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Extrait de l’entretien donné par Nicolas Dupont-Aignan dans Valeurs Actuelles :
Avez-vous été surpris par l’annonce d’un grand débat sur l’immigration ?
La cerise sur le gâteau de la tromperie tient dans ce débat à venir sur l’immigration ! Il ose l’annoncer le jour où son ministre va signer le pacte de Marrakech. Un pacte qui ouvre les vannes de l’immigration et, par un enchaînement de jurisprudences, aboutira à un acte contraignant, même s’il ne l’est pas encore aujourd’hui.
En quoi vous avez la certitude que le pacte de Marrakech deviendra contraignant ?
Lisez-le et vous comprendrez en quoi il est dramatique. Il reconnait les migrations comme quelque chose d’inhérent à la mondialisation et de positif. Il y est même écrit que les médias critiquant les migrations seront punis financièrement… Par un enchaînement de jurisprudence de la cour européenne des droits de l’homme, ce pacte sera inscrit dans le bloc de constitutionnalité ou de législation. Les décisions d’expulsion des migrants clandestins non demandeurs d’asile seront beaucoup plus difficiles. Je ne suis pas le seul à le dire ! Le député Républicains Claude Goasguen l’a dit lui-même à l’Assemblée nationale. Et tous les juristes le savent ! Ce pacte est monstrueux et nous sommes le seul pays où il n’y a pas de débat ! Rien, pas même au Parlement. Est-ce par hasard que les Etats-Unis, l’Australie, Israël, la Pologne, la Tchéquie, le Brésil, l’Autriche, l’Italie… y renoncent ? Si on ne change pas les règles du jeu migratoire en Europe, on ne règlera pas la question de la répartition de la misère et de la création de richesse en France.
Le pouvoir semble vouloir minimiser la portée de ce pacte en envoyant Jean-Baptiste Lemoyne, un secrétaire d’Etat, pour le ratifier…
Ce sont des menteurs professionnels, des manipulateurs, qui se permettent de nous accuser de fake news, c’est le monde à l’envers ! Que Macron assume ! La démocratie repose sur la confiance. Et la confiance repose sur la vérité et la franchise. Madame Merkel a au moins eu le courage d’y aller.
A la place de ce grand débat sur l’immigration, qu’auriez-vous préconisé ?
J’ai fait une proposition de loi constitutionnelle proposant un référendum d’initiative partagée, possible dans notre Constitution. Il faut simplement que monsieur Wauquiez arrête son double langage et signe cette proposition, cosignée par des parlementaires tels que Jean-Louis Masson, Marine Le Pen, Franck Marlin et d’autres… Il suffit que l’on ait 165 parlementaires et le soutien d’un dixième des électeurs (environs 4 millions de signatures, ndlr) pour que le gouvernement soit obligé d’organiser un référendum national. Je le réclame inlassablement. L’immigration est le seul dossier qui n’a pas été arbitré par le peuple, et on nous enfume avec une consultation, du bavardage localisé, qui va durer trois mois !
Votre critique est radicale, certains vous accusent de jeter de l’huile sur le feu…
Je ne mets pas de l’huile sur le feu, je ne fais que défendre ces millions de Français qui ne sont plus représentés par l’opposition. Quand je vois Guillaume Peltier applaudir Macron lundi soir, je me demande où l’on va. L’opposition est aux abris, elle se déculotte. Il faut continuer la mobilisation, en manifestant pacifiquement devant les préfectures mais sans paralyser la vie économique du pays ni les commerçants qui ont déjà beaucoup souffert. La mobilisation se poursuivra parce que nous ne pouvons pas bâillonner un peuple que l’on enchaîne.
On sait maintenant qui est le « Français », le « Strasbourgeois » qui a tué trois personnes et en a blessé onze autres au Marché de Noël de la capitale alsacienne. Il s’appelle Cherif Chekatt. Ses parents sont d’origine marocaine, ce pays où se trouve Marrakech, où un ministre français vient de signer discrètement le pacte de l’ONU pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, c’est-à-dire en vue d’assurer le transport et l’accueil de migrants dont nos pays n’ont aucun besoin.
