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géopolitique - Page 496

  • Frappe en Syrie, une opération de communication qui bénéficie aux Etats-Unis et à la Russie sans nuire à la Syrie

    De Thomas Flichy de La Neuville :

    1 – La frappe de cette nuit montre le retour en force des néo-conservateurs au sein de l’appareil d’Etat américain. Ceux-ci étaient en compétition avec les isolationnistes pro-russes mais ont réussi à éliminer successivement le général Flynn puis Steve Bannon. Donald Trump leur a donné un gage symbolique cette nuit. Ceci va satisfaire les lobbys de l’armement qui craignaient par dessus tout, la fin des guerres américaines. Ceci va également satisfaire Israël dont les Etats-Unis se sont rapprochés. La frappe permet enfin de rassurer l’électorat américain qui était gêné par le rapprochement américano-russe. Elle lui donne l’illusion que l’Amérique demeure encore forte et indépendante. 

    2 – Trump, même s’il a été élu, n’est qu’un président symbolique dans la mesure où il ne s’est pas encore véritablement emparé des leviers du pouvoir. Il a contre lui l’appareil médiatique, judiciaire et financier. Il n’a la main que sur 2 à 3 % des fonctionnaires. Ses fidèles sont trop peu nombreux pour combler les postes de hauts fonctionnaires. Sa diplomatie n’a pas été renouvelée. Elle est paralysée. C’est la raison pour laquelle la Chine craignait ces jours-ci que Trump ne déclenche un conflit de basse intensité en Asie. D’importantes manœuvres associant la Corée du Sud et les Etats-Unis ont lieu en effet depuis début mars. Elles mobilisent 300 000 hommes.  Or la guerre permet au président de s’emparer des leviers du pouvoir. Les Chinois avaient raison mais ils se sont trompés de théâtre.

    3 – La frappe n’a aucun impact militaire. Elle a été opérée loin du front. Elle ne modifiera pas le rapport de force en Syrie. L’on sait que les armées opèrent régulièrement des frappes sur des hangars vides afin de calmer les politiques. Les Russes – dont la défense anti-aérienne pouvait facilement mettre la frappe en échec - ont été prévenus. Les Syriens l’ont été par la même occasion. Autrement, la frappe n’aurait pas été faite de nuit avec aussi peu de victimes. Imagine t’on d’ailleurs la conséquence d’une frappe de 50 missiles contre un dépôt d’armes chimiques ? Le nuage de vapeurs chimiques aurait pu contaminer n’importe qui. 

    4 – Cette frappe bénéficie paradoxalement à la Russie qui – au delà des protestations d’usage – a intérêt à ce que Trump garde la face et surtout s’empare enfin du pouvoir. Poutine peut laisser Trump répandre l’illusion que l’Amérique a gardé un pied dans la porte en Syrie.

    5 - La durée de vie d’un missile Tomawak est limitée et il est plus économique de le tirer plutôt que de le détruire. En en tirant 50, Trump a montré ses muscles sans prendre de grands risques. Toutefois, l’autorisation donnée par Poutine à cette frappe ne sera pas sans contreparties. Sans doute faut il attendre ces dernières là où on l’on s’y attend le moins : en Ukraine.   

    Michel Janva

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  • Les Etats-Unis frappent la Syrie - Journal du Vendredi 7 Avril 2017

  • A qui profite le crime?

    Il y a quelques semaines, la diplomatie américaine faisait savoir que le départ du président Bachar el-Assad en Syrie n’était pas (plus) une priorité dans un pays toujours en proie aux violences des djihadistes même si ces derniers reculent sur tous les fronts. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une très trouble  officine contrôlée  par les Frères musulmans installée à Londres, dont les avis sont souvent relayés sans recul par la plupart des médias,  un raid aérien à l’arme chimique aurait été perpétré par l’armée régulière syrienne mardi. Il avait pour cible  une localité encore entre les griffes des islamistes, Khan Cheikhoun (province d’Idleb) et a causé la mort de dizaines de personnes dont des enfants et occasionné des dizaines de blessés. Le gouvernement syrien a démenti cette attaque chimique qui a cependant été portée à son crédit par les pays de l’axe euro-atlantiste. Hier Donald Trump qui a déclaré avoir changé d’avis sur le président Assad après avoir vu les images horribles des enfants gazés de Khan Cheikhoun, a mis ses menaces à exécution. A-t-il  sciemment changé son fusil d’épaule ?  A-t-il été intoxiqué par le poids des images, influencé par  les tenants du dépeçage de la Syrie qui sont (aussi)  présents au Pentagone ?

