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France et politique française - Page 5007

  • Olivier Besancenot arrêté par les flics !

    Mardi matin 26 février, Olivier Besancenot, ex-candidat à la présidentielle, ancien fondateur et patron du Nouveau parti anticapitaliste, a été embarqué par la police, à Paris, après après avoir manifesté près du ministère de l’Intérieur. Les membres d’un collectif de défense des clandestins ont été arrêtés avec lui. L’arrestation a eu lieu peu après 11H00, faisant suite à une action illégale du Collectif « Faut-il mourir pour avoir des papiers », à laquelle participait Olivier Besancenot. Il s’agissait d’un rassemblement spontané et non-déclaré, place des Saussaies (VIIIe), située non loin de l’Élysée.

    L’objet de la manifestation ? Réclamer « la régularisation et l’installation de tous les sans-papiers« . Rien que cela. En un mot, les manifestants auraient voulu voir acter par le gouvernement la perte définitive de la maîtrise du territoire national. Pourtant indispensable à la poursuite du bien commun. Qu’importe en effet l’incidence qu’un tel appel d’air, à l’adresse du tiers-monde, peut avoir sur l’équilibre économique d’un pays dont la croissance, aux dernière nouvelles, ne se porte pas très bien…

    Quoiqu’il en soit, cette manifestation était un véritable soutient à la délinquance, puisque les clandestins en question sont, par définition, des hors-la-loi. La manifestation n’étant pas déclarée, Olivier Besancenot était définitivement en rupture avec l’État de droit… ce qui, de la part d’un ancien candidat à la présidentielle, n’est pas très glorieux. Lui, en est fier.

    Pour la petite histoire, Besancenot devait être emmené par la police rue de l’Évangile, dans le XVIIIe arrondissement. De là à ce que le communiste athée qu’il est soit touché par la grâce…

    http://www.contre-info.com/

  • La rigueur ? Pas pour tout le monde !

    Au moment où il est demandé à tous les Français, et d'abord à ceux qui ont toujours payé, travaillé, sans jamais avoir bénéficié du moindre assistanat, de combler la dette provoquée entre autres par le coût de l'immigration, une mesure qui fonctionne (le jour de carence, qui réduit l'absentéisme dans les hôpitaux) va être abandonnée.

    Lu dans Le Figaro:

     

    « La Fédération hospitalière (FHF) est attachée au maintien du jour de carence». Dans une lettre adressée au ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, les hôpitaux publics s'inquiètent de la remise en cause par les syndicats de ce dispositif qui, selon eux, a démontré son efficacité. « Ce dispositif a amélioré la prise en charge des patients grâce à un ‘présentéisme' renforcé», explique la FHF.

    Efficacité économique, tout d'abord. Il y a cinq mois, la FHF avait calculé que le jour de carence permettait aux hôpitaux d'économiser entre 65 et 75 millions d'euros par an. Un chiffre non négligeable au regard de leur déficit qui, bien qu'en baisse, s'est élevé à 487 millions en 2011. Efficacité organisationnelle, ensuite. Selon deux études réalisées auprès d'établissements représentant entre 20% et 24% de la Fonction publique hospitalière, la FHF a constaté que la mise en place du jour de carence a réduit le taux d'absentéisme entre 3% et 7%. Quelques établissements ont même constaté une baisse pouvant aller jusqu'à 20%, explique la FHF.

    Cette baisse reste toutefois insuffisante quand on sait que le taux d'absentéisme dans le secteur hospitalier, en hausse depuis cinq ans, varie entre 10% et 14%, en fonction de la taille des établissements, selon SOFCAH, l'assureur spécialisé dans l'hôpital.

    Le secteur privé de la santé est également touché par un absentéisme record. Selon une étude publiée début septembre par le cabinet Alma consulting group, qui exclut du calcul maternité et enfants malades, le taux d'absentéisme culmine à 24 jours dans les établissements privés, contre 14 en moyenne dans les entreprises françaises. La faute, selon ces consultants, «à la féminisation des équipes, au management, à l'organisation du travail, ainsi qu'aux contraintes économiques et budgétaires que connait le secteur. »

    http://rivarol.over-blog.com

  • On achève bien les truies

    On achève bien les truies
    À force d’être capable de tout, les médiacrates(1) finiront-ils par rendre sympathique Dominique Strauss-Kahn ? Impossible ? Voire… Lorsqu’ils avaient affaire à l’ex-patron du FMI, ex-prétendant à la Fonction Suprême et ex-mari de la richissime Anne Sinclair, combien d’entre eux ont-ils jamais osé une ligne ou une parole désagréable à son encontre ? C’est un euphémisme de dire « bien peu »…(2)

    Aujourd’hui, pas un média auto-proclamé d’informations n’est en reste pour brocarder ses frasques sexuelles, réelles ou fantasmées, quelle que soit l’heure d’écoute…

    L’énième péripétie judiciaire de DSK, cette fois en tant que victime d’atteinte à sa vie privée, prouve à nouveau l’abjection de certains médiacrates. Non pas pour les révélations scabreuses – fictives pour la plupart – contenues dans le livre Belle et Bête, mais pour la personnalité de son auteur, Marcela Iacub, soit une « juriste », « principalement connue pour sa défense d’idées à contre-courant du féminisme dans ses expressions socialement majoritaires », tel que présentée par le Who’s who le plus lu à notre époque, soit l’encyclopédie sur internet Wikipédia.

    On ne savait pas qu’une liaison avec un obsédé sexuel soit « socialement majoritaire » chez les représentantes d’un sexe qu’on imagine bien peu faible en l’occurence… surtout quand l’obsédé en question, dixit Marcela Iacub, n’a qu’un très lointain rapport avec le Casanova historique de Venise, mais bien davantage avec le personnage d’Edmond le cochon.(3)

    Un tel livre promis aux latrines de l’édition n’aurait sans doute pas bénéficié d’un tel battage médiatique s’il n’avait été annoncé en Une du Nouvel Observateur, l’hebdomadaire de prédilection de la gauche dite intellectuelle… ce qui ne peux surprendre que ceux qui ignorent qu’« en 1985, pour renflouer les caisses du Nouvel Observateur en difficulté, Claude Perdriel (lança) le 3615 JANE et ALINE, deux services de “messageries roses”. »(4)

    Rien d’étonnant donc à ce que ce fleuron de la presse progressiste assure à Marcela Iacub une telle promotion… et pour ne pas être en reste avec celle du quotidien Libération auquel elle collabore régulièrement…

    A ce sujet, toutefois, la Société civile des personnels de Libération (SCPL) a publié un texte de réprobation suite à la publication de plusieurs pages « Événement » consacrées au livre Belle et bête qui « dérogeait à la règle déontologique longtemps en usage à Libération, selon laquelle on réserve un traitement minimal aux ouvrages de (ses) collaborateurs. »

    Comme quoi, même chez les gauchistes salariés d’Édouard de Rotschild, certaines pratiques soulèvent le cœur et font déborder le pot de chambre du copinage promotionnel.

