Lors de son grand meeting de rentrée politique hier à Fréjus (Var), Marine n’a pas manqué de pointer les menaces, de désigner l’adversaire (l’idéologie portée par Emmanuel Macron et l’Europe de Bruxelles) et d’afficher les hautes ambitions du Rassemblement national , en ce moment historique ou nos idées sont déjà au pouvoir en Pologne, en Hongrie, en Italie…La présidente du RN a cité le sondage Odoxa sur les intentions de vote aux élections européennes de mai 2019 , publiée vendredi par Le Figaro. Il qui indique qu’avec 21% des intentions de vote, la liste RN fait d’ores et déjà quasiment jeu égal avec celle de LREM (21,5%),« les anciens partis (étant) relégués au rang de figurants ». De quoi apporter de l’eau au moulin du conseiller régional RN de PACA Philippe Vardon, lorsqu’il constate qu’« aujourd’hui, c’est le camp Macron/Merkel qui est isolé et nous qui nous inscrivons dans ce grand mouvement européen. » Un statut d’opposant principal, confirmé par les enquêtes d’opinion, les propos de M. Macron lui-même et implicitement validé par les persécutions juridico-financières dont l’opposition nationale est aujourd’hui la cible. Car c’est un vent mauvais pour le Système, un vent de fronde qui souffle désormais sur la macronie. Un autre sondage, Kantar Sofres OnePoint pour RTL, Le Figaro et LCI, diffusé hier, indique que moins d’un Français sur cinq – 19%- juge positif le bilan de l’ action d’Emmanuel Macron depuis son élection. « Le recul est très net, constate Le Figaro , puisque la chute par rapport à la même enquête publiée en janvier 2018 fait état d’une baisse de 19 points d’avis positifs et d’un bond de 23 points d’avis négatifs (…). C’est l’amélioration du pouvoir d’achat qui vient en tête des attentes des Français (55%) devant la baisse du chômage (40%) , la diminution des impôts (39%) et la maîtrise des problèmes de l’immigration (29%). »
Démonétisé dans les mêmes proportions qu’un François Hollande à la même période, Emmanuel Macron perd de sa superbe auprès de toutes les catégories socio-professionnelles et de toutes les clientèles électorales. Président pro-business aux résultats économiques les plus mauvais de la zone euro comme l’a rappelé Marine, c’est aussi pour se démarquer de son image de président des riches que l’ancien banquier a multiplié les annonces pour tenter de recoller les morceaux avec le peuple de gauche.
Le chef de l’Etat vient ainsi de reprendre à son compte, du moins sur le plan sémantique, le vœu du candidat socialiste à la présidentielle de 2017, Benoit Hamon, celui d’un Revenu universel d’activité, mesure présentée le 13 septembre lors de l’annonce d’une plan de lutte contre la pauvreté. Dans Challenges Delphine Granier étrille la manœuvre : « À l’heure où le revenu universel multiplie les adeptes à travers le monde et jouit d’une aura progressiste de l’Afrique à la Silicon Valley, un homme politique en difficulté doit aisément être tenté d’afficher le label du revenu universel. Mais le dispositif voulu par Emmanuel Macron porte bien mal son nom…» Laurence Dequay dans Marianne ne dit pas autre chose: « ce revenu universel… n’a rien d’universel, au sens où l’entendent communément les économistes et les promoteurs du revenu de base universel. En effet, il ne s’agit pas d’une allocation qui serait versée à chacun, pour mieux vivre et ne pas être contraint d’accepter n’importe quel job payé au lance-pierre. Non, le revenu universel d’activité à la mode Macron est plutôt une nouvelle mouture de l’allocation sociale unique annoncée pendant la présidentielle, accordée sous condition de ressources…»
Relevons que chez les libéraux de droite le débat fait également rage sur les éventuels bénéfices et l’efficacité du Revenu universel. Dans les quatre vérités hebdo, Claude Goudron s’interrogeait: «Comment peut-on croire que notre pays, déjà le plus social-dépensier du monde, avec une dette de plus de 4000 milliards d’euros (2170 + dette sociale avec les retraites des fonctionnaires non budgétisées + les dettes des entreprises nationalisées) pourrait se permettre cette nouvelle folie qu’est le revenu universel ? Nous avons déjà condamné nos enfants et petits-enfants à payer toute leur vie nos incompétences, voire notre lâcheté. Y rajouter de 300 à 600 milliards d’euros supplémentaires par an reviendrait à plomber également tous les deux ou trois ans une génération suivante !»
Mais au nom d’un libéralisme bien compris, et dans la même publication François Schoenfelder , y voit au contraire une arme contre le socialisme. Le revenu universel (RU) permettrait selon lui « de faire les transitions d’un emploi à un autre ; il complétera les faibles émoluments ; et il pourra servir de revenu de base. Il réhabilitera aussi la famille, avec la possibilité pour l’un des conjoints de s’occuper de l’éducation des enfants. Son financement, même à 1 000 euros, ne pose aucun problème avec la flat tax (impôt à taux unique). Il ne faut évidemment pas l’ajouter aux 700 milliards de dépenses sociales ou publiques. Il devra, au contraire, se substituer à une très grande partie d’entre elles (…). Trop d’État finit par tuer l’État. Le RU, c’est évidemment donner une plus grande responsabilité aux individus. C’est le contraire de l’assistanat collectiviste permanent qui les conditionne de la naissance à la mort. Chacun pourra organiser sa vie plus librement. Le RU participera à la croissance fondée sur les commandes et la consommation. L’impôt sur le revenu et la TVA, seront plus rentables (…). »
En mars 2016 sur LCI, Marine avait insisté sur les problèmes « de faisabilité et de financement »dudit revenu universel telle que le concevait M. Hamon et s’inquiétait aussi de la la philosophie générale sous-tendue par cette mesure, vue par beaucoup comme une officialisation de l’assistanat, une déresponsabilisation/marginalisation accrue des citoyens. « Les classes moyennes françaises, notait la présidente du FN, sont systématiquement les victimes des choix qui sont opérés. De plus en plus de gens obtiennent des aides sociales, mais ce sont toujours les mêmes qui ne les obtiennent pas et qui les financent. Ce ne serait pas le cas avec le revenu universel où tous les citoyens auraient un revenu, quel que soient leurs richesses. (…) Ça serait un bouleversement, car l’objectif est de remplacer l’intégralité de toutes les autres aides qui sont versées aujourd’hui. Ces dernières peuvent avoir un effet pervers car les Français de bonne foi peuvent se dire que s’ils travaillent, ils vivront moins bien que s’ils perçoivent des aides. Ça n’est pas sain.»
