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international - Page 1434

  • Programme « Viber » : attention, espionnage israélien

    « Viber » est un programme gratuit qui, installé sur les téléphones modernes, permet d’appeler gratuitement une personne équipée du même logiciel.
    On estime actuellement à 100 millions le nombre d’utilisateurs de Viber.

    Or il apparaît que le fondateur de la compagnie Viber Media et son propriétaire est Talmon Marko, un américano-israélien qui a servi 4 ans dans l’armée israélienne.
    Il aurait été nommé au poste de directeur exécutif responsable des renseignements au commandement central…

    « Sachant que le programme Viber offre un service gratuit à 100%, permet l’échange de vidéos et des messages textuels, et ne diffuse pas de publicité. Face à ces données, une question se pose : quel est l’objectif d’un tel service, gratuit à 100% ?
    La réponse est simple : le programme « Viber » sur les Androïd et Iphone par exemple est capable de lire tous les contacts figurant sur la liste des contacts téléphoniques, même ceux qui ne font pas partie du programme.
    Viber est aussi capable de localiser le lieu de l’utilisateur, ses comptes électroniques, l’enregistrement de sa voix, de vidéos et la prise de photos !
    Il a également la capacité d’espionner toutes les informations présentes dans les fichiers téléphoniques et de connaitre tous les programmes utilisés par les utilisateurs !
    C’est donc à travers ce programme gratuit très populaire, qu’on offre à « Israël » nos informations personnelles, gratuitement aussi ! »

    http://www.contre-info.com/

  • Démondialisation et protectionnisme

    Longtemps, en France, Maurice Allais (Prix Nobel d'économie en 1988) a été un des rares économistes à s'opposer à la mondialisation et à ce qu'il appelait « l'idéologie libre-échangiste mondialiste ». À travers ses livres et ses articles, il n'a cessé de montrer que la mondialisation n'était « ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable ». Le sociologue Emmanuel Todd, dans L'Illusion économique (1998), dénonçait lui aussi ce qu'il appelait « l'utopie libre-échangiste », mais il croit toujours aux vertus de la construction européenne et le protectionnisme qu'il prône est un protectionnisme aux frontières de l'Europe.
    Aujourd'hui, les économistes sont plus nombreux à prôner « un protectionnisme bien conçu » (Jean-Luc Gréau), une « démondialisation raisonnée » et « une certaine forme de protectionnisme » (Jacques Sapir).
    Le Front national n'est plus le seul parti à montrer les effets négatifs de la mondialisation et du libre-échange sans entraves. Jean-Luc Mélanchon, candidat officiel du Front de gauche aux élections présidentielles, Arnaud Monte-bourg, candidat à la candidature pour le Parti socialiste, Dominique de Villepin, venu de l'UMP, se déclarent désormais partisans du protectionnisme.
    Arnaud Montebourg publie un petit livre au titre - apparemment - sans ambiguïté : Votez pour la démondialisation ! (Flammarion). Dans un long entretien accordé au Point, il explique : « Le débat [sur la mondialisation] n'a jamais eu lieu. Il a même purement et simplement été interdit. On a décidé de faire l'Union européenne, où on a instauré la concurrence à 27, avec des pays qui n'étaient pas de même niveau de développement. En même temps, on s'est ouvert à l'extérieur. On a organisé la passoire de l'UE vis-à-vis de la mondialisation, pendant que toutes les autres grandes nations mercantiles et concurrentes, elles, prennent des mesures protectionnistes ».
    L'exemple de la Chine
    Les chantres de la mondialisation expliquent qu'elle favorise une croissance partagée, qu'elle profite aux pays émergents comme aux pays les plus riches et que des décisions protectionnistes pénaliseraient notre économie, car elles entraîneraient des mesures de rétorsion. La Chine ou l'Inde nous achèteraient moins de marchandises ou nous enverraient moins de touristes.
    Il y a quatre ans déjà, Jean-Claude Gréau montrait l'inanité de ce raisonnement. « La Chine, écrivait-il, mène une politique économique impérialiste dont ni l'Europe, ni les États-Unis, ni même l'Afrique ne bénéficient. Trois décisions majeures des autorités chinoises viennent d'illustrer cette ambition. D'abord, la création d'une société à capitaux publics pour être capable demain de construire un avion de ligne chinois concurrent de Boeing et d'Airbus. Ensuite la volonté d'utiliser une partie des immenses réserves de change de la Chine pour investir sur les marchés financiers occidentaux. Enfin la hausse de 30 % des droits de douane à l'importation de certains biens d'équipement pour protéger son industrie nationale. Et pendant ce temps, l'Europe reste inerte. »
    Quatre ans plus tard, le constat reste vrai et la Chine n'a cessé de gagner des parts de marché dans le monde. La Chine est devenue le 1er exportateur mondial. Le déficit commercial entre la France et la Chine a cru dans des proportions considérables : 5 milliards d'euros de déficit en 2000, 22 milliards en 2010. Comme le disent les analystes du ministère du Commerce extérieur, on assiste à une « montée en gamme des importations de Chine ». La Chine capitalo-communiste ne vend plus seulement des produits textiles et des jouets, mais aussi des produits informatiques et électroniques et bien d'autres choses. 1 téléphone portable sur 2 achetés en France vient de Chine et 3 ordinateurs portables sur 4.
    Les communistes chinois savent utiliser la mondialisation quand elle est à leur avantage (inonder le monde de la production de leurs usines, faire des placements financiers ou prêter aux États en déficit). Et ils se montrent protectionnistes quand leurs intérêts nationaux sont en jeu.
    Quel protectionnisme ?
    Le retour de la doctrine protectionniste dans le débat public ne doit pas faire illusion. Hormis au FN et au Front de gauche, elle est plus que minoritaire parmi les dirigeants du PS et de l'UMP. Par ailleurs, le protectionnisme prôné par Arnaud Montebourg et par des économistes comme Jacques Sapir, Emmanuel Todd ou Jean-Luc Gréau est un protectionnisme européen, un « protectionnisme altruiste, partagé » dit Arnaud Montebourg. Ils n'envisagent aucunement un protectionnisme aux frontières de la France, mais au niveau de l'Union européenne. Il faudrait, selon eux, que l'UE devienne véritablement une union douanière et érige des tarifs douaniers différenciés selon les produits et selon les pays. Une telle décision ne pourrait se prendre qu'au niveau européen. C'est pour cela qu'Arnaud Montebourg considère que la mise en place d'un gouvernement économique européen est une « urgence ».
    En fait, instaurer un protectionnisme au niveau européen risquerait d'aggraver encore plus les pertes de souveraineté de chacun des pays membres de l'Union européenne.
    Le protectionnisme le plus efficace et le plus durable ne peut se faire qu'au niveau national. Maurice Allais prônait un « protectionnisme éclairé », Marine Le Pen parle d'un « protectionnisme raisonné ». Il ne s'agit pas de pratiquer l'isolationnisme, voire de viser à l'autarcie. Il s'agit, par des accords d'État à État, de défendre les productions nationales et de se procurer ce dont on a besoin, d'imposer des taxes (qui peuvent être temporaires) sur certains produits.
    Et le protectionnisme ne saurait se limiter aux marchandises. Il doit s'étendre à la finance. Les investissements étrangers dans les entreprises nationales et la circulation mondiale des capitaux à court terme sont une autre forme d'invasion étrangère qui se fait au détriment des intérêts du pays. Une certaine définanciarisation de l'économie doit accompagner des mesures protectionnistes.
    Jean Rouvière Présent du JEUDI 23 JUIN 2011

