France et politique française - Page 3063
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Cap sur l'Elysée - Le grand débat, le "debrief" | Journal du mardi 21 mars 2017
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Juppé, le candidat sorti
Il la savourait d'avance Alain Juppé, qui se voyait depuis des mois comme l’unique recours pour la France, espérait fermement que la présidentielle allait lui tomber toute rôtie dans l'escarcelle.
Avant, pendant et même après la primaire, du fait de l'affaire Fillon, l'Elysée s'est ouvert, à diverses reprises, devant lui. Et puis, tout à coup, la porte s'est refermée. Définitivement. « Une bonne fois pour toutes », Alain Juppé ne sera pas candidat. C'est du moins ce qu'il a déclaré le 6 mars. Non que l'envie lui ait manqué, malgré le vote contraire de la primaire, et malgré l'obligation, pour ce faire, d'apparaître comme un plan B. Une peu glorieuse solution de rattrapage...
Les ors de l'Elysée - pardon ! les valeurs de la République - valent bien quelques sacrifices.
Patatras ! Encore faut-il que l'on veuille de lui. Avec, tout à tour, une part de lucidité et de gloriole aveugle, Alain Juppé a donc fait, droit dans ses bottes, le constat que ce n'est pas le cas. Et, plus encore que les mauvais points qu'il a distribués, en cette occasion et de toutes parts, envers les candidats qui, eux, auront la chance de pouvoir y aller, c'est sans doute ce rejet de sa personne qui est, pour Alain Juppé, la source principale de confusion.
En définitive, le maire de Bordeaux ne sera jamais plus qu'un ancien premier ministre il réserve son acrimonie à son camp - « quel gâchis ! » - et surtout à François Fillon, dont l'obstination à demeurer malgré tout candidat a conduit à une impasse, en l'empêchant d'être le candidat nécessaire de la droite et du centre.
On notera que, dans sa distribution de mauvais points, Alain Juppé va jusqu'à s'en prendre aux militants de droite dont, dit-il, le noyau s'est radicalisé.
L'expression est loin d'être anodine ! Elle n'est, de fait, réservée habituellement qu'à ce que nos contemporains veulent appeler « islamisme », et, de façon plus ancienne, aux groupes ultra-violents d'extrême gauche. L'utiliser contre son propre camp constitue, cependant, une première. Elle manifeste le dépit d'un homme qui, au nom d'un gaullisme fortement idéalisé, est contraint d'admettre ne pas être « en mesure aujourd'hui de réaliser le nécessaire rassemblement autour d'un projet fédérateur », et pousser à abandonner son rêve de la magistrature suprême.
Radicalisation
L'insulte ainsi lancée - et qui prouve que, vingt ans plus tard, Alain Juppé n'est sans doute pas « le meilleur d'entre nous » auquel voulait croire Jacques Chirac - s'adresse bien évidemment comme un reproche à Nicolas Sarkozy, qui, en coulisses, a joué un jeu trouble avec notamment son pion François Baroin. La présence de plusieurs proches de l'ancien président autour de François Fillon au Trocadéro justifie la pique lancée par Alain Juppé contre une course aux postes contraire à l'esprit gaullien de la présidentielle.
Pour finir, Alain Juppé veut jouer les cartes de l'humilité et de la grandeur. « Les Français, affirme-t-il, veulent un profond renouvellement politique de leurs dirigeants politiques, et, à l'évidence, je n'incarne pas ce renouvellement. Cette aspiration de l'opinion me semble plus forte que le besoin de solidité et d'expérience. »
Cette lucidité, appuyée sur un léger coup d'encensoir à sa personne, est bienvenue. Alain Juppé est, sans doute, l'un des plus anciens membres du personnel politique français. Mais ce n'est pas tant cette ancienneté qui lui est opposable que l'expérience dont il se vante.
Le bilan d'Alain Juppé ? Il y a, lors de son passage à Matignon, le fameux plan Juppé qui a placé la Sécurité sociale sous la coupe - réglée - de l'État. On n'est guère loin d'Emmanuel Macron, pour lequel le propos du maire de Bordeaux a sans doute été le moins cinglant...
