par Philippe Carhon
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Marion Maréchal-Le Pen : "Il y a une haine anti-France liée au communautarisme et à la repentance systématique"
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Bobards d’Or : quand la réinformation dérange
Source : Polemia – « Bobards d’Or : quand la réinformation dérange »
Effusion, applaudissements enjôleurs, en ce 6 février 2017. Sous les élégantes loges du théâtre Marie Bell, le public a tranché : au terme d’une soirée à laquelle il a fait honneur, il a couronné l’équipe de Yann Barthès du Bobard d’Or de l’année !
Le choix fut cornélien et les concurrents des rivaux de taille. Mais décidément, la balade d’Hugo Clément dans Molenbeek, ce paradis du multiculturalisme où il fait bon vivre, aura ravi la victoire. Réagissant aux sombres propos d’un Donald Trump trop prompt à dénoncer en ce quartier belge une zone de non-droit dans laquelle les forces de l’ordre n’osent plus paraître, le journaliste de l’équipe de Yann Barthès (Le Petit Journal) aura omis de mentionner l’état de siège dans lequel se trouvait plongé Molenbeek au lendemain des attentats du 13 novembre… Si l’ex équipe de Canal + (aujourd’hui partie chez Quotidien) n’est pas venue chercher sa récompense, Jacques Pezet (Désintox, Libération) a déploré, au détour d’un tweet, de ne pas pouvoir venir chercher une quelconque distinction à l’issue de la soirée. Le Bobard d’argent a, quant à lui, échu à Alain Marschall, qui avait, sur BFMTV, affublé le terroriste à l’origine du carnage de Nice d’un déséquilibre mental douteux et prétendu que l’attentat d’Orlando, pourtant revendiqué par l’Etat islamique, n’était pas islamique… Enfin, c’est Guillaume Auda, l’ancien journaliste d’i>Télé, parti raconter ses mensonges sur France 2, qui a remporté le Bobard de bronze, pour des tweets affabulateurs sur de pseudo-soutiens de Donald Trump (des activistes noirs déguisés en membres du Ku-Klux-Klan…).
Les décodeurs à l’assaut de la cérémonieDans les loges, les journalistes de TV5, du Monde et de Marianne se font discrets : si Aurélien Colly (Radio France) semble avoir rapidement déserté les lieux, d’autres assistent vaillamment à la cérémonie. Sourire figé, certains attendent patiemment la fin de la soirée pour interroger une assistance dont on salive à l’avance les « dérapages ». D’autres n’auront pas leur tempérance. À l’instar de Guillaume Meurice, « l’humoriste » de France Inter, plus pressé de déguster une bière au bar que de saisir les ressorts à l’origine de ce que sa bande de petits copains « décodent » toute la journée. L’homme est sans préjugés : les « réunions d’extrême droite » de ce type, ça le connaît ! Alors à quoi bon tenter de saisir, de comprendre la raison pour laquelle, pour la huitième année consécutive, c’est une salle comble et de francs éclats de rire qui accueillent cette cérémonie ; de saisir pourquoi, huit ans durant, les organisateurs des Bobards d’Or n’ont jamais reçu de plaintes à l’issue des dénonciations faites à l’encontre d’une sphère médiatique qui s’est érigée seule détentrice d’une pensée conformiste, au gré des accents supposés « humanistes » de ses chroniques. Le lendemain, Guillaume rate salement sa chronique ; plus fasciné par la binouze que par la critique qui lui est adressée, le chroniqueur aura eu quelques difficultés à retracer le déroulement de la cérémonie… Mais, courageux, il mijotera des heures durant dehors, son manque d’intérêt pour la cérémonie lui ayant valu, après de nombreux allers-retours au bar, d’être remercié. Un courage salué, par la présentatrice de la matinale de France Inter : « Merci, Guillaume, des risques que vous prenez ». A n’en pas douter, sélectionner trois anecdotes d’une soirée qu’on n’a daigné honorer de plus de quelques minutes de présence, ça c’est de la prise de risque !
