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géopolitique - Page 495

  • Géopôles n°10 avec Nicolas Dhuicq : la politique étrangère de Fillon

  • La bataille de Damas n'est pas terminée

    Daraya, au sud-ouest de Damas

    Par Antoine de Lacoste

    Depuis le début du conflit syrien, une large partie de la banlieue de Damas est occupée par différentes factions islamistes. Les loyalistes ne sont jamais parvenus à les en déloger hormis à Daraya, au sud-ouest de la capitale. C'est en effet la seule localité où des moyens conséquents ont été déployés pour vaincre la rébellion.

    Pourquoi à Daraya et pas ailleurs ? Parce qu'elle se trouve au sud-ouest et qu'elle était la seule. Toutes les autres villes aux mains des islamistes se situent à l'est. Il était donc logique de s'attaquer sérieusement à cette verrue d'autant qu'elle se situait à proximité de la route menant au Liban, axe stratégique, ainsi qu'à la grande station d'eau potable alimentant Damas.

    La reprise de Daraya a tout de même duré plusieurs mois et s'est soldée par la toute première négociation entre l'armée et les islamistes, sous l'égide des Russes. Plusieurs centaines de combattants islamistes ont cessé le combat et ont été autorisés à conserver leurs armes. Ils ont ensuite été acheminés avec leurs familles en car jusqu'à la province d'Idlib, occupée par de nombreuses factions islamistes. Ils ont depuis été rejoints par les vaincus de la grande et décisive bataille d'Alep.

    Cette dernière ayant monopolisé le gros de l'armée syrienne et de ses alliées chiites, un certain statu quo prévalait à Damas et sa banlieue jusqu'à la semaine dernière.

    Mais l'histoire s'est brutalement accélérée. L'armée syrienne a mis la pression, sans véritablement attaquer, sur la ville de Qaboun située au nord-est de la capitale. C'était en effet une cible intéressante car isolée; mais surtout cet isolement avait entraîné de la part des islamistes la construction de nombreux tunnels permettant son ravitaillement depuis leurs places fortes de la Ghouta,Saqba, Irbine et Jobar, toutes situées à l'ouest de Damas.

    La prise de Qaboun aurait permis à l'armée d'accéder au réseau des tunnels ce  qui représentait un danger mortel pour la rébellion.

    Les islamistes ont alors osé une stratégie particulièrement audacieuse : tout en envoyant des combattants vers Qaboun pour rompre son encerclement, ils ont dans le même temps directement attaqué le centre de Damas pour essayer d'atteindre la prestigieuse place des Abbassides, celle-là même qui est restée tout au long de la guerre le centre de la vie des Damascènes.

    Fort heureusement, l'armée ne s'est pas laissée surprendre malgré plusieurs attaques suicides parfaitement organisées par le Front Fatah al Cham (le nouveau nom du Front al Nosra) et les islamistes ont été repoussés vers Jobar, leur principale place forte.

    L'aviation russe n'est pas intervenue et cette fois c'est bien l'armée syrienne qui a assumé l'organisation des opérations bien aidée toutefois par les hommes du Hezbollah libanais.

    Aujourd'hui, l'éradication de ces bastions islamistes aux portes de Damas est une nécessité absolue pour les Syriens. Mais ce sera long et difficile d'autant que les Russes sont militairement nettement moins actifs en Syrie depuis la reprise d'Alep et privilégient pour l'instant les discussions avec les Turcs, les Américains et les Iraniens. 

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • Tel est pris qui croyait prendre

    Ce proverbe que le lecteur aura reconnu est issu de la morale de la fable, Le rat et l’huître (ici pour la relire), neuvième fable du livre VIII de Jean de La Fontaine. Le conteur s’y joue encore une fois de l’ignorant bavard et prétentieux. Cette fable de la fin du 17e siècle qui évoque si bien nos journalistes contemporains...