Juppé, c'est aussi l'homme qui estimait que Benoît XVI posait « un vrai problème », mais chantait les louanges de l'évolution démocratique dans les pays islamiques, et rendait visite aux Frères musulmans.
Juppé, c'est aussi l'homme qui, après avoir affirmé le contraire, cumula ministère et mairie.
Juppé, c'est encore l'homme qui aime les LGBT et déteste Donald Trump, et qui affirme, pour résumer, que « laïcité, cela veut dire que le politique a la primauté sur le religieux ». Une assertion qui résume et explique, sans doute, l'extrémisme de toutes les autres.
Mais Juppé, c'est aussi les affaires. Il n'a d'ailleurs pas pu faire autrement que l'évoquer «(...) les récentes péripéties ont encore accru l'exigence d'exemplarité des élus vis à vis de leurs femmes et de leurs hommes politiques, et ici encore je ne peux répondre pleinement à cette exigence même si la justice qui m'a condamné m'a exonéré de tout enrichissement personnel ».
La phrase peut n'avoir l'air de rien, mais elle est bien sûr là pour marquer la distance de respectabilité entre sa situation et celle de François Fillon. Il faut tout de même se ressouvenir qu'il fut condamné en 2004 par la cour d'appel de Versailles à quatorze mois de prison avec sursis et à un an d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts dans le cadre de l'affaire des... emplois fictifs de la mairie de Paris. Comme plan B de François Fillon, c'était évidemment délicat..
Alors ? Son testament «(...) il n'est jamais trop tard pour la France ». Et d'ailleurs, il ne se privera pas « d'exprimer [son] point de vue sur les grandes questions d'avenir ». Coucou, le revoilà?
Hugues Dalric monde&vie 16 mars 2017
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Marine domine le débat…au nom du peuple!
Le débat présidentiel qui a réuni hier soir sur TF1 les cinq candidats crédités selon différentes enquêtes de plus de 10% des suffrages a été un véritable succès d’audience. Certes, l’heure tardive à laquelle il s’est achevé a logiquement conduit à une érosion du nombre des téléspectateurs au fil de la soirée mais selon les chiffres de Médiamétrie publiés ce matin, 9,8 millions de téléspectateurs (47% de part d’audience) l’ont suivi, avec même un pic à 11,5 millions. Ce qui place cet événement au niveau d’un grand événement sportif du type finale de coupe d’Europe de football. Une preuve de l’intérêt croissant de nos compatriotes pour les argumentaires politiques déployés par ceux qui concourent à leurs suffrages dans une campagne présidentielle, ô combien importante pour notre avenir. Le signe aussi certainement de la curiosité pour ce duel annoncé entre grands fauves se faisant face, qui devaient lâcher leurs coups sur ce plateau mixant dans son décor et l’organisation de l’espace les codes de l’arène, des jeux du cirque et des jeux tout court…
En fait de champions, il est clairement évident que Marine, mais aussi soyons honnêtes François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, ont su imposer leur stature, un certain charisme, un discours qu’on l’approuve ou pas, structuré, tranchant, tandis que MM. Hamon et Macron ont donné l’impression qu’ils boxaient dans une catégorie bien inférieure, accusant une nette rupture de niveau.
Il faut tout l’art du mensonge d’un ancien militant de l‘OCI et actuel patron du PS comme Jean-Christophe Cambadélis pour affirmer ce matin sur RTL que Benoit Hamon a été bon et Marine mauvaise. Il faut aussi beaucoup de bidonnage ou à tout le moins, soyons gentils, des sondages bâclés pour faire d’Emmanuel Macron le grand gagnant des débats d’hier soir. En tentant de s’extraire de toute subjectivité et parti-pris, ce qui n’est jamais facile, force est de constater que Marine a dominé de bout en bout cet affrontement programme contre programme, par la clarté de ses propositions et la force du cap qu’elle a tracé. Il fallait d’ailleurs voir l’agacement de M. Fillon, notamment quand M. Macron s’empressait dés qu’il le pouvait de souligner ses convergences avec le candidat de LR, pour comprendre que Marine a encore marqué des points…
Toutes choses, constate Bruno Gollnisch, qui ont révélé par contre-coup la faiblesse, la fragilité,la fébrilité, dans le fond comme dans la forme d’un Emmanuel Macron, souvent acculé dans les cordes par la candidate du FN, lequel a manié comme à son habitude phraséologie europrogressiste, formules toutes faites, songes creux, lieux communs… et phrases n’ayant strictement aucun sens!
