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France et politique française - Page 4953

  • Les bras cassés du président

    Tel président, tels ministres. Les « bras cassés » ne manquent pas dans l'entourage de François Hollande. Petits portraits des plus remarquables.
    Jean-Marc Ayrault : quelle autorité !
    Le 27 août 2012, répondant sur France 2 à ceux qui doutaient - déjà - de son autorité, le premier ministre Jean-Marc Ayrault déclarait qu'il faudrait « s'habituer » à ce qu'il était : « un homme à la fois d'autorité mais de dialogue... » Aux journalistes peut-être un peu dubitatifs - allez savoir pourquoi -, qui lui demandaient si, vraiment, il possédait bien cette autorité nécessaire à sa fonction, il précisait même : « parfois, on me reproche d'en avoir trop. » Baste ! Qui l'eût cru?
    Eh bien, personne apparemment. Très rapidement, l'ancien prof d'allemand Ayrault a dû faire la police dans son gouvernement comme jadis dans sa classe, pour rappeler à l'ordre tel ou tel cancre chahuteur : Peillon par-ci, Montebourg par-là... Ce dernier ne doit pas être très impressionné par l'autorité naturelle du chef du gouvernement, puisque, comme le reconnaît le premier ministre lui-même dans le Journal du Dimanche, il lui a adressé, en décembre 2012, ces paroles fleuries : « Tu fais ch... la terre entière avec ton aéroport de Notre-Dame-des-Landes dont tout le monde se fout. Tu gères la France comme le conseil municipal de Nantes. » Grand seigneur, Ayrault affecte la magnanimité : ce qui compte pour lui, dit-il, « c'est l'action de [son] gouvernement pour le redressement du pays, sous l’autorité du chef de l’État. » Et d'ajouter : « Nous sommes une équipe, nous devons jouer collectif. » Malheureusement, son ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, n'a pas la même conception de l'autorité : répondant le 4 avril à Jean-Jacques Bourdin sur RMC-BFMTV, il avoue qu'à la place d'Ayrault, il aurait « sans doute » viré Montebourg. Le jeu « collectif » du gouvernement ressemble de plus en plus à celui de l'équipe de France lors de la coupe du monde en Afrique du Sud, qui se termina par une grève des joueurs. Il est vrai que Jean-Marc Ayrault a autant de charisme et d'autorité que l'entraîneur Raymond Domenech.
    H.B.
    Vincent Peillon : a fumé !
    « Comme ministre de l'Education nationale, c 'est un sujet qui concerne directement notre jeunesse », affirmait en octobre 2012 Vincent Peillon, en demandant l'ouverture d'un débat sur la dépénalisation du cannabis. Évoquant à ce propos les trafics illicites dans les banlieues françaises, il en profitait pour critiquer « les millions de bobos qui, paraît-il, sont les mêmes qui font les commentaires, mais vont se servir dans ces proches banlieues ». Le ministre de l’Éducation a-t-il fumé ? On pourrait parfois se poser la question. Deux appels téléphoniques, l'un de Matignon, l'autre de l'Elysée, l'aidèrent en tout cas à reprendre ses esprits : faisant publiquement repentance, il expliqua qu'il n'avait formulé qu'une « réflexion personnelle », qui ne contrevenait pas « à sa solidarité totale et entière à la position du président de la République et du gouvernement sur le sujet. »
    J-P.N.
    Christiane Taubira, faut-il apprendre a lire une loi ?
    Les premiers pas de Christiane Taubira, farouche indépendantiste guyanaise, au ministère de la Justice, ont été marqué par un de ces incidents qui suffisent à symboliser une politique : lors de la finale d'un tournoi de basket opposant, à Bercy, une équipe de gardiens à une équipe de prisonniers, rencontre à laquelle elle assistait personnellement, l'un des détenus-joueurs parvint à se faire la belle, montrant ainsi que l'évasion par le sport, c'est possible ! Le ministre inaugurait ainsi, sans l'avoir voulu, sa ligne politique, visant à « désengorger » les prisons.
    Elle a récemment donné une nouvelle preuve de sa mansuétude à l'égard des délinquants, en défendant devant les parlementaires le projet de loi déposé au Sénat et censé amnistier les syndicalistes auteurs de délits commis dans le cadre de mouvements sociaux, projet qu'elle qualifiait d'« œuvre de justice ». Hélas ! Un juriste de l'association Sauvegarde Retraites, Pierre-Edouard du Cray, ayant eu la curiosité de lire le texte de loi, s'est rendu compte qu'à la faveur d'un amendement déposé (par hasard ?) par une élue socialiste, l'amnistie englobait aussi l'ensemble des délits financiers commis ces dernières années par les syndicalistes. Boulette ou tentative de blanchir les responsables de ces malversations en trompant à la fois les parlementaires et l'opinion ? Dans le dernier cas, le garde des Sceaux se moque du peuple ; dans le premier, elle devrait apprendre à lire un texte de loi.
    H.B
    Laurent Fabius : Pinocchio accusateur
    Adversaire déclaré, au PS, de François Hollande, qu'il compara à une fraise tagada, Laurent Fabius a néanmoins accepté le maroquin des Affaires étrangères dans le gouvernement Hollande, et n'y fait guère de bruit, sauf lorsqu'il voudrait armer en Syrie les petits frères des djihadistes qui combattent nos soldats au Mali. Sans doute par souci d'être à la mode, il a reproché à Jérôme Cahuzac, le 3 avril sur BFMTV, de s'être « enfermé dans une spirale absolument dévastatrice du mensonge », en déplorant « l’effet que cela fait auprès des Français, qui vont se dire "tous pourris" », et en concluant : « C'est dévastateur pour la vie civique. » L'ancien premier ministre du Rainbow-Warrior et du sang contaminé parle en expert.
    H.B.
    Valérie Tierweiler, concubine : tout l'art du tweet
    Cette idée ne consolera sans doute pas François Hollande : la popularité de sa concubine a plongé encore plus vite et presque aussi bas que la sienne. Il a suffi pour cela d'un tweet vindicatif adressé au rival politique de Ségolène Royal, Olivier Falorni, lors des dernières élections législatives à La Rochelle. Une icône lui est consacrée sur le site Internet de la Présidence de la République, assez curieusement puisqu'elle n'a aucun lien matrimonial avec François Hollande. Ce dernier emmène néanmoins sa bonne amie dans les bagages lors de ses voyages officiels. Au dernier jour de la visite du président au Maroc, le 5 avril, elle portait le voile islamique. Si elle accompagne un jour son concubin en Arabie Saoudite, gare aux caillasses ! J-P.N
    monde & vie 9 avril 2013

  • Le clientélisme électoral

    Colloque de l’Institut de géopolitique des populations – 13 avril 2013 – Immigration et élections : la droite pourra-t-elle encore gagner ?