    Celui qui agit par ruse peut tomber sur plus rusé que lui...Tel est le sens que donne Thierry Meyssan à son article du 11 avril 2017 sur Réseau Voltaire: Et si Trump n’avait pas viré casaque ? (ici en lien). Il nous suggère que D.Trump est peut-être plus rusé finalement que nos diplomaties néoconservatrices occidentales, soumises à des intérêts financiers, l’imaginent et nous avec. Les néo-cons pourraient ainsi être pris la main dans le sac de leurs compromissions avec DAESH? A un moment déterminant des élections françaises, quel piquant brutalement! Il nous changerait des commérages quotidiens sur les costumes, cette pauvre/riche Pénélope et les déclarations fiscales des uns et des autres. Nous parlerions en effet de Guerre et de Paix! De cette Europe qui nous promet la paix et sème la guerre, la division et la peur au coeur de nos villes. Qui la manipule donc? Qui sont les apprentis sorciers qui veulent réitérer le suicide européen? Et D.Trump se poserait ainsi en éclaireur des Européens, en guide de son camp dans le monde multipolaire qui s’affirme. D. Trump aux côtés de Xi Jinping (il l'était effectivement ce Week End) et de V.V. Poutine, pour promouvoir un monde de Paix (ici un complément d'information de Réseau International, aussi du jour)

    On peut rêver! Mais avouons que l’hypothèse est séduisante dans notre chemin de carême qui nous promet la Résurrection.

    Illustration : Boîte d´allumettes SEITA illustrée - Série Fables de La FONTAINE - Le Rat et l´Huitre lien ici

    Hildegarde Ru

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Quel sera le nouvel ordre? - tepa - Meta TV 3/3

  • Une situation extrêmement dangereuse

     C’est aujourd’hui, à Moscou, que le ministre russe  des Affaires étrangères,Sergueï Lavrov rencontre son homologue américain Rex Tillerson, six jours après les frappes de missiles tomahawks  contre une base aérienne de l’armée syrienne à Chayrat. Une attaque annoncée comme les représailles yankees au bombardement aérien chimique imputé sans aucune preuve aux forces gouvernementales dans la localité de Khan Cheikhoun, non  encore non libérée de l’emprise des milices islamistes. L’Afp le constate, c’est un climat de guerre froide qui s’est de nouveau installé entre les deux pays. «Le secrétaire à la Défense américain James  Mattis a déclaré hier qu’il n’y avait pas de doute  sur la responsabilité des militaires syriens loyalistes dans cette attaque au gaz ». « Un haut responsable de l’administration américaine s’exprimant sous couvert de l’anonymat – maniant classiquement l’inversion accusatoire, NDLR - avait accusé Moscou de semer la confusion  sur le rôle du régime syrien dans l’attaque chimique présumée pour tenter de mettre en cause les rebelles ou les djihadistes de l’organisation Etat islamique»… Ce qui est pourtant en effet  la piste la plus sérieuse et crédible. « Un autre haut responsable américain avait par ailleurs indiqué qu’il fallait poser aux Russes la question de leur éventuelle complicité dans cette attaques .» « Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont présenté au Conseil de sécurité un nouveau projet de résolution demandant la coopération du régime syrien dans une enquête sur l’attaque chimique. Le vote est prévu mercredi mais, selon des diplomates, la Russie devrait utiliser son droit de veto. Ce serait alors la huitième fois que Moscou se servirait de cette prérogative au Conseil de sécurité pour bloquer une action onusienne à l’encontre de son allié syrien  ».

    Sur le site de l’Obs, Vincent Jauvert observe comme beaucoup que « la politique de Donald Trump vis-à-vis de la Syrie est en train d’évoluer à grande vitesse (…). Au point que l’on peut se demander si, en coulisses, Washington n’est pas en train de préparer une vaste opération pour renverser Bachar al-Assad.» Dimanche, l’ex gouverneur républicain Nikky Haley, ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU depuis fin janvier « a déclaré qu’obtenir le départ de Bachar était  l’une des priorités  du gouvernement américain. Lundi, (Le porte-parole de la Maison Blanche), Sean Spicer,  « qui affirmait il y a encore quelques jours encore que le sort d’Assad  importait peu  tant qu’il luttait contre Daech »,  « annonçait que le président Trump considérait désormais comme une ligne rouge non seulement l’utilisation d’armes chimiques, mais aussi les attaques aux bombes barils, d’usage quasi quotidien. »

