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culture et histoire - Page 1757

  • L’extraordinaire bataille des Helvètes contre César

    Causerie prononcée par le lieutenant-colonel Mourey le samedi 30 janvier 1993 devant les membres de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Chalon-sur-Saône. Cette causerie est dédiée à la mémoire des 368 000 Helvètes qui se sacrifièrent au pied de la colline de Sanvignes, pour une certaine idée de la Gaule (extraits).

    Mesdames et Messieurs,

    ... Je suis, devant vous, dans une vieille ville de la vieille Europe, dans une Bourgogne qui faisait rayonner sa pensée sur le monde, autrefois. Et je viens vous parler du passé. Je viens vous parler de ces Éduens qui furent nos ancêtres...

    ... Au début, je ne pensais pas écrire… seulement une courte notice historique sur le château de Taisey... Comme je m'intéressais aux comtes de Chalon et à l'énigmatique comtesse Béatrice, j'ai étudié d'assez près leur forteresse de Mont-St-Vincent. C'était leur repaire et leur refuge. Les bases cyclopéennes des murailles, le mystère qui planait sur ses noms antérieurs, tout cela m'intriguait beaucoup. En outre, je me rendais bien compte des avantages tactiques et stratégiques de la position... J'ai retraduit les Commentaires que Jules César a écrits sur la guerre des Gaules vers l'an 52 avant J.C. et j'en suis arrivé à la conclusion formelle que Bibracte, capitale de notre pays éduen, n'était pas au Mont-Beuvray, mais au Mont-St-Vincent...

    ...La bataille d'Alésia, telle que je l'ai reconstituée, les champs de bataille que j'ai découverts, les théories bien assises que j'ébranle, les horizons fabuleux que j'ouvre, tout cela, on ne veut pas le voir ni en parler. On ne prend en considération que ma contestation de Bibracte au Mont-Beuvray...

    ...Mesdames et messieurs, je vous invite à grimper avec moi par la pensée, jusque sur le sommet de la colline de Sanvignes. Dans la plaine de Montceau, dans ce couloir de la Dheune au relief peu accentué, la colline de Sanvignes se dresse un peu comme un cône, magnifique poste d'observation. 

    Du haut de cette hauteur, portons notre regard en direction de la Suisse. 368 000 Helvètes avaient quitté leur patrie pour émigrer. Avec leurs très nombreux chariots, ils se dirigeaient vers le pays des Eduens.

    Ils s'arrêtèrent au pied d'un mont. Stoffel et Jullian ont pensé à la colline de Sanvignes. Et comme par hasard, ils sont tombés juste. 

    C'est ici, à Sanvignes, qu'il faut bien comprendre le déplacement de la migration. Il est absurde de croire que les Helvètes aient coupé au plus court à travers les monts du Chalonnais. Il est évident qu'ils ont remonté la vallée de la Saône, puis celle de la Dheune. Ils progressaient par des étapes d'environ 15 km, d'un point de ravitaillement à un autre, d'un oppidum éduen à un autre oppidum éduen, d'une station à une autre station. Migrants pacifiques, ils bivouaquaient au pied de ces oppidum et achetaient leur ravitaillement aux Eduens qui s'y trouvaient. Chaque journée de marche était certainement suivie d'une journée de repos.

    Les Helvètes au pied de l'oppidum de Sanvignes, c'est bon, c'est logique.

    Quant à César, il faut bien comprendre qu'il poursuivait les Helvètes en se déplaçant de position défensive en position défensive.

    César sur le point fort de l'oppidum de Gourdon, c'est bon, c'est logique. Entre Sanvignes et Gourdon, il y a 11 km 800. Entre les camps helvètes et les camps romains, César écrit dans ses Commentaires qu'il y avait une distance de 11 km 800 : il y a concordance. Bref, il ne peut y avoir aucun doute sur ce point : lors de leur avant-dernier camp avant la bataille, les Helvètes se trouvaient à Sanvignes, César se trouvait à Gourdon.

    Le Commandant Stoffel voit ensuite les Helvètes se diriger vers l'Arroux. Il a raison. La direction de marche des Helvètes n'a pas changé. Mais c'est à l'Arroux que sa théorie devient complètement incohérente. Normalement, il aurait dû arrêter les Helvètes au pied de la hauteur de Toulon-sur-Arroux, comme il les avaient fait s'arrêter auparavant au pied de la hauteur de Sanvignes. Une distance d'environ 15 km sépare ces deux points. C'est une étape normale et maximum pour des femmes et des enfants qui marchent à pied. On sait que les légionnaires romains pouvaient faire des étapes de 30 km ; aujourd'hui, nos soldats entraînés font la même chose. Mais dans leurs premiers mois d'instruction, nos recrues du Service des essences ne faisaient pas plus de 20 km à la fois. 15 km avec des femmes et des enfants, c'est un maximum...