    Pour riposter au « dictateur Bachar el-Assad (qui a ) lancé une horrible attaque avec des armes chimiques contre des civils innocents en utilisant un agent neurotoxique mortel» a déclaré Donald Trump, 59 missiles de croisière Tomahawk ont été lancés par la flotte américaine croisant en Méditerranée contre une base aérienne du gouvernorat d’Homs, «associée  au programme » d’armes chimiques de Damas.

    M. Trump a appelé à la mobilisation des «nations civilisées», ce qui ne manque pas d’inquiéter. Ce type de langage dans la bouche d’un président américain n’est jamais bon signe et annonce souvent bien des manips et des bains de sang. L’ambassadeur russe auprès de l‘Onu, Vladimir Safronkov, avait averti des « conséquences négatives » en cas d’intervention militaire. Moscou a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après l’annonce des frappes américaines (Washington avait prévenu Moscou de celles-ci);  le chef de la commission de défense de la Chambre haute du Parlement russe, Victor Ozerov  a estimé que cette attaque  « pourrait être vu comme un acte d’agression des États-Unis contre un pays de l’Onu », tout en entraînant le risque d’un affaiblissement des efforts sur le terrain pour détruire le terrorisme islamique.

    Moscou n’a pas retiré son soutien à la République arabe syrienne, appelant à la prudence avant d’émettre des conclusions définitives faute d’un accès à la zone visée par cette  attaque. Le ministère des Affaires étrangères russe a demandé une enquête « approfondie » tandis que la ministère de la Défense - on connait le degré d’implication sur le terrain de l’armée russe - a affirmé détenir des preuves certaines que l’aviation syrienne aurait visé un entrepôt dans lequel les «rebelles» stockaient des produits chimiques. A l’appui de cette thèse, on retrouve  certains de ceux qui font état des rapports de la Commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’homme en Syrie qui ont pointé dés 2013 l’usage d’armes chimiques  par les djihadistes  et autres rebelles combattant l’Etat laïque syrien.

    Posons-nous la question avec Bruno Gollnisch : à qui profite le crime ?  Quel serait l’intérêt tactique,  stratégique, psychologique, militaire, politique pour Damas de commettre un crime de cette nature qui frappe tant les esprits, suscite l’horreur générale,  alors que les rebelles sont sur la défensive ? Au moment qui plus est ou  le gouvernement el-Assad  était de nouveau considéré  comme un interlocuteur,  si ce n’est légitime du moins incontournable, et avait réussi (en partie) a s’attirer un regard plus bienveillant des opinions occidentales  inquiètes au premier  chef  d’un terrorisme islamiste qui voyage dans les bagages de l’immigration massive et  frappe aussi l’Europe. 

    Emmanuel Macron, se prononçait hier soir sur France 2, comme François Hollande en son temps, pour une intervention militaire internationale des grandes puissances, sous l’égide de l’Onu… ce qui est impossible tant que la Russie notamment utilisera son droit de veto  au Conseil de sécurité. Une coalition militaire a-t-il dit, qui viserait tout à la fois l’Etat islamique et  le gouvernement syrien qui combat les brigades internationales islamistes,  le tout avec la participation de la Russie pourtant allié de Damas ! Nous voulons bien que M.  Macron ait appris l’art de la négociation et de la persuasion au sein de la banque  Rothschild voire même plus (banquier c’est un métier de p…e disait Alain Minc évoquant le parcours de son poulain), mais nous sommes là dans le grand n’importe quoi ! Les Français décidément feraient bien de redouter un candidat qui étale ainsi un mélange bien préoccupant d’aveuglement progressiste, de bellicisme naïf, de démagogie, d’approximation et d’amateurisme.

