Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

géopolitique - Page 762

  • L’armée irakienne trouve des missiles américains abandonnés par les djihadistes de l’Etat Islamique

    L’armée irakienne a découvert un hangar rempli d’armes américaines, notamment des missiles TOW-2, dans une zone venant d’être libérée des djihadistes de l’Etat Islamique.

    C’est loin d’être la première fois que du matériel de pointe américain se retrouve chez les djihadistes. Des missiles TOW-2 ont déjà été découverts tant chez les fanatiques de l’Etat Islamique que chez leurs concurrents du Front al-Nosra.

    Le Pentagone prétend que ces armes « ont disparu l’année dernière ».

    Les médias irakiens rapportent toutefois que les munitions et les roquettes avaient été parachutées par les Américains.

    « Il est dommage que nos collègues américains ne se mettent pas du côté de ceux qui se battent contre le terrorisme et qui condamnent les attaques terroristes. Deux poids deux mesures ! Nous devons malheureusement le constater de nouveau. », a commenté le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

    http://www.medias-presse.info/larmee-irakienne-trouve-des-missiles-americains-abandonnes-par-les-djihadistes-de-letat-islamique/41243

  • Que de mensonges sur les destinataires des armements us en Syrie !

    Entre les mains de qui donc ont atterri la cinquantaine de tonnes d’armes et de munitions américaines larguées par avion, et les centaines d’antichar TOW dépêchés par d’autres voies. 

    Une question légitime sachant que la plupart des milices en Syrie combattent soit avec Daesh, soit avec le front al-Nosra, toutes deux émanation de la nébuleuse wahhabite takfiriste Al-Qaïda.

    Une question dont la réponse peut paraitre difficile car les protagonistes concernés, les envoyeurs, lui donnent des réponses contradictoires, voire mensongères.

    FSD ou Coalaition arabe

    Curieusement, depuis la nouvelle du largage, de nouvelles milices ont vu le jour. Celle qui revient le plus souvent est la coalition des Forces de la Syrie démocratique (FSD).

    La chaine satellitaire pro saoudienne al-Arabiyyat a fait état qu’elle était la destinataire des armements américains largués dimanche dernier.

    Justement, ce jour-là, les dirigeants militaires de cette pseudo-coalition se sont manifestés. 

    Elle serait formée de quelque 13 factions, kurdes, syriaques et arabes.

    Une source informée a assuré pour al-Akhbar que ce sont les unités kurdes qui en constituent la colonne vertébrale, et qu’elles ont décidé de faire participer dans ses rangs des groupuscules arabes pour lui donner un caractère syrien et alléger les pressions que les Turcs pourraient exercer sur les USA.

    Déclaration qui va dans le même sens que les propos du porte-parole du Pentagone Peter Cook qui a supposé qu'une partie des munitions larguées dans la province syrienne d'Hassaké aurait pu tomber entre les mains des Kurdes combattant Daesh.

    Un peu de tout

    Dans les noms de ces milices publiés par le journal libanais al-Akhbar, elle comporte un peu de tout : la milice kurde Unités de protection du peuple (kurde), celle du Conseil militaire syriaque et de la Brigade des Seljukides. Elles semblent être destinées à représenter les minorités syriennes. Et il y a aussi celle baptisée Unités de la protection de la femme, censée représenter les femmes syriennes (faut-il supposer).

    Sont également cités Chams al-Chamal (soleil du nord), Souwwar Raqqa (les révolutionnaires de Raqqa), Brigade de la libération, Bataillon-99. Des milices inconnues ou sans assise et qui devraient a fortiori servir à remplir la liste.

    Quatre autres milices ont également été signalées séparément ce dimanche-là : Forces Sanadid, Bourkane al-Fourat (Volcan de l’Euphrate), Rassemblement des brigades al-Jazira, et l’Armée des révolutionnaires (qui comprend le front des Kurdes, le bataillon 99, les Opérations spéciales 455, Ahrar alZawiya, Bataillon Sultan Selim, Brigade des martyr d’Atareb, ).

    Coalition arabe à composante kurde

    Or dans sa réunion de jeudi, FSD est sortie avec une autre version de la distribution de ses milices, rendant compte de la présence d’une formation qui s’appelle la Coalition arabe syrienne. Il s’avère que celle-ci rassemble les quatres milices précitées et où la composante kurde est importante: dans l’Armée des révolutionnaires, et dans les Brigades d’al-Jazira au moins.

    On ne comprend pas comment se fait il qu’elle soit arabe. 