    Première erreur de la thèse Stoffel : il fait franchir l'Arroux aux Helvètes... On dirait qu'il ne se rappelle plus les problèmes que le défilé du Jura avait posés aux Helvètes : un seul chariot pouvait à peine passer. Il ne se souvient plus de leur désastre quand ils ont franchi la Saône. Il a oublié la lenteur de leur progression de la Saône à Sanvignes. Dans son désir de prouver, face à ses détracteurs d'Autun, que Bibracte est au Mont-Beuvray, Stoffel franchit l'Arroux. Il s'engage dans une région sauvage et montagneuse. Il s'en va, tout seul, sur les mauvais chemins qui mènent à Montmort...

    ...Quatrième erreur de la thèse Stoffel... dans sa théorie, tous ces chariots auraient fait un demi-tour en marchant tout en obliquant pour se rendre au mont Beuvray, c'est impossible... il fallait comprendre que : les Helvètes, le plan de mouvement ayant été modifié en conseil (commutato consilio), décidèrent (durant la nuit évidemment) d'inverser leur cheminement (itinere converso). Il s'ensuit donc que les Helvètes n'ont pas fait un demi-tour absurde en marchant et qu'ils n'ont pas livré bataille contre César dans les montagnes de Montmort. C'est au départ de leur camp de Toulon-sur-Arroux, qu'ils sont revenus vers l'est, alors que la veille, il marchait en direction de l'ouest...

    ...Les Helvètes n'ont pas franchi la rivière. Venant de Sanvignes, et après avoir parcouru une distance raisonnable de 15 km, ils se sont arrêtés au pied de l'oppidum de Toulon-sur-Arroux, de la même façon qu'ils s'étaient arrêtés au pied de l'oppidum de Sanvignes. César est à 4 km 400 du camp helvète...

    ...Lorsque César écrit dans ses Commentaires qu'il voulait se rendre à Bibracte qui ne se trouvait pas à plus de 27 km de sa position, il fallait comprendre, mesdames et messieurs, à 27 km du Mont-St-Vincent et non à 27 km du Mont-Beuvray. 

    Ce n'est donc pas en allant de Toulon-sur-Arroux vers le Mont-Beuvray qu'il faut rechercher le champ de bataille des Helvètes, c'est en allant de Toulon-sur-Arroux vers le Mont-St-Vincent. Ce champ de bataille, il se trouve au pied de la colline de Sanvignes. Le terrain s'accorde parfaitement avec le texte des Commentaires.

     

    Ce champ de bataille de Sanvignes a été le théâtre de deux actions de combat.

    Première action de combat : un coup de main manqué que César a tenté sur les camps des Helvètes, le matin de leur départ de Sanvignes vers Toulon-sur-Arroux — itinéraire aller.

    Deuxième action de combat : cette fameuse bataille entre les Helvètes et les Romains lorsque quittant l'Arroux et Toulon-sur-Arroux, les deux armées revinrent sur leurs pas — itinéraire retour... 

    Voici ci-dessus le dispositif de César pour le coup de main manqué. Voici les noms de baptême qu'il a donnés au terrain... 

    Voici ci-dessous le dispositif de César pour la bataille. Voici les noms de baptême qu'il a donnés au terrain. Ce sont les mêmes. Mons, c'est la colline de Sanvignes, proximus collis, c'est le mont Maillot.

    Il y a concordance. Comme c'est écrit dans les Commentaires — itinere converso, le cheminement ayant été inversé — César et les Helvètes sont revenus sur leurs pas. Ils ont fait demi-tour, Ils tournaient le dos au Mont-Beuvray. Ils marchaient en direction du Mont-St-Vincent… Bibracte.

    Après avoir réétudiée, une fois de plus, cette fameuse bataille pour les besoins de cette causerie, je me demande si César a vraiment gagné sur le plan militaire comme il le dit

    J'ai expliqué dans mon ouvrage l'habile manœuvre de César, la nasse dans laquelle il espérait écraser les Helvètes, en les rejettant dans les fonds et en les prenant en tenaille (croquis ci-dessous). 

    J'ai expliqué la non moins habile manœuvre des Helvètes qui ont balayé sans difficulté les légions du mont de Sanvignes en les prenant par derrière et en s'y installant. Dans une position défavorable, dominées par ceux qu'elles poursuivaient, violemment attaquées sur leur flanc gauche, les lignes de bataille romaines se trouvaient dans une position particulièrement critique. (croquis ci-dessous). 

    Pris à partie sur deux fronts et peut-être plus, presque totalement encerclé dans un fond de terrain et alors que la nuit tombait, j'affirme que César était perdu et qu'il n'a trouvé son salut que par un coup de génie. 

    Ce coup de génie, c'était une action/coup de poing. Perdu pour perdu, il a lancé sa deuxième ligne de bataille à l'assaut des femmes et des enfants qui se trouvaient en attente avec leurs chariots à Dornand. 