    Intervention de Françoise Monestier

    Chaque année, le gouvernement et les différentes collectivités territoriales (régions, départements, communes) arrosent les associations antiracistes et communautaristes afin d’acheter la paix sociale, la paix raciale, la paix civile ou, plus prosaïquement, les voix de ces nouveaux citoyens, devenus français pour inverser le cours de notre histoire millénaire.
    Le clientélisme électoral, ou comment caresser certains dans le sens du poil, a atteint des sommets le 19 août dernier, à l’occasion de la rupture du jeûne du ramadan. François Hollande, élu, il est vrai, grâce aux banlieues de l’islam (plus de 86% des Français d’origine musulmane ont voté Hollande au deuxième tour), a tenu à assurer les 8 millions de musulmans vivant en France de tous ses vœux de bonheur : « Je souhaite que cette fête du pardon, du partage et du souci de l’autre contribue à la concorde dont notre nation a tant besoin. » En revanche, les catholiques de France ont vainement attendu un tel message après la rupture du Carême chrétien pour les récentes fêtes de Pâques.
    Quelle meilleure définition du clientélisme donner que celle d’un élu socialiste de Marseille, Philippe San Marco, invité d’un colloque qui se tenait à Aix-en-Provence en 2003 ? « Le système clientéliste se développe lorsque des communautés fragiles ont besoin d’aides pour s’insérer. » Et de poursuivre, je cite toujours : « Une communauté d’origine étrangère, citoyens français de fraîche date, là c’est parfait. »
    « On voit bien comment, aujourd’hui, des Maghrébins ont été et font partie intégrante du système clientéliste. Il a fallu attendre que la jeune génération maghrébine se retrouve sur les listes électorales pour que, brutalement, des élus ouvertement racistes découvrent tout à coup que des noms à consonance maghrébine devenaient un électorat intéressant. » Tout est dit.

    Les affaires de Marseille et d’ailleurs
    Cet élu décrit mieux que quiconque les affaires de Marseille et ce clientélisme qui sévit en particulier dans les quartiers nord de la ville, devenus le sinistre laboratoire d’une diversité désormais ingérable, même si le préfet délégué à la sécurité de la ville, Alain Gardère, a le toupet de dire que « Marseille est une ville plutôt paisible ».
    Sylvie Andrieux, députée socialiste de Marseille, a été la seule à comparaître devant le tribunal correctionnel local pour complicité de détournement de fonds publics vers des associations fictives. Près de 750.000 € auraient ainsi été versés à des fins électoralistes à ces associations lorsque l’élue était vice-présidente de la Région, chargée de la politique de la ville. Des petits caïds des cités sensibles rongées par les trafics de drogue et les règlements de compte à répétition ont reconnu les faits et raconté comment l’institution régionale socialiste, dirigée par Michel Vauzelle, finançait leurs associations créées de toutes pièces, souvent sous des noms d’emprunt.
    La prévenue nie en bloc, bien que les enquêteurs aient retrouvé un tableau, annoté de sa main, indiquant les noms des associations à subventionner et mentionnant même, notez bien : « Très important. 80% à ce bureau de vote. » Le parquet a requis deux ans de prison avec sursis, sans compter une forte amende et cinq ans d’inéligibilité. Comme l’a dit son attaché parlementaire au juge Landau : « Le fait d’aider abondamment les associations est le résultat d’une stratégie politique ; les vannes sont ouvertes en grand dans un but que l’on peut qualifier d’électoraliste et de clientéliste. » En contrepartie des subventions, les petits caïds s’engageaient à faire voter socialiste et à remplir les salles de meeting.
    Que se passera-t-il d’ici le 22 mai, date du jugement ? Rien, sinon des morts dans les cités sous perfusion socialo-affairiste et des querelles entre les différents protagonistes des affaires phocéennes, tous complices dans ce soutien aux caïds arabo-musulmans.
    Marseille n’est pas la seule ville touchée par le phénomène : Lille, Paris, pour ne parler que des plus emblématiques, ne sont pas en reste. Bertrand Delanoë a, lui aussi, ses amitiés particulières avec ses potes pour lesquels il organise une fête du ramadan richement dotée. Quant à Martine Aubry, elle a récemment dansé à Alger sur des chants patriotiques du FLN, sachant très bien que pour être réélue maire en 2014, elle se doit d’avoir le concours des nombreux électeurs d’origine maghrébine inscrits à Lille. Quant à Claude Bartolone, il n’a pas manqué, lors d’un récent déplacement à Alger, de se recueillir au sanctuaire du Martyr, un geste que ne manqueront pas d’honorer ses électeurs afro-maghrébins, en passe de devenir majoritaires dans le « 9-3 ». Et n’oublions pas l’arrosage des caïds locaux imputé à Serge Dassault, le très droitier propriétaire du Figaro.

    Les départements sous assistance respiratoire
    Avant d’avoir tiré sa révérence dans les conditions que l’on sait, Jérôme Cahuzac a donné un petit coup de pouce à ses camarades socialistes du Conseil général de Seine-Saint-Denis devenus les pompes à finances sociales de la République. Ainsi, par un arrêté paru le 26 février 2013 au Journal officiel, celui qui était alors ministre du Budget a autorisé une avance de trésorerie au département qui a assuré une élection de maréchal soviétique à François Hollande. Comme le reconnaît le président du département, le socialiste Stéphane Troussel : « Le nombre d’allocataires du RSA a augmenté de 5% en 2012 et coûtera 335 millions en 2013, soit 20% du budget de fonctionnement. » Quant aux dépenses sociales de ce département, emblématique du nouveau visage de notre pays, elles seront en progression de 30 millions cette année.
    Une telle dérive illustre le dernier rapport de la Cour des comptes soulignant la fragilisation croissante des budgets départementaux, véritablement plombés par les dépenses sociales. L’exemple du 9-3 est patent et montre que ses allocataires du RSA, issus en majorité de l’immigration afro-maghrébine, se complaisent dans l’assistanat et ne veulent surtout pas perdre leurs avantages sociaux, souvent agrémentés par les profits de l’économie souterraine et illicite découlant de divers trafics, de cigarettes, de drogue ou de puissantes voitures volées, de la contrefaçon ou de la prostitution.