    Le contenu du communiqué fondateur qui a indiqué comme objectif des FSD de combattre les forces qui sont l’ennemi du peuple syrien et à leur tête Daesh et de remercier la coalition internationale et à sa tête les États-Unis, n’explique pas assez les raisons de ce remaniement des milices. 

    il faut croire que les avertissements kurdes peuvent le faire. En effet, au lendemain du largage des armements us, Ankara a haussé le ton, mettant en garde aussi bien les Américains que les Russes contre toute tentative d’armer les Kurdes.

    C’est au lendemain de ces avertissements que la Coalition arabe syrienne a vu le jour, dans les déclarations des dirigeants américains .

    Mensonges us et mensonges saoudiens

    "Les munitions larguées depuis des avions cargo C-17 ont été reçues par des groupes arabes, dont les chefs ont été soigneusement vérifiés. Ces groupes font partie de la +Coalition arabe syrienne+ qui mène des combats dans le nord-est de la Syrie où se trouve le bastion de l'EI", a annoncé à RIA Novosti un représentant du service de presse du Pentagone sans mentionner les peshmergas (combattants kurdes).

    On se sait qui des reponsables américains faut-il croire.

    Concernant les TOW, on constate la même approche mensongère de la part de l’Arabie saoudite qui les envoie avec le feu vert américain.

    « Les bénéficiaires seront l’Armée de la conquête, l’Armée syrienne libre et le Front Sud, mais pas Al Nosra (= Al-Qaïda) ni l’Etat Islamique (Daesh) », a dit un responsable saoudien pour la BBC sous le couvert de l'anonymat. (Source RT)

    Or la milice du front al-Nosra combat aussi bien dans l’armée de la conquête dont l’appellation arabe est Jaïch al-Fateh que dans le front du sud.

    Alors que l'Armée syrienne libre, n'existe presque plus. la preuve, elle n'a même pas été signalée dans la coalition FSD.

    Une fois les mensonges décortiqués, il devient certes facile de deviner qui sont les destinataires des armements américains en Syrie !

    source : Al manar :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/etranger/EuuVEAEpVplOGvZZfm.shtml

     

  • Frappes de drones US : un nouveau lanceur d’alerte déballe

    C’est l’une des toutes dernières scènes de « Citizen Four », le documentaire de Laura Poitras sur Edward Snowden, oscarisé l’an passé. On y voit le lanceur d’alerte se faire expliquer par le journaliste Glenn Greenwald la teneur de nouvelles informations obtenues par une personne présentée comme une source inédite.

    Un autre « whistleblower ». Qui lèverait, cette fois, le voile sur les frappes de drones américaines menées à l’étranger, notamment à partir d’une base située en Allemagne.

    Lire la suite sur Rue89…

    http://www.contre-info.com/

  • Guerre en Syrie : l’autre propagande

    La majorité des commentaires journalistiques sur la guerre en Syrie s’accompagne de doigts pointés sur des cartes permettant, paraît-il, de se faire une idée précise sur la situation des combats. Des cartes faussées, selon le docteur et chercheur associé à l’université d’Aix-Marseille, Olivier Hanne.

     

    Généralement, les zones contrôlées par le régime de Damas sont en rouge, celles de Dae’ch en noir (forcément), les espaces kurdes en violet, et enfin les zones rebelles en jaune. On nous propose ainsi une géographie militaire et politique à peu près claire. Les nombreuses critiques formulées contre les frappes aériennes russes des 30 septembre et 1er octobre s’inspiraient de ces mêmes cartes montrant, de toute évidence, que les Russes avaient ciblé des zones rebelles et non les espaces de Dae’ch.

    En réalité, cette cartographie courante n’a qu’une seule source : l’Institute for the Study of War (ISW), un think tank américain fondé en 2007 visant, sous couvert d’études stratégiques objectives et argumentées, à fournir des éléments justificatifs à la diplomatie militaire américaine.

    C’est ce même institut qui, dans ses cartes d’implantation de l’État islamique (EI), présente généralement les territoires concernés sous trois appellations : “zones sous contrôle de l’EI”, réduites à de minces fils comme ceux d’une toile d’araignée ; “zones d’attaques récurrentes de l’EI” et “zones de soutien de l’EI”. Or, personne d’autre que Dae’ch n’a d’autorité sur ces deux derniers espaces. Ces “zones de soutien” sont plus qu’un réservoir de terres à conquérir, elles sont de facto les territoires de Dae’ch. Les réduire à de simples lignes le long des axes n’a aucun sens, puisque les espaces interstitiels ne relèvent ni de Bagdad ni de Damas, mais seulement du califat. Ce faisant, l’ISW minimise l’influence réelle de Dae’ch.

