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  • Libérer les agriculteurs du joug administratif

    6a00d83451619c69e201bb09f5cc4b970d-250wi.pngL'IREF (Institut de Recherches Economiques et Fiscales) a publié une étude sur la crise agricole. Présentation :

    "Troisième exportateur mondial il y a encore 15 ans, la France est passée en sixième position, derrière les Pays-Bas et l’Allemagne. Cette chute de compétitivité s’accompagne d’une baisse drastique des revenus de très nombreux agriculteurs : un tiers d’entre eux a gagné moins de 350 € par mois en 2015.

    • Une véritable technostructure administrative est pourtant au chevet de l’agriculture avec près de 1 fonctionnaire pour 20 exploitations. Le contribuable finance le secteur à hauteur de 33 milliards d’euros, soit environ 100 € par ménage par mois. Il serait plus rentable pour de nombreux exploitants de toucher directement leur subvention sans travailler plutôt que de continuer leur activité.

    • En plus d’une gestion particulièrement dispendieuse, les organismes publics et parapublics tels que les SAFER, les chambres d’agriculture ou les interprofessions constituent de véritables corporations au service d’intérêts politiques ou syndicaux et au détriment de la concurrence, de l’innovation et de la liberté d’entreprendre des producteurs minoritaires.

    • Face aux dérives politiques et corporatistes de la technostructure administrative limitant la compétitivité des agriculteurs français, l’IREF propose de privatiser et mettre en concurrence la plupart des organismes la composant, d’abandonner progressivement les subventions et de limiter la réglementation pour permettre aux agriculteurs français de répondre aux enjeux de notre époque de manière durable et autonome."

    En conclusion, l’IREF fait les propositions suivantes :

    1. Le périmètre d’intervention de l’État doit être drastiquement restreint. Les missions du ministère de l’Agriculture doivent se limiter aux services administratifs propres à toute activité économique. Cela implique une réduction significative de sa taille, voire sa suppression, tout comme ses administrations déconcentrées.
    2. Comme tout entrepreneur, un exploitant doit avoir le droit de produire ce qu’il désire, en qualité et quantité souhaitées. Toute forme de contrôle monopolistique de l’offre doit être éliminée.
    3. Il est indispensable de repenser la création de normes en responsabilisant l’agriculteur tout en réduisant la réglementation. Il serait pertinent d’adopter la politique consistant à supprimer préalablement deux ou trois réglementations existantes pour toute nouvelle réglementation décidée par l’UE ou l’État. Le droit coutumier, la responsabilité civile et pénale et la concurrence normative ne devraient pas être négligés pour allier compétitivité et gestion des nuisances environnementales associées à l’agriculture.
    4. Face aux effets pervers des subventions, il est urgent de rétablir les signaux de marché, libérer le pouvoir d’achat du contribuable, laisser les exploitations les plus compétitives innover et concurrencer celles qui sont sous perfusion d’argent public. Il faudrait envisager les négociations sur la PAC post 2020 avec une stratégie de sortie progressive et définitive du financement forcé de l’agriculture européenne par le contribuable, comme cela a été fait dans plusieurs pays du monde. FranceAgriMer et l’ASP pourront alors être supprimés.
    5. Un agriculteur doit pouvoir disposer de sa propriété et des fruits de son travail comme il l’entend avec ceux qui sont disposés à échanger avec lui. En ce sens, le contrôle des structures et les SAFER peuvent être supprimés sans délai. Toute forme de soutien public à l’installation des jeunes agriculteurs doit être abandonnée.
    6. Il faut privatiser et mettre en concurrence les chambres d’agriculture tout en mettant fin à la TATFNB et aux subventions publiques qui leur sont allouées afin de ne plus faire financer la défense des intérêts particuliers d’une corporation par le contribuable. Les agriculteurs pourront ainsi retrouver leur liberté syndicale (et par conséquent celle de ne pas se syndiquer) et ne plus être soumis à un système représentatif majoritaire, contraire à la liberté d’association. Les missions administratives réalisées jusqu‘à présent par les chambres d’agriculture pourront alors être transférées aux services déconcentrés de l’État. De manière générale, toutes les activités de conseil aux agriculteurs devraient être libérées, privatisées et mises en concurrence.
    7. En violation avec la libre concurrence et la libre association, les interprofessions doivent perdre toutes leurs prérogatives légales et leur caractère contraignant. Leur financement doit rester strictement volontaire et limité à leurs membres, sans aucun lien légal ou financier avec les institutions publiques. En ce sens, les CVO et les subventions qui leur sont allouées peuvent être supprimées sans délai.
    8. La MSA, symbole de l’échec du système de retraite par répartition, doit servir d’exemple pour une réforme plus globale vers un système par capitalisation en permettant la création de fonds de pension afin d’assurer une véritable retraite aux agriculteurs. La MSA doit être privatisée et mise en concurrence pour en faire une véritable mutuelle. Les retraités actuels de ce régime peuvent être transférés au régime général. Les problèmes sociaux des exploitants les moins compétitifs ne peuvent plus faire l’objet d’une perfusion d’argent public illimitée. Les politiques protectionnistes vis-à-vis de ces exploitations doivent cesser pour que ces agriculteurs puissent envisager sereinement une restructuration ou une reconversion professionnelle.
    9. Les syndicats d’agriculteurs ne devraient recevoir aucun financement public et ne reposer que sur les cotisations volontaires de leurs membres.
    10. Enfin, pour les mêmes raisons que celles invoquées ci-dessus, les organismes publics et parapublics suivants peuvent être privatisés et mis en concurrence tandis que toute forme de soutien public ou de financement obligatoire peut être aboli pour :
      • le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER),
      • l’institut national de l’origine et de la qualité (INAO),
      • l’Office de développement de l’économie agricole d’outre-mer,
      • l’Institut français du cheval et de l’équitation,
      • le Pari mutuel urbain (PMU),
      • l’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique.

