Bernard Lugan*
le 21/01/2013
modifié le 21/01/2013 à 16:49h


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Bernard Lugan*
le 21/01/2013
modifié le 21/01/2013 à 16:49h


Lorsque François Hollande s’est adressé aux Français, en novembre dernier, pour les assurer de son engagement à ne pas intervenir militairement au Mali en y envoyant des troupes au sol, on aurait pu penser qu’il avait lu le livre du colonel Cagnat, publié peu de temps avant. Avec une plume de révolté, cet ancien officier supérieur d’infanterie cherche à faire réfléchir son lecteur à travers son expérience de terrain en Asie centrale et sa riche carrière militaire sur les enseignements à tirer de plus de dix ans d’intervention occidentale en Afghanistan. Cet ouvrage, dont Polémia présente ici une recension à ses lecteurs de Bertrand Renouvin, est à verser au dossier de la guerre du Mali. L’auteur redoute, après le départ de Kaboul de l’OTAN, une contagion de la déstabilisation dans les pays voisins. En Afrique, après avoir constaté, suite à la chute de Kadhafi, les désordres survenus au Mali frontalier, ne peut-on pas craindre dans cette ancienne Afrique occidentale française les mêmes phénomènes ?
Polémia
Colonel d’infanterie, docteur en sciences politiques, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques, René Cagnat s’est établi au Kirghizstan après avoir été attaché militaire dans plusieurs pays de l’Est et en Asie centrale.
L’ouvrage qu’il vient de publier (1) dénonce les erreurs tragiques commises par les Américains en Afghanistan, analyse les conséquences de leur échec et ouvre le débat sur les moyens d’y remédier.
René Cagnat fait partie de ceux qu’on n’écoute pas. Ils sont nombreux dans cette confrérie formée d’hommes et de femmes riches d’expériences et de savoirs toujours généreusement offerts pour le service de la France. En haut lieu, on refuse de les connaître, au mieux on lit leurs notes sans rien en retirer parce qu’elles sortent du cadre assigné. De droite ou de gauche, les dirigeants tiennent un anti-discours de la méthode : ils prennent au sérieux les experts qui sont de leur avis et de leur monde mais récusent sans les discuter les analyses dérangeantes et novatrices. Le coup à jouer, le plan de communication efficace, le respect de la Pensée correcte nationale et mondialisée sont les critères d’une réussite attestée par les éditoriaux du Monde et de Libération.
C’est ainsi que Jacques Chirac et Lionel Jospin et surtout un Nicolas Sarkozy qui a longtemps bénéficié de la complicité du Parti socialiste, ont jeté la France et ses soldats dans le piège afghan. Décisions insensées, qui marquent cruellement la dérive occidentaliste de nos oligarques. Décisions jamais soumises au débat dans notre pays car je sais de source sûre que l’Elysée a pris soin, entre 2007 et 2012, de contrôler étroitement tout ce qui était écrit dans la grande presse sur l’Afghanistan. Bien entendu, les spécialistes pouvaient librement publier des livres et des articles – y compris dans la revue Défense nationale – mais l’audience de Jean-Dominique Merchet (2), de René Cagnat, de Gérard Chaliand (3) restait limitée.
Pourtant, ceux qui ont averti que l’affaire afghane était mal engagée, puis expliqué pourquoi les Américains perdaient cette guerre, étaient dans le vrai. René Cagnat présente et reproduit dans son livre les articles qu’il a publiés depuis 2001. Ce ne sont pas ceux d’un anti-américain : il a espéré que les Etats-Unis joueraient un rôle positif en Asie centrale puis montré comment l’OTAN pourrait se redéployer utilement dans cette région du monde. Ce ne sont pas ceux d’un prophète de malheur : il propose une politique permettant d’éviter que le Très Grand Jeu ne se fasse au détriment de la France et de la grande Europe. C’est pour préparer l’avenir que René Cagnat fustige les sept piliers de la bêtise américaine dont il a pu constater les effets désastreux depuis Bichkek et sur place, à Kaboul :
1/ Le bombardement de l’Afghanistan à partir du 7 octobre 2001 est un acte de vengeance qui consiste à faire payer à des Afghans innocents – surtout des Pachtouns – l’attentat qui a tué les Américains innocents du World Trade Center. « C’est une victoire pour Ben Laden, car les bombes rassemblent les Pachtouns derrière les Talibans dressés contre les infidèles et tenants du devoir d’hospitalité ». Contre Al-Qaïda, c’est une guerre de renseignement qu’il aurait fallu mener.
2/ Les Américains n’ont pas tenu compte des leçons de leur échec au Vietnam et de l’échec soviétique en Afghanistan : ils ont mené une guerre classique mais la maîtrise du ciel, les systèmes d’armes hautement performants et le contrôle des grandes villes n’ont pas pu détruire les Talibans qui, au contraire, se sont renforcés après avoir abandonné Kaboul.
3/ Bénéficiant du soutien plus ou moins actif d’une partie de la population afghane, les Talibans ont pu mener leurs opérations à partir de leurs bases au Pakistan, pays allié des Etats-Unis mais qui a mené un double jeu afin d’assurer à terme son influence prépondérante à Kaboul et sur les territoires pachtouns.
4/ Parce qu’ils ignoraient délibérément les réalités afghanes, les Etats-Unis ont voulu démocratiser à l’américaine un pays musulman composé de peuples différents, dominé par des seigneurs de la guerre et résolument hostile aux agressions étrangères. « Au lieu d’installer un fantoche de plus à Kaboul [le douteux Hamid Karzaï], il fallait recourir à la famille royale autour de Zaher Shah. Avec une restauration véritable de la royauté, il y aurait eu à Kaboul, grâce à l’immense prestige de Zaher Shah, une autorité respectée en mesure de rétablir les subtils équilibres ménageant une paix relative entre les ethnies ».
5/ Trop faible et mal répartie, l’aide financière n’a pas permis de reconstruire l’Afghanistan selon un plan méthodique de développement. L’aide étrangère est la source d’une immense corruption, qui touche les dirigeants afghans mais aussi les milieux occidentaux.
6/ L’islamisme a été sous-estimé. Dans les zones tribales, les Talibans ont pu former des fanatiques toujours prêts au sacrifice suprême. « La conception stratégique aussi bien que l’action tactique sur le terrain ont incombé le plus souvent à des responsables et officiers totalement ignorants de l’histoire, de la sociologie, des spécificités de l’Afghanistan et même de l’islam ». Le sursaut d’intelligence incarné par le général Petraeus n’a été qu’une parenthèse sans incidence positive sur le déroulement de la guerre. Au lieu de freiner l’insurrection, les campagnes d’élimination des cadres talibans en Afghanistan et, au moyen de drones, au Pakistan, n’ont fait qu’ajouter la haine à la haine.
7/ La lutte contre la drogue n’a pas été engagée. Pourtant, les Talibans l’avaient interdite et les contrevenants étaient exécutés. Mais les Américains n’ont pas voulu déplaire à leurs alliés de l’Alliance du Nord, grands producteurs de pavot. Au contraire, à Kaboul en 2003, les milieux bien informés m’avaient affirmé que la CIA encourageait la culture du pavot afin de s’attirer les bonnes grâces des seigneurs locaux. Le résultat de cette brillante politique ? Tout simplement ceci qui est à tous égards accablant : « les narcotiques ont rapporté en 2007 plus de 80 milliards de dollars aux trafiquants afghans qui s’efforcent de « commercialiser » un tonnage d’opium qui est équivalent à 92% de la production mondiale ». En Asie centrale, en Russie, en Europe de l’Ouest, nous constatons les effroyables dégâts engendrés par ce commerce.