    Concernant la guerre en Syrie, cette cartographie fautive ignore totalement la réalité : chaque katiba (groupe combattant), chaque village et même chaque individu, obéit à plusieurs allégeances à la fois et à plusieurs intérêts. Sur le terrain, les djihadistes ferment les yeux sur leur idéologie et se font payer pour laisser passer du matériel ou des gens, même armés. Des soldats de l’armée syrienne passent d’un camp à l’autre pour protéger leur famille, sans être des fidèles du régime ni du parti Baas. Enfin, les fameuses zones “jaunes”, où les rebelles sont tous mis sous une même étiquette par l’ISW, correspondent à des nébuleuses infinies de djihadistes, de mercenaires, parfois liés à Jabhat al-Nosra, parfois à des milices formées par l’armée américaine ayant aussitôt [....]

    La suite sur Valeurs Actuelles

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Guerre-en-Syrie-l-autre-propagande

  • Irak: Les chasseurs russes de l’armée irakienne bombardent l’EI

    Un Su-30 a détruit trois abris de l'EI dans la province Salah-ad-Din, selon les médias.

    Les chasseurs Su-30 que la Russie a fournis à l'Irak frappent les positions des combattants du groupe wahhabite-takfiriste l'Etat islamique, annoncent les médias locaux se référant au service de presse de l'armée irakienne Media War Cell (MWC).

    Selon MWC, un chasseur de type Sukhoï a détruit trois abris de combattants de l'EI dans la province Salah-ad-Din et une colonne automobile.

    L'assistant du président russe Vladimir Kojine a auparavant déclaré que la Russie continuerait sa coopération militaro-technique avec l'Irak. Il s'agit en premier lieu de la livraison d'armes d'infanterie légère, de véhicules blindés, d'avions, a-t-il précisé. Le montant des livraisons s'élève à plusieurs centaines de millions de dollars, selon lui.

    Par ailleurs,des sources de sécurité en Irak ont fait part de la destruction d’un drone appartenant au groupe terroriste wahhabite-takfiriste EI ou Daech.

    Selon la chaine satellitaire iranienne alAlam, le commandement des opérations de Bagdad a annoncé, dans un communiqué, que les forces de sécurité avaient réussi, vendredi, à abattre un drone de Daech, dans la région d’Al-Karama, dans la province d’Al-Anbar, à l’ouest du pays.

    Il a également rapporté que dans le cadre d’une autre opération, les forces de sécurité irakiennes étaient parvenues à tuer pas moins de 15 terroristes à Al-Karama. Elles ont aussi démoli deux véhicules transportant des armes et des équipements militaires appartenant au groupe terroriste Daech.

    Pour ce qui est de l'opération de libération à Al-Anbar, les forces de sécurité et les forces populaires irakiennes ont réussi à libérer la région al-Tamim au Sud de Ramadi qui était sous l’occupation des daechistes.

    Les forces irakiennes ont également pris en main le contrôle des dépôts d’aliments appartenant au ministère du commerce. Elles ont hissé le drapeau irakien sur les bâtiments administratifs de cette région.

    Les militaires irakiens ont également tué 15 terroristes lors d’une opération dans la région d’Albu Faraj. Dix véhicules des terroristes ont été détruits.

    source : Al manar :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/etranger/EuuVpZVlFyfiTxOJhp.shtml

  • Un coup de téléphone enflammé entre Erdogan et Poutine s’est terminé par des menaces mutuelles