  • Soral dévoile l'arnaque de la dette publique

  • Essor de la « superclasse globale » (ou hyperclasse) et crise des classes moyennes.

    « La mondialisation heureuse » : la formule est de Dominique Strauss-Kahn ; elle est constamment rebattue dans les médias qui dénoncent les « dangers du protectionnisme ». Pourtant la réalité est plus complexe. S’il y a des gagnants dans la mondialisation, il y a aussi des perdants. Et derrière la loi des marchés, il y a de puissants réseaux de pouvoirs. Pour mieux cerner cette réalité complexe, le professeur Gérard Dussouy vient de publier un ouvrage magistral : Les théories de la mondialité . Polémia en fera une critique approfondie. Dans l’immédiat, nos lecteurs trouveront ci-dessous une analyse pertinente du conflit entre classes moyennes et superclasse mondiale.
    Polémia


    A la crise en gestation des classes moyennes fait face l’insolente réussite de cette « superclasse globale » que décrit David Rothkopf, et qu’il évalue à 6000 personnes pour six milliards d’humains (1). Hyperclasse vaudrait-il mieux écrire, en ce sens où dans son esprit, elle répond moins à la catégorie marxiste (caractérisée par une forte homogénéité et une relative solidarité) qu’à un réseau transnational d’élites aux origines multiples. Parce que mélange d’hommes d’affaires et des medias, banquiers, financiers, chefs d’entreprise, écrivains, journalistes, vedettes du show-business, Rothkopf pense en effet qu’elle est la juste transcription de ce que Vilfredo Pareto, et plus tard Wright Mills, caractérisait comme une « élite de pouvoir » (2).Il n’empêche que son dénominateur commun est l’argent puisque selon le rapport de l’ONU de 2006 qu’il cite, 10% de la population mondiale contrôlait 85% des richesses, 2% en possédaient la moitié et 1% en détenaient 40%. Son essor est donc directement lié au marché mondial parce que « la globalisation n’a pas seulement produit un marché sans frontières, mais aussi le système de classe qui va avec lui », écrit Jeff Faux (3). L’économie mondiale est en train de créer une élite globale, que celui-ci appelle le «  parti de Davos », et qui a fait depuis longtemps du cosmopolitisme un style de vie comme le montre bien Rothkopf dans son livre. Son vecteur est l’usage de plus en plus répandu de l’Anglais en liaison avec des pratiques professionnelles standardisées. A quoi s’ajoutent la référence commune aux mêmes sources d’information et la fréquentation des mêmes lieux de passage et de loisirs. Toutefois, cette culture commune n’est pas exempte des rapports de force et à l’abri d’un choc culturel interne ou d’un renversement d’influence. En effet, il serait naïf, et quelque peu condescendant, que de croire que la participation de plus en plus nombreuse d’Asiatiques à l’élite mondiale implique leur occidentalisation systématique (4). La montée en puissance des milliardaires issus d’Asie et d’autres régions du monde ne peut qu’engendrer un changement de valeurs, dans le sens par exemple d’une plus grande tolérance envers la corruption, et un repli des conceptions occidentales du monde, de la société, de la condition humaine. De ces constats dérivent deux conséquences majeures. D’abord, que les individus qui participent à la nouvelle élite mondiale ont plus d’intérêts en commun qu’ils n’en ont avec les classes moyennes ou pauvres dont ils partagent la nationalité. Le fossé se creuse parce que si dans le passé, en dépit des conflits interclasses, le travail et le capital allaient de pair, il n’en va plus du tout ainsi. C’est la notion même de société que la mondialisation rend caduque. Avec la dégradation des conditions de vie des peuples, une opposition de plus en plus nette se dessine entre ceux que Rothkopf appelle les « globalistes et nationalistes », c’est à dire l’oligarchie mondialiste, d’une part, et les multiples mouvements populistes à venir, d’autre part (5). Cette « ligne de faille politique du nouveau siècle » va traverser tous les Etats. A l’occasion de la grande crise qui s’annonce, elle pourrait susciter des changements politiques inattendus dans leur composition. Ensuite, l’hétérogénéité axiologique (celle des valeurs) de l’hyperclasse, qui n’existe que par et que pour l’argent, et, nous l’examinerons plus loin, la généralisation du communautarisme et des phénomènes d’ethnicisation à l’échelle globale, rendent inepte l’idée d’une société mondiale en devenir.