Ce que je présente comme un bilan des erreurs, des fautes et des crimes américains a été dénoncé tout au long de la décennie par ceux, civils et militaires, qui avaient appris à connaître et à aimer l’Afghanistan. Décidé par Nicolas Sarkozy pour plaire aux Américains et marquer le retour complet de la France dans l’OTAN, l’envoi en 2009 de soldats français dans des zones très dangereuses fut une aberration couverte, il faut le répéter, par le Parti socialiste : la guerre était manifestement perdue dès 2007 et l’engagement français n’a été précédé d’aucune discussion sur les buts de la guerre, sur la stratégie, sur la tactique, sur la présence de mercenaires, sur le gouvernement du pays. On s’est contenté, à l’Elysée, de reprendre les slogans de la guerre contre le terrorisme alors que nul n’ignore que le terrorisme se combat par les actions de renseignement et les opérations spéciales. L’armée française, qui s’est comportée avec courage et intelligence, sans se livrer aux actes insultants et criminels des Américains, a durement payé les rodomontades qui cachaient l’alignement sarkozyste : au mois d’août 2012, nous déplorions 88 tués et 700 blessés.
Maintenant amorcé, le départ de nos soldats ne doit pas détourner la France de l’Asie centrale. Tels que les présente René Cagnat, les scénarios pour l’Afghanistan sont d’une plus ou moins grande noirceur : constitution d’un narco-Etat par improbable consensus entre Afghans, guerre civile, parachèvement de la domination talibane sur une partie du pays. Il est donc urgent de concevoir une action politique et militaire pour la défense de l’Asie centrale, qui est en continuité territoriale avec l’Europe continentale et qui la pénètre – par exemple au Tatarstan (4).
Quant à cette défense de l’avant, nous avons déjà fait écho aux analyses et aux propositions de René Cagnat, dans l’espoir de susciter un débat public qui n’a pas eu lieu (5). Nous continuons à le demander, car les dirigeants socialistes risquent fort de mettre un terme à notre présence militaire en Asie centrale sous prétexte d’économies budgétaires, en laissant les Etats-Unis faire n’importe quoi.
Les échecs des Américains au Vietnam, en Irak, en Afghanistan, prouvent leur incompréhension totale des guerres non-conventionnelles et leur manque d’intérêt pour les nations et les peuples au sein desquels ils déploient leurs troupes. Leur doctrine de la guerre d’anéantissement (6) est à l’opposé de la nôtre, toujours inspirée par le souci politique. Cette opposition radicale des conceptions et des méthodes devrait nous conduire à quitter définitivement l’OTAN et à nous garder de toute action militaire aux côtés des Etats-Unis.
Les affrontements violents qui se sont déroulés en juillet à Khorog , principale ville du Pamir, soulignent le risque de déstabilisation, au Tadjikistan et au Kirghizstan, des zones proches de l’Afghanistan. Notre présence militaire à Douchanbe et nos relations cordiales avec les gouvernements nationaux et avec les troupes russes basées au Tadjikistan et au Kirghizstan devraient permettre des actions communes contre les infiltrations islamistes et les trafiquants de drogue.
Plus généralement, il nous faudrait tracer avec la Fédération de Russie et avec les nations ouest-européennes qui le souhaitent les lignes de défense de l’Europe continentale et une doctrine d’intervention qui, loin de tout occidentalisme, permettrait de protéger et de promouvoir les intérêts communs.
Bertrand Renouvin, http://www.polemia.com/
Le blog de Bertrand Renouvin
31/12/2012
Notes
(1) René Cagnat, Du djihad aux larmes d’Allah, Afghanistan, les sept piliers de la bêtise, Editions du Rocher, 2012. Toutes les citations sont tirées de ce livre.
(2) Jean-Dominique Merchet, Mourir pour l’Afghanistan, Jacob-Duvernet, 2008.
(3) Gérard Chaliand, L’impasse afghane, L’aube, 2011.
(4) Cf. ma Lettre de Kazan sur mon blog
(5) Cf. Entretien avec René Cagnat, Royaliste n° … ainsi que mon éditorial du numéro 1010 « Défendre l’Asie centrale ».
(6) Cf. mon compte-rendu de l’ouvrage du Général Vincent Desportes : Le piège américain dans Royaliste n° 997, et notre entretien avec Thomas Rabino, pour son ouvrage De la guerre en Amérique, dans Royaliste n° 1017.
Article publié dans le numéro 1020 de Royaliste - 2012
René Cagnat, Du djihad aux larmes d’Allah : Afghanistan, les sept piliers de la bêtise, Editeur : Editions du Rocher, Collection : Documents, Septembre 2012 148 pages
Ex: http://mediabenews.wordpress.com/
La guerre contre l’Iran n’aura pas lieu… pour le moment. La guerre d’Iran n’aura pas lieu de sitôt même si ‘Pierrot le fou’ – Benjamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël – crie « Aux loups, aux loups » à la Knesset – parlement israélien – pendant qu’Ahmadinejad – le Président iranien – ne l’écoute pas, ne l’entend pas, et pour cause…
L’Iran connaît parfaitement les plans de l’hyène américaine et l’Ayatollah Khamenei sait également que le renard israélien ne commande pas au loup états-unien. C’est plutôt l’inverse (1).
Tout ce que la Terre porte d’analystes, d’observateurs, d’experts militaires se sont émus la semaine dernière à l’annonce qu’un porte-avions de la Ve flotte américaine, furetant dans le secteur du détroit d’Ormuz, loin de son port d’attache, avait été chassé de la région par un exercice militaire iranien. Le navire risquait en effet de provoquer un incident-accident entre les deux belligérants se disputant le Golfe persan (2).
L’incident n’était pourtant qu’un exercice de réchauffement avant la conflagration à venir. Après avoir assisté à ce coup monté, dites-vous que l’une des prochaines fois sera la bonne et que cet incident provoqué déclenchera non pas la ‘troisième guerre mondiale’ mais l’attaque américano-israélienne contre l’Iran que l’Amérique attend depuis si longtemps.
Pourquoi pas cette fois, ni la prochaine, mais la suivante seulement ? Et pourquoi en 2013 et pas avant ? Pour répondre à ces questions il faut savoir pourquoi les USA en veulent tant à l’Iran. Si l’on ne sait pas répondre à cette question préalable, on en est réduit à conjecturer – à spéculer – à colporter les papiers d’intoxication médiatique des éditorialistes américains et israéliens.
Posons d’abord une prémisse évidente. Neuf pays de par le monde possèdent l’arme atomique. Ce sont les États-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni, l’Inde, la Chine, le Pakistan, la Corée du Nord et Israël – entre 100 et 200 ogives – (3). Y a-t-il plus criminel que le gouvernement états-unien ? Y-a-t-il plus hystérique que le gouvernement israélien ? Y-a-t-il plus instable que le gouvernement pakistanais ? Y-a-t-il plus imprévisible que le gouvernement coréen ? Y-a-t-il plus soumis que le gouvernement du Royaume-Uni ? Y-a-t-il plus cynique que le gouvernement de Russie ? Y a-t-il plus agité que le gouvernement de Sarkozy ? Pourtant, ni l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique) ni l’ONU ne suggèrent le désarmement nucléaire de ces gouvernements menaçants et incompétents.