    Quant à Rex Tillerson, hier à Rome pour la rencontre des ministres des Affaires étrangères du G7, il serait « allé plus loin encore », en « (présentant) à ses homologues la position de la nouvelle administration américaine vis-à-vis de Moscou (…) selon le quotidien britannique The Guardian (…) il aurait déclaré qu’il allait présenter un ultimatum au Kremlin : Soit vous coupez vos liens avec Bachar al-Assad et vous bénéficierez d’un dégel des relations avec les Etats-Unis et donc, semble-t-il, d’un abandon de certaines sanctions ; Soit vous continuez à le soutenir et le leader syrien risque de connaître une fin à la libyenne. On se souvient que l’intervention militaire franco-britannique avait abouti au renversement puis à l’exécution du colonel Kadhafi.» On se souvient  surtout et on constate quotidiennement  que le renversement du régime en  Libye  comme celui de Saddam Hussein en Irak, Marine Le Pen le rappelait il y a peu,  ont conduit à un épouvantable chaos meurtrier pour les populations civiles concernées, déstabilisé toute la région, entraîné l’explosion de la menace terroriste et des flux migratoires en direction de l’Europe…

    Certes à trop vouloir peindre sous les traits les plus abominables la République arabe syrienne, certains responsables américains se prennent les pieds dans le tapis. c’est le cas de Sean Spicer cité plus haut. Il a déclaré lors d’un point-presse que «Pendant la Seconde guerre mondiale, on n’a pas utilisé d’armes chimiques. Une personne aussi abjecte qu’Hitler n’est même pas tombée aussi bas que d’utiliser des armes chimiques (…) Je sais qu’il les a apportées dans les centres d’Holocauste. Mais je parle de la façon dont Assad les a utilisées, quand il est allé dans les villes et les a lâchées sur des innocents, au milieu des villes…». Des propos qui ont déclenché la colère de Steven Goldstein, directeur du centre Anne Frank aux Etats-Unis:  «Rien de moins que pendant la Pâque juive, Sean Spicer a nié l’Holocauste, la forme la plus répugnante de fake news possible, en niant qu’Hitler a gazé des millions de Juifs».  Pas en reste, le chef des démocrates de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, s’est engouffrée dans la brèche: « Le principal porte-parole de la Maison Blanche minimise l’horreur de l’Holocauste».  «Sean Spicer doit être licencié, et le président doit immédiatement désavouer les propos de son porte-parole.»

    Ce dernier s’est confondu en excuses, au cours d’un mea culpa public et médiatisé: «En toute franchise, j’ai fait par erreur un commentaire inapproprié et manquant de sensibilité au sujet de l’Holocauste et il n’y a aucune comparaison», «Je n’ai aucunement tenté de minimiser la nature terrible de l’Holocauste.». «Pour cela, je présente mes excuses. C’était une erreur de faire cela.»  Une erreur qui brouille aussi le message qui était (?) celui du président américain car si Assad est pire qu’Hitler, faut-il en conclure que la lutte contre l’ennemi   public numéro un, à savoir l’Etat Islamique,  n’est plus la priorité des priorités?

    Sur le site Polemia , le Général Dominique Delawarde ( ancien chef Situation-Renseignement-Guerre électronique  à l’État-major  interarmées de planification opérationnelle) voit dans le limogeage par Donald Trump, au lendemain de la frappe sur la Syrie du 6 avril,  de son bras droit et ex-directeur de campagne Stephen Bannon, «  celui qui a assuré sa victoire à l’élection présidentielle », le signe  que  « Trump rentre, au moins provisoirement, dans le rang du système et tente d’acheter la paix avec les médias US en faisant allégeance à l’AIPAC (American Israeli Public Affairs Committee) ». « Alignant leur attitude sur celle de l’état hébreu qui applaudit sans réserve à cette superbe (?) initiative de Trump, les médias US, l’AIPAC, les néoconservateurs et même les démocrates conduits par Hillary approuvent avec enthousiasme cette frappe. En fait, Trump vient d’appliquer le programme politique de Bush et celui de ses adversaires néocons démocrates qu’il avait tant critiqué. Trump profite de cette pause dans les attaques menées contre lui pour faire confirmer son candidat à la Cour suprême Neil Gorsuch par le Sénat, très réticent jusqu’alors  ». Le général Delawarde en tire principalement comme  conclusion, que «  cette frappe US aux effets militaires quasi négligeables a été probablement réalisée pour des motifs de politique intérieure US. Il s’agissait pour Trump de tenter d’échapper au harcèlement politique et médiatique sur ses prétendus liens avec les Russes. Il a, au moins partiellement et temporairement, réussi son coup, en le complétant par le limogeage de son bras droit Stephen Bannon, probablement opposé aux frappes au sein du Conseil de sécurité national US ».

