La tentative de réforme de l'Université concoctée par Valérie Pécresse provoque une levée de boucliers de la part des universitaires. Au-delà des critiques de surface, la question fondamentale qui se pose à l'Université française est celle de la sélection.
Les universités sont une fois de plus dans la rue. Comme d'habitude ? Pas tout à fait : pour la première fois, en effet, ce sont les enseignants eux-mêmes, et non pas les étudiants, qui sont à l'origine du mouvement. En outre, les syndicats de droite ne sont pas les derniers à manifester leur colère. Des universités qui ne sont traditionnellement pas classées à gauche, comme la très emblématique faculté d'Assas, se mobilisent, de même que les facs d'économie ou de droit, qui ne bougent pourtant pas souvent. Si elles prennent aujourd'hui la tête du mouvement, c'est que les réformes concoctées par Valérie Pécresse, ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, et Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, représentent, à plusieurs points de vue, une véritable arnaque.
L'un des reproches essentiels que l'on puisse leur adresser est, une fois de plus, d'écarter toute espèce de sélection. Ce constat concerne, en premier lieu, l'admission des nouveaux bacheliers à l'université : on sait que l'Education nationale s'est assigné la mission de conduire 80 % d'une classe d'âge au bac. Conséquence de l'absence de sélection à l'entrée de l'université : tous les possesseurs d'un baccalauréat, y compris les titulaires d'un bac professionnel ou technique, peuvent s'inscrire en fac dans la matière qui leur plaît. Par ailleurs, lorsqu'elle a présenté la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) , en août 2007, Valérie Pécresse a promis à l'UNEF, syndicat étudiant de gauche, de proscrire la sélection : pour combattre l'échec à l'université (un étudiant sur deux échoue en première année), le ministre a même prévu de mettre en place un plan « réussite » en licence, organisant un suivi individuel des étudiants qui ne parviennent pas à suivre. En somme, on utilise les mêmes cataplasmes pour jambes de bois que dans le secondaire, avec les mêmes résultats : la massification se traduit par une chute de la valeur des diplômes.
La sélection est également bannie du recrutement des futurs professeurs du secondaire, par le biais de la « masterisation » : sous prétexte de revaloriser les carrières, Valérie Pécresse annonce que les futurs profs seront recrutés à bac + 5, par le biais de Masters, et non pas à bac + 3. Le mensonge est flagrant, puisqu'ils sont déjà tenus d'obtenir le Capes (autrement dit la licence plus un an, soit quatre ans au minimum pour les meilleurs élèves, ceux qui parviendront à l'obtenir à la première tentative) ou l'agrégation, concours élitiste qui suppose, pour s'y inscrire, d'avoir décroché une maîtrise (4 ans minimum). Une fois nanti du Capes ou de l'« agrég », l'étudiant suit encore un stage d'un an en lUFM. Si l'on compte bien, ça fait... cinq ans. Le pire est ailleurs : les programmes de l'écrit et de l'oral du nouveau Capes se traduiront par une baisse du niveau du concours. L'épreuve orale, notamment, sera organisée sur la base d'entretiens destinés à vérifier la bonne connaissance que le candidat aura du système éducatif. Il portera sur les valeurs et les exigences du service public (laïcité, égalité des chances, tolérance... ), l'ouverture au monde, les établissements scolaires, les élèves, le tout accommodé à la sauce idéologique. Rien, en revanche, concernant les savoirs qu'il sera appelé à transmettre. Est-ce tout ? Un professeur de langue évoque le manque de « diversité » parmi les lauréats des concours : abaisser le niveau pourrait y remédier...
La recherche française est-elle condamnée ?
Reste la question des enseignants-chercheurs, qui amène à en poser une autre : la recherche française est-elle condamnée à brève échéance ? Les universitaires doivent accomplir trois types de tâches : l'enseignement, la recherche et des travaux administratifs qui leur prennent de plus en plus de temps, notamment du fait de la massification de l'université. Cette inflation des tâches administratives réduit d'autant le temps consacré à la recherche. Concernant l'évaluation des enseignants-chercheurs, qui aura lieu tous les quatre ans, les universitaires redoutent de ne plus être évalués par leurs pairs, comme c'était le cas lorsque la responsabilité en revenait au Conseil national des universités (CNU), dont l'avis désormais ne sera plus que consultatif, la décision finale revenant au conseil d'administration de l'Université elle-même, qui pourrait statuer en fonction de critères matériels - autrement dit, des moyens dont elles disposent.
Jean-Pierre Nomen monde & vie. 21 février 2009.
culture et histoire - Page 1978
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L'Université malade de la massification (archive 2009)
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Numéro 146 d’”Elements” : “Pacte budgétaire européen : le coup d’Etat”
PARIS (NOVOpress) - Le numéro 146 d’Eléments vient de sortir. Le dossier de ce dernier numéro : “Pacte budgétaire européen : le coup d’Etat”. Dans son éditorial, Robert de Herte indique notamment : « Depuis un demi-siècle, l’osmose idéologique de la droite financière et de la gauche multiculturelle s’est employée, sous couvert de “modernisation” émancipatrice, à faire confluer libéralisme économique et libéralisme sociétal, système du marché et culture marginale. »
Au sommaire de ce numéro :
Éditorial
« La fin du monde a bien eu lieu »,Forum
L’entretien d’Éléments
Jean Soler, Maintenir vivant le modèle de la Grèce ancienneCartouches
L’actualité des idées, des sciences,
du cinéma, des arts et des lettres
Polar / La chronique littéraire
Philosophie, Histoire, Économie
SciencesLe combat des idées
Manifeste pour un roman noir totalÀ mort Manchette !
Le mystère Pierre Siniac
Le western zapatiste
Django
Raymond Macherot, l’embellisseur
André Boniface contre les milliardaires du rugby
Eric Werner : le début de la fin
Physique quantique
Salvador Dali
Dossier
Pacte budgétaire européen : la fin de la souverainetéCrise financière : où en est-on ?
Petite généalogie du Pacte budgétaire européen
Le mythe des marchés efficients
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Succès du Colloque du Cercle de Flore : ingérence et politique étrangère
Si le temps avait été plus clément, certainement aurions-nous dû refuser du monde ! La péniche du Blues Café, samedi après-midi, avait en effet fait le plein de monde. Il est vrai que le thème était à la fois important et tombait en pleine actualité, au lendemain du début de l’intervention française au Mali et que, d’autre part, les invités étaient prestigieux.

Une assistance nombreuse et attentive
De gauche à droite : Siwar Al-Assad, Elie Hatem, SAR Sixte-Henri de Bourbon-Parme et Philippe de Saint-Robert
Elie Hatem, avocat à la cour, enseignant à la faculté libre de droit, d’économie de Paris, membre du comité directeur de l’Action française a su avec son brio habituel, camper la situation internationale actuelle et les orientations de notre politique étrangère,...
... avant de laisser la parole à SAR le prince Sixte Henri de Bourbon-Parme, qui a rappelé les conditions géopolitiques et historiques d’une politique étrangère indépendante, et dénoncé les dérives de la politique actuelle.
Siwar Al-Assad, écrivain (il a publié A Cœur perdu en 2012) et cousin germain du Président Bachar Al Assad, témoignage vivant de l’amitié franco-syrienne, est venu nous dire à la fois son amour pour la France et la langue française, dans laquelle il écrit, et sa confiance dans une solution syro-syrienne à la guerre civile actuelle qui est alimentée de l’étranger.