La « coqueluche Macron », c’est l’homme de « la campagne du vide » comme le résumait la semaine dernière Michel Geoffroy sur Polemia : « Macron n’est ni de gauche ni de droite. Mais Abracadabra : toute la gauche, de Robert Hue à Pierre Bergé, se rallie à lui. L’immigration ? Abracadabra : pas de problème puisque c’est aussi une opportunité économique car ce sont des femmes et des hommes qui ont aussi des qualifications remarquables . Le chômage ? Abracadabra : le point-clé c’est de sécuriser la rupture et l’après-rupture », donc, en clair, de faciliter… les licenciements. La durée du travail ? Abracadabra : Il faut s’adapter aux individus . Les retraites ? Abracadabra : Il faut pouvoir moduler selon les individus et les situations. La sécurité ? Abracadabra : Je poursuivrai les bonnes décisions de Jean-Jacques Urvoas . L’Europe ? Abracadabra : Nous avons besoin de l’Europe parce que l’Europe nous rend plus grands, parce que l’Europe nous fait plus forts ».
Nous pourrions ajouter que même de vieilles gloires de la droite libérale faillie comme Alain Madelin se sont joints à M. Macron qui se retrouvera certes en bonne compagnie aux côtés d’un Robert Hue mais aussi du gratin mondialiste symbolisé en France par les BHL, Xavier Niel, Mathieu Pigasse, Patrick Drahi, Alain Minc, Jacques Attali qui roulent pour le candidat d‘En marche!, de Goldman Sachs , de Bruxelles, de la banque Rotschild et de Bilderbeg.
Cénacles mondialistes qui ont aussi adoubé, en partie, la candidature Fillon, ce qui renforce la très gênante ambiguïté du candidat de LR dans sa tentative d’incarner la défense de la nation dans la mondialisation… sans vouloir vraiment reprendre les commandes, le contrôle de notre souveraineté, sans sortir des griffes de nos maîtres bruxellois, et qui manie l’oxymore en se définissant libéral-conservateur. Un Fillon sur lequel a misé l’homme d’affaires Henri de Castries, le président de Bilderberg, qui comparait le 9 mars sur Europe 1 le programme de Marine à un« poison ». Bilderberg au sujet duquel, interrogé par Philippe de Villiers qui rapporte l’anecdote, M Fillon confiait: « Que veux-tu, c’est eux qui nous gouvernent ! ». Et bien avec Marine et le FN ce seront les Français qui gouverneront et cela fera toute la différence, au nom du peuple!
https://gollnisch.com/2017/03/21/marine-domine-debat-nom-peuple/
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Stoppons Macron ! #05
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Jean Lassalle : "on a martyrisé un certain nombre de valeurs"
Jean Lassalle le député des Pyrénées-Atlantiques répond aux questions de Boulevard Voltaire :
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Appel à témoins : quelqu’un peut-il nous dire ce qu’a dit Emmanuel Macron ?
C’est un appel à témoins essentiel que lance ce matin Novopress, au lendemain du débat qui, sur TF1, a opposé les cinq principaux candidats à l’élection présidentielle : quelqu’un aurait-il compris ce qu’a dit Emmanuel Macron tout au long de la soirée ? Ce qu’il a proposé ? « Je suis incapable de résumer votre pensée, vous n’avez rien dit », lui a lancé Marine Le Pen. Selon Médiamétrie, ce débat a réuni 9,8 millions de téléspectateurs. S’il s’en trouve un qui a compris sa pensée, qu’il n’hésite pas à nous contacter…
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TF1 : Le Pen et Mélenchon font de la politique, les autres de la figuration…
On a connu pire soirée.
