Près de 300 personnes se sont rassemblées devant la cathédrale de Nantes pour montrer leur soutien et pour protester contre le silence assourdissant de la France devant le martyre de nos frères de Mossoul. Beaucoup de chrétiens, dont une cinquantaine de chrétiens d'Irak, justement originaires de Mossoul et réfugiés en France depuis des années, mais les musulmans de Nantes avaient également tenu à montrer leur solidarité par leur présence et par un discours ferme et clair condamnant toutes les atrocités. Les encouragements de Monseigneur James, évêque de Nantes, par la voix du recteur de la cathédrale, marquèrent également ce rassemblement digne et uni. Le rassemblement se termina par le Notre Père récité en araméen par les chrétiens d'Irak.
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Nantes: rassemblement de soutien aux chrétiens d'Irak
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Espionnage – Les services-secrets russes hyperactifs en France aujourd’hui
On fait souvent une fixation sur les méthodes de renseignement de nos « amis » américains ou sur les pratiques d’espionnage des Chinois. Or, il semblerait que si les uns sont les maîtres incontestés du renseignement électronique et les autres les gourous de l’espionnage industriel, il existe un troisième axe hyperactif dans ce monde assez glauque du renseignement : la Russie.
D’après le « Nouvel Observateur » qui publie cette semaine un dossier bien informé et très factuel, les services secrets russes n’auraient jamais été aussi actifs et influents en France même pendant la Guerre Froide.
En effet, il y aurait selon des sources internes à la cellule H4 (Russie) de la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure, ex-DCRI) plus d’une cinquantaine d’espions russes travaillant sur notre territoire sous couverture diplomatique et une vingtaine « d’illégaux », des espions sans couverture diplomatique généralement bien implanté dans la société avec un emploi depuis plusieurs années et souvent une famille.
D’après l’un de ses collaborateurs, le président Sarkozy en son temps avait déjà interpellé Poutine sur ce sujet en lui disant : « Au lieu d’espionner chez nous, tu ferais mieux de t’occuper des terroristes ».
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70 ans après Bretton Woods, la suprématie du dollar de nouveau sur la sellette
L’affaire BNP Paribas, 70 ans après la conférence de Bretton Woods, projette à nouveau les projecteurs sur la prépondérance du dollar dans le système monétaire international
L’amende de près de 9 milliards de dollars infligée à BNP Paribas par la justice américaine le mois dernier souligne la toute-puissance du billet vert dans le système monétaire, commercial et financier mondial. Pour avoir réalisé des transactions en dollar avec l’Iran, le Soudan et Cuba, des pays sous embargo américain, la banque française s’est attiré les foudres américaines. Et déclencher l’ire du monde politique français. Le ministre des Finances français, Michel Sapin, notamment a estimé que la prééminence du dollar « conduit aussi nos entreprises à être parfois exposées à des risques de change qu’elles pourraient éviter ». « Nous devons reconsidérer le poids du dollar et les conséquences d’une évaluation des prix en dollar lorsque cela signifie que la législation américaine s’applique en dehors des Etats-Unis », a-t-il ajouté. D’où son appel pour faire progresser « l’usage de l’euro comme monnaie d’échange internationale ». Le ministre français n’est pas le seul à contester la suprématie du dollar. Les autorités chinoises s’efforcent, de leur côté, de développer l’usage du renminbi (voir ci-contre). Et plusieurs pays émergents ou en développement tentent tant bien que mal de s’émanciper de la monnaie américaine pour leurs opérations commerciales. En mars 2013, une étude de la Development Bank of Singapour attribuait la baisse de l’activité économique de toute l’Asie après la chute de Lehman Brothers en septembre 2008 au gel des financements en dollars « si crucial pour le commerce international de l’Asie. Pas de crédits, pas de commerce, pas d’activité. Fin de l’histoire ».