    Dans son étude sur les suicides des agriculteurs, Santé publique France liste une série de facteurs aggravants pour les agriculteurs déprimés tels que les « problèmes de modernisation, de normes écologiques à respecter, de procédures administratives lourdes ou encore […] de transmission de l’exploitation ». Il est urgent de redonner le droit aux paysans d’être de véritables entrepreneurs sur leurs terres et d’éliminer la technostructure d’État dont le rôle consiste ni plus ni moins à leur casser les genoux au nom de considérations arbitraires pour leur offrir a posteriori des béquilles avec l’argent du contribuable. Une telle réforme affectera probablement lourdement les structures agricoles actuelles et accélérera la reconversion d’un certain nombre d’exploitations. Mais elle est nécessaire et plus elle sera retardée, plus l’adaptation sera violente. Les agriculteurs français disposent des terres, du climat et des talents nécessaires pour répondre aux attentes des consommateurs et pour relever les défis de notre époque. Laissons-les révolutionner l’agriculture de demain."

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Jeudi 1er mars, à Poitiers, conférence sur la réinformation

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    L'invitation cliquez ici

  • Ecoles hors contrat : oser la liberté !, par Francis Bergeron

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    9057-20180223.jpgJean-Michel Blanquer fait partie de ces ministres bénéficiant d’un préjugé favorable, parce qu’il veut mettre en place ou soutenir des règles de bon sens dans l’école publique. Quelle mouche l’a donc piqué pour appuyer aujourd’hui un projet de loi, issu de la période Vallaud-Belkacem, restreignant la liberté d’ouvrir des écoles privées hors contrat ? Le projet actuellement examiné par le Sénat définit en effet un encadrement strict de ces écoles.

    Une soixantaine de sénateurs du centre et de la droite poussent à la roue. Ils ont sans doute dans leur viseur les écoles coraniques qui se développent à grande vitesse, et qui sont loin d’être à l’abri du salafisme et de l’islamisme sous diverses formes. Il y a eu le cas de l’école Al-Badr de Toulouse, à présent fermée, ou de l’école musulmane Mine de savoirs, à Raismes, dans le Nord. Mais si Al-Badr a pu être fermée, cela prouve bien qu’une loi nouvelle n’est pas nécessaire pour empêcher l’endoctrinement islamiste d’enfants et d’adolescents.

    En durcissant les conditions d’ouverture de ces écoles, en donnant des délais beaucoup plus longs au maire de la commune d’implantation, et à l’administration, pour contester un projet d’ouverture, c’est presque une déclaration de guerre qui est faite à l’enseignement vraiment libre, et en particulier aux écoles catholiques traditionnalistes.