Philippe de Saint Robert, écrivain, acteur des relations internationales, ancien Commissaire Général à la langue française, a su rappeler les errements de la politique extérieure française depuis de trop nombreuses années
Michèle Guillaume-Hofnung, professeur à l’Université de Paris XI, médiatrice, est venue nous présenter la médiation, qui n’est ni l’arbitrage ni la conciliation, mais la recherche du dialogue en amont afin de désamorcer les conflits ou sa reprise, en aval, afin de reconstruire les liens qui ont été déchirés.
Le général Jacques Berger a tenu à préciser les notions d’ingérence et d’intervention avec une grande précision juridique tout en déplorant le chaos mondial.
Olivier Perceval, Secrétaire Général de l’Action française, rappelant la démarche bainvillienne de l’Action française, a précisé les conditions d’une politique étrangère cohérente et ferme : indépendance de l’Etat vis-à-vis de tous les groupes de pression et affirmation de sa souveraineté vis-à-vis de l’extérieur. Encore faut-il un pouvoir qui ne soit dépendant ni de l’élection ni de l’étranger... Ce que n’est pas la République.M. Jean-Charles Marchiani, ancien préfet, nous a fait l’amitié de sa venue.
M. Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général de l’ONU, M. Gérard de Villiers, écrivain et journaliste et Mme Anne –Marie Lizin, présidente d’honneur du Sénat de Belgique et vice- présidente de l’Assemblée plénière de l’OSCE, bloqués par la neige, nous ont envoyé des messages d’amitié pour dire leur regret de ne pouvoir être parmi nous.
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De Roscoff aux Îles Kiribati : L'OCEAN VECTEUR DE LA MONDIALISATION
Un drame, où un navire poubelle au pavillon exotique envoie par le fond un chalutier français et son commandant, illustre le fait que la navigation demeure l'un des principaux vecteurs de la mondialisation ... et qu'elle en charrie toutes les dérives.
Depuis le 18 août dernier, flottant dans un pull marin devenu trop grand, Yvette promène son chagrin de micros de radios en caméras de télévision, dans l'espoir assez vain que « le président de la République fasse quelque chose... » Quelque chose pour sanctionner les responsables présumés de la mort de Bernard Jobard, un patron pêcheur breton, originaire de Plouescat, responsable de six salariés, père de famille et... époux de la pauvre Yvette.
L'histoire remonte à la nuit du 17 août, au large d'Ouessant. Le chalutier français Sokalique est percuté en pleine nuit par un gros bâtiment. Le commandant du bateau de pêche, projeté par-dessus bord, meurt noyé sans que personne ne puisse le secourir. Tandis que le chalutier commence à couler, les six marins composant l'équipage n'ont que quelques minutes pour construire un radeau de survie et tenter d'échapper à la mort. Ignorant les appels de détresse des naufragés, le grand navire poursuit sa route, refusant toute communication.
Où l'on découvre les îles Kiribati
Le 18 août au matin, la Marine nationale française arraisonne l'Ocean Jasper, un vraquier de 90 mètres armé par une société turque, le déroute et l'immobilise sur une base militaire de Brest. Son équipage est interrogé par la gendarmerie maritime et, rapidement, la justice française établit formellement l'implication du cargo dans le naufrage du Sokalique : les gendarmes ont retrouvé des traces de peinture sur la coque de l'Ocean Jasper et l'incident a été consigné dans son carnet de bord. Selon le procureur de Morlaix, Laurent Fichot, « Dans leurs interrogatoires, le commandant et le second du navire ont confirmé l'existence d'une "collision avec un navire" au moment du naufrage, sans autres précisions sur les circonstances. »
Puisque l'accident s'est produit dans les eaux internationales, malgré ces preuves, des poursuites pour homicide involontaire, délit de fuite et mise en danger d'autrui ne pourront être engagées que si les îles Kiribati - dont le cargo bat pavillon - donnent leur accord.
Dans le cas contraire, l'Ocean Jasper pourra reprendre sa route vers la Turquie, laissant le dossier en charge aux autorités de la république de Kiribati... Le petit archipel de 100 000 habitants, perdu entre Hawaï, les îles Marshall et le nord de la Polynésie française. Le pavillon de ce micro-Etat est dit de "complaisance". C'est-à-dire qu'il bénéficie d'une immatriculation utilisée par les armateurs pour contourner les réglementations des grandes puissances maritimes. Selon Robin-des-bois, une association de protection de l'environnement, l'Ocean Jasper a un « très mauvais profil » : « Jusqu'en juillet 2005. il était immatriculé en Corée du Nord sous le nom de Nilly. Le pavillon de la Corée du Nord est connu comme le plus mauvais et le plus dangereux des pavillons de complaisance. Quant à Kiribati, elle hérite des plus mauvais navires de commerce en service sur l'océan mondialisé. Cet État n'est vraisemblablement pas doté d'une administration maritime apte à contrôler le bon état de la maintenance des navires. » D'ailleurs, le gestionnaire de l'Ocean Jasper ainsi que la société chargée d'en valider la sûreté seraient «inconnus».
Loin d'être anecdotique, ce phénomène est désormais une norme. Depuis la fin des années 1960, le commerce maritime de plus en plus "mondialisé" a connu une externalisation massive et une multiplication des pavillons de complaisance. Aujourd'hui, une trentaine de micro-Etats marchandent leur souveraineté en enregistrant des flottes sous leur propre pavillon. L'externalisation permet de faire baisser les coûts généraux d'exploitation mais aussi d'échapper à toute poursuite en cas d'infraction, grâce à la multiplication des intermédiaires.
Les pavillons de complaisance permettent d'échapper aux réglementations nationales et internationales. L'enregistrement sans contrôle s'effectue en une journée dans un consulat ou une ambassade, et l'État qui prête ainsi son pavillon est rémunéré au forfait en fonction du tonnage du navire.
Les droits d'enregistrement sont de 50 % inférieurs à ceux d'Europe. Les États concernés ne reconnaissent ni conventions collectives ni protection sociale, permettant ainsi de sous-payer les équipages et de leur imposer des cadences infernales... débouchant à terme sur des drames tels que celui du Sokalique.
"Voyous de la mer"
Ainsi, la faible incidence du transport naval par rapport à ses coûts réduits a multiplié les flux du trafic mondial par 5 entre 1970 et 2000. Grandes capacités à longue distance, faible consommation d'énergie, "souplesse" du code du travail, l'océan est devenu un vecteur de la mondialisation... et tant pis si, chaque année, 50 % des pertes de navires sont imputables à des bâtiments battant pavillon de complaisance. L'association Robin-des-bois rejoint le syndicat CGT et la veuve du commandant Jobard, en déclarant que « le défaut d'assistance dont est soupçonné le cargo est un acte criminel qui relève des tribunaux français ». Leurs espoirs se fondent peut-être sur le fait qu'en 2001, le président Chirac, suite au naufrage du Prestige, avait dénoncé les « voyous de la mer ». C'est oublier que quinze jours après, il décorait de la Légion d'honneur Tristan Vielgeux, l'armateur propriétaire du Kalinga qui, sous pavillon panaméen, avait abordé et coulé le bateau français le Tricolore ! Avec une réglementation maritime de plus en plus laxiste, on ne peut que souhaiter bien du courage à Yvette Jobard.
Patrick Cousteau monde et vie. 1er septembre 2007 -
Matriarcat Celte : Boadicée (Grande Bretagne), une reine guerrière contre l'empire romain
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L'Occident devient-il inintelligent ?
