Martial Bild et les sociétaires reçoivent le rédacteur en chef du magazine « Valeurs actuelles », Geoffroy Lejeune. Au programme des débats :
Le blasphème, un droit absolu ?
Mila, adolescente de 16 ans a fait l’objet d’insultes et de menaces de mort pour avoir critiqué la religion musulmane sur les réseaux sociaux. Tout comme les caricatures de Mahomet, les dessins contre Benoit XVI et les injures contre le Christ sur France Inter, il y a un droit absolu au blasphème. Cependant, ce dernier est remis en cause par une importante partie de l’opinion publique, par des politiques et même le ministre de la Justice. Entre polémique et confusion, le blasphème est-il un droit absolu ?
Trump, saison 2 : une bonne nouvelle ?
Débarrassé de son procès en destitution, aidé par l’entrée en campagne calamiteuse des démocrates, tous ceux qui prédisaient la chute de la Maison Trump considèrent aujourd’hui, qu’il est en route pour un second mandat. Faut-il se réjouir du succès de celui que l’on présente comme le chef de file du populisme. Ou s’inquiéter de sa politique étrangère et de son protectionnisme économique peu compatible avec les options européennes ? Trump, saison 2, une bonne nouvelle ?



Lorsqu’on vit depuis des années à l’étranger un sujet régulier d’étonnement est le mélange de répulsion-fascination que suscitent les États-Unis dans les grands médias de l’Hexagone. Certes, il ne s’agit pas d’une nouveauté. La généalogie de l’américanophobie et de l’américanophilie est bien établie. Les historiens la font remonter au XVIIIe siècle. Mais l’ampleur du parti pris journalistique à l’heure de traiter l’information sur l’ami-ennemi américain, est proprement sidérante. Le matraquage « obamaniaque », à l’automne 2012, quelques jours avant les élections présidentielles, n’en est qu’un exemple criant. Le message était d’un simplicité enfantine : il y avait d’une part, Barack Obama, le « bon », le réformateur, le « créateur » du système de protection sociale, et, d’autre part, Mitt Romney, le « méchant », le réactionnaire-opportuniste, le mormon milliardaire, le capitaliste va-t-en-guerre. Oubliée la loi de protection de la santé adoptée par l’État du Massachusetts, en 2006, sous l’impulsion du gouverneur Romney. Oubliées les interventions répétées de l’armée américaine sous les ordres du président démocrate sortant, les attaques de drones qui violaient le droit international (10 fois plus nombreuses que sous Bush Jr.) en particulier au Pakistan et au Yemen, l’envoi de 33000 hommes en Afghanistan, l’intervention en Lybie… En démocratie, disait le théoricien des relations internationales, Hans Morgenthau, « la propagande est inévitable, elle est un instrument de la politique », et son contrôle ne peut être qu’un travail de Pénélope. On ne supprime pas la propagande, pas plus qu’on n’élimine la conflictivité, au mieux, on la minimise.
Le conformisme en histoire, l'équivalent moderne de la censure, n'est pas le privilège de l'Europe. La puissante Amérique se retrouve victime elle aussi du poids des idées dominantes. Hollywood et les grands médias diffusent une version édulcorée du passé en accord avec les bons sentiments à la mode. En revanche, les Américains qui veulent transmettre une autre vision de leur histoire disposent d'atouts que nous pouvons envier. Leur esprit pratique, tout comme les dimensions du pays, rendent possibles des projets qui, dans la vieille Europe, seraient voués à l'échec.