Multirécidiviste international puisqu’il a profité de la proximité de frontières poreuses pour commettre 27 crimes et délits en France, en Allemagne et en Suisse, il n’a que 29 ans, et est passé de la délinquance à l’islamisme en prison, suivant le processus habituel. Son dernier séjour en détention en France s’est achevé en 2015. En 2016 et 2017, les geôles allemandes l’ont accueilli. Depuis 2016, il était fiché « S » en France pour radicalisation islamiste. Depuis août 2018, il est impliqué dans un vol avec violence et tentative d’homicide. Lorsque les gendarmes et la DGSI viennent le cueillir, il a quitté l’appartement où l’on trouve des armes, et s’est lancé dans son expédition meurtrière, au cri de « Allah Akbar » selon le procureur général de Paris, Rémy Heitz. On mesure avec ce résumé la dimension vertigineuse de l’impuissance de l’Etat.
Nous sommes parvenus à une forme de société où tout est inversé, où les signes évidents d’une décadence mortelle sont applaudis comme autant de progrès. Ce n’est pas un progrès que de voir d’honnêtes gens mourir sous les coups d’ennemis de la société qui ont bénéficié de sa clémence, de sa volonté de racheter le coupable à tout prix, de son manque de conviction en ses propres valeurs, de sa repentance diffuse pour des crimes imaginaires, de l’épuisement de ses ressources, aussi, perdues dans le puits sans fond d’un État-Providence obèse et inefficace. Au nom d’une religion qui justifie la mort du mécréant et dans certains pays les peines les plus cruelles envers les délinquants, chez nous, c’est l’un d’entre-eux qui pratique la peine capitale pour participation à un marché de Noël !
Est-il normal que le terroriste islamiste Salah Abdeslam vive à nos frais dans sa cellule, insultant en permanence ses gardiens alors qu’il refuse de parler à ses juges ? Serait-il si choquant de rétablir la peine de mort ? Serait-il scandaleux de restaurer la relégation dans la lointaine Guyane pour les récidivistes impénitents ou les djihadistes ? Serait-il inacceptable d’appliquer réellement les peines prononcées et de prévoir de très longues détentions pour les récidivistes, en partie financées par un travail obligatoire ? Serait-il injuste de priver de sa nationalité française un immigré qui en possède une autre et qui a commis un crime, voire un délit, ou bien encore qui est fiché « S » pour radicalisation islamiste ? Serait-il insupportable qu’on l’expulse de notre pays ? Toutes ces mesures seraient de bon sens parce qu’elle viseraient l’intérêt supérieur de la France et le bien commun des Français au lieu d’obéir à une idéologie suicidaire.
L’attentat de Strasbourg n’est pas un complot gouvernemental. S’il est idiot de crier au complot, il serait niais de se cacher l’opportunité d’un événement qui doit réjouir secrètement le pouvoir, puisqu’il lui fournit l’argument d’un appel aux Gilets jaunes à cesser leur mouvement, alors que ses « gestes » n’y ont pas suffi. Devant l’émotion provoquée par ce nouvel acte criminel, si semblable à ceux qui l’ont précédé, le Président et le gouvernement vont appeler à la décence, à la responsabilité et à l’union sacrée. On aimerait une réponse plus forte et plus offensive, comme l’expulsion de tous les fichés « S » étrangers. Mais notre gouvernement est un artiste du faire semblant : de même qu’il prétend avoir répondu aux revendications des Gilets jaunes par la distribution de cadeaux de Noël sans portée réelle, de même il va poursuivre une politique d’immigration massive, et de justice passive qui continueront à désarmer notre pays.
Dans la lettre d’information de l’ISSEP, Marion Maréchal estime qu’une première étape a été franchie :
[…] Nous proposons un cursus pédagogique inédit en France dont nous savions qu’il souffrirait quelques caricatures à ses débuts. Malgré cela, nous avons rapidement réussi à associer de nombreuses personnalités, reconnues pour leurs compétences et leur expérience, tant au sein de l’équipe dirigeante, du conseil scientifique, du corps professoral que parmi les conférenciers. Nous mesurons l’exigence d’excellence qui nous incombe. La responsabilité dont nous héritons. L’ISSEP doit nous dépasser et nous survivre si nous souhaitons qu’il pèse durablement dans la vie politique, intellectuelle et économique de notre pays.