    Le très clivant  Thierry Meyssan indique de son côté que « la Bolivie a même mis en doute (devant l’ONU)  l’existence de cette attaque (‘chimique imputée aux syriens loyalistes) qui n’est connue que par les Casques blancs, c’est-à-dire un groupe d’Al-Qaïda que le MI6 encadre pour les besoins de sa propagande. Au demeurant, tous les experts militaires soulignent que les gaz de combats doivent être dispersés par des tirs d’obus et jamais, absolument jamais, par des bombardements aériens .»

    La grille de lecture de M. Meyssan sur l’attitude des Etats-Unis diffère (comme souvent) de celle de la plupart des observateurs. Il s’interroge sur la réalité du revirement de Trump : « si  Washington a changé de politique, pourquoi donc le secrétaire d’État Rex Tillerson a-t-il, au contraire, confirmé son déplacement à Moscou ? Et pourquoi donc le président Xi Jinping, qui se trouvait être l’hôte de son homologue états-unien durant le bombardement de Chayrat, a-t-il réagi si mollement, alors que son pays a fait par 6 fois usage de son veto pour protéger la Syrie au Conseil de sécurité ? Au milieu de cet unanimisme oratoire et de ces incohérences factuelles, le conseiller adjoint du président Trump, Sebastian Gorka, multiplie les messages à contre sens. Il assure que la Maison-Blanche considère toujours le président el-Assad comme légitime et les jihadistes comme l’ennemi. Gorka est un ami très proche du général Michael T. Flynn qui avait conçu le plan de Trump contre les djihadistes en général et Daech en particulier.»

    Bruno Gollnisch le rappelait il y a quelques jours dans un entretien accordé à RT  l’invitant à  réagir à cette frappe américaine, ce qui est en tout cas certain c’est qu’il n’est jamais bon de jouer avec des allumettes près d’un baril de poudre:  « le bombardement des forces armées gouvernementales d’un Etat, hors de toute procédure internationale et sans enquête, cela me paraît être une réaction extrêmement rapide, brutale et susceptible de comporter du danger. » « Je vois qu’un certain nombre de gouvernements occidentaux s’alignent complètement sur la politique américaine. Je trouve que c’est une situation extrêmement dangereuse. On commémore le centenaire de la Première Guerre mondiale mais il ne faut pas oublier comment elle a commencé. La Russie a soutenu la Serbie, quand il y eu un attentat contre l’archiduc autrichien, puis l’Autriche et l’Allemagne sont entrées en guerre pour punir la Serbie. C’est comme cela que la guerre a éclaté. »

    https://gollnisch.com/2017/04/12/situation-extremement-dangereuse/

  • Quel sera le nouvel ordre? - tepa - Meta TV 2/3

  • Turquie-Europe: le divorce?