Mais, de l’avis de la plupart des économistes et analystes, la prédominance du dollar dans le système monétaire international devrait perdurer pendant de nombreuses années . Le yuan chinois ne peut pas encore le remplacer. En un peu plus de 10 ans, l’euro n’est parvenu qu’à seulement écorner le pouvoir d’attraction du billet vert. A ce jour, les Etats-Unis, avec Wall Street, disposent de la principale place financière mondiale. Leurs marchés sont suffisamment développés, profonds et sûrs pour offrir des actifs sur lesquels les réserves des banques centrales mondiales vont s’investir. La plupart des matières premières – agricoles ou énergétiques - sont cotées en dollars et sur les places américaines. Même si Christophe de Margerie, le PDG de Total a reconnu lors des rencontres économiques d’Aix en Provence début juillet que rien n’empêche de payer le pétrole en euro. « Le cours du baril de pétrole est coté en dollars. Une raffinerie peut prendre ce cours et utiliser le taux de change de l’euro/dollar et payer en euros », a-t-il expliqué.
Certes, mais dans l’histoire monétaire et financière, la puissance économique et commerciale d’un pays est toujours allée de pair avec la domination de sa monnaie. Ce qui n’empêche pas de pointer les insuffisances du système monétaire international actuel, né des décombres de la seconde guerre mondiale, en 1944, lors de la conférence de Bretton Woods et qui a fini par éclater au début des années 1970. D’abord avec la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971, puis la généralisation des taux de change variable, en 1973, consacrée quelque temps plus tard à Kingston en 1976 par les accords de la Jamaïque. Ces derniers avaient dévolu au Fonds Monétaire International la surveillance des monnaies. Néanmoins, le flottement des devises a nécessité très tôt un pilotage. Ce dernier a été assuré avec plus ou moins de satisfaction par le forum des sept pays les plus riches (G7). Transformé aujourd’hui en G20 du fait de l’émergence de nouveaux géants économiques, l’exercice est devenu plus ardu, sinon impossible. L’heure est plutôt au chacun pour soi et à la guerre des changes larvée. La grande crise lors de son paroxysme en 2009 avait laissé espérer l’organisation d’un nouveau « Bretton Woods ». L’ex chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy l’avait souhaité dès 2008. Il n’en a rien été. Le système reste en l’état et le dollar continue d’imposer sa loi.Les Echos :: lien
http://www.voxnr.com/cc/di_antiamerique/EupypylVAFONqVOsja.shtml
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Malaysia Airlines : Ron Paul rappelle pourquoi il faut se méfier de la version d’Obama et des médias du système
Après le journaliste Robert Parry, c’est au tour d’une autre personnalité américaine, Ron Paul, un homme politique bien connu des Américains, de mettre en garde les Etats-Unis concernant l’empressement de Barack Obama et des médias aux ordres à pointer la responsabilité de la Russie dans l’affaire de l’avion de la Malaysia Airlines.
La tribune de Ron Paul à ce sujet :
Quelques jours après l’accident tragique d’un vol de la Malaysia Airlines dans l’est de l’Ukraine, les politiciens et les médias occidentaux se sont réunis pour diffuser une propagande maximale autour de la catastrophe. Cela doit être la Russie ; il doit s’agir de Poutine, ont-ils dit. Le président Obama a tenu une conférence de presse pour déclamer – avant même une enquête – que les rebelles pro-russes dans la région étaient les premiers responsables. Son ambassadeur à l’ONU, Samantha Power, a fait de même au Conseil de sécurité des Nations unies – juste un jour après l’accident !
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En bref : petit tour de la Hollandie
Les chiffres magouillés du Pôle Emploi
Le véritable nombre de chômeurs pour le mois de juin 2014 s’élève à 9.5 millions en France. Voir le détail : ici
Violente rixe dans le Gard
« Les affrontements entre les deux bandes rivales – composées chacune d’environ 40 personnes – ont fait au total 8 blessés, dont une personne plus gravement atteinte, mais dont le pronostic vital n’était pas engagé.