    Citons le géographe Christophe Guilluy qui rappelle dans les chiffres suivants : « Entre 1968 et 2005, la part des jeunes d’origine étrangère est passée de 22% à 76% à Clichy-sous-Bois, de 23% à 75% à Aubervilliers, de 22% à 74% à La Courneuve… »

    Les millions engloutis des banlieues
    Les six jours de grève de la faim entamés en novembre dernier par le maire de Sevran, l’écolo-communiste Stéphane Gatignon, donneront sûrement des idées aux copains, puisque l’édile a fait céder le gouvernement et obtenu cinq millions d’euros de subventions, alors qu’il n’avait plus un sou en caisse.
    Rappelons d’ailleurs que le ministre de la Ville, François Lamy, a obtenu une hausse historique de la dotation de développement urbain (DDU) bénéficiant aux 100 communes les plus nécessiteuses.
    Ces communes ne méritent cependant pas le terme de pauvres si l’on en juge par les équipements (stades, piscines ou autres médiathèques) dont elles bénéficient mais elles peuvent très bien partir en fumée comme lors des émeutes du ramadan en 2005… si l’on en juge également par les cylindrées de luxe circulant dans ces banlieues. Mais le phénomène est le même à Roubaix, à Vaulx-en-Velin ou au Mirail à Toulouse…

    Le scandale des subventions
    Chaque année, la foire aux subventions et la distribution de la manne publique s’organise au niveau de l’Etat, des régions, des départements et des communes. C’est à qui sera le plus généreux avec les lobbies antiracistes et/ou immigrationnistes et toutes les associations qui, de près ou de loin, ont un lien avec l’islam.
    Près de 34 milliards d’euros sont ainsi distribués. Le Jaune des Associations (trois gros volumes de plusieurs milliers de pages) récapitule toutes les largesses accordées par les ministères et autres secrétariats d’Etat. SOS-Racisme, France Terre d’Asile ou Act-Up sont largement servis mais les associations de défense des immigrés touchent le Jackpot et notamment l’AFTAM (Association pour les foyers de travailleurs immigrés) créée par feu Stéphane Hessel, qui a reçu près de 3 millions d’euros en 2010.
    Plus de 18.000 associations sont ainsi arrosées et surtout de nombreuses structures étrangères depuis la loi Mauroy du 9 octobre 1981 qui a exonéré la constitution d’associations étrangères de l’autorisation du ministère de l’Intérieur.
    Chaque année, la part réservée aux associations antiracistes augmente de manière significative. Ainsi, les fonds alloués à ces organisations sont en effet passé de 1,2 milliard d’euros en 2009 à un minimum de 1,5 milliard en 2010. Notons qu’il est difficile d’établir un chiffrage exact, tant les « faux nez » de ces associations sont légion.
    Du côté des bénéficiaires, citons l’association Ni Putes Ni Soumises, véritable place-forte du pouvoir socialiste en milieu allogène, qui vit de fonds publics à plus de 95% et joue souvent les agents électoraux dans les cités…
    1,2 million d’euros de subventions, qui dit mieux ? C’est le joli pactole touché par une mystérieuse Fondation « Femmes pour la Méditerranée » qui prétend mener des actions à l’intention des femmes du monde arabe, mais l’Annuaire de l’association de la loi de 1901 note que cette fondation n’a publié aucune annonce de quelque activité que ce soit. Bref, du vent. A moins que le fameux Printemps arabe n’ait suscité des vocations !

    Et du côté des clandestins ?
    Dans une de ses récentes monographies, Jean-Paul Gourévitch traite des surcoûts de l’immigration irrégulière, en clair des clandestins que le conseiller d’Etat Thierry Tuot, poisson-pilote du premier ministre, presse de régulariser en masse, selon l’adage bien connu que le clandestin d’aujourd’hui est notre concitoyen de demain et un électeur socialiste après-demain !
    Les chiffres cités par Jean-Paul Gourévitch font froid dans le dos. Les soins de santé pour les migrants irréguliers représentent 622 millions d’euros (sans parler des fraudes), auxquels on ajoutera la scolarisation de leur progéniture (122 millions d’euros), le coût des centres de rétention (79 millions d’euros), les reconduites à la frontière (675 millions d’euros) et d’autres babioles qui font grimper l’addition à 1,666 milliard d’euros.
    En 2002, la Cour des comptes, qui chiffrait déjà à 50 milliards la politique dite de la ville, dénonçait le scandale des subventions attribuées dans « une totale opacité » et préconisait l’arrêt de cette « machine sans compteur ». Arrêter d’urgence cette machine de plus en plus folle, voici une piste à creuser pour le gouvernement qui prétend vouloir réduire de 10 milliards d’euros notre déficit.
    Françoise Monestier 13/04/2013 http://www.polemia.com

  • Un excellent papier de Guillaume de Thieulloy : La victoire est à portée de main mais à certaines conditions

    La loi Taubira a donc été votée. Ce vote me laisse sur un double sentiment et une certitude : un sentiment d’amertume et de détermination et la certitude que la victoire est, malgré tout, à portée de la main… à la condition d’en prendre les moyens.

    Un sentiment d’amertume, tout d’abord. Amertume, naturellement, devant le mépris du gouvernement pour le mouvement populaire le plus massif des dernières décennies. Amertume de voir toute cette fabuleuse énergie militante dépensée en pure perte – en apparence, du moins (car, comme disait le grand Charette : « Rien ne perd, jamais »). Amertume aussi de voir toutes les victoires sémantiques et politiques engrangées par le lobby LGBT, très largement par notre faute. C’est ainsi, par exemple, que tout notre mouvement a été conduit dans l’impasse du « contrat d’union civile ». Désormais, nous faisons (ou d’autres font en notre nom, peu importe) campagne pour ce « CUC », dont la majeure partie d’entre nous ne voulait pas, voici à peine 6 mois. Je sais bien que, dans la loi Taubira, le plus grave réside dans le droit des enfants qui sera violé avant même leur conception. Mais je ne comprends pas pourquoi nous nous sommes fourvoyés dans cette voie de proposition. Un mouvement populaire est là pour dénoncer, pas pour proposer. Que les parlementaires proposent des solutions, c’est leur rôle. Le nôtre était de dire que nous refusions la loi Taubira, pas d’avaliser sans combattre une nouvelle étape de la déstructuration de la famille. Presque seule, Christine Boutin a eu le courage de dénoncer cette impasse, mais je suis intimement persuadé que son avertissement rejoint les préoccupations de nombreux [...]

    La suite sur Nouvelles de France
    http://www.actionfrancaise.net

  • Il faut placer le Parti socialiste à droite

    Il est très probable que le plus grand spécialiste de la droite, récemment décédé, soit René Rémond. Auteur de «La Droite en France de 1815 à nos jours.», ouvrage régulièrement réactualisé, son livre, « les droites aujourd'hui » (2005) peut nous apparaître comme son dernier témoignage.

    Malgré tout le prestige consécutif à sa brillante carrière, on sait qu'il fut lui aussi confronté à ce que nous avons coutume d'appeler le terrorisme intellectuel: s'il eut raison, bien placé qu'il fut pour pouvoir en parler doctement, de déclarer que le Front National n'était pas un mouvement d'extrême droite, tout comme le fit aussi Lionel Jospin par ailleurs, il n'en fut pas moins vilipendé par chiennes et chiens de garde.

    Etudiant les droites aujourd'hui, René Rémond s'interroge bien évidemment sur la pertinence du référentiel droite/gauche: on se doute que la droite ne peut être que si la gauche elle même existe. Or, aux yeux de l'historien politologue, les deux principes essentiels permettant de distinguer les deux grandes composantes ne sont plus aujourd'hui. Ainsi en est-il par exemple de la république, naguère motif à opposition, aujourd'hui consensuelle. Ainsi en est-il aussi de la laïcité, la droite d'autrefois prônant un vote clérical.

