La France, un paradis fiscal pour un géant financier : Camille Galic a lu les deux dernières monographies du Qatar.
Peuplé de 1.903.447 habitants dont les deux tiers d’étrangers répartis sur 11.586 km2 seulement, soit un peu moins que la région Ile-de-France, le Qatar intrigue, le Qatar inquiète. Il est vrai que son avidité capitalistique et ses ambitions géopolitiques sont inversement proportionnelles à sa population et à sa superficie. Sur les cinq livres qui viennent de lui être consacrés, nous en avons retenu deux : Qatar/ Les secrets du coffre-fort et Le Vilain Petit Qatar. Le premier, plus informatif, le second, plus polémique. C.G.
Bons spécialistes du Moyen-Orient, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, qui furent enlevés le 20 août 2004 par l’Armée islamique en Irak qui ne les relâcha que quatre mois plus tard en échange, selon The Times, d’une rançon de 11,8 millions d’euros en partie réglée, dit-on, par… le Qatar, disent avoir enquêté un an sur « ce confetti qui rêve d’être un empire ». Ils énumèrent ses atouts, en particulier ses fabuleuses réserves de gaz naturel et son « trio magique » constitué par le cheik Hamal al-Hani, « un émir despote mais éclairé » (après avoir pris soin de débarquer son père et de neutraliser une kyrielle de frères), son ambitieuse et élégante épouse la cheika Moza et son premier ministre et cousin Hamad bin Jassem Bin Jabor, dit HBJ, wahhabite conservateur très proche des Etats-Unis et « grand manitou du rapprochement avec la France de Nicolas Sarkozy ».
La France paradis fiscal… pour les Qataris
En fait, le rapprochement avait initialement eu lieu sous De Gaulle, qui avait tenté de faire la pige aux Anglo-Saxons dans le Golfe, et s’était accentué sous Chirac, mais l’idylle menée tambour battant par Sarkozy favorisa de la part des Qataris un véritable prurit d’acquisitions et d’investissements. Palaces, hôtels particuliers, immeubles de rapport et de bureaux, entreprises du luxe, participations dans les firmes du CAC 40, terres arables, œuvres d’art (c’est le Qatar qui imposa la grotesque exposition Murakami au château de Versailles), sport avec le rachat du PSG, rien n’échappe à leur fringale.
Cette relation « quasi fusionnelle entre Sarko et HBJ » aboutira, écrivent de leur côté Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget, à la signature, le 14 janvier 2008, d’une convention fiscale extraordinairement favorable au « Vilain Petit Qatar », fanatique du « Monopoly planétaire » : « L’article 8 allège considérablement l’impôt sur la fortune des Qataris propriétaires en France. L’article 12 de cette même convention prévoit l’exonération de tout impôt sur les plus-values immobilières. »
Inutile de préciser que cette convention transformant notre pays en paradis fiscal sélectif fut votée avec enthousiasme à l’Assemblée nationale… et qu’elle n’a pas été abrogée par François Hollande, l’homme qui « n’aime pas les riches ». Au contraire : lorsque le (faux) couple présidentiel se rendit aux Etats-Unis, Valérie Trierweiler offrit à Michelle Obama un sac « le Tanneur », entreprise acquise par le Qatar. Un geste très apprécié à Doha.
De même, lors des violentes émeutes raciales ayant ravagé, le 13 mai, le quartier du Trocadéro sous prétexte de fêter la victoire du PSG en championnat de France, la responsabilité du Qatar ne fut jamais évoquée par le gouvernement Ayrault, alors que c’est le Qatar qui avait exigé le Trocadéro, avec la Tour Eiffel en toile de fond, pour passer en boucle, sur sa chaîne de télévision Al Jezirah, cette réjouissance d’abord prévue au Parc des Princes.
De Sarkozy en Hollande, un personnel politique aux ordres
Mais on ne mord pas la main qui vous nourrit. Les deux tandems de journalistes se montrent très sévères, dans leurs ouvrages respectifs, pour le personnel politique français se précipitant à Doha pour s’y prélasser gratis dans les palaces et quémander prébendes et faveurs : des ministres Rachida Dati et Claude Guéant, parmi les plus assidus, aux « épouses d’ambassadeurs » faisant la manche « sans pudeur », en passant par les députés multipliant les salamalecs devant les potentats du gaz, tout le monde y passe, y compris le président Sarkozy et son épouse Carla, qui a fait le très juteux voyage de Doha. Et rien n’a changé pour le couple après la défaite de 2012. « Selon nos informations, l’ancien président de la République, devenu avocat d’affaires, travaille à l’acquisition par Doha de la filiale marocaine de Vivendi », affirment les auteurs des Secrets du coffre-fort. Mais, plus prudent que les Français, « Mohamed VI est réticent, craignant les liens entre le Qatar et les islamistes ».
La situation est-elle plus saine depuis l’avènement de François Hollande ? Rien ne permet de l’espérer. Au contraire. L’un des intermédiaires les plus actifs dans le business entre Paris et Doha n’est-il pas le socialiste (ex-trotskiste) Eric Ghebali, l’un des cofondateurs de SOS-Racisme dont un ancien président, Harlem Désir, est aujourd’hui premier secrétaire du PS ? Et, dans un communiqué du 6 juin, Qatar Airways se vantait d’avoir été nommée « Meilleure Compagnie du Moyen-Orient » pour la sixième année consécutive… après avoir bénéficié d’autorisations de desserte internationale au détriment d’Air France !
En Syrie comme dans les banlieues, la loi de Doha
Plus grave : le Qatar a été le plus gros fournisseur d’armes des rebelles libyens, puis syriens, car l’émir veut la peau du président syrien. « C’est aujourd’hui un combat personnel. Hamad contre Assad, l’un d’eux partira. Et l’émir sait que si Bachar survit, il le lui fera payer. C’est pourquoi il met toute cette énergie pour le faire tomber », assure l’un de ses cousins, cité par Chesnot et Malbrunot. Dans les deux cas, Paris a servilement suivi le mouvement, mettant sa diplomatie et ses conseillers militaires au service de l’émir.