    En principe le contrôle de l’administration est censé se limiter à l’hygiène et aux bonnes mœurs. Mais la sénatrice centriste qui porte le projet de loi a des formules inquiétantes. Elle explique par exemple que cette loi permettra de s’en prendre à des écoles privées assurant « des enseignements tendancieux » en histoire et en sciences.

    Sur le plan de l’enseignement tendancieux, notamment en histoire, ne faudrait-il pas alors faire d’abord un grand nettoyage dans les écoles publiques ? D’ailleurs, d’une façon générale, le fort développement des écoles privées a surtout pour origine l’effondrement de notre enseignement public, le souhait des parents de mettre leur progéniture dans des écoles de qualité. M. Blanquer en est conscient, et il est alors d’autant plus incompréhensible qu’il puisse soutenir un tel projet de loi.

    Restriction des libertés

    Demain, en histoire, sera peut-être considéré comme « tendancieux » de soutenir que la Révolution française n’a pas eu que du bon, ou que la Vendée a été victime d’un génocide. Et en sciences qui nous dit que ne sera pas considéré comme « tendancieux », et justifiant la fermeture d’une école privée, le fait d’enseigner que l’avortement tue ?

    A un vrai problème (la montée des fanatismes islamiques), répondre par une restriction de liberté de cette nature est la plus mauvaise des solutions.

    Philippe de Villiers est monté au créneau pour exprimer son inquiétude : une telle loi pourrait menacer son école du Puy du Fou. Anne Coffinier, la spécialiste française des écoles privées, avec sa Fondation pour l’école, ne décolère pas. Elle voit elle aussi dans le projet de loi un retour par la bande du vieux rêve socialiste du « tout Etat ».

    Francis Bergeron

    Article repris du quotidien Présent

    https://fr.novopress.info/

  • Jean-Pierre Pernaut sur les critiques: “Si ça ne plaît pas à certains bobos, c’est leur problème”

    Jean-Pierre Pernaut

    Depuis trois décennies, Jean-Pierre Pernaut est aux commandes du 13 h de TF1. Un succès populaire incontestable.

    Ils ne sont pas nombreux à pouvoir se vanter d’avoir présenté le même JT pendant 30 ans. Jean-Pierre Pernaut entrera pourtant dans ce cercle très fermé à 13 h. Depuis trois décennies, il s’invite quotidiennement dans les foyers des Français et des Belges pour leur raconter l’actualité et leur faire découvrir la France. Une longévité exceptionnelle qui lui vaut de devancer son ami Patrick Poivre d’Arvor qui fut aux commandes du 20 h d’Antenne 2 puis de TF1 de 1976 à 2008. Et d’être le recordman de la discipline en Europe.

    Au total, et si l’on ne tient compte que des JT qu’il a présentés depuis 1988, soit plus de 6.000 (environ 8.000 durant toute sa carrière), le natif du Nord, aujourd’hui âgé de 67 ans, a touché plus de 3,3 milliards de personnes. Le tout, sans prompteur ! Il est, paraît-il, le seul à travailler de la sorte.

    Si les audiences du 13h de TF1 avoisinent aujourd’hui en moyenne les 5 millions de téléspectateurs (entre 40 et 45 % de part d’audience) et font du rendez-vous le leader de sa tranche, il fut un temps où elles flirtaient avec les 7 millions. C’était à l’époque où les chaînes de télévision étaient moins nombreuses dans le PAF (le paysage audiovisuel français).

    L’une des recettes du succès du journal télévisé de Jean-Pierre Pernaut, c’est la proximité. Dans son livre Pour tout vous dire paru en 2006, il explique avoir été le premier en France à mettre en place des correspondants régionaux chargés d’éclairer les Français sur la richesse de leur terroir, tant patrimonial que traditionnel. Il en a résulté plus de 30.000 reportages dont une sélection est mise à l’honneur par TF1 depuis le début de la semaine. Cette approche régionale de l’information, le présentateur y a tâté dès son premier contact avec le métier. C’est adolescent, à l’occasion d’un stage au Courrier picard, qu’est née sa vocation de journaliste.