    On sait ce matin que les avocats de DSK ont obtenu ce qu’ils espéraient… Outre 50 000 euros de l’auteur et de l’éditeur – ce qui n’est pas chère la publicité faite au lancement du livre – il y a l’obligation, bien plus grave, de faire figurer un « encart » sur la moitié de la une du Nouvel Obs, qui en avait publié les bonnes feuilles – humiliation dont l’hebdomadaire n’a guère l’habitude – et surtout dans chaque exemplaire du livre controversé, alors qu’à « l’audience mardi matin, l’avocat des éditions Stock Me Christophe Bigot avait prévenu qu’il était “matériellement impossible” d’insérer un encart dans les 40 000 premiers exemplaires déjà mis en place dans les librairies. »(5)

    La note risque donc d’être conséquente pour l’éditeur.

    Après l’admiration (pour certains), la fascination (pour quelques-uns), le dégoût (pour la plupart), Dominique Strauss-Kahn est-il en passe de susciter la pitié (pour beaucoup) face à l’acharnement démentiel que certains déploient à son encontre ? Acharnement qui n’a plus rien de politique, encore moins de moral, mais répondant uniquement à des motivations « sonnantes et trébuchantes ».

    En exploitant sur la place publique sa coucherie avec DSK, Marcela Iacub aura en tout cas prouvé que si tous les hommes ne sont pas des gentlemen, ce qu’on savait, toutes les femmes ne sont pas non plus des « gentlewomen », ce que beaucoup découvrent sans doute avec stupéfaction. Seul(e)s les inconditionnel(le)s de la parité apprécieront. Peut-être…
    Philippe Randa http://www.voxnr.com
    Notes :
    (1) « Le terme médiacratie est une expression récente utilisée pour décrire un régime politique ou une organisation de la société où le pouvoir serait détenu par les médias (télévision, radio, presse écrite, Internet…) » (www.toupie.org).
    (2) En dehors des journaux d’opinions hostiles à l’étiquette politique de DSK qui ne pourfendaient l’intéressé, comme il se devait, que par rapport à son action publique, citons, puisqu’il le mérite bien, Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles qui « le premier, en 2007, écrivit sur son blog, le tout premier chapitre du roman vrai de la vie de l’ancien patron du FMI. Au nom d’une transparence revendiquée, Jean Quatremer s’est battu pour que tombe l’omerta, ce tabou qui voit la presse française protéger la vie privée d’une classe politique prompte à l’instrumentaliser quand le besoin s’en ressent. Sexe, mensonges et médias (Éditions Plon), se veut ainsi un regard critique sur les réflexes d’une classe journalistique qui aura protégé DSK comme un seul homme, quand il était au pinacle. Avant de le broyer une fois sur le banc des accusés, de New York à Lille » (http://blogs.lexpress.fr).
    (3) « Bande dessinée animalière humoristique, créée en 1978 par Jean-Marc Rochette et scénarisée dès 1979 par Martin Veyron. Roi de la loose, Edmond est avant tout terrifié par l’idée de finir en saucisson. Et ce ne serait que justice pour cet animal pervers, vénal, profondément lâche, jaloux, lubrique et on en passe… Farce d’une puissance humoristique exceptionnelle, cet avatar français du Fritz the cat de Crumb est un monument de contre-culture trash et décadente » (http://fr.wikipedia.org).
    (4) www.lanouvellerepublique.fr.
    (5) www.franceinfo.fr.

  • Les 6 milliards de Cahuzac et ceux de Valérie Pécresse

    130227 130227bLe 25 février, le ministre délégué au budget, Jérôme Cahuzac, affirmait  (1)⇓qu'il allait falloir trouver "6 milliards d'euros de recettes" supplémentaires en 2014. Il affirme vouloir conserver ce qu'il appelle "la stabilité fiscale". Il refuse ainsi de parler d'une augmentation d'impôts.

    Or le temps presse. Aujourd'hui, chacun s'accorde à déplorer l'humiliation imposée aux peuples de l'Europe du sud. On les regarde comme autant de cobayes. La dégradation de l'image de ces pays à l'étranger s'accompagne des dommages bien réels infligés aux conditions de vie d'une partie des habitants.

    À l'époque où je rédigeai mon petit livre contre le fiscalisme (2)⇓, ce travail tendait surtout à répondre à plusieurs préoccupations, légèrement différentes, sans doute au départ. La plus importante à mes yeux correspond, aujourd'hui encore, à la restauration des fonctions régaliennes, de défense, de sécurité intérieure et d'administration de la justice, structurellement étouffées par l'omniprésence de l'étatisme. La seconde s'investissait dans la réponse aux thèses néomarxistes de Piketty. Et enfin, pour pouvoir diminuer la pression fiscale aberrante qui pénalise si durablement le pays, tout en liquidant la dette et en interdisant les déficits, la seule solution consiste à diminuer le périmètre de l'état, ce qui renvoie au premier point évoqué.

    Or, à partir de l'été 2011, nous nous trouvions dans la période de l'élaboration des lois financières pour 2012. Valérie Pécresse avait accédé, à l'occasion du tout récent remaniement du gouvernement, du portefeuille de ministre du Budget. Dans ces fonctions elle se montra assez rapidement l'une des premières personnalités politiques à oser envisager la nécessité de réduire la dépense publique. Depuis lors, et petit à petit, l'idée prit corps, quoique de façon pudique, et le discours en prend forme désormais. Mais comme on pouvait déjà le remarquer, pour que la notion même en acquière une part de crédibilité, – en l'absence d'une situation du type "troïka" d'envoyés des bailleurs de fonds, – l'existence d'un courant d'opinion représente une condition sine qua non.

    On doit donc se féliciter, sur le principe, que l'UMP ait réuni le 20 février une "Convention" de ce qu'elle appelle son "labo des idées", l'expression Atelier renvoie peut-être un peu trop au grand orient de France. Le thème portait en l'occurrence sur "Comment et où baisser les dépenses publiques".

    Autre qualité des conclusions adoptées : elles aboutissent quand on observe le catalogue à "10 mesures pour 20 milliards d'économies". On peut remarquer cependant que l'on se trouve en recul par comparaison avec le "Rapport de l'Institut Montaigne de décembre 2012, qui annonce quant à lui "15 propositions pour 60 milliards d'économie".

