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culture et histoire - Page 1523

  • "Dis-moi dix mots", ou la grande pitié de la langue française

    Jeanne Smits évoque l'opération nationale "Dis-moi dix mots", opération censée sensibiliser les foules aux beautés et subtilités de la langue française de par le monde. Mais il semble que les fameux "dix mots" choisis soient assez peu représentatifs de la richesse de la langue et la culture françaises. A chacun d'en juger.

    "Sous la rubrique « Actions éducatives en faveur de la langue française », le Bulletin officiel de l’Education nationale adresse aujourd'hui tous azimuts un appel à participer à l’opération nationale « Dis-moi dix mots ». Ecoliers et lycéens de tout poil, mais aussi les « jeunes placés dans les centres éducatifs fermés » et les « personnes scolarisées dans les établissements pénitentiaires » sont invités à participer à ce concours destiné à la « sensibilisation à la langue française ». Il s’agit de « produire » –collectivement, bien sûr, c’est en tant que classe que l’on participe – une œuvre littéraire ou artistique autour de dix mots choisis sous l’égide du ministère de la culture et de la communication.

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    Francophonie ? La question se pose…

    Le « concours des dix mots » et le « concours de l’imagier des dix mots » mobilise un monde inimaginable. Leur pilotage engage le ministère de la culture, mais pas seulement : il y a aussi celui de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, celui des affaires étrangères, l’Institut français et le ministère de l’agriculture. Et pour le choix des mots, la France, la Belgique, le Québec, la Suisse et l’Organisation internationale de la francophonie regroupant 77 Etats et gouvernements « dans le monde » (sic) ont travaillé dur.

    Jusque-là, tout va bien. Hormis le côté gadget.
    Oui, je peux employer ce mot anglophone dans cet article sur la langue française puisque le thème de l’année 2014-2015 est celui-ci : « Dis-moi dix mots… que tu accueilles. »
    Des « mots venus d’ailleurs, des mots voyageurs, empruntés à d’autres civilisations au gré de l’histoire des peuples »… C’est une « invitation au voyage » et davantage encore une invitation à l’ouverture des frontières. Bien sûr.
    Donc, pour la défense et illustration de la langue française version XXIe siècle, voici les mots gagnants :
    • amalgame  • bravo  • cibler  • grigri / gris-gris  • inuit(e)  • kermesse  • kitsch ou kitch  • sérendipité • wiki • zénitude.
    Si, si, la zénitude !
    Zenitude-28f78b

    On comprend qu’il ait fallu une telle débauche de recherche et de pourparlers.
    C’est ici que vous trouverez une présentation complète du concours, avec des liens vers le site qui dit vraiment tout. Et notamment la liste de l’année dernière :
    • ambiancer – à tire-larigot – charivari – s’enlivrer (non, il n’y a pas de faute) – faribole – hurluberlu – ouf – timbré – tohu-bohu – zigzag.
    La culture de mort, c’est aussi la mort de la culture…"
    Alors, bravo aux inuits du Salon beige, qui cibleront leurs grigri sur wiki en toute zénitude, afin d'offrir à leurs co-lecteurs une kermesse de phrases bienkitsch, en évitant bien entendu les amalgames, afin de promouvoir la langue française ! (Celui qui casera "sérendipité" à bon escient sera sélectiionné pour utiliser les "dix mots" de l'année dernière ...)

    Marie Bethanie

  • Je suis partout. Anthologie (1932-1944). Editions Auda Isarn (2012)

    Je suis Partout (JSP), le nom maudit... ou tout du moins mal connu. On a tous, en général, des idées sur ce qu'était ce fameux journal « collaborationniste » à la réputation sulfureuse; on a parfois lu quelques articles ici et là mais pas de quoi, je pense, se faire une idée très précise sur cette aventure de presse française à la sauce fasciste... La présente anthologie de textes parus sur 12 ans est donc une excellente introduction en la matière. En effet, le choix des articles reproduits ici diverge tant par les sujets que par les auteurs, ce qui permet d'obtenir un aperçu assez général de ce que fut JSP. 

    Le ton de nombre d'articles du présent recueil sera considéré comme radical voire violent. Oui, Je suis Partoutétait un journal de conviction où l'on ne mâchait pas ses mots et où l'on revendiquait haut et fort les étiquettes de fasciste, de nationaliste, d'antisémite ou d'anti-maçon. C'est l'époque. Tous les contributeurs de JSP n'avaient pas forcément les mêmes parcours ou idées sur tout, même si tous partageaient antisémitisme et anti-bolchevisme. En tout cas, les noms de Lucien Rebatet, Pierre-Antoine Cousteau, Robert Brasillach, Georges Blond ou encore Alain Laubreaux en disent suffisamment... En plus de nombre d'articles des précités, on trouvera dans cette anthologie énormément d'articles écrits par des collaborateurs occasionnels, dont certains de renom: Abel Bonnard (alors membre de l'Académie française) ou encore Pierre Drieu La Rochelle... C'est dire la qualité générale de tous ces papiers où l'on trouve une langue française riche, imagée et souvent savoureuse. Vous avez donc droit ici à environ 80 articles du journal, soit 650 pages pour la somme très raisonnable de 30 euros.  