Qu’ils fussent grossiers (comme Meurice) ou plus curieux, les journalistes des grandes plateformes subventionnées auront, quoi qu’il en soit, honoré la cérémonie de leur présence. Le Décodex, la Désintox, la chasse aux « fake news », c’est « tendance » ! En créant ces armes contre la réinformation, la grande presse ne fait pourtant que conforter celle-ci dans la certitude que l’information dispensée par l’oligarchie, tantôt tronquée, tantôt censurée, en permanence orientée, a fait son temps.
Une presse obèseAvec 2,3 milliards de subventions, les subsides octroyés à la presse représentent 30% du chiffre d’affaires de ce milieu… « Contre une moyenne européenne de 2% », souligne Benjamin Dormann. Au cours d’une démonstration solidement argumentée, l’auteur d’Ils ont acheté la presse (éditions Jean Picollec) a fait remarquer au public le véritable gouffre économique qu’incarne aujourd’hui la grande presse. « Aux mains de sept des onze plus gros milliardaires français, comment les grands titres des médias de l’oligarchie ne pourraient être influencés par leurs investisseurs et propriétaires ? », s’interroge encore l’ancien journaliste. Une problématique qui ne semble pas poser de cas de conscience au multimilliardaire Xaviel Niel, notamment actionnaire d’Atlantico, qui soulignait récemment « Quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard, et ensuite ils me foutent la paix ».
Conclusion
« Cette cérémonie vient à nouveau de le démontrer : la presse écrite subventionnée et les radios et télévisions autorisées à émettre ne sont pas des médias d’information mais des médias de propagande », conclura justement Jean-Yves le Gallou au terme de la soirée. Pour autant, face à cet état de fait, il n’est pas de désespoir permis. Car, cette année, les victoires de la réinformation ont été nombreuses : de la discréditation d’« Ali » Juppé à l’annulation du concert de Black M à Verdun, les dynamiques impulsées par les réseaux sociaux sont la preuve que le pays réel a trouvé ce canal d’expression qui lui permettra demain de faire triompher l’information factuelle sur la soupe idéologique servie dans les mangeoires quotidiennes de la presse subventionnée. « Rira bien qui rira le dernier »…
http://fr.novopress.info/203475/bobards-dor-quand-la-reinformation-derange/
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Fausses nouvelles : les médias dominants gonflent leurs chiffres de fréquentation grâce à des bots chinois
La semaine dernière, le New York Times, journal en perdition, a publié un article qui attribuait à Donald Trump et à l’élection présidentielle controversée le gain de « plus d’abonnés en trois mois que sur toute l’année 2015 », revendiquant 276 000 clients supplémentaires pour la « version numérique uniquement ».
La publication, propriété du milliardaire mexicain Carlos Slim, cernée de toutes parts, se porte tellement bien qu’elle abandonne huit étages de son quartier-général new-yorkais pour « générer des revenus locatifs significatifs », et qu’elle publie de pathétiques publicités sur Twitter proposant 40 % de réduction sur les abonnements, avec des slogans tels que « La vérité. C’est vital pour la démocratie » et « Le meilleur du journalisme indépendant ».
Alors que le nombre d’abonnés pourrait certes avoir augmenté, le trafic sur le site n’a véritablement commencé à décoller qu’à partir de la première semaine de décembre.
Le Washington Post et le Guardian ont connu des évolutions de trafic similaires durant cette période, en contraste flagrant avec leurs autres confrères.