    Au centre de l’hyperclasse se tient l’élite financière. Elle contient les immenses fortunes privées et institutionnelles. Autour gravitent les élites de différents ordres qui sont autant de relais d’influence. Rothkopf décrit leurs liens, montre comment le pouvoir de l’argent, le pouvoir institutionnel, le pouvoir médiatique et le pouvoir politiques sont mobilisés et interconnectés pour que le monde aille dans la direction voulue. Il ajoute que si « aujourd’hui, les compagnies dominent la superclasse et que les Américains dominent parmi les leaders de ces compagnies », les choses sont en train de changer(6). Cela s’explique par la percée de nouveaux leaders issus des pays émergents. C’est que l’accès à l’hyperclasse est relativement ouvert, en tout cas plus qu’il ne l’était aux anciennes élites (7). La rapidité des fortunes est stupéfiante. Néanmoins, la porte reste étroite et l’auteur se demande si le conflit entre les partisans de la mondialisation et les peuples n’est pas inévitable, si les marchés se montrent toujours aussi injustes dans la distribution de la richesse, si sous l’apparence de la libre concurrence il n’existe toujours pas de véritable égalité des chances (8). D’autant plus qu’avec la crise les exaspérations vont grossir. Elles vont le faire, dans les pays développés, si la « dégringolade des classes moyennes » se poursuit (9), et si les allocations de retraite fondent avec les hedge funds comme cela est déjà le cas pour nombre de Britanniques (10) et dans les pays émergents, si l’arrêt de la croissance ruine les espérances et se double d’une crise alimentaire. Il y a fort à parier que la classe moyenne, dont Robert Rochefort explique qu’elle n’existe plus tellement elle s’est émiettée (11), rejoigne dans l’avenir les mouvements populistes. Maintenant qu’elle n’a plus rien à attendre de la mondialisation en termes de pouvoir d’achat comme le déplore le directeur du Credoc, parce que la faible progression des salaires en France et en Europe n’est plus compensée par la baisse spectaculaire des prix grâce aux importations de produits fabriqués en Chine(12). La poursuite du libre-échange ne fera qu’accentuer le sentiment de « déclassement » des classes moyennes constaté par Louis Chauvel (13), en raison de son dysfonctionnement reconnu par ses propres théoriciens.

    Gérard Dussouy Correspondance Polémia, 17/07/2009

    Extraits des pages 83 à 85 de l’ouvrage : Les théories de la mondialité : Traité de Relations internationales, (Tome 3), L’Harmattan, mai 2009.
    Gérard Dussouy est professeur de géopolitique à l’Université Montesquieu de Bordeaux.
    Notes:

    1 David Rothkopf, Superclass. The Global Power Elite And The World They Are Making, Londres, Little Brown, 2008, Preface, p.XIV et p. 29-33.
    2 Ibid., p. 37-39.
    3 Jeff Faux, The Global Class War, New York, John Wiley, 2006.
    4 David Rothkopf, op.cit. p.313
    5 Ibid., p.145-189.
    6 Ibid., p. 143.
    7 Ibid, « How to become a member of the Superclass », p.254-295.
    8 Ibid., p. 322.
    9 « Classes moyennes, la dégringolade », Le Point, 26 Juin 2008, p.74-82.
    10 Virginie Malingre « La crise boursière fragilise les régimes de retraite des Britanniques », Le Monde, 30.11.08.
    11 Le Point, op.cit., p.75.
    12 Ibid., p.75 et p. 81. « La société de consommation et les classes moyennes ont marché main dans la main jusqu’à la fin des années 90. Le divorce s’est produit lorsque le pouvoir d’achat s’est mis à stagner, tandis que l’innovation, elle, continuait » écrit Robert Rochefort qui distingue entre des « classes moyennes supérieures » et des « classes moyennes inférieures ».
    13 Louis Chauvel, Les classes moyennes à la dérive, Paris, Seuil, 2007.

  • L’intervention militaire française au Mali vise-t-elle à assurer les intérêts d’Areva ?

    Les soldats français vont-ils risquer leur vie au Mali pour « la France » ? Pour empêcher « l’islamisation » de la région ? Pour défendre la « conditions des femmes et de la liberté d’expression », comme l’indiquait Bernard Kouchner sur BFMTV ce samedi, ou pour qu’Areva puisse obtenir les droits d’exploitation d’une mine d’uranium de 5’000 tonnes dans le sud-ouest du pays qu’elle convoite depuis de nombreuses années ?

    L’intervention française, baptisée « Opération Serval », du nom d’un félin africain, a été décidée après que les islamistes d’Ansar Edine ait pris plusieurs positions dans le sud du pays, notamment la région de Komma, et menaçaient de prendre la capitale Bamako, et donc d’avoir un contrôle total du pays.

    Une situation qui posait un problème à la France, non pas pour les raisons « humanitaire » si chères à Bernard Kouchner et autres BHL, mais plus vraisemblablement parce que la société Areva, groupe industriel français spécialisé dans les métiers du nucléaire, en particulier l’extraction de minerai d’uranium, bataille depuis plusieurs années pour obtenir l’exploitation de quelques 5’000 tonnes de minerai qui se trouvent à Faléa, une commune de 21 villages et 17’000 habitants, située dans une région isolée à 350 kilomètres de Bamako.

    L’histoire de l’exploration du sous-sol de la région de Faléa ne date pas d’hier : dans les années 1970, déjà, la Cogema (l’ancien nom d’Areva) et le Bureau de Recherche Géologique Minière en collaboration avec la société d’Etat malienne (SONAREM) avaient effectué travaux de prospection. L’exploitation n’avait pas semblé rentable à l’époque, notamment du fait de l’enclavement de la zone, des problèmes d’accès à l’eau et de l’énergie nécessaire au fonctionnement de la mine. Depuis, le contexte mondial a changé et c’est désormais une véritable « colonisation minière » qui se joue au Mali.

    Depuis 2005, la société canadienne Rockgate a été mandatée par le gouvernement malien afin d’effectuer des forages et recherches à Faléa. Rockgate a produit en 2010 un rapport préliminaire, qui a ensuite été complété par Golder Associates, une société internationale de « conseils dans les domaines connexes de l’énergie » qui indique « que le Mali offre un environnement de classe mondiale pour l’exploitation d’uranium ».

    Depuis 2011, Rockgate a mandaté l’entreprise française Foraco, basée à Marseille et cotée en bourse à Toronto, pour l’aider dans l’expansion des explorations et forages à Faléa.