    Ex: http://www.decryptnewsonline.com

    Les relations entre la Turquie et les pays de l’Union européenne se sont détériorées après l’annulation de plusieurs meetings turcs sur le sol européen début mars, notamment aux Pays-Bas et en Allemagne. Les ministres turcs ont été envoyés défendre devant la diaspora le projet de réforme constitutionnelle qui renforcerait les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. C’est à partir de ce lundi 27 mars que les Turcs de l’étranger peuvent commencer à voter pour le référendum du 16 avril en Turquie.
    Depuis dix jours, les dirigeants turcs dénoncent la dérive fasciste de leurs homologues européens. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a même directement accusé la chancelière allemande Angela Merkel de pratiques « nazies ». En campagne électorale et sur fond de vives tensions avec Bruxelles, Recep Tayyip Erdogan a évoqué samedi un possible référendum sur la candidature turque à l’UE.
    « En ce qui concerne les négociations (d’adhésion), nous pourrions prendre la voie d’un référendum et obéir à la décision que prendrait la nation ». Lors d’un déplacement à Antalya, dans le sud du pays, Recep Tayyip Erdogan a indiqué samedi 25 mars qu’il envisageait la tenue d’un possible référendum sur la poursuite de la candidature de la Turquie à l’Union européenne. Ces déclarations surviennent alors que les relations entre la Turquie et l’UE se sont fortement tendues ces dernières semaines après l’interdiction de meetings pro-Erdogan dans plusieurs pays européens, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas.
    Le président turc, qui avait déjà évoqué l’an dernier une possible consultation populaire sur le processus d’adhésion, a ajouté samedi qu’un éventuel vote de ce type se tiendrait après un autre référendum constitutionnel, le 16 avril. Après le coup d’Etat raté en juillet 2016 et la violente répression qui s’est abattue sur la société (40 000 personnes emprisonnées, 125 000 fonctionnaires suspendus, des journalistes poursuivis…), M. Erdogan a proposé une réforme constitutionnelle qui vise à renforcer ses pouvoirs.
    Entamées en 2005, les négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE ont progressé très lentement du fait de désaccords sur Chypre, les droits de l’homme et d’autres dossiers et sont au point mort depuis des années. Plus tôt dans la journée, samedi, M. Erdogan avait déclaré que l’UE lui « simplifierait la tâche » si elle décidait elle-même d’abandonner les négociations d’adhésion de la Turquie.
    « Ah ! Si seulement ils pouvaient prendre une telle décision ! Cela nous simplifierait la tâche », a lancé M. Erdogan, ajoutant qu’une victoire au référendum du 16 avril marquerait un « point de rupture » avec l’UE. Pour séduire l’électorat nationaliste, dont il a besoin pour remporter le référendum, le président turc a répété à plusieurs reprises ces dernières semaines qu’il soutenait le rétablissement de la peine capitale. Une ligne rouge pour Bruxelles.
    En dépit des tensions, la Turquie et l’Union européenne restent des partenaires importants, notamment sur le dossier migratoire et la lutte antiterroriste.

    La crise diplomatique se creuse donc entre la Turquie et l'Union européenne. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré samedi qu'un oui au référendum du 16 avril sur le renforcement de ses pouvoirs marquerait un « point de rupture » avec l'Europe. « Qu'entend-on ? Que si le oui l'emporte (au référendum), l'Union européenne ne nous acceptera pas. Ah ! Si seulement ils pouvaient prendre une telle décision, cela nous simplifierait la tâche », a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Antalya (sud). « De toute façon, le 16 avril est pour nous un point de rupture. C'est pour cela que le oui est si important. Nous allons mettre tout cela sur la table. Car la Turquie n'est le souffre-douleur de personne », a-t-il poursuivi, sous les acclamations de son auditoire.
    Ces déclarations surviennent alors que les relations entre la Turquie et l'UE se sont fortement tendues ces dernières semaines après l'interdiction de meetings pro-Erdogan dans plusieurs pays européens, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas. Malgré les tensions, la Turquie reste un important partenaire de l'UE, notamment sur le dossier migratoire.

    Rhétorique nationaliste
    Les analystes s'interrogent pour savoir si cet accès de fièvre traduit une réelle volonté de rupture avec l'UE de la part de la Turquie ou s'il s'agit d'un orage passager, lié à la flambée de la rhétorique nationaliste en période électorale. Pour séduire l'électorat nationaliste, sans lequel il n'a aucune chance de remporter le référendum, Erdogan a ainsi répété à plusieurs reprises ces dernières semaines qu'il soutenait le rétablissement de la peine capitale, une ligne rouge pour Bruxelles.
    «Que disent-ils ? Que la Turquie n'aura pas sa place en Europe si nous rétablissons la peine de mort. (...) Fort bien!» a lancé le président turc samedi. Le chef de l'État turc avait évoqué jeudi un possible « passage en revue » des relations avec l'UE, soulignant toutefois l'importance des rapports économiques avec le Bloc, premier partenaire commercial de la Turquie.