    Les bons esprits se féliciteront sans doute, à la fois, de cette attitude apparemment plus modérée : ils la trouveront ainsi, peut-être, plus "réaliste" ; et, d'autre part, comment ne pas noter que ces [éventuels] "20 milliards du 20 février 2013 permettraient [par avance] de "financer" les 6 milliards de Cahuzac. Cette dernière évaluation s'inscrivant dans le cadre de la remise en cause des hypothèses de croissance, voilà, pensera-t-on autant de réponses que la technocratie s'adresse à elle-même.

    Hélas, on ne peut qu'observer la fragilité de tels satisfecit ; Fondés sur des calculs provisoires et fugaces, ces chiffres intimidants restent largement sujets à caution. Cautères puissants on propose une fois de plus de les appliquer sur autant de jambes de bois.

    Le sophisme fondamental consiste, encore et toujours, à proposer l'étatisme comme remède à ses propres nuisances. Ah certes le détail peut sembler impressionnant : 3,2 milliards d'économies, par exemple, figurent au point 7 du catalogue Pécresse, intitulé une politique de l'emploi plus efficace et centrée sur le retour rapide à l'activité". Quel caissier dédaignerait d'encaisser un tel gain, basé sur trois idées bien trempées "rapportant" respectivement 0,2 [par dégressivité de l'allocation-chômage"] + 1 [par lutte contre les préretraites déguisées] + 2 milliards [par fusion de la prime pour l'emploi et du RSA]. Magnifique.

    Comme tous ces remèdes proposés n'auront jamais l"occasion d'être expérimentés avant 2017, on ne saura pas non plus comment de telles évaluations se vérifient.

    En revanche on sait deux choses par avance : l'État n'offre pas les solutions, puisqu'il constitue lui-même le problème (cf. Reagan) et on ne résoudra aucun problème avec ceux qui les ont engendrés (cf. Einstein). Réduire la dépense ? Mille fois d'accord ! Et le plus vite possible ! Mais si l'on se borne à des travaux de laboratoires on demeure dans l'invraisemblable.

    Encore un effort risque donc à l'évidence de se révéler nécessaire pour aboutir à cet assainissement de plus en plus urgent.

    JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

    Apostilles

    1. sur Europe 1.
    2. cf. "Pour une libération fiscale"
  • 1936, quand le peuple souhaite être orphelin