     

    En entendant les cris de leurs femmes et de leurs enfants que les Romains égorgeaient, les Helvètes cessèrent le combat. Ils n'avaient failli ni à l'honneur, ni à la gloire.

    Au premier chapitre des manuels scolaires suisses, figure la bataille des Helvètes. Je dédie cette causerie à leur mémoire.

    (1993, cela va faire bientôt vingt ans.) Emile Mourey (son site)

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-extraordinaire-bataille-des-125313

    Pour une explication plus détaillée :

    http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

    http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

    http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

  • Albert Camus et le refus du terrorisme [MàJ]

    Jean Monneret, historien, spécialiste reconnu de la guerre d’Algérie, a décidé, lui aussi, d’apporter sa pierre à l’année Albert Camus en proposant un Camus et le terrorisme qui fait le point sur la position mesurée du philosophe-résistant sur le drame algérien, drame qui le touchait au plus profond de lui-même, puisqu’il appartenait de toutes ces fibres à cette terre qui l’avait vu naître, le 7 novembre 1913, dans le Constantinois.

    - Jean Monneret, Camus et le terrorisme, Michalon Editeur, 2013, 190 pages, 16 euros.
    - EN VENTE À LA LIBRAIRIE DE FLORE

    Albert Camus, penseur grec ? Oui, si on comprend que son refus de la violence pour la violence, c’est-à-dire des « noces sanglantes du terrorisme et de la répression » n’était pas le signe, chez lui, d’une quelconque tiédeur, mais d’un rejet de ce que les Grecs nommaient l’hybris, cette démesure dans la prétention ou, en l’occurrence, dans la haine qui conduit l’homme à sa perte. Du coup, cet ancien membre éphémère du Parti communiste et vrai résistant — contrairement à Sartre, adepte de la « violence confortable » —, qui avait, très tôt, milité pour une émancipation, sans indépendance, de la population algérienne arabo-kabyle, fut, en raison de sa demande, qui échoua, en janvier 1956, d’une trêve civile à Alger, un traître aux yeux d’une gauche anticolonialiste par idéologie qui cautionnait, Sartre en tête, « le plus grave mensonge de la rébellion : la prétendue unanimité du peuple algérien à la soutenir ». Mais, traître, il le fut également aux yeux de ceux des pieds-noirs qui n’avaient pas compris la nécessité d’une évolution de leurs rapports avec la population musulmane.

    Avec une mesure — toute grecque, elle aussi —, que nous avions déjà signalée, notamment dans sa Tragédie dissimulée (sur le massacre d’Oran du 5 juillet 1962), Jean Monneret, lui-même pied-noir, s’efforce de restituer toutes ses nuances à la lutte d’un homme qui avait retenu d’un père à peine connu cette leçon qu’on lui avait transmise : « Un homme ça s’empêche », qui ne fait que traduire celle de Thucydide selon laquelle il y a des choses qui ne se font pas. On connaît son refus du refus de toute morale en politique. Le théâtre en porte la marque (Les Justes). Et L’Homme révolté, publié en 1951, où Camus montre « qu’il n’y a pas de violence émancipatrice », sous peine de voir la révolte légitime sombrer dans l’autodestruction, annonce la rupture avec Sartre, l’année suivante. L’Homme révolté où figure encore cette dénonciation du meurtre de Louis XVI : « C’est un répugnant scandale d’avoir présenté comme un grand moment de notre Histoire l’assassinat public d’un homme faible et bon », Camus établissant une filiation de la terreur de 1793 à celle du bolchevisme. Jean Monneret rétablit aussi la véritable portée de cette phrase que Camus prononça à Stockholm en décembre 1957, où il était venu recevoir le prix Nobel de littérature, et qui allait faire le tour du monde, mais tronquée : « Je crois à la justice, mais je préfère ma mère à la justice ». Il a dit « quelque chose de plus précis et de plus fort : “A l’heure où nous parlons, on jette des bombes dans les tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans l’un de ces tramways. Si c’est cela la justice, je préfère ma mère” ». Ce qui n’a pas du tout le même sens. En clair, contrairement à ce que proclamaient des intellectuels complices, ceux que Boutang dans le Terreur en question appellera l’année suivante « les moralistes de sac et de corde », loin d’en avoir le monopole, le FLN, organisation terroriste, souillait toute idée de justice.

    C’est pourquoi il ne signera pas en 1960 le manifeste des 121 (intellectuels) soutenant la désertion (appelée « insoumission »), car il refusait de cautionner la lutte du FLN, comme d’approuver l’instrumentalisation du refus de la torture — qu’il dénonce effectivement — au profit d’un camp qui la pratiquait lui-même abondamment. Tout simplement, il refusait le simplisme d’une opposition entre Européens chrétiens et Arabes musulmans qui n’était pas celle que les militants armés de l’indépendance algérienne voulaient faire croire, car « il ne savait que trop qu’un des plateaux de la balance contenait les Pieds-Noirs et nombre de musulmans fidèles, immolés d’avance à l’ordre nouveau. » D’où le terrorisme, à la fois contre ces musulmans fidèles et contre les Français d’Algérie, ce « peuple de trop ».

