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international - Page 1431

  • Mali-Algérie : point de situation et éléments de réflexion

     

    Analyse de Bernard Lugan - 17 janvier 2012

    L’intervention française au Mali conduit à quatre grandes réflexions :

    1) Compte tenu des réalités frontalières, l’action de la France ne peut réussir que si l’Algérie la soutient.

     

    Or, la prise d’otages d’In Amenas, site stratégique hautement protégé, montre soit qu’Alger ne contrôle pas son territoire, soit que les islamistes ont des complicités au plus haut niveau de l’appareil sécuritaire d’Etat. Dans les deux cas, les conséquences pour l’opération Serval sont de la plus haute importance.

    2) Nous payons aujourd’hui au prix fort la politique de désengagement initiée sous Jacques Chirac puis amplifiée sous Nicolas Sarkozy à savoir, fermeture de bases et abandon de ces irremplaçables implantations qui étaient nos yeux et nos oreilles.

    3) La place laissée libre par la France fut prise par les Etats-Unis qui investirent de gros moyens, notamment au Mali. Ignorant la tectonique ethno-raciale sahélienne, ils y formèrent des cadres qui désertèrent au mois de janvier 2012 et contre lesquels nos soldats sont aujourd’hui engagés.

    4) Ceux qui ont lancé la guerre contre le colonel Kadhafi étaient des irresponsables et je n’ai cessé de le dire depuis le premier jour. Outre qu’ils ont provoqué une réaction déstabilisatrice en chaîne, ils ont armé les jihadistes. Il faut en effet savoir que certaines des armes aujourd’hui utilisées contre nos soldats proviennent de nos propres arsenaux et qu’elles furent généreusement parachutées aux « démocrates » libyens chers à BHL.

    Ceci étant, quelle est la réalité de la situation ?

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  • Argentine : Ces vieux démons qui hantent le pays

    Décembre 2001. Buenos Aires se déclare en faillite sur près de 100 milliards de dollars. Onze ans après, l’Argentine continue d’en payer le prix. Banni des marchés financiers mondiaux, harcelé devant les tribunaux, le pays est de plus en plus isolé sur la scène internationale.

    Par Isabelle Couet |

    Lorsque le « Libertad » pénètre dans les eaux ghanéennes en ce jour d’octobre 2012, son destin est scellé. Le majestueux trois-mâts argentin, avec à son bord 300 marins, a renoncé à accoster au Nigeria par crainte des pirates. Mais dans le port de Tema c’est un autre adversaire qui l’attend :

    Elliott, le fonds d’investissement du milliardaire américain Paul Singer. On lui prête le nom de fonds « vautour » car, tel un charognard attiré par l’odeur du sang, il rôde autour des États et des entreprises au bord de la faillite.

    L’ennemi juré de Buenos Aires a suivi la frégate et obtenu l’accord d’un tribunal du Ghana pour la saisir. Coutumier de ces opérations musclées, Elliott a déjà tenté de s’emparer des avoirs de la Banque centrale d’Argentine aux États-Unis, et se bat devant les tribunaux français pour mettre la main sur les redevances pétrolières de la filiale de Total opérant en Terre de feu et dans le bassin du Neuquén. Son but ? Imposer son chantage à l’État argentin, qui refuse de le rembourser, à la suite de la retentissante faillite de 2001, la plus importante de l’histoire jusqu’à celle de la Grèce en début d’année.

    Dimanche, le Tribunal international du droit de la mer a ordonné la restitution du navire. L’affaire suit son cours mais l’incident du Ghana vient rappeler à l’Argentine que, en dehors de ses frontières, le danger est partout.

    Pas vraiment une nouveauté pour un pays qui ne s’aventure plus sur les marchés de capitaux internationaux depuis onze ans, par peur d’une saisie sur ses titres de créance.

    Depuis la crise de 2001, plus de 800 poursuites ont été engagées à l’étranger et d’innombrables procès instruits sur le sol argentin. Cette année, les événements ont pris une tournure funeste.

    Le 26 octobre, l’impensable s’est en effet produit.

    La cour d’appel des États-Unis a sommé Buenos Aires de rembourser Elliott et Aurelius, un autre fonds spéculatif qui achète des actifs dont la valeur de marché a fondu. Ces deux impitoyables créanciers détiennent des emprunts argentins en droit de New York, qui ont été émis avant les opérations de restructuration de dette de 2005 et 2010, auxquelles ils n’ont pas participé.

    La justice américaine exige qu’ils soient remboursés pleinement, chaque fois que Buenos Aires honore ses paiements à l’égard des prêteurs qui ont, eux, accepté de faire des sacrifices. La somme en jeu s’élève à 1,33 milliard de dollars. Un montant trop faible pour mettre le pays à genou, mais qui a pourtant failli provoquer un défaut de paiement le 15 décembre, si l’Argentine n’avait finalement bénéficié d’un sursis. Car, pour respecter le principe d’égalité entre ses créanciers, Buenos Aires risquait tout simplement de stopper tous ses remboursements. Une menace prise au sérieux par les agences de notation. L’intrépide Cristina Kirchner n’a-t-elle pas juré qu’elle ne verserait jamais rien aux fonds « vautours » ?

    « Aussi longtemps que je serai présidente, ils pourront garder la frégate mais personne ne portera atteinte à la liberté, à la souveraineté et à la dignité de ce pays »,

    a déclaré avec emphase la veuve de l’ancien président Nestor Kirchner. Les plus radicaux qualifient de « crimes contre l’humanité » les agissements des fonds. Dans le camp adverse, on invoque plus prosaïquement le respect des contrats. Argument qu’a retenu la justice américaine. Le défaut n’a pas eu lieu, mais la bataille continue. Dans ce combat homérique, l’ancien élève modèle de l’Amérique latine s’est choisi un puissant allié : le cabinet américain Cleary Gottlieb, qui s’est forgé une noble réputation en prenant la défense des États en délicatesse avec leurs créanciers.

    Ses brillants avocats, qui ont aussi œuvré à la restructuration de la dette grecque, ont influencé le droit de la dette souveraine des dernières décennies. Le cabinet épaule l’Argentine depuis le début, ce qui lui assure une confortable rente de plusieurs dizaines de millions de dollars par an, estiment des spécialistes. Mais la cuisante défaite du 26 octobre a fissuré l’idylle. Des députés argentins militent pour répudier tous les contrats avec Cleary Gottlieb.

    Malmené par les tribunaux américains, cible de plaintes devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi) – l’Argentine est citée dans 14 % des affaires en cours, impliquant entre autres EDF, Suez, Vivendi et Total – le pays est aussi de plus en plus isolé sur le plan diplomatique. La nationalisation de YPF, la filiale de la compagnie pétrolière espagnole Repsol, en mai dernier, a choqué le monde entier. Ce n’est pas un hasard si, peu de temps après, l’Union européenne a saisi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au sujet des restrictions imposées par Buenos Aires sur les importations.

    La crispation est telle que récemment, l’Espagne, les États-Unis mais aussi l’Allemagne ont voté contre l’octroi d’un prêt de 60 millions de dollars de la Banque interaméricaine de développement en faveur de l’Argentine. Le prêt a quand même pu être accordé, mais la fronde a blessé l’ardente « Reina ». « Ils s’obstinent à nous punir parce que nous sommes le mauvais exemple d’un pays qui se construit et se lève sans la tutelle de quiconque », a réagi la présidente. Plus grave, le Trésor américain menace désormais de s’opposer à l’extension des crédits de la Banque mondiale, considérant que l’Argentine ne fait pas « son devoir vis-à-vis des créanciers et ne collabore pas avec les institutions internationales ».

    La France, elle, brille par son silence. La présence de plusieurs fleurons tricolores en Argentine, comme Renault, Total, Carrefour, ou Saint-Gobain, explique sans doute la réticence de Paris à hausser le ton, en dépit des promesses non tenues, comme le projet de TGV d’Alstom. A y regarder de plus près, l’attitude de la France est néanmoins ambiguë. Plusieurs groupes hexagonaux, à l’instar de BNP Paribas, se sont dressés contre Buenos Aires à la suite de la faillite de 2001 et n’ont rendu les armes qu’en 2010, lors de la deuxième opération d’effacement de dette.