Des barres de fer et des armes blanches ont été utilisées au cours de la rixe, et des témoins ont rapporté avoir entendu un coup de feu, même si aucune douille n’a ensuite été retrouvée, et qu’aucune personne n’a été blessée par balle. » Source : Le FigaroUn djihadiste grenoblois tué en Syrie
Selon plusieurs sites islamistes, ou des comptes Twitter de spécialistes du djihad comme David Thomson de RFI, Abu Tamimah, un djihadiste originaire de Grenoble, a été tué vendredi lors des combats menées par l’Etat islamique en Irak et au Levant à Raqqa au nord de la Syrie. Le jeune homme, parti en Syrie depuis 2012 était particulièrement célèbre sur les sites internet et faisait de la propagande en faveur du djihad. Source : FDS
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Emeutes de Paris du 19 juillet : le poids des mots (des grands médias), le choc des vidéos
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Ebola : un 4ème pays d'Afrique touché par l'épidémie
Le bilan des victimes du virus Ebola s’est encore alourdi, atteignant désormais 660 morts en Afrique de l'Ouest. Plus inquiétant, le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, a rapporté son premier mort.
La liste des pays d'Afrique de l'Ouest touchés par le virus Ebola s'allonge ! Après la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia, c'est à présent le pays le plus peuplé de toute l'Afrique qui a rapporté son premier décès. Les autorités du Nigeria ont en effet déclaré ce vendredi 25 juillet qu'un Libérien était décédé en quarantaine dans la capitale nigérianne Lagos.
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Irak : les chrétiens y souffrent depuis... 14 siècles
Marc Fromager, directeur de l'Aide à l’Eglise en Détresse, répond à Présent. Extrait :
"Ce qui se passe actuellement en France est paradoxal. Tout à coup tout le monde feint de découvrir que les chrétiens d’Irak sont dans une situation difficile alors que ce n’est pas nouveau. Je suis content que les médias, la population s’intéressent enfin à eux, bien sûr, mais cela ne doit pas cacher ce qu’ils souffrent depuis des années. Leur vie en Irak est compliquée depuis bien longtemps. A vrai dire, elle l’est depuis 14 siècles, avec l’arrivée de l’Islam.
Cela fait de nombreuses années qu’Aide à l’Eglise en Détresse soutient les chrétiens d’Irak. Leurs conditions de vie se sont dégradées là-bas depuis des décennies et notamment avec l’arrivée des Américains en 2003 et la chute de Sadam Hussein. L’Etat de droit a totalement disparu et le pays s’est retrouvé plongé dans la violence. [...]
Ils étaient environ 1,5 million il y a encore dix ans. Aujourd’hui, même s’il est très difficile d’avoir des chiffres exacts, on sait que leur nombre est nettement inférieur. Les plus optimistes estiment qu’ils atteignent encore les 400 000. D’autres pensent qu’ils ne sont pas plus de 150 000. Mais quel que soit le chiffre réel, il a tout de même considérablement baissé ; et vu la situation ils veulent tous partir. [...]
Tout le monde a les yeux fixés sur Gaza, on s’offusque des actes antisémites qui ont eu lieu en Ile-de-France. Au même moment il y a une véritable purge ethnico-religieuse qui se passe en Irak, un crime contre l’humanité, et personne ne bouge. J’essaie de comprendre pourquoi. Est-ce parce qu’il s’agit des chrétiens d’Orient, qu’on ne veut pas s’y intéresser parce que la société française a un problème d’identité et rejette ses racines chrétiennes ? Est-ce pour des raisons démagogiques ? On ne veut pas parler de chrétiens persécutés parce que l’on ne veut pas heurter soi-disant les non-chrétiens ? Ou bien nous avons tellement d’intérêts énergétiques engagés dans ces pays du Proche-Orient qui financent les régimes qui sont à l’origine des persécutions, qu’on ne veut pas se les mettre à dos ?
Est-ce parce que l’Eglise d’Orient, comme le Christ, doit souffrir sa passion et le suivre sur le chemin du Calvaire ? Est-ce sous le coup d’une humilité mal placée, faisant dire qu’il y a déjà tellement d’autres souffrances dans le monde que l’on ne peut pas ramener la couverture à nous chrétiens, en quelque sorte ? Ou alors de la charité mal placée ? Car si l’on parle de persécutions, cela sous-entend qu’il y a des persécuteurs et donc des gens qui font le mal. Or nous savons que dans cette région du monde les régimes sont majoritairement islamistes. Ce n’est pas mettre tous les musulmans dans le même panier que de dire cela, c’est juste une constatation. Doit-on se taire, parce que finalement les chrétiens n’ont rien à faire dans ces pays-là ? Mais les chrétiens sont les autochtones. Les terres du Proche-Orient sont des terres chrétiennes.