    La France semble donc bien engagée sur le dossier de l’uranium malien. D’ailleurs, son ambassadeur, Christian Rouyer, déclarait il y a quelques mois « qu’Areva sera le futur exploitant de la mine d’uranium à Faléa. »

    De là à penser que l’intervention militaire française au Mali vise principalement à protéger les intérêts d’Areva, il n’y a qu’un pas.

    Spencer Delane, pour Mecanopolis

  • Session 2008 de la Trilatérale : 200 messieurs-dames "sans importance "

    La réunion annuelle de la Commission Trilatérale s'est barricadée du 25 au 28 avril à l'hôtel Carlton-Ritz de Washington. Néanmoins, une fois encore, Jim Tucker, l'infatigable lanceur d'alerte antimondialiste de l'American Free Press, a su en éventer les secrets bien gardés. Quelque deux cents personnalités parmi les plus influentes du temps entouraient David Rockefeller. L'humeur était au beau fixe, la farce présidentielle américaine se déroulant impeccablement. La machine Républicaine ne tourne-t-elle pas à plein régime afin d'interdire l'accès à la Convention de septembre à Ron Paul, l'empêcheur de magouiller en rond ? Les autres en effet sont bien tenus en main :
    Hillary Clinton, Barack Obama - par le truchement de son mentor Zbignew Brzezinski, maître des cérémonies car Henry Kissinger, souffrant, s'était fait porter pâle - et John McCain qui depuis 1996 appartient à la famille.
    Ainsi rien ne s'oppose au libre-échange et à la destruction programmée de la nation américaine. Quel que soit le futur hôte de la Maison-Blanche, le processus sera poursuivi, en dépit du battage médiatique tendant à présenter les deux Démocrates comme des protectionnistes forcenés. Clinton n'a cessé de démontrer comment, dans le dos de son propre électorat laborieux ou chômeur, elle pouvait « sans en rien changer » faire voter le NAFTA ou North American Free Trade Agreement.
    DÉSINTÉGRER L'AMÉRIQUE
    Obama, comme il le fait depuis des mois sur tous les sujets, a prononcé de violents réquisitoires contre la suppression des barrières douanières. Dommage pour lui qu'il y ait eu des fuites malencontreuses lorsque son principal conseiller économique Austin Goolsbee, voulant rattraper l'affaire auprès de diplomates canadiens, leur assura qu'il s'agissait seulement « de rhétorique de campagne » et que, élu, son patron, lui non plus, ne toucherait pas à une virgule du NAFTA.
    Dès le 25 avril l'intitulé du premier atelier donna le ton : « La Politique étrangère et intérieure US : ébauches générales pour la nouvelle Administration ». Placé sous la direction de David Gergen, vieil habitué de la Trilatérale et éditorialiste irréprochable de l'US News and World Report - qui n'en souffla mot d'ailleurs -, il vit l'intervention des anciens secrétaires d'Etat Strobe Talbot, Kenneth Duberstein et Joseph Nye. Tous réclamant du futur président à la fois une forte augmentation de l'aide américaine au Tiers Monde et une ouverture massive de l'Amérique à l'immigration. Position que vint soutenir le néo-conservateur et Bilderberger Robert Zoellick, président de la Banque Mondiale.
    Sujet central, sans doute puisqu'un "sous groupe" fut consacré uniquement « aux migrations et au développement ». Ce qui offrit à Peter Sutherland l'occasion d'une intervention très remarquée. Cet homme d'affaires irlandais, ancien directeur général du GATT (qui précéda l'OMC) et Commissaire européen sous Jacques Delors, est actuellement, entre autres, président de British Petroleum et de Goldman Sachs. En même temps qu'il occupe la présidence de la Trilatérale et du Bilderberg et la vice-présidence de la Table Ronde Européenne des Industriels ! Mais c'est au titre d'envoyé spécial des Nations Unies sur « les migrations et le développement » qu'il a invité les Etats-Unis à ouvrir complètement leurs frontières à l'invasion. Injonction à laquelle les trois candidats désignés ne peuvent manquer d'être sensibles puisqu'ils en ont fait un des points forts de leur plateforme présidentielle.
    De bout en bout les Etats-Unis furent la cible des différents ateliers. Accusés sur le changement climatique, l'eau et la santé, outre d'être les principaux pollueurs, de ne pas suffisamment financer. Les attaques les plus virulentes émanèrent de Sylvia Matthews Burwell, présidente de Global Development Program, le bras armé de la Fondation Bill Gates.
    L'IRAN EN LIGNE DE MIRE
    Deux autres débats méritèrent une attention particulière. A la tête du premier, Robert Blackwill, chargé entre 2002 et 2003 de la liaison entre Paul Bremer à Bagdad et Condolezza Rice. Ancien ambassadeur en Inde et spécialiste du Pakistan, discret et efficace, il aura été au cours des vingt dernières années un des principaux agents d'influence de Washington. Ce qui le désignait pour superviser un débat ayant pour thème « Attaquer l'Iran et construire la paix dans la région du Golfe Persique ». Y participèrent Ray Takeyh, membre influent du Council of Foreign Relations, d'origine iranienne, Volker Perthes, directeur de l'Institut allemand pour les Affaires internationales et la Sécurité et un ancien vice-ministre des Affaires étrangères japonais, Hitoshi Tanaka. Sujet suffisamment important pour que, lors du dîner du samedi soir, John Negroponte, éminence grise neo-conservative de George Bush, y revienne dans un exposé sur les « perspectives de la politique étrangère US » justifiant les guerres d'Irak et d'Afghanistan et n'écartant pas l'éventualité d'une invasion de l'Iran.
    Le second débat traita de la crise financière internationale et fut l'occasion d'une nouvelle attaque contre les Etats-Unis accusés de ne pas "intervenir" suffisamment pour aider les institutions financières multinationales. Il fut animé par quatre de ces personnes « sans importance » évoquées ci-dessous par Patrick Devedjian. Le sous-secrétaire d'Etat aux Finances, Robert Kimmit, ancien de la Banque Mondiale et de Lehman Bros et membre du CFR. Marty Feldstein, considéré comme un des dix économistes mondiaux majeurs - George Bush hésita entre lui et Bernanke pour succéder à Greenspan à la tête de la Réserve Fédérale (FED). David Rubenstein, co-fondateur du Carlyle Group, classé par Forbes 165e Américain le plus riche, avec 2,5 milliards de $. Et Sir Andrew Crockett, président de JP Morgan-Chase International, qui appartint au FMI, dirigea la Banque d'Angleterre, la Banque des Règlements Internationaux, et fut membre du «Club des Trente» où se retrouvent régulièrement les trente financiers les plus importants de la planète.
    GUIGOU EN VEDETTE
    Epouse d'un ancien conseiller de Michel Rocard, président de l'Institut de Prospective du Monde Méditerranéen (IPEMed), très impliqué dans le projet d'Union Méditerranéenne de Sarkozy, Elisabeth Guigou intervint personnellement en compagnie du Coréen Han Sung-Joo, qui fut ministre des Affaires Etrangères et envoyé spécial de l'ONU à Chypre et au Ruanda. Sur un thème bien en phase avec cette session de la Trilatérale : « Points de vue européen et asiatique sur la politique étrangère US et la sécurité ». La présence ici de cette responsable socialiste ne saurait surprendre et on rappellera qu'ils sont des dizaines Rocard, Delors, Lamy, Strauss-Kahn, Fabius, elle-même - à participer depuis des années aux travaux du Bilderberg. Elisabeth Guigou appartient au conseil d'administration de « Notre Europe », cercle de pensée créé par Jacques Delors, entouré de Tommaso Padoa-Schioppa, qui, membre aussi du « Club des Trente », appartint au directoire de la Banque Centrale Européenne, et de Pascal Lamy, directeur général de l'OMC. Elle y côtoie Joachim Bitterlich, ancien ministre de Kohl, vice-président de Veolia, Jean-Louis Bourlanges, membre de la Commission parlementaire européenne sur le commerce international, Laurent Cohen-Tanoudji, partisan actif de l'entrée de la Turquie dans l'Europe et adversaire des référendums nationaux, l'ancien ministre communiste Charles ("Chilek") Fiterman, l'ancien patron du Quai d'Orsay Jean-François Poncet, etc. dans un « réservoir de réflexion » (think tank) qui, au-delà du charabia convenu sur le « développement durable et solidaire », sur « l'ouverture des échanges et la réduction des inégalités sociales », sur « la défense de l'environnement et la réduction des graves disparités entre régions du monde », sur « la diversité et l'humanisme européens », est entièrement tourné vers une vision mondialisée et totalitaire de la planète.
    Cette complicité croisée entre le socialisme internationaliste et l'expression la plus violente du capitalisme prédateur méritait certainement d'être signalée.
    Jim REEVES. Rivarol du 30 mai 2008