    N'existe plus aujourd'hui que des traces de l'antagonisme initial ; on sait le caractère farfelu de l'expression de « laïcité positive » : ce n'est pourtant pas un hasard si le propos émane d'un homme classé à droite. On sait aussi que là où Nicolas Sarkozy a bloqué le smic, François Hollande l'a augmenté de 0,5%. Voilà bien qui justifie l'idée de « trace », les divergences frontales du passé n'étant plus.

    Dans le cadre de l'élection présidentielle de 1981, quatre candidats majeurs se distinguaient. Les Français avaient alors un choix entre quatre modèles de société différents. Ce choix, cette diversité, ne sont plus aujourd'hui. Quant à la distinction entre droite et gauche, elle n'est plus opérante. Il n'est par exemple pas difficile de constater que Jean-Marc Ayrault est beaucoup plus proche de Jean-Louis Borloo que de Jean-Luc Melenchon. De par le passé au contraire, il y avait un mur séparant gauche et droite au point que c'était deux mondes qui s'opposaient: selon que l'on faisait, partant du plein centre, un petit pas vers la droite ou vers la gauche, on choisissait un univers mental tout à fait différent.

    Il est pourtant encore possible de conserver une certaine persistance au repère initial. Pour se faire, il suffirait de déplacer l'origine du référentiel. C'est ainsi que si on place le centre à la gauche du parti socialiste et non plus comme on le fait aujourd'hui à sa droite, le repère droite/gauche retrouve une certaine pertinence. Des exemple ? Pas un hasard si la question palestinienne est abordée avec sympathie au Front de gauche alors que le sionisme est consensuel au parti socialiste. Pas un hasard non plus si le Front de gauche propose une solide alternative en matière d'économie alors que les Français n'ont pas eu l'impression dans ce domaine de connaître un quelconque changement. Idem pour l'aspect législatif, puisque le Front de gauche promeut l'idée d'une sixième république.

    Nulle méchanceté de ma part mais pour rendre à nouveau opérant le référentiel droite/gauche de naguère, il suffit, à juste titre, de placer le parti socialiste à droite...
    Alain Rebours http://www.voxnr.com

  • « Mariage pour tous » : le Printemps français Rouen parodie !

    Le 23 avril dernier, jour du vote solennel de la loi Taubira à l’assemblée nationale, le Printemps Français Rouen organisait une parodie de célébration du vote de la loi dite du « Mariage Pour Tous » par le président François Hollande :
    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Qe6as9mSd_0

    http://www.contre-info.com/

  • La Police désavouée par la Justice


    Communiqué du Réseau-Identités : Interpellation de membres du Réseau-Identités en marge de la « Manif pour tous ».
    L
    e Réseau-Identités vient d’avoir son premier Gardé à Vue et il a un nom… Enfin, un pseudonyme car Pierre a dû prétexter une "gastro" pour ne pas se faire licencier par son patron pour son absence du lundi. Les temps sont durs que voulez-vous...
    Ainsi donc, venus une fois de plus manifester leur opposition à la loi sur le “mariage pour tous”, la délégation du Réseau conduite par son porte-parole Richard Roudier, a rapidement focalisé l'attention des forces de l'ordre. Motif: appartenance à un groupe identitaire! « Eh bien oui, messieurs les représentants des forces de l'ordre, nous assumons : le Réseau-identités est bien un mouvement identitaire et patriote!"¢


    Fouille des sacs, mains sur la tête, palpation des parties intimes, la fébrilité policière devait rapidement se transformer en opération de police politique. Le comble du ridicule fut atteint lorsque un officier du détachement « flicard » ordonna l'interpellation de Pierre pour « détention de matériel de transmission et de défense ». Trente heures de GAV, ce n'était pas pour dérouter notre ami, ce dernier étant sensé être familiarisé avec une réalité bien connue de tout militant: la démocratie à géométrie variable... Selon que vous serez politiquement corrects ou non, vous serez jugés blanc ou noir!

    La fin des 24 heures légales approchant, Pierre attendait avec philosophie sa remise en liberté lorsque l'OPJ lui signifia sa proche présentation devant le substitut du procureur afin de statuer sur sa possible mise en examen. Accompagné de ses nouveaux compagnons d'infortune, eux aussi interpelés en marge de la “manif pour tous”, en route dans le panier à salades, menottes aux poignets, pour les si chaleureuses cellules du "dépôt" –la fameuse souricière bien connue des pégriots- située sous le Tribunal de Grande Instance de Paris. Fouille, verrous, escaliers, grilles, refouille... Gardiens et racailles, tous aussi étonnés de voir des individus ne correspondant pas du tout au "public" habituel de ces lieux. Fonctionnaires et délinquants également d'accord avec notre opposition à cette loi considérée par tous comme "contre nature"! Paradoxe que cette unanimité…

    Cinq heures d'attente plus tard, une idée folle commençait à s’insinuer peu à peu dans l’esprit de Pierre: et si le seul fait d'avoir été présent à une manifestation par essence anti-gouvernementale le conduisait d'OPJ et de commissariat, en procureur et dépôt, puis en Maison d'arrêt et matons? Pierre crut donc avoir mal entendu lorsque le substitut du procureur lui annonça le classement sans suite de son dossier... Le fonctionnaire qui le ramena hors des murs du dépôt résuma bien cette affaire : "Tout ça pour ça!".

    Il faut dire que durant tout ce temps, les membres du Réseau n’étaient pas demeurés inactifs, mettant un peu de « rambal » au commissariat du 15ème arrondissement, puis dépêchant un avocat qui put s’entretenir avec le gardé à vue quelques heures seulement après son interpellation.

    Pierre a pu ainsi rentrer chez lui, savourer cette liberté toute neuve qu'il avait bien failli perdre sur un emballement de la machine à réprimer qui cimente désormais la société française de souche. Qu'en sera-t-il lors de sa prochaine manifestation? Qu'en sera-t-il le 26 mai par exemple...¢

    Réseau-Identités
    www.reseau-identites.org

  • [Paris] Samedi 11 mai, grande réunion publique d'Action française avec Alain Soral et Jacques Tremolet de Villers

    Meeting - Réunion publique samedi 11 mai de 14 heures à 18 heures à la Maison des Mines (270 rue Saint-Jacques, Paris 5e, RER Port-Royal) sur le thème : "pour un printemps français, utopies et légitimité".

    Avec
    - Me Jacques Tremolet de Villers, avocat, écrivain et journaliste,
    - Alain Soral, écrivain et essayiste
    - Stéphane Blanchonnet, président du Comité directeur de l’Action Française,
    - Olivier Perceval, secrétaire général de l’AF,
    - Bernard Pascaud, président de la Restauration nationale et responsable de l’AF Aquitaine, - Antoine Desonay, secrétaire général des étudiants d’AF,
    - sous la présidence de François Marcilhac, directeur éditorial de L’Action Française 2000.