Nous savons bien que les tests de QI, ce fameux quotient intellectuel qui fascine lorsqu'il dépasse les 140 ou 150 et qui rebute les esprits rêveurs, ne mesurent qu'une fraction indéterminée de l'intelligence humaine. Mais force est d'admettre qu'il existe certains tests de QI proposés aux élèves, étudiants, patients, génies et autres fous qui n'ont pas évolué d'une virgule depuis leur introduction dans l'histoire de l'évaluation de l'intelligence humaine. Si le test d'Alfred Binet de 1911 ne fait plus guère figure de référence aujourd'hui, le test de QI qui avait été finalisé dans les années quarante par quelques scientifiques communautaires américains a toujours été appliqué sans discontinuité depuis son intronisation et l'est encore de nos jours dans l'ensemble des nations occidentales. C'est officiel, médiatiquement, scolairement, professionnellement officiel, ce test de QI constitue le reflet de l'intelligence d'un individu soumis au pal mental, et la radiographie de l'intelligence d'un peuple ou d'un pays lorsqu'une moyenne de tous les tests de QI d'une société donnée est calculée et analysée.
Depuis des décennies, le pouvoir politique par le biais de ses appareils médiatiques s'enorgueillissait des statistiques annuelles qui indiquaient, disaient les savants, une croissance continue de l'intelligence humaine en générale (en Occident et dans le Tiers-Monde, parti, lui, de très bas, éducation nationale déficiente aidant) et de l'intelligence des jeunes en particulier, grossièrement des 15-30 ans. Cette courbe montante dont se glorifiaient certains évolutionnistes faisait en outre le bonheur des progressistes et des pédagogues affiliés au pouvoir en place : les systèmes éducatifs des pays occidentaux et des démocraties étaient d'une extrême efficience puisque le QI moyen des lycéens et des étudiants de ces sociétés explosait chaque année tous les records...
On imagine le séisme qu'ont dû vivre tous ces fiérots dans leur tête carrée lorsqu'ils prirent connaissance de l'étude du maître mondial incontesté de la science "QIiste" et de son histoire, le légendaire Néo-Zélandais James Flynn (le découvreur de l'effet Flynn) qui, dans une étude toute chaude retranscrite dans un article de la revue American Psychologist du mois de mars 2012, démontre parfaitement, imparablement, oserions-nous dire, non la stagnation de l'évolution du QI moyen des jeunes Danois et des jeunes Norvégiens (le Danemark, la Norvège et la Suède sont considérés comme les nations disposant du meilleur système éducatif mondial et sont parmi les plus riches au monde proportionnellement au nombre d'habitants) mais son affaissement, sa décroissance structurelle ! L'information scientifique est d'autant plus sérieuse qu'elle est diffusée par ce James Flynn qui affirmait encore il y a quelques années que le gonflement moyen du QI était en quelque sorte linéaire et "mathématique"... « Pour la première fois, écrit Flynn en mars, le QI moyen pourrait atteindre une limite » et donc reculer.
Mais l'inquiétude principale des savants réside dans le fait qu'il n'est pas sûr que le QI des autres pays occidentaux et des pays en voie de développement atteignent ce même pic Scandinave avant de décroître ou de s'écrouler. Car il faut dire que les pays nordiques ont joui longtemps non seulement d'une éducation efficace comme nous le disions plus haut mais aussi de conditions sanitaires et sociales très en pointe au sein du monde industrialisé. Un système médical rigoureux et au-delà de cela une alimentation très complète, très qualitative tout en étant suffisamment riche pour donner au cerveau (qui consomme 20 % des calories dont le corps humain a besoin) une source optimale d'énergie. Les chercheurs du monde entier s'efforcent d'ores et déjà d'apporter des explications à cette décroissance de l'intelligence occidentale. Quelle serait la cause principale de cette soudaine médiocrité cérébrale ? D'aucuns voient dans l'essor et le triomphe des nouvelles technologies une raison majeure de cet abêtissement. Il y a d'ailleurs quelques mois des scientifiques de l'université de Columbia prétendaient voir dans les moteurs de recherche (Google) une source d'abrutissement, ce genre d'outil contribuant à l'hypotrophie de la mémoire, des « facultés mnésiques ».
D'autres pensent que l'homo sapiens a tout simplement atteint son pic d'intelligence pour diverses raisons physiologiques... Mais ces derniers sont des drôlets puisque si une stagnation du QI peut corroborer leur conjecture, une diminution générale des résultats des tests, qui a été observée et bien observée, répétons-le, infirme cette thèse bizarre de « l'intelligence parvenue à son âge adulte ». Bref la seule alternative explicative crédible admise par nos savants stipendiés réside dans l'idée de la malfaisance pour l'intelligence d'Internet et des jeux vidéo. Nous voulons bien croire à la nocivité relative de ces technologies qui inondent l'univers mental des enfants, des adolescents et des adultes. Mais aucune grande barbe n'a seulement osé évoquer l'influence grandissante d'un phénomène tout autant croissant qu'est l'immigration extra-européenne qui sévit aussi bien en Scandinavie qu'en France (où l'outil statistique est archaïque et bricolé sans cesse). Une nouvelle population s'installe d'une manière volontairement pérenne en Europe. Avec ses repères, ses coutumes, sa vision du monde et ses caractéristiques propres... Ses membres sont "QIsés" comme les autochtones. Leurs spécificités culturelles de "primo-arrivants" ne pourraient-elles pas expliquer, aussi, dans une certaine mesure, cette nouvelle déroute de l'intelligence globale ?
François-Xavier ROCHETTE. Rivarol du 20 avril 2012 -
Rébellion #56 - Edito: Réflexion en écho à celle d'un philosophe transalpin
Vers la communauté humaine. Réflexion en écho à celle d'un philosophe transalpin.
"L'être humain est la véritable communauté [Gemeinwesen] de l'homme."Karl Marx.
La récente parution en français du livre de Costanzo Preve, "Eloge du communautarisme" (1) publié en Italie en 2007, vient opportunément rappeler ce qu'il en est de l'enjeu majeur de la période contemporaine, celui de la sortie possible du capitalisme, devenu "CapitalismeAbsolu" adossé à l'idéologie ultra-libérale et dont la pérennisation mettrait à mal - à plus ou moins long terme - la richesse des potentialités de l'espèce humaine dans un monde totalement manipulé. On ne s'étonnera pas du fait que l'éloge entrepris par le philosophe italien converge avec l'orientation communautaire que nous défendons depuis tant d'années et qu'il nous donne ici l'occasion d'y revenir. Cet effort théorique d'éclaircissement en vue d'une orientation critique dans la lutte contre le Capitalisme Absolu devrait devenir le trésor commun de tous ceux voulant se mettre en marche vers la réalisation d'une authentique communauté humaine. Notons quelques axes de pensée importants à cet égard.