    Bob Woodward

    http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2017/03/29/turquie-europe-le-divorce-5926657.html

  • La Guyane sous le joug républicain

    Par Aristide Leucate 

    Loin d’être une « île », comme un candidat à la présidence de la République s’est imprudemment risqué à la qualifier, la Guyane française est une survivance d’un temps où notre pays rayonnait jusqu’aux antipodes. Les remous économiques et sociaux qui secouent régulièrement ces lointaines et exotiques dépendances devraient nous amener à reconsidérer l’opportunité de les conserver dans notre giron. Du moins, en l’état.

    Certes, la Guyane représente, à l’instar de Mayotte ou de la Nouvelle-Calédonie, une façade maritime d’importance. Sans faire de notre pays une thalassocratie écrasante, ces vestiges coloniaux lui permettent de tenir son rang dans le concert des puissances maritimes et commerciales mondiales. La Guyane est également le “Cap Canaveral” hexagonal, depuis que le général de Gaulle, en 1965, y a installé le centre spatial et sa base de lancement. Et pourtant, ce département est loin d’être béni des dieux. Dans un article paru dans Le Figaro(28 mars 2017) un haut-fonctionnaire dresse, sans fard, le tableau de la deuxième région française par la superficie : « La Guyane est depuis longtemps une véritable poudrière. Le taux de chômage y atteint plus du double de celui de la métropole : 22 %. Le taux de criminalité y est quatorze fois plus élevé. […]Le taux de fécondité par femme atteint les 3,4 enfants (1,9 en métropole), soit un taux de natalité de 27,6 pour 1 000 habitants. […] Les phénomènes migratoires y sont considérables. La population de ce territoire est composée à 45 % de ressortissants étrangers, la plupart issus de l’immigration du Surinam. L’orpaillage, c’est-à-dire l’exploitation de l’or dans la forêt amazonienne par des trafiquants et contrebandiers, est la source essentielle de la criminalité violente et entraîne des phénomènes de pollution au mercure désastreux pour l’environnement et la santé de la population locale. Tous les facteurs objectifs d’un chaos généralisé se trouvent donc réunis en Guyane. » Tout comme Mayotte, la Guyane concentre la quintessence des malheurs français.

    Tragédie écologique

    Ce n’est que l’écume des événements, car la « grève générale » du 27 mars est le révélateur de blocages qui ne sont pas uniquement sociaux ou économiques. La Guyane se caractérise par un consumérisme exponentiel que la présence envahissante des grandes surfaces vient évidemment renforcer. Il s’ensuit une réduction dramatique des espaces naturels, dévorés par une urbanisation galopante aux incalculables conséquences écologiques. De cette triangulation opérée par « la fonctionnarisation, l’hyperconsommation et l’éclatement de l’urbain », il résulte « une déstructuration et une recomposition du tissu social s’incarnant dans la montée de l’individualisme et la dilution des valeurs traditionnelles, héritées de la plantation ». explique Cédric Audebert, chercheur au CNRS. Implacable constat d’une tiers-mondisation manifeste d’une partie du territoire français, laquelle s’analyse comme un processus de paupérisation progressive des peuples et des cultures colonisées. La fallacieuse décolonisation, revêtue des atours républicains de la départementalisation (ou de la régionalisation) ne pouvait conduire qu‘à d’inexorables et graves déconvenues.

