
Que dire d'un pays, d'un Etat qui voit se multiplier, se réitérer des révoltes des mêmes groupes sociaux année après année ? Il y a moins d'un an, les agriculteurs initiaient un mouvement historique de blocages d'autoroutes et de montée à Paris, avec un soutien massif du reste de la population. Dix mois plus tard, malgré le cou de com' « botte de paille » d'Attal, les agriculteurs sont plongés dans le même désarroi, soumis aux mêmes tracasseries, aux mêmes concurrences, aux mêmes trésoreries exsangues. Il faut dire que les politiques et les agriculteurs n'ont pas le même rapport au temps : ils ne peuvent pas, eux, contrairement à la république d'Emmanuel Macron se payer le luxe d'une trêve estivale, d'un arrêt du fonctionnement de l'Etat pour cause de dissolution et d'absence de majorité. Il n'y a qu'une récolte, et ce qui est perdu ne se retrouve pas.