I) Le capitalisme se trouve dans l'incapacité de réaliser une communauté quelconque. Sur ce point, l'auteur est en désaccord avec Jacques Camatte de la revue Invariance paraissant en France depuis la fin des années soixante. Ce dernier a estimé que le capital a pu s'ériger en communauté despotique, l'Unique autoréférentiel, par un processus d'anthropomorphose ("anthropomorphose du capital"). Il est en quelque sorte la Substance devenu Sujet du Hegel de la Phénoménologie de l'Esprit, le mouvement de la valeur s'engendrant d'elle-même, subsumant le mouvement social, dans une mystification bien réelle et agissante. Les individus ne sont plus alors que des particules attirés dans le champ social du capital. Nous serons d'accord sur le fait qu'il n'y a là qu'une parodie d'un processus d'universalisation humaine. Le problème est en effet central : comment concilier communauté particulière et universalité? Dans son universalisation de la forme-marchandise, le capitalisme produit à l'heure actuelle des pseudo-communautés, y compris totalement virtuelles par le biais de la médiasphère. La perte, l'aliénation de l'individualité humaine sont compensées en apparence par la formation et la quête d'identités phantasmées (omnipotence imaginaire des individus, leur impuissance concrète). Se trouve ainsi éradiquée toute initiative efficace de reprendre son existence en mains (par la force du lien social). Si l'on entend par communauté, la possibilité d'expression/manifestation/ /objectivation de l'homme en tant qu'être générique (produisant des formes diverses sociales du travail et des formes communautaires d'existence sociale multiples) alors, effectivement, la "communauté du capital" ne saurait faire sens, ne serait qu'une parodie de communauté puisque la source et les résultats de l'activité humaine lui échappent, se retournent contre elle sous la forme de "la communauté réelle de l'argent" (Marx). Marx peut employer ici cette expression car l'argent est l'existence réifiée de toutes les qualités humaines. Ce qui est commun dans leur abstraction quantitative et de ce fait manipulable. Le lien social est en-dehors d'elles, dans un objet ou ce qui lui sert de signe monétaire. Retenons donc que le capital ne saurait faire communauté.
II) L'éloge du communautarisme ne peut faire l'impasse d'une critique de certaines interprétations de celui-ci.
a) D'abord, est-il un substitut pertinent au terme de communisme, et que nous devrions utiliser? Oui et non, pensons-nous. Oui, parce qu'il permet de prendre ses distances à l'égard de certaines expériences historiques qui n'ont pas échoué, comme le remarque Preve, mais n'ont que trop bien réussi! C'est-à-dire, qui ont mené à bien la vision néopositiviste et scientiste qu'était devenu le marxisme de la fin du 19° siècle et dont avait hérité, en particulier, le marxisme soviétique dans sa forme historique récemment disparue. Cela permet à un marxisme vivant (ou théorie marxienne?) de s'appliquer à lui-même sa charge critique (ce qui est, pour le moins, ce que l'on doit attendre d'une pensée dialectique). Non, dans une certaine mesure à notre avis, car il ne signifie pas autre chose que ce que Marx a toujours pensé sous le terme de communisme comme étant l'équivalent de la réalisation de la communauté humaine. Le vieil Engels, lui-même, rappelant que les deux compères avaient depuis leur jeunesse utilisé le terme allemand ancestral de "Gemeinwesen" pour signifier ce qui appartient en propre à l'essence des hommes. Puisque nous rejetons intégralement la dynamique du capital sous toutes ses formes, nous pouvons alors nous qualifier de communistes ou communautaristes, indifféremment. Le terme de communaliste serait également adéquat dans cette optique.
b) Ensuite, le communautariste pense de façon rigoureuse le rapport individu/communauté. Les deux sont complémentaires. En fait, seule la véritable communauté donne tout son poids à l'individualité. Elle en est même la condition sine qua non. L'universalisme de Costanzo Preve n'est pas à la remorque du globalisme marchand. Celui-ci ne fait que briser les derniers vestiges de ce qui restait des communautés traditionnelles déjà fort mises à mal par le monde moderne. Ce qu'il y a d'universel en l'homme, c'est en premier lieu une aspiration utopique ancienne et enracinée de l'espèce humaine et que l'auteur revendique explicitement. Elle est un rêve (pas un délire) d'une hominisation/humanisation en quête d'harmonie. Elle a, par ailleurs, sa forme concrète dans une pratique et une aspiration à la démocratie réelle inhérentes à la nature humaine dans la mesure où l'être humain possède le logos (raison et parole) qui ne le fige pas dans une universalité muette de type instinctuel.
c) La praxis libérée de l'aliénation capitaliste ne saurait déboucher sur la création de formes de communauté figée sur une identité plus ou moins supposée et fixée de toute éternité. Pour être simple et à titre d'exemples, ce n'est pas parce que le capitalisme dans son appétit insatiable de consommation de capital variable prône à cet effet, le "multiculturalisme" et l'antiracisme de salon, qu'il est nécessaire de lui opposer un racisme plus ou moins assumé. Les deux participent de la construction du monde tel qu'il est. Dans un monde uniformisé, il est bon de protéger son individualité mais celle-ci ne s'exprimera guère qu'au sein de limites très étroites débouchant parfois sur des bizarreries et lubies diverses. De même, un "communisme de caserne" reste fondamentalement irrationnel quant aux perspectives d'épanouissement humain. Ces quelques illustrations témoignent d'oppositions mécaniques entre individu/communauté, identité/altérité, pérennité/processus, substance/devenir, égalité/différence, qu'il faut au contraire dialectiser.
III) Qu'est-ce qui garantit la véracité d'une telle orientation communautariste sachant que le relativisme, le scepticisme et le nihilisme minent les fondements de la pensée occidentale au moins depuis l'accession du capitalisme à sa domination? Costenzo Preve a le mérite de reconduire la question de la pertinence des idées au socle de la pratique sociale : "la notion abstraite de 'vérité' ne naît pas en tant qu'approximation scientifique procédant d'une compréhension toujours meilleure d'un monde extérieur donné comme préexistant, mais plutôt comme réduplication de la communauté sociale matérielle dans une communauté idéale de faits et de valeurs partagées." (2). Ainsi est dépassée l'aporie de l'opposition matière/esprit et de son complément gnoséologique (3) de la théorie du reflet idéel de la matière extérieure à la conscience ayant fait couler beaucoup d'encre. La conscience est celle de l'être social vivant et de son déchirement dans l'aliénation du processus social jusqu'à son stade contemporain de la manipulation universelle. C'est l'occasion pour l'auteur de réévaluer à cette aune l'histoire de la philosophie occidentale en mettant l'accent sur les moments de prise de conscience des ruptures au sein de la vie communautaire et des moyens de les penser et d'y remédier, notamment chez les trois grandes figures que sont Aristote, Hegel et Marx. Ce sont des philosophes ayant mis l'accent sur les nécessaires médiations productrices de lien social s'opposant au mouvement d'autonomisation/ domination de la valeur. Le triomphe de l'Economie au détriment de la vie communautaire n'est pas une loi naturelle dont la justification par le règne universel des droits de l'Homme serait l'expression idéelle et incontestable. "La tradition philosophique occidentale, comme d'autres, naît en tant que réflexion sur la nature de la vérité sociale, une fois que cette vérité est mise en péril par l'avènement d'un non-sens qui est toujours et en toute chose un non-sens communautaire." (4). Le philosophe turinois se fait ici l'écho, nous semble-t-il, du philosophe napolitain du début du 18° siècle, G. Vico qui écrivait : "Le criterium du vrai, et la règle pour le reconnaître, c'est de l'avoir fait."De l'Antique sagesse de l'Italie. Chap I. Seul, le recours à l'essence de la vie communautaire dans ses possibilités, donne sens aux propositions les plus fondamentales. Il y a toujours au sein de la réalité quelque chose qui existe "en puissance" comme l'avait théorisé Aristote et que la désaliénation sociale traduirait "en acte".