    2€ pour les lycéens, étudiants et chômeurs et 5€ pour le tarif normal.

    o Banquet - La soirée se terminera par un banquet à 20 h 45 dans un restaurant du quartier Latin, l’Escarmouche, 40 rue de la montagne Sainte-Geneviève (métro Cardinal Lemoine ou Maubert-Mutualité). Participation (entrée, plat et dessert, plus un quart de de vin) : 30 euros par personne ; étudiants et chômeurs : 20 euros. Nous remercions par avance nos amis dont la générosité nous permettrait d’ouvrir le banquet à de jeunes militants désargentés...
    Renseignements et inscriptions : communication@actionfrancaise.net ou 06 88 97 00 40.
    http://www.actionfrancaise.net

  • La loi Taubira : une erreur électorale pour le PS

    Le démographe Hervé Le Bras est interrogé sur Rue89. Extraits :

    Comment interprétez-vous l’ampleur des manifestations contre le « mariage pour tous » ? Pouvait-on prévoir un tel mouvement ?

    Dans notre livre, nous avons pointé ce qu’on a appelé « le catholicisme zombie » : malgré la disparition quasi complète de la pratique religieuse, qui ne concerne plus que 6% des Français, et 1% des 18-24 ans, il reste une manière de vivre, nous disons une « anthropologie » façonnée au cours des siècle par l’Eglise catholique. [...] Avec le « mariage pour tous », le PS vient à mon avis de s’aliéner ce qui a été à la base de son succès lors des dernières élections. C’est une erreur électorale énorme. Il ne pouvait peut-être pas le prévoir.

    [...] Les gens ne sont pas tout d’un coup revenus à l’Eglise à la faveur du débat sur le « mariage pour tous » ! Si le catholicisme reste présent en France, c’est de façon sous-jacente, par l’attachement à des valeurs.

    [...] L’opinion française est de droite, oui. Elle est attachée à la propriété, au maintien des hiérarchies, elle entretient une méfiance vis-à-vis de l’étrange. Et elle se droitise. Constater cela peut sembler bizarre alors que la gauche détient tous les postes électifs ! [...]"

    Michel Janva http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Regards sur la France actuelle