Il faut en conclure que la propagande à propos du danger nucléaire iranien n’est qu’un faux-semblant qui cache autre chose, d’autant plus que celui qui s’en dit le plus préoccupé-menacé est justement le seul qui ait utilisé l’arme atomique deux fois plutôt qu’une (Hiroshima et Nagasaki) et qu’il menace encore une fois de l’utiliser contre l’Iran – bombes de type Blu-117 – (4). Qui plus est, les États-Unis possèdent 2 200 têtes nucléaires et 800 vecteurs, de quoi détruire la planète toute entière (5). Que feront les deux ou trois bombes nucléaires iraniennes – à supposer qu’elles existent – montées sur des missiles Shihab-3 – 2 200 km de portée maximum – alors que les États-Unis se situent à 11 000 kilomètres du Golfe persique ? Moins d’une heure après une prétendue attaque iranienne, mille bombes nucléaires américaines pulvériseraient l’Iran ne laissant plus une âme qui vive (77 millions d’habitants). Espérons que nous en avons terminé avec cette fadaise de la menace nucléaire iranienne tout juste bonne à effrayer les retraités des salons de thé.
Mais alors qu’est-ce qui justifie l’acrimonie états-unienne à l’encontre de la destinée iranienne ? Dans un papier, il y a tout juste une année, nous avions répondu à cette question – « Regardez du côté du détroit d’Ormuz », disions-nous (6).
L’Iran a commis le crime de lèse-majesté de ne pas trembler quand Georges W. Bush l’a désigné à la vindicte de sa ‘communauté internationale’. L’Iran a l’outrecuidance de développer sa propre politique nationale plénipotentiaire. L’Iran a le culot de vendre son pétrole à la Chine en devises souveraines iraniennes. L’Iran s’approvisionne en armement auprès de la Russie honnie. L’Iran a choisi le camp de l’impérialisme chinois – l’ennemi irrédentiste de l’impérialisme américain. Enfin, l’Iran a le mauvais goût de posséder une frontière sur le détroit d’Ormuz par où transite près de 35 % du pétrole mondial, point de passage pétrolier que les États-Unis entendent bien entraver ou faire entraver ! Pour que ce plan machiavélique fonctionne, les États-Unis doivent cependant colmater au moins deux brèches dans le dispositif de verrouillage pétrolier de la région du Golfe persique. Le projet Nabucco, un oléoduc irano-irako-syrien destiné à acheminer le pétrole iranien et irakien jusqu’en Méditerranée via le territoire syrien et le projet d’oléoduc des Émirats Arabes Unis destiné à contourner le détroit d’Ormuz pour l’acheminer directement jusqu’au port de Foujeirah (7). Pour ce dernier oléoduc ce ne sera pas compliqué ; les Émirats Arabes Unis sont sous protectorat américain et leur pétrole sera acheminé aux clients que Washington aura accrédités ; pour le premier cependant, rien n’est assuré et la subversion récemment entreprise contre la Syrie vise justement le contrôle de cet oléoduc.
Dans un récent article nous demandions pourquoi la France et l’Euroland endossent la stratégie américaine visant leur propre étranglement pétrolier (8) ? En effet, si le détroit d’Ormuz est interdit à la navigation, c’est la Chine et l’Europe qui seront privées de carburant et non les États-Unis qui s’approvisionnent autrement. Ceci nous amène à conclure que l’Union Européenne devrait réviser ses politiques vis-à-vis de la Syrie et de l’Iran prochainement.
L’agression américaine contre la Syrie et l’Iran s’inscrit comme une étape de la guerre que se livrent les trois grands camps de l’impérialisme mondial – le camp états-unien – le camp de l’Euroland allié au camp américain jusqu’au 8 décembre dernier et dont il tente dorénavant de s’éloigner pour ne pas couler avec le dollar plombé – et le camp chinois, la superpuissance industrielle montante à laquelle sont associées l’Iran, la Syrie et la Russie.
Un expert affirme que ce que nous décrivons ci-haut : « ce modèle militaire mondial du Pentagone en est un de conquête du monde » (9). Les États-Unis n’envisagent nullement de conquérir le monde. Leur puissance technico-militaire est énorme mais leur capacité militaire conventionnelle – humaine – est bien en-deçà de telles ambitions. Les Américains souhaitent simplement détruire les infrastructures urbaines, les infrastructures portuaires et les raffineries iraniennes de façon à punir ce pays pour sa dissidence ; faire un exemple auprès de tous les autres pays en voie de développement qui caressent des rêves d’indépendance nationale.
Les États-Unis ne cherchent pas à s’emparer du pétrole iranien, ils en seraient bien incapables puisqu’ils ne songent nullement à débarquer des détachements de Marines et à s’installer à Téhéran. Quand on est impuissant à mater les talibans afghans, on ne songe même pas à occuper l’Iran.
Les États-Unis cherchent plutôt à provoquer une crise économique, financière, monétaire mondiale qui frappera toutes les puissances impérialistes, dépréciera leurs monnaies (le Yuan et l’Euro – le Dollar, lui s’en va déjà à vau-l’eau) et les rendront dépendantes des marchés boursiers et des ressources énergétiques du monde anglo-saxon (États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Canada) où la valeur des entreprises pétrolières s’élèvera de façon vertigineuse en même temps que la valeur de l’or noir (Golfe du Mexique, Alaska, Sables bitumineux de l’Alberta et Mer du Nord).
Ce coup de « poker » démentiel et meurtrier ne provoquera pas la ‘troisième guerre mondiale’ – les deux autres blocs impérialistes concurrents ne sont pas encore prêts à engager un affrontement militaire contre la superpuissance nucléaire américaine représentant la moitié des dépenses militaires de la planète (10).
Les peuples du monde souffriront énormément de cette crise économique profonde accompagnée d’une inflation importante, d’une hausse du chômage déjà catastrophique, d’une déprime boursière, de l’effondrement des hedge funds et des caisses de retraite des travailleurs ; cette crise enclenchera des soulèvements ouvriers, des grèves et des occupations d’usines jalonneront la guerre de classe – travail contre capital – sur le front économique que les opportunistes petits-bourgeois auront mission de liquider en proposant divers slogans réformistes pour sauver le système capitaliste.
L’attaque américano-israélienne contre l’Iran n’aura pas lieu en 2012 – année d’élection américaine. Le sort de la Syrie doit d’abord être tranché ; pour Méphisto Obama et pour le Minotaure Netanyahu rien ne presse. Après l’élection il sera temps d’ouvrir les portes de l’enfer et de libérer les Cerbères des Guerres puniques contemporaines.
Un indice pour ceux qu’il presse de savoir quand cela surviendra : il suffit de compter les grands navires de guerre américains qui mouillent dans le Golfe persique ; quand il n’en restera plus aucun, le combat de l’Armageddon tonnera dans la fournaise persane.
Robert Bibeauhttp://euro-synergies.hautetfort.com/
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(1) « Déclarations d’Hillary Clinton et du secrétaire à la Défense Leon Panetta : « aucune option n’est écartée ». Panetta a toutefois indiqué qu’« Israël ne devrait pas envisager d’action unilatérale contre l’Iran », tout en soulignant que « toute opération militaire d’Israël contre l’Iran doit être appuyée par les États-Unis et coordonnée avec eux ». (Déclaration de Leon Panetta le 2 décembre au Saban Center, cité dans U.S. Defense Secretary : Iran could get nuclear bomb within a year – Haaretz, 11 décembre 2011. C’est l’auteur qui souligne.).