IV) Ces possibilités authentiquement humaines et potentiellement explosives pour le règne du Capital existent bel et bien et sont ce contre quoi celui-ci s'acharne pour en faire disparaître jusqu'au souvenir et/ou les pervertir (aliénation/réification des passions humaines en particulier). "Le Capital doit travailler sur les deux plans de la rationalité et de la socialité humaine de l'homme, qui sont inextirpables, mais aussi manipulables." (5). Rationalité instrumentalisable, purement technicienne et gestionnaire contre rationalité philosophique. Communautés de substitution (pseudo identités sectorielles) contre "souveraineté communautaire" incompatible avec le monothéisme de marché. Costanzo Preve défend alors une "redéfinition universaliste et progressive du communautarisme" (Chap. VI. p 209 à 240). "L'universalisme philosophique représente tout simplement pour moi l'extension physiologique et géo-philosophique de l'idée de vérité communautaire à celle d'une unique communauté mondiale. La 'vérité' du moment communautaire consiste en ce que l'individu a besoin d'une médiation concrète qui soit en état de relier son irréductible singularité à l'universalité abstraite de l'humanité pensée de façon planétaire." (6). Aux antipodes de l'idée de téléologie objective dirigeant l'ensemble du processus historique de l'humanité de façon nécessaire, il faut plutôt penser que la caractéristique de l'homme comme être social, générique, produit le mouvement plus ou moins irrégulier et non linéaire sur le chemin conduisant à l'unité au sein de l'espèce humaine. Ce que l'on peut appeler un processus d'universalisation. L'homme entre de plus en plus en relation par ses multiples productions/extériorisations objectives avec l'ensemble des autres hommes. En ce sens sa socialité s'élargit. Mais le Capital dresse des barrières aliénantes en travers de celle-ci. Il s'enferme dans un cycle de reproduction extensive et intensive de la domination de l'Economie sur l'activité sociale. Sa globalisation est donc destructrice du lien communautaire et de toute médiation donnant sens au rapport individu/communauté. Inversement, c'est grâce à diverses médiations culturelles, politiques, etc. que l'individu peut prendre part à la dimension universelle de l'espèce humaine. Le cosmopolitisme ultra-libéral ne met en relation que des individus mûs par le cycle production/consommation de marchandises et de sa représentation spectaculaire. Ce n'est que dans la lutte contre l'universalisation du règne despotique de la valeur et de la marchandise que les hommes constitués en groupes, communautés agissants, retrouveront le chemin de leur hominisation/humanisation enracinée et du libre développement de l'individualité.Rébellion http://cerclenonconforme.hautetfort.com
NOTES :
1) Ed. Krisis. Traduit et présenté par Yves Branca. Préface de Michel Maffesoli. Sept.2012. 267p. 23 euros.
2) Ibidem. p. 95.
3) Gnoséologie : théorie de la connaissance.
4) Ibidem. p.97.
5) Ibidem. p.215.
6) Ibidem. p.240. -
[Tribune libre] Homme providentiel et « Sujets d’actualité »…
Chaque élection présidentielle est l’occasion pour les Français et électeurs que nous sommes d’imaginer, d’idéaliser le meilleur Président, le meilleur chef, mieux, l’Homme providentiel qu’il nous faudrait pour gouverner la France.
Tout compte dans ce choix, les Français sont sensibles à tout, mais, car il y a un mais dans ce choix : On ne peut pas tout dire !
Il va falloir faire ce choix, mais en dissimulant un grand nombre de raisons profondes. Il faut impérativement respecter le « Politiquement correct ». Et donc, comme l’on n’osera éliminer personne pour les vraies bonnes raisons, on se retrouvera finalement à choisir entre des candidats partiellement identiques, voire rigoureusement semblables.
Peut-on rêver autre chose ? Et, si nous laissions ici s’exprimer un point de vue différent, sans doute totalement iconoclaste, utopique et certainement : « Politiquement très incorrect ».
Allons-y, je me lance ! Mon « Homme providentiel », je l’aimerais élu au suffrage universel, un Président qui fasse l’unanimité chez tous les Français, appelé aux plus hautes fonctions par l’ensemble du pays, et disposant d’un socle significatif d’électeurs, au minimum 65% des suffrages, en dessous de cette barre, il ne saurait accepter ! Elu, pour une période suffisamment longue pour être efficace et lui permettre de s’exprimer dans la durée, un CDI en quelque sorte !
Et comme je peux m’exprimer ici sans gène ni tabou, je le choisirai issu d’une famille ancienne, représentative de la « France profonde » (que souvent l’on brocarde).
Je ne choisirais pas d’ailleurs que le Président, je prendrai en compte sa famille (ce que beaucoup font dans le secret de l’isoloir). Je préfère choisir une famille, (le Président, son épouse, ses enfants…) Je me sentirais mieux représenté par quelqu’un auquel je pourrais m’identifier ; et qu’y a-t-il de plus représentatif que la famille ? Tout y est, les joies, les peines, les réussites, les échecs, les problèmes de toutes sortes, en trois mots : la mort, la vie, l’amour ! La famille, cellule de base, base de tout ! L’ensemble des familles de France forment le Pays ! Le chef de famille détient l’autorité parentale et le chef de famille suprême, qui détiendrait toute autorité, pourrait être ce Président que j’appelle de mes vœux.
Encore un tabou à renverser… Je le choisirais chrétien ! Parce que c’est la tradition religieuse et historique de notre pays, ne pas admettre que la France est une terre chrétienne est non seulement une ridicule contre-vérité, mais bien pire, une option suicidaire !
Gauche, Droite, grande question qui divise les Français à parts égales, puisque les résultats des élections se situent grosso modo à 51% pour le grand gagnant, contre 49% pour le grand perdant terrassé par le parti adverse… Eh bien moi, je verrais bien le Président au dessus de la mêlée, non inféodé à une coterie, s’entourer sur sa gauche comme sur sa droite, (Père gardez-vous à droite, Père gardez-vous à gauche…) de conseillers des deux camps, y compris jusqu’aux… extrémités puisqu’elles existent.
De telle sorte, que si l’on se réfère à la règle des 51/49%, on se retrouverait à 100% du corps électoral représenté ! A ce Président, je donnerai tous les pouvoirs ! Oui, je lui donnerais tous les pouvoirs, les mêmes qu’au chef de famille, avec l’autorité parentale.
Alors, me direz-vous, vous considérez les Français comme des mineurs non émancipés de la tutelle parentale !
Certes non, les Français ont leur mot à dire concernant leur avenir et la conduite du paquebot France, mais doit-on les consulter sur tout ? Devions-nous faire l’Europe dans sa forme actuelle ? Devions-nous faire l’Euro, ou pas ? Est-ce au peuple de décider s’il faut ou non ratifier tel ou tel traité ?
Je pense que nous pourrions laisser le Président, en son conseil, décider de ces choses là en lui faisant confiance, puisque nous l’aurions investi.
Oui, je souhaite un Président, chef de tout, décideur de tout, et surtout : responsable de tout. Il me semble qu’aujourd’hui, dame responsabilité a disparu !
La responsabilité s’est diluée, l’on cherche des responsables à tous les aléas de la vie, et la responsabilité n’est plus de mise ! Dans la réalité, plus personne n’est responsable de rien, c’est de la faute à la Crise, au Chômage, à l’évolution des mœurs, au réchauffement climatique…etc., etc. Et moi, en ces temps de crise, sujet à la déprime ambiante, j’ai besoin d’être estimé, soutenu, protégé par un Président responsable de moi, j’aime à savoir que je compte pour lui…
Un Président paternel, responsable, débonnaire, mais détenteur de toute autorité, un Président à l’écoute, entouré, conseillé, en fait un « Homme Providentiel » semblable à un Bon Roi des temps anciens, du temps de la Douce France. Peut-être pourrions-nous le chercher ? Peut-être pourrions-nous le trouver ?