    Tout n'est, en fait, qu'une question de mémoire. Et l'on sait combien la mémoire est l'un des facteurs essentiels de la personnalité et de l'identité. Mais l'on connaît aussi ses limites, ses failles, ses approximations, ses certitudes mensongères, ses élaborations rétrospectives, ses oublis sélectifs, ses anachronismes...
    J'ai souvenir d'un passage du célèbre film d'Abel Gance, Napoléon, où était égrenée par les sentinelles de nuit de l'Armée d'Italie, en guise de mots de passe, des nom de batailles cruciales pour notre pays, Bouvines, Rocroi, Fontenoy... Je me demande si ces souvenirs glorieux qui, manifestement, signifiaient encore quelque chose pour des Français de 1927 (le cinéma étant une industrie culturelle de masse), présentent encore quelque intérêt pour le consommateur spectateur de 2013, et surtout pour la grosse classe moyenne, qui constitue le ventre mou de la société en même temps que sa conscience.
    Quelle conscience, au juste ?
    On pourrait s'appuyer sur l'instinct qui, comme la Terre, ne saurait mentir. Un de Gaulle, par exemple, comme beaucoup d'hommes et de femmes nés à la fin du dix-neuvième siècle, affirmait la permanence des peuples, la persistance de leurs traits distinctifs, qui, après une catastrophe, pouvaient reparaître comme une source résurgente. Un instinct, donc, se manifeste, quel que soit le moment, et même, quel que soit le lieu. Le peuple québécois, perdu dans la masse anglo-saxonne, exprime, malgré tout, le génie d'une France qui l'avait pourtant abandonné.
    La geste gaullienne serait une illustration convaincante de cet acte de foi dans la pérennité de la Nation. Cette mystique n'est d'ailleurs pas sans supposer une traduction politique, car entre l'expression de cette identité singulière et ce qui en fait l'incarnation, le peuple, il ne saurait y avoir que des intermédiaires qui en opacifient le rapport, et le trahissent parfois.
    On mettra de côté la question d'une problématique « race » française, dont on sait qu'elle n'existe pas d'un point de vue génétique, à moins d'en saisir le sens dans une acception fort large, qui se rapporterait à une filiation historique, à une généalogie patriotique, qui ne saurait être, pour un pays comme la France, qu'intimement liée à la structuration d'un Etat générateur d'un espace unifiant des « ethnies » diverses.
    L'imaginaire vaut autant, en Histoire et en politique, que des faits en apparence plus solides. L'essentiel, pour appréhender la France actuelle, est de savoir ce qui en fonde la mémoire. On reste très circonspect en ce domaine, et une enquête exhaustive serait opportune, notamment chez les plus jeunes.
    Quoi qu'il en soit, les événements récents ont pris des allures de divine surprise pour maints commentateurs « nationaux » de la chose publique. Le mouvement de protestation contre la loi Taubira, la « manif pour tous », dont la figure emblématique est Frigide Barjot, et sa déclinaison plus politique, le « Printemps français », conduit par Béatrice Bourge et, en sous-main, par des groupes identitaires ou traditionalistes, comme Civitas, donne l'impression jubilatoire du « revival » d'une France méprisée et occultée par les élites qui se révèle enfin. Un coming out national, en quelque sorte. La population silencieuse, qui paie ses impôts, élève correctement ses enfants, respecte les lois, sinon même les traditions, semble se lever, s'insurger contre un désordre éthique, destructeur de la société, de nos usages et de nos valeurs.
    Les rêves de révolte, de « mai 2013 », d'explosion politique, nourris par le ressentiment social croissant, les déconvenues de l'équipe au pouvoir, qui poursuit, sur le même chemin néfaste que les dirigeants de droite qui l'on précédée le travail de destruction de notre pays, n'ont pas manqué de se manifester ici ou là. Et certes, la colère populaire est telle qu'une étincelle peut mettre le feu, comme il suffit d'une extension de la lutte des étudiants, en 1968, pour que le « mouvement du 22 mars » devînt ce que l'on a appelé les « événements », et même parfois la « révolution », en tout cas une explosion qui a pu prendre des allures insurrectionnelles. Il faut se replonger dans les détails de cette période pour prendre la mesure du désarroi de l'Etat de ce temps, qui n'est pas sans rappeler les errances du pouvoir actuel.
    Cependant, une simple évaluation rétrospective permettra de remettre, si l'on ose dire, les pendules à l'heure. C'est devenu un truisme, maintenant, que de rappeler comment les chefs des groupuscules gauchistes de la fin des trente glorieuses, qui voulaient renverser Babylone pour instaurer un régime égalitaire, sont devenus les éléments les plus performants de la nouvelle société postmoderne, décomplexée, adepte du fric roi, de la manipulation idéologique cynique et de la destruction de tout ce qui fonde une vie décente. Les Gracques sont devenus des Néron, sans grosse crise d'identité. On croyait renouveler une Spartes à la sauce chinoise, on s'est retrouvé dans un fast food.
    Les années soixante, en France, sont une période que l'on se garde bien de rappeler, sauf sur le mode de la dérision. Elles n'apparaissent pas seulement comme une ère « miraculeuse » de croissance économique, privilège qui n'appartient pas seulement à la France d'alors, mais, à la lumière de l'effondrement universel des quatre décennies dernières, comme une tentative de renforcement de la communauté nationale par l'action volontariste de l'Etat, un môle de résistance au déferlement américain et à l'agression communiste. Quelle ne fut pas la surprise des partisans du général de Gaulle de constater combien la fracture était abyssale entre une France officielle, orgueilleusement ac-boutée sur un passé glorieux, archéomoderniste, si l'on peut dire, essayant de tracer une « troisième voie » équilibrée entre socialisme et libéralisme effréné, et une France sourdement minée par la société de consommation, hédoniste, soucieuse d'accumulation de biens de consommation et de bonheurs privés, attentive aux messages de « libération » sexuelle, d' « épanouissement » et d'expression décloisonnée. Il est intéressant de suivre les débats qui eurent lieu, à ce sujet, notamment dans le domaine éducatif.
    On appellera « américanisme » ce courant universel qui emporta presque tout, y compris une certaine Amérique. C'est un mouvement qui s'appuie puissamment sur ce que l'individu comporte de plus faible en lui, et qui nie tout aussi bien la dimension tragique et la tentation héroïque de l'homme.
    Jamais une évolution historique ne s'est réalisée à une telle vitesse. Le temps s'est accéléré, et une rupture générationnelle a scindé le siècle. La génération née dans les années soixante a été profondément marquée par les nouveaux habitus, qui se traduisent aussi bien dans les goûts, les comportements, que dans les tics physiques. La télévision montre maintenant volontiers des visages, par exemple ceux des présentateurs de journaux, dont la physiologie, l'apparence, le « look », le style, les mimiques, singent les expressions américaines ; et l'on voit même ces facies dans les relations quotidiennes, les tonalités de langage, les remuement d'yeux et de bouche, les stéréotypes de langage, directement puisés dans les séries hollywoodiennes. Et combien de nos compatriotes, maintenant, s'adressent à autrui en mâchouillant la petite gomme!
    Les revendications récurrentes d'une « bouffe » saine, de la nécessité de prendre le temps de vivre, d'échapper aux contraintes de la société moderne, se présentent de plus en plus comme des slogans qui prennent à contre-pied la réalité manifeste d'une existence de plus en plus dévorée par l'american way of life. Et si une telle nécessité, imposée par les conditions de travail, de transport, la déstructuration de la vie familiale, a pu susciter un certain malaise pour ceux qui étaient habitués à un régime plus authentique, la génération récente n'y voient plus aucun inconvénient, comme elle prise sans réel problème la musique populaire produite par des groupes français, mais accompagnée de paroles en anglais.
    La vie sociale et politique n'est pas indemne de cette contamination. Le style américain a imprégné nos réflexes et notre vision de l'action. La judiciarisation s'est immiscée partout, et il n'est guère plus de domaines où il soit permis de faire intervenir la justice, tant individuellement que collectivement. Tout est devenu matière à chicane, travers qui engraisse particulièrement la gente avocaillonne. Même phénomène pour la secte des psychologues, adepte des cellules payées aux frais du contribuable. Il faut de même travailler sa libido, son mental, et coacher sa carrière. Si l'on ne se satisfait pas de la vie matérialiste, on peut opter pour la religiosité, qu'on offre à la carte. Et comme on est soit victime, soit coupable, dénonciations, pénitences sont de règle. Les tribulations de DSK et Cahuzac donnent le ton de ce que devient notre vie politique, qui va immanquablement échouer de plus en plus dans des émissions d'auto-critique télévisuelle, entre quatr(z) yeux, avec gros plans et voix mélo-dramatisées, shows grotesques importés des USA.
    De même, comme l'on sait, le système politique ressemble de plus en plus au duo démocates/républicains. C'est une évolution sur laquelle on ne reviendra pas, mais qui enferme tout débat dans un faux dilemme, entre deux styles possibles d'une même réalité civilisationnelle. Le choix étant ce qu'il est, il est normal que, comme en Amérique, l'abstention soit de plus en plus fréquente, d'autant plus que les « grands candidats » sont de plus en plus sélectionnés lors de « primaires », sans compter le poids des revendications ethniques et confessionnelles.
    Les relations avec l'agent ont pris aussi cet aspect obscène des perversions exhibitionnistes, puisqu'il n'est désormais plus « tabou » d'en révéler crûment l'intérêt qu'on y porte, sinon même l'amour qui lie à lui. C'est ainsi que Sarkozy révélait élégamment son « projet de vie » postprésidentielle : "Je fais ça [président] pendant cinq ans, et ensuite, je pars faire du fric comme Clinton, 150 000 euros la conférence." Ce qui fut fait, il est vrai à la suite d'américanophiles avérés comme Gorbatchev ; Schröder, Aznar, Blair... L' « empire » sait rétribuer, par des gages substantiels, ses domestiques. Les « affaires » qui défraient la chronique depuis un certain temps ne sont guère que des « accidents » d'une tendance lourde, qui mêle existence et flouze. Nos écoliers ont désappris à rêver d'être constructeurs de ponts pour s'imaginer financiers...
    Ce ne sont là que des « signes » d'une américanisation qui a gangrené sournoisement la France, une France qui n'est plus dans la France. Et il serait hasardeux, si l'on n'y prête attention, de considérer que tout ce qui bouge contre sa représentation officielle, aussi répugnante à tout point de vue soit-elle, en est l'exact opposé.
    Le cardinal André Vingt-trois, souvent très perspicace, dans un entretien récent au quotidien La Croix, a tenu à mettre en garde conte certaines illusions sur un hypothétique « revival » de l'Eglise « […] notre expérience ecclésiale française véhicule une vision inconsciente d’une coïncidence entre l’Église et la société, entre l’Église et le pouvoir. Coïncidence qui n’est plus revendiquée de façon symétrique depuis la Révolution française. Il faut intégrer l’idée que l’on n’est pas français et automatiquement catholique. Nous sommes passés d’un christianisme sociologique à un christianisme de choix. »
    Je crois qu'en élargissant cette remarque judicieuse à l'ensemble de la France, et plus précisément aux mouvements qui s'en réclament comme d'un signe d'identité, on peut avoir un peu plus de clarté sur l'état présent, et sur les perspectives d'avenir.
    En quoi la « manif pour tous » et le « Printemps français » seraient-ils des mouvements « subversifs » ? Existe-t-il une différence essentielle entre eux et les agitations, même d'apparence contraire, comme l'antiracisme ou les revendications gay qui ont marqué les vingt dernières années ?
    Présentée ainsi, cette question peut paraître provocatrice.
    Certes, l'on n'aura pas la cruauté de s'arrêter sur les liaisons opaques qu'entretiennent, via l'European Alliance for Freedom, un certain nom de « leaders » de ces mouvement « patriotes » de contestation avec des sources de subversion américaines (subversion de l' « ancien monde », bien sûr). A vrai dire, ils semblent particulièrement infestés par des virus venus des USA, à commencer par Christine Boutin, cette passionnaria de bénitier.
    On ne reviendra pas non plus sur les accointances plus que douteuses entre une Frigide Barjot, contemptrice des débordements « extrémistes », et l'UMP, et même Sarkozy, qui l'a rencontrée. Toutes ces reptations sentent évidemment la combinaison politiciennes.
    Plus sérieusement, on s'attardera sur les similitudes entre la protestation contre le mariage gay, et le mouvement dit du « Tea Party », qui a tant marqué la vie politique américaine des quatre dernières années.
    On relèvera d'abord que ce « soulèvement », dont, certes, certaines revendications recoupent celles du Front national, n'a pas de rapport direct avec la mouvance nationaliste. Ses membres sont des gens « normaux » (si l'on peut dire, pour imiter « notre » président), de souche et souvent catholiques, des personnes sans problèmes, intégrées, qui s'insèrent très bien dans la société actuelle, pour peu qu'elle ne présente pas des excès et des dérives regrettables. On ne trouve pas non plus d'organisation stricte, de chefs incontestés, de professionnels de la politique. On y cultive un patriotisme serein, pas du tout agressif, et on y répudie tout embrigadement. L'origine sociale de ses membres se situe dans les classes moyennes, et on se réclame des « valeurs » traditionnelles. Même la couleur des signes distinctifs possède son équivalent : jaune pour le Tea Party, rose pour la « manif pour tous ». Les femmes sont bien représentées à la tête, Michelle Bachmann et Sarah Palin pour l'un, Frigide Barjot pour l'autre (et Béatrice Bourge pour le Printemps français). Les deux courants tentent aussi d'influer sur les partis de « droite », sur les Républicains pour le premier, sur l'UMP pour le second.
    Les commentateurs n'ont pas manqué de constater le pouvoir de nuisance que pouvaient avoir ces courants conservateurs pour les partis de pouvoir droitiers. Cela est aussi vrai pour le parti républicain que pour l'UMP, et même pour le Front national, dont nombre d'électeurs peuvent être séduits, notamment lors des élections municipales de 2014.
    Tout compte fait, ce serait bien là l'un des objectifs de la manœuvre conduite par Frigide Barjot. Mais une telle stratégie, de ce point de vue, présente d'autres « avantages ». Outre qu'elle ravive la dichotomie gauche/droite, progressistes/conservateurs (et en cela elle aide le système à donner l'illusion d'un choix), elle élude de problème de fond de la crise qui mine la société, dont la question du mariage n'est qu'un symptôme.
    A se cantonner sur des problèmes sociétaux, on renforce la vision convenue du postmodernisme, qui présente les choix de vie comme des options discutables à loisir, et tout à fait légitimes, à condition de ne pas mettre en cause le socle même, la roche sur lequel il est érigé, à savoir la marchandisation du vivant, et l'abolition des identités collectives, des particularités civilisationnelles. Ainsi, des libertariens, proches du Tea Party, aux Etats-Unis, ont-ils considéré que, toute compte fait, comme il s'agit de la gestion privée de sa propre vie, on a tout à fait le droit, entre personnes du même sexe, de « contracter » un mariage. La plupart des responsables de l'UMP pensent la même chose, nonobstant les impératifs d'enfumage électoral.
    Bien sûr, à titre individuel, tout participant à la « manif pour tous » ou au « Printemps français » assurera combattre la dimension mercantile et individualiste du « mariage pour tous », et le déracinement du peuple français. Et il est bien qu'il en soit ainsi. Cependant, comment ne pas voir une contradiction entre cette profession de foi, et la liaison dangereuse qu'on peut entretenir avec des personnages politiques dont les liens avec le libéralisme et l'Amérique ne sont mêle pas un secret ?