(2) Il faut souligner toutefois que la flotte de guerre iranienne est chez-elle près des côtes d’Iran alors que la Ve flotte américaine est une intruse à 11 00 kilomètres des côtes américaines. 3.1.2012. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/01/03/le-bras-de-fer-entre-l-iran-et-l-occident-se-poursuit_1624979_3218.html
(3) Mordechaï Vanunu en entrevue avec Silvia Cattori. 2005. « non seulement on ne s’en prend pas à Israël, mais on aide même ce pays en secret. Il y a une coopération secrète entre Israël et la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis. Ces pays ont décidé de contribuer à la puissance nucléaire d’Israël afin de faire de ce pays un État colonial, dans le monde arabe. Ils aident Israël, parce qu’ils veulent que ce pays soit à leur service, en tant que pays colonialiste contrôlant le Moyen-Orient, ce qui leur permet de s’emparer des revenus pétroliers et de maintenir les Arabes dans le sous-développement et les conflits fratricides. Telle est la principale raison de cette coopération. ». http://www.silviacattori.net/article2313.html
(4) Michel Chossudovsky 6.1.2012. Mondialisation. « (…) attaque contre l’Iran, mais aussi que cette attaque pourrait inclure l’utilisation d’armes nucléaires tactiques antiblockhaus ayant une capacité explosive allant de trois à six fois celle d’une bombe d’Hiroshima. » http://www.centpapiers.com/l%E2%80%99iran-face-a-une-attaque-a-l%E2%80%99arme-nucleaire-%C2%AB-aucune-option-n%E2%80%99est-ecartee-%C2%BB/91431
(6) La guerre contre l’Iran aura-t-elle lieu ? 14.01.2011. http://bellaciao.org/fr/spip.php?article112543 et dans cet écrit datant de novembre dernier, Menacer l’Iran préparer l’invasion de la Syrie. 17.11.2011. http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27724
(7) http://www.voltairenet.org/Les-Etats-Unis-suspendent-leurs et http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201201/09/01-4484169-emirats-un-oleoduc-pour-eviter-le-detroit-dormuz-bientot-operationnel.php
(8) Deux mille douze avant et après ? http://www.centpapiers.com/deux-mille-douze-avant-et-apres/91333
(9) Pierre Khalaf. Guerre au Proche-Orient : anatomie d’une menace. 24.10.2011. http://www.voltairenet.org/Guerre-au-Proche-Orient-anatomie-d
Manlio Dinucci. Les USA ‘tournent’ la page et s’apprêtent à de nouvelles guerres. 7.1.2012. http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28526
Par Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe de BILAN.
LA CHINE profite de la crise pour accroître son influence sur l'Europe, investissant dans la dette des pays de la zone euro, elle se fait ainsi des alliés à l'intérieur de l'Union européenne (UE). Début novembre, la cavalerie portugaise est au garde-à-vous pour saluer majestueusement Hu Jintao, le chef de l'État et du Parti communiste chinois. Un événement inattendu se produit : un cheval se cabre et désarçonne le cavalier. Préoccupé, le chef de l'État chinois attend la fin de la cérémonie pour s'adresser au garde, l'embrasser et lui demander si tout va bien. Le geste attentionné du président chinois a valeur de symbole : « À travers ce beau moment, le monde découvre la Chine sous une grandeur humaine », mentionne le Quotidien du Peuple, l'organe du PC chinois.
Grâce à l'endettement de la zone euro, Pékin tente dans son propre intérêt de stabiliser l'économie de ses plus grands partenaires commerciaux. Le géant de l'énergie China Power International voudrait entrer dans le capital d'Energias de Portugal en achetant 2 à 5 % du capital de cet opérateur de gaz et d'électricité lusitanien. Les deux entreprises coopéreront dans des projets d'énergie renouvelable en Europe, en Afrique et au Brésil. Avant son arrivée à Lisbonne, Hu Jintao fut appelé comme un sauveur. Il s'engage à « soutenir l'Union européenne par des mesures concrètes ». Le vice-ministre des Affaires étrangères Fu Ying a indiqué que la Chine développerait l'acquisition des emprunts d'État appartenant aux pays endettés. Pékin tire adroitement profit de la crise de l'euro pour étendre peu à peu, mais sur le long terme, son influence politique et économique. Son offre vise avant tout les membres les plus endettés de la zone-euro, que l'on appelle les États PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne). Avec beaucoup de diplomatie , la République populaire affirme vouloir gagner des alliés au sein de l'UE. Lors de son voyage en Europe en octobre, le Premier ministre Wen Jiabao explique avec condescendance : « La Chine a déjà acheté des emprunts d'État à la Grèce, à l'Espagne et à l'Italie, tandis que d'autres investisseurs sont en train de quitter ces pays ». Au Parlement d'Athènes, Wen Jia-bao promet d'aider la Grèce : « Nous devons proposer d'autres aides et sortir certains pays de leurs difficultés financières ». Étant le plus grand détenteur de devises mondiales, la Chine a amassé 2,5 billions (2 500 mille milliards) de dollars. 70 % de ces capitaux ont été investis. Les Chinois tentent de constituer leur trésor dans des devises autres que le dollar. Yu Yong-ding, ancien conseiller monétaire de la Banque centrale chinoise et président de la Société d'études chinoises sur l'économie mondiale, accrédite cette diversification, même si les autres devises « ne sont pas des produits de substitution idéaux » par rapport aux emprunts d'État américains.
En juillet, la Chine a acquis pour 400 millions d'euros d'emprunts d'État espagnols. Le Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero remercia son bienfaiteur par une visite diplomatique à Pékin en septembre. « Si la Chine augmente sa part d'emprunts espagnols, dit-il, cela renforcera la confiance des marchés financiers ». Zapatero espère que la Chine achètera encore plus d'emprunts d'État. Les Européens du Sud regardent avec avidité vers Pékin. Les capitalistes de l'État chinois qui soutiennent ce pays par l'achat de titres demeurent invisibles. Dans la capitale, des agents de l'Administration chinoise des changes travaillent et spéculent derrière les murs d'un bloc abritant des bureaux. Les résultats des recherches ne sont jamais publiés directement. Inféodée à la Banque centrale, tout est contrôlé par l'État. L'année dernière, Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque centrale chinoise et responsable de la politique monétaire, attira l'attention en proposant de remplacer le dollar comme monnaie de réserve globale par des droits de tirage spéciaux, un actif de réserve international créé en 1969 par le FMI pour compléter les réserves de change officielles de ses pays membres. Zhou Xiaochuan suit les consignes du parti et de la Banque centrale qui précise sur son site : « La Chine est un investisseur responsable sur le long terme dans l'investissement des réserves de change qui suit le principe de diversification. L'Europe a été, est et restera l'un des principaux marchés d'investissement pour les réserves de change de la Chine ».