    Plus sérieusement, Marine Le Pen l’a dit clairement sur LCI, il faut éviter de tomber dans le piège de « se relancer dans une opération militaire en Syrie. J’ai entendu des propos de M. Trump qui évoque une intervention… Je crois qu’il a tort ».  « En faisant cela, il rentre dans la roue des anciennes administrations américaines, que ce soit l’intervention en Irak ou en Libye, ça n’a pas été une réussite pour le moins, il faut être prudent avec ce type de menaces », ce n’est plus « le temps où de grandes nations mettaient des dirigeants à la tête de tel ou tel pays parce que ces dirigeants les arrangeaient (…). C’est au peuple syrien de choisir son futur dirigeant ». Et aux Français de ne pas se tromper dans le choix du leur dans quelques semaines.

    https://gollnisch.com/2017/04/07/a-profite-crime/

  • Jean-Michel Vernochet : "Les stratèges de la terreur globale"

  • Atlantisme et Eurasisme – Encerclement et Contre-encerclement

    Jean-Claude Empereur. Haut fonctionnaire honoraire. Cofondateur de la Convention pour l’Indépendance de l’Europe

    ♦ Encerclement et Contre-encerclement du Monde au XXe siècle

    ♦ Les récents événements politiques, tant aux Etats-Unis qu’en Europe : élection de Donald Trump, Brexit, montée des mouvements antisystèmes sur le Vieux continent marquent la fin d’un monde. On ne peut s’empêcher de penser à Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ».

    Parmi ces événements, sans doute le plus important est l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. La violence des attaques qui le visent provenant de l’establishment médiatique et politique, de la communauté du renseignement, comme du « deep state », traduit l’inquiétude des milieux qui ont fait d’une conception idéologique et hégémonique de la mondialisation l’alpha et l’oméga de leur philosophie politique.

    L’élection de Donald Trump est le reflet de la sourde révolte des « quiet people » ces « électeurs cachés », ces Américains oubliés dont le président Obama lui-même a reconnu qu’il les avait « négligés », de tous ceux qui « n’en pouvaient plus », devant l’impuissance de nos gouvernants, face à une crise américaine, à l’origine immobilière et financière devenue au fil des ans sociale, économique, politique et enfin géopolitique.

    Ce que nos médias ont qualifié de séisme politique n’est autre que la traduction, dans la politique intérieure des Etats-Unis, de cette dimension géopolitique de la crise qui a conduit une partie des électeurs américains à voter pour celui qui leur a promis de mettre fin aux conséquences d’une mondialisation ravageuse pour leurs emplois et leur genre de vie.

    Au cœur de cette perception : le rôle grandissant de la Chine et de l’expansion illimitée, conquérante et assumée comme telle, de son économie. C’est la raison pour laquelle Donald Trump bénéficie aussi du soutien d’une partie de l’élite dirigeante hostile à la mondialisation effrénée de l’économie américaine. On voit resurgir, ironie du sort, s’agissant de la Chine, l’opposition traditionnelle entre « bourgeoisie nationale » et « bourgeoisie compradore ».

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  • DÉFENSE : D'INQUIÉTANTES NOMINATIONS

    Il se passe des choses très inquiétantes à Washington », écrivait, fin janvier, Dominique Merchet de L'Opinion où il tient le blog « Secret Défense » encore assez lu dans les Armées.

    Dans une courte vidéo, avec la mine grave et le ton angoissé qui conviendraient à l'annonce d'une guerre nucléaire, Merchet nous alerte du pire. Trump a nommé Steve Bannon au conseil de sécurité nationale : un « idéologue d'extrême droite » dont « la qualification pour occuper le poste est égale à zéro ». C'est « comme si Sarkozy avait nommé Buisson au conseil national du renseignement », poursuit-il. Nous voilà rassurés.

    L'Opinion, de Nicolas Beytout, c'est Bernard Arnaud, les Bettancourt et « quelques autres mililardaires », indique Mediapart. La rumeur signale Pierre Bergé et Xavier Niel qui démentent. Quoi qu'il en soit, L'Opinion est bien de cette presse au service de « l'Argent » qui n'en finit plus de s'étrangler depuis l'élection de Trump.

    On lira ailleurs que Steve Bannon est un « idéologue très structuré » avec une « immense culture » et une capacité reconnue à « écouter, absorber et tirer des conclusions stratégiques ». Il dit de l'establishement : « Ces gens nous haïssent mais nous avons le peuple, c'est le pays légal contre le pays réel et moi je suis avec le pays réel ». À un responsable français : « Nous sommes à la fin des Lumières, vous avez lu Maurras ? » Steve Bannon a probablement lu L'avenir de l'intelligence...

    Un peu plus tôt, Merchet avait déjà perdu son sang-froid à l'occasion de la nomination du général Mattis au poste de secrétaire à la Défense. Sans nier les éminentes et incontestables qualités de cet ancien des Marines aux allures de général Patton, il n'avait pu s'empêcher de signaler « ses propos d'adjudant-chef qui ont toujours du succès dans les casernes, moins dans les cercles diplomatiques ». Les adjudants-chefs qui lisent Secret Défense apprécieront. Ce mépris des cadres de maîtrise militaires, dont les colonels savent bien le rôle primordial, est emblématique.