    Contre toutes les idéologies totalitaires, qui cherchent à instaurer un homme nouveau pour un nouvel enfer terrestre, Camus rappelle dans L’Homme révolté que « la révolte, elle, ne vise qu’au relatif et ne peut promettre qu’une dignité assortie d’une justice relative. »

    Axel Tisserand - L’AF 2871

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Albert-Camus-et-le-refus-du

  • Une démocratie qui doit la vie à un roi

    Au matin du 21 janvier 1993, les Parisiens étaient venus par milliers place de la Concorde commémorer dans la dignité et la prière le deuxième centenaire du meurtre du roi Louis XVI. Parmi eux, fendant la foule, l’’ambassadeur des États-Unis venait déposer un coussin de fleurs de lys sur le lieu où les révolutionnaires avaient jadis planté la guillotine ; il rendait ainsi hommage à celui sans qui les États-Unis d’’Amérique n’’auraient peut-être jamais dépassé le stade d’’un joli rêve.
    Une leçon donnée aux Anglais
    Dès son avènement en 1774, le petit-fils de Louis XV brûlait de venger la France du funeste traité de Paris (1763) par lequel, entre autres, le Canada avait été cédé aux Anglais. Mais il fallait à tout prix éviter la guerre sur le continent européen déjà épuisé par trop de conflits armés. Or l’’opinion publique en France, surtout dans la jeune noblesse, commençait à s’’enfiévrer pour les colons d’’Amérique, lesquels, refusant de payer les trop lourdes taxes réclamées par leur mère-patrie l’’Angleterre, étaient entrés en rébellion. Or voici que, le 4 juillet 1776, ces derniers poussaient l’’audace jusqu’’à proclamer la déclaration d’’Indépendance américaine ! Les soutenir pouvait être pour la France l’’occasion d’’arracher à la « “perfide Albion » sa suprématie sur les mers...
    Dans les salons, les cafés, les cercles “philosophiques”, les loges maçonniques, on ne jurait plus que par les « “Insurgents »” américains ; le mythe rousseauiste du “ « bon sauvage » aidant, on se mit à dénoncer l’’Angleterre pourrie de richesses et de vices... En décembre 1776 débarquait à Nantes sur une frégate américaine l’’inventeur du paratonnerre, Benjamin Franklin. Porté en triomphe jusqu’’à Paris, le beau patriarche eut vite fait de conquérir la jeunesse, les milieux financiers, les clubs, la loge des Neuf sœœufs et, dit-on, les dames... Les “vocations” germaient : en 1777, n’’y tenant plus, le jeune marquis de La Fayette partit tenter la gloire à Philadelphie, siège du gouvernement de la colonie ; incorporé dans l’’armée rebelle il devint major général, puis George Washington lui demanda de retourner en France pour convaincre Louis XVI d’’envoyer un corps expéditionnaire au secours de ces révoltés bien incapables par eux-mêmes de sortir de l’’improvisation.
    Le roi ne prit pas spontanément sa décision. Peut-être considérait-il que seize ans plus tôt ceux qui étaient devenus les “Insurgents” avaient participé à l’’invasion de Canada... Peut-être craignait-il que l’’esprit d’’indépendance contaminât les cervelles légères des troupes qui n’’étaient que trop portées à l’’insubordination... Peut-être aussi s’’inquiétait-il de la situation financière du royaume, plus que délicate... Mais pourtant les efforts de modernisation de la marine française, voulus par le ministre Vergennes et par le roi lui-même, permettaient tous les espoirs. Et puis la France pouvait compter sur le soutien ou au moins la neutralité, de la Hollande et de l’’Espagne… Voilà donc signé, dès le 6 février 1778, entre Louis XVI et Franklin un traité d’’amitié et d’’alliance : de l’’aide plus ou moins clandestine (dont profitait Beaumarchais...), on passait à l’’engagement officiel du côté des révoltés.
    Le roi l’’a voulu
    Au cours de cette guerre, la France ne connut pas que des victoires ; longtemps même la situation fut incertaine, en dépit des audaces de l’’amiral d’’Estaing. Le marquis de Castries, nouveau ministre de la Marine, envoya De Grasse aux Antilles et Suffren aux Indes afin de harceler les Anglais dans leurs possessions à travers le monde. Enfin, en 1780, arriva en Virginie Rochambeau à la tête de 6 000 hommes : lui et Washington réussirent à encercler et à faire capituler le général britannique Cornwallis à Yorktown, le 17 octobre 1781. Ce jour-là l’’Angleterre perdit définitivement l’’Amérique.
    Si les États-Unis entrèrent dans l’’Histoire, ils le doivent donc essentiellement à Louis XVI, et non aux Américains eux-mêmes, lesquels, voyant arriver les troupes françaises, se dépêchèrent, dit Bernard Fay (1) de regagner leurs foyers, leurs terres et leurs commerces... Seul Washington avait la stature et la mentalité d’’un soldat : c’’est autour de lui que les jeunes nobles français illustrèrent avec bravoure ‘l’idéal chevaleresque. Ce fut assurément la dernière guerre de gentilshommes que l’’on vit dans le monde.
    Action désintéressée
    Quel profit en retira la France ? Si l’’on s’en tient aux termes du traité signé à Versailles le 3 septembre 1783, il n’’y avait pas de quoi jubiler : nous récupérions le Sénégal, Tobago, Saint-Pierre-et-Miquelon, nous gagnions le droit de fortifier Dunkerque et les comptoirs de l’’Inde, et l’’Espagne reprenait la Floride. Nous avions porté un rude coup à la puissance maritime britannique, mais celle-ci avait eu la perfide habileté non seulement de reconnaître l’’indépendance des treize colonies, mais d’’accorder à celles-ci toutes les positions qu’’elles voulaient au sud et à l’’est du Mississipi, ce qui devait avoir pour effet de rendre moins nécessaire leur alliance avec la France. De fait, dès les années suivantes, le nouveau pays allait nouer avec son ancienne mère patrie - et non avec la France des relations commerciales privilégiées...