LA GRÈCE, UN TREMPLIN VERS L'EUROPE DE L'EST
China Investment Corp. (CIC) est un nouveau fonds souverain chargé de gérer sous la forme de participations (sur des fonds en actions) une partie des capitaux publics de la Chine. Il démarre avec un capital d'environ 200 milliards de dollars provenant du stock de devises. À l'occasion de sa fondation il y a trois ans, CIC suscitait la méfiance des Européens. En 2009, son président Lou Jiwei, ancien vice-ministre des Finances, déclarait avec ironie : « Des fonctionnaires de l'UE me demandaient que les investissements ne franchissent pas 10% de notre capital ». À présent, les temps ont bien changé. Les Chinois se heurtent rarement à un comportement de résistance, comme cela peut être le cas à Hambourg et dans l'ensemble des ports de la Hanse, où ils tentent en vain d'obtenir une participation. L'intérêt est important : La Chine est le premier partenaire commercial de l'Allemagne et de l'UE. Il s'agit d'une exception, car dans le reste de l'Europe, les Chinois sont les bienvenus. La République populaire a pris les Hellènes dans son champ de mire. Elle entend les utiliser comme tête de pont pour son commerce avec l'Europe de l'Est : en novembre 2008, l'entreprise chinoise Cosco (China Océan Shipping Company), un des premiers armateurs mondiaux, a obtenu un bail de location de 30 ans sur le port du Pirée, le plus grand de Grèce et l'un des plus importants de la Méditerranée. Jusqu'en 2015, elle veut augmenter le transbordement des containers à 3,7 millions de pièces contre 800 000 à l'heure actuelle, indique le Premier ministre Wen Jiabao.
Dans la ville d'Athlone, au centre de l'Irlande, des investisseurs chinois ont l'ambition de construire un gigantesque complexe pour les entreprises pouvant accueillir des conférences et des expositions. Pour Pékin, c'est un lieu d'implantation stratégique : l'Irlande est le seul pays anglophone de la zone euro. En Italie, à l'occasion de la visite de Wen Jiabao, le Premier ministre Silvio Berlusconi a fait embraser de lumière rouge le Colisée servant également de support à des hologrammes chinois. Wen Jiabao promit aux Italiens de doubler ses liens commerciaux d'ici 2015. Politiquement, Pékin attend des Européens une plus grande souplesse : lors d'un sommet avec des représentants européens qui s'est déroulé à Bruxelles en octobre, Wen Jiabao ne toléra pas les exigences de réévaluation de la devise chinoise. Pékin tient artificiellement le taux du change du yuan à un bas niveau, ce qui permet de réduire le prix des exportations. De plus, en juillet dernier, Angela Merkel s'engagea une nouvelle fois à ce que l'UE reconnaisse dans un délai de cinq ans le statut d'« économie de marché » total de la Chine. Cette faveur rendra encore plus difficile toute opposition aux exportations et aux dumping de l'Empire du Milieu.
L'UE VICTIME DES INVESTISSEMENTS CHINOIS
La dépendance des États européens à l'égard de la Chine s'accroît. L'UE devient de ce fait plus poreuse aux risques d'ingérence de Pékin, qui débat sur la quantité de capitaux pouvant être investie en Europe. Les trois quarts des placements devraient être effectués en dollars, ce qui concurrencera l'euro. Yi Xianrong avertit : « L'investissement dans le papier est très risqué ». C'est pourquoi ce membre de l'Académie de Pékin pour les sciences sociales atteste que dans le cadre des « affaires politiques, il est judicieux pour la Chine d'acquérir des emprunts d'État européens, mais seulement en petite quantité ». Un investissement minimal, une influence maximale, la Chine a toujours tenu à cette stratégie à l'égard de l'Europe, de plus en plus prise en tenaille entre des injections en dollars et la politique d'investissement de Pékin. Nous assistons à une hégémonie déguisée du dollar instrumentalisée et maîtrisée par la Chine.
L. B. Rivarol du 23 décembre 2010
La France espère que les monarchies arabes du Golfe vont apporter leur aide à la campagne contre les rebelles djihadistes au Mali, a déclaré hier son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. En visite aux Emirats Arabes Unis, M. Fabius a présenté brièvement les différentes aides possibles : en fournissant du matériel ou du financement - une requête ironique étant donné que l'on pense que les donateurs privés de ces pays sont les principaux soutiens d'al-Qaïda en Irak et en Syrie. P.C.
L'Ouest a dépeint les dirigeants du Golfe comme des alliés naturels pour encourager les révolutions démocratiques
Les Etats-Unis et les pays occidentaux se sont tournés depuis longtemps vers les monarchies du Golfe pour financer leurs actions dans le monde musulman et au-delà. Quelques fois, le financement a été direct, comme l'aide financière et matérielle que le Qatar a apportée aux rebelles libyens en 2011. D'autres fois, cela a été des subventions indirectes à des groupes, comme les moudjahidin afghans qui combattaient les Soviétiques, et avec lesquels l'Ouest ne voulait pas trop être associé publiquement. M. Fabius a dit que les donateurs se réuniraient vers la fin janvier à Addis-Abeba, pour financer une campagne africaine contre al-Qaïda. Il a déclaré : « Tout le monde doit s'engager à combattre le terrorisme. Nous sommes assez confiants que les Emirats iront aussi dans cette direction ». Les relations entre les Etats-Unis et leurs alliés européens, d'une part, et les monarchies absolues du Golfe, de l'autre, ont été très contradictoires depuis que le Printemps Arabe a commencé, il y a deux ans. L'Ouest a décrit les rois et les émirs du Golfe, qui dirigent quelques-uns des Etats les moins démocratiques du monde, comme des alliés naturels pour promouvoir et financer les révolutions démocratiques en Libye et en Syrie. Une contradiction supplémentaire est que l'Arabie Saoudite et ses dirigeants sunnites ont encouragé les salafistes dans tout le monde musulman - des militants fondamentalistes défendant une interprétation littérale du Coran - en payant pour leurs écoles et leurs mosquées. Tandis que la plupart des salafistes sont non-violents, leur idéologie est similaire à celle d'al-Qaïda. La Libye de Mouammar Kadhafi était un donateur et un investisseur important en Afrique sub-saharienne et il est peu probable que les Arabes du Golfe soient prêts à dépenser autant d'argent. Même les rebelles syriens disent que les fonds qu'ils reçoivent arrivent épisodiquement et qu'ils sont inadéquats, conduisant au pillage généralisé par les chefs rebelles. Tandis que la France justifie son intervention au Mali en affirmant que celle-ci fait partie de la « guerre contre la terreur », son action pourrait provoquer plus de troubles dans cette région. Chose intéressante, un groupe rebelle au Nord, le MNLA séparatiste qui veut une patrie pour les Touaregs au Nord du Mali, aurait soutenu l'intervention française.
Patrick Cockburn
The Independent,
16 janvier 2013
Titre original : As long as the cash rolls in, the West appears untroubled by Gulf monarchies' ideology
Traduction : JFG-QuestionsCritiques
Correspondance Polémia – 21/01/2013
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Photo publié sur le site «Soleil d'Algérie»
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(*) Si, en 2004, pour «Paris-Match», V. Trierweiller avait établi un portrait de «l'homme normal», c'est le récit de Kader Arif qui rapporte que, le 08.12.2010 à Alger, sortant d'une visite de la basilique Notre-Dame-d'Afrique, Hollande a lâché spontanément aux quelques journalistes présents : « Le temps d'un président normal est venu… »
Allons-nous longtemps encore faire semblant de croire que les échecs de l’Afrique seraient dus à un déficit de démocratie, à l’absence de classes moyennes, au sous-équipement ? Ce continent n’aurait-il, comme ambition, que celle de nos experts, à savoir les courbes du PIB ou du PNB et les "bons points" de l’ajustement structurel ?