    Le teigneux président turc a fait un appel de téléphone exceptionnel à son homologue russe pour discuter des derniers développements régionaux, notamment du conflit qui fait rage en Syrie. 
    Selon le Moscow Times, un quotidien russe (en anglais) de renom, le Président Recep Tayyip Erdoğan qui a intensifié sa rhétorique belliqueuse coutumière contre le gouvernement syrien de Bachar al-Assad, a déclaré à son homologue russe que la Turquie aurait atteint un seuil où elle ne peut rester indifférente envers le « carnage humain » dans le pays arabe déchiré par la guerre, mais à la surprise d’Erdogan, Poutine était furieux et, avec véhémence, a prévenu le Président de la Turquie de ne pas intervenir davantage dans les affaires intérieures syriennes, sinon la Russie était prête à empêcher la Turquie de déclencher une guerre catastrophique dans la région.
    Le président turc, sidéré, a alors demandé à Poutine si ses remarques enflammées signifiaient une menace directe contre la Turquie et Poutine a répondu: « Monsieur le Président, vous pouvez tirer l’interprétation que vous souhaitez de mes propos. »
    Le Président russe a également rappelé à Erdoğan le constat amer que ce sont les politiques erronées et belliqueuses de la Turquie vis à vis de la crise syrienne, qui ont coûté la vie à des dizaines de milliers de civils innocents et, plus loin, a exhorté le président turc de s’abstenir de soutenir les terroristes djihadistes pour lesquels il a mis en place des camps d’entraînement et des refuges sûrs à l’intérieur du territoire turc.
    Dr İsmet Bayraktar, un éminent professeur d’université, spécialisé dans l’histoire politique et sociale de l’Empire Ottoman et de la Turquie moderne, croit que Erdogan, lors de son appel téléphonique, a tenté, en quelque sorte, de dissuader Poutine de continuer le soutien politique et militaire considérable de la Russie au président syrien assiégé, mais en vain, car il apparaît que Moscou ne peut pas trouver une alternative plus loyale et digne de confiance au régime d’Assad.
    Les deux pays voisins de la mer Noire diffèrent radicalement pour ce qui concerne leur approche du conflit syrien. La Turquie n’aspire qu’à un changement de régime en Syrie, tandis que la Russie reste l’un des plus fervents partisans du régime de Bachar al-Assad.

  • Pourquoi le suicide de la Turquie ?

    Ex: http://www;europesolidaire.eu

    On peut se demander par quelle pathologie sociale un peuple de 77 millions d'habitants, jouissant de potentialités qui pourraient faire envie à la plupart des Etats européens, se laisse emporter par des réflexes venus du fond des âges, dont on pensait qu'avec Ataturk et surtout depuis les dernières années, quand il postulait l'entrée dans l'Union européenne, il avait commencé à se débarrasser.

    La question se pose plus particulièrement à l'égard des 15 à 20% de turcs occidentalisés qui auraient parfaitement leur place dans l'Union européenne, et qui se laissent entrainer comme les autres au désastre.

    Lors d'un séjour au Japon le 7 octobre, suivant un passage en France et en Belgique, le président Recep Tayyip Erdogan avait affirmé qu'il était préparé à se confronter avec la Russie, non seulement au sujet de violations supposées de son espace aérien, mais concernant l'intervention russe en Syrie, coupable de soutenir Bashar al Assad dans sa lutte contre l'Etat islamique (EI). Erdogan aurait ce faisant, a-t-il dit, le plein soutien des Etats-Unis et de l'Otan. Entre les lignes, on pouvait lire qu'il était ainsi prêt à provoquer un affrontement entre les deux plus grandes puissances nucléaires mondiales.

    Mais dans quels buts? Les attentats ayant frappé des manifestants pro-kurdes du parti Démocratique du Peuple (HDP), les 10 et 11 octobre peuvent peut-être suggérer quelques réponses. Il a été peu observé par la presse internationale que la police turque avait dès après les attentats puis lors des défilés de deuil ultérieur , attaqué aux gaz lacrymogènes les militants du HDP. De même le premier ministre intérimaire Ahmet Davutoglu avait interdit tout reportage sur ces attentats, ce qui ne fut d'ailleurs pas observé.

    Manifestement, pour Erdogan, l'ennemi à combattre sont les Kurdes. C'est d'ailleurs contre eux en Syrie qu'il réserve ses frappes aérienne, ménageant soigneusement les combattants de l'EI.  Il a été dit que ce faisant, il espère rallier les éléments turcs les plus conservateurs en vue de redonner une majorité absolue à son parti, l'AKP, aux prochaines élections du 1er novembre. Mais faire porter à Erdogan, autocrate mégalomane, la responsabilité du désastre menaçant aujourd'hui la Turquie, ne suffit pas. Ni Erdogan, ni son parti l'AKP, représentant les intérêts des riches industriels simultanément avec ceux des musulmans les plus arriérés, ne suffit pas. Il faut voir dans tout ceci la main, non comme l'on disait jadis de Moscou, mais de l'Amérique. 

    La main de l'Amérique

    Là encore, comme dans d'autres parties du monde, notamment en Ukraine, la responsabilité de cette descente aux enfers repose essentiellement sur la politique américaine. On dira qu'il est facile de faire des Etats-Unis la cause de tous les maux qui accablent l'Europe et le Proche -Orient. Cependant, il est difficile de nier que depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l'Empire américain avait décidé de lutter par tous les moyens, hors l'affrontement atomique, contre l'URSS d'abord, la Russie ensuite.