Une soixantaine d’étudiants nous font déjà confiance ainsi qu’une quarantaine d’enseignants. Nous projetons le double pour l’année prochaine.
L’ISSEP invite chaque mois des conférenciers extérieurs et publiera une revue semestrielle d’analyses. Notre club de partenaires (chefs d’entreprise et managers) continue de s’étoffer et favorise un lien permanent et diversifié entre l’école et le monde de l’entreprise.
Actuellement, nous nous attelons à construire le réseau international de l’ISSEP, au travers de partenariats éducatifs avec d’autres établissements, prouvant ainsi que le patriotisme se combine aisément avec des relations internationales constructives.
D’ores et déjà, le premier objectif est atteint : bousculer l’homogénéité et le conformisme idéologique qui sévissent dans une partie du monde universitaire et supérieur français, renouer avec un véritable pluralisme intellectuel sans sectarisme ni caricature, démontrer qu’une école revendiquant la formation de dirigeants libres et enracinés peut être moderne et plébiscitée.
Beaucoup reste à faire, et nos projets sont nombreux pour que l’ISSEP s’impose comme un des hauts lieux culturels, éducatifs et intellectuels de la vie politique française. Nous avons mis le pied dans l’embrasure de la porte, reste dorénavant, avec votre aide, à l’ouvrir en grand.
Il y a tout juste un siècle, en 1918, le philosophe et historien allemand Oswald Spengler (1880-1936) publiait le premier volume de son maître-ouvrage « Le déclin de l’Occident ». Partisan d’une approche « morphologique » de l’histoire, Spengler décrivait les différentes cultures de l’humanité comme des organismes collectifs, passant toutes par les mêmes phases depuis leur naissance jusqu’à leur mort. La civilisation était à ses yeux la forme que prennent les cultures sur leur déclin. Ces thèses furent discutées passionnément dans le monde entier. Dans cette émission de la série « Les idées à l’endroit », Alain de Benoist s’entretient avec deux spécialistes de l’œuvre de Spengler : le Français Gilbert Merlio et le Belge David Engels. Un débat instructif.
Par André Posokhow, consultant ♦ Cela fait déjà plusieurs mois que Polémia publie divers articles de fond sur le Pacte pour les Migrations de l’ONU qui sera signé par de nombreux Etats et boudé par de plusieurs autres ce lundi 10 décembre à Marrakech. Depuis plusieurs jours, les médias français se saisissent enfin de cette actualité brûlante. Mais, alors qu’une très large majorité de Français s’oppose à l’immigration, les médias ont, pour beaucoup, décidé de défendre le texte ! Quitte à tromper leurs lecteurs, sciemment ou par omission… L’exemple des Décodeurs est à ce titre parlant. Polémia
Liste des articles déjà publiés par Polémia sur ce texte catastrophique :
Les 10 et 11 décembre prochain à Marrakech, les États membres des Nations unies sont appelés à signer le « pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » que Macron a l’intention de faire signer par Jean-Baptiste Lemoyne.
Le processus d’approbation de ce pacte se télescope avec la révolte des Gilets Jaunes qui, visiblement, se sont emparé de ce thème. Il en résulte une surchauffe des réseaux sociaux pour s’opposer à cette signature par la France.
Strasbourg (l’un des hauts-lieux de la politicaille européenne), soirée du 11 décembre 2018 : un fou furieux se réclamant du sieur allah tire sur les badauds d’un marché de Noël, en tue 3 et en blesse une douzaine, avant de fuir courageusement.
Pas de quoi s’en étonner : c’est l’attentat mahométan de la semaine en Europe. Depuis la proclamation du Djihâd par le fou furieux Abou Bakr II en 2014, nous sommes habitués aux actes terroristes de ces fous haineux, d’ailleurs généralement connus des services de police (variante : de nos efficaces services de renseignements).
C’est d’ailleurs le cas de ce tireur : djihadiste répertorié, ayant tâté de 6 mois de prison après une agression terroriste. Il avait écopé de deux ans, mais avec sursis pour la plus grande partie... ce qui est l’équivalent judiciaire d’une invitation à la récidive. C’est fait !