Sur notre territoire même, on ferme les yeux sur « l’OPA sur l’islam de France » lancé par le Vilain Petit Qatar qui arrose généreusement les responsables d’organisations musulmanes – vilainen particulier Mohamed Bechiri, patron de la FNMF et proche de Martine Aubry, maire de Lille, où il a installé son Centre d’enseignement islamique – afin de créer un « Conseil représentatif des institutions musulmanes, un CRIM, qui serait, version islam, ce qu’est le CRIF pour la religion juive » et, par ce biais, de séduire les « communautés musulmanes de France, formidable porte d’entrée vers les pays du Maghreb où l’émir entend prendre la main ».
« A la manœuvre, [on trouve] une jeune et charmante sous-préfète, Malika Benlarbi, ancienne du cabinet de Brice Hortefeux » (ministre de l’Intérieur de 2009 à 2011 sous Nicolas Sarkozy) mais aussi Kamal Hamza, conseiller municipal de La Courneuve et président de l’ANELD, Association nationale des élus de la diversité, à l’origine du Fonds pour les banlieues que devait financer le Qatar. Très critiqué, le plan a été modifié pour faire place à un « fonds franco-qatarien de 300 millions d’euros géré par la Caisse des dépôts et consignations »… et destiné non plus aux cités, trop connotées, mais aux « territoires déshérités », ce qui revient au même.
Tout comme Beau et Bourget, Chesnot et Malbrunot donnent dans leur livre maints exemples de cet activisme, qui avait commencé avec la création d’Al Jezirah… et la distribution de paraboles pour la capter dans les banlieues.
Protecteur des Frères musulmans et fidèle allié d’Israël
Mais qui proteste, alors que, pratiqué par l’Iran par exemple, cet activisme susciterait un véritable tollé ? Il est vrai que le Qatar peut bien être classé par The Economist en queue des pays démocratiques, derrière la Biélorussie d’Alexandre Loukachenko, il a su prendre ses précautions dans un domaine essentiel : celui des relations avec l’Etat hébreu.
Le premier ministre HBJ a ainsi choisi comme homme de confiance l’Arménien Najarian qui, pendant la guerre du Liban, participa au massacre, demandé par Ariel Sharon, des Palestiniens dans les camps de Sabra et de Chatila, ce qui conduisit à son exfiltration en Israël. HBJ lui-même, écrivent Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget, « entretient des relations avec une bonne partie des élus israéliens. Depuis qu’il a inauguré à Doha la représentation diplomatique de son pays, Shimon Peres continue à fréquenter cette capitale. Quant à Tzipi Livni, désormais chef du parti de droite Kadima, elle vient ici faire du shopping dans les “malls” climatisés et rendre visite au palais », où elle est, bien sûr, royalement reçue.
Plus signifiant encore : quand, preuve de la « mondialisation financière vertigineuse » où est engagé le Qatar, est créé avec le concours du Fonds de l’émirat, le QIA, un « fonds spécial doté d’un milliard de dollars destinés aux pays émergents », ce fonds est « placé sous la supervision et le pilotage de Nochi Dankner, président du conglomérat IDB, le plus grand groupe d’affaires israélien ».
Jusqu’à quand le « confetti » qui, via sa télévision, a tant célébré les révolutions arabes quand il ne les a pas attisées par des reportages truqués et des livraisons d’armes, et donc tant favorisé l’arrivée au pouvoir de fanatiques musulmans, pourra-t-il continuer à pratiquer un double langage et à jouer les équilibristes entre l’islam le plus radical et l’Etat hébreu ?
Un géant (financier) aux pieds d’argile
Seule consolation pour nous : les jours du Qatar sont peut-être comptés. Non seulement, dans le contexte tribal de l’émirat, le renversement du cheik al-Thani n’est pas à exclure, mais la principauté elle-même est d’une grande fragilité : trop riche, trop gâtée, sa jeunesse a tout oublié des rudes vertus bédouines et, même passée par les plus prestigieuses universités, semble n’avoir aucun sens des responsabilités ni aucun esprit d’entreprise dans la construction d’un pays viable. D’où, à mesure que le Qatar se modernise, l’appel de plus en plus pressant à la main-d’œuvre étrangère, du haut en bas de l’échelle. Les Arabes ne constituent plus ainsi que 40% de la population, pourcentage incluant en outre les Maghrébins, les Egyptiens et les Moyen-Orientaux travaillant et résidant dans l’émirat, qui les naturalise à tour de bras.
Une situation explosive. Mais, en attendant qu’elle dégénère, le Qatar et surtout les politiques qui, par bêtise ou affairisme, ont choisi de faire de lui un partenaire privilégié et bientôt incontournable, auront durablement nui aux intérêts français.
Camille Galic http://www.polemia.com
11/06/2013
Christian Chesnot et Georges Malbrunot : Qatar/ Les secrets du coffre-fort, Ed. Michel Lafon 2013, 334 pages (sans index).
Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget : Le Vilain Petit Qatar/ Cet ami qui nous veut du mal, Ed. Fayard 2013, 292 pages (sans index).
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Le Qatar, un ami qui nous veut du mal
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Soulèvement contre le Frère Erdogan
Pour Thierry Meyssan, les Turcs ne manifestent pas contre le style autoritaire de Recip Tayyeb Erdogan, mais contre sa politique, c’est-à-dire contre les Frères musulmans dont il est le mentor. Il ne s’agit pas d’une révolution colorée sur la place Taksim contre un projet immobilier, mais d’un soulèvement dans l’ensemble du pays, bref c’est une vraie révolution qui remet en cause le « printemps arabe ».

- En une dizaine de jours, la répression des manifestations anti-Erdogan a déjà fait 3 morts et plus de 5 000 blessés.
Le soulèvement turc plonge ses racines dans les incohérences du gouvernement Erdogan. Celui-ci, après s’être présenté comme « démocrate-musulman » (sur le modèle des « démocrates-chrétiens »), a brusquement affiché sa vraie nature à l’occasion des « révolution colorées » du printemps arabe.
En politique intérieure et extérieure, il existe un avant et un après cette volte-face. Avant, c’était le noyautage des institutions. Après, c’est le sectarisme. Avant, c’est la théorie d’Ahmed Davutoğlu de « zéro problème » avec ses voisins. L’ex-empire ottoman semblait sortir de sa torpeur et revenir à la réalité. Après, c’est l’inverse : la Turquie s’est re-brouillée avec chacun de ses voisins et est entrée en guerre contre la Syrie.
