les miracles du Coran) vantant les mérites de la religion du prophète pour expliquer sa récente conversion. Une vidéo objectivement intellectuellement très médiocre, assez affligeante même, a peu près du niveau de celles que font les Témoins de Jéhovah…

    Sur le site Atlantico, Christophe Bouillaud,  professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble, a été interrogé simultanément sur les affaires Ducarne et Buttey. Contrairement à ce qu’il affirme, le cas Ducarne n’illustre pas «des contradictions au niveau de l’électorat du FN sur cette question. Il y en a un traditionnaliste qui n’arrive pas à normaliser l’homosexualité dans son mode de pensée alors que pour l’autre ce n’est pas important. Au niveau de l’actuelle direction du FN regroupée autour de Marine le Pen il n’y a pas trop de divergences sur le sujet. En revanche Bruno Gollnisch et Jean Marie le Pen pensent différemment mais cela reste un courant minoritaire ».

    Cette analyse assez primaire est surtout fausse car elle confond l’accessoire et l’essentiel. Comme nous l’avons dit, ce que rejette le FN en bloc, et c’est là son positionnement politique partagé par tous, c’est la dérive communautariste et prosélyte, ni plus, ni moins. Le reste est affaire de conscience pour chacun.

    M. Bouillaud, a contrario, est plus lucide quand il rappelle que « le FN n’a jamais été contre la religion musulmane »,  tout en soulignant « le manque de culture politique (de Maxence Buttey). Il n’a pas compris les dynamiques de l’électorat français et ce que signifie politiquement le mot immigration ».

    « Le FN peut accueillir des gens nés musulmans parce que c’est un choix par défaut et qu’on accepte la religion de ses parents. En revanche l’idée de choix est très importante car cela nous engage autour des valeurs. Aujourd’hui on voit la conversion à l’islam comme un rejet de la société française ». C’est en tout cas comme cela qu’elle est perçue par la très grande majorité de nos compatriotes.

    C’est en restant ferme dans sa dénonciation du prosélytisme communautariste, sans excès mais sans faiblesses coupables, que le Front National apportera de la clarté dans un débat politique qui en a bien besoin. C’est aussi sur notre cohérence que nous sommes jugés affirme Bruno Gollnisch, et nous le serons tout particulièrement lors de la grande échéance de 2017 pour porter Marine Le Pen et nos idées au pouvoir.

    http://gollnisch.com/2014/10/31/communautarisme-soyons-francs-clairs-coherents/

  • Le choc de simplification : très simple à comprendre

    François Hollande avait annoncé le grand chantier de son quinquennat : le choc de simplification, un terme générique censé rapporter 12 milliards d’euros en 3 ans ! Mazette ! Quand les socialistes ont des idées pour gagner de l’argent sans prélever plus, c’est que l’affaire est sérieuse !

    Donc rendez-vous cet après-midi à l’Elysée pour assister au grand show du grand choc ! Et là, la quasi-totalité du gouvernement est réuni pour nous annoncer une grande nouvelle : Internet existe ! Et oui !

    Devant le choc d’une si grande découverte, la salle de ce show qui vient de subir ce choc se lève d’un seul homme, choquée, pour applaudir chichement la choquante découverte gouvernementale !

    Allez, ne soyons pas méchant : vous voulez finir ces quelques lignes en sachant réellement ce que cache ce choc ? Ne cherchez pas : dorénavant, il sera possible de faire par Internet ce qui se faisait par papier. Pas forcément idiot, très utile, il était même temps ! Mais il n’y aura aucune simplification, juste une numérisation qui permettra de ne pas renouveler des fonctionnaires.

    Ne soyez pas choqués, il n’y a même pas de quoi être déçus !

    Xavier Celtillos

    http://www.medias-presse.info/le-choc-de-simplification-tres-simple-a-comprendre/17291