    Invité d’Europe 1 cette semaine, Jean-Pierre Pernaut a répondu aux critiques qui n’ont jamais cessé d’accompagner son succès, notamment sur l’importance qu’il accorde à l’actualité de proximité. “Si ça ne plaît pas à certains bobos, c’est leur problème, a-t-il rétorqué. Moi j’essaie de faire de l’information. J’essaie de me blinder. C’est normal qu’il y ait des critiques. S’il n’y en avait pas, on ferait 100 % de parts d’audience, pas 45.” Que ses détracteurs s’y fassent, il n’est pas prêt de prendre sa pension, a-t-il ajouté.

    Jean-Pierre Pernaut côté passions

    En 2007, Jean-Pierre Pernaut a épousé Nathalie Marquay, Miss France 1987 et aujourd’hui comédienne, en secondes noces. Ils s’étaient rencontrés six ans auparavant à l’occasion de l’élection de Miss France 2002. Ensemble, ils ont deux enfants qui viennent s’ajouter à la fille et au fils que le journaliste a eu lors de son premier mariage.

    Passionné de sport, outre ses trois titres de Champion de France remportés en hockey sur gazon, le présentateur vedette du 13 h de TF1 est un mordu de sports mécaniques. Avec son épouse et son fils aîné, il participe régulièrement à des compétitions automobiles (Fun cup, Trophée Andros, notamment).

    Auteur d’une quinzaine d’ouvrages consacrés à la télévision ou aux traditions françaises, il est le coauteur de deux pièces de théâtre : Piège à Matignon et Régime présidentiel. Cette dernière étant actuellement en tournée en France.

    https://www.patriote.info/actualite/societe/jean-pierre-pernaut-sur-les-critiques-si-ca-ne-plait-pas-certains-bobos-cest-leur-probleme/

  • Samedi 24 mars : Dans la journée : la Fête de Civitas et Dans la soirée : le Banquet de Synthèse nationale

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    La Fête du Pays Réel sera un grand rendez-vous de l’année 2018, avec comme intervenants : l’abbé Xavier Beauvais, Pierre Hillard, Marion Sigaut, Valérie Bugault, Virginie Vota, Johan Livernette, Olivier Wyssa, Carl Lang et Alain Escada.

    Parmi les nombreux exposants déjà inscrits : ACIM (Association catholiques des Infirmières et Médecins) – ACOM (chocolats) – Action Familiale et Scolaire - ADMP – Artisanat Saint Louis – Association Missions - Atelier des dix doigts (sculptures religieuses) – Vanessa Batlle (artiste peintre) - La Boîte à Bons Points (jeux et jouets en bois) - Boutique de la Trinité (objets de décoration en bois) - Cadets de France – Capucins de Morgon – Centre Grégorien Saint Pie X - Cercle National des Combattants (CNC) – Laurence de Chabot (artiste peintre) - Chœur Montjoie Saint-Denis – Civitas – Compagnie de la Sainte-Croix - Comptoir d’Ecosse - Cours privé CEFOP – Raphael Delpard (cinéaste, film “La Persécution des Chrétiens aujourd’hui dans le monde”) - Domaine Le Maine Castay (Cognac, Pineau des Charentes et Vins de France) - Dominicains d’Avrillé – Echoppe Fron (porcelaines et friandises) - Editions Charlemagne - Editions Francephi – Editions Kontre Kulture – Editions Librim Concept - Editions Retour aux Sources-  Editions Hervé Ryssen – Editions Saint Agobard - Editions Saint Remi – Editions Saint Maximilien Kolbe - Editions Reynald Secher - Editions Sel de la Terre  - Editions Sigest – Galerie JPM (livres et enluminures) - Fédérations Civitas de l’Aude et de Savoie – Film “La Rébellion cachée” (génocide vendéen) - Formes et Ombres (objets médiévaux) – Guillaume Le Baube (artiste peintre) – Thierry Gillaizeau (sculpteur sur bois) - Ignace (dessins) - Librairie Damase - Livres d’occasion Grimaux – Clémence Meynet (illustratrice) - Médias Presse Info/Médias Catholique Info - Nation (Belgique) – Nouvelles Editions Latines - Résistance Helvétique - Rosa Mystica - Synthèse Nationale – Patrimoine et Renaissance (tapisseries) – La Pierre de la Celle (tailleur de pierre) – Poterie Marie-Laure Cantuel – Rosaire aux Frontières - Stop Provocs Hellfest - Vins Domaine de Champ Fleury, Pierre Coquard...