Les Frères musulmans
Derrière ce virage, les Frères musulmans, une organisation secrète dont Erdogan et son équipe ont toujours été membres, malgré leurs dénégations. Si ce virage est postérieur à celui du Qatar, financier des Frères musulmans, il porte la même signification : des régimes autoritaires qui paraissaient anti-israéliens affichent soudainement leur alliance profonde.
Il importe ici de rappeler que l’expression occidentale de « printemps arabe » est un leurre visant à faire accroire que les peuples tunisien et égyptien auraient renversé leur gouvernement. S’il y a bien eu une révolution populaire en Tunisie, elle ne visait pas à changer le régime, mais à obtenir une évolution économico-sociale. Ce sont les États-Unis, et non la rue, qui ont ordonnés à Zinedine el-Abidine Ben Ali et à Hosni Moubarak de quitter le pouvoir. Puis c’est l’OTAN qui a renversé et fait lyncher Mouammar el-Khadafi. Et ce sont à nouveau l’OTAN et le CCG qui ont alimenté l’attaque de la Syrie.
Partout en Afrique du Nord —sauf en Algérie—, les Frères musulmans ont été placés au pouvoir par Hillary Clinton. Partout, ils ont des conseillers en communication turcs, gracieusement mis à disposition par le gouvernement Erdogan. Partout, la « démocratie » n’a été qu’une apparence permettant aux Frères d’islamiser les sociétés en échange de leur soutien au capitalisme pseudo-libéral des États-Unis.
Le terme « islamiser » renvoie à la rhétorique des Frères, pas à la réalité. La Confrérie entend contrôler la vie privée des individus en se fondant sur des principes extérieurs au Coran. Elle remet en cause la place des femmes dans la société et impose une vie austère, sans alcool ni cigarettes, et sans sexe, du moins pour les autres.
Durant une dizaine d’années, la confrérie s’est faite discrète, laissant la transformation de l’Enseignement public aux bons soins de la secte de Fethullah Gülen, dont le président de la République Abdullah Gül est membre.
Bien que la confrérie clame sa haine de l’American Way of Life, elle se tient sous la protection des Anglo-Saxons (UK, USA, Israël) qui ont toujours su utiliser sa violence contre ceux qui leur résistaient. La secrétaire d’État Hillary Clinton avait installé dans son cabinet son ancienne garde du corps, Huma Abedin (épouse du député sioniste démissionnaire Antony Weiner), dont la mère Saleha Abedin dirige la branche féminine mondiale de la confrérie. C’est par ce biais qu’elle agitait les Frères.
Les Frères ont fourni l’idéologie d’Al-Qaeda, par l’intermédiaire de l’un d’entre eux : Ayman al-Zawahiri, organisateur de l’assassinat du président Sadate et actuel leader de l’organisation terroriste. Al-Zawahiri, comme Ben Laden, a toujours été un agent des services états-unien. Alors qu’il était considéré officiellement comme ennemi public, il rencontrait très régulièrement la CIA à l’ambassade US à Bakou, de 1997 à 2001, témoigne la traductrice Sibel Edmonds, dans le cadre de l’opération « Gladio B » [1].
Une dictature progressive
Lors de son emprisonnement, Erdogan a prétendu avoir rompu avec les Frères et a quitté leur parti. Puis, il s’est fait élire et a imposé lentement une dictature. Il a fait arrêter et emprisonner deux tiers des généraux, accusés de participer au Gladio, le réseau secret d’influence US. Et il a obtenu le plus fort taux d’incarcération de journalistes au monde. Cette évolution a été masquée par la presse occidentale qui ne saurait critiquer un membre de l’OTAN.
L’armée est le gardien traditionnel de la laïcité kémaliste. Cependant, après le 11-Septembre, des officiers supérieurs se sont inquiétés de la dérive totalitaire des États-Unis. Ils ont pris des contacts avec leurs homologues en Russie et en Chine. Pour stopper cette évolution avant qu’il ne soit trop tard, des juges leur ont rappelé leurs antécédents pro-US.
Si les journalistes peuvent être, comme toute autre profession, des voyous, le taux d’incarcération le plus élevé du monde renvoie à une politique : celle de l’intimidation et de la répression. À l’exception d’Ulusal, la télévision était devenue un panégyrique officiel, tandis que la presse écrite prenait le même chemin.
« zéro problème » avec ses voisins
La politique étrangère d’Ahmed Davutoğlu était tout aussi risible. Après avoir cherché à résoudre les problèmes laissés sans solution, un siècle plus tôt, par l’Empire ottoman, il a voulu jouer Obama contre Netanyahu en organisant la Flotille de la liberté vers la Palestine [2]. Mais, moins de deux mois après la piraterie israélienne, il acceptait la création d’une commission d’enquête internationale chargée d’étouffer l’affaire et reprenait en sous-main la collaboration avec Tel-Aviv.
Signe de la coopération entre les Frères et Al-Qaïda, la confrérie avait placé sur le Marvi Marmara Mahdi al-Hatari, numéro 2 d’Al-Qaïda en Libye et probable agent britannique [3].
Catastrophe économique
Comment la Turquie a t-elle gâché non seulement une décennie de travail diplomatique de restauration de ses relations internationales, mais aussi sa croissance économique ? En mars 2011, elle participe à l’opération de l’OTAN contre la Libye, un de ses principaux partenaires économiques. Une fois la guerre finie, la Libye étant détruite, la Turquie perdit son marché. Simultanément, Ankara se lança dans la guerre contre son voisin syrien avec lequel elle venait, un an plus tôt, de signer un accord de libéralisation commerciale. Le résultat ne se fit pas attendre : la croissance de 2010 était de 9,2 %, elle tomba en 2012 à 2,2 % et continue à chuter [4].
Relations publiques
L’arrivée au pouvoir des Frères en Afrique du Nord est montée à la tête du gouvernement Erdogan. En affichant son ambition impériale ottomane, il a décontenancé le public arabe pour commencer, puis a dressé la majorité de son peuple contre lui.