    Quant au Club de Paris, cette association des pays créanciers les plus riches, présidée par le directeur du Trésor français, il n’a toujours pas renoncé à se faire rembourser son prêt d’environ 8 milliards d’euros. Les annonces de renégociation se succèdent depuis des années, mais les statuts du Club de Paris l’empêchent de procéder à un abandon de créances sans une intervention du Fonds monétaire international (FMI). Ce que Buenos Aires refuse catégoriquement. Car, entre le FMI et son ancien favori, les relations sont glaciales. La rupture remonte à 2001, mais les motifs de querelle sont sans fin. Dernier en date : les statistiques officielles.

    Le FMI a tapé du poing pour obtenir des chiffres d’inflation réalistes. « [L'Argentine] a un carton jaune et a trois mois pour éviter le carton rouge », a asséné Christine Lagarde, la directrice du Fonds, en septembre. Piquée au vif, la présidente argentine a eu ce trait mordant : « Nous ne sommes pas une équipe de football. Nous sommes une nation souveraine. Et la crise économique n’est pas un jeu[…]. Quant à parler de sport, il est clair que le président de la Fifa conduit sa mission de bien meilleure manière que les principaux dirigeants du FMI. » Le pays, dont l’orgueil a toujours irrité ses voisins, a-t-il les moyens de faire le vide autour de lui ? L’Argentine, qui a sombré dans la crise à la suite de deux chocs successifs à la fin des années 1990 – la crise russe et la dévaluation du réal brésilien -, avait un temps réussi à redresser la barre.

    Mais cette époque est révolue. Le modèle de croissance qui prévalait jusqu’en 2005-2007 s’est essoufflé. Plus de marges budgétaires, une banque centrale pillée par l’État, une inflation qui s’envole au-dessus de 20 % (contre 10 % selon les données officielles), érodant la compétitivité du pays et étouffant le peuple, encore traumatisé par le « corralito » (le gel des retraits bancaires)… « L’économie a fortement décéléré en 2012 en raison de l’interventionnisme de l’État […]. Les récentes manifestations montrent que la population est mécontente à plusieurs titres : l’inflation élevée, les contrôles des changes très durs, des infrastructures qui se délitent et la corruption », pointe Fitch. Dans ce contexte, les entreprises souffrent d’un accès difficile aux capitaux. « L’Argentine a de grandes ambitions dans le secteur de l’énergie, mais elle ne peut pas s’autofinancer ; il faut qu’elle change d’attitude pour attirer des flux d’investissement », tranche un observateur.

    Onze ans après sa faillite, l’option que proposait l’Argentine, en s’émancipant du joug du FMI, ne fait plus rêver. La Grèce, dont les Européens redoutaient qu’elle ne suive l’exemple argentin, a choisi une autre voie. Athènes n’avait de toute façon pas les atouts du pays d’Amérique latine, notamment ses richesses naturelles. Une dévaluation consécutive à une sortie de l’euro – comparable à la fin du régime de taux de change fixe entre le peso argentin et le billet vert – aurait été une catastrophe pour son économie, même en établissant des contrôles de capitaux.

    Quant à l’effacement de dette, il a été savamment pensé pour éviter les écueils argentins. Les avocats-conseils ont cette fois étroitement serré les mailles du filet afin que des hordes de créanciers n’échappent pas à la restructuration. « Le cas argentin illustre comment tout faire de travers. Une décennie plus tard, le pays n’a toujours pas pu revenir sur les marchés internationaux et est plongé dans le pire imbroglio juridique qu’un Etat ait connu, confie Mitu Gulati, éminent spécialiste de la dette souveraine. Par contraste, la Grèce a sans doute procédé à la restructuration de dette la plus brutale de l’histoire et s’en est sortie relativement indemne. »

    Les Échos  http://fortune.fdesouche.com

  • CRISE FINANCIÈRE De Ponzi au scandale Madoff (archive 2009)

    Le naufrage - à 50 milliards de dollars - du célèbre courtier américain Bernard Madoff plonge le monde économique dans la stupeur. Et si le système financier lui-même était une vaste escroquerie...
    Le prix Nobel a rendu les armes. Paul Krugman, professeur d'économie à l'université de Princeton, analyste de la mondialisation, homme de rigueur, qui a éduqué des générations d'étudiants dans la croyance que l'économie obéit à des lois rationnelles, même si elles peuvent être iniques, a jeté l'éponge devant le dernier scandale de la finance. « Le monde est devenu fou, il est devenu Madoff » : voici comment il conclut son éditorial du 22 décembre 2008 dans le New York Times.
    Les Madoff hantent l’économie mondiale
    La découverte de l'escroquerie gigantesque - d'un montant approchant les 50 milliards de dollars - organisée par l'une des figures de proue de Wall Street, porte en effet un nouveau coup à l'édifice, déjà bien fragilisé, de la finance. Bernard Madoff, gestionnaire renommé de sociétés de courtage et ancien patron de l'indice Nasdaq, proposait à ses clients fortunés de lui confier leurs capitaux en échange de rendements hors du commun - parfois jusqu'à 20 %. Mais, la crise financière a brutalement dévoilé le pot aux roses, de nombreux clients, rattrapés par les mauvais résultats de la Bourse, réclamant le retrait de leurs fonds. Ces opérations se montaient à près de 7 milliards de dollars, somme que Madoff était incapable de fournir, puisqu’il payait, depuis des années, ses rendements énormes en puisant simplement dans les dépôts de ses nouveaux clients.
    « À quel point l'histoire de Madoff est-elle différente de celle de la finance dans son entier ? » poursuit Paul Krugman dans son éditorial, doutant de la validité de l'ensemble du système. La réponse est à la fois simple et tragique : il n'y a aucune différence et la prééminence de la rapacité sur la raison est une véritable constante. Il est évident que les Madoff hantent l'économie mondiale depuis longtemps. Pour preuve, reconnaissant pour la première fois que son entreprise ne reposait que sur du mensonge, le financier de Wall Street a, selon le New York Times, tout de suite donné la clé de son système : « Pour résumer, c’était un système de Ponzi. » Dit autrement, une pyramide de Ponzi, du nom de Charles Ponzi, un Italo-Américain resté dans l'histoire pour avoir escroqué des dizaines de milliers de personnes à qui il offrait des rendements intenables, en utilisant l'argent des derniers déposants.
    Tricherie
    En 1920, Charles Ponzi découvrit qu'il existait un moyen simple de faire de l'argent avec la Poste grâce au système des International Postal Reply Coupon (coupons réponses internationaux). Ces bons, servant alors à affranchir le courrier depuis n’importe quel endroit sur la planète, avaient une valeur variant selon leur pays d'achat. Du fait de l'inflation qui touchait l'Europe, un coupon acheté en Italie valait moins cher qu’aux États-Unis. En jouant sur cet écart, Ponzi réalisa des plus-values parfaitement légales. Mais, il créa alors à Boston une entreprise d'investissement, la Securities Exchange Company, et promit, grâce à sa méthode, d'offrir un taux de 50 % de retour sur investissement en quarante-cinq jours. En quelques mois, l'argent afflua par dizaines de millions de dollars. Charles Ponzi devint millionnaire et célèbre. Mais sa réussite fulgurante rendit également suspicieux. La presse calcula alors que pour pouvoir offrir les rendements promis, il fallait qu'existent 160 millions de coupons réponses internationaux. Or, seulement 27 000 étaient en circulation. Ponzi ne pouvait donc offrir de tels rendements qu’en trichant.
    Croyance et profits
    Cette histoire est devenue emblématique des fausses promesses offertes par la finance. Une "chaîne de Ponzi" repose sur la croyance que l'on va réaliser des profits inédits. Attirée en masse par les promesses financières, la clientèle accourt et les capitaux affluent, permettant de respecter l'engagement initial. Jusqu'à ce que quelqu'un crie "le roi est nu" et que la bulle spéculative explose. Dans une telle histoire, il faut un escroc et, surtout, des clients crédules. Par certains côtés, la crise des subprimes a été le résultat d'une arnaque à laquelle le monde de la finance dans son ensemble s'est laissé prendre en croyant qu'il était possible de construire des produits financiers sans risque sur la base des crédits immobiliers des ménages américains pauvres.
    PATRICE MALLET L’ACTION FRANÇAISE 2000 du 15 janvier au 4 février 2009

  • Coordination pour la souveraineté de la Syrie et contre l’ingérence étrangère

    Une coordination d’associations françaises anti-impérialistes vient de se constituer à Paris pour s’opposer à l’intervention française en Syrie. Dans son manifeste, elle affirme son attachement au « droit inaliénable du peuple syrien à donner lui-même une solution nationale et souveraine à la crise » et souligne l’identité du combat pour la souveraineté de la Syrie et pour celle de la France. Le Réseau Voltaire France s'associe résolument à cette initiative essentielle.