  • Le « plan de paix » de l’ONU pour la Syrie est une supercherie

    L’ « ambassadeur de la paix » des Nations Unie (ONU) Lakhdar Brahimi tente de négocier une transition gouvernementale avant les prochaines élections en Syrie. Non seulement les efforts de Brahimi sont vains, ils sont aussi totalement hypocrites. Proposer un « gouvernement transitoire » au beau milieu de ce qui constitue en réalité une invasion étrangère, financée, armée et ouvertement perpétuée par des intérêts étrangers, viole à la fois la souveraineté de la Syrie et la propre charte fondatrice de l’ONU.

    C’est comme si un envoyé de l’ONU visitait la Pologne au début de la Seconde Guerre mondiale et proposait un gouvernement transitoire en pleine invasion nazie. L’ONU serait de toute évidence un facilitateur de l’injustice, non pas un médiateur pour la paix.

    Le Los Angeles Times rapporte ceci dans son article « Lakhdar Brahimi s’efforce de raviver le plan de paix pour la Syrie » :

    « L’ambassadeur de la paix Lakhdar Brahimi a fait une nouvelle avancée jeudi pour amener les représentants syriens et les rebelles à négocier, visant à raviver un plan favorisant un gouvernement transitoire et la tenue d’élections, lequel avait échoué en raison de désaccords sur l’avenir du président Bachar Al-Assad. »

    L’ONU n’a pas du tout réussi à discerner l’opposition légitime en Syrie des bandes de terroristes armés vagabonds commettant des atrocités à grande échelle contre le peuple syrien, nombre d’entre eux non originaires de Syrie, tous armés par les États-Unis, l’OTAN et leurs alliés régionaux incluant Israël, l’Arabie Saoudite et le Qatar dans le cadre d’un plan de longue date pour procéder à un changement de régime à la fois en Syrie et en Iran. La presse occidentale n’appuie pas seulement les tentatives hypocrites de l’ONU, elle s’est acharnée à délégitimer toute opposition en Syrie refusant de prendre les armes ou s’opposant à une intervention étrangère.

    Alors que le Los Angeles Times tente de présenter le plan de l’ONU comme étant raisonnable et le président syrien Bachar Al-Assad et la Russie comme seuls obstacles à la paix, ce plan constitue en fait encore une autre tentative de dépeindre le conflit comme une lutte politique au lieu de l’invasion étrangère qu’il est réellement.

    La Syrie est envahie par des terroristes étrangers

    Les « rebelles » armés que l’ONU refuse de condamner comprennent des combattants étrangers d’Al-Qaïda, incluant des organisations terroristes internationales figurant sur les listes du département d’État des États-Unis, des Nations Unies et du département de l’Intérieur du Royaume-Uni, soit le Groupe islamique combattant libyen (GICL), Al-Nosra, également connu sous le nom d’Al-Qaïda en Irak et des extrémistes des Frères musulmans syriens. Les pays occidentaux ne négocieraient avec aucune de ces factions terroristes, si d’une façon ou d’une autre, leurs armes se détournaient de la Syrie pour viser l’Occident. Pourtant, l’Occident exige non seulement que la Syrie les reconnaisse et qu’elle négocie avec eux, mais aussi qu’on les laisse régner sur tout le pays.

    En novembre 2011, dans l’article « Un dirigeant islamiste libyen a rencontré l’Armée syrienne libre, un groupe d’opposition  » le Telegraph rapportait :

    Abdelhakim Belhadj, dirigeant du Conseil militaire de Tripoli et ancien chef du Groupe islamique combattant libyen a « rencontré des dirigeants de l’Armée syrienne libre à Istanbul et à la frontière turque », a déclaré un représentant militaire travaillant avec Mr. Belhadj. Il a été envoyé par Moustapha Abdel Jalil (le président libyen intérimaire).