Les pays "développés" s’obstinent dans le consensuel refus de trois réalités :
1) les problèmes africains ne sont pas économiques mais culturels ;
2) nos cultures sont incompatibles car, comme le disait le maréchal Lyautey, les Africains sont "autres" ;
3) notre approche culpabilisée de l’Afrique fait que nous tuons le continent en voulant pourtant désespérément sa survie. Un exemple : on nous dit que l’Afrique manque de cadres. La vérité est autre : au fur et à mesure qu’ils sont formés, les cadres africains s’expatrient. C’est ainsi que la CEE et le Canada donnent du travail à plusieurs dizaines de milliers de Déserteurs de haut niveau (médecins, vétérinaires, ingénieurs, etc.). En référence a nos principes philosophiques d’accueil et de générosité, nous privons ainsi l’Afrique des plus diplômés de ses enfants.
Au lieu de continuer à vouloir transfuser un impossible développement à l’Afrique, c’est une renaissance, une réhabilitation de ses valeurs culturelles qu’il faudrait au contraire favoriser. Or, cette démarche passe par un désengagement européen pour que l’Afrique trouve en elle-même les conditions d’une éventuelle réaction, notre arrogant universalisme idéologique doit cesser d’y exercer ses ravages.
Le continent dispose, pour le moment, de deux solides points d’ancrage : les ethnies et le monde de la brousse ; mais le temps est compté car, chaque jour, l’Afrique vivante, c’est-à-dire l’Afrique rurale, celle qui possède encore dynamisme et cohésion, s’affaiblit au profit des villes artificielles et improductives.
Or, la démocratisation qui est imposée à l’Afrique détruit la cohésion ethnique par la recherche du plus petit commun dénominateur qui est la tribu. Elle transforme l’ethnisme en tribalisme, ce qui n’est pas la même chose. Le processus risque alors de devenir irréversible, ce qui est dramatique pour l’avenir, car seul l’ethnisme est capable de donner naissance aux ensembles humainement cohérents qui naîtront un jour des décombres de bien des frontières actuelles.
Que l’on y réfléchisse : ce n’est pas par la démocratie que se constituèrent les Etats-Nations d’Europe ou d’Asie, mais par la force, par la volonté de puissance, par la ruse et par la durée. Ce n’est pas le préalable démocratique qui forgea l’unité allemande, mais l’énergie prussienne canalisée par Bismarck. Or, en Afrique, les "Prusses" potentielles ont été détruites lors de la conquête coloniale, d’abord, mais surtout avec les indépendances octroyées aux plus nombreux, c’est-à-dire souvent aux vaincus de l’histoire africaine.
La colonisation philanthropique s’était, en effet, appuyée sur les groupes dominés, condamnés et qui étaient venus à nous pour être protégés des peuples prédateurs. Au nom de la charité, de la justice et même des "droits de l’homme", notions insolites et même traumatisantes en Afrique, nous avons ainsi brisé les séculaires équilibres naturels africains.
Mais, plus le temps passe et plus nos a priori philosophiques se heurtent aux réalités. Là est d’ailleurs l’espoir de l’Afrique. Cependant, c’est en Europe et en Amérique que se pose le vrai problème : comment faire comprendre aux intellectuels et aux charitabilistes de profession qu’en organisant la survie artificielle, et hélas provisoire, de populations à la croissance incontrôlable ils engluent l’Afrique dans la catastrophe ? Comment leur expliquer que les peuples dont les femmes ont le ventre le plus fécond ne sont pas forcément les plus doués pour diriger, pour commander, pour administrer ?
Bernard Lugan http://www.francecourtoise.info
Alors que la légende autour d’Abou Zoubeida s’étoffait, il fut rapporté dans la presse que cet homme :
« valait une tonne de gars à Guantánamo » ; [20]
était « un haut responsable de ben Laden » et l’« ancien chef du Jihad islamique basé en Égypte » ; [21]
« joua un rôle central dans les attaques contre les ambassades [des États-Unis] en Afrique de l’Est » ; [22]
était listé comme étant un « adjoint de confiance » de ben Laden, ayant un « pouvoir grandissant [au sein de son organisation] » ; [23]
contrôlait al-Qaïda ; [24]
était un adjoint de ben Laden qui avait dirigé des camps d’entraînement en Afghanistan et qui avait « coordonné des cellules terroristes en Europe ainsi qu’en Amérique du Nord » ; [25]
était un « recruteur essentiel de terroristes, un planificateur opérationnel et un membre du premier cercle d’Oussama ben Laden » ; [26]
était le « PDG de ben Laden », [27] ainsi qu’« une figure centrale au sein d’al-Qaïda » ; [28]
était le « planificateur des voyages » de ben Laden ; [29]
faisait partie d’« une poignée d’hommes chargés de diriger le réseau terroriste en cas de mort ou de capture d’Oussama ben Laden » ; [30]
était un important lieutenant de ben Laden, suspecté « d’organiser les ressources d’al-Qaïda afin de perpétrer des attaques contre des cibles US » ; [31]
était le numéro quatre d’al-Qaïda après Oussama ben Laden, Ayman al-Zawahiri et Mohammed Atef ; [32]
connaissait les identités de « milliers » de terroristes qui étaient passés par les camps d’entraînement d’al-Qaïda en Afghanistan ; [33]
était un collègue de Richard Reid, le terroriste aux chaussures piégées ; [34]
était l’un des principaux planificateurs d’opérations terroristes pour le compte de ben Laden, et qu’il connaissait les plans d’al-Qaïda ainsi que ses cellules ; [35]
incarnait la « connexion entre ben Laden et la plupart des cellules opérationnelles d’al-Qaïda » ; [36]
était la source de l’information selon laquelle le Vol 93 d’United Airlines devait frapper la Maison-Blanche. [37]
Puisque l’on sait à présent que Zoubeida n’a jamais été un agent ou même un associé d’al-Qaïda, nous sommes contraints de réaliser avec stupeur que toute cette histoire était fausse. Parmi les questions ainsi soulevées, quelle part de ce que l’on sait sur al-Qaïda et sur la guerre contre le terrorisme fut élaborée grâce aux témoignages – obtenus sous la torture – d’un homme qui ne pouvait absolument rien savoir de cette organisation ?
Initialement, on nous a dit que Zoubeida fût le premier à identifier KCM comme étant l’associé de ben Laden que l’on surnommait « Mokhtar ». Cette information nous vient d’Ali Soufan, le fonctionnaire du FBI qui a été la première personne à interroger Zoubeida dans une prison secrète de la CIA en Thaïlande. Soufan avança également que ce dernier avait accusé KCM d’être le « cerveau » des attaques du 11-Septembre. Dans son livre publié en 2007, le directeur de la CIA George Tenet alla encore plus loin, affirmant qu’« interroger Abou Zoubeida avait conduit à Ramzi ben al-Chaïba ». [38]
Mais comme nous le savons à présent, lors d’un interrogatoire, la CIA aurait affirmé à Zoubeida avoir découvert qu’il n’était pas un combattant, un membre ou même un partenaire d’al-Qaïda. [39] Pourtant, KCM et ben al-Chaïba furent malgré tout capturés et torturés.