    Depuis près de deux ans, la Syrie souveraine, est l’objet d’une agression extérieure.

    Cette guerre pour le contrôle du pétrole et du gaz ainsi que pour des objectifs géopolitiques, est initiée par l’impérialisme, les gouvernements des États-Unis et Israël avec leurs auxiliaires occidentaux, alliés aux forces les plus rétrogrades de l’islam, takfiriste et wahhabiste, s’appuyant sur les factions dominantes des États esclavagistes du Qatar et de l’Arabie saoudite. Ceux-ci financent et soutiennent les mercenaires terroristes qu’ils introduisent notamment depuis la Turquie et par dizaines de milliers en Syrie, pour semer mort et désolation.

    Dans cette coalition qui entend susciter une guerre civile de nature interconfessionnelle, la France officielle joue un rôle particulièrement belliciste, symbolisé par les déclarations provocatrices de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères de notre pays.

    Dans le contexte contradictoire du « Printemps arabe » dont les aspirations légitimes ont été dévoyées par la manipulation occidentale, un mouvement populaire est apparu en Syrie développant des revendications pour plus de libertés démocratiques et dénonçant même l’essor de l’influence néolibérale du FMI qui entravait toujours plus, le progrès économique et social. Les revendications démocratiques ont été depuis largement acceptées sous l’impulsion du Président el-Assad, y compris l’abolition de l’état d’urgence.

    Très vite ce mouvement pacifique a été supplanté par la violence armée au service de l’étranger. La crise est essentiellement devenue militaire. Elle a été prise en main par les pays de l’OTAN, du Qatar et de l’Arabie saoudite qui ont financé des mercenaires qui ont massivement entrepris d’envahir la Syrie. L’intervention étrangère présente dès le début de la crise en est devenu l’élément dominant.

    L’ingérence étrangère systématique crée un risque d’extension et de généralisation régionale du conflit pouvant conduire à une guerre contre l’Iran, et une généralisation du conflit avec la Russie et la Chine visées à travers l’aventure syrienne.

    Cette politique est en contradiction fondamentale avec la stratégie équilibrée que représentait la politique arabe de la France conçue par le Général De Gaulle. Les dirigeants occidentaux, dont ceux de France, fournissent des aides multiples aux mercenaires étrangers, notamment des armes qui tombent nécessairement aux mains des forces d’Al-Qaïda .

    Elle est en outre contraire à tous les usages diplomatiques qui veulent qu’on ne prononce pas de jugement irrévocable sur une situation et qu’on respecte les positions des autres puissances même si on ne les partage pas. Les déclarations bassement injurieuses sur les dirigeants syriens et russes sont indignes et entachent le renom de la France dans le monde.

    Une solution négociée de la crise paraît aujourd’hui possible grâce à la médiation russe et aux pressions de certaines forces réalistes étasuniennes. Dans ce cas, notre diplomatie se sera mise d’elle-même même dans une impasse qui l’empêchera de peser sur le règlement.

    Au lieu de prendre part, avec ou sans réticences, à des aventures qui peuvent conduire au pire, une France digne de ses valeurs républicaines devrait donner l’exemple d’une politique de détente, d’entente et de coopération et fournir à toute l’Asie du Sud-Ouest les moyens d’une paix par le développement mutuel, qui constitue l’alternative à la guerre de tous contre tous.

    Les Français sont l’objet d’une politique de désinformation systématique, massive et généralisée afin de neutraliser leurs réactions et faciliter les manœuvres bellicistes du gouvernement. La conséquence de cette véritable guerre idéologique relayée de façon contre nature, par des forces politiques et syndicales inattendues, se traduit par un développement insuffisant de la solidarité militante envers l’État–nation et le peuple de la Syrie souveraine.

    La question de savoir qui gouverne en Syrie revient au peuple syrien et à lui seul.

     

    Résidant en France, nous n’avons pas à prendre partie sur les questions intérieures à la société syrienne, mais nous nous opposons fondamentalement aux interventions extérieures.

    C’est pourquoi un groupe d’associations et de militants venus d’horizons divers ont pris l’initiative de créer une structure liaison et de coordination républicaine pour la solidarité avec la Syrie souveraine qui prend le nom de : Coordination pour la souveraineté de la Syrie et contre l’ingérence étrangère. Cette Coordination soutient le droit inaliénable du peuple syrien à donner lui-même une solution nationale et souveraine à la crise.

    L’objectif de cette coordination est de promouvoir des initiatives diverses dans cette perspective.

    Premières signatures

    Comité Valmy 
    Collectif pas en notre nom 
    Solidarité et Progrès 
    Collectif Résistance et Renouveau Gaullien 
    Réseau Voltaire France 
    Cercles des volontaires 
    Planète Non–violence 
    L’Appel Franco-Arabe 
    Association Afamia 
    Union des Patriotes Syriens

    Réseau Voltaire France (son site)

  • Tartarin de Brégançon

    Dans son film satirique Des hommes d’influence, Barry Levinson met en scène un président impopulaire qui lance son pays dans une guerre montée de toutes pièces – qui ressemble fort à celle du Kossovo – pour essayer de regagner les faveurs de l’opinion en vue des prochaines élections.
    Dans le film, le président est américain. Mais en France la réalité dépasse la fiction cinématographique ! M.G. 

    Francois Hollande est enfin populaire !

     

    Voilà en effet François Hollande, le plus impopulaire des présidents de la Ve République, saisi à son tour par la fureur guerrière : les opérations au Mali contre les « islamistes » ont opportunément été déclenchées au moment où près de 1 million de personnes descendaient dans la rue contre le mariage des homosexuels. Un pur hasard évidemment.

     

    Et puis les médias s’empressent de nous dire que depuis cette initiative, François Hollande deviendrait très populaire… à Bamako (par exemple LeMonde.fr du 15 novembre 2013), et qu’il va rebondir bientôt. Il paraît même qu’une majorité de nos concitoyens approuveraient cette intervention militaire. En particulier à Montreuil, où il y a beaucoup de… Maliens.

     

    Mais de qui se moque-t-on ?

     

    C’est une intervention ? Non : une gesticulation

     

    Sur le fond il faut sans aucun doute combattre l’islamisme. Mais encore faudrait-il le combattre aussi à Londres, à Madrid, à Toulouse, à Marseille ou en Seine-St Denis. On ne peut pas dire que les initiatives des socialistes aillent dans ce sens.

     

    Et puis cette intervention au Mali ne s’attaque pas aux racines de l’islamisme ni à ses soutiens réels au Pakistan ou dans les pétro-monarchies, par exemple, que l’on ne cesse au contraire de courtiser. Sans parler de l’effet des révolutions arabes sur la promotion d’un islam radical. Il faut redouter malheureusement que cette intervention militaire ne soit qu’une tartarinade de peu d’effet durable.

     

    En outre, les gesticulations militaires françaises au quatre coins du monde masquent le piètre état réel des forces armées françaises et la nullité de la prétendue défense européenne.