    Claude Bourrinet http://www.voxnr.com

  • François Hollande peut-il encore éviter un «1789» bis ?

    A la Une du Point cette semaine, « Sommes-nous en 1789 ? ». L’hebdomadaire évoque les dernières heures de la monarchie et révèle les troublantes similtudes entre la chute de Louis XVI et l’abandon complet des rênes du pouvoir par François Hollande. Un historien explique que nous sommes sans aucun doute en 1788 : les marges de manoeuvre sont réduites pour le pouvoir (si mal) en place, afin d’éviter d’entrer de plain-pied en 1789, bis.

    Ce n’est pas Frigide Barjot qui a appelé le 5 mai à une grande manifestation nationale afin de donner un « coup de balai » : c’est Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle il y a 10 mois, qui a attiré sur lui 11,1 % des suffrages. Les sondages lui en accordaient souvent 15 ou 18 %. C’est Marine Le Pen, (particuliérement discrète en ce moment, pour des raisons stratégiques évidentes), qui a atteint les 18 % promis à Mélenchon. A eux deux, ils ont rassemblé 39 % de l’électorat français. Que réclame Mélenchon ? Ni plus ni moins qu’une sixième République. Que réclame Marine Le Pen ? Une dissolution, et la proportionnelle. La démission du gouvernement et du Président au passage.

    Qui doit payer ? Le Tiers-Etat, les classes moyennes

    Mais qui défile dans la rue tous les soirs depuis des semaines, non seulement à Paris, mais un peu partout en France ? Des hommes et des femmes, leurs fils et leurs filles, de tous âges. La plupart n’ont jamais manifesté de leur vie, ou alors pour les plus vieux, en 1984 pour l’Ecole Libre, et en 1997 contre le PACS. Qui sont-ils ? Des petits bourgeois, la classe moyenne. Les cheveux peignés. Les filles en ballerines. Tous mains nues.

    Retournons un instant en 1789. Qui, excédé par le mépris dans lequel le Roi les enferme, se proclame Assemblée nationale constituante ? Les députés du Tiers-Etat. Qui sont-ils ? Des petits bourgeois, la classe moyenne.

    Qui, en 2013, retourne dans la rue tous les soirs, quasiment tous les week-ends (les prochaines manifestations massives sont programmées pour le 5 mai, le 26 mai). Des petits bourgeois, la classe moyenne.

    Autres traits communs entre les deux époques, 1789 et 2013 :

    En 1789, la France croûle sous le poids de sa dette extérieure, notamment contractée pour financer la Révolution américaine mais aussi le train de vie du royaume, ubuesque. Le Roi convoque les Etats-Généraux pour les convaincre de l’autoriser à lever de nouveaux impôts. Qui doit payer ? Pas le Clergé ni la Noblesse, exonérés, mais le Tiers-Etat. La bourgeoisie.