    « Les nouveaux dirigeants libyens offrent des armes aux rebelles syriens », un autre article du Telegraph, admettait :

    The Daily Telegraph a appris que les rebelles syriens ont tenu des pourparlers secrets avec les nouvelles autorités libyennes vendredi dans le but d’obtenir des armes et de l’argent pour leur insurrection  contre le régime du président Bachar Al-Assad.

    À la réunion qui s’est tenue à Istanbul et où se trouvaient des représentants turcs, les Syriens ont demandé de l’« aide » aux représentants libyens, se sont fait offrir des armes et peut-être des volontaires.

    « Un plan est mis en œuvre pour envoyer des armes et même des combattants  libyens en Syrie » a affirmé une source libyenne ayant requis l’anonymat. « Une intervention militaire est en cours. Vous verrez dans quelques semaines. »

    Plus tard ce mois-là, on rapportait qu’environ 600 terroristes libyens étaient entrés en Syrie afin de commencer des opérations de combat. Le journaliste de CNN Ivan Watson a accompagné des terroristes au-delà de la frontière turco-syrienne et à Alep. En juillet 2012, CNN révélait qu’effectivement, des combattants étrangers, surtout des Libyens, se trouvaient parmi les militants.

    On a admis que :

    Entre-temps, des résidents du village où les Faucons syriens avaient établi leur quartier général ont dit que des combattants de plusieurs nationalités nord-africaines servaient également dans les rangs de la brigade. Un combattant volontaire libyen a par ailleurs déclaré à CNN qu’il compte voyager de la Turquie vers la Syrie dans les prochains jours afin d’ajouter un « peloton » de combattants libyens au mouvement armé.

    CNN a ajouté:

    Mercredi, l’équipe de CNN a rencontré un combattant libyen qui avait quitté la Turquie et s’était rendu en Syrie avec quatre autres libyens. Le combattant portait une tenue de camouflage et avait un fusil Kalashnikov. Il a dit que d’autres combattants  libyens étaient en route.

    Certains combattants étrangers sont clairement attirés parce qu’ils voient cela comme […] un djihad. C’est donc un aimant pour les djihadistes qui voient cela comme une lutte pour les musulmans sunnites.

    En somme, la Syrie est envahie depuis presqu’un an par des terroristes libyens. De plus, immédiatement après que les États-Unis aient reconnu leur propre « coalition d’opposants » triée sur le volet comme les « représentants du peuple syrien », son chef, Moaz Al-Khatib, a tout de suite exigé que les États-Unis lèvent les sanctions contre l’organisation terroriste d’Al-Qaïda, Al-Nosra.

    Reuters a cité Al-Khatib :

    « Il faut réviser la décision de considérer un groupe luttant contre le régime comme un groupe terroriste. Nous pouvons être en désaccord avec certains groupes, leurs idées et leur vision politique et idéologique, mais nous affirmons que toutes les armes à feu des rebelles servent à renverser le régime criminel et tyrannique. »

    L’Occident refuse non seulement de reconnaître que la Syrie est confrontée au terrorisme étranger et intérieur, il participe aussi activement à l’armement, au financement et à l’hébergement en lieu sûr de ces factions terroristes. La Turquie, membre de l’OTAN, est un complice direct de l’agression extraterritoriale de la Libye, qu’elle facilite en accueillant les combattants libyens à l’intérieur de ses frontières, tout en coordonnant leur armement, leur financement et leur logistique lorsqu’ils traversent la frontière turco-syrienne. La CIA des États-Unis facilite également l’invasion libyenne de la Syrie le long des frontières turques.

    En juin 2012, dans son article « La C.I.A. aiderait à acheminer des armes à l’opposition syrienne », le New York Times (NYT) a concédé que « des officiers de la CIA opèrent en secret au sud de la Turquie » et acheminent des armes, dont « des armes semi-automatiques, des grenades propulsées par fusée, des munitions et quelques armes antichars ». Le New York Times insinue que la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar sont les principaux fournisseurs d’armes alors que la CIA coordonne la logistique.

    http://www.csmonitor.com/var/ezflow_site/storage/images/media/content/2012/0224-friends-of-syria-conference/11843662-1-eng-US/0224-friends-of-syria-conference_full_600.jpg

    Image: Les « amis de la Syrie » comprennent de nombreux conspirateurs mentionnés dans le reportage exhaustif de neuf pages de Seymour Hersh, « La redirection ». La violence en Syrie n’est pas le résultat d’un soulèvement du peuple syrien  porteur d’« aspirations politiques », mais plutôt celui de la conspiration et de la machination d’une élite mondiale ayant prémédité il y a longtemps la destruction de la Syrie pour son propre programme géopolitique global.

    La politique étasunienne envers la Syrie remonte aussi loin qu’à 2007, où les représentants des États-Unis ont admis qu’ils planifiaient le renversement du gouvernement syrien à l’aide d’extrémistes sectaires étrangers et en utilisant des pays comme l’Arabie Saoudite pour acheminer des armes et du financement, surtout pour maintenir l’illusion qu’ils n’étaient pas impliqués.

    Le long reportage de neuf pages de Seymour Hersh, « La redirection », publié dans le New Yorker en 2007 expose les plans étasuniens visant à utiliser des moyens clandestins pour renverser le gouvernement syrien dans le cadre d’une action plus vaste ayant pour but de miner et détruire l’Iran. « Le renforcement de groupes extrémistes sunnites épousant une vision militante de l’islam, hostiles aux États-Unis et sympathisants d’Al-Qaïda, sont un sous-produit de ces activités », écrit Hersh.

    Al-Nosra est ouvertement affilié à Al-Qaïda. Dire que le GICL est « sympathisant d’Al-Qaïda » serait toutefois trompeur : le GICL, c’est Al-Qaïda.

    Selon le rapport du West Point Combating Terrorism Center de l’armée étasunienne, « Les combattants étrangers d’Al-Qaïda en Irak », le GICL a fusionné en 2007 avec l’organisation terroriste créée par les États-Unis et l’Arabie Saoudite.