Ce qui n’est pas sain non plus, c’est l’hémiplégie intellectuelle du président de la république sur la guerre d’Algérie et de son cortège de souffrances. L’Obs l‘a relayé comme l’ensemble des médias français, M Macron s’est rendu le 13 septembre au domicile de Josette Audin. « Il a reconnu devant elle la responsabilité de l’Etat dans la mort de son mari, Maurice Audin, mathématicien, membre du Parti communiste algérien (PCA), militant anticolonialiste, qui a été arrêté, torturé et tué par l’armée française en 1957, pendant la bataille d’Alger (…) La France n’avait jamais jusqu’alors accepté que la vérité soit dite, et avait maintenu la fable de l’évasion de Maurice Audin pendant plus d’un demi-siècle (c’est seulement en 2014 que François Hollande avais admis que Maurice Audin était mort durant sa détention). Relevons que c’est le très immigrationniste mathématicien et député LREM Cédric Villani, qui s’est emparé du cas Maurice Audin (au nom de considérations historico-morales très très faiblardes , indécentes diraient certains ) et qui pressait le président de la République de faire un geste….
Nous l’avions rapporté sur notre blogue en décembre 2012, au nom de la réconciliation franco-algérienne, M. Hollande avait rendu hommage, lors de sa visite d’Etat en Algérie, à Maurice Audin dont une place porte le nom à Alger (comme à Paris). Ce dernier fut complice actif des terroristes du FLN, des poseurs de bombes qui tuèrent, mutilèrent des dizaines de nos compatriotes civils, hommes, femmes et enfants pendant la bataille d’Alger. Arrêté à son domicile par les paras à Alger le 11 juin 1957; Maurice Audin ne fut en effet jamais retrouvé..
Bruno Gollnisch faisait mine de s’interroger sur twitter jeudi dernier: « Macron va-t-il présenter les excuses de l’Etat aux familles des Français d’Algérie tués rue d’Isly, abandonnés aux égorgeurs du FLN, enlevés, massacrés, comme les malheureux harkis ? »Non bien sûr, le en même temps macronien à ses limites… Approximations, mensonges et fausse symétrie qui sont plus généralement les marqueurs des 16 premiers mois du successeur de François Hollande à l’Elysée. Rien de nouveau sous le soleil.
https://gollnisch.com/2018/09/17/approximations-mensonges-et-fausse-symetrie/



En 2010, déjà, Thilo Sarrazin, avait publié « L'Allemagne disparaît » - ou suivant une plus juste traduction « L'Allemagne se suicide » - un livre pour dénoncer l'invasion islamique dans une Allemagne qui démographiquement s'effondre sur elle-même et risque d'en être doublement dénaturée. Thilo Sarrazin n'est pas n'importe qui. Il n'a rien d'un militant d'extrême-droite. Membre ancien et éminent du SPD, économiste et banquier, siégeant au directoire de la Deutsche Bundesbank, il appartient plutôt à l'établissement politique et économique. Son livre eut un retentissement considérable et devint emblématique du courant anti-immigration en train de prendre corps en Allemagne à droite et à gauche de l'échiquier politique.
l'automne 2015, Angela Merkel se crut bien imprudemment autorisée à appeler l'Allemagne et l'Europe à accueillir un million et demi de migrants et ces derniers à s'y précipiter. Ce qu'ils firent spectaculairement. Cette décision fut l'une de celles dont les conséquences n'en finissent pas de retentir à court mais aussi à très long terme. Angela Merkel l'a payée très cher. Mais aussi son parti la CDU, dont l'unité a été brisée par la fronde de la CSU sa traditionnelle alliée bavaroise antimigrants ; et le vieil équilibre consensuel du Bundestag rompu par l'arrivée de 93 députés de l'AfD. La population allemande a sérieusement souffert des migrants, de diverses manières et en divers lieux, comme à Cologne, comme lors des attentats de Munich, Berlin et autres lieux. Sa colère a grandi comme elle grandit dans toute l'Europe.
Ce 12 septembre L'Opinion donnait la parole à deux représentants du parti qui s'intitule fièrement Les Républicains. L'un, le plus fougueux, le plus vigoureux et, pour certains lecteurs, sans doute le plus convaincant s'appelle Sébastien Pilard. Il est conseiller régional LR des Pays de la Loire et membre du bureau politique desdits Républicains. Il opine que l'on ne doit pas mettre la Hongrie au ban de l'Union européenne.

Principaux attentats perpétrés à Alger par des membres du FLN et du parti communiste algérien en 1956 et 1957 :