    1932-1944. 12 années durant lesquelles JSP évoluera ; que cela soit politiquement ou au niveau de l'équipe de rédaction. On pourrait déjà distinguer les deux grandes périodes du journal: l'avant guerre et les années 1941-1944 (Et dans celles-ci, le tournant de 1943 qui voit le départ de Brasillach du journal; celui-ci devenant en plus en plus radical aux mains de Rebatet et de Cousteau). Pour un historique plus complet, le lecteur se reportera à l'émission consacrée par Méridien Zéro à JSP (Emission n°95).

    Je suis Partout était bien sûr avant tout un journal politique d'opinion, traitant de l'actualité nationale et internationale. Nationaliste français et maurrassien puis de plus en plus fasciste, voire national-socialiste en 1943-1944. Les ennemis sont tout désignés: la démocratie parlementaire, la république et ses serviteurs qui trahissent la France, toute la clique des ennemis intérieurs de la France -socialistes, communistes, antifascistes...-, les tièdes -bourgeois (pas au sens de classe sociale mais d'esprit bourgeois précise Rebatet) et réactionnaires-, les juifs etc. Avec la guerre, la liste s'allongera à différents "traîtres" tels les gaullistes ou ce "haut clergé oublieux, ingrat et infidèle au point de travailler pour l'étranger". Bref, JSP est "en guerre avec tout le monde" pour reprendre quelques mots de Philippe d'Hughes, préfacier de cette anthologie. Robert Brasillach fait quant à lui, en septembre 1942, la liste des "sept internationales contre la patrie": communiste, socialiste, juive, catholique, protestante, maçonnique et financière. L'éditeur, Auda Isarn, a eu d'ailleurs la bonne idée de reproduire plusieurs caricatures, notamment de Ralph Soupault, qui illustrent bien la manière dont on représentait tous ces ennemis... Parmi les textes les plus corrosifs, on trouvera évidemment ceux, extrêmement politiquement incorrects, du grand Rebatet (qui, pour certains d'entre eux, avaient déjà été édités il y a quelques années dans des recueils d'articles dont le tirage était resté assez limité). On mentionnera par exemple son fameux article de 1941 sur Marseille, "la vie la plus malhonnête de France" pour reprendre ses mots ou encore « Le fait juif » de 1944.

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    Ne réduire le journal qu'à cela serait toutefois stupide et cette anthologie permet justement à tout un chacun de se faire une réelle idée du contenu du célèbre hebdomadaire: à côté des textes politiques, se trouvaient des articles aux visées plus idéologiques mais également nombre de papiers culturels (allant des chroniques littéraires aux considérations historiques en passant par toutes sortes d'articles traitant qui de patrimoine, qui de tourisme).

    Autre grand attrait du journal: ses reportages ou l'évocation d'épisodes de la guerre par des témoins directs. Les "choses vues" sont de premier intérêt, on suit ainsi les journalistes de JSP en Allemagne (1936, à l'occasion du congrès de Nuremberg; en 1941; en 1943), dans l'Espagne en guerre (1938), à Katyn en 1943 etc. Le journal, durant la guerre, se soucia toujours grandement du sort des prisonniers français et on trouvera notamment dans ce volume un bel article de Robert Brasillach contant ses souvenirs de captivité. JSP était aussi célèbre pour ses rubriques sur le cinéma et la musique et les romans publiés en feuilletons (par René Barjavel ou d'autres). Cette formule politique/culture assura le grand succès du journal qui tirait ainsi plus de 300.000 exemplaires en 1944, à l'aube de la "libération".

    Si les articles des années 30 ont toute leur place (on y voit l’intérêt du journal pour les différents fascismes européens), ceux datant des années 1941-1944 me semblent de premier intérêt car on y voit l'évolution du regard porté sur les évènements de cette époque vécue alors à JSP comme charnière. On retrouve l'atmosphère d'alors qui est décrite par l'un des rédacteurs du journal, fin 1941, comme une "sorte de cataclysme historique" car on a "l'impression d'assister à l'écroulement de tout un monde de valeurs et d'habitudes, et de voir s'édifier peu à peu sous nos yeux une société nouvelle, de nouvelles façons de vivre et de sentir". Le IIIe Reich, continue-t-il, lutte "pour le bien et le salut de l'Europe, contre la bestialité bolchevique". L'Allemagne nouvelle? C'est, pour François Dauture, "un motif d'espérer et un enseignement exaltant". Rebatet, en 1943, dans un article titré L'espérance est fasciste déclare quand à lui: "Si c'est justement à sa trop grande latinité qu'a tenu la faiblesse du fascisme italien, eh bien! disons: "l'espérance est national-socialiste". A partir de 1943-1944, la situation paraissant de plus en plus difficile pour l'Allemagne et pour l'Europe tant espérée, le journal se veut jusqu'au boutiste et ne fait que renforcer sa virulence à tous égards, les textes de Lucien Rebatet en témoignant mieux que n'importe quel discours. Pour l'auteur des Décombres, le national-socialisme, c'est "la révolution juste, nécessaire, la seule qui puisse sauver l'Europe et lui rendre son équilibre".