    En 2013, la France croule sous le poids de sa dette extérieure, notamment contractée pour financer une guerre économique qui ne dit pas son nom, celle de l’utopie d’une monnaie unique inadaptée à la moitié des pays qui l’utilisent, et nourrir un Etat ventripotent qui ne veut pas faire de régime, malgré le lent coma dans lequel plonge son corps, le pays. Le gouvernement, dont le ministre du Budget a menti pendant des mois sur ses comptes à l’étranger et sur sa probité, tente de convaincre qu’il n’y a pas d’autre moyen que de lever encore plus d’impôts, et de couper dans les allocations familiales. Qui doit payer ? Le Tiers-Etat, les classes moyennes.

    La chute de la RDA doit servir de miroir (déformant) à ce qui se passe en ce moment en France

    En écrivant ces mots, père de famille (nombreuse), entrepreneur, journaliste, écrivain, expérimenté puisque désormais à plus de la moitié de ma vie, j’ai pleinement conscience de ce que cette analyse froide et subjective implique. Je pense en particulier à tout ceux de mon entourage, de mes amis, parfois chers, qui me disent ou m’écrivent : « Non, ce n’est pas possible, nous ne pouvons pas nous le permettre. C’est trop dangereux ». « Toi qui est responsable, raisonnable, calme les chose “.

    Je ne souffle sur aucune braise. Je suis d’abord un reporter. Le journaliste reporter est celui qui rapporte ce qu’il voit. Forcément, ce qu’il rapporte est subjectif. Les premiers comptes-rendus de guerre, en Crimée, à la fin du XIXe siècle (avant les journaux reproduisaient les communiqués militaires), étaient rédigés par des journalistes postés sur une butte à des kilomètres du champ de bataille, munis d’une longue vue. Lors du Débarquement, plus d’un journaliste a péri sur la plage caméra en main. Idem en Afghanistan, en Libye, en Syrie.

    Ce que j’ai observé ces derniers jours est sans commune mesure avec tout ce qu’il m’a été donné de voir ou de lire sur la France dans ma carrière. Ou plutôt, ne me rappelle que trop bien ce que j’ai lu et sait des précédentes révolutions. Le Point « fait bien le job », rappelant succinctement les événements qui ont provoqué 1830, 1848, la Commune. Bravo FOG.

    Personnellement, je pense que François Hollande et Manuel Valls sont trop bien informés, trop intelligents, pour ne pas mesurer le danger qui se profile à l’horizon. Seulement, le petit manuel anti-Révolution pour chefs d’Etat est bourré de pages blanches. Et sur les autres, on retient surtout les conneries à ne pas faire. Mais tout ce qui n’a pas été tenté, n’a pas encore été contré. Et la manif pour tous, le Printemps français, les veilleurs, tout cela est inédit, ou en tout cas, différent d’autres modèles importés.

    Pour ma part, (faisant écho au personnellement du paragraphe plus haut), je pense que c’est la chute de la RDA qui doit servir de miroir (déformant) à ce qui se passe en ce moment en France. Bien sûr, nous ne sommes pas dans une dictature communiste. Mais dans un État social-iste, qui dirige tout, contrôle tout, brime tout, ponctionne tout, oui, c’est une certitude. Entrepreneur depuis onze ans, je sais tout le mal que l’on peut avoir dans ce pays à vouloir créer. Les entrepreneurs français, en France, ont en commun d’être fous, ou inconscients, ou les deux.

    Coups de matraque et boucliers

    Quand on voit dans quel mépris les administrations les tiennent, et les obstacles qui se dressent en permanence contre eux ! Le premier, et non des moindres, étant que bien souvent, une entreprise publique, semi-publique, soutenue par des fonds ou subventions publics, une collectivité, fait déjà une partie du job à votre place. Ou vient le faire à votre place, bien entendu à moindre coût, puisque dopé aux subventions et aux couts cachés pris en charge par la collectivité. Sans qu’aucun conseil de la concurrence n’intervienne. Ni qu’aucun élu ne perçoive l’impossibilité de la chose qu’il a bien souvent suscitée voire décidée.

    Voilà ce que nous avons en commun avec la RDA dirigiste de Honnecker. Nos performances économiques n’en sont plus si éloignées ! Nous sommes trois fois moins performants que l’Allemagne, comme la RDA en son temps l’était par rapport à la RFA, proportionnellement parlant.

    Et les manifestants de ces derniers jours, les veilleurs en particulier, qu’ont ils en commun avec les manifestants qui firont tomber sans un coup de feu la RDA ? Les bougies. Les chants. la non-violence. En 1989, les vopos et leurs officiers, ne sachant pas que faire fasse à une foule compacte de camarades citoyens bougies à la main, laissèrent leurs barrages percer. Une fois, deux fois, dix fois. Tous les soirs. Pendant un mois. C’était ca, ou utiliser les fusils. Mielke, le ministre de l’Intérieur, a refusé de donner l’ordre. Moscou lâchait Honnecker.

    Que s’est il passé le 24 mars à Paris ? Un barrage, deux barrages, vingt barrages, ont percé. Ce n’était jamais arrivé en maintien de l’ordre en France, à ce point, si “simplement”.

    Mais en 1989, à Leipzig comme à Berlin et ailleurs en RDA, les vopos n’avaient PAS de gaz lacrymogène. Ni non plus de matraques. Pas besoin ! Dans un état policé comme la RDA, la seule injonction du vopo suffisait à vous glacer le sang, ou à vous envoyer à l’interrogatoire pour une durée indeterminée. Le 24 mars, policiers (surtout) et gendarmes (rarement) ont utilisé les gazeuses pour intimider (souvent), ou pour se dégager, pris de panique (parfois). Avec quelques coups de matraque ou de boucliers pour intimider.

    La France a une réputation mondiale (à tenir) en matière de maintien de l’ordre. A Saint-Astier (Périgord), une ville fantôme reconstituée sert à entraîner les gendarmes mobiles mais aussi les forces de police et de gendarmerie du monde entier. Souvenez-vous l’offre de service de Michel Alliot Marie au gouvernement tunisien, aux prémices de sa révolution ! La France proposait au pouvoir tunisien de lui prêter des unités de mobiles… Et les caisses de grenades lacrymogènes bloquées par les douaniers à Roissy… Celles-là même qui sont utilisées aujourd’hui contre le petit peuple français.

    Mais tout cela ne peut rien contre une foule déterminée, pacifiste, les mains nues. Si un rang tombe sous les coups de matraque, sous les jets de gaz, un autre rang sortira de l’ombre. Puis un autre. Vous connaissez, vous, sur ces cinquante dernières années, beaucoup de manifestations qui ont remplacé les slogans par le poème de Charles Péguy “Heureux ceux qui sont morts“, ”l’Espérance“, ou “le chant des Partisans” ? Moi pas.

    Car pour la première fois depuis des décennies, ceux qui connaissent par coeur Péguy, “l’Espérance” ou “le chant des Partisans”, sont dans la rue.

    Et ça, c’est un signe.

    JOL http://fortune.fdesouche.com