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culture et histoire - Page 1887

  • Du libéralisme à l’anarchisme

    Tribune de Xavier Raufer -
    Marx, toujours d’actualité… Le grand retour à Marx : tel est l’incessant refrain des intellos vus-à-la-télé. Eh bien, chiche ! Qu’a dit Karl Marx au XIXe siècle, qui concerne aujourd’hui notre société ? « Les idées, les conceptions et les notions des hommes, en un mot, leur conscience, change avec tout changement survenu dans leurs conditions de vie, leurs relations sociales, leur existence sociale » : ainsi parlent Marx et Engels dans leur Manifeste du parti communiste ; ce, car « la production intellectuelle se transforme avec la production matérielle ». Conclusion : « Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe dominante. » Ainsi, les conditions sociales (l’infrastructure) déterminent-elles l’idéologie (la superstructure).
    Une idée toujours juste en 2013. Voyons pourquoi. X.R.

    Aujourd’hui, l’élite du capitalisme financier (banques, capital-risque, hedge-funds, etc.) forme une classe dominante qui possède la puissance matérielle, l’argent – l’infrastructure. Dans notre société « de l’information » (la superstructure), s’agrège à cette élite sa domesticité dans les médias, la communication, la publicité, l’intelligentsia et le spectacle.
    Mais avant de voir pourquoi cette classe dominante, ses employés ou mercenaires, alarment professionnellement un criminologue, énonçons deux cruciaux préalables :
    • La classe dominante est régie par une coalition de milliardaires-prédateurs dont les extravagantes rétributions et fortunes sont au-delà même de l’indécence. L’un de ces ploutocrates américains gagne ainsi un million de dollars par jour – 700 dollars la minute. Rappel : l’an passé, le salaire annuel moyen (masculin) est de 45 200 dollars aux Etats-Unis, où un diplômé du supérieur (cadre dirigeant, profession libérale) gagne dans sa vie 2,3 millions de dollars en moyenne.
    • Depuis bientôt trente ans, la classe dominante nous vante une « mondialisation heureuse », dont les résultats concrets sont bien plutôt :

    - une précarité économique croissante,
    - plus d’inégalités et d’aliénation,
    - une exploitation désastreuse de la nature,
    - un progressif dédain pour l’essentiel non immédiatement rentable (sanitaire, scientifique, etc.).

    Retour à l’idéologie dominante.
    Naguère, ce « progressisme transnational » (John Fonte, Hudson Institute) prônait déjà « les migrations et le multiculturalisme » et la « haine des histoires nationales et de leurs symboles ». Or désormais, cette idéologie tourne à l’anarchisme. Combinant les noms de son plus illustre acteur et de son haut-parleur fétiche, nous nommons cette forme dominante de nihilisme social “Davos-Goldman-Sachs Idéologie”, ou DGSI.
    Et voilà où le criminologue se doit d’intervenir : toujours plus, la DGSI s’acharne à nier les ravages du crime organisé et l’aveuglante face noire de la mondialisation. Partout où s’exerce son pouvoir, la DGSI banalise ou folklorise le crime et dénigre ou ridiculise ses victimes.

    De ce dédaigneux négationnisme, quelques accablantes preuves.
    - En mars 2013, le Wall Street Journal et Citibank, deux chantres de la DGSI, décernent leur prix annuel de la “ville la plus innovante” à… Medellin (Colombie). Medellin ! L’une des « 25 villes les plus dangereuses du monde ». 2013 y débute par un massacre entre « deux factions criminelles s’affrontant pour y dominer les trafics », et autres jets de grenade dans les bus. Medellin où l’an passé « 11 401 habitants ont dû fuir leurs logements du fait de la guerre des gangs », et où « des centaines d’enfants renoncent à l’école, les rues étant transformées en stands de tir ». Medellin où, ces six derniers mois, les homicides ont bondi de 70 %.
    - Et le Wall Street Journal, toujours, qui s’enthousiasme des « progrès de l’économie mexicaine », sans jamais piper mot sur le moteur même dudit « progrès » : l’annuelle injection des dizaines de milliards du narcotrafic dans le système financier du pays.
    - Et le fort glauque M. Soros dont la fortune est « estimée à 14 milliards de dollars par la revue Forbes » (Le Monde, 9/09/2010) et qui en distribue les miettes à entretenir des provocateurs et des « sociologues critiques », le tout bien sûr pour « détruire des clichés » et « combattre des idées reçues ». Récemment, les « fondations charitables » de M. Soros ont ainsi financé la campagne californienne pour la libéralisation du cannabis, le « collectif contre l’islamophobie en France » et des études sur les « contrôles au faciès » de divers Diafoirus-sociologues – destinées bien sûr à accabler la police. Diafoirus et agitateurs acceptant sans sourciller les prébendes d’un prédateur encore condamné en octobre 2011 à 2,2 millions d’euros d’amende pour « délit d’initié ».
    - Et The Economist, organe quasi officiel de la DGSI, qui prône à tout-va la libéralisation des drogues.
    - Et la Fondation Ford qui finance (72 724 euros, dernier bilan publié) ce pur et simple outil d’intimidation qu’est SOS Racisme.
    Telles sont les idées dominantes d’aujourd’hui, imposées à coups de milliards par des prédateurs qui sont, au banquier du coin, ce que le Velociraptor est à Bambi.
    Leur arme – Marx n’y avait pas songé – la « fondation charitable ». Selon la revue américaine The Atlantic, « pour la ploutocratie du XXIe siècle, le symbole majeur du prestige n’est pas le yacht, le cheval de course ou le titre de noblesse ; c’est la fondation philanthropique ». Générosité ? Vous voulez rire – un outil d’évasion fiscale. Le Monde, 19/04/2011 : « Cette philanthropie est en partie financée par l’optimisation fiscale qui permet de faire transiter les profits entre plusieurs pays d’activité par le truchement de places offshore », d’où une fort légale et alléchante « réduction de l’argent acquitté au Trésor ».
    Leur propagande mondialiste financée en truandant le fisc ! La vie des ploutocrates est un rêve. Ainsi grimés en dames patronnesses prétendant « faire le bien », ces prédateurs disposent d’un second et puissant outil de propagande : leurs propres médias. Ce sera le sujet de notre prochaine chronique.
    Xavier Raufer, Criminologue
    Le Nouvel Economiste
    15/04/2013 http://www.polemia.com