Evidemment toutes ces raisons invoquées sont de fausses excuses. Je ne comprends pas que l’on ne parle pas plus, que l’on ne s’émeuve pas plus du sort des chrétiens dans le monde. Regardez en France. Dès que des catholiques sont lésés c’est le silence total.
Certains, à la dénonciation des faits, disent préférer le dialogue…
Oui car c’est très mal vu de dire ce qui ne va pas. Vous êtes tout de suite taxé d’extrémisme, traité de rabat-joie. C’est beaucoup plus politiquement correct d’affirmer que l’on comprend l’Autre et que l’on veut le dialogue. Je ne suis absolument pas contre le dialogue, mais cela ne doit pas nous empêcher de voir la réalité des faits : des chrétiens sont persécutés et meurent pour leur foi. Force est de constater que dans les pays à majorité musulmane, les chrétiens rencontrent des difficultés énormes. C’est un fait. Il faut dénoncer ce genre de situation, fermement et avec charité, calmement. Le dire est important. Faire comme si de rien n’était n’arrangera pas la situation, bien au contraire. [...]
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Etats-Unis/Russie : la guerre est déjà en cours
Selon Paul Craig Roberts, économiste et journaliste paléoconservateur américain, ancien sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan (1981-1982). Il a également été rédacteur en chef adjoint au Wall Street Journal. Il est l’actuel président de l’Institute for Political Economy (Institut des sciences économiques) :
"[...] Mais si on a la possibilité d’une Guerre froide sans combattre soi-même, on peut la faire durer des années, comme cela a été le cas pour la Guerre froide avec l’Union soviétique. C’est d’ailleurs la Guerre froide qui a engendré le complexe militaro-sécuritaire américain.
C’est tout au moins une ligne rouge pour Washington. Néanmoins,je ne suis pas certain que l’on puisse attendre de Washington le bons sens d’éviter de transformer l’invasion de l’Ukraine en guerre chaude. Cela dit, il paraît difficile de croire que Washington puisse s’engager dans une guerre chaude contre la Chine et la Russie. Il s’agit là de deux pays vastes et puissants dotés d’armes nucléaires.
Mais beaucoup de choses difficiles à croire se sont réellement produites. Il arrive souvent que les gouvernements succombent aux sirènes de leur propre propagande. Et il est clair qu’à Washington quelqu’un est persuadé qu’une guerre nucléaire est gagnable, parce que sinon, à quoi bon modifier la doctrine de guerre pour que les armes nucléaires cessent d’être des armes de représailles et deviennent une arme de première frappe ? Pourquoi construire des missiles anti-missiles et les déployer à la frontière de la Russie et sur des navires en mer Noire et en mer de Chine méridionale ?
Il est certain qu’à Washington, il y a des gens pour croire que les Etats-Unis peuvent gagner une guerre nucléaire. Dans les faits, un article a été publié il y a quelques années dans Foreign Affairs, le magazine de réflexion du Council on Foreign Relations – un aréopage influent d’analystes en stratégie et d’ex-responsables gouvernementaux. Il y était affirmé que les Etats-Unis avaient une telle avance sur la Russie en matière d’armement nucléaire que nous pourrions sans difficulté attaquer la Russie sans risquer de représailles. Il y a des gens qui pensent réellement cela. [...]
L’un des effets pervers de l’usage brutal de la force par Washington serait que les pays de l’OTAN réalisent qu’ils sont menés vers un conflit par un gouvernement devenu fou, qui prend des risques invraisemblables avec la vie humaine et même avec la planète.