    Et sur la situation de la France? Que trouve-t-on? La défaite de 1940 est une expérience amère mais la politique de collaboration avec l'Allemagne laisse entrevoir des lendemains bien plus radieux que ceux qu’incarnait la république déchue qui a amené la France au désastre. En 1941, Robert Brasillach souligne bien un accord de principe sur la Révolution Nationale. Cela n'empêche pas Je suis Partout de dire ce qu'il pense réellement de celle-ci et de critiquer la mollesse et tous les (nombreux) travers d'icelle. Le même Brasillach, en octobre 1941, déclare ainsi, un an après Montoire: "Montoire n'était pas seulement le symbole de cette réconciliation, pas seulement l'espérance de la prochaine liberté. C'était aussi le symbole que beaucoup de choses allaient changer en France et que la justice, en particulier, serait faite". Déçu par un an de politique française, il déclare encore: "nous voulons seulement espérer- notre espérance, c'est de voir préciser les directives de l'an passé". La déception de l'équipe de JSP sur la situation politique française ne fera que se renforcer, celle-ci se positionnant nettement pour un fascisme à la française qu’on ne retrouvait pas à Vichy. Fin 1943, Pierre-Antoine Cousteau profite ainsi de ses articles pour fustiger très violemment le régime de Vichy auquel est reproché de ne pas être fasciste et de n'avoir pas collaboré avec les réels fascistes français qui, eux, voulaient vraiment utiliser le pouvoir pour faire quelque chose de grand, de neuf. La Révolution Nationale a été faite, dit-il, par une clique d'anciens notables de la IIIe république et non pas par les authentiques fascistes français. Cela explique: "Tous les balbutiements. Tous les ratages. Toutes les extravagances. Toutes les trahisons.". D'ailleurs, pour Pierre-Antoine Cousteau, il n'y a pas que Vichy qui est en faute mais également les français qui ne savent pas ce qu'ils veulent et qui agissent comme un troupeau hébété qui n'a que faire de ceux qui ont tenté de l'éveiller, à l'image de Céline ou de Rebatet. Cependant, ajoute PAC, "Le reproche que l'on pourrait faire à Céline et à Rebatet, ce serait d'avoir surestimé la France, d'avoir trop fait confiance aux facultés de ce malheureux pays. Tout ce que nous voyons chaque jour -il suffit d'ouvrir les yeux- dépasse les peintures les plus sombres des deux visionnaires. (...) neuf français sur dix se comportent quotidiennement comme si de jure, ils avaient droit à l'étoile". Avec les articles de la dernière période de JSP (1943/1944) on comprend justement "en direct" que toute l'espérance qui avait été mise dans le rêve d'un nouveau monde était peu à peu mise à mal au regard de la guerre qui ne prenait pas la direction voulue (notons cependant qu'à l'image de Rebatet, plusieurs journalistes de JSP crurent en la victoire finale de l'Allemagne jusqu'à l'exil à Sigmaringen). L'amertume se mêle alors à la réaffirmation totale du journal en ses idéaux et ce, malgré toutes les difficultés du moment, chaque jour plus nombreuses (situation intérieure en France, menaces de mort sur les rédacteurs...). La fidélité à leur engagement fasciste était, pour les journalistes deJSP, une réalité à toute épreuve. Ils pouvaient affirmer effectivement en 1944: "Nous ne sommes pas des dégonflés".

    Rüdiger / C.N.C

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2012/07/05/chronique-de-livre-je-suis-partout-anthologie-1932-1944.html

  • Plaidoyer pour une Ecole catholique

    Edito d'Aymeric Pourbaix dans Famille chrétienne :

    "Au sein de la basilique Saint-Pierre à Rome, parmi les trente-neuf niches abritant des statues, une vingtaine – pas moins ! – représentent des saints qui se sont consacrés à l’éducation, dont saint Jean-Baptiste de La Salle parmi les plus connus.

    C’est dire combien l’éducation constitue un des joyaux de l’Église,comme instrument essentiel de transmission de la foi et de progrès humain. Trésor qui sera largement copié et accaparé, en France, par l’École de la IIIe République.

    Bien mal lui en a pris ! Plus de cent ans plus tard, l’École de la République semble souffrir d’un mal difficilement curable : son extrême difficulté à se réformer, quels que soient les gouvernements, au point de dégringoler dans les classements internationaux en matière de réussite scolaire, notamment parmi les plus pauvres.

