
Parlant de l’Italie, l’économiste et entrepreneur Charles Gave avait pronostiqué une querelle de légitimité. Qui a le vrai pouvoir de décision ? Est-ce le peuple italien qui vote ou bien la Commission de Bruxelles, organe à la fois non élu et impossible à révoquer ?
Par une ruse de l’Histoire, c’est en France avec les gilets jaunes que ce problème de légitimité s’est déclenché en premier. L’Histoire réelle est souvent la rencontre de déterminants structurels et de l’écume des jours de la vraie vie.
Tout a commencé avec une « banale » augmentation du prix du gazole. Banale, mais celle de trop. Le peuple français s’est révolté. Le gouvernement s’est entêté. En fait, il n’avait pas le choix. Car le budget de l’État est à la dérive. Il n’y a aucune maîtrise des dépenses et le ruineux tsunami migratoire n’arrange rien. Côté recettes, tout est en baisse. La TVA sur la consommation est en baisse, l’appauvrissement des Français étant bien réel. L’économie est rongée par cette monnaie toxique appelée euro. Les taxes sur l’essence augmentent mais les recettes baissent, car les gens roulent de moins en moins. Entre la fraude légale et les faillites, il ne reste pas grand-chose à traire dans les entreprises.
Le gouvernement n’a pas le choix, le peuple non plus n’a pas le choix, car il faut joindre les deux bouts. Le clash est inévitable.
Nous vivons une époque merveilleuse où les acteurs ne comprennent pas ce qu’ils font.
Les journalistes crient à la liberté de la presse alors que la plupart des médias sont la vitrine audiovisuelle du Système. Ils sont aussi indépendants que la vitrine des Galeries Lafayette. Ils ne sont que l’instrument de formatage mental du nouvel ordre mondial.
Le peuple n’a pas (encore) compris que le gouvernement est en guerre contre lui. Il veut plus de démocratie et il est lassé de subir des élections « chèque en blanc », où la caste au pouvoir prétend puiser le droit de faire ce qu’elle veut sans rendre de comptes à personne. Elle répond aux gilets jaunes à coups de matraque et de Flash-Ball® en les accusant de menacer la démocratie… Un bel exemple d’inversion accusatoire.
À quoi sert cette mascarade du grand-débat-sur-rien lancé par Macron ? Sans doute à plusieurs choses : saturer l’espace médiatique avec un agenda préétabli, se donner l’apparence d’une légitimité démocratique, totalement inexistante. Macron croit être Président, il est un pantin de luxe au service des banques. Sa bulle d’autosatisfaction lui tient lieu de bunker. Macron ne sait pas qu’il joue le rôle du salaud.
Dans une guerre, il est difficile de savoir à l’avance qui va gagner. Quoi qu’il advienne, le peuple français joue sa survie à court terme. Soit les gilets jaunes sont matés, et la France continuera d’être liquidée. Soit le gouvernement de Macron tombe. Combien y aura-t-il de morts et d’éborgnés ? Nul ne sait. La fin de l’histoire n’est pas encore écrite.
La mobilisation des Gilets jaunes ne faiblit pas. Un nouveau acte, nommé « Acte 12 L’ImPaCt! » est annoncé pour samedi 2 février, après l’acte XI qui a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes dans toute la France.



Lors d'une conférence de presse au Caire, où il est en déplacement, le chef de l'Etat a eu une pensée pour les personnes décédées en marge du mouvement mais se refuse à les voir comme “victime des forces de l'ordre”.
Emmanuel Macron est actuellement au Caire (Egypte) en voyage officiel. L’Afp rapporte qu’il a tenu à répondre aux propos du ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, qui affirmait le 22 janvier: «J’espère que les Français pourront se libérer d’un très mauvais président, et l’occasion est celle du 26 mai (les élections européennes) quand finalement le peuple français pourra reprendre en main son avenir et son destin. » «Ce n’est pas (moi) qui interférera dans la démocratie française, ce seront les Français. J’espère qu’ils choisiront quelqu’un de plus représentatif, sérieux, concret, je pense à Marine Le Pen » a-t-il ajouté. Piqué au vif, M. Macron a donc tenu à lui répondre : «Le peuple italien est notre ami et mérite des dirigeants à la hauteur de son histoire, a-t-il lancé. Pourtant, quelques instants avant, le président jurait ne pas vouloir entretenir la polémique : «Je ne vais pas répondre. La seule chose qu’ils attendent, c’est ça (…) » mais «tout ça n’a aucun intérêt.» Si tout ça n’a aucun intérêt pourquoi donc se donner la peine de répondre ? Le 7 janvier dernier, Matteo Salvini , qui n’a à l’évidence pas oublié les propos désobligeants de M. Macron au lendemain de l’arrivée au pouvoir de la coalition Liga-M5s, avait aussi apporté, comme le patron du M5S Luigi Di Maio, son soutien aux Gilets Jaunes: «Je soutiens les citoyens honnêtes qui protestent contre un président gouvernant contre son peuple .»
Comme trop souvent dans ce qui tient lieu de démocratie, terme qu'on identifie en occident, depuis quelque 2 500 ans à la libre confrontation des points de vue, dans notre pays, l'arbre cache la forêt.