     

    La France fait croire qu’elle joue encore dans la cour des grands, alors qu’elle engage en réalité une très grande part de ses maigres ressources militaires dans des opérations à l’utilité stratégique douteuse, voire, dans le cas du Kossovo, à la nocivité certaine. Nos avions de transport sont à bout de souffle. En Afghanistan, au début, nos militaires achetaient des téléphones portables pour communiquer : plus efficaces que les moyens militaires ! Et les opérations aériennes en Libye ont vite épuisé notre stock de missiles. Sans parler du choc auquel sont confrontés nos matériels et nos soldats, propulsés dans une vraie guerre face à de vrais combattants : dur apprentissage, comme en attestent, hélas, le nombre de nos morts.

     

    Mais en réalité tout cela importe peu aux politiciens.

     

    Honni soit qui Mali pense !

     

    Comme disait Tocqueville dans une formule célèbre, « Les démocraties ne règlent guère les questions du dehors que pour les raisons du dedans. »

     

    En France les mauvaises nouvelles s’accumulent et l’image du gouvernement et du président socialistes ne cesse de se dégrader. Elle atteint un niveau de défiance inégalé sous la Ve République. Le projet de mariage homosexuel a en outre dressé la France réelle contre l’oligarchie. Et ce n’est pas fini car la crise économique continue et plus rien ne marche vraiment dans notre pays.

     

    Ces opérations viennent à point nommé pour détourner l’attention sur une réalité française peu brillante et pour faire croire aux Français qu’ils ont encore un chef d’Etat.
    Comme dans le film de Barry Levinson, nos stratèges en communication ont sans doute pensé qu’en faisant voler une fois encore nos Mirages et nos Rafales, nos gouvernants auraient quelque répit bienvenu.
    Certains rêvent même d’une union nationale autour de Flanby, devenu dieu de la guerre. Il suffit de voir les premières pages du Monde, de Libération ou du Parisien, ou d’écouter la télévision ces derniers jours, pour comprendre quel jeu cynique certains jouent.

     

    Mais ils prennent leurs désirs pour des réalités. Le Mali passera comme le reste : mais le chômage, les petits boulots précaires, les impôts, la délinquance, l’immigration, les initiatives « sociétales » farfelues de nos édiles ne passeront pas mieux.

     

    Le Monde écrit : « L’offensive française sauve un pouvoir en pleine déroute » (leMonde.fr du 15 janvier 2013), mais, hélas, pas au second degré : le journal évoque le Mali, pas le gouvernement français…

     

    Michel Geoffroy , 15/01/2013

     

    Correspondance Polémia – 17/01/2013

  • Entre 3 et 6 millions d’illétrés, cette maladie qui ronge la société française(archive 1991)