Une rapide comparaison avant/après illustre l’énorme augmentation du nombre de visiteurs :
Classements au début du mois de décembre 2016 :

Classements au 8 février 2017 :

Le trafic commence à augmenter de manière significative vers la mi-décembre pour les trois sites. Voici une comparaison des variations de la fréquentation de ces trois sites, comparée à celle d’autres sites d’information :

Voilà qui est étrange. Voyons à présent la fréquentation du site du New York Times par pays d’origine, qui montre une augmentation significative du nombre de visiteurs en provenance de Chine, passant en deux mois de 5,1 % à 49,2 % de l’ensemble du trafic sur le site :

Ce qui est encore plus intéressant est le fait que le New York Times a été complètement bloqué en Chine depuis 2012, et que le mois dernier Apple a reçu l’ordre de retirer deux applications du NYT de son App Store, bien que les utilisateurs n’avaient de toute façon pas la possibilité d’accéder au contenu depuis l’interdiction de 2012. Le New York Times a lui-même déclaré :
Lorsque le gouvernement chinois a commencé à bloquer les sites internet du Times en 2012, il a aussi empêché les utilisateurs de Times app de télécharger du contenu nouveau.
Les personnes cherchant à contourner les filtres internet utilisent habituellement des VPN (Virtual Private Networks – Réseaux Privés Virtuels) qui tentent de se frayer un chemin à travers les murs de protection hautement restrictifs utilisés par la Chine, qui a cependant réprimé l’usage de VPN depuis plusieurs années.
À présent, jetons un œil au Washington Post et au Guardian, qui ne sont pas bloqués en Chine – un pays qui est passé pour les deux sites d’un trafic quasi-nul au 1er décembre 2016, à une fréquentation globale respective de 58,9 % et 57 %.


Ces importantes augmentations de trafic ont permis aux deux sites de voir leur classement de fréquentation sur Alexa augmenter jusqu’à 38 %, une donnée essentielle pour estimer la valeur marchande d’un site internet. On notera que le site BBC.com a connu une augmentation similaire, et c’est peut-être le cas pour d’autres. [Ndt : les sites Lefigaro.fr, Lemonde.fr et Liberation.fr ont par exemple tous connu une forte hausse de leur classement sur Alexa à partir de juillet 2016, après avoir été en chute libre dans ce classement]Il est évident que, considérant la restriction de l’URL du New York Times en Chine, on pourrait conclure que cette augmentation massive, qui représente désormais près de la moitié de la fréquentation totale du site, provient d’un type de serveur automatisé générant un trafic élevé qui ne serait pas entravé par le mur de protection restrictif mis en place par la Chine, ce qui permettrait d’augmenter artificiellement le décompte des visiteurs sur ces sites.
Les trois organes de presse ont passé la majeure partie de l’année 2016 à tenter d’influencer l’élection américaine en faveur d’Hillary Clinton, avec une couverture biaisée et en publiant régulièrement des articles à charge contre Donald Trump. Depuis sa victoire électorale, le président Trump a déclaré la guerre à la plupart des médias dominants – les qualifiant de « parti d’opposition », tout en restant la cible d’attaques biaisées. La Chine n’est pas non plus un soutien de Trump ; entre la menace sur l’augmentation des tarifs douaniers et le mépris de Trump pour la politique traditionnelle américaine de préférence pour la « Chine Unique » plutôt que pour la reconnaissance de Taïwan, la Chine a à la fois des raisons politiques et économiques de tenter de faire pression sur le discours offensif du président américain.
De plus, la société d’état chinoise JAC Motor et le fabricant automobile mexicain Giant Motors, co-détenu par le propriétaire du New York Times Carlos Slim, investissent conjointement plus de 200 millions de dollars pour fabriquer des véhicules à Hidalgo, au Mexique, suite aux querelles continuelles entre le président Trump et le Mexique au sujet de la proposition de mur à la frontière, et des taxes douanières exorbitantes qui sont censées en payer la construction. Amazon, qui a un actionnaire en commun avec le Washington Post, a récemment été autorisé par la Chine à transporter par cargo des marchandises chinoises vers ses entrepôts américains, ainsi qu’à lancer Amazon Web Services dans ce pays fortement restrictif.
Bien qu’on ne sache pas grand-chose de plus jusqu’à présent, la liste des entités capables de représenter la moitié du trafic sur plusieurs sites internets majeurs à partir de domaines chinois est sans doute relativement réduite.