    Et l’École catholique dans ce tableau (noir)? Elle aussi connaît des tiraillements sur son identité. Mais il lui reste un atout majeur pour reprendre le flambeau de notre culture, et retrouver ainsi une réelle fécondité : elle possède la clé de l’histoire de France, ce qui a été son ciment, à savoir la foi catholique. Car cette École en connaît la source, celui qui est l’Éducateur par excellence parce qu’Il est la Vérité : le Christ. Source qui a vu naître tant de dévouements admirables et de modèles chrétiens d’éducation, lesquels ont su transmettre le vrai, le bien et le beau à travers les générations.  

    Prenez un saint Jean Bosco, dont le bicentenaire a démarré cet été. Au XIXe siècle, sa mission fut d’arracher la jeunesse populaire des faubourgs de Turin à ses démons : l’ignorance, la pauvreté, le vice et l’ensauvagement. En lui apportant l’instruction, la doctrine, et la discipline qui arment pour la vie. Ce faisant, Don Bosco a aussi préparé une génération qui allait faire éclater la mainmise laïciste en vigueur en Italie à cette époque.

    Le parallèle avec la France est frappant. L’École catholique, qu’elle soit sous ou hors contrat, est la seule à pouvoir renouer le fil de cette transmission au plus grand nombre, et en finir ainsi avec le laïcisme « à la française ».

    Mais pour cela, comme le recommande le brillant mathématicien Laurent Lafforgue, il lui faut « embarquer dans son arche, pour les sauver du déluge, toutes les formes de la vie de l’esprit ». C’est-à-dire non seulement le savoir profane – les humanités –, mais aussi l’enseignement religieux, qu’il s’agit de rendre obligatoire. En augmentant le nombre d’heures par semaine consacrées à l’étude de la Bible, du contenu de la foi et de la tradition de l’Église, de son histoire et de son art. Non pour s’enfermer dans l’illusion d’un passé radieux, mais pour tirer de cet héritage des forces neuves exigées par l’état de notre société.

    C’est une chance historique. À elle de savoir la saisir."

    Louise Tudy

  • Il était à prévoir que tous les gros banquiers traversaient la crise « haut la main » en 1929

    Nous découvrons donc que la FED fut non seulement responsable de la Première Guerre Mondiale, rendue possible en permettant aux Etats-Unis de financer les Alliés, mais que sa politique provoqua la crise mondiale de 1929-1931. Le Gouverneur Adolp C. Miller, lors de l’Enquête Sénatoriale de 1931 sur le Conseil des Gouverneurs de la Réserve Fédérale, déclara : « Si nous n’avions eu aucun Système de la Réserve Fédérale, je ne pense pas, pour commencer, que nous aurions eu une situation spéculative aussi mauvaise que celle-ci. » 

         Carter Glass répliqua : « Vous avez clairement montré que le Conseil des Gouverneurs de la Réserve Fédérale a apporté une expansion formidable du crédit au moyen de ces transactions sur le marché ouvert. » 

         Suivit la déclaration d’Emmanuel Goldenweiser : « En 1928-1929, le Board fédéral s’était engagé dans une tentative de restreindre la croissance rapide des prêts de titres et de la spéculation boursière. Toutefois, la poursuite de cette politique de restriction fut interrompue par la réduction, en automne 1928 et en été 1929, des taux d’intérêts applicables aux bons du Trésor. » 

         Aussi bien J.P. Morgan que Kuhn, Loeb Co, avaient des « listes préférentielles » de personnes, auxquelles étaient envoyés des avis préalables sur des actions lucratives. Les personnes figurant sur ces listes préférentielles étaient autorisées à acheter ces actions à prix coûtant, c’est-à-dire de 2 à 15% moins cher qu’elles n’étaient vendues au public. Ces listes comprenaient des collègues banquiers, des industriels importants, des politiciens puissants de la City, des membres du Congrès des Partis Démocrate et Républicain siégeant dans les Commissions, ainsi que des dirigeants de pays étrangers. Ces personnes furent informées du krach à venir et vendirent toutes leurs actions, sauf celles qu’on appelait « en or », General Motors, DuPont, etc. Les cours de ces actions plongèrent, elles aussi, vers des records abyssaux, mais remontèrent très rapidement par la suite. 

         La façon dont les banques opéraient en 1929 est révélée par un article de la Newsweek du 30 mai 1936, lorsque Ralph W. Morrison, qui avait été nommé par Roosevelt, démissionna du Board de la Réserve Fédérale : 

    « L’opinion générale est que le Board de la Réserve Fédérale a perdu un homme de valeur. Celui-ci avait vendu ses actions des services publics du Texas à Insull pour dix millions de dollars puis, en 1929, il convoqua une réunion et ordonna à ses banques de liquider tous les prêts qu’elles avaient consentis sur leurs titres au plus tard le 1er septembre. En conséquence, ils ont traversé la crise haut la main. » 

         Il était à prévoir que tous les gros banquiers traversaient la crise « haut la main ». Ceux qui ont souffert étaient les travailleurs et les fermiers qui avaient investi leur argent à la Bourse pour s’enrichir rapidement, après que le président des Etats-Unis, Calvin Coolidge, et le secrétaire au Trésor, Andrew Mellon, les avaient persuadés de le faire.