D’un côté, le gouvernement finance Fetih 1453, film au budget pharaonique pour le pays, censé célébrer la prise de Constantinople, mais historiquement fallacieux. D’un autre, il tente d’interdire la plus célèbre série télévisée du Proche-Orient, Le Harem du Sultan, parce que la vérité ne donne pas une image pacifique des Ottomans.
La vraie raison du soulèvement
La presse occidentale met en avant, dans le soulèvement actuel, des points de détail : un projet immobilier à Istanbul ; l’interdiction de vendre de l’alcool en soirée ; ou des déclarations encourageant la natalité. Tout cela est vrai, mais ne fait pas une révolution.
En affichant sa vraie nature, le gouvernement Erdogan s’est coupé de sa population. Seule une partie minoritaire des sunnites peut se reconnaître dans le programme rétrograde et hypocrite des Frères. Or, environ 50 % des Turcs sont sunnites, 20 % sont alévis (c’est-à-dire alaouites), 20% sont Kurdes (principalement sunnites), et 10 % appartiennent à d’autres minorités. Il est statistiquement clair que le gouvernement Erdogan ne peut pas résister au soulèvement que sa politique a provoqué.
En le renversant, les Turcs ne résolvent pas seulement leur problème. Ils mettent fin à la guerre contre la Syrie. J’ai souvent noté que celle-ci s’arrêterait lorsque un de ses sponsors étrangers disparaîtrait. Ce sera bientôt le cas. Ce faisant, ils mettent un terme à l’expansion des Frères. La chute d’Erdogan annonce celle de ses amis ; de Ghannouchi en Tunisie, à Morsi en Égypte. Il est en effet peu probable que ces gouvernements artificiels, imposés par des élections truquées, puissent survivre à leur puissant parrain.
Thierry Meyssan http://www.voltairenet.org
[1] « Al Qaeda Chief was US Asset », par Nafeez Ahmed, 21 mai 2013.
[2] « Pourquoi Israël a t-il attaqué des civils en Méditerranée ? », et « Flottille de la liberté : le détail que Netanyahu ignorait », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 31 mai et 6 juin 2010.
[3] « L’Armée syrienne libre est commandée par le gouverneur militaire de Tripoli », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 décembre 2011.
[4] « Turkey’s Economic Growth Slows Sharply » par Emre Perer et Yeliz Candemir, The Wall Sreeet Journal, 1er avril 2013.
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FEMEN : un verdict normal rendu à Tunis, loin de l’impunité française
Les autorités tunisiennes ne plaisantent pas avec les gourgandines.
Qu’elles soient françaises, allemandes ou tunisiennes, les « Femen » ne sont pas les bienvenues seins nus.Lu sur Le Figaro : « elles risquaient jusqu’à six mois de prison ferme pour leur action seins nus à Tunis. Les trois militantes Femen, détenues depuis leur interpellation il y a deux semaines, ont écopé d’une peine de quatre mois de prison ferme. Lors de leur procès à Tunis mercredi, les deux militantes françaises et la militante allemande ont revendiqué leur manifestation seins nus le 29 mai dernier. Elles s’étaient rendues à Tunis pour soutenir Amina Sboui, jeune Femen tunisienne emprisonnée depuis le 19 mai, accusée «d’atteinte aux bonnes mœurs» et de «profanation de sépulture». »
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LE POUVOIR, grand fossoyeur des civilisations, par NB
Ce sont les Égyptiens qui ont fait l’Égypte, les Grecs qui ont fait la Grèce, les Romains qui ont fait Rome, les Français qui ont fait la France, les Allemands l’Allemagne, les Suédois la Suède, les Russes la Russie, etc… C’est la population qui fait le pays et pas l’inverse.Aucune « élite », aussi brillante soit-elle ne peut rien sans un grand Peuple.En fait les Élites, c'est-à-dire les gens de pouvoir ne sont pas pour grand-chose dans la construction d’une civilisation. C’est le fait du Peuple, TOUJOURS !
À un moment donné de son histoire il va se trouver au sein d’un Peuple, de façon tout à fait mystérieuse, inexplicable, une incroyable proportion de gens inventifs, ingénieux, entreprenants, courageux, honnêtes, travailleurs, généreux, civiques et philanthropes, pendant que, parallèlement la proportion de paresseux, d’inciviques, de parasites et de voyous sera très faible… ce Peuple va donc produire une grande civilisation.Et puis un jour cette civilisation, comme toutes les civilisations va mourir. Pourquoi ? On le sait… tout le monde le sait… c’est le secret de Polichinelle : une civilisation meurt toujours par métissage du Peuple qui l’a générée.Quand on sait qu'aucun Peuple, ABSOLUMENT AUCUN, ne désire se métisser, la question, la grande question est de savoir pourquoi ce Peuple s’est métissé.La réponse, là aussi, est simple, très simple, extrêmement simple, tellement simple qu’elle en est effrayante : l’ELITE… c'est-à-dire les gens de pouvoir. Les gens de pouvoir sont TOUJOURS à la base du métissage du Peuple.Pourquoi : mais pour conserver le pouvoir, bien sûr.Alors que le Peuple est très attaché à sa civilisation et qu’il en est très fier, les gens de pouvoir s’en moquent TO-TA-LE-MENT. Tout ce qui les intéresse c’est le pouvoir, le pouvoir, le pouvoir, LE POUVOIR… c’est maladif… c’est maladif mais c’est comme ça… c’est la vie… il n’y a rien à faire.Les grands traits des gens de pouvoir sont toujours les mêmes : égocentrisme, incivisme ou faux civisme et mégalomanie. Sans ces caractéristiques principales il est impossible d’accéder à aucun grand poste de responsabilité.L’Elite, donc, vit pour le pouvoir et uniquement pour le pouvoir. La civilisation elle s’en moque.Or, il arrive toujours un moment où, ce grand Peuple, ne cessant de progresser, lentement mais sûrement dans tous les domaines, devient de plus en plus fin, délicat, perspicace, intelligent, bref, rétif… de plus en plus difficile à manœuvrer.L’Elite, affolée par la perspective de perdre de plus en plus de pouvoir, décide donc, CHAQUE FOIS, d’éliminer son propre Peuple en le métissant à tour de bras avec des Peuples plus grossiers. Elle sait très bien que la civilisation va s’écrouler, mais, parlons NET : elle s’en fout. Conserver le pouvoir est pour elle plus important que TOUT.Voilà