    De récents sondages, d'origines différentes, tendent à prouver qu'en France il existe, selon les uns trois millions, selon les autres six millions de personnes qui ne savent pratiquement pas lire, ou écrire, sinon ni lire ni écrire. Ces chiffres paraissent énormes; pourtant, ils sont peut-être inférieurs à la réalité. Il semble, en effet, difficile de recenser les victimes de cette maladie nouvelle, qu'on nomme illettrisme pour marquer une nuance avec sa « cousine germaine » l'analphabétisme. On ne peut qu'enregistrer les progrès du phénomène et en discerner les causes. L'illettrisme, qui apparaît comme un retour en arrière de la société, est paradoxalement le résultat des techniques modernes, lesquelles supposent pourtant une bonne maîtrise de l'écrit.
    Six septembre dernier, à Genève, Federico Mayor, directeur général de l'Unesco, monte à la tribune pour ouvrir la Conférence internationale de l'éducation et déclare:
    - Le nombre d'analphabètes continue de croître. De quelque 700 millions en 1960, il est passé en 1990 à 948 millions.
    Dans la voix du directeur général, perce la crainte que ce nombre n'atteigne le milliard en l'an 2000. Impressionné par ce cri d'alarme, Laurent Mossu, correspondant du Figaro en Suisse, enquête auprès des spécialistes de la question et confirme :
    « Près d' un milliard de personnes restent en marge de la connaissance. Cela signifie que plus d'un quart de la population adulte ne sait ni lire ni écrire. Plus de cent millions d'enfants en âge de fréquenter l'école primaire n'y vont jamais. Des dizaines de millions d'autres abandonnent leurs études avant la fin du cycle primaire, souvent même sans atteindre la troisième, voire la seconde année. Et l'inégalité est frappante entre les sexes, puisque le taux d'analphabétisme dans la population masculine est estimé à 19,4 % pour l'ensemble du monde, contre 33,6 % pour les femmes. »
    ANALPHABÈTES, OU ILLETTRÉS ?
    Pour ceux qui, par confort intellectuel, tendraient à croire que le fléau frappe uniquement des contrées pas encore entièrement touchées par les bienfaits de la civilisation et la culture de la société de consommation, Laurent Mossu disperse l'illusion :
    « Les pays industrialisés ont longtemps nié l'existence de l'illettrisme dans leur société, réputée trop avancée pour sécréter semblable fléau. Et, pourtant, en 1990, il y aurait environ 32 millions d'analphabètes, ce qui représente 3,3 % des individus de plus de quinze ans dans le monde. »
    Sur sa lancée, le journaliste fournit des précisions qui cernent le problème dans notre Occident
    « Aux Etats-Unis, les chiffres publiés vont de 5 à 25 %. Une enquête effectuée récemment au Canada montre que 25 % des adultes éprouvent de grosses difficultés à lire et à écrire. En France, il y aurait entre 2 et 8 millions d'analphabètes. »
    Pour ce qui concerne notre pays, l'énorme fourchette trahit l'inévitable imprécision des évaluations, mais il est à craindre que la dernière estimation soit la plus vraie. En revanche, si l'on se réfère au langage officiel en vigueur, le terme «analphabètes» se révèle impropre. C'est d'«illettrés», qu'il convient de parler. Lorsqu'il prend, en 1987, la présidence du Groupe Permanent de Lutte contre l'Illettrisme (GPLI), François Bayrou, député CDS, précise la nuance à un reporter du Point :
    « Les sociologues, sans beaucoup de respect pour l'étymologie, ont spécialisé les mots «illettré»  et «analphabète». Un analphabète, c'est quelqu'un qui n'a jamais appris à lire et à écrire. L'iIIettré, lui, maîtrise mal l'écrit, ne parvient pas à s'en servir comme d'un instrument normal de communication. Il peut, par exemple, signer; mais il ne pourra pas comprendre un texte simple, ou répondre par écrit à un questionnaire, remplir un imprimé. Peut-être n' a-t-il jamais su. Peut-être - c'est plus probable - a-t-il oublié, a-t-il, avec le temps, perdu cette faculté. »
    UN PROBLÈME RÉVÉLÉ PAR L'ARMÉE
    François Bayrou ne cherche pas à noircir le tableau mais souhaite attirer l'attention sur les conséquences du fait :
    « L'illettré vie avec un handicap qui devient plus grave chaque jour. Car cette société, au contraire de ce qu' on dit parfois, est de plus en plus la société de l'écrit. Regardez, par exemple, la révolution informatique, qui s'introduit dans tous les postes de travail et repose entièrement sur l'écrit. L'illettré est donc de plus en plus marginalisé, repoussé loin de toute insertion professionnelle, sociale et souvent civique. »
    Bien que la gravité de la situation fût perçue depuis longtemps dans d'autres pays, bien que l'urgence de tenter d'enrayer le mal fût évidente chez nous, il y a moins d'une décennie que les pouvoirs publics français en ont pris conscience. Un document officiel démontre leur lacune : l'enquête du Parlement européen demandant à chaque pays membre de la communauté combien il comptait d'illettrés.
    C'était en 1979. À cette époque, deux hommes veillaient sur les destinées de la France : M. Valéry Giscard d'Estaing présidait la République et se targuait d'écrire sur Flaubert ; M. Raymond Barre limitait les appétits de sa rondeur au fauteuil de Premier ministre et tâchait d' adapter les problèmes de l'heure à ses théories de professeur d'économie politique. Leurs adversaires accusaient M. Giscard d'Estaing de morgue et M. Barre de suffisance, leurs ministres et leurs fonctionnaires craignaient que de telles assertions ne fussent pas totalement calomnieuses ; aussi nul ne courait le risque de parler d'illettrisme à ces deux intellectuels qui, d'ailleurs, eussent pu le confondre avec le Lettrisme, école poétique du temps de leur jeunesse, prônant la priorité du son sur les mots et lancée à la fin des années 40 par leur contemporain Isidore Isou. Rien d'étonnant donc qu'à l'enquête du Parlement européen, la réponse officielle de la France fût :
    - Aucun !
    Sans doute la prudence commande-telle de douter parfois de la parole des technocrates qui nous gouvernent, car à l'aube des années 80, le ministère de la Défense s'inquiète devant la répétition d'un phénomène : sur les 400 000 recrues environ de chaque contingent, régulièrement près de 30 000 éprouvent de telles difficultés devant l'écriture et même la lecture, qu'il ne paraît pas abusif de les classer parmi les illettrés. Le Groupe Permanent de Lutte contre l'Illettrisme fondé en 1984, par Pierre Mauroy, prend alors corps et l'Insee (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques) lâche ses enquêteurs.
    20 A 25 % DES FRANÇAIS SERAIENT CONCERNÉS
    Des sondages sont effectués au cours de l'hiver 86-87. Voici leur résultat : « Selon l'Insee, 3,3 millions d'adultes vivant en France sur un total de 37 millions - soit un peu plus de 9% - ont de graves difficultés à lire, écrire ou parler le Français, 400 000 d'entre eux cumulant l'incapacité de lire et d'écrire. »
    Le Figaro assortit la publication de ce score d'un commentaire « L'étude de l'Insee différencie population née en France et immigrés, concernés de manière différente. En chiffres, la première est la plus fortement touchée : 1,9 million contre 1,4 million pour les immigrés. Mais en pourcentage, 31% de cette population d'origine étrangère - estimée globalement à 4 600 000 individus - est touchée par l'une ou l'autre de ces incapacités majeures, contre 6% des nationaux. Parmi les illettrés adultes nés en France, une faible partie - 205 800 - ne sait pas lire ou a du mal à écrire, en ayant perdu l'habitude, mais il s'agit en général de personnes n'ayant jamais été scolarisées. »
    Le 27 octobre 1988. Le Monde, sous la signature de Philippe Bernard, fait état de son côté d'une autre enquête, menée par le Groupe Permanent de Lune contre l'Illettrisme :
    « L'étude du GPLI distingue trois degrés d'illettrisme 2,2 millions de personnes, soit 5,3% de la population adulte, éprouvent de très sérieuses difficultés à la fois pour lire et écrire, Elles sont incapables de lire une offre d'emploi, de rédiger un curriculum vitae, ou une note manuscrite simple.
    Ce noyau dur de l'illettrisme se recrute surtout parmi les personnes âgées ; il est constitué à 47,4% de plus de soixante quatre ans.
    « D'autre part, 4% de la population adulte maîtrisent mal la lecture uniquement. Ces personnes sont incapables de comprendre un texte simple, même lu à haute voix.
    Enfin, 11,5% de la population adulte éprouvent des difficultés à l'écriture seulement. Ces personnes ne parviennent presque pas à former des lettres ou font un nombre de fautes tel (plus d'une faute sur trois mots) que la phrase ne peut être comprise par quelqu'un qui n'en avait pas une connaissance préalable, Si les difficultés d'écriture diminuent avec l'âge, elles sont légèrement plus importantes chez les plus jeunes : les dix-huit/vingt-quatre ans sont plus nombreux (10,6%) que les vingt-cinq/quarante-neuf ans (8,4%) à mal écrire, alors qu'ils maîtrisent convenablement la lecture.
    Au total, l'ensemble des formes d'illettrisme toucherait, selon l'enquête, plus d'un adulte sur cinq. »
    Toujours en 1988, Jean-Pierre Vélis, ancien rédacteur en chef adjoint de la revue l'Education, publie aux Editions du Seuil un essai percutant : La France illettrée, L'auteur présente son livre comme un plaidoyer au nom des silencieux par manque d'instruction, mais à force de détails son analyse des mécanismes du système tient du réquisitoire. Sur le nombre des personnes atteintes en France d'illettrisme, Jean-Pierre Vélis se montre prudent, tout en approchant les estimations des sondages :
    « Le chiffre exact, dit-il, est inconnu, car les illettrés se cachent souvent par honte et leur nombre dépend du critère retenu. Pour ma part, je classe parmi les illettrés les personnes qui ont des difficultés pour remplir un formulaire administratif, déchiffrer un plan d'autobus, remplir un chèque, comprendre une note de téléphone, décrypter une offre d'emploi, etc. Avec ces critères, l'Armée estime à 15 ou 20% la proportion des recrues du contingent ayant des difficultés de lecture-écriture. L'Education nationale évalue de 20 à 25 % la part des élèves qui entrent en classe de sixième avec ces mêmes difficultés. Grosso modo, ce sont donc 20 à 25% des Français qui, à des degrés divers, sont concernés. »
    LES JEUNES DÉSAPPRENNENT A LIRE
    Sur le point essentiel des élèves de sixième, Jean-Pierre Vélis se voit rejoint par Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Enseignement dans le gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac :
    « Cinquante pour cent des enfants qui entrent en sixième connaissent des difficultés en français et en calcul. Près de 25% ont des problèmes plus graves, notamment en lecture ; ils ne lisent pas à une vitesse normale et ne comprennent pas bien ce qu'ils lisent. L'explication de ces statistiques inquiétantes ne peut être simple. Certaines causes tiennent à la rigidité du système et particulièrement au caractère par trop uniforme et non personnalisé de l'enseignement. Pour la maîtrise de la langue, on constate que le temps consacré au français à l'école primaire a baissé, depuis 1945, de 33,3 % ; l'équivalent de quatre heures par semaine. »
    EN 1914, 35 % DES CONSCRITS ÉTAIENT ANALPHABÈTES
    Dans le même numéro de l'Evénement du Jeudi, Jean-Pierre Chevènement, futur ministre de la Défense et à l'époque ancien ministre de l'Enseignement du gouvernement précédant celui de Jacques Chirac, donne un avis, en partie assez proche de celui de Michèle Alliot-Marie dans la recherche des causes de l'illettrisme :
    « Bien que le niveau intellectuel des jeunes Français ait globalement augmenté depuis vingt ans, comme l'a récemment montré une enquête de l'Insee, il est de fait aujourd'hui qu'un certain nombre de jeunes qui ont pourtant appris à lire à l'école perdent cette capacité. Pourquoi ? Sans doute parce que leur apprentissage a été insuffisant. Il ne faut pas se le cacher, l'accent n'a pas été mis sur la maîtrise de la lecture à l'école... Et puis, il y a dans l'illettrisme la manifestation d'une non-insertion sociale, Les illettrés d'aujourd'hui sont souvent des jeunes au chômage et qui n'ont connu que cela. Ils ont désappris parce qu'en fait, ils n'ont jamais eu à utiliser ce qu'ils avaient appris. Ici la solution est plus globale, c'est la nécessité de lutter contre le chômage en utilisant tous les moyens disponibles. »
    Lorsqu'il s'entretient avec Pierre-Yves Le Priol, de La Croix, Jean-Pierre Vélis, qui demeure le spécialiste numéro un de l'illettrisme, semble à la fois ne partager qu'à moitié les points de vue des deux ministres et entendre aller plus loin qu'eux dans l'étude des responsabilités :
    « Contrairement à une idée reçue, l'Education nationale n'est pas si mauvaise. Il existe seulement une course de vitesse entre les prestations qu'elle offre et les besoins dus au développement technologique. La France a connu une réelle démocratisation de l'enseignement en 1914. 35% des conscrits étaient analphabètes. Ces gens pourraient s'insérer facilement dans les emplois sans qualification, emplois de plus en plus rares aujourd'hui. »
    Ce rappel de facilités révolues - et ce depuis à peine un quart de siècle - l'amène à constater :
    « Plus que la responsabilité de l'Ecole, c'est l'étroite corrélation entre l'origine sociale et l'illettrisme qui choque. On est plus facilement illettré dans un milieu social marginalisé où l'écrit est absent, où les parents eux-mêmes sont souvent illettrés et ne peuvent soutenir la scolarité de leurs enfants. D'ailleurs, le récit des illettrés est toujours le même : issus des milieux les plus pauvres, ils ont été isolés dans un coin de la classe, marginalisés dès l'année essentielle du cours préparatoire, puis expédiés vers des filières d'exclusion (CCPN, SES, CPA, etc). Là, ils se bloquent psychologiquement dans un refus de l'école et du savoir, ils revendiquent cette différence que donne une identité ; il est plus valorisant pour eux d'être un cas dans l'univers des illettrés qu'un nul dans l'univers des lettrés. »
    BEAUCOUP NE SAVENT MÊME PAS LIRE UN BULLETIN DE VOTE
    Certes, ces propos mettent l'accent sur une interprétation personnelle, et parole de saint laïque n'est pas toujours parole d'Evangile, mais ils n'en valaient pas moins d'être cités. De même que ce que répond Jean-Pierre Vélis quand on lui demande si la lecture va devenir moins indispensable en raison de « l'explosion audiovisuelle » :
    « Non, c'est là une contre-vérité. Lire et écrire, ce n'est pas seulement faire "b-a ba", c'est accéder à des mécanismes mentaux. Tant qu'il n'a pas acquis ces mécanismes, l'illettré reste sur le sable. Même une émission de télévision a été préalablement "écrite" par son producteur : Ne pas savoir lire, c'est peut-être savoir consommer de l'image, mais ce ne sera jamais devenir créateur : »
    La télévision, dans le procès de l'illettrisme, Guy Bayet, ancien président de la société des agrégés, la mettrait volontiers en accusation :
    « Elle ne constitue pas un bon moyen pour apprendre la lecture, et il est consternant de voir sur les écrans des fautes d'orthographe comme, par exemple, "Pyrénées" avec deux "n" durant tel bulletin météorologique. Surtout, l'on ne sait plus étudier en silence, on travaille souvent sur fond sonore ou audiovisuel, ce qui provoque un très gros taux d'inattention.»
    D'autres soutiennent que la télévision ne participe guère aux progrès de l'illettrisme car, affirment-ils, pour comprendre vraiment ses images, il importe de connaître la lecture.
    Et l'illettrisme est-il réellement en progression ?
    Certains en doutent. Tel Christian Baudelot, professeur de sociologie à l'université de Nantes, qui confie ses réserves à Hervé de Saint-Hilaire du Figaro :
    « Les chiffres paraissent effrayants, mais il faut garder sa lucidité. Les documents de l'Armée, remarquable source d'information sur la question, prouvent que la France n'a jamais compté autant de personnes sachant lire et écrire, En 1960, 12% des conscrits étaient illettrés contre moins de 8% en 1988. Près de la moitié des illettrés ont plus de 65 ans. On n'arrête pas de lancer des cris d'alarme à tord et à travers, sans prendre la peine d'analyser les statistiques. Un exemple : un enfant sur cinq, nous dit-on, qui entre en sixième ne lit pas couramment. Mais on oublie de préciser qu'il y a aujourd'hui dix fois plus d'enfants de dix ans sachant lire qu'il y a cinquante ans. A titre de comparaison, en 1880, 85% de la population n'avaient pas de certificat d'études. » Christian Baudelot poursuit : « Autres chiffres : en 1945, 4% seulement des représentants d'une classe d'âge donnée étaient titulaires du baccalauréat contre 31% des personnes nées en 1965 et après. Je suis désolé, mais on ne peut parler d'augmentation de l'illettrisme en France. Quant aux analphabètes, ils représentent environ 0,5% de la population. Il faut cesser de dire n'importe quoi. Reste que l'illettrisme est un phénomène scandaleux. »
    Peut-être Christian Baudelot réduit-il un peu trop sa portée. Peut-être aussi certains ont-ils intérêt à la gonfler, Beaucoup d'illettrés, assure-t-on, ne savent même pas lire un bulletin de vote. Mais si quelqu'un leur conseille d'offrir leurs suffrages à un ami qui leur veut du bien ? Ne suffirait-il pas alors d'indiquer la couleur ?
    Sur ce point, si la question lui était ou s'il se la posait, quelle pourrait être l'opinion de M. Lionel Jospin, notre pittoresque ministre de l'Education nationale, qui proposa un jour de réserver aux illettrés 10% des stages de formation professionnelle ?
    • Luc Lanvin :  le Choc du Mois. Janvier 1991