  • Débat sur l’Europe avec Paul-Marie Coûteaux - Grand Soir 3 (8 mai 2013)

    Un passionnant débat sur l’Europe avec Paul-Marie Coûteaux !

    A ne pas manquer et à diffuser largement.

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=6sFv8ElmrAE

    http://www.actionfrancaise.net

  • "Maîtres et témoins (III) : Léon Daudet"...

    L'homme est un héritier, c'est bien connu. Sauf pour les Révolutionnaires, les doctrinaires, eux qui, par idéologie, "du passé font table rase". Nous, c'est tout l'inverse : nous savons d'où nous venons, ce que nous avons reçu, et à qui nous le devons... Notre filiation intellectuelle, nous la revendiquons pleinement, et sans équivoque, de toutes les façons possibles. Mais d'abord, et avant tout - nous efforçant, en cela, de suivre, chaque jour, le conseil de Gustave Thibon... - en la pratiquant quotidiennement sur ce Blog qui, bien plus qu'un simple Blog est devenu un véritable quotidien royaliste sur le Net, dont l'audience continue à grandir : "Vous êtes, vous et vos amis, les héritiers spirituels de Charles Maurras. Mais vous savez bien qu'un héritage n'est pas un talisman ni une baguette magique : c'est un outil. Et un outil qu'il faut savoir manier et adapter en fonction du mouvement de la vie qui ramène toujours le semblable, jamais l'identique. Épouser la pensée d'un maître, cela veut dire s'unir à elle pour lui faire des enfants et non pas la stériliser sous prétexte de lui conserver je ne sais quelle intégrité virginale. Il n'y a pire trahison qu'une certaine fidélité matérielle et littérale qui, en durcissant les principes en système, n'aboutit qu'à congeler ce qui était le jaillissement d'une source vive. Les exercices de patinage qu'on peut faire sur cette glace ne m'intéressent pas. La vraie fidélité est celle qui prolonge, qui corrige et qui dépasse. Et le meilleur héritier n'est pas celui qui fait de son héritage un musée ou une exposition rétrospective. "Le bien gagné reste à défendre" : le capital de la sagesse que Maurras vous a légué, vous ne le conserverez qu'en le fécondant, en le recréant sans cesse". Reste que, "corriger, prolonger, dépasser", tout cela doit aussi s'accompagner d'un effort intense pour faire connaître nos Maîtres et notre école de pensée, dans notre monde où règne le mensonge, la désinformation, le conformisme, l' "historiquement correct".. et tous les travestissements de la réalité auxquels s'est livré le Système, qui gouverne si mal, mais se défend si bien... Cela passe par la publication de Grands Textes, de Dossiers, de Vidéos. Cela passe aussi par la constitution d'Albums. Et, aujourd'hui, c'est à nouveau par le biais d'un Album que nous nous acquittons - un peu - de notre dette, en cherchant, cette fois, à mieux faire connaître Léon Daudet. "Maîtres et témoins de ma vie d'esprit", tel est le titre d'un ouvrage de Maurras, qui nous a servi pour nommer déjà - à côté de Une visite chez Charles Maurras... - deux Albums : 1. Maîtres et témoins...(I) : Frédéric Mistral. 2. Maîtres et témoins...