    Les nuées de l’égalité

    Dans un texte magistral écrit en 1934, Charles Maurras observait que de «François Premiers à nos jours, le vrai colon français ne s’est jamais embarrassé des ridicules nuées de l’égalité, ni des rêves de liberté démocratique et républicaine : mais il a toujours reconnu son devoir de fraternité – la fraternité d’un aîné ». Le jacobinisme niveleur, même à des milliers de kilomètres de la métropole, a toujours manqué l’opportunité décentralisatrice, mieux, fédéraliste. Citant un député de la Guadeloupe d’alors, Maurras voulait pour preuve de l’échec du régime son incapacité à se doter d’un « programme colonial d’ensemble » l’empêchant d’avoir « une politique sage et cohérente ». La prétendue « mission civilisatrice » (selon Jules Ferry et Léon Blum) que la République entendait poursuivre dans ses dépendances ultra-marines, à la suite de la Monarchie et du Second Empire, était empreinte d’un racisme à la fois paternaliste et bienveillant. Maurras, encore, ne s’y trompait guère lorsqu’il fustigeait le racisme occupant « une position tout à fait contraire à l’esprit de nos traditions », avant d’asséner : « C’est le racisme qui a tort. » Dans ces colonnes, bien des décennies plus tard, Alain de Benoist remarquera, à son tour, que « l’universalisme politique est toujours gros d’un ethnocentrisme masqué ». Nous serions enclin à répondre au fonctionnaire précité, s’alarmant que « la perte de la Guyane ne serait pas seulement tragique, elle serait désastreuse, irréparable sur le plan géopolitique », que c’est d’abord notre politique métropolitaine qui est désastreuse et que la plus naturelle des géopolitiques consisterait à respecter le terreau anthropo-sociologique, suivant le précepte antique du noli me tangere appliqué aux peuples colonisés. Mais la République n’est pas la monarchie et Hollande – ou son successeur – n’est pas Lyautey.  

  • Syrie : tous les morts ne se valent pas !, avec Jean-Yves Le Gallou

    Syrie-Enfants-Assad-1-282x350.jpg« Syrie, Russie : tous les morts ne méritent pas de Unes ! », tel est le sujet principal de cette nouvelle édition d’I-Média, l’émission hebdomadaire de Jean-Yves Le Gallou sur TV Libertés. En effet, Libération a publié en Une du jeudi 06 avril des corps d’enfants morts. D’après les témoignages recueillis par les journalistes de Libération, aucun doute possible : Bachar Al Assad est responsable de ce massacre. Le hic, c’est que les témoins sont partiaux et engagés dans le conflit syrien. Le quotidien ne voit pas de bonne issue possible à ce conflit.

    Au sommaire de cette émission :

    01:03 ; Le grand débat de BFM a-t-il servi Macron ?
    Lors du grand débat pour la présidentielle sur BFM TV, Macron jouait à domicile au milieu des 10 autres candidats. Pour les journalistes et les sondeurs le plus convainquant était, comme d’habitude, Emmanuel Macron.

    12:24 Le zapping d’I-Média
    A bras ouvert, le dernier film de Philippe de Chavreron, est victime de critiques de « violences inouïes ». Sur RTL, Pascal Praud a dénoncé un procès en sorcellerie. Quand Christian Clavier caricature un bourgeois catholique dans Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, il n’y a pas de problème. Mais A bras ouvert s’attaque à un dogme de l’antiracisme : on ne rit pas de la communauté Rom.
    Lundi 3 mars, Jean Michel Aphatie recevait sur France-Info Raquel Garrido, porte-parole de la France Insoumise. Faisant référence à la phrase « Rendre la France aux Français » prononcée par Jean Luc Mélenchon sur TF1, Jean Michel Aphatie s’interroge : « Ça nous a un peu écorché l’oreille, pour tout vous dire. On croyait que ce slogan était à un autre parti. » Qu’importe si l’intention n’est pas la même, les mots de Marine le Pen sont proscrits.

    21:33 Syrie, Russie : tous les morts ne méritent pas de Unes !

    33:33 Les tweets d’I-Média
    Brice Teinturier, directeur général délégué de l’institut de sondages IPSOS,refuse de faire des sondages concernant le deuxième tour de l’élection présidentielle opposant Jean-Luc Mélenchon à Marine le Pen pour éviter d’influencer les électeurs.
    Dualité dans la presse de gauche : la société des journalistes de Challengesdénonce un trop grand nombre d’articles pro-Macron imposé par la direction.

    38:01 Onde migratoire
    I-Média évolue et vous présente « Onde migratoire » : Comment les médias traitent la question de l’immigration en France ? C’est la revue de presse de Nicolas Faure.

    https://fr.novopress.info/204904/syrie-tous-les-morts-ne-se-valent-pas-avec-jean-yves-le-gallou/