    Cette année-là, on vit apparaître à l'étalage des marchands de chaussures un nouveau modèle de souliers, le bolchevik (extra-fort, pour enfants) : le Front populaire approchait, les firmes capitalistes prenaient le ton. Puis ce fut la grande aventure : le triomphe communiste, les grèves, les occupations, le ministère Blum, ouvriers et employés s'engouffrant en troupeau docile dans les organisations du syndicalisme moscoutaire, le drapeau rouge flottant sur les chantiers de l'Exposition, l'Internationale beuglée au milieu des palais de plâtras, la crise financière toujours conjurée et jamais finie, cent milliards de billets et pas une vraie richesse, l'aviation ruinée, les lois bafouées, la magistrature évanouie, les chantiers navals transformés en centres de loisirs, les cabotins et les magnats de la presse se ruant au rouge, ceux-là pour avoir des rôles et ceux-ci pour avoir des lecteurs, les grands riches découvrant avec des sanglots la misère des pauvres et les poules de luxe cultivant l'art pour les masses, enfin du haut de son perchoir alpestre, Hitler contemplant cette mascarade, comptant les dégâts, annexant l'Autriche, un jour de crise ministérielle, tandis que Camille Chautemps embrassait Léon Blum à la fenêtre d'un hôtel cossu, sur un quai de l'île Saint Louis.
    Il fallait que quelqu'un se fît le chroniqueur et le peintre de ces vingt-quatre mois véhéments et piteux. D'autres éplucheront les statistiques, dresseront les courbes de production, compteront les votes à la Chambre, Alain Laubreaux apporte autre chose : les hommes et la vie. Ce livre est le carnet d'un journaliste qui, par devoir, s'est trouvé partout où il se passait quelque chose. Il n'y a pas de métier plus difficile que de saisir l'actualité au vol et de la fixer sur le papier, le stylo en travers du corps. Alain Laubreaux est un maître journaliste. Il est rond, bonhomme, sincère, bien portant, français. Il a l'œil. Il a la bonne humeur. Et puis il possède le don de raconter. Il fuit le couplet, le morceau, la vignette, le développement artistement frisotté ; il déterre la vérité comme un objet : il arrive à l'angoisse ou la bouffonnerie par les moyens les plus simples qui sont aussi les plus rares, par le mot juste, l'anecdote exacte, le trait rapide, dix lignes brèves, serrées, qui illuminent.
    L'extraordinaire galerie ! Elle fera la stupéfaction de nos enfants. Quoi ? Au moment où les nazis construisaient la grande Allemagne, la France s'était donnée à ce ramassis de médiocres, de faux prophètes, d'avocats sans cause, à cette petite bande d'ignorants, d'incapables, de ratés ? Et pour incarner leurs désirs de justice sociale, les rudes travailleurs de la vigne et de l'usine n'avaient trouvé que Léon Blum, esthète démodé pour salons modem' style, et Maurice Thorez que la nature a avantageusement pétri pour jouer les spadassins à maillot au grand théâtre de Belleville ?
    On n'écrit plus de mémoires intimes. Ceux qu'on publie ne sont que des plaidoyers. A quoi auraient recours les historiens de l'avenir, s'ils ne possédaient des livres comme celui-ci ? Aux discours officiels ? Aux séances des assemblées parlementaires ? Quelle collection de mensonges, de duperies, de dérobades ! Quel bric-à-brac de topos conventionnels, de métaphores, de phrases toutes faites ! Les romanciers ne seront pas non plus d'un grand secours. Le plus souvent ils décrivent un monde chimérique, où la passion parle toute pure, mais où les embêtements de la vie réelle n'entrent guère. Les anciennes cours étaient commodes ; elles ramassaient en quelques salons l'élite entière du pays, l'observateur avait sous la main et sous les yeux tout ce qui comptait et tout ce qui gouvernait. Hélas ! de nos jours, les palais nationaux sont bien mornes et c'est ailleurs qu'il faut chercher la lumière.
    Courteline a montré le chemin. Il est l'homme du petit café ; le petit café est le Versailles de la IIP République. Là se font les programmes, les orateurs et les élections. La démocratie sociale s'accoude au zinc, les pieds dans la sciure, porte des pantalons de velours à côtes, parle haut, crache à terre, s'affirme en termes cambronnesques quand sonne l'heure de l'apéritif. La république bourgeoise se tient dans la salle du fond, sur les banquettes de moleskine, éparse autour des tables de marbre où les soucoupes s'élèvent en pyramides. Elle cultive le calembour, la manille, la belote et la fraude fiscale, elle parle retraites et péréquation, elle croit au progrès, à la rente et à l'instruction universelle, elle gagne des batailles en Espagne et se retrouve le soir à la loge pour entendre, portes closes, le pharmacien de la grande place river son clou à Mussolini.
    Cher Courteline ! En lisant Laubreaux, j'ai eu l'impression que vos immortels héros s'étaient emparés de la France. L'illustre Piégelé, M. Pommade, M. Garrigou, Barbemolle, Land'houille, Saumâtre, Grenouillot, Racuit, Labouture et Marmouillard, tous ils font de la politique, tous ils sont devenus conseillers généraux, députés, sénateurs-maires, ministres... Je le savais, c'est Croque-bol, Hurluret et l'adjudant Flick qui ont gagné la guerre. C'est La Brige qui a perdu la paix. Pour piper la voix de M. Boulingrin, Ciboulot devenu communiste avait, en mai 36, escamoté son programme de révolution sociale. Il promettait de respecter le commerce, le profit, l'héritage, la famille et la propriété ; il couvrait les murs d'une imagerie pleurnicharde à la Greuze et jurait, la main haute, qu'il n'en voulait qu'aux méchants gros. Or, personne ne se sentait gros ni méchant.
    L'électeur français est semblable au fromage de Hollande : rouge au dehors et blanc en dedans ; révolutionnaire pour être pensionné et conservateur pour garder ses pensions. Entre le socialisme et le parti radical, il n'y a qu'une faible nuance. Leur but commun est de faire vivre aux dépens de l'épargne et des capitaux accumulés une clientèle étatiste de plus en plus nombreuse. Au fur et à mesure qu'ils ont pris de l'importance, les socialistes sont, comme les autres, devenus des profiteurs et des cumulards. L'administration haute et basse a été bourrée de leurs hommes. Pendant leur temps de pouvoir, ils en ont mis partout, à la radio, dans les musées, aux postes, dans les préfectures, à l'hygiène, à l'aviation, au Français, aux conseils des compagnies subventionnées. Les forçats de la faim ont mangé l'assiette au beurre. Mais ils sont encore tenus par les syndicats et, aux yeux du citoyen timoré, le syndicat c'est la grève, le tumulte, le désordre.
    De là, l'extraordinaire fortune du parti radical. Servi par un personnel de basochiens roublards et de normaliens dessalés, il offre sur le même plateau le vocabulaire démagogique qui endort la masse et la routine gouvernementale qui rassure les intérêts. Le chef radical doit être à la fois excité et raisonnable. Il lui faut discourir sans conclure, promettre sans tenir, menacer les capitaux et protéger les capitalistes, brandir le drapeau rouge et célébrer Jeanne d'Arc, crier « En avant ! » sans bouger et couler au passage les réformes sociales qu'il a lui-même préconisées.
    Aussi a-t-il du goût pour les gestes symboliques qui font scandale mais qui n'engagent à rien, les promenades au Panthéon, les inaugurations de statues, les procès politiques, les pompes funèbres et civiques. Si, aiguillonné par les envies et par les appétits, il est contraint d'agir, il se présente comme le moindre mal. Il apaise les petits sans faire de mal aux gros et dénonce le mur d'argent sans cesser de dîner chez les banquiers.
    Le radicalisme se dit constructeur, créateur, positif. Il est essentiellement négatif et c'est en cela qu'il plaît à une vaste coalition de petites gens, que la force des choses contraint à la défensive. Entre le curé dont il repousse l'ingérence, le communiste dont il a peur, le gros bourgeois et le châtelain qu'il envie et qu'il déteste, l'électeur radical dessine son empire. Cela suffit pour faire un grand parti hybride, incohérent, décevant, mais durable.