    Eustace Mullins, Les secrets de la Réserve Fédérale

    http://www.oragesdacier.info/2014/08/il-etait-prevoir-que-tous-les-gros.html

  • CMRDS 2014 : Photos

    Retrouvez quelques photos du camp 2014 de l’AF qui reflètent à la fois la qualité de la formation et une ambiance exceptionnelle.

     

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  • La Minute Royaliste n°4 : Les Parlements au sein de la Décentralisation Royale

  • Cyber Guerilla – Hackers, pirates et guerres secrètes

    En moins de dix ans, le réseau internet est devenu accessible à tous. Les grandes puissances mondiales se préparent à la guerre sur Internet. Les services secrets recrutent des pirates informatiques. Ceux que l’on appelle les hackers vont être aux avant-postes de ces cyber conflits. Spams, escroqueries, attaques d’ordinateurs zombies, diffusion de virus destructeurs, autant de moyens pour faire fortune aux dépens des citoyens utilisateurs et des grandes corporations. La gradation du crime sur Internet est à l’image du média lui-même : une foire où la créativité individuelle ou collective prend des formes toujours plus étonnantes. Russie, USA, Estonie, Israël, cette enquête mène le téléspectateur sur les points chauds où les hackers et les gouvernements s’affrontent.

     

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Pour Rama Yade et Christiane Taubira, il y a esclavage et esclavage

    A quoi bon dénoncer l'esclavage si l'on exempte certains esclavagistes ?   

    L’ancienne secrétaire d’Etat Rama Yade vient d’exprimer selon Le Point sa « reconnaissance éternelle » envers Christiane Taubira pour sa loi qualifiant « l’esclavage » de crime contre l’humanité. Mais à quoi bon dénoncer l’esclavage si l’on exempte certains esclavagistes ? J’exprime quant à moi une éternelle reconnaissance à son compatriote sénégalais et anthropologue Tidiane N’Diaye pour avoir levé le voile sur la traite arabo-musulmane en ces termes : « Bien qu’il n’existe pas de degré dans l’horreur ni de monopole dans la cruauté, on peut soutenir que le commerce négrier et les expéditions guerrières provoquées par les arabo-musulmans furent, pour l’Afrique Noire tout au long des siècles, bien plus dévastateurs que la traite transatlantique » (Extrait de on ouvrage Le génocide voilé, cité dans le Nouvel Observateur 2010).

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  • Le totalitarisme intégral (III) : La théorie du complot ou la reductio ad erratum

    La troisième partie de notre chronique sur le totalitarisme intégral portera sur un aspect de l’argumentaire de masse – comprenez celui qui est servi tout prêt à la populace  –, l’un des traits fondateurs de la pensée unique. C’est une négligence intellectuelle aiguë érigée en principe rhétorique. La reductio ad erratum, nous l’appellerons ainsi, n’est rien de moins que l’anathème jeté sur celui qui remet en cause un fait généralement admis, émanant le plus souvent des organes officiels de l’État. C’est la solution tout terrain pour les suiveurs qui entendent rester embourbés dans un affligeant confort intellectuel.

    Voilà l’outil argumentaire le plus novateur des dernières décennies, qui trouverait aisément sa place dans «  l’art d’avoir toujours raison  », s’il n’était apparu quelques 140 ans après la rédaction de l’ouvrage, car il est le moyen de balayer d’un revers de main tous les doutes et tous ses adversaires en bafouillant cette simple assertion  : vous êtes complotiste.
    Pour comprendre les raisons d’un tel procédé, nous devons remarquer deux éléments importants : d’une part, les gens croient que l’État leur veut du bien, de telle façon qu’ils ne le remettent jamais en cause dans ses fondements. Ils sont comme viscéralement formatés, réduits à un état d’enfance perpétuelle, jusqu’à une mise sous tutelle complète, à l’image de l’enfant qui ne doute jamais de son père. À ce propos, nous ne saurions que trop redire, que les jeunesses républicaines n’apparaissent pas moins dangereuses que les jeunesses hitlériennes ou communistes, notamment parce que la république les surplombe toutes; D’autre part, ce moyen rhétorique est également la négation des différences jusqu’à un niveau factuel, on s’imagine que l’individu qui remet en cause la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 est le même que celui qui rejette la version officielle du Tribunal de Nuremberg, comme il est parfaitement correspondant à celui qui ne croit pas à la théorie de l’évolution, ou à celui qui estime que le mondialisme guide la mondialisation comme idéologie.