    Parmi les auteurs et dessinateurs qui ont déjà annoncé venir dédicacer : Frédéric Andreu – Alban d’Arguin - Stéphanie Bignon – Franck Bouscau - Anne Brassié – Valérie Bugault - Lucien Cerise – Lorris Chevalier – M. l’ambassadeur Henry Cuny -  Anne-Marie Despas - Docteur Jean-Pierre Dickès – Jean-Arnaud Dollié - Michel Drac - Apolline Dussart – Philippe Fortabat Labatut - Bernard Gantois – Patrick Gofman - Françoise Gondrée - Yves Guézou (dessinateur) – Pierre Hillard - Roger Holeindre – Johan Livernette - Lysistrata - Hubert de Mesmay - Claude Meunier-Berthelot – Alain Monestier – Abbé Guy Pagès - Alain Pascal - Pinatel (dessinateur) - Philippe Prévost – Jean Rémy - Olivier Roney - Jean de Rouen - Catherine Rouvier – Reynald Secher - Marion Sigaut – Dominique Tassot - Arnaud Upinsky – Jean-Michel Vernochet – Hristo Xiep.

    Dans la soirée : le Banquet de Synthèse nationale

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    Réservation cliquez ici 

  • 2017 : une année charnière pour la démographie russe ?

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    Par Alexandre Stefanesco-Latsa, écrivain et analyste ♦ « La démographie russe n’a pas fini de jouer des tours a ceux qui s’y intéressent » prévient Alexandre Stefanesco-Latsa dans cet article pour STRATPOL aussi complet que passionnant sur la démographie russe. Reste que l’analyse de la baisse des naissances entre 1990 et 1999 est limpide : la période durant laquelle Boris Eltsine a été président de la Russie a été terrible pour la natalité russe qui s’est effondrée. Bien que Vladimir Poutine ait permis d’augmenter significativement la natalité, la pyramide des âges est sévèrement touchée par cette période des années 90.


    •  La période 1990-1999 a vu un effondrement des naissances, passées de 1,9 à 1,2 millions par an. Le taux de fécondité passa lui de 1,89 à 1,17 enfants par femme. Dans le même temps, la mortalité explosa et le nombre de décès passa de 1,65 à 2.15 millions chaque année. La population au cours de cette décennie déclina en moyenne naturellement (naissances moins décès) de 543 507 habitants, une baisse compensée par une forte immigration de l’ex-URSSS vers la fédération de Russie.
    • La période, 2000-2016 a vu un redressement démographique totalement imprévu par tous les analystes, think-tanks et démographes. Au cours de ces 16 années, le nombre de naissances ne cessa d’augmenter et la mortalité de diminuer. Le nombre de naissances remonta de 1,2 à 1,9 millions de personnes tandis que dans le même temps le la mortalité ne cessa de diminuer, passant de 2,3 millions de décès par an à 1,8 millions en 2016.
      Conséquence de ce redressement démographique, dès 2009 la population russe ne diminue plus, mais augmente, avec un solde migratoire positif et faible, maîtrisé à autour de 250 000-300 000 personnes par an. En 2013, 2015 et 2016, la population russe augmenta même naturellement, de quelques dizaines de milliers de personnes et ne diminua naturellement que de 2.226 personnesen 2016.

    2017 : une année charnière pour la démographie russe ?

    Les données démographiques pour 2017 sont en ligne et sont tout aussi surprenantes qu’inquiétantes.

    La natalité s’est effondrée en 2017 avec 1 689 884 naissances contre 1 888 729 naissances en 2016 soit une chute très inquiétante de 10,1%, ramenant le nombre de naissances à un volume à peine plus élevé qu’en 2007, où le nombre de naissances avait atteint 1 610 122.
    La population a baissé naturellement sur l’année de 134 456 habitants, baisse compensée par une immigration permanente elle aussi en baisse, de 172 551 habitants, permettant d’obtenir une hausse globale de population de 38 095 habitants pour 2017.