    Plus grave : personne ne s’’inquiéta sur le moment de l’’aura que la victoire des rebelles donnait aux idées des Lumières... Curieusement l’’engouement pour les États-Unis retomba tout de suite après le traité, mais bien des officiers partis se battre outre-Atlantique (la Fayette, le vicomte de Noailles...) allaient sentir en 1789 se ranimer en eux la flamme libertaire. Toutefois cette contagion n’’était pas fatale ; certains anciens officiers allaient mourir sous la Terreur, et d’’autres comme par exemple le marquis de La Rouërie allaient combattre héroïquement la Révolution. En 1783 tout laissait à penser que Louis XVI sortait auréolé pour toujours de cette aide totalement désintéressée apportée à un jeune peuple. La modestie même des gains retirés par la France rehaussait le prestige de celle-ci, qui redevenait l’’arbitre de l’’Europe. Le roi, peut-être sans le vouloir, avait aussi fortement ébréché l’’anglomanie qui, depuis la régence et surtout depuis Montesquieu, cherchait outre-Manche des modèles politiques : tout le monde savait désormais qu’’une nation pratiquant le parlementarisme pouvait être injuste et despotique... Et du même coup était apparue au grand jour par l’’exemple des “Insurgents” eux-mêmes l’’inaptitude d’un régime démocratique à conduire les destinées d’’un pays...
    Nul en 1783 n’’aurait prédit la Révolution six ans plus tard. Pourquoi alors Louis XVI ne sut-il pas profiter de ce regain de ferveur ? Tout simplement - et c’’est ici la plus funeste conséquence de la guerre d’’Amérique - parce que l’’expédition avait coûté en cinq ans deux milliards de livres, « l’’équivalent de dix années des dépenses ordinaires de l’’État » signale Jean de Viguerie (2). Il s’’ensuivit pour la France une instabilité ministérielle qui laissa l’’État désarmé devant la fronde des privilégiés opposés aux réformes indispensables et accula le roi à rassembler en 1789 les états généraux. En ce sens on peut dire que cette guerre a causé la perte de la monarchie.
    Idéalisme américain
    Les États-Unis, de leur côté, n’’allaient cesser de s’’agrandir vers le sud et vers l’’ouest pendant tout le XIXe siècle. En 1803, Napoléon leur vendit pour 80 millions de francs l’’immense Louisiane où la marque de la France est restée malgré tout indélébile.
    Les États-Unis ne perdirent jamais de vue la conception moraliste et idéaliste qui avait inspiré leurs ancêtres les premiers migrants, certains d’’avoir reçu de Dieu la mission de fonder en ce Nouveau Monde un État parfait aux antipodes de ceux de la vieille Europe, si souvent en guerre... Sans doute, si ce peuple neuf avait en devenant indépendant fondé une monarchie héréditaire, aurait-ils saisi de génération en génération les réalités concrètes qui fondent les civilisations. À défaut de cette communauté historique de destin, les Américains s’’identifient dans l’’idée toute messianique d’’une mission au service de leur modèle infaillible de démocratie... Même les “affaires” purement matérielles de rendement, d’’efficacité, d’’enrichissement, sont pour eux signe d’’élection divine...
    Pour eux, comme l’a dit Jefferson (le deuxième président, de 1801 à 1809) les alliances et les conflits entre nations n’expriment que des « jalousies mutuelles » qui les condamnent à la « guerre éternelle ». D’où ce besoin américain de diffuser par l’’économie, le commerce, la culture cet idéalisme internationaliste. Woddrow Wilson (président de 1913 à 1921) allait jusqu’’à dire : « Nous sommes venus pour racheter le monde en lui donnant liberté et justice. » On sait ce que fut le fameux traité de Versailles inspiré par lui en 1918 et dont Jacques Bainville avait aussitôt prévu qu’il n’épargnerait point à l’’Europe une nouvelle conflagration vingt ans plus tard... Maurras reprochait à Wilson d’’être un émule de Le Chapelier : comme celui-ci, supprimant les corporations, fit le malheur des ouvriers devenus “libres” de mourir de faim, l’’idéologue d’’Outre-Atlantique parlait d’’un monde où les nations ne contracteraient plus d’’alliances entre elles parce qu’’elles seraient toutes soumises à une instance supranationale...
    Cela dit, il n’’est pas question pour nous de manquer de reconnaissance envers les Américains qui ont, par deux fois, apporté leur secours à la France. Entre les deux pays, l’’histoire, la géographie et l’’intérêt appellent la bonne entente. Mais nous n’en n’’affirmerons pas moins qu’’en matière politique les États-Unis n’’ont pas de leçon à nous donner. Certains Français gagnés par l’’idéologie mondialiste, voient un modèle pour leur Europe des régions dans la constitution fédérale des États-Unis. C’’est oublier que si pour des États sans aucun passé à sauvegarder, le fédéralisme a été un facteur d’’union, il en serait tout autrement en Europe où les nations démantelées ne seraient plus qu’’un magma informe.
    Un “modèle” ?
    Quant au modèle électif américain, on sait sur quels abus il débouche bien souvent (corruption, concusion, prévarication) Citons encore Maurras : « C’’est malgré ces abus et malgré ces institutions, c’’est malgré la politique, c’’est parce que la politique est en réalité comme un organe insignifiant presque superflu de l’’immense activité américaine, c’’est parce que, durant un siècle, l’’État, les hommes d’’État et les institutions d’’État n’’ont presque jamais compté, emportés et noyés dans le torrent d’une magnifique vitalité, c’’est par sa production, c’’est par son territoire, c’’est par ses réserves naturelles, par son capital physique et économique accumulé à l’’infini, que l’’Union américaine est devenue ce que nous la voyons aujourd’’hui. Ce colosse porte des parasites également colossaux et qui tueraient des États moindres mais dont il n’’a même pas souci de se délivrer. Avant de proposer à la France de l’’imiter, il faudrait donner à la France la taille, le poids et la force matérielle de l’’Amérique. »
    On ne saurait mieux juger le modèle américain”.
    Michel Fromentoux L’Action Française 2000 du 5 au 18 octobre 2006
    (1) Naissance d’un monstre : l’’opinion publique. Éd.Perrin, 1960.
    (2) Louis XVI, le roi bienfaisant. Éd. du Rocher, 2003.