  • Politiques d’austérité : Tout était déjà écrit par l’OCDE… dès 1996

    Un rapport au contenu stupéfiant a été rédigé en 1996 par le Centre de Développement de l’ auquel adhèrent la France et la grande majorité des pays dits du « Nord », « occidentalisés », mais surtout actuellement « ensablés »

    Le Centre de Développement a pour objectif  dans ses activités de recherche, « d’identifier et d’analyser les problèmes qui vont se poser à moyen terme, dont les implications concernent aussi bien les pays Membres de l’OCDE que les pays non membres, et d’en dégager des lignes d’action pour faciliter l’élaboration de politiques adéquates ».

    Le titre de ce rapport est « la faisabilité politique de l’ », autrement dit comment faire en sorte que les décisions difficiles à supporter pour le peuple ne créent pas de troubles et n’empêchent pas les réélections de ceux qui les ont prises.

    Autant vous dire que ce rapport est édifiant et d’un cynisme absolu. Dans ce rapport, pudiquement appelé Cahier N°13, l’auteur, M. Morrisson explique quelles sont les meilleures stratégies pour que les décisions qui seront forcément impopulaires  en raison d’une « passent bien ou mieux », au cas ou TINA (There Is No Alternative) ne serait pas assez convaincante.

    L’auteur, a la délicatesse d’illustrer et/ou d’argumenter ces stratégies par ce qui s’est fait dans certains pays avec ou sans succès.

    Florilège:

    - « Les cinq études par pays du Centre de Développement confirment l’intérêt politique de certaines mesures de stabilisation : une politique monétaire restrictive, des coupures brutales de l’investissement public ou une réduction des dépenses de fonctionnement ne font prendre aucun risque à un gouvernement. »

    - « Les coupures dans les budgets d’investissement ne suscitent habituellement aucune réaction, même lorsqu’elles sont très sévères. »

    - « La libéralisation des échanges — une mesure recommandée avec insistance par la — illustre ces réactions opposées dont le gouvernement peut tirer parti. Certes, il existe toujours un front protectionniste assez large et puissant, même s’il est hétérogène. Il rassemble les industriels des secteurs protégés (et leurs salariés), les hauts fonctionnaires qui veulent garder leur pouvoir (sans parler des cas de corruption que permet l’octroi de licences d’importation), les syndicats et les partis de gauche, les partis marxistes étant les plus opposés et, dans certains pays, les partis nationalistes pour lesquels l’importation de certains biens est synonyme d’occidentalisation.