Et à force de chercher, j’ai fini par le trouver… Qui cherche, trouve ! Je l’ai trouvé ! Et voici son portrait : De bonne famille, de vieille famille, c’est essentiel. Sa famille a tout vécu, tout connu, elle a brillé comme le soleil, partagé l’infamie des condamnés à mort, elle a été bannie de France, traversé l’exil, affronté l’anonymat et l’oubli. Elle a connu l’évolution, la révolution, la restauration et maintenant la discrétion, elle a payé un lourd tribut à la France et néanmoins, elle a traversé les âges et peut nous offrir aujourd’hui ses meilleurs fils pour incarner et gouverner la France. D’âge mûr, car on ne saurait confier la barre du paquebot France à un trop jeune capitaine, né en 987 cela lui fait 1025 ans aujourd’hui, c’est raisonnable ! Préparé depuis l’enfance, trempé par les épreuves, amoureusement accompagné et prêt à servir depuis toujours ; c’est bien sûr à un Roi que je pense ! Mais comment diable convaincre les Français que ce serait la solution ?
C’est bien en cherchant le visage du Président idéal que s’est dessiné le portrait robot du Roi. Mais de quel Roi voudraient les Français d’aujourd’hui ? Disons le tout de suite, s’il devait s’agir d’un Roi inutile, folklorique, une sorte de roi fainéant ; aucune chance de les convaincre !
Le Roi qui pourrait se faire aimer des Français aujourd’hui sera responsable, responsable de la France, responsable des Français.
Un Roi qui ne représenterait en rien le passé ! Un Roi d’avenir ! Patron de la Maison France, seul maître à bord après Dieu !
Un Roi semblable à une rose des vents, la tête dans les étoiles, les yeux fixés sur le ciel et l’étoile polaire, pour garder le bon cap et ne pas perdre le Nord…
Les pieds enracinés dans le Sud, le ventre de la terre, le pays réel, la terre de nos ancêtres !
Un Roi ambidextre, les bras grands ouverts, accueillants l’Est et l’Ouest, la droite et la gauche, et sans céder aux chants des sirènes des uns et des autres…
Un sacré Roi, un Roi sacré, de droit divin, un Roi très chrétien, garant de la charité chrétienne dans le royaume et du respect et de la protection dû à chacun, un Roi qui ramènerait la fierté aux Français !
En fait, soyons en convaincus, les Français n’attendent que ça : un vrai patron ! Certes, absolu, héréditaire, quelle hérésie, comment peut-on oser tenir de tels propos en 2013 ? Mais décryptons un peu pour les esprits chagrins : Absolu, c’est (en 2013 et en France) qui décide en dernier, qui ratifie, après étude, conseils et consultations éclairées. Ce pourrait être obtenir l’unanimité avant décision…autoritaire. Héréditaire, c’est assimiler le Pouvoir à la famille, c’est se doter d’une famille représentative, c’est prendre pour norme la famille, cellule de base de la société.
Ce ne serait pas si étrange et incongru, et si les Français acceptaient simplement d’en débattre ? Quel serait l’accueil que réserveraient les Français si l’on osait leur parler ainsi ? Serions-nous capable d’oser dire par voie de presse, télévision et tous les médias à notre disposition aujourd’hui : Nous avons cherché l’homme providentiel qui pourrait nous guider dans ces moments difficiles. Nous l’avons trouvé, et voici qui il pourrait être !
Et, comme les sept cavaliers, il n’attend rien, n’espère rien, et se garde bien d’imaginer [Sic]* …simplement, il est là ! Peu de Français le connaissent, et ceux qui en ont entendu parler sont convaincus que la réalité d’une monarchie moderne n’est pas d’actualité, en Angleterre peut-être, pas chez nous !
C’est cette idée que nous devons combattre, et repousser ce modèle de monarchie constitutionnelle qui n’a aucun espoir chez nous : un Roi décoratif, folklorique et coûteux…
Il nous faut avoir le courage de bousculer les tabous, et oser affirmer que c’est un patron compétent et efficace que nous cherchons. Un patron qui puisse œuvrer dans la durée, un patron qui construise pour lui et sa famille, ses familles, c’est-à-dire nous !
C’est là qu’est la modernité, un vrai patron pour la France, pas un intérimaire titulaire d’un contrat à durée déterminée ; et encore moins d’un Roi constitutionnel, qui ne serait que décoratif.
Dans les souvenirs des Français, il y a toujours vivace l’image d’un Saint Louis rendant la justice sous son chêne, celle d’Henri IV, qui se préoccupe du repas dominical, celle flamboyante de Louis XIV, d’autres aussi très certainement, et c’est chaque fois quelqu’un de très près de son peuple ou si resplendissant qu’il nous emplit de fierté.
La monarchie n’est pas une idée dépassée, bien au contraire, mais elle est enfouie dans notre subconscient, rejetée, repoussée comme une fascination malsaine et inavouable. Comme pour une psychanalyse, il faut faire remonter à la surface ses désirs profonds, mais tout nous en empêche, c’est au mieux désuet, ridicule et complètement archaïque.
Mais la réalité est bien là, les Français ont le besoin charnel d’aimer leur dirigeant, ils le cherchent à travers leur Président, mais sont toujours déçus par tous ceux qui ne représentent qu’une grosse moitié d’entre eux. Ils seraient heureux et fiers de pouvoir aimer leur Président et leur Première Dame…mais n’y arrivent point ! Alors ils rêvent avec les princesses anglaises et se saturent de royales images venues de Grande Bretagne ou de la Principauté de Monaco.
Il suffirait de peu de choses, le besoin est là, l’envie est grande, il ne manque que le déclic pour enclencher la libération de ces émotions refoulées et laisser cours à ces élans du cœur.
Les Français oseraient aimer leur Famille Royale s’ils la connaissaient mieux. C’est un pari à tenter, car actuellement, nous avons en circuit fermé nos propres médias royalistes, à destination des royalistes, et nous ne sommes pas toujours d’accord entre nous !...
Il faut sortir de notre microcosme et aller à la rencontre des Français, non pas à travers des conférences pour des (déjà) convaincus, mais descendre dans l’arène et se colleter aux réalités du terroir. Il faut aussi faire vite, car si la période n’a jamais été aussi propice, il y a déjà du monde sur ce créneau, nous ne sommes pas les seuls à œuvrer pour le Roi, d’autres ont le leur également, et il ne faudrait pas que pour une querelle de personnes nous ne décrédibilisions notre cause.
Il faut surtout se convaincre soi même que le besoin d’amour royal est immense, il ne demande qu’à s’exprimer, ensuite il faut prendre son bâton de Piéton du Roi, dire la bonne nouvelle, faire des disciples.
Laissons les armes aux citoyens de 89 et les querelles intestines dépassées, et redevenons de bons et fidèles sujets d’actualité de 2013. Guy Adain
*Jean Raspail
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De Dieu à la guerre par la Banque : le cas américain
Le 24 décembre dernier, l’institut de sondages Gallup divulguait sur son site Internet les résultats d’une enquête téléphonique effectuée au cours de l’année 2012 et portant sur l’appartenance confessionnelle et la pratique religieuse chez les adultes américains [1]. L’étude révélait notamment que 77 % des sondés se déclaraient chrétiens, protestants pour les deux tiers d’entre eux.