  • Il était une fois... Bibracte au mont Beuvray

    S'il est un lieu magique au centre de l'hexagone, c'est bien ce Morvan montagneux aux ténébreuses forêts de hêtres, et dominant ce Morvan, l'imposante hauteur du mont Beuvray. Bien que se dépeuplant progressivement, le Morvan est resté tel qu'il fut, tel qu’on l’aime : un vestige archéologique vivant. Dans cette forêt druidique, de mystérieuses légendes hantent les sous-bois, les pierres branlantes et les rivières à truites... http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

    Le 17 septembre 1985, le Président de la République fait sa première grande visite officielle au site du mont Beuvray, entouré de nombreux ministres dont celui de la Culture, Jack Lang. Le mont Beuvray est déclaré « site national ». François Mitterrand se recueille face à la grande plaine de l’Histoire comme il aimait le faire depuis la roche de Solutré.
    On rêve. On affirme que les fouilles laissent augurer de très importantes découvertes. On s’engage devant l’opinion à la tenir au courant avec la plus grande célérité et sans restriction aucune. A Autun, on déclare : « Le mont Beuvray sera peut-être le plus grand site de l’Occident. »... http://www.agoravox.fr/tribune-libr...
     
    1995, PATATRAS ! Suite à mes courriers et après la publication de mes ouvrages, on prend conscience en haut lieu que les archéologues se sont trompés et que le mont Beuvray n'est que le site boïen de Gorgobina. Le 3 avril, lors de l'inauguration du centre archéologique européen dont la construction a coûté aux contribuables une somme fabuleuse, aucun discours n'est prononcé au grand étonnement de tous, ni par le président de la République, ni par le ministre de la Culture, Jacques Toubon. Le 10 avril, François Mitterrand m'envoie une carte pour me remercier. Le 15 mai, il accorde au Monde une interview (édition du 29 août), dans laquelle il met en exergue l'importance de l'Histoire, véritable culture de l'homme politique, mais il rejette sur l'historien la responsabilité de l'interprétation. Le 13 novembre, le ministre de la défense, Charles Millon, me fait savoir que le courrier que je lui ai envoyé a retenu toute son attention. Le 20 novembre, le ministre Jacques Toubon, lecteur très intéressé de mes ouvrages, me félicite vivement par lettre écrite mais me fait savoir par un ami qu'il n'est pas dans son rôle d'intervenir dans le débat. Dans les années qui suivent, Annie Lhéritier me confirme que le président de la République, Jacques Chirac, est informé mais me renvoie au ministre de la Culture. Interrogés par lettres officielles et questions écrites parlementaires, il ne sera répondu que par des réponses "langue de bois" ou sans suite par les ministres successifs de la Culture, Trautmann, Tasca, Aillagon, Donnedieu de Vabres, Albanel...
     