    Le drame est de gouverner. La doctrine radicale représente l'Encyclopédie dans son dernier état de dégradation et de sénilité, conservée dans la médiocrité comme des batraciens dans un bocal d'alcool. Le radical est prisonnier de sa logomachie et cette logomachie a perverti la notion même de gouvernement. La République n'est pas une simple forme de l'État. Il ne suffit pas d'y adhérer pour en faire partie. Si Rousseau nous a appris que le régime démocratique est le règne de la volonté générale, il nous a dit aussi que la volonté générale n'est point la volonté du plus grand nombre, mais la voix profonde de la conscience humaine, telle qu'elle devrait évidemment parler en chacun de nous, mais telle qu'en attendant, elle s'exprime par la bouche des citoyens les plus éclairés. La volonté générale n'est point l'opinion de la majorité, c'est la conformité à un système philosophique. Avant d'être un régime, la République est une église. Aussi a-t-elle son orthodoxie, ses élus, ses réprouvés et ses docteurs. Derrière les agitations électorales, il y a les clubs, le petit troupeau des fidèles, des convaincus, des illuminés, des comitards. Quant à leurs adversaires, quel que soit leur nombre, leur respect du suffrage universel, leur dévotion à la forme républicaine, ils ne seront jamais que des réactionnaires, des cléricaux, des hérétiques, des aristocrates, à l'occasion des usurpateurs, car de même qu'il y a un roi légitime, il y a un peuple légitime.
    La force des gauches, ce sont les victoires obscures de la démocratie villageoise et cantonale, la connaissance exacte du milieu, la trame serrée des intérêts locaux et personnels, la solidarité du clan, la pratique administrative que donne une longue possession. Leur faiblesse, c'est de ne pouvoir rompre avec l'internationale, l'antipatriotisme, la révolution, l'anarchie. Ce sont là les réserves indispensables et cachées, celles qu'on a mobilisées le 12 février 1934 et le 14 juillet 1935, celles qui, en cas de péril réactionnaire, cessent le travail, élèvent les barricades et fournissent les combattants. Aucun chef radical n'échappe durablement à leur joug nécessaire. Même sous les ministères de concentration et d'union, il reste toujours au sein du groupe un noyau d'irréductibles qui maintiennent farouchement le contact avec le communisme et qui s'en vont défiler de la Bastille à la République, parmi les poings fermés, les pancartes séditieuses, les drapeaux rouges et les cris de mort. Procession symbolique ! Pèlerinage expiatoire ! A l'effarement des bourgeois, tandis que la rente monte et que les possédants se rassurent, le régime en tremblant se retrempe dans ces pieux cortèges. Il n'y manque que les têtes coupées au bout d'une pique. Mais les temps se sont affadis et la Troisième République n'est qu'un rabougrissement de la Première.
    Pas d'ennemi à gauche ! C'est la loi, c'est le souverain mot. Il explique pourquoi les ministères d'union sont si passagers, si fragiles. « Les observateurs superficiels, a écrit Abel Bonnard, s'étonnent de l'accord qui s'établit entre les hommes de gauche et ceux de l'extrême-gauche, quand ils mesurent l'intervalle qu'il y a entre eux : ils ne prennent pas garde que cette distance est une descente et qu'un radical n'a qu'à se laisser aller pour arriver parmi les révolutionnaires ; celle qui le sépare des modérés, au contraire, peut paraître petite si on la mesure en l'air, mais elle est marquée en fait par un abîme, car les modérés, si déchus qu'ils soient, représentent pour les radicaux les restes de tout ce qu'ils veulent abolir. » Ce sont les débris d'une société haïe ; on se venge encore sur eux d'un temps qu'ils ont eux-mêmes oublié, sans doute parce qu'ils étaient indignes d'en conserver le souvenir.
    Ainsi le radicalisme se trouve tour à tour tiraillé par une opportunité de plus en plus impérieuse, qui sous l'aiguillon du péril le contraint à l'alliance avec les droites, et la logique profonde du régime qui, le danger écarté, le ramène à la révolution. Chaque retour du balancier fait naître d'un côté ou de l'autre des espoirs immenses ; chaque infidélité fait naître les mêmes déceptions et les mêmes colères. S'il est vrai que la démocratie vit de la division, on peut dire que les oscillations du radicalisme ont pour effet d'amortir les heurts. Avec quelque complaisance, les radicaux se flattent d'avoir épargné à la France la guerre civile. Sans nous, disent-ils, le pays se serait coupé en deux partis irréconciliables. L'un aurait dû écraser l'autre. En nous portant tantôt d'un côté et tantôt de l'autre, nous avons empêché le pire.
    Les radicaux n'ont pas tort. Mais pendant ce jeu, qu'est devenu le pays ? A-t-il grandi ? A-t-il prospéré ? A-t-il vu ses rivaux s'incliner devant sa sagesse ? Hélas ! Le pays sent confusément qu'il use contre lui-même le meilleur de ses forces. Sans trop savoir ce qu'il désire, il appelle autre chose, quelque chose d'humain et de possible, un régime solide et modéré qui gouvernerait sans opprimer, qui imposerait la conciliation sans étouffer les esprits, qui contraindrait les citoyens à servir sans les transformer en automates ou en perroquets...
    Ce qui rend cette inquiétude si pathétique, c'est qu'on a tout fait pour faire perdre au Français le sens de son histoire. Il n'est plus soutenu par la voix puissante des générations qui ont fait sa patrie. Entre elles et lui s'élève une muraille épaisse de préjugés, d'ignorances, de colères. Le Français ne sait encore que dire non. Quand il entend les marxistes proclamer que tous les hommes sont frères, il voudrait être fils unique. Quand il entend les dictateurs se nommer les pères du peuple, il souhaite être orphelin.
    Pierre GAXOTTE ✞
    La terreur rose décrite par Alain Laubreaux
    Ce texte étonnant et toujours actuel (« Pas d'ennemi à gauche » n'est-il pas le credo de nos gouvernements « de droite » ?) que tout journaliste ou même tout historien souhaiterait avoir écrit est la préface que le futur Immortel Gaxotte, alors directeur de Je Suis Partout, donna à La Terreur rose, long reportage d'Alain Laubreaux publié juste avant la « drôle de guerre » et dont La Reconquête, courageuse et dynamique maison créée au Paraguay par Alain Régniez, nous propose une « édition conforme à l'édition originale de 1939 ». On y retrouve toute la vivacité du journaliste formé à bonne école puisqu'il avait été le secrétaire d'Henri Béraud, sa puissance de description (de la terreur que la CGT faisait régner aux usines Renault par exemple), son don de débusquer la cocasserie sous les ignominies, son insolence envers les puissants - ah, « La dernière halte du juif errant », chapitre où est décrite la campagne électorale menée en avril 1937 dans le Miner-vois par le socialiste Jules Moch, « plus noir et plus lugubre encore qu'à l'ordinaire » avec « sa voix huileuse » au « timbre sordidement victorieux, comme d'un canard qui vient d'échapper au coutelas du cuisinier » - et sa compréhension pour le petit peuple, fût-il égaré et complice de la "dictamolle" que fut le Front Populaire.
    Les contemporains qui ne jurent que par le « journalisme d'investigation » (sur des sujets sans risques de préférence) écraseront de leur mépris ce « journalisme à l'ancienne », pratiqué sur le terrain, où le narrateur ne dédaigne pas de faire revivre la « France d'en bas », de s'encanailler dans les mastroquets pour y recueillir la vox populi. Mais de ce kaléidoscope naît un féroce tableau des années qui précédèrent la Seconde Guerre mondiale, des personnages qui provoquèrent la terrible défaite de mai-juin 1940 après avoir fait régner leur « terreur rose » en France même.
    Comme la plupart des livres des rédacteurs de Je Suis Partout, celui d'Alain Laubreaux - qui, également collaborateur du Cri du peuple et du Petit Parisien, réussit après la Libération à s'exiler à Madrid où il mourut en 1968, après avoir été condamné à mort par contumace en 1947 par la Cour de Justice de la Seine pour sa participation à la collaboration et ses « articles antisémites » - était devenu introuvable. On se réjouira de pouvoir à nouveau le lire.
    J. L. Écrits de Paris avril 2009
    La Terreur Rose, 308 pages, avec neuf illustrations, 28 €. La Reconquête www.editionsdelareconquete.com . Diffusion Primatice, 10 rue Primatice 75013. Tél. 01-42-17-00-48. Peut être également commandé (32 € franco) à Editions des Tuileries, 1 rue d'Hauteville, 75010 Paris.