    Le général Flynn, ancien patron du renseignement, avait rallié Trump après avoir été mis à la retraite. Controversé dans l'armée, il se disait victime politique d'Obama. Sa nomination par Trump au conseil de sécurité a inquiété L'Opinion : « Un dingue », selon le général français que cite Merchet, ajoutant qu'il « n'est pas le plus brillant des intellectuels » et fustigeant ses « jugements sans nuances » sur l'Islam. Pire, Flynn est partisan d'un rapprochement avec la Russie. Une cible idéale pour l'establishment. Il a été contraint de démissionner.

    La CIA a des comptes à régler avec Trump qui s'en méfie au point de l'avoir sortie du conseil de sécurité nationale. Elle a livré au Washington Post un entretien téléphonique où Flynn, avant l'investiture de Trump, aurait rassuré l'ambassadeur russe sur l'expulsion de ses diplomates par Obama qui les accusait de cyber-attaques contre Clinton. Cet entretien est inutile, il n'apprend rien aux Russes ; d'un professionnel du renseignement qui devrait se douter qu'on l'écoute, c'est une faute, mais une aubaine pour ceux qui veulent gêner Trump sur le dossier russe. Autre faute de Flynn, il nie avoir tenu ces propos au vice-président Pence, mis ainsi en difficulté devant la presse. Merchet peut être rassuré, Flynn n'aura pas duré 3 semaines au conseil de sécurité nationale d'où Trump l'a viré.

    À Paris, tout cela donne des idées à Emmanuel Macron, candidat de l'Argent, qui s'invente une théorie du complot russe par cyber-attaques contre sa candidature. Mais attention monsieur Macron, malgré le zèle de la CIA, la ficelle, un peu grosse, n'a pas réussi à madame Clinton. 

    MATHIEU ÉPINAY

    Politique magazine mars 2017 -  Consulter ... S'abonner ...

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • Eric Zemmour : « Marine Le Pen n’a pas perdu son temps à Moscou »

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    « Bons baisers de Russie ! », a lancé ce matin Eric Zemmour sur RTL, en ouvrant sa chronique consacrée au voyage à Moscou de Marine Le Pen, qui a été reçue par Vladimir Poutine. « Quand James Bond nous envoyait ses bons baisers de Russie, a-t-il poursuivi, on était en pleine guerre froide, la Russie s’appelait l’URSS et le père de Marine Le Pen combattait farouchement le cœur du communisme mondial. Les temps ont bien changé.Quand sa fille envoie ses bons baisers de Moscou, elle en est fière et pour une fois, son père sera d’accord avec elle. A l’époque, Vladimir Poutine était un des innombrables adversaires de James Bond. Depuis lors, l’ancien agent du KGB est devenu le patron, ou en tout cas le symbole d’une Europe des nations de l’Atlantique à l’Oural, chère au général de Gaulle. Vertigineux renversement de l’histoire… »

    « Marine Le Pen, a enchaîné Eric Zemmour, n’a pas perdu son temps à Moscou. Elle montre qu’elle n’est pas isolée, pas marginalisée, pas extrêmisée, pas enfermée dans son ghetto de l’extrême droite d’où elle a tout fait pour sortir, avec des succès et des échecs. »

    Selon Zemmour, « la poignée de mains de Poutine » à Marine Le Pen, « c’est comme un adoubement » :

    « Le voyage à Moscou pour les souverainistes, c’est l’équivalent du voyage à Berlin pour les européistes. Fillon et Macron sont eux allés à Berlin, et ont été adoubés par Angela Merkel. »

    Et l’éditorialiste d’élargir son propos pour livrer cette analyse qui pourrait faire couler beaucoup d’encre :

    « Le combat idéologique de notre siècle est entre la démocratie libérale et la démocratie illibérale chère au Hongrois Viktor Orban. Dans les premières, l’individu est roi. Dans les secondes, le peuple est roi. »

  • Les journalistes s'inquiètent des arrestations suite à une manif en Russie. Et la France avec LMPT alors ?