Traduction de l’article Fake Newsflow: Are The NY Times, Guardian, And WaPo Buying Clicks? China Jumps From Trickle To Half Of All Traffic In Two Months
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C'EST QUOI LE 6 FÉVRIER 1934 ? #VoxAF
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Tepa debunke Rokhaya Diallo et Leonara Miano - Meta TV 1/2
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Alain Juppé permet à son adjoint Marik Fetouh de rallier Emmanuel Macron
BORDEAUX (NOVOpress avecInfos-Bordeaux) : Alain Juppé ne s’en est pas formalisé… bien au contraire ? Sur son blog, Marik Fetouh, un des proches collaborateurs d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, voit une continuité dans son nouvel engagement présidentiel : les idées d’Emmanuel Macron, explique-t-il, « sont en total accord avec mes convictions. Sur les questions sociétales, il se situe à mon sens dans la droite lignée d’Alain Juppé, qui a été le premier à être informé de ma démarche ».
Marik Fetouh est adjoint à la mairie de Bordeaux « en charge de l’égalité et de la citoyenneté », ce qu’il traduit lui-même par cette liste à la Prévert : « droit des femmes, relations avec les cultes, lutte contre le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie, dialogue inter-culturel, et questions mémorielles notamment ».
Fondateur du premier centre LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et Trans) à Bordeaux, il pourrait même rejoindre l’organigramme de campagne du patron d’En Marche !
Il a expliqué dans un entretien au Figaro qu’il comptait apporter son « expertise sur la laïcité, la lutte contre les discriminations et la lutte contre la radicalisation ». Selon cet activiste, Alain Juppé « comprend parfaitement » sa décision. Il faut dire que depuis plusieurs semaines, de nombreux juppéistes ne cachent pas se sentir plus proches d’Emmanuel Macron que de François Fillon.
Si la nomination dans l’équipe de campagne se confirme, il est clair que le projet d’Emmanuel Macron sera très libéral sur les questions sociétales, à l’image des différentes actions, comme la Quinzaine de l’égalité, mises en place dans le fief d’Alain Juppé.
Marik Fetouh en profite d’ailleurs pour attaquer François Fillon sur un registre inattendu :
« Je ne pense pas que la France est un pays catholique et de race blanche. La culture française est diverse » déclare-t-il dans le même entretien au Figaro.
Un autre façon de dire ce qu’a affirmé son nouveau grand homme le week-end dernier à Lyon : «Il n’y a pas de culture française. Il y a une culture en France. »
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Les identitaires dans la manifestation pour réclamer la fermeture du centre de déradicalisation de Pontourny
Plus de 150 personnes ont manifesté, ce samedi 11 février, à Beaumont-en-Véron, devant le centre de déradicalisation de Pontourny afin d’exiger sa fermeture immédiate.
Les manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles étaient inscrits les slogans suivants : « Cazeneuve, Le Roux, démission ! », « Pontourny, ça suffit ! » ou encore « Jihadiste = danger ».
Catherine Bideau, porte-parole de l’association Radicalement Digne de Pontourny, a déclaré :
Nous demandons la fermeture immédiate du centre. Nous avons eu des profils dangereux, radicalisés. Ce qui est contraire à ce qui avait été annoncé par l’Etat. On ne veut pas de moratoire. Ça ne servira à rien.
Outre des responsables du Front National – dont l’élue Véronique Péan -, des militants identitaires étaient présents ce matin à Pontourny pour soutenir les habitants dans leur lutte contre le pseudo-centre de déradicalisation. Pour rappel, dans un communiqué publié le 7 février dernier, Les Identitaires qualifient ces centres d’escroquerie intellectuelle et financière :
La méthode utilisée dans ce centre, qui vise notamment à promouvoir « des valeurs de citoyenneté, de respect d’autrui, de la règle de droit et des valeurs de la République et de la démocratie », n’aura évidemment pas résisté longtemps au réel, puisqu’un des pensionnaires, Mustapha S., vient d’être interpellé dans le cadre d’une opération antiterroriste. Bien connu des services spécialisés car proche d’un des kamikazes du Bataclan, et auteur de deux tentatives de départ en Syrie, Mustapha n’a visiblement adhéré qu’en surface aux « valeurs de la République ». Financé par nos impôts, et imposé aux riverains, qui ont pourtant clairement manifesté leur désaccord, le centre de Pontourny est une escroquerie intellectuelle et financière qui n’arrêtera en rien le terrorisme islamiste en France.