    Ce furent d'abord la création de l'Union européenne puis de l'Otan, utilisées comme bastion avancés pour contenir puis faire reculer la Russie. Ce fut plus récemment l'embrigadement de la Turquie dans cette lutte. Si celle-ci, avec sa position géographique et ses richesses potentielles, avait rejoint la couronne d'Etats musulmans plus ou moins sensibles à l'influence de Moscou, une bonne part de la ceinture de sécurité, potentiellement offensive, dont l'Amérique avait réussi à entourer la Russie s'effondrait.

    Pour cela la diplomatie, l'armée et la CIA firent tout ce qu'elles pouvaient pour soutenir en Turquie des archaïsmes dont la plupart des Etats européens avaient réussi à se débarrasser: illusion de pouvoir créer un Etat islamique turc lointain successeur de l'Empire ottoman, refus d'une fédéralisation entre l'Etat turc et le Kurdistan turc, maintien de l'influence d'un islam rétrograde, anti féministe et anti-ouverture, acceptation de la domination au plan gouvernemental de partis directement représentants des maffias, répression de la minorité sociologique moderne proche de l'Europe à tous égards...Ajoutons que sous la pression américaine la Turquie avait du renoncer à servir de "hub" au gazoduc proposé par la Russie, prématurément nommé Turkishstream.

    Plus récemment, l'Amérique avait quasiment obligé la Turquie à servir de base arrière à l'Etat islamique (EI) lorsqu'il lui était devenu impossible de financer ouvertement celui-ci. Ceci au moment où les Kurdes du Parti de l'Union Démocratique, le PYD - le parti kurde syrien, qui administre le Kurdistan syrien depuis trois ans et qui est proche du Parti des Travailleurs du Kurdistan, le PKK en Turquie - combattaient l'EI à Kobané.

    Les Etats-Unis acceptèrent de laisser faire les bombardements turcs contre les positions kurdes en Syrie au moment où ils avaient prétendu inclure la Turquie dans la coalition d'Etats arabes initialisée par Obama et prétendant frapper l'EI en Irak et en Syrie. Dans le même temps, la Turquie était implicitement encouragée à faire passer renforts en matériels et combattants djihadistes destinés à l'EI, par sa frontière plus que poreuse avec la Syrie. Il y a tout lieu aussi de penser qu'elle a été incitée à abriter plus de 2 millions de réfugiés, non pas en vue de sauver ces derniers, mais d'en faire à terme la source de flux de migrants destinés à déstabiliser ceux des Etats européens qui montraient, telle l'Allemagne et la France dans la formation dite « Normandie », des velléités de rapprochement avec la Russie.

    Quant aux causes précises des derniers attentats, elles demeureront sans doute toujours ignorées, même si certains groupes manipulés les revendiquaient dans quelques jours. Disons que les manifestants démocratiques à Ankara, il est vrai petite minorité pourchassée, en butte elle-même à des attentas fomentés par le régime, comme l'est Selahattin Demirtas, co-dirigeant du HDP, tiennent clairement Erdogan et ceux qu'ils appellent sa clique de tueurs en série, responsables d'avoir provoqué l'attentat. Ceci afin que les forces conservatrices, effrayées , se rapprochent de l'AKP, le parti « islamo-conservateur » d'Erdogan, notamment lors des élections du 1er novembre, ou mieux encore, afin que ces élections soient reportées indéfiniment.

    Comment, a dit Demirtas, admettre qu'un Etat tel que l'Etat turc, disposant d'un réseau d'informateurs considérable (ndlr. directement informés du reste par la CIA et la NSA), n'ait pas eu vent de la préparation d'un attentat de cette ampleur. Aucun orateur du HDP, non plus qu'à ce jour du PKK, n'est allé cependant jusqu'à mettre en cause, comme nous le faisons ici, sinon directement, du moins indirectement, la responsabilité de Washington. Une certaine prudence reste nécessaire en Turquie.

    Notes

    Pour mieux s'informer sur la Turquie et sur le Kurdistan turc, on lira les articles de Wikipedia, qui semblent à première vue très objectifs

    Jean Paul Baquiast

    http://euro-synergies.hautetfort.com/

  • PIERRE YVES ROUGEYRON "Les nouveaux visages de l'impérialisme"