    L’apparent essor de recrues libyennes se rendant en Irak pourrait être lié à la coopération accrue entre le Groupe islamique combattant libyen et Al-Qaïda, laquelle a atteint son point culminant le 3 novembre 2007 lorsque le GICL s’est officiellement joint à Al-Qaïda. (page 9, .pdf)

    Hersh poursuit son reportage en déclarant « le gouvernement saoudien, avec l’approbation de Washington, fournirait des fonds et de l’aide logistique afin d’affaiblir le président syrien Bachar Al-Assad ». Cela comprenait l’offre de milliards de dollars à des factions pro-saoudiennes au Liban soutenant des groupes militants qui traversent maintenant la frontière libano-syrienne pour rejoindre leurs homologues libyens.

    La conspiration élaborée, mise à exécution en 2007 et décrite par Seymour Hersh citant une myriade de sources étasuniennes, saoudiennes et libanaises, se déroule de toute évidence devant nos yeux. Cette conspiration n’était pas fondée sur des considérations humanitaires ou la « démocratie », mais plutôt sur les intérêts mutuels des États-Unis, d’Israël et de l’Arabie Saoudite, et consistant à renverser les gouvernements de pays souverains vus comme des menaces à leur influence collective extraterritoriale à travers la région.

    En ne reconnaissant pas une conspiration documentée, fomentée par des intérêts étrangers et visant à faire tomber violemment le gouvernement de la Syrie (et éventuellement de l’Iran) l’ONU démontre une fois de plus qu’elle est un instrument servant des intérêts spécifiques. Sa tentative de négocier un « plan de paix » avec des terroristes étrangers envahissant la Syrie en tant que mandataires des puissances occidentales est dépourvue de toute légitimité. Le gouvernement syrien et ses alliés doivent redoubler d’efforts pour présenter le conflit pour ce qu’il est, une invasion, et réclamer l’appui et la patience de la communauté internationale alors que la Syrie confronte et met en échec ces envahisseurs étrangers et les intérêts étrangers qui les arment et les guident.

    Lakhdar Brahimi, tout comme Kofi Annan avant lui, ne fait que gagner du temps pour le discours chancelant de l’Occident. La Syrie et ses alliés doivent finalement le laisser s’écrouler afin que le véritable sauvetage de la Syrie puisse avoir lieu, par des opérations de sécurité antiterroristes dans tout le pays et la confrontation diplomatique des intérêts étrangers soutenant le terrorisme à l’intérieur et autour de la Syrie.

    Tony Cartalucci Mondialisation.ca

    Le 28 décembre 2012

    Le blog de Tony Cartalucci : Land Destroyer 

    Article original : The United Nations Syria “Peace Plan” is a Fraud

    Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

  • L’emprise grandissante des sociétés zombies

    L’Europe est en pleine révolution des “entreprises zombies” : des centaines de milliers de sociétés obligées de mettre la clé sous la porte sous la pression de dettes colossales redeviennent solvables grâce “aux aides gouvernementales, à une politique monétaire très complaisante et souvent, grâce à la réticence des prêteurs à revoir des créances douteuses à la baisse en temps de crise”, déplore le Financial Times.

    Le quotidien économique cite un consultant qui rappelle que

    “le principe fondamental du capitalisme, qui veut que les entreprises qui ne sont pas viables disparaissent pour laisser la place à de nouvelles et à de meilleures, est en train d’être réécrit.”

    Une entreprise britannique sur 10 a juste les moyens de rembourser les intérêts de ses emprunts plutôt que la somme empruntée. Le quotidien ajoute que dans certaines parties d’Europe, le problème est plus grave.

    En 2011, les entreprises les moins solvables se trouvaient en Grèce, en Espagne et en Italie, trois pays dont les économies sont particulièrement touchées. Moins de 30 entreprises sur 10 000 ont fait faillite dans ces pays – alors que près d’un groupe sur trois est déficitaire.

    Les sociétés zombies sont rendues responsables de la faiblesse de la reprise en Europe, faisant craindre une répétition de ce qui s’est passé au Japon quand les faibles taux d’intérêt, une politique gouvernementale assez permissive et la résistance des grandes banques à exclure des entreprises insolvables ont entraîné des décennies de croissance faible. Le Financial Times insiste :

    Aux Etats-Unis, où la philosophie de la “destruction créative” a plus d’influence, il y a eu une augmentation significative des dépôts de bilan depuis le début de la crise.

    Mais c’est loin d’être le cas en Europe, où les gouvernements sont plus soucieux de protéger les emplois que de favoriser la compétitivité.

    Le quotidien londonien cite un spécialiste de la dette qui compare

    l’Europe à une forêt dont le sol serait encombré de graines, étouffée par les engrais et maigre en jeunes pousses qui pourraient devenir des arbres. Ce dont l’Europe a besoin est d’un incendie pour éclaircir son sous-bois.

    presseurop.eu  http://fortune.fdesouche.com

  • Oscars 2013 : propagande en perspective

    Le 24 février prochain se tiendra la traditionnelle cérémonie des Oscars, qui récompense pour leur qualité les « meilleures » productions cinématographiques sorties depuis l’édition précédente. Si par hasard on était tiraillé par le suspens de cette 85ème édition, pas de panique ! Comme pour les élections présidentielles, les médias, en s’appuyant sur des « expertises » à la partialité indiscutable, nous indiquent qui seront les favoris dont on pourra trouver, du coup, le succès tout à fait normal.

    En l’occurrence, comme nous en informe Le Figaro [1] , il est important d’applaudir à l’avance deux productions tout juste sorties aux États-Unis et qui arriveront en France fin janvier : Lincoln, de Steven Spielberg, et Zero Dark Thirty, de Kathryn Bigelow. Les deux films ont en effet été hautement distingués récemment par le New York Film Critics Circle, une association journalistique américaine de critiques de cinéma.