Ainsi, il se pourrait bien que Poutine parie sur une prise de conscience du danger que représente Washington pour les vivants. Il espère que plus la Russie se montrera pondérée, moins elle adoptera une attitude provocatrice, plus grandes seront les chances que les gouvernements allemand et français réalisent que l’agenda de Washington est funeste pour le genre humain ; plus grandes seront les chances que l’Europe prenne des décisions pour s’affranchir, elle, ses pays et ses peuples, du contrôle de Washington. Dans ce cas, l’empire s’effondrerait.
Je suis convaincu c’est là que se situe le pari de Poutine. Il n’est pas fou, loin de là, il prend la mesure de la menace d’une guerre, il en a conscience. Et c’est très certainement la raison pour laquelle il a demandé à la Douma d’abroger le droit au déploiement de forces russes en Ukraine. Il tente de dire aux Allemands et aux Français – Vous voyez bien, ce n’est pas moi, ce n’est pas nous.
J’espère qu’il réussira. Car en fin de compte, l’avenir du monde est suspendu à la question suivante : l’usage de la diplomatie par Poutine prévaudra-t-il sur celui de la force par Washington ?"
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Comment souder entre elles l'Europe et la Russie
Après quelques mois de délire, nous nous rapprochons des vacances, un moment où les cyber-révolutionnaires quitteront leurs bureaux et n'auront plus autant de temps pour refaire le monde à partir d'un ordinateur.
Malgré la chaleur, cet été pourrait être un bon moment pour réfléchir.
Le choc des civilisations va aller en vacances avec les ultras pro-russes et les anti-russes, et après la Coupe du Monde on découvrira que rien n’aura changé.
Je saisis cette occasion pour récapituler les faits saillants de ma pensée sur Maidan et les perspectives d'avenir.
Maidan
La révolte contre le gouvernement ukrainien "pro-russe" de Ianoukovitch pour autant qu'elle puisse être considérée comme «other-directed », puise ses racines dans un sentiment populaire de longue date qui ne permet pas une relation simple entre Moscou et Kiev.
Le gouvernement des oligarques "pro-russes", en réalité, était composé de gens qui avaient leurs intérêts dans les deux camps , ce qui est aussi le cas du nouveau : le gouvernement "pro-européen" aujourd'hui est l'expression des mêmes oligarques.
L'intervention des camarades de Pravy Sektor n'a pas produit la révolte, ni imposé le «nouveau» gouvernement. Nos camarades, en combattants tels qu’ils sont, sont allés prendre la tête de l'action. S'ils le n'avaient pas fait, le parti l'atlantique l'aurait remporté sur tous les fronts sans plus aucune opposition, même potentielle.
Quand les gens descendent dans la rue l'avant-garde révolutionnaire se retrouve à sa tête, ou bien il n'y a pas d'avant-garde. C'est sa tâche et son devoir.
Je sais que les comptables, les intellectuels et les gens qui n'ont jamais entendu le sifflement d’une balle ou connu de guerre civile, peuvent penser autrement.
Mais ce n'est qu'une vue abstraite de la réalité. Qui a une perception réelle et charnelle des choses sait bien que sur cela, il n'y a pas de débat.
En outre, la solidarité avec les combattants est une priorité hiérarchique: quand s'affrontent deux parties, chacune liée à sa tradition historique et politique, derrière leurs symboles respectifs, seul celui qui n’a pas de passion ne peut pas ne pas frémir dans le côté de qui, historiquement, symboliquement et par le mythe, est le sien. Permettre à cela un calcul, bon ou mauvais qu'il soit, trahit un tarissement de l'âme et une détérioration des valeurs.
L'implication ne doit non plus assombrir et nous rendre incapables de regarder froidement vers l'avenir.
Le jeu américain
Ce n'est pas exactement celui que l’on croit.
Les Etats-Unis n'ont pas besoin d'une épreuve de force parce que leur énorme puissance nucléaire, militaire, financière, et satellitaire, les garde au niveau d’une puissance au-dessus de toutes les autres, et cela pour de nombreuses années, peut-être même pour de nombreuses décennies.