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Michel Drac : « Plus il y a de gens qui s’attendent à une manipulation, moins les manipulateurs ont intérêt à agir. »
Dès son introduction, Triangulation, repères pour des temps incertains, le dernier livre de Michel Drac est clair : « Jusqu'ici, la littérature dissidente en France s'est bornée à critiquer le système existant Mais critiquer n'est plus suffisant : de plus en plus, il faudra être capable de proposer quelque chose. » Nous loi avons demandé sa vision des temps de troubles que nous traversons. Ses analyses n'engagent évidemment que lui.
RIVAROL : Pourquoi parler de triangulation dans votre dernier livre ?
Michel DRAC : L'ouvrage reprend et complète trois conférences sur la géopolitique, l'économie et la politique intérieure. Soit trois angles, et donc de quoi "trianguler" une position, celle de la France à un certain moment de son histoire.
R. : Les bouleversements géopolitiques, depuis le débat des années 2010, annoncent-ils pour vous la fin de l'hégémonie américaine ?
Michel DRAC : Comparons le poids économique réel des États-Unis avec le poids du dollar dans le monde. Les États-Unis pèsent 5% de la population mondiale et 18 % du PIB mondial. Le dollar pèse 65 % des réserves de change et 85 % des transactions internationales. On voit bien la disproportion. Mais l'Amérique, c'est aussi près de la moitié des dépenses militaires de la planète. Et c'est la Silicon Valley. Suffisant pour garantir la suprématie des États-Unis ? Je ne le pense pas.
La fin peut arriver très vite. Ou pas. Trop de paramètres, trop d'effets de seuil. La situation est dialectique. Beaucoup de choses vont dépendre de la capacité des États-Unis à éloigner la Russie de la Chine. Tout cela n'est pas modélisable a priori.
R. : La crise du capitalisme an niveau mondial traduit-elle le point de rupture du système ? Quelle sera la prochaine étape de la faillite du modèle libéral ?
M. D. : Sur le plan financier, le point de rupture a été dépassé en 2008. Le système est maintenu en respiration artificielle. Comme l'économie réelle pèse environ 1 % des flux financiers internationaux, il est possible de soutenir les actifs en apesanteur indéfiniment. La prochaine étape de la chute viendra donc de l'extérieur de ce système financier autiste.
Peut-être d'une décision politique. Les autorités allemandes envisagent de ne pas sauver la Deutsche Bank. L'Italie peut quitter la zone euro. Presque partout dans le monde, l'insolvabilité est devenue la norme. Tôt ou tard, il faudra bien qu'un maillon saute dans cette incroyable chaîne d'irresponsable collective. Mais qui peut dire lequel ?
R. : Vivons-nous la fin de la mondialisation ?
M D : Dans l'économie matérielle, le modèle de Youtsourcing (externalisation) a trouvé ses limites. Les importation de biens intermédiaires stagnent ou même diminuent, partout dans le monde sauf dans la zone euro. En cause les hausses de salaire dans les pays émergents la très faible productivité des pays encore pauvres, mais aussi, et c’est une bonne nouvelle, la prise de conscience par les multinationales de la vulnérabilité des chaînes logistiques intercontinentales. Cela étant, on n’assiste pas pour l’instant à une implosion du commerce international. Il continue à croître, peut-être un peu plus lentement que le PIB mondial.