  • Mariage pour tous : le rejet de la pétition par le CESE est illégal

    Les opposants au mariage dit « pour tous » ont déposé, vendredi 22 février 2013, 694 429 signatures à l’appui d’une pétition demandant au Conseil économique, social et environnemental (CESE) de donner son avis sur cette question, comme le prévoit l’ordonnance n° 58-1360 du 29 décembre 1958, dans sa rédaction issue de la loi organique n° 2010-704 du 28 juin 2010.¢
    I. Dans une décision du 26 février 2013, le CESE a déclaré irrecevable cette saisine par voie de pétition : « Le bureau [du CESE] a constaté que les conditions de nombre et de forme étaient réunies », a souligné le CESE dans un communiqué. « Pour autant, et en vertu de l’article 69 de la Constitution et de l’article 2 de l’ordonnance du 29 décembre 1958 portant loi organique relative au Conseil économique social et environnemental, la saisine du CESE pour avis sur un projet de loi relève exclusivement du premier ministre ». En conséquence, « celle-ci ne saurait ainsi être autorisée par voie de pétition citoyenne », ce qui a amené l’assemblée consultative à déclarer irrecevable la saisine dont elle était l’objet.
    II. Cette décision est infondée en droit.
    En effet, l’article 4-1 de l’ordonnance susmentionnée dispose que la saisine du Conseil par voie de pétition est soumise à quatre conditions formelles qu’il énumère très précisément, et seulement à quatre. Ces quatre conditions sont les suivantes :
    1° La pétition doit porter sur « toute question à caractère économique, social ou environnemental ». C’est le cas en l’espèce.
    2° La pétition doit être « rédigée en français et établie par écrit ». C’est le cas en l’espèce.
    3° La pétition doit être « présentée dans les mêmes termes par au moins 500 000 personnes majeures, de nationalité française ou résidant régulièrement en France. Elle indique le nom, le prénom et l’adresse de chaque pétitionnaire et est signée par lui. » C’est le cas en l’espèce.
    4° La pétition doit être « adressée par un mandataire unique au président du Conseil économique, social et environnemental. » C’est le cas en l’espèce.
    Il appartient au Conseil de vérifier si ces quatre conditions sont satisfaites. Si elles le sont, le Conseil n’a pas le pouvoir de refuser d’examiner au fond une pétition dont il est légalement saisi.
    En effet, l’article 4-1 dispose que « le bureau statue sur [la recevabilité de la pétition] au regard des conditions fixées au présent article », et uniquement au regard des conditions fixées au présent article. Ces conditions sont au nombre de quatre, et pas une de plus. Le Conseil économique, social et environnemental n’était donc pas fondé à prononcer l’irrecevabilité de la pétition au seul motif qu’un projet de loi serait en cours de discussion au parlement.
    III. Pour prononcer l’irrecevabilité de la pétition, le CESE considère néanmoins que seul le Premier ministre peut saisir l’assemblée consultative concernant un projet de loi. À cet effet, il se fonde sur l’article 2 de l’ordonnance précitée. Or les dispositions contenues dans cet article ne prévoient nullement que la saisine du CESE, à laquelle procède le Premier ministre dans certains cas bien précis, serait exclusive du droit, pour les personnes visée à l’article 4-1, de saisir parallèlement l’assemblée consultative par voie de pétition.
    En effet, l’article 2 énumère quatre voies possibles pour la saisine du CESE par le Premier ministre, le président du Sénat ou de l’Assemblée nationale :
    1° La saisine obligatoire, pour avis, « par le Premier ministre, des projets de loi de plan et des projets de loi de programmation à caractère économique, social ou environnemental. »
    2° La saisine facultative, pour avis, « par le Premier ministre, des projets de loi de programmation définissant les orientations pluriannuelles des finances publiques, des projets de loi, d’ordonnance ou de décret ainsi que des propositions de loi entrant dans le domaine de sa compétence. »
    3° La saisine facultative, pour consultation, « par le Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale ou le président du Sénat, sur tout problème de caractère économique, social ou environnemental. »
    4° La saisine facultative, pour étude ou pour demande d’avis, « par le Premier ministre, par le président de l’Assemblée nationale ou par le président du Sénat. »
    Aucune des conditions posées par ces dispositions n’interdit aux personnes physiques mentionnées à l’article 4-1 de saisir parallèlement le CESE par voie de pétition.
    IV. En outre, et à toutes fins utiles, la saisine du CESE pour avis, par le Premier ministre, ne peut relever, le cas échéant, que de la 2ème voie susmentionnée, et cette voie est facultative. Elle ne saurait donc faire échec à la saisine du Conseil par voie de pétition, sauf (peut-être) si elle avait déjà été utilisée. En l’espèce, ni le CESE ni les pétitionnaires ne soutiennent que le Conseil aurait déjà été saisi par le Premier ministre, ni que l’assemblée aurait épuisé sa compétence. On peut donc en conclure que le CESE n’a pas été saisi. Mais quand bien même il l’aurait été, on ne voit pas en quoi la saisine parallèle par voie de pétition serait contraire aux dispositions contenues aux articles 2 et 4 de l’ordonnance.
    La décision d’irrecevabilité prononcée par le Conseil est entachée d’excès de pouvoir et est susceptible le cas échéant, c’est-à-dire si les pétitionnaires le jugent opportun, de faire l’objet d’un recours devant le Conseil d’Etat. Affaire à suivre, donc…
    [MAJ]Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, je me permets de rappeler que j’ai précisé sur ce blog, le 17 août 2012, que j’étais pour le mariage homosexuel, mais contre l’adoption homosexuelle. Je n’ai donc pas signé la pétition dont il est question ici. Ce post développe uniquement un raisonnement juridique.
    [MAJ] A noter que le CESE a décidé de d’auto-saisir de la question :  » Par ailleurs, le bureau du CESE estime que les évolutions contemporaines de la famille et ses conséquences en matière de politiques publiques justifient une autosaisine de la part de notre Assemblée. Le Bureau examinera avec les formations de travail concernées les conditions d’examen et le calendrier de cette autosaisine. » Un recours jurifictionnel contre la décision de rejet de la pétition pourrait donc être jugé sans objet. C’est quand même la preuve de la gêne du Conseil quant à cette décision d’irrecevabilité.¢
  • Islam : Valls est traversé par un court éclair de lucidité

     

    Lundi soir, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, accordait une interview exclusive à La Libre Belgique. S’exprimant sur la situation de l’islam en France, il reconnait, dans un moment de lucidité, que « l’islam est devenu en quelques années la deuxième religion de notre pays, avec quatre à six millions de Français ou de citoyens résidant en France de confession musulmane. Nous comptons entre 2 200 et 2 300 lieux de culte.(…) Il y a très peu d’exemples dans l’histoire de l’humanité où en aussi peu de temps une religion a pris son essor dans un pays« . Quoique nous nous interrogions sur le concept de Français de papier, estimant que l’appartenance à la France n’est pas l’objet d’une simple démarche administrative… Pour le reste, le constat est réel.