Au cours des semaines précédentes, parmi les faits divers qui émaillaient l’actualité, la presse occidentale revint sur le récit de l’affaire Al-Masri (du nom d’un ressortissant allemand d’origine libanaise arrêté, détenu arbitrairement et torturé dans des prisons secrètes de la CIA en Macédoine et en Afghanistan [2]) et, dans un registre plus léger, sur les excuses prononcées par le chanteur pop sud-coréen Psy afin de clore une polémique déclenchée par les paroles d’une chanson vieille de neuf ans, dans laquelle l’interprète de Gangnam Style critiquait de façon incisive la présence militaire américaine en Corée [3].
Deux faits divers sans lien autre que les bases de l’armée ou les services secrets américains, disséminées aux quatre coins de la planète, comme autant de relais affichés ou masqués de l’impérialisme et de la violence guerrière anglo-saxonne, de la Corée à la Colombie et des Balkans à l’Australie en passant par le Golfe Persique, pour illustrer de manière explicite ce chiffre rappelé par le Stockholm International Peace Research Institute [4] : en 2011, l’Oncle Sam était à l’origine de 41 % des dépenses militaires dans le monde. Surgit alors une contradiction évidente : comment une nation dont 77 % des citoyens revendiquent leur foi en Christ peut-elle occuper le premier rang mondial des dépenses en matière d’armements ?
Des observateurs sincères mais peu avisés invoqueront aussitôt un messianisme évangélique et une mission civilisatrice dont se croirait investie l’élite néoconservatrice américaine tout comme d’ailleurs sa base électorale (la moral majority). Cette explication, qui satisfait évidemment les éléments les plus laïcards du camp antimondialiste, peut recouvrir quelques parcelles de vérité mais est néanmoins insuffisante à une compréhension du problème dans son ensemble. Les néoconservateurs, dont l’influence est aujourd’hui contrebalancée par celle des conservateurs réalistes à la Brzezinski et des mondialistes à la Soros [5], affichent certes leur bigoterie comme un gage de crédibilité et de respectabilité face à leurs électeurs, mais il est aisé de vérifier que les plus éminents d’entre eux n’ont retrouvé le chemin de l’église que tardivement, une fois écoulée leur jeunesse estudiantine, gauchiste et libertaire.
L’une des explications, moins divulguée mais plus convaincante, à la contradiction énoncée plus haut réside dans la corruption de l’élite WASP par le pouvoir bancaire associé au complexe militaro-industriel. Traditionnellement associée au monde protestant, la banque sous sa forme actuelle n’est toutefois qu’une lointaine et bâtarde descendante de l’esprit austère et entrepreneurial de la Réforme européenne. À l’aube du XVIIIème siècle, la création de la Governor and Company of the Bank of England [6] (la future banque centrale de l’Empire britannique) marque à la fois la suprématie de la thalassocratie britannique sur sa rivale hollandaise (la Compagnie des Indes orientales étant désormais portée à bout de bras par la banque de la couronne) et le début de l’endettement de l’État par le recours à des créanciers privés (le Tonnage Act, adopté à la même époque et destiné à financer les guerres opposant l’Angleterre à ses rivaux, permettait aux particuliers de s’enrichir sur intérêts par l’achat de bons du Trésor [7]).
La création de la Réserve fédérale américaine sous le mandat du président Wilson en 1913 constitue de ce point de vue un prolongement de cette mutation du système capitaliste et bancaire, l’essor industriel et le développement des techniques de communication permettant à une Amérique affranchie des menaces sécessionnistes de prendre définitivement le pas, après la Première Guerre mondiale, sur des puissances européennes déjà déclinantes. Le rôle d’une élite économique issue de l’émigration juive aux États-Unis, alliée de circonstance des représentants WASP du pouvoir bancaire, dans la prise du pouvoir par la banque peut être rapproché de celui joué par Edward Bernays dans le développement de la propagande moderne ainsi que dans son application à la manipulation de l’opinion des masses en vue d’une acceptation d’interventions armées extérieures.
Si la lecture de la Bible dans certaines églises protestantes (notamment américaines) s’avère particulièrement centrée sur l’Ancien Testament (l’Exode, l’esclavage à Babylone et en Égypte, la fuite des Hébreux peuvent parfois faire l’objet d’études bibliques approfondies mais partiales et favoriser chez certains fidèles une identification, même inconsciente, au peuple juif et donc par là même une sympathie presque instinctive pour le projet sioniste, y compris dans ses déclinaisons les moins pacifiques), il est donc nécessaire de ne pas perdre de vue que la violence guerrière américaine est liée à un protestantisme dévoyé, éloigné de l’esprit de la Réforme dont le modèle capitaliste rhénan constitue un descendant bien plus légitime.
Par Jean C. http://www.egaliteetreconciliation.fr
Notes
[1] http://www.gallup.com/poll/159548/identify-christian.aspx
[2] http://www.newyorker.com/online/blogs/closeread/2012/12/khaled-el-masri-torturing-the-wrong-man.html
[3] http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/northamerica/usa/9731576/Psy-apologies-for-rapping-about-killing-US-soldiers.html
[4] http://milexdata.sipri.org/
[5] Michel Drac, Choc et simulacre.
[6] Alain Soral, Comprendre l’Empire.
[7] « La dette publique, une vieille histoire » par Sylvie Arsever in Le temps, 27/08/2012 http://www.letemps.ch/Page/Uuid/dd326752-d433-11e1-bbf5-6d21c95c98bf/La_dette_publique_une_vieille_histoire#.UPh8e5Hfv7g
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Tugdual Derville : « Derrière ce projet de loi se dessine en perspective un changement de statut de l'enfant »
Monde et Vie : Tugdual Derville, vous êtes l'un des principaux organisateurs de la manifestation nationale du 13 janvier contre le projet de « mariage » entre personnes du même sexe. Au cours des dernières semaines, certaines annonces ont brouillé l'image de cette manifestation : il a notamment été question d'introduire un char « gay » au sein de la manifestation, d'homo-éducation ou de marche contre l'homophobie... Qu'en est-il exactement ?
Tugdual Derville: La ligne qu'a choisie la Manif pour tous vise à rassembler très largement et très paisiblement ; d'où la nécessité de trouver un terrain d'unité qui rassemble le plus largement possible, derrière un mot d'ordre unique: la suspension et le retrait du projet de loi. La lucidité politique nous conduit toutefois à laisser au président de la République une porte de sortie en ouvrant un débat qui a été jusqu'à présent escamoté sur la filiation, la famille et sa fragilité dans une société en crise économique, où elle reste le refuge par excellence.
Par ailleurs, en abordant un sujet aussi sensible que celui de la filiation et de l'engendrement, nous savons que certaines personnes ressentent notre mouvement comme une agression qui s'oppose à leur désir d'engendrer, l'un des plus nobles qui habite l'humanité. Pour échapper à la présomption d'homophobie, mot piégé, mot-amalgame utilisé pour jeter l'opprobre sur notre opposition au mariage entre personnes de même sexe assorti du droit d'adopter des enfants, nous avons choisi de lutter contre « l'homophobie » dans sa terminologie acceptable, qui désigne la stigmatisation des personnes et les discriminations injustes qu'elles peuvent subir. Mon ami Philippe Ariño, lui-même concerné par l'homosexualité, explique ainsi qu'il serait « homophobe » et stigmatisant pour les personnes homosexuelles de prétendre qu'elles devraient toutes militer pour l'effacement des repères hommes-femmes dans la filiation. Nous voulons ainsi à la fois respecter les personnes et déjouer le piège tendu par ceux qui amalgament la stigmatisation avec le légitime refus du mariage entre personnes de même sexe et de cette prétendue « homofiliation » mensongère.