(II) : Jacques Bainville. Il était logique, et indispensable, qu'un troisième Album fût consacré à Léon Daudet, au compagnon inséparable, qui appelait Maurras son "frère", et dont seule la mort put le séparer, comme elle les sépara d'abord tous deux du troisième homme de la trilogie : Jacques Bainville. En attendant le quatrième Album, qui récapitulera l'oeuvre commune... Voici donc 243 documents, accompagnés de textes de Daudet lui-même, tirés de ses "Souvenirs". Chaque fois que cela était nécessaire, nous avons ajouté quelque chose de notre cru, pour expliquer ou rappeler le contexte de tel ou tel document qui, sans cela, serait peu clair ou difficilement compréhensible, aujourd'hui. Mais, pour l'essentiel, nous nous sommes effacés au maximum, laissant le plus possible la parole a Léon Daudet. On va donc tâcher de présenter, d'une façon correcte et juste, cette longue vie de 75 ans dans un travail qui, soyons-en sûrs, réservera bien des surprises à beaucoup, mais surtout, nous l'espérons, redressera bien des idées reçues, et corrigera bien des mensonges : Déjà paru : 1. L'enfance et l'adolescence heureuse; 2. : Un jeune homme insouciant, potache, voyageur...; 3. : Un esprit ouvert, curieux de tant de choses, intéressé par tant de gens...; 4. : jusqu'à "la" rencontre de sa vie, celle avec Charles Maurras...; 5 : les sièges du mouvement, et les portraits de dirigeants; 6 : "Tranches de vie..."; 7 : L'avant-guerre (I), les débuts du journal...; 8 : L'avant-guerre (II), tout pour éviter la guerre...; 9. La Guerre, "la pluie de sang" (I)...; 10. La Guerre, "la pluie de sang" (II)...; 11. Député de Paris, quatre années bien remplies (I)...; 12. Député de Paris, quatre années bien remplies (II, 14 photos)...; Aujourd'hui : 13. De Paris à Paris, en passant par... la Belgique ! (17 photos) : septembre 1925, le souper mouvementé chez Maurras; 20.000 Parisiens acclament Léon Daudet à Luna Park; "la Reine de France" aux obsèques de Philippe VIII; 1926 : 60.000 personnes au Mont des Alouettes; 1927 : 30.000 personnes à Barbentane; "l'affaire Philippe Daudet" repart : Henri Massis raconte...; le siège de l'AF transformé en Fort Chabrol; douze jours à la Santé, avec Joseph Delest; qui s'achèvent en un immense éclat de rire...; le canulard "hénaurme" des Camelots du Roi; dans "L'Humanité" du 26 juin 1927; en exil, la gestation de "Paris vécu"; 20 avril 1927 : la conférence en exil, à Spa; Léon Daudet à Spa (photo); et, chaque jour, l'article de Daudet arrivait au journal !...; l'article "pour les vingt ans"; 2 janvier 1930 : "Léon" est de retour !... Vendredi (24 photos) : Dernières années, derniers combats, jusqu'au bout. (24 photos) : à Palerme (1931), au mariage du Comte de Paris (I et II); 1931 : 30.000 personnes au Mont Renaud, à Noyon; Fidélités royalistes : I, Lyonnaises; II, Catalanes; III, Bordelaises; IV, Savoyardes; 1933 : "Le magnifique Rassemblement de Roquemartine"; Daudet détaché de l'antisémitisme; Daudet et l'antisémitisme : genèse d'un rejet; "M. le Maudit" : antisémitisme de Maurras ?...; ...tartufferie d'un reproche; sur, et contre, le fascisme italien; dénonciation d'Hitler et prédiction de la guerre; Bainville, la mort du deuxième "frère"; 8 juillet 1937 : l'hommage à Maurras libéré; Pie XII lève les sanctions vaticanes contre l'A.F.; la tragédie des lucides; comme avant 14 : pacifiques contre pacifistes...; article prémonitoire et modernité de vues...; 23 avril 1940 : mort de Julia Allard, "la mère"; au soir d'une longue vie de lutte, jusqu'au bout...; mercredi 1er juillet 1942, 17h28; 26 avril 1960 : Pampille, la dernière à partir... http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • Georges-Paul Wagner