Ce que les Américains poursuivent c’est une synarchie multi-polaire basée sur la rivalité et les déséquilibres entre les différents puissances et en même temps sur le « franchising » américain avec toutes ces puissances.
Ce que n'aiment pas les Américains c’est la renaissance européenne, qui doit être maintenue sous contrôle strict.
En particulier Washington veut éloigner Berlin de Moscou.
Il faut comprendre l'idéologie américaine, qui est basée sur la haine du Père (Europe).
C'est la seule clé non «matérialiste» de la stratégie américaine qui, pour le reste, se manifeste très brutalement non seulement dans la politique internationale et dans le contrôle des sources d'énergie, mais aussi dans le trafic de drogue, les migrations ethniques , les spéculations boursières et ainsi de suite.
Et nous ne parlons pas ici des redoutables armes du climat et de la santé pour ne pas être catalogués comme des fous obsédés du complot par des gens moins avertis.
Le jeu anglais
L'île des spéculateurs et des faiseurs de rois joue sur tous les terrains.
En particulier, elle se préoccupe - historiquement elle l’a toujours fait - de casser l'Europe et de rester présente dans l'Hearthland par le Commonwealth.
Londres est le sujet le plus subversif de tous.
D’après les aveux du Financial Times, c’est la City qui gère l'assaut de la zone euro. C’est toujours la Grande Bretagne qui insiste pour le «bouclier Otan » à l'est.
L'accélération de la crise en Ukraine a été causée aussi de la nécessité de récupérer la Pologne dans la sphère d'influence britannique, puisque elle avait basculé vers l'allemande, qui joue l’apaisement à l'est.
Le jeu allemand
Je ne vais pas parler ici du potentiel qui réside dans l'ADN de ce peuple: j'ai mes convictions et je sais que d'autres en ont de différentes; je continue d’alimenter mes espoirs.
Ce qui est sûr, cependant, c’est que les marchands et les industriels allemands ne sont pas aussi individualistes que mes compatriotes et les français.
Les relations euro-russes nous viennent d’eux et pour l'Allemagne elles sont devenues importantes et incontournables.
La politique allemande, quelle que soit la conception culturelle et éthique que l’anime, est inextricablement liée à l'économie et la vie sociale en Allemagne.
La locomotive allemande avait conduit l'Europe à un choix pro-Poutine (crise de 2008) et depuis lors, la spéculation financière est partie pour nous déstabiliser, jouant principalement à embarrasser Berlin sur lequel tous les partenaires faibles se sont mis à jurer, en ignorant leurs propres fautes et les responsabilités anglo-américaines dans le déclanchement et dans la gestion de la crise économique et sociale.
Le gouvernement allemand n'est évidemment pas un exemple, mais celui-ci n'est pas l'Allemagne tout comme Valls n'est pas la France. Nous devons avoir une perspective qui se base sur les fonctions objectives des peuples, leurs économies, leurs relations historiques. C'est alors seulement que nous pouvons réaliser que l'Europe n'a pas d'avenir, mais moins encore l’ont l'Italie, la France ou la Méditerranée, si les lignes directrices géo-économique de Berlin et éthico-politique de Budapest ne seront pas suivies et renforcées .
Mieux encore avec des contributions révolutionnaires.
Le jeu russe
La Russie fait le sien.
Ni d’Europe ni d'Asie, elle est "eurasiatique" d'une manière très particulière et pas du tout exportable.
Poutine, comme je l'ai dit à plusieurs reprises, reste l'un des quatre leaders mondiaux intéressants (avec Orban, Assad et Shinzo Abe) ; il est aussi l'ancien directeur des services secrets soviétiques. Il a une culture du pouvoir, et pas seulement du pouvoir, stalinien, ou si vous voulez post-stalinien.
C'est aujourd'hui ce qu'il l'était hier.
Hier j’acceptais cela et aujourd’hui je le pourrais encore mais dans la mesure où s’arrêteraient ses récentes croisades "anti-nazis" ainsi que ses revendications de «guerre patriotique» accompagnées de propositions répressives, style loi Gayssot, contre ceux qui font du révisionnisme « pro-Axe ».