    La reductio ad erratum est donc l’amalgame intellectuel par excellence, la réduction de tous les doutes à un comportement psychologique maladif; quelques-uns ayant été jusqu’à théoriser et catégoriser celui qui doute de faits historiques ou scientifiques. On s’autorise par là, à prévenir tous les futurs sceptiques en limitant leurs raisonnements à un comportement naturel et prévisible sans aucun autre fondement que la peur, la paranoïa, le manque, le déséquilibre, le besoin de réenchantement, mais surtout, la haine. Il y a un côté aberrant à comparer des faits qui ne sont pas forcément comparables, la nature même de la vérité étant unique, qu’on nous dise en quoi les événements de la Seconde Guerre mondiale sont comparables à l’hypothèse d’un complot extraterrestre. Ni les arguments, ni les dossiers à étudier, ni les protagonistes ne sont les mêmes; pourtant, celui qui use de la reductio ad erratum prétend que c’est la même chose. De fait, on se rend vite compte que l’absurde est du côté des impertinents.

    Si le vrai est uniquement issu des officines gouvernementales, en faire un démenti revient pour ces personnes à de la folie pure, chez les plus endoctrinés on ne prend même plus la peine de lire ceux qui rejettent les différentes versions historiques officielles, car ils considèrent que ceux qui doutent y sont prédisposés, tant psychologiquement, que socialement ou intellectuellement; ainsi, matérialisant  le doute de leurs contradicteurs à l’aide de prérequis physiologiques, vont-ils jusqu’à condamner pour déviance, bannir sans procès et ridiculiser ceux qui osent s’opposer. Or cet interdit se présente comme la pierre angulaire du totalitarisme intégral. On remarque que les ouvrages qui émettent des arguments contraires à ceux des gouvernements sont souvent autorisés, et ceci nous inquiète plus que s’ils étaient interdits, car cela prouve que la mentalité générale est soumise et crétinisée, par un État républicain et un Empire sûr de lui-même, ne doutant plus de ses sujets, il les sait fidèles et imperméables à toute idée dissidente, du moins pour une écrasante majorité. Il est certain qu’une part importante de la population, en intériorisant l’erreur moderne, a atteint une autosuffisance anti-culturelle voir anti-civilisationnelle, tout en broyant les quelques comportements indisciplinés.

    Qu’on remarque bien en outre que les mots utilisés dans cette étude sont courants en sociologie. L’intériorisation est aussi l’un des mécanismes grâce auquel s’effectue la socialisation, qui est l’un des instruments de conservation de la République, car pour subsister elle doit se substituer à toutes les autres cultures, socialiser, mais surtout convertir, révélant par cela son caractère hautement évangélisateur.

    evolutionRappelons cependant que, dans nos états totalitaires, certaines situations sont très avancées en terme de privation de libertés; en France comme dans d’autres pays Européens, on peut ne pas croire en Dieu, mais l’on ne peut pas, ne pas croire en la Shoah, une folie qu’un grand nombre d’historiens juifs n’ont pas manqué de dénoncer, arguant que ce n’était aucunement un moyen de lutter contre le révisionnisme historique. On peut dire au contraire que cela démontre que le système a des fondements intouchables, et qu’il dévoile sans complexe ses cartes, avouant son absolutisme, conforté par un hébétement généralisé.

    La loi se prononce ainsi sur les avis de chacun au motif qu’ils choqueraient certaines personnes, ou qu’ils nuiraient à d’autres, car elle doit invoquer de bonnes raisons pour s’attaquer à la liberté des individus. En règle générale, l’idéologie dominante s’appuie sur l’aspect le plus imprégné dans la société moderne  : le sentimentalisme, ce pathos, étant certainement le sentiment le plus méprisable qu’il fût donné de ressentir à l’espèce humaine, voilant une des clefs de la déviation moderne. 

    Par ailleurs, le totalitarisme ne se fonde pas uniquement sur l’aspect législatif, il effectue une marginalisation de celui qui doute, par le contrôle social,  bien plus efficace. Après 30 ans de propagande éducative, vous pourriez faire intégrer n’importe quoi à n’importe qui, et pour de nombreuses générations. Pensez aux milliers d’associations gauchiardes qui grenouillent d’école en école avec vos impôts pour aller prêcher leur monde nouveau, pensez aux heures durant lesquelles vos enfants sont exposés à l’ignominie de l’éducation républicaine; de fait, la pression sociale que subissent les individus présentés comme déviants est extrême. Nous ne doutons pas au surplus, que nos lecteurs en aient fait le douloureux apprentissage, et qu’ils soient condamnés à le faire tout au long de leurs vies. Plusieurs expériences qu’on analysera dans nos prochains billets montrent à ce sujet, l’importance du suivisme dans nos sociétés contemporaines; Solomon Asch sut très bien mettre en évidence ce phénomène, en montrant que 33  % des individus étaient capables de se conformer à l’opinion du groupe malgré le caractère ostensible de l’erreur de ce dernier; intervient dans ce processus un certain nombre de mécanismes parmi ceux que l’on étudie présentement.