    Avec Georges-Paul Wagner disparaît. non seulement un grand avocat, mais ce qu'on appelait au XVIIe siècle un honnête homme, au sens le plus profond de l'expression.

    Il alliait une prodigieuse culture classique à un talent. de plume qui ne cédait en rien à son talent oratoire. Il aurait pu être un superbe écrivain, et il l'a été dans la dernière partie de sa vie, à la fois comme chroniqueur politique et mémorialiste.
    La politique le « rattrapa par l'épitoge» en 1961, au moment de l'affaire d'Algérie. Il fut notamment l'avocat d'un des conjurés du Petit-Clamart. Au même moment il était devenu directeur de l'Institut d'Action française. A partir de ce moment-là sa carrière d'avocat sera marquée par des procès liés à la politique.
    En 1970 il est membre du conseil de l'ordre des avocats. En 1971 il participe à l'aventure de la Nouvelle Action Française, destinée à dépoussiérer le mouvement maurrassien, mais l'organisation vire à gauche et il s' en sépare.
    C'est en 1980 qu'il plaide pour la première fois en faveur de Jean-Marie Le Pen, poursuivi par le MRAP pour avoir dit qu'un million de chômeurs c'est un million d'immigrés en trôp, et pour avoir réclamé la préférence nationale. C'est aussi la première fois que Georges-Paul Wagner prend publiquement position contre la loi Pleven. Plus tard, il s'occupera de la loi Gayssot. Il est un des meilleurs spécialistes des lois dites anti-racistes. Et en 1984 il participe à la création de l'AGRIF. Il y aura tant de procès contre Le Pen, ou intentés par Le Pen contre ses diffamateurs, qu' on reprochera à Georges-Paul Wagner de monopoliser la XVIIe chambre correctionnelle ... Il sera aussi l'avocat de Mgr Lefebvre, du Dr Dor, de Présent, etc. Il rassemblera ses souvenirs judiciaires dans D'un palais l'autre.
    Il devient chroniqueur politique en 1982, à la création de Présent, et il écrira dans ce quotidien jusqu'à sa mort. Ses chroniques sont d'une rare perspicacité, et les événements ou les propos qu'il commente nourrissant une réflexion qui fait appel à la sagesse éternelle, à la tradition française et chrétienne, en un style d'une perfection ciselée, émaillée de jeux de langage qui éclairent le discours tout en ajoutant au plaisir de la lecture. On les retrouvera dans trois volumes: La comédie parlementaire, Promenades à travers un septennat, Les ailes de l'espérance.
    Le titre du premier recueil rappelle que Georges-Paul Wagner fut député FN des Yvelines, au titre du Rassemblement national, entre 1986 et 1988 (il sera aussi secrétaire départemental FN des Yvelines).Il fut un parlementaire très actif, particulièrement dans le domaine de la justice, dénonçant la politisation de la magistrature et proposant des réformes de bon sens qui auraient par exemple évité l'affaire d'Outreau.
    C'est aussi en 1986 qu'il fonde l'Institut d'Histoire et de Politique, centre de formation qui deviendra l'Institut de formation nationale, et qui est aujourd'hui l'Iforel.En 1992, une jeune avocate nommée Marine Le Pen fait ses débuts dans son cabinet.
    Ayant des amis très proches dans les deux camps , il quitte les instances dirigeantes du Front national après la scission mégrétiste de 1998, mais il reste l' avocat de Jean-Marie Le Pen. Il continuera de participer aussi aux colloques du conseil scientifique du FN, et en février 2005 il sera l'un des principaux juristes de l' Appel des cent, lancé par le Comité de soutien à Bruno Gollnisch dans la chasse aux sorcières lancée à Lyon contre le député européen.
    Toujours resté royaliste, il avait succédé en 2001 à Pierre Chaumeil à la tête de l'Association professionnelle de la presse monarchiste et catholique. Au Centre Henri et André Charlier, en 2003, il participe à l'élaboration de la Loi pour la vie, dont il signe la présentation, et au Dictionnaire de la Réplique dirigé par Bernard Antony. Il collabore aussi épisodiquement à Reconquête. Et en 2004 il est un membre éminent du Comité pour le rétablissement de la peine de mort, créé par l'AGRIF après l'atroce assassinat de la petite Jeanne-Marie.
    Outre les livres déjà signalés, Georges-Paul Wagner a également écrit La condamnation, récit du procès intenté par la Licra à Mgr Lefebvre (1992), Maurras en justice (2002), et L'entre-trois-guerres (2001), qui sont ses Mémoires personnels, et une quintessence de promenade historique et politique.
    Georges-Paul nous manque. Mais il fallait bien que vienne le temps du repos pour ce lutteur infatigable. Il nous reste ses admirables livres et, pour ceux qui l'ont connu, le souvenir de sa chaleureuse courtoisie, de sa conversation dans la plus profonde amitié française et la véritable intelligence du cœur.

    Yves DAOUDAL National Hebdo juin 2006

  • Abolition de l’esclavage : une mise au point de l’historien Bernard Lugan

    NANTES (NOVOpress Brezih) – Repentance oblige, comme chaque année la municipalité socialiste de Nantes commémore ce vendredi l’abolition de l’esclavage. Une cérémonie - avec jets de fleurs, prises de parole et minute de silence – se tiendra à 17 h 30, à la passerelle Schoelcher puis au Mémorial. Invitée d’honneur : Carole Aston, une Américaine chanteuse de jazz – « Une voix noire et douce comme de la mélasse » selon le Financial Times – “très engagée dans la défense des droits de l’homme”. Sur son blog, l’historien Bernard Lugan, spécialiste de l’Afrique, remet utilement les pendules à l’heure.

    Le 10 mai, avec la « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions », c’est encore un anniversaire de culpabilisation à sens unique qui est célébré. Sous la présidence de Jacques Chirac les députés votèrent à l’unanimité, (donc tous les élus de « droite »), et en première lecture, la loi dite « Taubira ». Définitivement adoptée le 10 mai 2001, cette loi qualifie de « crime contre l’humanité » la seule traite esclavagiste européenne. Christiane Taubira a insolitement précisé que sa loi passe sous silence la traite arabo-musulmane[1] afin que les « jeunes Arabes (…) ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes » (L’Express du 4 mai 2006).

    Et pourtant, au XIXème siècle, l’abolition décidée par les Européens ne concerna pas les Arabo-musulmans. Depuis la Libye, au nord, ou depuis Zanzibar, à l’est, des caravanes organisées militairement continuèrent en effet à dévaster des régions entières de l’Afrique noire. Au XIXème siècle, au centre comme à l’Est du continent, les réseaux esclavagistes musulmans étaient en pleine extension ; la documentation abonde les concernant.

    Dans la région sahélienne, de la boucle du Niger au Tchad, les esclavagistes puisaient dans le « vivier humain » du bilad al Sudan, Bambara, Sénoufo et Sara étant leurs principales victimes.