Son implosion future reste possible dans deux cas : soit par disparition des tiers de confiance, en cas de crise terminale et soudaine du système financier international ; soit par la propagation du protectionnisme, à partir par exemple d'une rupture de la relation de "compétition", coopération-compétition, qui lie aujourd'hui les États-Unis et la Chine. On n'en est pas là, même si, c'est vrai, on peut y arriver du jour au lendemain. Par opposition, la mondialisation des flux d'information se poursuit. L'époque où les pays constituaient des espaces mentaux collectifs distincts et relativement isolés, c'est terminé. Cet aspect de la mondialisation me paraît vraiment irréversible.
R. : Que pensez-vous de la victoire de Trump et du Brexit ? Retour des peuples ou simple réorganisation du système sur d'autres bases ?
M. D. : Les deux à mon avis. Les oligarchies anglo-saxonnes sont beaucoup plus intelligentes que l'oligarchie européenne. Elles ont compris qu'il fallait changer pour survivre. D'où le Brexit. La City of London a décidé de laisser tomber l'Euroland. Trump, de son côté, a été élu parce que les Etats industriels traditionnellement démocrates ont basculé vers le Parti Républicain, après l'éviction scandaleuse de Bernie Sanders par la catastrophique Hillary Clinton. Mais la candidature Trump n'aurait pas pu réussir sans l'appui d'une fraction de l'establishment américain. Quelle fraction ? Pour aller où ? On ne sait pas tout sur les soutiens de Trump. Mais on devrait être fixé assez vite : Donald Trump va maintenant devoir faire des choix.
R. : La France est-elle le maillon faible de l'Europe ?
M. D. : Ce qu'on appelle "faiblesse", dans l'Euroland, c'est l'incapacité à s'adapter au fonctionnement voulu et imposé par l'Allemagne. Sous cet angle, le maillon faible, c'est l'Italie. Elle a la taille critique pour faire sauter l'euro, et elle glisse lentement, avec plusieurs années de retard, sur la pente tragique déjà dévalée par la Grèce. Soit dit en passant, on n'en parle plus, mais il est important de le savoir : la Grèce crève en ce moment. Ce qui se passe là-bas est terrifiant. Je n'ai pas beaucoup de certitudes, mais j'en ai au moins une : s'il se produit un jour en France la moitié de ce qui arrive en ce moment en Grèce, Paris brûlera.
Par anticipation sur cette catastrophe hélas prévisible, la France fera peut-être sauter l'euro dans les années qui viennent. Notre pays a une grande capacité à changer brutalement d'orientation, du fait de la constitution de la Ve République, et, peut-être, aussi, à cause d'un tempérament national particulier. Les élections de 2017 sont imprévisibles. Un quadripartisme sous la Ve République, ça peut donner à peu près n'importe quoi.
R. : Actuellement, une stratégie de la tension est-elle à l'œuvre dans notre pays ?
M. D. : Historiquement, on peut constater deux choses : d'abord, quand il y a eu une grande vague de terrorisme, on a systématiquement découvert après coup qu'elle avait été manipulée par des centrales de renseignement ; ensuite, on ne le découvre qu'après coup, précisément. La plupart des Italiens n'ont appris l'existence de la loge P2 qu'à la fin des années de plomb. Existe-t-il une loge P2, à la manœuvre en France, en ce moment ? C'est en tout cas possible.
Ce qui rend le décodage des événements complexe, dans la France des années 2010, c'est la multiplicité des schémas explicatifs possibles. Rien ne nous dit d'ailleurs que toutes les violences de ces dernières années ont correspondu au même phénomène profond. On peut très bien imaginer par exemple que les émeutes de novembre 2005 ont été organisées par des centrales de renseignement de la zone OTAN-Israël pour favoriser l'ascension de Nicolas Sarkozy. On peut aussi s'interroger sur les bizarreries des attentats de janvier 2015, en particulier le fait que les frères Kouachi aient pu traverser Paris, après l'attentat de Charlie-Hebdo, sans être interceptés. Les attentats de novembre 2015, en revanche, peuvent très bien correspondre à un schéma tout à fait différent. Dans ce cas, il semble que l'ordre de frapper soit vraiment venu de l'Etat islamique - ou en tout cas d'une partie de cette entité instable, pas forcément dotée de l'unité de la volonté. Bref, on ne sait rien de certain. Mais il faut en tout cas proposer des scénarios, réfléchir, alerter. À savoir : en matière de stratégie de la tension, les prophéties sont autodestructrices. Si vous prévenez qu'une manipulation d'un certain type est possible, vous diminuez la probabilité pour qu'elle soit conduite. Plus il y a de gens qui s'attendent à une manipulation, moins les manipulateurs ont intérêt à agir.