Étrange campagne que celle-là, avec émissions tours pour chacune des deux primaires diffusées à la télévision. Et ce lundi 20 mars, un débat entre les cinq principaux candidats à l’élection présidentielle. Du jamais vu, en effet, sachant que, traditionnellement, le seul débat concernait naguère les finalistes de l’élection suprême, ce entre les deux tours.
Le débat donc ; enfin, plutôt une sorte d’oral de baccalauréat, mais d’assez bonne tenue, néanmoins. Petit détail d’ordre vestimentaire, François Fillon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron, candidats du « système », sont vêtus de bleu sombre, alors que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, candidats « hors les murs », ont opté pour le noir, l’une avec sa rose bleue et l’autre avec un pin’s rouge…
Ce détail n’en est peut-être pas un, sachant que, deux longues heures durant, ces deux-là ne s’agressent guère, s’épaulent parfois. Tout comme on remarque aussi que François Fillon et Marine Le Pen se ménagent l’un l’autre, et qu’Emmanuel Macron aurait plutôt tendance à fédérer tous les participants contre sa personne, fut-ce à mots plus ou moins couverts. Dans un semblable registre, ce dernier n’en finit plus de draguer François Fillon, histoire peut-être de faire oublier son trop-plein de soutiens de gauche et de tenter de consolider son flotteur droit ou ce qui lui en tient lieu. Bref, à moins de quarante jours du premier tour, il faut bien anticiper le second…
Sur le fond, ce débat illustre assez bien la phrase de Manuel Vallsselon laquelle « la droite a gagné la bataille des idées ». En effet, plus personne ne se risquerait aujourd’hui à prétendre que « l’immigration est une chance pour la France » ou que la délinquance de masse « relève avant tout du fantasme sécuritaire ». Idem pour les frontières. Tout le monde en veut, qu’elles soient strictement françaises ou plus largement européennes.
Itou pour l’Europe, personne, à l’exception de Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen, n’osant affirmer comme ils auraient pu le faire naguère, que cette même Europe serait source de mille félicités.
D’où cet accord relatif entre les parties en présences, sur des problèmes d’ordre technique, nombre de fonctionnaires, signes religieux dans l’espace public, âge de départ à la retraite, moyens des forces de police. Car la différence se joue plutôt sous l’angle politique : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se retrouvent souvent sur la même ligne, nonobstant leurs itinéraires personnels et leurs cultures politiques d’origine. Bref, ce sont les deux à avoir une vue globale, alors que les trois autres ne portent sur le sujet qu’un simple regard comptable.
Là où ce que l’on ressent de manière diffuse éclate au grand jour, c’est lors de la dernière partie du débat, consacrée à la politique étrangère. À l’occasion, François Fillon se réveille un peu, se rappelle à la fois de son vieux tropisme gaulliste et de ses promesses de pré-campagne désormais plus ou moins avortées. Un peu tard toutefois, pour combler le retard pris sur les deux trublions qui, eux, semblent avoir une vision autrement plus stratégique de la question, avec en commun la condition d’une véritable diplomatie française ayant pour préalable une sortie de l’OTAN. Rien de bien neuf sous le soleil, mais il était intéressant de constater que cette union des patriotes des deux rives n’était pas seulement vue de l’esprit ; surtout à la vision d’un Emmanuel Macron explosant en plein vol, dans une envolée géopolitique digne des grandes heures de Raymond Devos, et sans nulle doute destinée à demeurer dans les bêtisiers télévisuels des décennies à venir.
Au final, les déclarations d’intention. Fillon assure qu’il n’est pas parfait, mais assure qu’il fera mieux, puisque maire d’une petite commune. Hamon fait de la calinothérapie avec une démocratie bienveillante et un futur désirable. Le Pen, avec bon sens féminin de rigueur, estime en substance, que pour influer sur leur destin, les Français doivent redevenir maîtres chez eux. Mélenchon s’en prend aux forces de l’argent, en bon socialiste forgé à la lecture de Charles Péguy qu’il est devenu. Macron fait du Macron, façon séminaire d’entreprise, et en appelle à lutter contre les forces de la peur. Même celle du ridicule ?
Pour le reste, on a connu pire soirée.
http://www.bvoltaire.fr/nicolasgauthier/tf1-pen-melenchon-de-politique-autres-de-figuration,321824