    Dans la région du Haut Nil, l’actuel Sud Soudan, Dinka, Nuer et Chillouk étaient pourchassés, les femmes pour leur beauté et les jeunes garçons pour être « transformés » en eunuques gardiens des harem.

    Dans l’Est de l’Afrique, les esclavagistes zanzibarites ravageaient les actuels Etats de Tanzanie, d’Ouganda, de RDC, de Zambie ainsi que tout le Nord du Mozambique. Tirant l’essentiel de ses revenus de la vente des esclaves, le sultan de Zanzibar avait constitué un corps de fonctionnaires chargé de tenir un compte précis du nombre de captifs débarqués sur son île. Grâce aux registres des perceptions douanières, nous savons ainsi qu’entre 1830 et 1873, environ 700.000 esclaves furent vendus sur le seul marché de Zanzibar. Ces chiffres ne valent cependant que pour le commerce officiel du sultanat et ils ne tiennent pas compte de la contrebande.

    Ce fut l’administration coloniale qui mit un terme à ces odieuses pratiques. Certaines ethnies ne survécurent alors que parce que la colonisation sépara victimes et razzieurs, comme au Mali, comme au Niger, comme au Tchad, comme en Centrafrique, comme au Nigeria, comme en RDC, comme en Tanzanie, comme en Ouganda, comme au Soudan, comme au Malawi, comme au Mozambique etc… Ce furent les Européens qui firent fermer le marché de Zanzibar en 1873. Ce furent également eux qui, à partir de 1890, obligèrent les autorités égyptiennes à interdire aux 78 marchands d’esclaves du Caire et aux 73 d’Alexandrie de cesser cette activité[2].

    En 2005, Jacques Chirac décida que le 10 mai, jour de l’adoption de la loi Taubira, serait désormais célébrée la « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions ». Rompant avec une sage pratique voulant, sauf exception, que des dates du passé soient toujours choisies pour célébrer les évènements historiques, le président de la République faisait ainsi d’une date du présent un jour de commémoration d’évènements du passé…

    Et pourtant, le 27 avril, date anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France (27 avril 1848) était la date idéale qui aurait permis de célébrer cette « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions » dans un climat d’unanimisme national. Jacques Chirac a préféré une date clivante.

    Tout cela n’est cependant qu’un début car les groupes de pression constituant le noyau électoral de François Hollande, modernes Minotaures à l’insatiable appétit, réclament maintenant des « réparations » sonnantes et trébuchantes. Comme les caisses de l’Etat sont vides, notre « pauvre » président ne va donc pouvoir nourrir ses électeurs que de paroles. Il faudra donc qu’elles soient roboratives. C’est pourquoi nous pouvons nous attendre à de nouvelles rafales de déclarations et de mesures symboliques de repentance.

    Voilà comment le totalitarisme se met en place et comment, lentement mais sûrement, nos « élites » gouvernantes, totalement coupées du « pays réel » se préparent des lendemains difficiles. Notamment parce que Madame Taubira dont les condamnations sont sélectives, ignore probablement, et les Romains l’avaient appris à leurs dépens, que chez les Gaulois « la patience dont on abuse se change en fureur ».

    Bernard Lugan

    [1] L’Afrique réelle du mois de mai 2013 consacre un important dossier aux traites arabo-musulmanes.
    [2] Voir mon livre Mythes et manipulations de l’histoire africaine. Mensonges et repentance. A commander sur ce blog.

    http://fr.novopress.info

  • RELIRE MAURRAS : La défense du pays, parent pauvre de la République

    L'Enquête sur la monarchie est non seulement un des livres fondateurs du mouvement d'Action française, mais, aussi dans son édition définitive de 1925, une sorte de bréviaire que chaque royaliste devrait relire régulièrement.
    L'Enquête fut d'abord publiée en feuilleton dans La Gazette de France au cours des premiers mois de l'année 1900. Dans la préface de la première édition, parue en librairie en 1909, Charles Maurras souligne « l'impuissance du régime démocratique et républicain à défendre sérieusement contre ses propres forces les secrets de l'État ». Dans l'édition de 1925 figurent les "discours préliminaires", où l'auteur dénonce l'impréparation de la France à la guerre. Dans le discours III, il critique « une conception théorique mal avouée », propre à certains intellectuels, et leur « volonté de sacrifier la patrie à l'humanité ». Dans le discours IV, il définit « la vraie république par la domination des intérêts, passions, volontés des partis sur l'intérêt majeur du peuple français, sur son intérêt national, tel qu'il résulte des conditions de la vie du monde. [...] On avait de l'argent, on le dépensait, mais pour contenter l'électeur, et non pour le protéger, ni pour le sauver. » Et de rappeler qu'un ministre « avait allégué qu'au début du XXe siècle ce pays s'était laissé prendre à la chimère d'idéalisme, à la chimère de la pacification universelle ».