comment meurent les grandes civilisations, c'est-à-dire les grands Peuples : assassinés par leur propre Elite, affolée à l’idée de perdre un peu de POUVOIR.Aujourd’hui qu’arrive-t-il en Occident ?... la même chose qui est arrivée à l’Égypte, la Grèce et Rome : les occidentaux ont atteint un degré d’évolution absolument insupportable pour les Élites. On est donc en train de nous mélanger de force avec les pires représentants de l’humanité.Tout va s’écrouler, mais nos Élites s’en foutent. Garder le pouvoir absolu est à ce prix, et elles n’hésitent par le quart, du dixième, du centième, du millième d’une seconde.Pour chaque personne de pouvoir aujourd’hui, en Occident, c’est le sauve qui peut… il faut faire entrer le maximum de lourdauds sur le territoire et vite, vite, le plus vite possible.On va les chercher partout, au Maghreb, en Afrique, aux Comores, en Roumanie chez les pires des leurs, et on ment, on ment, on ment, on ment, sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt. On nous dit que c’est pour la main d’œuvre, alors qu’on sait très bien qu’il n’y a plus de travail et que les Roms par exemple ne travailleront jamais. « Si-si » insistent-ils, « c’est pour la main d’œuvre, les français ne veulent plus travailler manuellement ».Ils nous prennent franchement pour des cons !Tout le monde sait très bien que quand on a le pouvoir on peut tout et que les gens depuis que le monde est monde sont des moutons et se plient à tous les caprices du pouvoir.Tout le monde sait très bien que de la main d’œuvre on en a à foison. Que les lycées, les facultés, les administrations regorgent de gens totalement inutiles et qui s’ennuient à fendre l’âme.Quand on a le pouvoir, c’est très facile, il suffit de revaloriser financièrement et moralement le travail manuel, de vider lycées, administrations et facultés des gens qui n’y ont pas leur place et de les mettre là où ils sont le plus utiles, le plus efficace et le plus heureux.On nous dit aussi que c’est parce que la natalité baisse et que les nouvelles populations sont très prolifiques… prolifiques oui, mais prolifiques en rejetons qui leur ressemblent : les chats ne font pas des chiens.Là aussi, bien sûr et comme toujours, on nous ment. Tout le monde sait très bien que quand on a le pouvoir il est très facile de prendre des mesures natalistes saines et efficaces.NON ! Franchement on nous prend tous pour des cons.Si l’on fait venir tous ces allogènes, on sait très bien que :Ce n’est pas pour la main-d’œuvre : le pays a un réservoir de main d’œuvre inexploitée énorme.Ce n’est pas pour la démographie : il suffit de prendre les mesures adéquates et la natalité remonte en flèche.Ce n’est pas pour nous enrichir de la diversité : on sait très bien qu’ils sont divers, mais malheureusement, lamentablement et désespérément divers. Ils nous coûtent d’ailleurs terriblement chers avec leurs échecs scolaires, leurs voyous, leurs paresseux, leurs iningénieux, leurs ininventifs, leurs inentreprenants et leurs inassimilables, horriblement cher… des fortunes.Donc on fait venir des populations de tous les coins de la planète, arguant que c’est :Pour la main d’œuvre : C’EST FAUX !Pour l’ « enrichissement » : C’EST FAUX !Pour la démographie : C’EST FAUX !Messieurs et mesdames du pouvoir absolu, messieurs et mesdames de la Haute, messieurs et mesdames de l’Elite de droite ou de l’Elite de gauche, cessez de prendre le Peuple pour ce qu’il n’est plus, cessez d’essayer de nous faire croire que vous faites venir tous ces gens-là pour les raisons que vous avancez… nous avons compris depuis belle lurette… c’est trop évident :VOUS LES FAITES VENIR PARCE QUE CE SONT DES NULS ! -
Gollnisch dénonce les persécutions contre Julian Assange (vidéo)
Le « cybermilitant « australien Julian Assange a accédé à une notoriété internationale en publiant sur son site WikiLeaks, il y a trois ans, plus de 400 000 documents confidentiels relatifs notamment aux modes opératoires de l’armée américaine sur les théâtres irakien et afghan , aux circuits financiers de la corruption…
Il est depuis cette date l’objet de persécutions judiciaires intenses, de manœuvres de déstabilisations, d’actions visant à le discréditer et à le réduire au silence.
Victime à l’évidence d’un coup monté (une fausse accusation de viol en Suède), après avoir déclenché l’ire de Washington en rendant accessible des dizaines de milliers documents de l’US Army opérant en Afghanistan, M. Assange est sous le coup d’un mandat d’arrêt international.
Incarcéré en Angleterre, élargi sous le régime de la liberté conditionnelle après le paiement d’une forte caution, cet homme de 42 ans a trouvé refuge depuis le 19 juin 2012 dans l’ambassade d’Équateur à Londres, sans pouvoir la quitter. Ce pays lui a accordé l’asile politique.
Fidèle a sa défense résolue des libertés individuelles, d’opinions et d’expressions , Bruno Gollnisch a rappelé mercredi dans l’hémicycle du parlement européen la nécessité de se mobiliser pour elles et dénoncé l’acharnement impitoyable qui s’est abattu sur Julian Assange. Avec la complicité servile et hypocrite d’une Europe bruxelloise soumise à l’Empire Etats-uniens.
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Roland Dumas : les Anglais préparaient la guerre en Syrie deux ans avant les manifestations en 2011
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[Vidéo] L’accord de libre échange entre l’UE et l’Amérique du Nord
Le 23 mai 2013, les députés européens ont adopté une résolution demandant à ce que le Parlement européen soit pleinement associé aux négociations à venir sur l’accord de libre-échange avec les États-Unis. Hervé Juvin nous en développe les tenants et les aboutissants.
Traité de libre échange entre l'UE et l... par realpolitiktv -
Grèce : Dédale, un fil vers la démocratie
Dédale est un film construit dans une démarche d’éducation populaire qui pose des questions permettant de débattre, discuter et réfléchir ensemble sur des thématiques telles que l’exercice du pouvoir, nos institutions ou encore ce que l’on nomme « démocratie ».