Comme vous le rappelez, des maladresses ou des incompréhensions ont eu lieu, mais elles ont été corrigées et levées. Xavier Bongibault, qui est l'un des porte-parole de la Manif pour tous et homosexuel, a clairement récusé l'idée, un moment exprimée, d'incorporer à la manifestation un char « gay », en rappelant que l'humanité se compose d'hommes et de femmes, comme le disait l'ancien premier ministre socialiste Lionel Jospin à l'époque de la légalisation du Pacs.
Un correctif a aussi été apporté aux interprétations concernant les tenues des dignitaires religieux, des prêtres catholiques en particulier. Il a été dit très clairement que ces personnes peuvent venir en portant le vêtement propre à leur état. En revanche, par respect pour les sensibilités diverses qui s'y côtoient, religieuses ou pas, la Manif pour tous a demandé que l'on ne fasse pas de la manifestation un pèlerinage ou une procession. Ce n'est pas le lieu adéquat et c'est le gage du rassemblement le plus vaste et le plus unitaire possible.
Vous mettez l'accent sur le caractère unitaire de la manifestation. Comment se traduit-il « sur le terrain » ?
Réussir à lancer, en France, un mouvement unitaire de cette ampleur, était une gageure. Or, sans que les diversités, voire les divergences, soient effacées, cette unité s'est réalisée et la Manif pour tous rassemble aujourd'hui plus de 30 associations, qui diffèrent à la fois par l'ancienneté, la taille et la structuration. On y trouve aussi bien les associations familiales catholiques que les associations familiales protestantes, Alliance Vita, les Enfants du Mékong, des associations de personnes adoptées, des personnes concernées par l'homosexualité, des personnes ancrées à gauche ou à droite de l'échiquier politique, ainsi que des appels, comme « Tous pour le mariage » qui regroupe déjà quelque 150 000 signataires. Les réseaux sociaux par Internet ont aussi joué un rôle déterminant, ce qui explique la rapidité de la montée de la mobilisation.
Pour parvenir à l'unité tout en respectant la diversité des sensibilités, les associations co-organisatrices de la manifestation ont décidé de s'agréger autour d'un seul logo, d'un seul mot d'ordre et d'une seule tonalité, en sacrifiant ceux qui leur étaient propres. Ces abandons ont permis que se lève un mouvement totalement inédit, qui stupéfie les politiques et les analystes. Je suis émerveillé quand je vois le bon sens de tous ces manifestants, qui ne viennent pas pour défendre leurs intérêts personnels, ni s'opposer à des revendications, mais pour protéger le droit du plus faible afin qu'il puisse accéder à l'une des richesses immuables, les plus universelles et les plus précieuses de l'humanité : être engendré par un homme et une femme. C'est ce droit du plus faible de naître d'un homme et d'une femme plutôt que de se voir imposer une filiation mensongère, que nous défendons; c'est aussi son droit d'être, à cet égard, égal aux autres enfants qui ont un papa et une maman.
La légitimité de l’État se fonde sur la protection de ce qu'on appelait autrefois la veuve et l'orphelin - autrement dit, le plus faible ; or ce projet de loi laisse transparaître une culture de la toute-puissance qui se croit permis d'effacer les repères intangibles sur lesquels se fonde l’écologie humaine. Lorsque j'entends Najat Vallaud-Belkacem, ministre du droit des femmes, expliquer aux enfants endoctrinés que la devise de la République, liberté-égalité-fraternité, doit les conduire à ouvrir leurs parents à l’homofiliation je réponds que cette devise, comprise dans un sens juste, voire chrétien, nous invite au contraire à défendre la richesse de l'engendrement humain qui procède de la complémentarité entre l'homme et la femme.
Vous évoquez le christianisme, quelle place occupe-t-il au sein de la Manif pour tous ?
Le mouvement mérite de rassembler le plus grand nombre de participants, au-delà des croyances légitimes des uns et des autres. C'est pourquoi nous veillons à ce que la Manif pour tous, née de l'initiative de quelques personnes à laquelle se sont agrégées ensuite diverses associations, ne soit pas récupérée par des partis politiques, ni prisonnière de connotations religieuses dans lesquelles ses adversaires cherchent à l'enfermer, ni transformée en un affrontement entre homosexuels et hétérosexuels - termes que je récuse -, mais qu'elle soit avant tout une marche des Français attachés à une réalité qui leur est très chère. Par certains aspects, le mouvement qui se lève aujourd'hui ressemble à l'écologie à ses débuts. C'est en effet le mouvement de l'écologie humaine.
Il bénéficie à la fois de l'unité entre associations et chapelles diverses - les fameuses tribus gauloises - et d'experts visionnaires qui avertissent que derrière le noble désir d'engendrement, aujourd'hui manipulé par l'idéologie scientiste du « gender », se profile l'illusion dangereuse selon laquelle l'humanité va trouver son bonheur en fabriquant des enfants sur mesure et à la demande. Il ne s'agit donc pas seulement d'une revendication minoritaire chez les personnes homosexuelles ; derrière ce projet de loi se dessine en perspective un changement de statut de l'enfant, qui est en prémisses dans les lois bioéthiques et les dérives liées à ces lois : c'est l'idée d'un enfant que l'on se procure, au lieu de l'accueillir inconditionnellement au sein d'une famille, afin qu'il y acquière sa liberté et y découvre la fraternité. En tant que père de famille, je suis admiratif quand des personnes homosexuelles qui luttent à nos côtés disent qu'elles sont prêtes à sacrifier leur vrai désir d'engendrer et d'éduquer, par respect pour le plus faible et le plus fragile.
La Manif pour tous a édicté un code d'habillement Pourquoi ?
La question du code d'habillement, c'est aussi celle de la répercussion et de l'efficacité de notre action. Nous vivons dans une société de l'image et des nouvelles technologies, ce qui n'est en soi ni un bien, ni un mal, mais un fait. Nous utilisons donc tout notre savoir-faire pour que la manifestation soit un beau spectacle, qui exprime notre unité et le caractère joyeux de la famille. En l'occurrence, ce caractère festif et unitaire se traduit par un logo, des chants et un choix de couleurs. Ce n'est pas parce que le sujet est grave que nous sommes invités à faire une marche funèbre.
Justement, que signifient les couleurs bleu-blanc-rose ?
Traditionnellement, on habillait souvent un petit garçon en bleu et une petite fille en rose : ces deux couleurs représentent la différence des sexes, cette richesse de l'humanité. C'est une façon d'endosser cette diversité : le père et la mère sont extraordinairement complémentaires pour un enfant. Ça montre aussi que nous avons de l'humour, de la joie de vivre et de bonnes raisons d'en avoir. Toutefois il ne s'agit pas d'un travestissement et personne n'est forcé de s’y conformer : si des personnes préfèrent manifester dans leur tenue de ville, elles sont les bienvenues.
Le mouvement se poursuivra-t-il après le 13 janvier ?
Oui, cette grande manifestation nationale ne restera pas sans lendemain. Il nous appartiendra ensuite de faire vivre ce mouvement, en le faisant rebondir sur d'autres échéances, politiques et parlementaires, courant janvier, puis autour de la loi sur la filiation et la procréation médicalement assistée, à partir du mois de mars. Nous n’entendons pas laisser la rue ou le débat à nos adversaires et nous serons tenaces.
Propos recueillis monde & vie 15 janvier 2013