    Dénatalité en chiffres
    Le discours V montre par des chiffres que non seulement la république n'avait pas su préparer la guerre, mais qu'elle n'avait pas su non plus préparer la paix. Alors qu'entre 1870 et 1914, l'Allemagne avait gagné trente millions d'habitants, l'Angleterre quatorze, l'Italie dix, la France n'en avait gagné que deux millions d'âmes pendant le même temps, alors qu'elle était sous l'ancien régime, le pays le plus peuplé d'Europe. Maurras juge la République coupable de cette dénatalité. Il pointe « cet individualisme éthico-social qui exige l'irréligion de l'État, [...] l'action du fisc en matière de successions, les traditions morales et les ressources physiques des foyers qui furent méthodiquement saccagées, [...] l'organisation ouvrière conçue de manière à rendre inévitable la guerre des classes ». La démocratie est pour Charles Maurras le mal qui désintégrait notre pays et qui décourageait le peuple. Dans le discours suivant, intitulé La Victoire de la France, Maurras s'applique à démontrer que si nous avons pu gagner la guerre c'est parce que nous étions, pour un temps, revenus à des valeurs d'Ancien Régime : « La guerre victorieuse s'acheva comme elle avait commencée, écrit-il : après la dictature de Joffre, celle de Clemenceau. [...] Les hommes de l'Action française clamaient tous les jours : l'autorité et l'ordre sont les conditions de la victoire. [...] Le gouvernement [républicain] obligé de sauver la France, [...] doit se séparer de lui-même [...] et faire des emprunts aux partis qu'il a le plus combattus. [...] En sorte que, s'il les avait anéantis complètement, jusqu'à étouffer toute la tradition, il ne lui fût resté ni une idée, ni un fonctionnaire pour son propre salut. »
    Plus loin, Maurras explique que nous avons été les jouets de nos alliés et de nos adversaires : « Bismarck disparu [...], nous avons subi Guillaume II près de vingt-cinq ans et nous sommes pliés aux méandres de son caprice. De 1900 à 1912, nous fîmes les pacifistes, les bons européens. Cependant, depuis 1900, lui-même ne défendait plus la paix. [...] Vers 1912 il nous a décidés. [...] Nous nous sommes engagés au même sentier de la guerre. Mais [...] de 1912 à 1918, son empire, son état-major y ont présidé, en ont réglé les phases, déterminé les prétextes. [...] C'est son action qui du dehors mena notre politique. [...] Notre démocratie, matière inerte et brute dont toute l'initiative, [...] se réduisait à l'élémentaire volonté de rester française. [...] En optant pour la démocratie, nous avions inscrit cette absence (un libre pouvoir qui anime un État raisonnable et humain ) dans la ligne de nos destins. »
    Certes, ajoute Maurras, nous avions vaincu, mais au prix fort, et en cédant sans combat à la révolution, à Wilson, à ce qu'on pût appeler les démocraties alliées. Guillaume II, lui, préserva l'avenir de l'Allemagne. Nous savons où cela nous a amenés.
    Louis de Galice L’ACTION FRANÇAISE 2000 Du 1er au 14 mars 2012

  • Méridien Zéro #143: "Les enfants terribles de la grande Europe"

    Ce vendredi, Méridien Zéro vous propose, avec notre invité Georges Feltin-Tracol, de découvrir plus avant et sans tabous les figures des deux enfants terribles de la grande Europe : Viktor Orban, premier ministre hongrois et Alexandre Loukachenko, président de la Biélorussie.

    A la barre PGL.

    A la technique lord Tesla.

    victor orban, alexandre loukachenko, bielorussie, hongrie, résistance, europe, union européenne,

    DIFFUSION DE L'EMISSION LE VENDREDI 10 MAI
    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/

  • Présence de Pierre Boutang

    Tous ceux qui ont eu la chance de connaître Pierre Boutang, même vieillissant, se souviennent de la puissance qui le caractérisait. Puissance physique, certes (l’homme des coups de poings distribués au Quartier latin ne dormait que d’un oeil), mais aussi et surtout puissance intellectuelle, celle dont le rayonnement réchauffe et élève.

    C’est essentiellement elle qu’Axel Tisserand analyse dans un essai synthétique qui en décrit toute l’étendue, depuis le journalisme, le roman, le pamphlet, la poésie, la traduction ou la critique littéraire jusqu’à la métaphysique, voire, la théologie.

    En son centre, la figure rayonnante du père charnel, de Maurras, du roi et du Père des cieux (aucun disciple de Boutang ne pourra nier qu’à un moment ou à un autre, lui-même ne se soit senti fils du maître). « « Nul n’est homme s’il n’est père » : combien de fois n’a-t-il pas répété à ses étudiants, note Tisserand, cette sentence de Proudhon, lui pour qui l’idée de père est fondatrice de la loi morale ? » Dans ses volumineux Cahiers inédits auxquels l’auteur a eu accès et dont il cite heureusement plusieurs extraits, Boutang écrit en 1992, le jour du vote sur le traité de Maastricht : « La honte a passé par la saloperie de l’élection démocratique... Bon anniversaire ? Mais de quoi t’étonnes-tu, imbécile ? Tu n’avais pas sept ans que ton père t’apprenait à ne rien attendre de la saloperie démocratique. » C’est qu’il n’y a encore que d’être peuple, avait déjà écrit Péguy, qui permette de n’être pas démocrate. L’actualité la plus récente ne conforte-t-elle pas, s’il en était besoin, la sentence ?