    Rappelons enfin, puisque l’on aborde la propagande éducative – terme pléonastique s’il en est  –, que l’éducation de masse est avant tout le contrôle des masses. Lorsque l’on éduque son chien, son bien-être est secondaire, c’est le nôtre qui prime et l’usage que l’on entend de l’animal; dès lors, celui qui penserait que le peuple revêt pour l’oligarchie quelques différences d’avec une meute de chiens dociles serait en proie à une grande méprise. Dans ce domaine, la meilleure façon d’éduquer les masses est sans conteste la télévision, car elle porte en elle de nombreuses qualités  : elle est rentable, elle docilise, abêtit, et détourne l’attention, allant même jusqu’à organiser une forme d’hypnose collective. De notre point de vue, une société ayant mis en place des normes et des valeurs, et les défendant au moyen d’arguments totalement aberrants, est une société basée sur des fantasmes. Celle-ci, outrepassant toute logique, apparaît alors fondamentalement nécrosée.


    Nous n’entendons pas cependant nous laisser aller à la défense de toutes formes de révisionnisme, car il faut bien admettre qu’il peut être difficile à contenir, en ce que sur n’importe quel sujet nous pouvons toujours argumenter, comme nous le montre l’exemple hypercritique du récentisme qui va jusqu’à arguer que le Moyen Âge est une invention des historiens anciens. Nous ne pouvons à ce sujet, que conseiller la lecture de l’article de monsieur Mallet, « Pour en finir avec le récentisme », qui démonte en partie cette gangreneuse dérive de la dissidence. Notons à ce sujet que l’hyper-critiscisme est un phénomène spécifiquement moderne, c’est une branche du rationalisme participant à la confusion des esprits et à l’égarement. Tout ceci s’avère d’ailleurs d’une grande utilité pour le système puisqu’il perd les individus dans un dédale interminable, ralliant les contestataires à un solipsisme continuel et auto-entretenu par une réinformation mortifère.

    Comme nous parlions précédemment des apprentis sorciers qui étudient les comportements «  complotistes  » (sic), Pierre-André Taguieff nous a gratifié à ce titre, de l’identification de quatre grands principes de base des croyances conspirationnistes, à savoir que « rien n’arrive par accident; tout ce qui arrive est le résultat d’intentions ou de volontés cachées; rien n’est tel qu’il paraît être; tout est lié, mais de façon occulte. » Sans trop relever l’idée sous-jacente de ces assertions, incitant le lecteur à voir chez lesdits « conspirationnistes » une paranoïa aiguë, on peut simplement relever le ridicule de ce genre d’analyse en inversant ces allégations. Que diriez-vous alors, si l’on vous racontait naïvement que «  tout arrive par accident; rien de ce qui arrive n’est le résultat d’intentions ou de volontés cachées; tout est tel qu’il paraît l’être; rien n’est lié…  » nous ajouterions bien un petit «  dormez tranquilles  », qui viendrait compléter le tout, si l’on n’avait pas compris, dès le premier mot, que ce genre de catégorisation est inepte.

    Tel que nous le disions, le simple fait de généraliser un comportement à de multiples études n’ayant souvent que peu de rapport entre elles est un sophisme. Des phénomènes se produisent, c’est factuel, des intérêts sont servis c’est évident, beaucoup agissent mal, mais de bonne foi, cependant, l’idée de savoir si ces personnes en sont conscientes est sans importance, certains le sont, la plupart ne le sont pas. « Il n’y a pas de complot, il y a une discrétion de la part des gens qui nous mènent », dixit Pierre Hillard. Faut-il être politologue pour le conclure? Il est navrant qu’on fasse intervenir des psychologues dans des affaires qui relèvent des compétences scientifiques, historiques, ou sociologiques.

    Afin de conclure sur cet aspect du Totalitarisme intégral, nous rendrons compte d’un extrait de l’œuvre de Pierre Bayle, un précurseur des «  lumières  » avec lequel nous ne partageons presque rien sur pratiquement tous les sujets, si ce n’est celui qui va suivre. S’il nous est permis d’ailleurs d’éclairer le lecteur sur notre choix de partager ce texte, c’est parce que monsieur Bayle est comme le maître à penser de la déviation occidentale. Il est d’ailleurs étonnant qu’il ait échappé à la plume affûtée de René Guénon, ou bien celle encore de Julius Evola et d’autres référents contemporains de la philosophia perennis, parce qu’en réalité son logiciel est bien plus pervers encore que celui de Descartes, et son influence a été d’une importance capitale sur les «  lumières  », bien qu’en réalité l’impact de ces derniers n’était que fortuit. À dire vrai, l’œuvre en question ne doit son prestige qu’à la médiocrité de ses contradicteurs, elle tricote ainsi un tissu de mensonge et d’incohérence gigantesque, d’ignorance souvent mêlée de vues personnelles qu’il serait bon un jour de découdre en totalité. Un tel exercice ne serait pas alors inutile, car il énonce dans ses Pensées diverses sur la comète bien plus que de simples balbutiements de la pensée moderne– elle y est même plutôt développée. Pour autant, si les modernes pouvaient voir que même leurs pairs avaient, en leurs temps, fustigé les méthodes qu’ils appliquent aujourd’hui, non sans une certaine verve du reste, ils pourraient entrevoir l’inanité de leurs orientations ou plutôt, si nous voulons être exacts, de leurs désorientations.