Quant à la realpolitik du Kremlin, les accords avec Israël (avec une ligne rouge établie directement avec Nethanyau), avec la Chine et - comme il vient d’être annoncé - avec l'Arabie Saoudite, ça ne me choque pas en soi. Si je mets l'accent sur ces étapes « choquantes », c’est pour agiter sous les yeux bovins de ceux qui accusent nos camarades ukrainiens d’être des serviteurs du sionisme, et leur montrer combien ils sont confus et tordus.
Ce que je conteste à Poutine aujourd'hui ce sont bien d'autres choses: à savoir que l'abandon de l’axe Paris-Berlin-Moscou, qui à vrai dire est une faute tout d’abord française, tourne dans un cynisme renouvelé qui a conduit à l'acceptation de la partition de l'Ukraine qui a poussé la bed company sur nos épaules et les nationalistes des deux côtés à être sacrifiés sans aucun soutien réel. Cela ressemble à un ajustement excessif dans la logique de Yalta, qui menace une fois de plus de diviser l'Europe en deux.
Une Yalta géo-énergétique pousserait le nord-est de notre patrie commune vers Moscou et le sud-ouest par tous les moyens vers Washington. Dans cette clé de lecture, nous pouvons aisément comprendre les mésaventures de Berlusconi et celles qui menacent aujourd’hui Erdogan.
Uni-polarisme ou multi-polarisme
Celle-ci semble être la question actuelle.
Mon impression c’est que nous avons une vision déformée de ce qui se passe.
L'uni-polarisme ne peut avoir aucune étanchéité et je crois que les Américains ne pensent pas du tout à cette hypothèse; le multi-polarisme ne déplait pas aux États-Unis : il est partie prenante dans les stratégies inhérentes aux programmes de la Commission Trilatérale.
Je ne vois vraiment rien échapper des mains des États-Unis, qui sont gagnants sur tous les étages et finalement associés partout un peu avec tout le monde.
Le multi-polarisme, si l'Europe n'existe pas en tant que civilisation et aussi comme une puissance, se révélera être une synarchie dans laquelle les différents sujets rivaux parmi eux, seront en fait subordonnés aux Américains.
La clé n'est pas là.
A mon avis ils en existent deux autres.
Une clé est la puissance basée sur l'alliance et la coopération entre l'Europe et la Russie.
A cette fin, cependant, il est nécessaire qu'il y ait avant l'Europe.
Sinon, le partage des sphères d'influence ne changera pas grand-chose, et certainement pas en mieux.
Le deuxième clé est dans l'autonomie, même dans une pulsion animée d’un esprit sur-hommiste : l’autonomie des hommes, des élites, des communautés et des peuples. Et celle-ci prime sur l'autre, car il n'y a pas de formules qui libèrent les hommes ou les peuples qui ne sont pas déjà libres pour nature.
En conclusion
La fierté ukrainienne n'est pas à marchander.
Le nationalisme européen, ou plutôt le nationalisme révolutionnaire européen est essentiel.
L'Europe doit se tourner vers l'est; et peut le faire en démarrant, à différents niveaux, de Budapest et de Berlin.
La Russie est essentielle pour l'Europe.
Mais pour une Europe juste et pas servile.
Maidan peut bien équilibrer la « Guerre patriotique » des soviets, afin que nous puissions commencer à raisonner avec les russes, fiers, la tête haute, pour notre coopération et non seulement pour sortir de l’uni-polarisme (auquel je ne crois pas vraiment), mais aussi pour que le multi-polarisme ne corresponde plus à un système de mafia à hégémonie "mondialiste ".
C’est une possibilité. Elle dépend essentiellement de nous et de notre passage mental du rôle des sujets et de cireurs de chaussures (il n'est pas de meilleur maître qui rend moins serviteur un asservi) à celui de cives et de milites.
Enfin, comme d’habitude, je repars toujours de là : « Europe. Fascisme. Révolution ».
Je suis « resté à cela» parce que j’ai refusé toutes les diversions et je suis entré ainsi dans l'avenir.
Gabriele Adinolfi