    Dans la Russie centrale la baisse des naissances aura été de 10% avec des chutes impressionnantes dans les petites villes désindustrialisées : -14% dans les oblast d’Orlov, Riazan, Briansk, Vladimir, ou -12% dans celui de Lipetsk. Moscou ne voit le nombre de ses naissances ne diminuer que de 7,8%.
    La Russie centrale produit 25% des naissances totales du pays.

    Dans le district du nord-ouest la diminution des naissances est de 10,5% avec des effondrements en Carélie (-13,7%), dans les oblast de Pskov et Novgorod (-14%), ou dans le district des Nenets : -16,5%.
    Saint Petersbourg s’en sort un peu mieux avec une baisse de -8,7%.
    Le district du nord-ouest produit 9% des naissances du pays.

    Le district fédéral du sud voit lui le nombre de ses naissances diminuer de 10,5% avec des baisses particulièrement fortes en Adiguée (-12,2%) et dans les oblasts de Rostov et Volgograd (-11,5%). Les meilleurs résultats de ce district sont obtenus en Crimée ou le nombre de naissances ne diminue que de 8,8%.
    Le district fédéral du sud produit 10% des naissances du pays.

    Dans le district du Caucase nord, la baisse est de 6%, marquée surtout en Ossétie du nord, mais aussi en Kabardino Balkarie et en Karaevo-Cherkessie, les deux zones avec de fortes minorités russes ethniques comptant pour 20 et 30% de la population.
    Les républiques nationales du Caucase du nord (Daguestan, Ingouchie et Tchétchénie) ne voient le nombre de leurs naissances ne diminuer que de respectivement 4,9%1,8% et 0% en Tchétchénie, où le nombre de naissances ne baisse pas. Ces trois entités territoriales, qui représentent 5 millions d’habitants soit 3,5% de la population du pays, ont « produit » en 2017 88 000 naissances, soit 5% des naissances du pays, un chiffre stable depuis 2007. Néanmoins ces trois républiques sont en tête des sujets de la fédération de Russie pour le ratio du nombre de décès par rapport au nombre de naissances. En Ingouchie, ce ratio est de 19,4%22%en Tchétchénie et 30% au Daguestan. Suivent Tiva (40%) et l’oblast de Tioumen avec 55%.
    Pour information, le district du Caucase nord produit au total 8,5% des naissances du pays.

    Le district de la Volga connait une baisse des naissances de 13,5% (!) avec des baisses fortes dans l’oblast de Kirov (-15,8%), en Oudmourtie (-14,9%), en Tchouvachie (-15%) ou dans le Krai de Perm (-14,2%).
    La situation est un peu meilleure en Bachkirie et dans l’oblast de Nizhny Novgorod (-11,6%), le Tatarstan connait lui une baisse de 13,9%.
    Le district de la Volga produit 19,5% des naissances du pays.

    La situation en Oural est un peu meilleure avec une baisse de 10,8%, principalement marquée dans les oblasts de Tcheliabinsk (-12,6%), de Kourgan (-11,2%) et Sverdlovsk (-10,5%) tandis qu’elle est un peu meilleure dans les oblast de Tioumen (-8,3%) et le district autonome des Nenets avec une baisse de 8,5%.
    L’Oural produit 9% des naissances du pays.

    La situation est tout aussi préoccupante en Sibérie avec une baisse de 11,3% et notamment dans l’Altaï (-12%), dans l’Oblast de Tomsk (-11,8%) et surtout d’Omsk avec une baisse de 14,3%.
    La Sibérie produit 14% des naissances du pays.

    En extrême orient la baisse est de 10%, particulièrement forte dans le district du Birobidjan (-13,3%). A noter que Magadan ne connait par contre une baisse de naissances que de 1,7%.
    L’extrême orient produit 5% des naissances du pays.

    La mortalité, elle, continue de diminuer en 2017, le nombre de décès atteignant 1 824 430, une diminution de 3,4% par rapport à 2016 et le nombre de décès annuels le plus faible depuis 1992 où le pays avait connu 1 807 441 décès.

    Il y a des raisons fortes à cela et la première d’entre elles est la chute continue des décès pour raisons extérieures à partir des années 2000.

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