Dédale part du constat de l’insupportable souffrance de la population grecque, imposée par les plans d’austérité successifs, et montre la manière dont la vie s’organise sur place, venant de la population elle-même, de manière autonome, indépendante et autogérée.
Ces témoignages et initiatives à l’œuvre sont complétées dans le film par la parole de deux intervenants : Yannis Youlountas et Étienne Chouard.
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Manif pour tous: la répression policière dénoncée à l’ONU
Le Conseil des Droits de l’Homme, organisme interne de l’ONU, vient d’être saisi au sujet de la répression policière injuste et injustifiée exercée par le « pouvoir » socialiste, à l’occasion des manifestations contre la loi Taubira. Sale temps pour la Hollandie !Intervention complète de M. Grégor Puppinck, directeur du Centre Européen pour les Droits de l’Homme et la Justice, au Conseil des Droits de l’Homme à Genève lors de la 23ème session régulière, le 6 juin 2013. À visionner absolument !
TEXTE INTÉGRALMerci Monsieur le Président,Dans le cadre de l’Examen Périodique Universel, l’ECLJ souhaite attirer l’attention du Conseil des droits de l’homme sur des événements graves qui se produisent actuellement en France en matière de contrôles d’identités, d’arrestations et de détentions arbitraires ainsi que de violences policières.Depuis plus de huit mois, des millions — je dis bien des millions- de français manifestent pacifiquement dans toute la France pour défendre la famille et les droits des enfants contre une loi nouvelle qui crée un droit à l’adoption d’enfants et au mariage par les couples de même sexe. Ce mouvement social est le plus important en France depuis Mai 68.Plutôt que de tenir compte de ce mouvement, le gouvernement a menacé de l’interdire, il le réprime par l’usage abusif de gaz lacrymogènes contre la foule, par des violences policières, des arrestations et des détentions arbitraires par centaines, je dis bien — arbitraires et par centaines.Monsieur le Président, Du 24 au 26 mai, ce sont 350 personnes qui ont été interpellées (par la Police parisienne) et détenues en garde à vue jusqu’à trois jours durant. Sur ces 350 détenus, sept seulement ont été condamnés, très légèrement. L’arrestation des 343 autres était arbitraire et politique. En plus, des centaines d’autres personnes ont été arrêtés et retenus pendant plusieurs heures au prétexte de contrôles d’identités. Souvent, elles ont été arrêtées « au faciès », parce qu’elles portent ce vêtement marqué du symbole du Mouvement.À aucun moment, la légalité de ces arrestations n’a été contrôlée par un magistrat indépendant.Ces manifestants sont à présent fichés, leurs identités et empreintes sont conservées par la police. En outre, le gouvernement a ordonné l’identification dans l’armée des officiers proche du mouvement.L’ECLJ documente tous ces cas de répression : nous recevons de très nombreux témoignages, notamment de victimes de brutalités policières, y compris sur des enfants et des mères de famille.Monsieur le Président, cette répression doit cesser et être dénoncée. Elle démontre en particulier un dysfonctionnement grave des procédures de contrôles d’identité et de gardes à vues. L’ECLJ invite donc respectueusement le Conseil des Droits de l’Homme à se saisir de ces violations particulièrement graves pour un pays qui se targue d’être exemplaire dans le respect des droits de l’homme.Je vous remercie.http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=dRyXkhLZoBw -
L’échec total de la volonté de puissance de l’Afrique du Sud de l’ANC
Des années 1950 aux années 1980, l'Afrique du Sud blanche avait réussi à devenir la puissance dominante de la partie méridionale du continent, bien au-delà de ses frontières. La Namibie dépendait directement de Pretoria ; la Rhodésie jusqu'à l'abandon de 1979 avait constitué un allié proche, comme les pouvoirs coloniaux portugais jusqu'aux indépendances chaotiques suivies de guerres civiles en 1975 en Angola et au Mozambique. Cette puissance régionale reconnue avait su construire une armée efficace, héritière des unités terrestres, aériennes, navales, formées durant la seconde guerre mondiale sous supervision britannique - hélas contre l'Allemagne idéologiquement plus proche-.
LE DÉTESTABLE SUICIDE DE L'AFRIQUE DU SUD BLANCHE
La rupture progressive avec Londres après 1945, avait donné l'occasion de développer une industrie militaire autonome, très capable, en particulier dans les armes légères, les véhicules rustiques, tel le célèbre Ratel, la production sous licence, souvent copie avec amélioration de matériels européens éprouvés, tel le char Centurion anglais, base de l'Olifant, ou le chasseur léger Mirage III français, base du Cheetah (guépard). L'entraînement, intensif et adapté, avait élevé l'armée sud-africaine à un niveau d'excellence, qui avait permis de contenir voire de vaincre, les troupes gouvernementales angolaises et cubaines, alors surarmées d'un matériel soviétique supérieur, dans les années 1980. Elle a possédé aussi en 1980 la bombe atomique. Significativement, il y a lieu de regretter la renonciation, au nom d'illisibles intérêts supérieurs d'équilibres, le refus volontaire d'emporter des victoires décisives notamment lors des multiples sièges de Cuito Canavale (dont celui célèbre de 1988) ; de même la Rhodésie blanche a nonobstant toutes les déclarations de soutien et les aides significatives antérieures été franchement abandonnée en 1979, prélude sinistre au naufrage de l'Afrique du Sud elle-même a posteriori. Enfin, problème à la fois intérieur et extérieur, on regrettera le peu d'efficacité de la propagande favorable à une immigration blanche, alors que le Sud de l'Europe des années 1950 aux années 1970 émigrait encore massivement, tout comme le manque de sérieux relatif de la politique de regroupement des Noirs dans des bantoustans appelés à devenir des républiques noires indépendantes, laissant l'Afrique du Sud à sa composante blanche comme minorité menacée structurellement, avec au maximum 20 % de la population totale, contre moins de 10 % aujourd'hui.
Tous les pouvoirs marxistes de la région, après 1975 de Luanda à Maputo, puis Harare après 1980, ont eux apporté une aide efficace, constante, aux opposants noirs à l'Afrique du Sud, principalement l'ANC - Congrès National Africain -, conjuguant fort bien racisme de fait antiblanc et forte influence des théories marxistes, assumées au moins jusqu'au milieu des années 1990.