Le Rapport de la Commission sur le 11-Septembre se basait beaucoup sur des récits élaborés par des tiers à partir de ce que ces détenus déclarèrent sous la torture – « deux des trois parties dans la communication étant des employés gouvernementaux » –. [40] La Commission elle-même écrivit que « [l]es chapitres 5 et 7 s’appuient largement sur les renseignements obtenus des membres capturés d’Al-Qaida ». [41] En réalité, plus de la moitié du Rapport de la Commission sur le 11-Septembre se base sur des témoignages totalement biaisés car extirpés sous la torture, auxquels la Commission n’a eu absolument aucun accès – n’ayant même pas été autorisée à questionner les interrogateurs –. Les témoignages de KCM obtenus sous la torture sont cités à 221 reprises dans le Rapport, et ceux de ben al-Chaïba 73 fois. Au total, la Commission a utilisé comme source un ou plusieurs de ces « interrogatoires » à 441 reprises dans les notes de son rapport.
Le gouvernement des États-Unis a admis que Zoubeida avait subit le supplice de la baignoire à 83 reprises, et que KCM fut torturé de cette manière 183 fois. Sachant que la plupart des gens ne peuvent supporter cette torture au delà d’une poignée de secondes, ces sessions n’étaient visiblement pas destinées à obtenir des renseignements. En revanche, elles auraient pu être menées afin d’éliminer des informations sensibles à travers la destruction psychique des victimes. Dans les brefs témoignages que ses avocats ont été autorisés à produire, Zoubeida a également décrit comment il fut maintenu pendant de longues périodes dans une cage, qu’il qualifia de « minuscule cercueil ». [42]
Les tortures infligées à Zoubeida furent spécifiquement utilisées pour soutenir les allégations sur les plans et les actions de ben Laden, les orientations d’al-Qaïda, le recrutement des pirates de l’air et des autres agents de cette organisation, ainsi que les détails sur les responsables de la planification du 11-Septembre. [43] Selon l’auteur Jane Meyer, l’agent de la CIA John Kiriakou déclara que « Zoubeida admit ouvertement son rôle dans les attaques du 11-Septembre [, et qu’il] prétendit regretter d’avoir tué autant de citoyens des États-Unis. » [44] Visiblement, la Commission sur le 11-Septembre considéra que cette assertion n’était pas crédible, bien qu’elle ait repris d’autres informations douteuses qui auraient été obtenues en torturant les suspects [du 11-Septembre].
Au vu des « erreurs » évidentes liées au fait que Zoubeida ait été décrit comme un leader d’al-Qaïda, il semble que d’importantes révisions du récit officiel du 11-Septembre soient nécessaires. Mais en réalité, il est peu probable que les informations attribuées à Zoubeida soient si tardivement expurgées du mythe officiel légitimant la guerre contre le terrorisme, ainsi que les actions correspondantes du gouvernement des États-Unis. La raison à cela est que les tortures infligées à cet homme ont été utilisées afin de soutenir des actes et des bouleversements politiques sans précédent :
Le Président Bush en personne se servit de l’importance attribuée à la capture et à la torture de Zoubeida afin de justifier les méthodes de torture de la CIA, ainsi que la détention de suspects dans les prisons secrètes de l’Agence à travers le monde. [45]
Le gouvernement des États-Unis utilisa les renseignements douteux obtenus [en torturant] Zoubeida afin de justifier l’invasion de l’Irak. Les responsables gouvernementaux déclarèrent que ce dernier était la source des allégations liant al-Qaïda et l’Irak. Celles-ci avançaient que cette organisation et ce pays entraînaient conjointement des individus à utiliser des armes chimiques. Ces accusations n’ont jamais fait l’objet d’une vérification indépendante. [46]
Le témoignage sous la torture de Zoubeida fut également utilisé afin de justifier le recours aux tribunaux militaires, empêchant le procès des prétendus suspects d’al-Qaïda devant des juridictions civiles et publiques. Lors d’un discours prononcé en septembre 2006, le Président Bush demanda au Congrès d’élaborer des règles spéciales afin de juger Abou Zoubeida devant une commission militaire à Guantánamo. [47] Pourtant, à la fin du mois d’avril 2002, soit moins d’un mois après sa capture, les responsables du département de la Justice déclarèrent qu’il était « un candidat presque idéal pour un procès devant les tribunaux [civils] ». [48] Ironiquement, Zoubeida pourrait être le seul principal suspect [du 11-Septembre] à ne jamais être jugé.
En plus de la justification du recours à des méthodes de torture illégales, l’administration Bush utilisa la capture de Zoubeida afin d’accélérer la mise en œuvre de son programme d’espionnage intérieur. À l’époque, l’argument avancé était que ce programme permettrait d’agir rapidement afin d’exploiter les numéros de téléphone et les adresses saisies durant l’arrestation de Zoubeida. [49]
Récemment, un second avocat d’Abou Zoubeida écrivit un autre article, qui parut dans la presse grand public. Dans celui-ci, Maître Amanda Jacobsen souligna que :
« Les responsables [du gouvernement] US ont déclaré qu’Abou Zoubeida était un terroriste de premier plan au sein d’al-Qaïda. Ils avancèrent qu’il était le « Numéro 3 » de cette organisation, son chef des opérations qui travaillait directement avec Oussama ben Laden. Ils prétendirent qu’il était personnellement impliqué dans les attaques du 11 septembre 2001, ainsi que dans chaque opération majeure d’al-Qaïda, et qu’il connaissait en détail les plans des futures attaques.
Mais toutes ces accusations étaient fausses. » [50]
Le gouvernement des États-Unis ayant admis qu’il n’existe aucune raison de poursuivre Abou Zoubeida, et que ce dernier n’a jamais eu aucun lien avec al-Qaïda, va-t-il le libérer ? Comme Maître Mickum l’a demandé, son client sera-t-il autorisé à raconter sa propre version de l’histoire ? Question encore plus déterminante : Afin que les fausses informations sur Zoubeida cessent d’alimenter la guerre contre le terrorisme, le récit officiel du 11-Septembre sera-t-il révisé pour être expurgé des affirmations attribuées à cet homme (ainsi que des accusations proférées à son encontre) ?
La réponse est non, presque certainement non.
Une décision juridictionnelle impose de classifier « chaque témoignage prononcé par les accusés » lors des procès de KCM et des autres suspects [du 11-Septembre]. [51] Cependant, si l’on autorise Zoubeida à s’exprimer, nous pourrions découvrir que son esprit n’a pas été totalement anéanti par les tortures qu’on lui a infligées. Et la légende officielle sur le 11-Septembre et al-Qaïda pourrait s’effondrer face aux témoignages publics – non contraints par la torture – des personnes accusées d’avoir commis ces crimes. Finalement, il semble que l’affaire Zoubeida soit une menace pour al-Qaïda elle-même. Elle constitue également un aveu public que certains mensonges doivent subsister afin de protéger l’imposture globale qui légitime la guerre contre le terrorisme.
Kevin Ryan http://www.voltairenet.org
Traduction Maxime Chaix
Conséquences des aveux extorqués d’Abou Zoubeida en France
« Le comité exécutif d’Al-Qaida est alors formé, en dehors de Ben Laden, [notamment d’une] section d’accueil des moudjahidin. Cette dernière est placée sous l’égide d’Abou Zoubeida, dont le nom reviendra constamment dans toutes les procédures judiciaires françaises. »
Juge Marc Trevidic, Au cœur de l’antiterrorisme (février 2011)
Les faux aveux obtenus sous la torture d’Abou Zoubeida ont été transmis au Parquet anti-terroriste français et utilisés dans de nombreuses procédures. Ils ont été validés par les aveux tout aussi imaginaires de Djamel Beghal, considéré pendant un temps comme le responsable d’Al-Qaida en France.
