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culture et histoire - Page 1416

  • La soupe (A moy que chault)

    Afin de répondre aux accusations de « critiquer sans connaître » (étrange concept qui voudrait qu’il fût nécessaire d’ingurgiter de la merde pour savoir qu’on n’en apprécie pas le goût..) et à l'occasion d’un week-end familial durant lequel la télévision est un refuge, je me suis donc infligé, en intégralité, plusieurs épisodes de « Game of Thrones ». Je n’aurais pas dû. Vraiment pas. Grave erreur, lourde en conséquences. Car, avant cette expérience traumatisante, je pouvais encore, dans le doute, n’en ayant aperçu que des bribes et me laissant partiellement influencer par divers commentaires, conserver quelques traces de respect et de considération pour les défenseurs et autres thuriféraires de cette série qui n’est pas seulement nullissime mais proprement atterrante. Ce n’est désormais plus possible. C’est fort regrettable, car ma vie sociale, déjà assez largement désastreuse, va encore en prendre un coup. Quoi qu’il en soit, j’ai envie de dire, pour mettre le débat au niveau de son objet : « Non mais allo quoi ? ». On en est vraiment arrivé là ? On est vraiment tombé si bas qu’il faille trouver des qualités et des « aspects positifs » à une merde pareille ? A cette espèce de sous-jeu vidéo pour ados hydrocéphales ? Acteurs issus d’un casting de publicité pour Ultrabright, dialogues indigents, scènes de cul soft pour émoustiller le puceau et le frustré, violence banale et racoleuse… « Game of Thrones » c’est la session de rattrapage pour les demi-débiles qui n’ont pas tout compris au Seigneur des Anneaux mais qui aiment bien quand même les bonnasses, les chevaliers et les dragons… 
     
    Le pire étant que des français et des européens puissent perdre du temps de vie à regarder ce pur produit de l’industrie hollywoodienne, cet objet archétypal de la société du divertissement globalisé (passe partout, convenu, exportable dans tous les pays du monde…) tout en ignorant 95% de leur propre patrimoine cinématographique mais en fantasmant sur de prétendues valeurs traditionnelles et identitaires véhiculées (malgré elle ! diront les plus hallucinés devins…) par cette série 100% américaine et casher. 
     
    HBO, David Benioff et D.B Weiss (les créateurs du chef d’œuvre), à la rescousse de l’identité européenne ! Merci à eux d’avoir si habilement réveillé notre plus longue mémoire trop longtemps assoupie ! 
     
    Si cette bouse hollywoodienne - formatée, simpliste, ripolinée, coruscante, hystérico-bruyante et démago … - a le moindre rapport avec l’imaginaire, l’esthétique, la sensibilité et la psychologie européennes, alors je préfère me faire naturaliser Bantou. 
     
    A ce compte là, « Le Retour du Jedi » est un magnifique prolongement de la chanson de geste, le couple R2D2/C3PO une remarquable transposition de Don Quichotte et Sancho Pansa, « Piège de cristal » une nouvelle lecture du mythe d’Hercule et « Kelly likes gang bang and says fuck off » une subtile évocation de l’éternel féminin européen et de son ancestrale liberté.
     

  • L’École des chartes : les gardiens de la mémoire française (Vidéo)

    L’École des chartes forme les archivistes-paléographes. Ce sont eux qui veillent sur les archives et les bibliothèques de France. L’École nationale des chartes, créée sous le règne de Louis XVIII par l’ordonnance du 22 février 1821, souffre de sa discrétion. Ils sont pourtant les gardiens de la mémoire française.

    À l’ombre des arbres de la place de la Sorbonne, sirotant des cafés aux terrasses des bistrots, rares sont les étudiants qui connaissent l’École des chartes. Pourtant, jusqu’en octobre dernier, elle se trouvait juste sous leurs yeux : au 19 rue de la Sorbonne. Voilà 117 ans que cette institution formait les plus brillants esprits au coeur même de la célèbre université du Quartier latin. Pour retrouver sa trace, il faut désormais changer de rive et prendre la direction de la rue de Richelieu. Les chartistes y ont investi un bâtiment plus moderne, à proximité immédiate de la Bibliothèque nationale de France.