Malgré quelques limites nettes, dont sur le plan extérieur une dimension un peu velléitaire qui a fini par se payer très cher, il faut reconnaître la réussite globale du régime de l'Apartheid, la construction effective d'une vraie puissance régionale. Une excellente armée correspondait au développement d'une véritable économie nationale, vivant une intéressante expérience de semi-autarcie, en s'appuyant sur les riches ressources naturelles de l'Afrique du Sud, avec des pistes encore aujourd'hui d'avenir, comme la transformation du charbon en carburants, en remplacement du pétrole, selon le procédé Fischer-Tropsch.
Même si les pressions extérieures, trop mollement combattues, ont été indéniables, jusqu'à d'iniques sanctions économiques, non bénignes contrairement à la légende dans les années 1980, l'effondrement de la domination blanche en Afrique du Sud a correspondu à un effondrement moral intérieur, un suicide volontaire collectif. Nous déplorons philosophiquement le suicide à titre personnel au collectif, privilégiant la lutte jusqu'au dernier souffle. On ne répétera jamais assez la faiblesse intrinsèque de l'idéal démocratique, conduisant mécaniquement à des abandons selon les caprices des foules ; il est impossible de les sauver contre elles-mêmes lorsque leurs humeurs deviennent morbides, autodestructrices. Le Parti national a fini par organiser lui-même la fin de l'Apartheid ; le cœur du débat a été sur la renonciation totale et immédiate dès le milieu des années 1980, avec les ultralibéraux, ou le démantèlement par étapes, avec les libéraux, derrière Frederik de Klerk, qui n'en est pas moins un traître, le soutien populaire même blanc n'excusant rien. Ce dernier, homme-clef à partir du milieu des années 1980, a conclu le processus par sa présidence de l'Afrique du Sud de 1989 à 1994 ; il ne faut pourtant pas idéaliser la présidence précédente de Pieter Botha de 1978 à 1989, clair précurseur, qui avait démantelé de nombreuses lois essentielles de l'Apartheid, comme l'interdiction des mariages racialement mixtes, et mené déjà cette politique extérieure de retraits constants, sinon de capitulations systématiques. Parfois, l'extrême-droite, politique ou militaire, a le devoir de se saisir du pouvoir, ou du moins de tenter de le faire, même si la masse démocratique opine en faveur du suicide collectif - 68 % de oui pour la poursuite de la politique de destruction de l'apartheid en 1992 - ; nos amis d'Afrique du Sud n'ont rien tenté de concret, beaucoup misant à tort sur l'échec de négociations face à la maximaliste ANC, des promesses non-tenues, ou d'illusoires percées électorales avant la catastrophe finale.
LES REVERIES DE L'A.N.C. ET L'ÉCHEC COMPLET DE L'AFRIQUE DU SUD NOIRE
Nelson Mandela avait su construire, dès les années 1960, une image de héros de tous les hommes noirs, sinon tous les "opprimés" de la planète, avec le soutien massif des média occidentaux, champions de la haine du Blanc, et des propagandes des pays communistes. La complaisance a été quand même étonnante : non Mandela n'a nullement désapprouvé la lutte armée, ni même les attentats terroristes frappant des civils ou les infrastructures économiques essentielles du pays. Jim Reeves l'a déjà assez démontré avec constance dans Rivarol et Ecrits de Paris, mais il est bon de le rappeler tant est forte la prégnance de la propagande du Système encensant un prétendu "Gandhi" sud-africain, ignorant délibérément tous ses aveux postérieurs publics au nom du prétendu processus dit de « vérité et réconciliation », chasse asymétrique systématique aux anciens responsables blancs. Il faut lui reconnaître une certaine habileté dans la manipulation de ses partisans ou adversaires, la détermination dans sa volonté de se donner l'apparence d'un martyr, prisonnier volontaire embarrassant pour un régime sud-africain en décomposition délibérée... Il n'a accepté d'être relâché que contre la certitude d'accéder au pouvoir.
La très grande majorité des populations noires vote massivement pour le candidat noir, Mandela, donc président de l'Afrique du Sud de 1994 à 1999. Il symbolise. C'est son action essentielle. Il laisse d'autres gouverner dans son ombre tutélaire, de façon parfaitement détestable, transformant l’État en État-Parti, celui de l'A.N.C, contrôlant la politique comme jamais le Parti National du temps des Blancs. L'effondrement économique, prévisible, n'est que partiel à cause de la forte hausse des cours des matières premières dans la seconde moitié des années 1990 ; à l'exception d'une élite noire ANC kleptomane, le niveau de vie des Noirs stagne, tandis que celui des Blancs s'effondre. La criminalité explose. Toutefois l'Afrique du Sud est constamment louée par le Système, car elle incarne une forme d'utopie mondialiste à son échelle. Bien évidemment, elle ne fonctionne pas plus que le mondialisme à l'échelle globale. À la volonté d'exemplarité a été couplée celle de la responsabilité régionale, la "nouvelle" Afrique du Sud devant assurer une forme de puissance imposant la paix sur une Afrique troublée, au Sud du Sahara, ou du moins de l'équateur. Cette dernière ambition, avec le legs sans heurts de l'excellente armée des Blancs, n'est pas apparue sur le coup absurde.