    A l’opposé, le gouvernement est soutenu par ceux qui bénéficient de la libéralisation : les industriels exportateurs, les agriculteurs, les artisans qui peuvent s’approvisionner plus facilement et moins cher et enfin les consommateurs. L’histoire des politiques de libéralisation confirme ces résistances mais montre qu’elles ne sont pas dangereuses au point de remettre en question l’ouverture. »

    - « La politique de libéralisation interne, pour l’agriculture ou le secteur financier, ne suscite pas non plus d’opposition politique très forte »

    - « Ainsi, toute politique qui affaiblirait ces corporatismes (syndicats par exemple) serait souhaitable : d’un point de vue économique, cela éliminerait des entraves à la croissance et, politiquement, le gouvernement gagnerait une liberté d’action qui peut lui être précieuse en période d’ajustement »

    - « Il est possible aussi d’atténuer l’impact d’une hausse de prix par des distributions de denrées alimentaires pour rémunérer la main-d’œuvre embauchée sur les chantiers des travaux publics. Enfin, il ne faut jamais augmenter les prix à des moments difficiles pour les ménages, comme les fins de mois ou les fêtes religieuses »

    - « Après cette description des mesures risquées, on peut, à l’inverse, recommander de nombreuses mesures qui ne créent aucune difficulté politique. Pour réduire le déficit budgétaire, une réduction très importante des investissements publics ou une diminution des dépenses de fonctionnement ne comportent pas de risque politique. Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse.

    On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population. » [...] Et il y en a comme ça 42 pages.

    Ah oui, veuillez désormais parler s’il vous plaît d’ajustement. Non pas de licenciement abusif, d’exploitation, de bas salaires, de mutations forcées, de baisse de qualité de service, de baisse ou blocage de salaire,… Mais d’ A-JUS-TE-MENT.

    Rendons grâce à M Morrisson cependant qui écrit dans son cahier: « L’intérêt politique de ces mesures ne signifie pas qu’elles sont les plus « rationnelles ou les plus justes » [...]

    Petite précision tout de même au bénéfice de L’OCDE qui prend soin de préciser en tête du rapport cahier: « LES IDÉES EXPRIMÉES ET LES ARGUMENTS AVANCÉS DANS CETTE PUBLICATION SONT CEUX DES AUTEURS ET NE REFLÈTENT PAS NÉCESSAIREMENT CEUX DE L’OCDE OU DES GOUVERNEMENTS DE SES PAYS MEMBRES. » Ouf, l’honneur est sauf.

    Sauf que figurez-vous, c’est ce qui est en train de se passer depuis 1996 avec une accélération depuis 2008, date du début de la crise programmée.

    Blogapares  http://fortune.fdesouche.com/

  • “Lignes rouges”: elles sont franchies depuis longtemps

    Aux dernières nouvelles, le gouvernement Ayrault se proclame toujours « socialiste »…ce qui ne l’empêche pas, bien au contraire,  d’accepter que notre pays passe sous les fourches caudines du Fonds Monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE). Un gouvernement qui n’a pas réagi au rapport délivré par le Français Olivier Blanchard, économiste en chef du FMI. Il y explique que nos crânes d’œufs euromondialistes se sont totalement trompés en imposant une austérité terrible aux Européens. Et qu’ils ont fait fausse route non seulement  dans l’évaluation des conséquences de celle-ci, mais aussi dans l’énoncé des remèdes pour «sauver » l’euro et les pays en crise qu’ils étranglent d’une main de fer.

     En cause, un modèle mathématique utilisé par nos docteurs Folamour et qui n’a pas fonctionné. Au final, confesse le FMI,  ce n’est pas un point de  PIB en moins qu’implique 1% d’austérité mais  3%…le triple !  D’après Olivier Blanchard, les experts du Fonds Monétaire international ont « oublié » de tenir compte de l’impact psychologique des mesures d’austérité.  En clair ils ont  négligé  le fait  qu’au bout de la chaîne des décisions il existe des êtres de chair et de sang…

     Comme le constate ici Bruno Gollnisch, que le facteur humain soit  totalement occulté et passé à la trappe, négligé par une technocratie désincarnée, au service d’un projet constructiviste qui ne l’est pas moins, est un  symbole  aussi terrible que révélateur.

     Certes,  les Français étaient prévenus et nous pouvons aussi faire confiance à François Hollande et à ses ministres  quand ils évoquent,  plus ou moins franchement,  une baisse considérable du pouvoir d’achat des Français avec une augmentation  très conséquente du prix du gaz, de l’électricité, des transports et plus de 20 milliards d’euros supplémentaires de prélèvements obligatoires.

     Parallèlement, notre pays connaît, connaîtra  une inflation certainement plus du double que celle officiellement annoncée (2 %). En conséquence de quoi   les ménages seront encore ponctionnées de près de 15 milliards d’euros, ce qui entraînera mécaniquement une baisse de la consommation et une diminution …des recettes fiscales.

     Pas de quoi enrayer la machine à mensonge socialiste comme nous l’avons de nouveau constaté ces dernières heures à l’écoute des éléments de langage concoctés par les communicants de l’Elysée et de Matignon. Il s’agit de  rassurer le bon peuple autour de l’annonce de la suppression de 7 500 postes de travail chez Renault.

     Le gouvernement estime que les « lignes rouges »- pas de plan social, pas de licenciements, pas de fermetures de sites- n’ont pas été franchies. Najat Vallaud-Belkacem porte-parole du gouvernement et Arnaud Montebourg ministre dit  du Redressement productif, l’ont martelé à qui voulait l’entendre.

    Le site de L’Expansion  cite  un responsable de  la CFE-CGCJacques Mazzolini qui évoque  le chantage auquel se livre la marque au losange –dont l’Etat siège toujours au Conseil d’administration restant actionnaire à hauteur de 15%…-  puisque cet engagement de non fermeture est en fait conditionné à la signature d’un accord de compétitivité.

    « Carlos Ghosn, Pdg de Renault, dit bien qu’il n’y aura pas de fermeture de site si il y a des accords de compétitivité (…)Il va de soi que les constructeurs ne vont pas en rester là et vont dans le contexte actuel de crise demandé aux salariés d’être moins exigeants en matière de salaire et d’horaire pour gagner en souplesse et en compétitivité (…) »

    Et cet article de rappeler encore que  « Renault est le champion de la délocalisation (…) et que le groupe n’emploie plus que 54.000 salariés en France contre 81 0000 pour PSA (…) aujourd’hui, 44% des véhicules de PSA sont made in France, contre 25% seulement pour Renault. » 

    Il ne faudra bien évidemment pas compter sur M Montebourg,  autoproclamé défenseur du concept de relocalisation et de démondialisation lors des primaires socialistes pour inverser cette tendance – http://www.gollnisch.com/2012/07/16/fermer-ici-ouvrir-ailleurs/

    Duplicité et même acharnement contre les Français les plus modestes que l’on voit aussi à l’œuvre avec la taxe de 0,3% qui sera acquittée par les retraités  sur leurs pensions pour couvrir le risque de « dépendance » à partir du 1er avril.

     0,3% une petite piqûre indolore pourrait-on estimer, d’autant que le gouvernement a indiqué qu’il entend exposer à cette nouvelle ponction uniquement les retraités les plus riches.

     Le malaise naît rapidement si on garde à l’esprit que le « seuil de pauvreté » qui sert de référence est de 964 euros et que l’on s’aperçoit  que pour les « socialistes »,  sont considérés comme « riches » les retraités dont  la pension dépasse… les 800 euros pour une part et 1200 € pour deux parts.

     Le Bulletin d’André Noel souligne a notre avis fort justement que « ce taux de 0,3% n’est qu’un point de départ. Il permet de lever 700 millions d’euros ; or, le coût de la dépendance est évalué à plusieurs milliards d’euros. (…) Au fur et à mesure des besoins, le taux sera augmenté et les retraités d’autant plus appauvris. »

     Et de rappeler que déjà,  en 1988,  Michel Rocard, avait créé la CSG et la CRDS Pour combler le trou de la Sécurité sociale,  à un taux modeste de 2% (…). «  Le trou n’ayant cessé de prospérer, le  taux de la CSG s’élève maintenant à… 15% ! «

     Enfin il est noté que  l’accord sur la « flexibilité » qui vient d’être conclu entre trois syndicats et le patronat est « une bonne chose pour les salariés, une moins bonne pour les sociétés et une très mauvaise pour les compagnies d’assurance, les contrats-groupes étant négociés à un tarif beaucoup moindre  que les adhésions individuelles. D’où un manque à gagner qu’elles entendent bien compenser en augmentant les tarifs de  ceux qui ne sont pas couverts par une entreprise en premier lieu…les retraités »

     Désindustrialisation, délocalisation, paupérisation, matraque fiscal, diktats euromondialistes…pour les salariés, les retraités,  toutes les  catégories de  Français,  les lignes rouges sont belles et bien franchies depuis longtemps.

    http://www.gollnisch.com

  • Les islamistes et l’extermination des éléphants

    [un article inédit du journaliste Laurent Glauzy]

    « Pour financer leurs guerres, les milices islamistes dirigent la contrebande de l’ivoire.