    L'école des Chartes : la conservation du… par LePoint

     

    Méconnue du grand public, elle jouit cependant, à l’image de l’École normale supérieure ou de Polytechnique, du statut de grande école. Signe de sa qualité, elle peut se vanter d’un prestige important à l’étranger, où elle a été souvent imitée. Tous les ans, après deux années de classes préparatoires, plusieurs centaines de candidats tentent leur chance aux concours d’entrée… pour une vingtaine de places. Ces dernières sont réparties à travers deux formations : une plus classique et centrée sur l’histoire (le latin est obligatoire), dite filière A, et une autre proposant des matières plus diversifiées, dite filière B. [...]

    Le Point

    http://www.fdesouche.com/576185-lecole-des-chartes-les-gardiens-de-la-memoire-francaise-video

  • Volonté générale et intérêt national

    Il faut lire Renan, dont la pensée n'a été revolutionnaire qu'en matière religieuse selon Maurras.

    Le président des États-Unis n'a pas fait la nation, tandis que le roi a fait la nation. Le roi n'est pas une émanation de la nation ; le roi et la nation sont deux choses ; le roi est en dehors de la nation. La royauté est ainsi un fait divin pour ceux qui croient au surnaturel, un fait historique pour ceux qui n'y croient pas. La volonté actuelle de la nation, le plébiscite, même sérieusement pratiqué, ne suffit pas. L'essentiel n'est pas que telle volonté particulière de la majorité se fasse ; l'essentielle est que la raison générale de la nation triomphe. La majorité numérique peut vouloir l'injustice, l'immoralité ; elle peut vouloir détruire son histoire, et alors la souveraineté de la majorité numérique n'est plus que la pire des erreurs.

    C'est, en tout cas, l'erreur qui affaiblit le plus une nation. Une assemblée élue ne réforme pas. Donnez à la France un roi jeune, sérieux, austère dans ses moeurs ; qu'il règne cinquante ans, qu'il groupe autour de lui des hommes âpres au travail, fanatiques de leur oeuvre, et la France aura encore un siècle de gloire et de prospérité.

    La Réforme intellectuelle et morale

    Deuxième partie

    Ernest Renan dut aller chercher l'exemple d'un président outre-Atlantique. Joseph de Maistre a dit, rapporte Sisley Huddleston(1), que « la volonté générale est mieux comprise par le gouvernement qu'elle ne l'est par la nation, qui ne sait jamais ce qu'elle veut : c'est une tradition qui vit, qui parle, et qui sait vouloir ». Renan avait bien vu cela ; il avait compris le caractère précieux et exceptionnel du roi, qui, participant à l'action de ses ancêtres, se trouve être comme le père de la nation.

    À côté d'un bel éloge de la monarchie, ce texte comporte une véritable mise en cause de la légitimité démocratique : « La majorité numérique peut vouloir l'injustice, l'immoralité. » Nous avons des lois immorales en matière de moeurs, les stupides repentances de nos gouvernants cherchent à détruire l'histoire. Renan ne croit pas au caractère sacré de la loi du nombre.

    Il faut lire Renan. On connaît son expression célèbre sur le Code civil, « fait pour un citoyen idéal, naissant enfant trouvé et mourant célibataire ». Dans la préface des Questions contemporaines (1868) où l'on peut lire ces lignes, on trouve également l'expression « banqueroute de la Révolution ».

    Nous essaierons d'oublier les sept volumes de l'Histoire des origines du christianisme (1863-1881) pour penser au Renan de La Réforme intellectuelle et morale, des Questions contemporaines, de Qu'est-ce qu'une nation ? (conférence prononcée à la Sorbonne en 1882). Maurras a dit : « La pensée de Renan n'a été révolutionnaire qu'en matière religieuse. » (L'Action Française, 12 mars 1923)

     

    1 - Le Mythe de la liberté. Lyon, H. Lardanchet, 1943.GÉRARD BAUDIN L’ACTION FRANÇAISE 2000 n° 2762 – du 1er au 14 janvier 2009