    Mais qui donc a décidé, à l'origine, de cette stratégie du type combat retardateur qui consiste à toujours repousser dans le temps le jour où la vérité éclatera ?
    Jacques Chirac qui ne voulait pas être accusé de ternir la mémoire de François Mitterrand ? Jacques Toubon qui pensait, contrairement à moi, que l'immigration est une chance pour notre pays et qui sera chargé de réaliser le musée de l'immigration ? Ou d'autres ? Et d'autres ?
    Et qui donc a fait en sorte que cette stratégie fonctionne ? Ne serait-ce pas l'ensemble de la communauté archéologique dont la hiérarchie pyramidale s'est construite sur l'affaire "Bibracte au mont Beuvray" ?
    Grand patron de l'archéologie française, Christan GOUDINEAU fut un des premiers directeurs de la reprise des fouilles décidée par François Mitterrand. De président du comité scientifique du site, il s'est vu propulsé jusqu'à la chaire prestigieuses du Collège de France. L'un de ses premiers ouvrages porte sur Bibracte au mont Beuvray. Le directeur de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne était, à ce moment-là, M. Michel CLÉMENT, archéologue d'origine. Il montera jusqu'au poste de directeur du patrimoine et de l'architecture au ministère de la Culture. M. GRENIER DE MONNER était alors l'éminence grise de la Sous-direction de l'Archéologie. Apparemment, cet administrateur civil semble avoir été beaucoup plus soucieux de son projet de statut en faveur des archéologues que de rétablir la vérité historique. Concernant les DRAC, Il coule de source que les nominations d'archéologues dans ces services n'ont pu se faire qu'en accord avec la doxa prônée par les livres de Christian Goudineau. En outre, cette oligarchie - car c'est bien le nom qu'il faut lui donner - peut compter sur ses relations dans le monde universitaire, sur des journalistes accrédités, sur sa revue L'Archéologue, sur sa maison d'édition Epona, sur un administrateur de Wikipédia pseunommé Luscianusbeneditus etc. En dehors de cette doxa, impossible à un archéologue de publier ses travaux, ou alors, ils sont minimisés, comme la mise au jour d'une urbanisation à caractère religieux sur le mont Lassois avant celle du mont Beuvray. Importante personnalité dans le domaine de la recherche archéologique, Vincent GUICHARD, directeur du Centre archéologique européen, a même osé déclarer le 13 septembre 2007, à Europe I, au micro de Jacques Pradel, que la petite ville récemment découverte sur le mont Lassois n'aurait été qu'une tentative urbaine avortée qui n’a pas eu de suite.
     
    Mais comment expliquer que cette stratégie n'ait pas éte dénoncée par la suite ?
     
    De 2003 à 2011, Mme Isabelle BALSAMO, est chargée de la Sous-direction de l'archéologie. J'ai entretenu avec elle un courrier amical mais sans résultat. Elle est actuellement cheffe de l'inspection du patrimoine, belle carrière.
    De 2003 à 2007, Marie-Christine LABOURDETTE, ancienne de l'ENA, est chargée de la DRAC Bourgogne. Elle est au courant de l'existence de mes ouvrages mais prendra ouvertement le parti des archéologues du mont Beuvray. Elle est actuellement directrice des musées de France, belle carrière.
    A partir de là, on commence à comprendre l'esprit de la manoeuvre.
    Il s'agit de faire en sorte que le centre archéologique européen du mont Beuvray devienne un musée modèle, non seulement archéologique mais plus largement culturel, et même, un musée de rayonnement international, son identification stricte a la capitale éduenne ne devenant dès lors qu'un problème secondaire. Parallèlement, il s'agit d'attirer l'attention de l'opinion sur le nouveau musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée de Marseille, qui devient le nouvel emblème à porter au crédit de l'archéologie française.
    Mais qui donc rédige les réponses "langue de bois " que les différents et différentes ministres de la Culture signent aveuglément, en toute connaissance de cause... ou bien en étant abusés ? Est-ce M. Philippe BELAVAL, ancien directeur général du patrimoine, Philippe BERJOT, l'actuel directeur, Vincent GUICHARD, directeur du centre archéologique ?
     