    VIDEO: @NicolasBayFN à @RuthElkrief qui dénonce l'arrestation de manifestants Russes : «Y'a eu 300 arrestations durant @LaManifPourTous

    Michel Janva

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  • Alexandre Del Valle : l’ennemi principal n’est pas la Russie, mais le totalitarisme islamiste

    2e partie de notre entretien avec Alexandre Del Valle à propos de son livre Les Vrais ennemis de l'Occident (première partie ici) :

    6a00d83451619c69e201b8d26f4ba3970c-200wi.jpgMais les intérêts de la Russie ne sont-ils pas profondément différents de ceux de l'Europe de l'Ouest?

    Non ! s’ils sont totalement opposés aux intérêts et idéologie de McWorld et de l’atlantisme, ils sont par contre très convergents avec ceux de l’Occident identitaire ou « alterOccident » car l’énergie, le territoire, les cerveaux, les ressources naturelles et la force militaire russes puis le modèle alter-occidental souverainiste et néo-orthodoxe-chrétien de la Russie post-soviétique doteraient l’Europe, si celle-ci était libérée du joug atlantiste, d’une autonomie et d’une force de frappe géostratégique qui en ferait la première puissance du monde. Et c est justement ce que craignent les Etats-Unis et les stratèges de l’OTAN… Mais il est clair que notre intérêt serait de développer les richesses énergétiques de la Russie et d’importer le gaz et le pétrole russe plutôt que de dépendre des monarchies du Golfe et du Maghreb qui ont des intérêts et des valeurs géocivilisationnelles non seulement opposées mais menaçantes puisque les puissances islamiques escomptent conquérir religieusement et démographiquement l’Europe.  

    Pensez-vous que la lutte commune contre le totalitarisme islamique suffise à unifier l'ensemble de la civilisation occidentale ou bien les divergences internes ?

    Bien sûr que non, mais cette lutte commune aurait le mérite de clarifier l’ennemi principal, qui n’est pas la Russie, mais les pôles du totalitarisme islamiste, composé d’Etats et organisations sunnites qui projettent de nous conquérir et donc de détruire tout simplement note civilisation… Des Etats-Unis à la Russie en passant par l’Australie et la Vieille Europe, les défis sont communs : immigration, vieillissement, menace islamiste, individualisme, et les origines sont communes, christianisme, pensée gréco-latine, substrat celto-germanique ou latin et slave. Nos valeurs sont bien plus proches que nous le croyons et du point de vue de l’islamisme conquérant, nous ne faisons qu’un, en vertu de l’adage islamique, les Croisés et les impies ne sont qu’une seule nation (Kufru Millatün wahida »).  

    Est-il encore possible de lutter efficacement contre le totalitarisme islamique quand nous dépendons autant financièrement des principaux financiers de ce totalitarisme, notamment les monarchies du Golfe?

    Oui parfaitement ! Une chose est claire : nous ne pourrons pas vaincre le totalitarisme « chez lui », c est à dire dans les pays musulmans, car seuls les musulmans et les responsables politiques et religieux de es pays pourront réformer leur religion, jamais revisitée depuis le 11ème siècle et restée figée dans une théologie de la guerre et de l’intolérance, source à laquelle puisent les islamistes radicaux pour disqualifier les modernistes. Cette guerre interne nous échappe largement. Nous pouvons certes aider les pays les plus anti-islamistes, comme les derniers nationalistes arabes et les Etats qui combattent la subversion des Frères musulmans (Egypte, général Haftar en Libye, Syrie de Bachar, forces chiites modérées en Irak, Kurdes, Liban, Jordanie, Maroc, etc). Mais par contre, sur notre sol, si nos dirigeants renouent avec un volontarisme et une politique de souveraineté, nous pouvons reprendre en main les institutions de représentations de l’islam et couper l’influence de l’islamisme mondial nos communautés musulmanes d’Europe puis bannir les Frères musulmans et les mouvances salafistes, radicales, wahhabites, tablighies, milli görüs,etc, bref toutes les tendances de l’islam extérieur dont l’objectif est d’empêcher l’intégration de nos concitoyens musulmans à qui sera proposée une « charte de l’islam de France » qui posera les conditions de la compatibilité entre les règles et rituels islamiques et nos valeurs et lois. Il suffira d’appliquer la loi et de n’accepter de l’islam que ses mouvances réformistes conformes à nos valeurs et règles. La chose est possible. Des imams modérés existent mais nos politiques ont préféré depuis des décennies confier nos musulmans aux forces islamiques obscurantistes et étrangères. Il est temps de revenir à la raison. 

    par Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2017/03/alexandre-del-valle-lennemi-principal-nest-pas-la-russie-mais-le-totalitarisme-islamiste.html