    Cet après-midi du mois de septembre, les huit gardes-chasses de Kenia Wildlife Service se tiennent en embuscade derrière des buissons. D’après un informateur, des braconniers préparent une attaque. A l’issue de la fusillade qui dura quarante minutes, un Somalien, portant un fusil d’assaut automatique fut tué et onze autres contrebandiers furent blessés. Ainsi se déroule une journée de travail pour les gardes-chasses de Tsavo East, un des plus grands parcs du Kenya d’une superficie de 13 000 km².

    L’Afrique recense 500 000 éléphants. Mais chaque année, les islamistes en abattent dix mille, et cette tendance augmente : en 2011, les douaniers ont confisqué plus de 23 tonnes de défenses d’éléphants destinées à la contrebande, un record pour ces vingt dernières années.

    Ce commerce implique d’autres acteurs bien plus dangereux que de simples braconniers.
    Le groupe Al-Shabbaab de Somalie, les milices soudanaises de Janjawid -qui dans le Darfour soudanais ont tué des milliers de civils- et les terroristes de l’Armée de résistance du Seigneur de l’Ouganda ont transformé la savane et le centre de l’Afrique en de grands axes de carnage. « L’ivoire représente leur plus importante source de revenu », explique Michael Wamithi, expert kényan des éléphants et conseiller du gouvernement de Nairobi.

    A l’instar des célèbres « diamants du sang » du Sierra Leone, les défenses des éléphants constituent le « carburant » des terroristes. Lors d’une audition du Sénat américain en mai 2012, Tom Cardamone, expert pour les affaires financières illégales, attestait qu’à cause de l’« ivoire du sang » les terroristes « menacent davantage la présence américaine en Afrique ».

    Julius Kipngetich, commandant des 3 300 gardes-chasses kényans, parle d’une véritable guérilla dans laquelle moururent sept de ses hommes. Kipngetich ordonne à son équipe de ne faire aucune sommation et de « tirer pour tuer ». Récemment dotée d’hélicoptères et de voitures tout terrain, son équipe « opère comme une armée à proximité de la frontière somalienne », car Al-Shabbaab envoient ses troupes d’assaut sur le territoire kenyan. Ce groupe salafiste a même enrôlé des Kényans gagnant l’équivalent de 90 euros pour une paire de défenses. Alors qu’une défense d’éléphant pèse entre 10 et 60 kilogrammes, au marché noir, un kilogramme d’ivoire rapporte 2 000 dollars. Mal payés, les douaniers et les policiers sont aussi des cibles potentielles de cette contrebande.

    Du port somalien de Kismayoo, entièrement contrôlé par Al-Shabbaab et où sont transbordées les armes et la drogue, l’ivoire volée est acheminée sur le marché asiatique. La Chine et la Thaïlande absorbent 90 % des ventes mondiales. Le miracle économique de l’Asie a engendré une explosion de la demande. Au Japon, les hommes d’affaires passent des contrats avec des tampons ciselés dans cet « or blanc ». Pékin utilise d’autres canaux illégaux. Des centaines de milliers d’ouvriers et d’ingénieurs chinois construisent des routes, des lignes ferroviaires ou des infrastructures pour les gouvernements africains. « Bien que l’ambassade chinoise ne le reconnaisse pas, partout où ses ressortissants sont présents, les éléphants meurent », relate Kipngetich.

    Wamithi expose que « lorsque la convention de Washington interdit le commerce de l’ivoire en 1989, les troupeaux d’éléphants se reconstituèrent ». Mais, les dépôts des gardes-chasses, dans lesquels s’entassait une grande quantité de défenses prélevées sur des éléphants morts naturellement, suscita la convoitise : en 2008 le Zimbabwe, l’Afrique du Sud, la Namibie et le Botwana obtinrent l’autorisation de leur gouvernement de vendre quelque 108 tonnes d’ivoire. « La demande fut attisée et le carnage s’accentua », souligne Wamithi.

    Début 2012, au parc national de Bouba Ndjida au Cameroun, les braconniers tuèrent 350 des 1 500 éléphants. Les quatre gardes-chasses de la réserve, grande comme le département des Yvelines, assistèrent impuissant à la tuerie. Armés de kalachnikovs, les islamistes de Janjawid avaient parcouru mille kilomètres. Aucun d’eux ne fut arrêté. »

    Laurent Glauzy http://www.contre-info.com

    Laurent Glauzy est aussi l’auteur de :
    Illuminati. « De l’industrie du Rock à Walt Disney : les arcanes du satanisme ».
    Karl Lueger, le maire rebelle de la Vienne impériale
    Atlas de géopolitique révisée, tome II
    Atlas de géopolitique révisée, tome I
    Chine, l’empire de la barbarie
    Extra-terrestres, les messagers du New-Age
    Le mystère de la race des géants

  • La Grèce assiégée

     

    La crise économique et sociale ne s’apaise pas en Grèce. Autour du Premier ministre Antonis Samaras on entend littéralement siffler les balles. La veille le siège du parti au pouvoir Démocratie nouvelle a essuyé des tirs au pistolet-mitrailleur, l’une des balles ayant touché le bureau du chef du gouvernement.

     

    Le thème est repris par notre observateur Piotr Iskenderov.

    Si les tirs contre les locaux du parti au pouvoir sont le fait d’un groupe de type anarchiste, des centaines de hauts fonctionnaires sont menacés par la Justice. Selon des organes judiciaires grecs, durant l’année 2012 la totalité de l’endettement fiscal dans le pays représente 53 milliards d’euros, soit environ un quart du PIB, et dépasse l’importance de la tranche du crédit de l’UE et du FMI, octroyé au prix de tant d’efforts à Athènes à la fin de l’année dernière. Il est vrai, ces efforts ne parviennent pas pour le moment à atténuer le mécontentement social visant les oligarques, mais aussi le gouvernement.

    Les événements en Grèce sont porteurs d’une menace de déstabilisation politique interne, même si les Grecs se sont pour une large part défoulés lors des campagnes électorales de 2012, a remarqué dans un entretien avec notre correspondant l’expert à l’Institut de l’Europe auprès de l’Académie russe des sciences Vladislav Bélov :

    « L’évolution ultérieure de la situation en Grèce dépendra de l’aptitude des Grecs disposés radicalement à digérer leur propre populisme. Autrement le pays risque de plonger sinon dans une guerre civile, du moins dans des troubles politiques et sociaux quasi permanents ».

    Bruxelles met de toute manière en relief le fait que les tranches du crédit sont octroyées à la Grèce pour une large part sur le gage de futures recettes d’une privatisation d’ampleur permettant ainsi de consolider son budget d’ici à 2015 autour de près de 19 milliards d’€. Mais d’ores et déjà le premier gros projet dans ce domaine s’est heurté à l’opposition de l’UE et des Etats-Unis. Selon le journal The Financial Times, les créanciers occidentaux de la Grèce sont irrités par la participation à l’appel d’offres des compagnies gazières russes Gazprom et Synthèse, ayant proposé aux Grecs plus d’argent. Or les Etats-Unis et l’UE ont exigé du gouvernement grec de ne pas ouvrir le marché gazier national aux compagnies et aux intérêts russes. Paradoxalement, ni les sociétés américaines, ni européennes n’ont manifesté leur intérêt pour la privatisation de la société grecque DEPA. Les intérêts géopolitiques de l’Occident ont, après tout, la priorité, même dans les cas où ils contredisent une logique économique et financière évidente.

    La voix de la Russie