    Mais, en abordant les violences et les crimes commis au nom de l’islam, le ministre poursuit : « Il faut que l’islam puise dans son histoire, dans ses valeurs, pour combattre ce radicalisme et cette violence qu’une minorité porte« . Sauf que les valeurs de l’islam, si on se réfère au coran, semblent assez voisines de ce qu’il reproche à certains musulmans, relativement à la condition de la femme, au meurtre des infidèles, et à la place politique de la religion coranique dans la société civile. Concernant ce dernier point, l’islam, et c’est inscrit dans son ADN, nie la distinction entre privé et public, temporel et spirituel : au nom de l’oumma, l’islam est une théocratie ; et le coran un code civil, une juridiction.

    Quant à l’histoire de l’islam, mieux vaut que les musulmans ne puisent pas trop dedans et négligent cette suggestion du ministre de l’intérieur…qui ferait bien d’ouvrir un livre d’histoire de temps en temps…

    http://www.contre-info.com/

  • Et si Maurice Taylor avait raison ?

    130225

    L'étonnante publication de la correspondance entre le président de la firme américaine Titan et le ministre du prétendu Redressement industriel fait rebondir le dossier de la désertification économique des activités de notre pays.

    D'excellents esprits s'inquiètent ou s'indignent de voir disparaître l'industrie française. Christian Saint-Etienne en a fait la trame de son livre comme de sa conférence, plus radicale, du 19 février. Fait bien réel, et fort significatif : les usines de l'Hexagone ferment. Les ouvriers français ne trouvent plus d'emploi dans leur pays. Des régions hier encore considérées comme bassins de production deviennent des océans de chômage. Les politiciens passent, ils promettent des solutions. Ils ne les trouvent pas.

    En 2007 un candidat promit qu'on allait réhabiliter la valeur travail. Il fut élu p.de la r. Il fit quelques réformes. Mais rien ne fut "réhabilité". Il ne fut pas réélu.

    En 2011 un de ses rivaux publiait un livre où il lançait un mot d'ordre subtil. Il se préoccupait de produire en France. Cette dérivation du slogan communiste d'hier "produisons français" est demeurée à peine perceptible au regard des journalistes. Formule du PCF naguère, rhétorique FN désormais. "C'était, aurait écrit Paul Morand, un jeune homme d'autrefois, c'est-à-dire à peu près une jeune fille d'aujourd'hui". Tout passe, tout casse. Et tout lasse.

    Ainsi donc malgré son méritoire essai l'agrégé d'histoire François Bayrou assista d'abord à l'annexion de son programme puis à l'effritement de son électorat. L'effort n'a pas plus été récompensé que le travail n'avait été réhabilité.

    En 2012, en effet, ça se gâte. En 1945 on avait fait du stalinien Marcel Paul un ministre de la Production industrielle. Cette fois on bombarde un avocat snobinard de Saône-et-Loire au "redressement" industriel. Dossier après dossier, son incompétence éclate. Qu'importe, il est présenté comme une sorte de chouchou, d'enfant terrible de la gauche pure et dure. On l'encourage un peu partout, malgré les démentis du Premier ministre Ayrault, cavalier sans assiette incapable de tenir sa monture.

    Dans son échange de missives avec Maurice Taylor, il commet quatre fautes :

    1° la première consiste à laisser diffuser une lettre dont il croit qu'elle va mettre l'opinion de son côté, mais qui n'était aucune destinée à une circulation publique

    2° la seconde consiste à répondre à ce qu'il considère lui-même comme des propos extrémistes et provocateurs. Le propre de ce genre de situation est qu'il ne faut précisément jamais tomber dans ce piège.

    3° il menace. En toutes circonstances, cette attitude dénote une faiblesse. Ou bien on prend effectivement des mesures hostiles, ou bien on se tait. Mais bien plus ces mesures dont on agite faussement la perspective, - ou bien elles correspondent à un devoir de contrôle des autorités françaises dans l'intérêt des consommateurs, et alors inutile d'en brandir l'hypothèse, il faut agir - ou bien elles contredisent les accords du Gatt d'hier, devenu OMC, laquelle est actuellement dirigée... par un socialiste français M. Pascal Lamy.

    4° La plus grave est de s'enferrer dans une position intenable, et anti économique. Il cite le nom d'un officier de Louis XVI devenu l'enseigne d'un grand magasin, il invoque les liens historiques entre deux pays, là où il implore en définitive un investisseur privé étranger.

    Or, à relire à deux fois la lettre de Maurice Taylor, factuellement, on ne voit pas, en dehors du style, ce qu'elle contiendrait de faux.

    Il ne se trompe que sur un point, en qualifiant de "fou" un syndicat qui n'a jamais cessé depuis 1947 de mériter tout simplement l'appellation de communiste.

    Si on ne voulait pas d'un discours réaliste typiquement américain, et de sa façon peu diplomatique, si peu politicienne de dire la vérité, il ne fallait pas aller chercher Titan, il ne fallait pas bercer de cette illusion les ouvriers de l'usine Goodyear.

    Le 5 février encore Les Échos nous informaient très sérieusement que : "La CGT demande au groupe Titan de reprendre les pneus agricoles", etc. (1)⇓

    Dans l'univers de Montebourg on n'aime pas entendre dire que deux et deux font quatre et que la terre est à peu près ronde. On juge cela grossier et déprimant. On préfère encore recevoir les encouragements de Mélenchon qui rend Jean-Marc Ayrault responsable des erreurs répétées du camarade Montebourg "cet Américain est un rustre arrogant. Il s’adresse à la France comme un gringo aux latino-américains. D’où lui vient cette insolence ? C’est évident, il a vu comment il a baissé les yeux devant Mittal. Ayrault a donné un signal aux patrons et à la finance mondiale : en France, ils sont les rois ! à ce niveau de gravité, c’est au Premier ministre de monter en ligne. Son silence est consternant."  (2)⇓

    Avec de tels raisonnements on comprend M.  Taylor : un syndicat fou, un gouvernement incapable, une gauche en délire. Pourquoi un industriel américain investirait-il dans un pays pareil ? "Posez la question, dit-il à propos de Montebourg, à cet imbécile"(3)
    JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

    Apostilles

    1. cf. Les Échos le 5 février 2013 à 16 h 50.
    2. cf. Le Parisien 24 février 2013.
    3. sur Europe N°1 le 22 février.
  • À propos de l'endettement de la France (archive 2010)