    11/02/95. Dans une interview accordée à France-culture, Vincent GUICHARD déclare qu'il n'a pas l'intention de recommencer pour Gergovie la polémique dont le site d'Alésia a été l'objet ; on ne peut pas être plus clair pour signifier qu'on refuse tout débat.
    1998. Revue Gallia n° 55. Concernant la localisation de Bibracte au mont Beuvray, on y reprend les interprétations napoléoniennes de Bulliot comme un fait acquis sans évoquer les contestations auxquelles cette thèse avait donné lieu. On y apprend que les onze années de fouilles archéologiques initiées par le président de la République, François Mitterrand - et qui se continuent encore de nos jours - n’ont dorénavant plus pour objet que de comprendre l’urbanisme du lieu. Vincent Guichard reconnaît pourtant que le développement d’une ville (Bibracte) à cet endroit (mont Beuvray) défie apparemment toute logique mais il y maintient le site de la capitale gauloise.
    13/4/99, FR3 Bourgogne. Ma thèse fait légèrement sourire au mont Beuvray, simple agitation, juge-t-on ici, d'un amateur peu averti. Dans la communauté scientifique, déclare Vincent Guichard, ça fait belle-lurette que plus personne ne doute. Ça fait au moins 130 ans que plus personne ne doute de la localisation de Bibracte, capitale des Eduens, mentionnée par César à multiples reprises, sur le mont Beuvray. C'est absolument clair.
    18/04/1999, le Progrès de Lyon. Il (Christian Goudineau) les écarte (mes arguments) avec le bouclier de la science et l’armure de l’institution, sans se donner la peine de les réfuter. Jean-Philippe Mestre, grand reporter.
    19/04/1999, JO, page 2337. A une question qui lui est posée, Mme Trautmann, ministre de la Culture, déclare que la question de l’éventuelle mise en cause du bien-fondé de la localisation au mont Beuvray des vestiges de l’oppidum n’est pas un sujet de débat pour l’immense majorité des archéologues.
     2/7/2001, JO, page 3835. A la question qui est de nouveau posée par le député Marc-Philippe Daubresse, Mme Tasca, ministre de la Culture, répond que les recherches archéologiques sur le mont Beuvray... ne s’occupent pas de la localisation mais plutôt de l’environnement...On peut noter, ajoute-t-elle, que M. Goudineau, professeur au Collège de France, juge certaine la localisation de Bibracte au Mont Beuvray.
    2002. La preuve par la pioche. Régulièrement, la presse aime relancer le débat sur la localisation des sites d’Alésia de Gergovie ou de Bibracte : "science officielle" contre "gens du terrain" soucieux de donner tort à leur inventeur, Napoléon III. La polémique tient du combat d’arrière garde : au XIXe siècle, tout érudit local se devait de prouver que "son" site collait le mieux au récit de la Guerre des Gaules. Du désir à la réalité, il y a un fossé. Ou plutôt... des fossés, relevés par les archéologues. Aux savantes interprétations, ces derniers opposent mille faits objectifs : plans, armes, pièces d’équipement et projectiles d’artillerie datés de l’époque césarienne, inscriptions... Inexplicables hors du contexte de la Guerre des Gaules, ces objets sont évidemment absents des autres sites (ce qui est un pur mensonge en ce qui concerne le Mont-Saint-Vincent dont je dis et prouve qu'il est le site de la véritable Bibracte). Ils sont pourtant de ceux qui font toute la différence entre le "possible" et le "plausible". (extrait du catalogue de l’exposition de Bibracte "sur les traces de César par Vincent Guichard, http://arafa.fr/SPIP/spip.php?rubrique10).
    11/6/2013. JO page 6077. Au député Christophe Siruge qui l'interroge de nouveau sur la question de l'éventuelle mise en cause du bien-fondé de la localisation au mont Beuvray des vestiges de l'oppidum de Bibracte, Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, répond, en langue de bois, que les recherches archéologiques mises en oeuvre depuis 1984 sur le site du Mont Beuvray visent notamment à constituer des corpus de données susceptibles d'alimenter les questionnements des chercheurs européens autour des problématiques liées à la formation et au développement des premières formes d'urbanisation en Gaule, à l'organisation et à l'exploitation des territoires, à l'économie et aux échanges autour et à partir des oppida. Dans cette perspective, les questionnements relatifs à la stricte identification de Bibracte au site du Mont Beuvray s'avèrent d'un intérêt accessoire.

    DANS CETTE PERSPECTIVE, LES QUESTIONNEMENTS RELATIFS À LA STRICTE IDENTIFICATION DE BIBRACTE AU MONT BEUVRAY S'AVÈRENT D'UN INTÉRÊT ACCESSOIRE.

    Terrible aveu de ce qui est devenu un mensonge d'État qu'on ne veut toujours pas assumer.
    E. Mourey, 15/10/2013