    Ce texte de Bayle fut plus tard repris parSchoppenhauer dans son Art d’avoir toujours raison. Ce dernier traduisit le passage avec quelques libertés, sans en détourner le sens originel, mais en l’arrangeant pour lui donner une portée universelle. Cependant Bayle, en bon moderne, s’essuyait plus les pieds sur la méthode traditionnelle –  qui se passe de remise en question, de débats et autres fioritures pseudo-intellectuelles – qu’il n’en dénonça l’inertie occidentale actuelle. Le titre de ce passage, intitulé « De l’Autorité de la tradition », dans lequel est dénoncée la transmission traditionnelle du savoir, nous éclaire sur les vues de Bayle. Tandis qu’on utilisera ce texte, pour dénoncer l’argument d’autorité cher aux universitaires, mais propre à la société dans son ensemble qui tendent à se démarquer par l’inexistence de toute forme de remise en question de leurs aînés, en une sorte de filiation nommée « écoles de pensées ». Nous ne parlerons pas de Tradition avec un grand T, car elle est toute autre chose que le simple fait de transmettre, c’est la connaissance divine « L’alpha et l’oméga » de notre monde.

    Ainsi, répondant de la fausseté que les comètes seraient annonciatrices de malheur, en s’attaquant aux arguments d’autorités –  éléments à l’appui duquel s’effectue la réductio ad erratum  – Bayle, et plus encore Schoppenhauer, car c’est à lui qu’on doit cette version, dénoue comme il se doit le nœud bien grossier des patriarches du mensonge présent.

    «  Ce que l’on appelle l’opinion commune est, à y bien regarder, l’opinion de deux ou trois personnes; et nous pourrions nous en convaincre si seulement nous observions comment naît une telle opinion. Nous verrions alors que ce sont d’abord deux ou trois personnes qui l’ont admise ou avancée et affirmée, et qu’on a eu la bienveillance de croire qu’elles l’avaient examinée à fond; préjugeant de la compétence suffisante de celles-ci, quelques autres se sont mises également à adopter cette opinion; à leur tour, un grand nombre de personnes se sont fiées à ces dernières, leur paresse les incitant à croire d’emblée les choses plutôt que de se donner le mal de les examiner. Ainsi s’est accru, de jour en jour, le nombre de ces adeptes paresseux et crédules; car une fois que l’opinion eut pour elle un bon nombre de voix, les suivants ont pensé qu’elle n’avait pu les obtenir que grâce à la justesse de ses fondements. Les autres furent alors contraints de reconnaître ce qui était communément admis pour ne pas être considéré comme des esprits inquiets s’insurgeant contre des opinions universellement admises, et comme des impertinents se croyant plus malins que tout le monde. Adhérer devint alors un devoir. Désormais, le petit nombre de ceux qui sont capables de juger est obligé de se taire; et ceux qui ont le droit de parler sont ceux qui sont absolument incapables de se forger une opinion et un jugement à eux, et qui ne sont donc que l’écho des opinions d’autrui. Ils en sont cependant des défenseurs d’autant plus ardents et plus intolérants.  Car ce qu’ils détestent chez celui qui pense autrement, ce n’est pas tant l’opinion différente qu’il prône que l’outrecuidance qu’il a à vouloir juger par soi-même –  ce qu’ils ne font bien sûr jamais eux-mêmes, et dont ils ont conscience dans leur for intérieur.

        Bref, très peu de gens savent réfléchir, mais tous veulent avoir des opinions; que leur reste-t-il d’autre que de les adopter telles que les autres les leur proposent au lieu de se les forger eux-mêmes?

        Puisqu’il en est ainsi, que vaut l’opinion de cent millions d’hommes?

        Autant que, par exemple, un fait historique attesté par cent historiens quand on prouve ensuite qu’ils ont tous copié les uns sur les autres et qu’il apparaît ainsi que tout repose sur les dires d’une seule personne.  »

    (Extrait de Pensées diverses sur la comète, Pierre Bayle, vol., p.  10 , 1683)

    Jérôme Carbriand

    http://www.lebreviairedespatriotes.fr/20/08/2014/politique/le-totalitarisme-integral-iii-la-theorie-du-complot-ou-la-reductio-ad-erratum/