L'Afrique d'après 1994 a donc pour ambition d'incarner une vitrine africaine des rêves maçonniques du Nouvel Ordre Mondial. Derrière l'icône Mandela, personne la plus décorée au monde, dont un « prix Nobel » en 1993, croulant littéralement sous les milliers de distinctions au point de finir par en refuser systématiquement de nouvelles, devait se construire un modèle de démocratie, de diversité ethnique, de société harmonieuse, avancée en pointe dans lutte "antidiscriminations" jusqu'aux droits explicites pour les minorités sexuelles - avec le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels en 2006 -. On a vu l'échec des mythiques progrès économique et social. Ces droits formels ne correspondent à rien de réel. Les Blancs, en particulier les courageux fermiers demeurés sur leur terre, sont constamment massacrés par des bandits noirs, impunis, tandis que leurs complices s'emparent des propriétés, transformant un grenier à blé de l'Afrique en agriculture vivrière sinon désert ; une évolution de long terme semblable au Zimbabwe voisin est à craindre. Outre la persécution de fait des Blancs, dont un million aurait quitté le pays - aucune statistique officielle évidemment-, les affrontements ethniques entre Noirs causent des centaines de morts chaque années ; ils sont dissimulés dans les chiffres, énormes et pourtant sous-évalués de l'insécurité générale. Quant aux Noirs étrangers, ils sont souvent violemment chassés, là encore avec des centaines, sinon des milliers de morts. Les Noirs seraient-ils racistes, contre les Blancs, mais aussi entre leurs différentes ethnies ? Le discours sur la prétendue harmonie devient de plus en plus comique tant le décalage avec les réalités s'accroit. Les minorités sexuelles demeurent fort peu appréciés dans les quartiers noirs, là encore avec des centaines de meurtres annuels ; les discours spontanés indigènes continuent à qualifier le vice de Laïos de « maladie des Blancs » ; toute la propagande officielle n'a guère de prise. Évidemment, les « droits des femmes » sont promus ; toutefois ils coexistent difficilement avec les droits coutumiers traditionnels, totalement réhabilités : ainsi le président sud-africain Jacob Zuma (au pouvoir depuis 2009), s'affirme un ferme partisan des traditions bantoues, dont le mariage avec plusieurs femmes, le pratique personnellement. Mandela n'avait eu que de multiples épouses successives, dont les enfants s'opposent d'ailleurs les uns aux autres, tandis que Zuma, polygyne toujours, mais aux multiples divorces, offre des motifs d'amusement aux caricaturistes de son pays, dont il apprécie d'ailleurs peu l'humour - nombreux procès pour offense au chef de l’État-. Il en est résulté des difficultés protocolaires régulières lors des rencontres internationales.
L'échec de la vitrine est total. Durant la Coupe du Monde de 2010, la sélection nationale a effectué une prestation pitoyable selon les experts, à défaut du degré de comique de l'équipe de France, tout aussi mélanoderme. Quant à la grande politique étrangère, concrète, vaut-elle mieux ? Elle souffre déjà du sabotage continue de l'armée sud-africaine, très réduite en volume, hommes, moins de 50 000 militaires, comme matériels, privée des exceptionnelles compétences des officiers blancs systématiquement chassés, avec comme conséquence immédiate la disparition ou presque des éléments prometteurs d'industrie de défense autonome. Evidemment, la bombe atomique a été sacrifiée. Au final, l'armée de Pretoria compte quelques chasseurs légers suédois Grippen qui ne volent plus, comme les 4 frégates et 3 sous-marins qui ne naviguent plus. Les équipements terrestres ont vieilli de vingt ans, sans guère de remplacement - il ne reste qu'une trentaine de vieux chars -, tout comme la restreinte mais essentielle capacité de projection. Quelques hélicoptères d'attaque Rooivalk, une douzaine, excellent type développé à la fin de l'Apartheid, volent encore et forment l'essentiel de la capacité offensive du pays. Elle ne serait plus en mesure d'assurer en dernier recours l'ordre intérieur, quand bien même l'ANC le voudrait. Ancienne première armée d'Afrique, elle est aujourd'hui bien loin de l'Égypte, l'Algérie, le Maroc, même derrière l'Angola et le Nigeria, voire l'Ethiopie et l'Erythrée. Une grande armée n'est plus que la milice de l'ANC.
En conséquence les initiatives diplomatiques de l'Afrique du Sud ne sont absolument plus prises au sérieux. Les multiples médiations au Zimbabwe voisin, ou même dans l'enclavé Swaziland, n'ont débouché sur rien. A fortiori, les accords de paix, multiples, au Burundi, ont échoué, tout comme ceux pour le Congo démocratique, signés solennellement à Sun City en 2003 en Afrique du Sud ; la guerre ravage toujours terriblement l'Est de cet État, avec la guérilla du M23 au Kivu, encore soutenu par le Rwanda. Récemment, en mars 2013, l'Afrique du Sud a été humiliée à Bangui par la coalition Seleka, à la force armée pourtant faible ; les bataillons sud-africain défendant la capitale sud-africaine au nom de l'ONU ont subi une claire défaite. Ils ont depuis été rapatriés en urgence.
Aussi, dans tous les domaines, l'ANC a échoué. Même le prélat noir anglican, icône de la lutte contre l'Apartheid et ancien fervent supporter de l'ANC, Desmond Tutu, vient d'annoncer en termes durs sa très forte déception. Pourtant par les lois de la démocratie, elle se maintiendra vraisemblablement au pouvoir ; aucun opposition cohérente n'est construite. L'affaiblissement possible de l'ANC profiterait d'ailleurs davantage à une extrême-gauche raciste antiblanche noire, partisane de la confiscation des biens des Blancs, voire des riches en général - élite-ANC comprise donc -, d'une forme de socialisme panafricain, plutôt qu'à des centristes mous libéraux qui chantent l'impossible « nation arc-en-ciel ».
Un éventuel effondrement de l’État-ANC, fort possible, surtout en cas d'entrée en un cycle, même court, de baisse des prix des produits primaires, s'il déboucherait dans l'immédiat sur une situation encore pire pour les Blancs, pourrait peut-être enfin permettre la création indispensable du Volkstaat Afrikaner. Cet État légitime, plus ou moins promis en 1994 par Mandela dans le cadre de son Afrique du Sud de la diversité, demeure sans aucune réalisation pour l'instant. Il n'existe que la très symbolique enclave d'Orania, de 2000 habitants. Ce Volkstaat regrouperait les 5 % de Blancs de langue afrikaner, soit 2,5 millions d'habitants potentiels, sauvés de la disparition dans la Tour de Babel ingérable de l'Afrique du Sud de l'ANC. Il prendrait place sur les territoires semi-désertiques quasiment vides d'une partie de l'Ouest de l'Afrique du Sud actuelle. Les Blancs anglophones, moins de 2 millions aujourd'hui, plus urbains, arrivés plus tard, assez facilement cosmopolites, émigrent le plus facilement, particulièrement vers l'Australie, et le flux s'amplifierait.
Scipion de SALM Rivarol du 31 mai 2013Lien permanent Catégories : actualité, culture et histoire, géopolitique, immigration, international 0 commentaire