Ce qui importe ici, c’est que des aveux obtenus sous la torture ont servi de base à des analyses politiques et militaires erronées qui ont justifié des restrictions inutiles des libertés publiques. Pis, ces aveux ont empêché la prise des bonnes décisions.
On observera que les nombreux ouvrages rédigés par des « experts anti-terroristes » sur Al-Qaida et les réseaux jihadistes à partir des faux aveux d’Abou Zoubeida sont toujours en circulation et servent toujours de base à des analyses politiques et militaires bien que leurs fondements soient imaginaires.
RV
[1] Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis, Rapport final de la commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis , 2 février 2005 pour l’édition française, 22 juillet 2004 pour l’édition originale (téléchargeable ici).
[2] Brent Mickum, « The truth about Abu Zubaydah », The Guardian, 30 mars 2009.
[3] Ibid.
[4] Zayn al Abidin Muhammad Husayn v. Robert Gates, Respondents Memorandum of Points and Authorities in Opposition to Petitioner’s Motion for Discover and Petitioner’s Motion for Sanctions. Civil Action No. 08-cv-1360 (RWR), septembre 2009.
[5] « NEWS SUMMARY : Arrest May Deter Attacks », New York Times, 4 avril 2002.
[6] World : United States Western Mail, 3 avril 2002.
[7] Donald Rumsfeld News Transcript , Département de la Défense, 3 avril 2002.
[8] « Report : Insider May Testify On Zubaydah », United Press International (UPI), 2 avril 2002.
[9] United States Helsinki Commission Briefing Transcript Political/Congressional Transcript Wire, 22 juin 2007.
[10] Transcription d’un reportage de Kelli Arena sur Guantanamo, diffusé par CNN le 24 septembre 2006.
[11] Department of Defense News Briefing , Département de la Défense, 1er avril 2002.
[12] Gerry Gilmore, « Rumsfeld Confirms Capture of Senior Al Qaeda Leader », Département de la Défense, 2 avril 2002.
[13] « Profile : Abu Zubaydah », BBC News, 2 avril 2002.
[14] Remarks by the President at Connecticut Republican Committe Luncheon, discours du Président George W. Bush, Hyatt Regency Hotel, Greenwich (Connecticut), 9 avril 2002.
[15] Remarks by the President to the George C. Marshall ROTC Award Seminar on National Security, discours du Président George W. Bush, Virginia Military Institute, Lexington (Virginie), 17 avril 2002.
[16] Remarks by the President in Address to the Nation, discours du Président George W. Bush, Maison Blanche, 6 juin 2002.
[17] Remarks by the President at Thaddeus McCotter for Congress Dinner, discours du Président George W. Bush, Ritz Carlton Hotel, Dearborn (Michigan), 14 octobre 2002.
[18] Jeff Bliss et Tony Capaccio, « Iraq Group May Attack Outside Nation, McConnell Says Bloomberg.com », 5 février 2008 ; Richard Esposito et Jason Ryan, « CIA Chief : "We Waterboarded" », ABC News, 5 février 2008.
[19] Philip Shenon, « MIDEAST TURMOIL : INTELLIGENCE ; Officials Say Qaeda Suspect Has Given Useful Information », New York Times, 26 avril 2002.
[20] « More attacks have been prevented, officials say », The Seattle Times, 11 janvier 2003.
[21] David A. Vise et Lorraine Adams, « Bin Laden Weakened, Officials Say », The Washington Post, 11 mars 2000.
[22] Ibidem.
[23] Ibidem.
[24] Massimo Calabresi et Romesh Ratnesar, « Can we stop the next attack ? http://edition.cnn.com/ALLPOLITICS/... », CNN News, 4 mars 2002.
[25] Ibidem.
[26] « Who’s Who in al-Qaeda ? », BBC News, 27 avril 2007.
[27] Nick Schou, « One Degree of Separation », Orange County Weekly, 4 octobre 2001.
[28] Marlise Simons, « A NATION CHALLENGED : FRANCE ; Ninth Man Held in Suspected Plot Against Paris Embassy », New York Times, 4 octobre 2001.
[29] « Bin Laden Videos Suggest Location », The Cincinnati Post, 5 décembre 2001.
[30] Philip Shenon, « A NATION CHALLENGED : BALKAN TRAIL ; U.S. Labels an Arab Captive a Planner of Qaeda Attacks », New York Times, 23 janvier 2002.
[31] « U.S. Seeks New Head of Al Qaida Anti-American Operations », United Press International (UPI), 15 février 2002.
[32] Ibidem.
[33] Ibidem.
[34] « Profile : Abu Zubaydah », BBC News, 2 avril 2002.
[35] « BANK TERROR ATTACK FEAR ; Warning issued after interview », Birmingham Evening Mail, 20 avril 2002.
[36] John J. Lumpkin, « Al-Qaida Captive Talks of Terror », AP News, 24 avril 2002.
[37] « Bush Faces Dissent on European Trip », transcription, CNN News, 23 mai 2002 ; « Bush : ‘No war plans on my desk’ for Iraq », CNN.com, 23 mai 2002.
[38] George Tenet, At the Center of the Storm : The CIA During America’s Time of Crisis (Harper Perennial, New York, 2007).
[39] Peter Finn et Julie Tate, « CIA Says It Misjudged Role of High-Value Detainee Abu Zubayda, Transcript Shows », The Washington Post, 16 juin 2009.
[40] Washington’s Blog, « The Reason for the Cover-up Goes Right to the White House », 18 mars 2010.
[41] Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis, Rapport final de la commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis.
[42] Jane Meyer, The Dark Side : The Inside Story of How The War on Terror Turned into a War on American Ideals, (First Anchor Books, New York, 2009).
[43] Le Rapport de la Commission sur le 11-Septembre a basé onze de ses accusations sur les témoignages d’Abou Zoubeida obtenus sous la torture : les notes 18, 43 et 75 dans le chapitre 2 ; les notes 19, 31, 35 et 106 dans le chapitre 5 ; les notes 8 et 125 dans le chapitre 6 ; et les notes 90 et 108 dans le chapitre 7.
[44] Jane Meyer, The Dark Side.
[45] George W. Bush, discours de septembre 2006 ; « Bush Concedes CIA Held Suspects in Secret Prisons », NPR, 6 septembre 2006.
[46] Ron Hutcheson et James Kuhnhenn, « Iraq deal with Congress nears Bush says », Milwaukee Journal Sentinel, 26 septembre 2002 ; « Bush Says He and Congress Will Band Together on Iraq ; Capitol Hill Still Sour », Knight Ridder/Tribune Business News, 27 septembre 2002 ; Andrew Sullivan, « One tortured lie : that’s all it took for war », The Sunday Times, 26 avril 2009.
[47] Warren Richey, « ‘Alternative’ CIA tactics complicate Padilla case », The Christian Science Monitor, 15 septembre 2006.
[48] Neil A. Lewis, « A NATION CHALLENGED : THE DETAINEES ; U.S. Is Seeking Basis to Charge War Detainees », New York Times, 21 avril 2002.
[49] James Risen et Eric Lichtblau, « Bush altered rules on spying », International Herald Tribune, 17 décembre 2005.
[50] Amanda L. Jacobsen, « Why hasn’t Abu Zubaida been tried ? », The Washington Post, 28 mars 2012.
[51] Peter Finn, « Judge’s Order Could Keep Public From Hearing Details of 9/11 Trials », The Washington Post, 7 janvier 2009.