    Boutang déploie donc son génie dans L’Action française, Paroles françaises, La Dernière lanterne, Aspects de la France et La Nation française où ils réunit, excusez du peu, Philippe Ariès, Raoul Girardet, Marcel Aymé, Gustave Thibon, Roger Nimier, Antoine Blondin, Jean Madiran, Jean de La Varende, Henri Massis, Jacques Perret, Henri Pourrat , bien d’autres encore. Il pense la monarchie à la lumière de la transcendance telle que le christianisme la conçoit ; il s’interroge sur le pouvoir et la légitimité, médite sur le langage, le désir, le « secret de l’être », embrasse l’histoire littéraire de l’Europe et des Etats-Unis, se lie d’amitié avec Jean Paulhan, Jean Wahl, Maurice Clavel, George Steiner...

    L’ogre dévore la bibliothèque de Babel et il apparaît à la « télévoyure », en larmes, lorsqu’il évoque la résurrection de la chair. Philosophe platonicien fut-il jamais si magnifiquement incarné ? Rien d’étonnant, toutefois, pour celui qui voulut fonder « l’idéal monarchiste » sur « le sentiment royaliste » : « Royaliste, c’est le plus pur, c’est l’ancien, c’est le sentiment profond. Monarchie, c’est l’appel aux raisons abstraites les plus schématiques et quasi-mathématiques. » Le principe, c’est le Prince : cette leçon de choses délivrée par Boutang ne meurt pas plus que la personne du roi.

    « Pierre Boutang, écrit Axel Tisserand, ne manquera pas d’apparaître aux générations futures, du moins si celles-ci recouvrent le goût de penser en dehors des chemins imposés, balisés aux concepts policés du nihilisme contemporain, comme un de ces auteurs aux côtés duquel vous pouvez cheminer tout au long de la vie. » Pédagogique, remarquablement informé et joliment illustré, cet essai, à n’en pas douter, contribuera à ce qu’il en soit ainsi.

    Rémi Soulié http://www.actionfrancaise.net

    Axel Tisserand, Boutang, Pardès, 128 p., 12 €.

  • [Cinéma] Un superbe hymne à la pensée : “Hannah Arendt”, de Margarethe von Trotta


    [Cinéma] Un superbe hymne à la pensée : “Hannah Arendt”, de Margarethe von Trotta

    09/05/2013 – 17h15
    PARIS (NOVOpress Breizh) - En 1961, la philosophe Hannah Arendt est envoyée à Jérusalem par l’hebdomadaire The New Yorker pour couvrir le procès d’Adolf Eichmann, poursuivi pour son rôle dans la déportation des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Les articles qu’elle publie et sa théorie de « la banalité du mal » vont déclencher une controverse sans précédent. Au-delà de toute polémique sur la question de la Shoah, la réalisatrice Margarethe von Trotta nous offre avec « Hannah Arendt », son dernier opus, un superbe hymne à la pensée.

    C’est en effet le seul but qui anime la philosophe, fidèle en cela aux préceptes de celui qui fut son amant et son maître à penser, Martin Heidegger : penser, quel qu’en soit le prix, sans tabou, ni parti-pris, débarrassé de l’esprit de clan, des préjugés, des conventions, du pathos. Une pensée authentique, née de l’observation, de l’écoute attentive, de la mise en perspective des événements, sans déni du réel quoique celui-ci nous révèle. Penser par soi-même, un exercice qui passe par la solitude, l’étude, la réflexion, la concentration, dans le silence de son bureau, ou au plus près de la nature, au cours de grandes promenades méditatives.

    On aurait pu craindre que cette exigence de pensée soit le fruit d’un personnage austère voire antipathique… Il n’en est rien, bien au contraire. Margarethe von Trotta nous montre une femme accomplie, forte de sa notoriété, et qui ne cherche plus la gloire, aimée et aimante, chaleureuse, entourée d’amis fidèles, d’étudiants fervents, et qui apprécie la vie et ses plaisirs charnels. Hannah Arendt reçoit ses amis, fume, arrose ses succès, polémique joyeusement en trois langues ; et quand elle souffre, c’est avec retenue. C’est ainsi que sa pensée nous touche et nous atteint car elle n’est pas désincarnée, contrairement à ce que prétendent ses détracteurs. Autre leçon de ce film, la résistance civile : pour ne pas sombrer dans la banalité du mal ou l’indifférence consentante. A voir, absolument.

    Herminaoned http://fr.novopress.info

  • Du prêt à consommer culturel et social

    Nous allons ici aborder le problème du prêt à consommer dans certains domaines, ainsi que ses conséquences qui sont : perte de patience, perte d’intérêt pour tout ce qui ne peut pas être fait rapidement, désir de tout avoir tout de suite, plus aucune envie de passer ne serait-ce qu’un peu de temps à lire, faire des recherches, tenter de comprendre, préférant que d’autres le fassent. C’est un mal typique et primordial de notre société actuelle : la fainéantise intellectuelle généralisée est l’un des principaux instruments du système pour pérenniser son emprise sur ceux qui sont devenus des consommateurs voire même des esclaves volontaires.

    La consommation immédiate étant devenu un mode de vie, elle s’applique désormais à tout, et essentiellement à la culture, ainsi qu’aux « activités humaines ». Cela se répercute également sur la sexualité et la vie de couple en général. Je traiterai ce sujet à partir de ces deux axes, le prêt à consommer culturel et le prêt à consommer social.