R. : Pensez-vous possible l'arrivée au pouvoir du FN. Pourquoi et comment ?
M. D. : La conjonction de la crise migratoire et de l'austérité économique produit un contexte explosif. Si nous assistons à la concomitance d'une grève type décembre 1995, d'une vague d'émeutes type novembre 2005 et d'une série d'attentats type novembre 2015, la situation sera mûre pour une reprise en main par un pouvoir fort. Dans un tel cas de figure, il est très possible que les propositions du Front National soient mises en oeuvre par lui ou par quelqu'un d'autre.
2017 ? Un peu tôt, je pense. Mais dans un système quadripartite, beaucoup de choses peuvent arriver. À mon humble avis, cette année, le FN doit surtout viser les législatives.
R. : Comment jugez-vous la mouvance dissidente au sens large ?
M. D. : Ce n'est pas à moi de juger qui que ce soit. Je dirais simplement que 90 % de ce qui sort de cette mouvance ne m'intéresse pas, à titre personnel. En revanche, 10 % m'intéresse beaucoup. Ce n'est pas un jugement, c'est un constat.
R. : Vous voulez apporter de vraies propositions alternatives. Quelles seraient vos premières mesures révolutionnaires ?
M. D. : Bon, jouons à « si j'étais Président ». Alors si j'étais Président, je serais populiste sur le fond, et léniniste pour la méthode.
Populiste : je considérerais que la France a besoin d'une révolution, celle du pouvoir populaire contre la technocratie.
Léniniste : pour moi, la révolution, ça consisterait à substituer une machine d’État populaire à la machine d’État technocratique.
Ma première mesure : soumettre au référendum une refonte complète de la Constitution, et même au fond de toute l'organisation de l’État. Une France de 10 grands ministères, 20 provinces, 400 "pays" représentés chacun par un député. Suppression du Sénat. Plus de secrétariats d’État bidon, plus de « hautes autorités » foireuses, plus de comités Théodule. Plus de départements, plus d'arrondissements, plus de cantons, plus de communes, plus d'académies et de rectorats dans l'Education Nationale. Les services publics ? Coulés dans ce nouveau maillage du territoire. Au passage, tout l'encadrement administratif du pays est lancé en l'air, et retombe là où on décide qu'il doit retomber - et non là où il s'était enkysté depuis des décennies. Prévoir de grands placards. Je ne vous fais pas un dessin. Enfin, last but not least, constitution d'une milice populaire, sur le modèle de l'armée suisse.
Si le référendum est perdu, je démissionne aussitôt.
Dans le cas contraire, l'étape suivante, ce sont les élections législatives.
Elles se déroulent dans un climat de grande tension, mais sont sécurisées par la toute nouvelle milice populaire. Je demande à mon "camp" de défendre un programme de rupture : dénonciation des accords de Schengen, sortie de l'euro, dévaluation du franc - facile à organiser, car les marchés anticiperont évidemment la monétisation de la dette publique. Une mesure-choc sur l'identité nationale : à l'ère des migrations tous azimuts, le droit du sol est inadapté. Passage au droit du sang.
Bref, si j'étais Président, je choisirais l'option « ça passe ou ça casse ».
Que faire d'autre, vu l'état du pays ?
Propos recueillis par Monika Berchvok Rivarol du 26 janvier 2017
Michel Drac, Triangulation, repères pour des temps incertains, le Retour aux Sources 264 pages. 19 euros. Disponible sur <http ://www.leretourauxsources.com>.
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