    De nombreuses raisons ont été données, mais nous allons en examiner deux particulièrement qui contribuent le plus aux mille milliards d'euros de dette.
    La Construction Européenne
    La France a toujours été un pays contributeur, c'est à dire une « vache à lait » au même titre que l'Allemagne ce qui donne des milliards d'euros cumulés à perte pour la France. Mme Thatcher déclarait : « I want my money back ». La France par générosité ou gloriole se veut à la pointe de la Construction Européenne. Cela a un coût. Il ne suffit pas d'être Européiste, il faut aussi le payer (quitte à vendre le stock d'or de la France !).
    Maurice Druon qui n'est pas économiste écrivait qu'avec l'euro, on n'avait plus la facilité de dévaluer.
    Une dévaluation n'est ni une chose facile ou difficile, une monnaie doit simplement être adaptée à la compétitivité du pays. Si le franc existait encore, on aurait certes pu dévaluer un peu, exporter plus et ainsi financer nos déficits en créant même plus d'emplois. La Chine utilise bien les délices d'une monnaie faible, trop au goût de certains.
    Avec l'euro, cela n'est plus possible. Le traité de Maastricht ligote les politiques économiques possibles et ôte beaucoup de souplesse aux différents pays.
    La Banque Centrale Européenne ne fait que lutter contre l'inflation dans l'intérêt des rentiers ce qui ne favorise pas la croissance. Une inflation modérée est pourtant une bonne chose pour l'économie puisque cela pénalise (légèrement) les rentiers non productifs et moins consommateurs au profit des productifs plus consommateurs.
    Le traité de Maastricht a été néfaste pour la France puisque maintenant la Banque de France ne peut plus faire d'avances au Trésor ce qui permettait la création monétaire au moment opportun. Dans le dernier rapport du FMI, il est prévu que la zone euro aura le taux de croissance le plus faible du monde, en dessous de l'Afrique subsaharienne.
    Voilà à quoi sont arrivés les Technocrates de la Construction Européenne, du pacte de stabilité et de la mise en place de l'euro.
    Dans un contexte de croissance plus forte (possible si nous avions gardé le franc) la dette de la France serait beaucoup moins un problème.
    L'immigration
    On peut évaluer à environ 300 000 immigrants supplémentaires en France chaque année (demandeurs d'asile inclus). C'est énorme d'autant plus que 90 % sont à la charge de la collectivité avec tous les frais supplémentaires différés que cela constitue (allocations renouvelées chaque année, écoles, hôpitaux, soins, logements, prisons ... ).
    Dans un contexte où on évalue à deux millions et demi (2 700 000 exactement) le nombre officiel de chômeurs, la France n'a pas les moyens économiques de les accueillir. Il a fallu par exemple réquisitionner 18 000 chambres d'hôtel pour les demandeurs d'asile dont le nombre ne fait qu'augmenter. On a toujours abordé la question de l'immigration en termes idéologiques. Il serait temps de raisonner aussi en termes économiques.
    La liquidation de la France (la grande affaire de la politique française)
    Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, toute la politique de la France a consisté à en finir avec la France si l'on excepte la parenthèse De Gaulle. De l'extrême gauche en passant par Cohn-Bendit et Giscard jusqu'à l'extrême droite d'Alain de Benoit qui arrive à croire sans rire que la construction européenne est synonyme de l'Europe de la race blanche, pratiquement toute la classe politique (surtout celle au pouvoir ou proche de lui) a en commun la haine de la France et de la nation. Elle se grise de slogans : « L'Europe démultiplicateur de puissance ». Pour qui ? Pour quoi ? Pour défendre quel être ? Comme si l'Europe sac de noeuds d'intérêts divergents était le prolongement des intérêts de la France.
    « L'Europe : la France en plus grand » : expression franco-française qui fait sourire les autres Européens. L'Europe est devenu le trou noir de toute l'action politique en France depuis plus de trente ans. Cet ensemble européen est d'ailleurs flou, fluctuant, et indéfinissable. On aura sans doute l'entrée «irréversible» de la Turquie selon Jacques Chirac. Dominique Strauss-Kahn veut même faire entrer les pays du Maghreb dans l'union européenne. Tout n'est que question de temps. Ce qui est impensable aujourd'hui ne l'est déjà plus demain. Qui aurait pensé il y a vingt ans que la Pologne et les pays baltes intégreraient l'union européenne ? Ceux qui ne se plient pas à cette version du monde sont considérés comme nostalgiques, passéistes, aigris et même racistes, mot qui donne des frissons.
    Dans cette communion de la haine des nations, l'immigration n'est pas une question à part, mais est intimement liée avec la construction européenne, à la fin de la France, des nations et à la mise en place de l'idéologie post-nationale.
    Cela donne sans doute des satisfactions à tous les haineux de la France. De Gaulle ne voulait pas que l'Europe se fasse sur le cadavre de la France. Il n'avait pas vu assez loin. L'Europe se fera certes sur le cadavre de la France, des nations, mais aussi sur le cadavre des peuples européens qui disparaissent peu à peu noyés dans une immigration à venir encore plus forte que celle qu'ils ont connue jusqu'à maintenant. En trente ans (ce qui est très peu) la France a changé physiquement ; il suffit de se promener dans les banlieues des grandes villes pour que cela saute aux yeux. Les banlieues immenses, peuplées de jeunes d'origines diverses, pèseront demain infiniment plus lourd que les campagnes de France «encore» françaises mais peuplées d'une population dont la moyenne d'âge est très supérieure. La France de demain se trouve en banlieue et non en Corrèze.
    Dans un contexte de mondialisation totale où les détenteurs de capitaux investissent sans état d'âme sur toute la planète là où c'est le plus rentable, que veut dire l'Europe de l'économie ? La construction européenne a été fondée sur de grands mensonges à l'égard de ses habitants. Tout d'abord le mirage de la puissance (qu'est-elle vraiment de nos jours et pour quoi faire) fondée sur le nombre, le mirage de la paix qui dans le fond est venue de la dissuasion et qui n'empêche pas hélas le terrorisme, le mirage d'une Europe fondée sur l'héritage commun alors que dans le même temps on fait juxtaposer en France et en Europe toutes les religions et toutes les communautés de la planète, le mirage d'une Europe indépendante alors que les centres de décision se trouvent à l'ONU, l'OTAN, l'OMC et même à Washington et New-York dans les sièges des multinationales. Il serait temps d'arrêter de vivre sur des illusions et de réfléchir sur ce que l'on veut construire ou détruire. Y gagne t-on vraiment à noyer les identités nationales dans un grand magma ? Dans un cadre de mondialisation le cadre national n'est-il pas en fin de compte le mieux adapté ? Le référendum sur la constitution européenne ne sera sans doute comme toujours qu'une empoignade stérile pour un résultat déjà connu d'avance.
    Patrice Gros-Suaudeau