    Le prêt à consommer culturel se ressent par le désintéressement total d’une grande partie de la population à la lecture, et à la réflexion, ainsi qu’aux recherches, voire même tout ce qui demande un effort intellectuel. Tout doit leur tomber « tout cuit » devant les yeux, et ils (ou les zombies) le prennent pour argent comptant. Il n’y a plus de démarche de réflexion personnelle. Peu importe d’où ça vient, qui le dit, et quel est vraiment le message passé, une fois que « je » n’ai pas à perdre de temps à faire quelque chose par moi-même, cela « me » convient. La première illustration à cela est le pouvoir médiatique qui bien que décrié par de plus en plus de gens continue à faire, pour l’instant, et peut-être même encore pour longtemps, malheureusement, la pluie et le beau temps dans les mentalités.

    C’est une réaction typique de personnes manquant cruellement de réflexion. Cette réflexion que nous possédons à priori tous, liée au libre-arbitre, mais que nos dirigeants et leurs laquets tentent sans cesse de détruire. Le simple fait de réfléchir par soi-même est déjà aujourd’hui un acte de résistance.

    Les lectures, les recherches tant historiques que liées à l’actualité (qui se font bien plus simplement désormais avec Internet), ainsi que la discussion, sont autant de moyens et de possibilités de s’enrichir, de créer du lien, et de devenir un dissident.

    C’est bien pour cela que la société dans laquelle nous vivons cherche à nous désociabiliser. Elle nous pousse à user des personnes qui nous entourent, occasionnellement, sans prendre le temps de créer et d’instaurer une relation sociale durable. La société est devenue l’antithèse de ce qu’elle devrait être. Un vecteur d’égoïsme au lieu d’être un facteur de rassemblement. La démocratie républicaine sous le joug de laquelle nous vivons est tout le contraire du clan germanique, de la société Athénienne, ou de la civilisation Romaine qui avaient pour but d’unifier le peuple. On en est bien loin aujourd’hui : le système et ses rouages concourant à la destruction de toute forme de communauté ou de lien social digne de ce nom pour régner plus facilement sur un agglomérat d’individus isolés et égoïstes ne présentant aucun danger pour eux.

    Ce qui nous fait aborder le second axe, celui du prêt à consommer social.

    Comme dit précédemment, de nos jours, très peu de personnes construisent des relations sociales stables et fortes. Combien d’entre elles peuvent prétendre être entourées d’amis de confiance, avoir une famille sur laquelle ils peuvent compter, être un élément de poids au sein d’un groupe, d’une communauté ? Très peu, et celles pouvant prétendre cela sont des personnes vivant en marge, des dissidents, des révolutionnaires refusant d’être un rouage du système décadent et apatride.

    Le prêt à consommer social sera ici divisé en deux parties. Amical et familial.

    Qui aujourd’hui prend le temps de construire une vraie relation amicale ? De plus en plus, les relations dites amicales ne sont ni plus ni moins résumées qu’au fait de se servir des autres. Bien loin de l’esprit du clan, de la communauté et de l’entraide.

    Pour ce qui est du côté familial, au sens large du terme, de la cellule familiale la plus simple (le couple), à la plus complète (la famille élargie), il y a la aussi un énorme problème. Combien enchaînent les relations sexuelles au nom de la « jeunesse », pour « profiter »… Et ceci tout en étant, parfois, déjà en couple officiellement !? Quand bien même, c’est bien plus qu’une histoire d’être en couple, c’est une histoire de respect de soi et de l’autre.
    Et là encore, on retrouve donc ce prêt à consommer hideux, où les deux corps ne sont rien d’autre que des morceaux soumis à des pulsions primaires. Il n’y a aucune relation durable construite et chacun a consommé l’autre égoïstement à la manière d’un objet.

    Au niveau familial, on retrouve un manque de solidarité total entre les membres de ce qui devrait être le premier cercle de la communauté qui est censé être soudé par le sang et des alliances durables (mariages, fiançailles, etc). Des frères et sœurs qui ne dialoguent pas, le délaissement des parents, des personnes qui ont apporté leur savoir et inculqué une éducation, des mariages finissant très souvent en divorce, des enfants caprices dont l’éducation importe peu… La liste est longue mais témoigne inévitablement d’une crise des liens familiaux qui deviennent pour l’individu actuel de plus en plus une gêne alors qu’ils devraient être amour, entraide et fraternité.

    Voilà dans quoi nous vivons ! Le système du marketing s’est imposé à notre vie quotidienne, sociale et familiale. Tout ce qui construit un Homme, un peuple, une culture est détruit dans le but de nous anéantir, et personne ne veut en prendre conscience, l’Européen préférant se vautrer dans le consumérisme et de fausses valeurs changeantes au gré des publicitaires et marketeurs.

    Pour conclure, nous pouvons dire sans aucun doute, que tout ceci est le fruit résultant du capitalisme libéral ne désirant plus voir des citoyens, des êtres humains, mais juste des consommateurs sans attaches et sans repères, totalement indifférenciés, tous basés sur le même modèle, bien malléable.
    Les zombis du systême !

    Tolbiac http://cerclenonconforme.hautetfort.com/