    Sommes-nous donc face à des monuments d’originalité ? Pas si sûr… Une bonne recette qui marchait hier marche encore aujourd’hui, et si l’on regarde les teasers de ces deux opus qui nous seront bientôt servis sur un plateau doré, on peut s’attendre à des messages de fond qui donneront une impression de déjà vu…

    Ainsi, Avec Lincoln, Spielberg semble garder ses habitudes de révision manichéenne de l’histoire à la sauce mondialiste. Au cours des dernières décennies, il nous a déjà longuement exposé, dans des séquences pleines d’émotion dont on ne peut que reconnaitre la qualité cinématographique, le passé dégueulasse des peuples occidentaux, affreux génocidaires sans pitié, ignobles esclavagistes assassins. Cette haine viscérale, qui bien sûr est propre aux Blancs européens, est servie en grosse portions fumantes, jusqu’à nous en donner des nausées, dans La Liste de Schindler (1993) et Amistad (1997). [2]

    On remettrait donc le couvert avec Lincoln : le teaser nous fait comprendre immédiatement que l’on aura droit à une illustration audio-visuelle à nous faire péter la rétine de la version officielle et romancée de la guerre de Sécession : elle se résumerait à une lutte entre les forces du bien, supporters cosmopolites de l’égalité et de la liberté, et les méchants sudistes, salauds esclavagistes, sorte de nazis de l’époque, avec comme seul et unique question centrale : l’esclavage. On ne peut que regretter (sans s’étonner) que les analyses alternatives sur la guerre de Sécession ne soient pas autant promues que les productions de Spielberg... [3]

    Le film raconte donc l’épopée tragique du président Abraham Lincoln, qui a dirigé les États de l’Union pendant la guerre et surtout (on comprend que cela sera le point central du film) qui a fait accepter le 13ème amendement, supprimant l’esclavage. Ce film biographique sur le célèbre président, qui a en outre beaucoup supporté la cause de la communauté juive outre-Atlantique [4], garantit succès, honneurs et bon pactole pour Steven.

    À coté de cette détermination à épicer le film à grandes pincées de propagande au mépris de toute honnêteté historique, on peut imaginer que le choix du titre, lui, a fait l’objet d’hésitations comiques. Dans ce type de production biographique, le prénom est en effet généralement préféré au nom, afin de mettre en évidence le côté humain derrière le personnage historique. Ici, on a visiblement évité de prendre le prénom. Et oui, Il s’agit d’un film de divertissement, enfin ! Et seulement ! Inutile de jeter le doute avec ce prénom à connotation biblique !

    Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow semble être sur une autre méthodologie, plus subtile. Apparemment, il s’agira de nous raconter la traque d’Oussama Ben Laden, baptisée ici « la plus grande chasse à l’homme de l’histoire » (rien que ça…). Tout comme pour Démineurs (2008), on peut s’attendre à une stimulante ambiance « d’immersion » et à un fond apolitique de façade. Seulement là, les journaux frétillent autour de ce film, qui s’annonce très controversé car il montrerait... la torture dont auraient fait usage les services américains pour parvenir à leurs fins [5]

    Ah ! C’est incroyable ! De la torture pratiquée par des services secrets ! Quelle horreur ! Comment cela est-il possible ? A-t-on vu un jour une chose pareille dans l’histoire ?! Quelle subversion, quelle provocation que d’en parler !

    Ce qui est bien avec cette tartufferie, c’est qu’on en oublierait presque d’autres questions qui se posent sur cette affaire d’attentats du 11 Septembre et de Ben Laden débusqué, dont la dépouille, aux preuves matérielles restées « confidentielles » [6] a été balancée à la va-vite en haute mer. Pas certain, cependant, qu’un film traitant de ces vraies interrogations, sources de débats qui pourtant font rage, loin du box office, serait en bonne position pour un Oscar….

    Bref, Hollywood nous apparaît comme un véritable nectar du mensonge de la démocratie contemporaine. Le 7ème art d’aujourd’hui prétend ne proposer que du « divertissement » ou, au pire, de « l’information » et de la « sensibilisation ». Les deux exemples cités, tout comme le long historique d’Hollywood, nous prouvent pourtant que toutes ces images, ces sons, ces scènes d’émotions, en bref ces mélanges sensoriels percutants, qui pénètrent en force dans l’esprit amorphe du spectateur d’aujourd’hui (qui, en France, passe plus de trois heures par jour devant la télévision et va en moyenne quatre fois par an au cinéma) sont porteurs de nombreux messages.

    Ces messages sont facilement lisibles : depuis la culpabilisation à outrance des peuples enracinés jusqu’à la promotion du nomadisme, du transgenre et du cosmopolitisme en passant par des nouveautés comme l’anti-islam, Hollywood est décidément bien l’exposition condensée de l’idéologie mondialiste. Par l’impact de sa propagande audio-visuelle, elle en est aussi le moteur.

    Il serait tant souhaitable que le Français éteigne la « téloche » et arrête d’aller entretenir son diabète en se gavant de pop corn au cinéma, car par son consentement passif se réalise la destruction de sa civilisation, et s’organise des interventions militaires meurtrières en Orient. Ces souffrances, ce sang versé comme toujours pour l’intérêt des mêmes et assumés de force par d’autres, ça ne sera pas dans un film à sensation au Pathé du coin. Ça sera pour de vrai.

    http://www.egaliteetreconciliation.fr

    Pour un autre cinéma, visitez la DVDthèque de Kontre Kulture :

    Notes

    [1] http://www.lefigaro.fr/cinema/2012/12/04/03002-20121204ARTFIG00463—zero-dark-thirty-et-lincoln-recompenses-a-new-york.php

    [2] Voir l’analyse de David Duke au sujet d’Amistad : http://www.youtube.com/watch?v=_tfDcyODfUw.

    [3] Voir par exemple l’excellent article de Christian Boucher : http://www.voxnr.com/cc/di_antiamerique/EFpAZkAAplvyvGDxRW.shtml.

    [4] Voir http://www.aish.com/j/f/Abraham_Lincoln_and_the_Jews.html (lien en anglais).

    [5] http://lci.tf1.fr/cinema/news/zero-dark-thirty-polemique-autour-de-l-utilsiation-de-la-torture-7739585.html

    [6] http://www.cbsnews.com/8301-503544_162-20059739-503544/obama-i-wont-release-bin-laden-death-photos/