La surprise de l’honnête citoyen ne provient pas du sociopathe assassin, ni de l’absurdité d’un système laxiste, dans lequel des fonctionnaires de l’État font semblant de punir et d’autres ne peuvent rien faire d’utile. Sur ce point, l’alternative est simple : ou on élimine, discrètement mais impitoyablement, les mahométans qui prônent le djihâd dès qu’on les a repérés, ou on cesse de promettre aux Français une « protection » parfaitement illusoire. Tout cela, on le sait depuis 2015.
La surprise – qui n’en est pas une vraie, car l’on avait déjà noté la tendance des jeunes mahométans à excuser les actes terroristes commis par les fous d’allah – vient d’une réaction à chaud d’un jeune mahométan qui crèche (c’est le mois idéal pour employer ce verbe !) à Strasbourg. Interrogé par un journaliste de Cnews (la chaîne d’info du groupe Canal+ & Bolloré), et bien qu’il sache le bilan sanglant de son ami, il n’a pas hésité à le présenter comme un barbu « super-gentil, cultivé... un grand-frère toujours prêt à donner des leçons de morale » !
Face à de tels moralistes, il ne reste à la Nation qu’une ressource : passer des revendications fiscales qui mobilisent plusieurs millions de Français, si l’on prend en compte les participants et leurs sympathisants, à la création de milices citoyennes non armées – puisque seuls les voyous peuvent disputer l’exclusivité du port d’arme aux si efficaces forces de l’ordre -, mais d’une vigilance toujours en éveil, composée d’individus rompus aux sports de combat.
La Nation n’a rien à attendre des politiciens, fort peu des juges, à peine plus des policiers, surmenés à force de verbaliser sur les routes et de tenter de maîtriser ces casseurs encouragés par de curieux personnages – qui ne viennent pas de cette « droite extrême » dont on nous rebat les oreilles. La Nation doit légitimement se méfier des mahométans qui évoquent favorablement le djihâd ou prennent des assassins pour des héros.
Il est urgent d’exiger de nos princes inefficaces la tenue d’un referendum sur l’immigration extra-européenne et sur la liberté de culte sur le sol français pour les individus qui prônent l’imposition de la charî’a. La France a instauré, en 1905, une absolue séparation des Églises et de l’État. Même si le culte mahométan est financé par des millions de pétrodollars, seuls des corrompus peuvent accepter ses débordements.
Article «Richelieu ou la puissance de gouverner» de Florian Rouanet dans la Revue Militant N°706 de Juillet-Août 2018 en pages 12 et 13.
Richelieu ou la puissance de gouverner
« Les grands embrasements naissent de petites étincelles. » (1)
Ce qu’il y a de remarquable dans l’intérêt d’étudier Richelieu c’est qu’il est, en même temps qu’un grand homme de l’histoire de France, à la fois bon homme d’État et bon homme d’Église : les deux articulations distinctes de la nature et de la grâce, saine dualité que comprend la Création, s’incarnent ici de manière visible en une seule et même personne.
Il reste à travers les siècles une référence, un exemple de vertu, d’intelligence et d’agissement pour nous, qui en sommes les générations héritières et dont on doit s’inspirer pour en garder le meilleur. À l’image d’un souvenir actualisé rappelant dans un même temps notre histoire et notre combat. La politique nationaliste n’est d’ailleurs jamais que la réactualisation du bon principe monarchique.
Enfin, son exercice politique est à connaitre également pour approfondir les sujets d’importances alentour.
Quelques éléments biographiques :
Notre homme vécut entre 1585 à 1642. Il était d’abord destiné par sa famille à une carrière militaire, lorsqu’il choisit finalement la vocation religieuse en 1605. Ainsi, à le nommer par raccourci Richelieu, on en oublierait presque qu’il était ecclésiastique, et non des moindres, puisque devenu cardinal en bout de course.
Surnommé « L’homme rouge » en référence à la couleur de son habillement et à sa poigne, dit-on, sa petite de taille physique était largement compensée par son courage et sa force d’esprit.
À la cour du Roi, il était humainement si difficile, que peu de monde l’appréciait vraiment, Louis XIII y compris. Toutefois, l’Éminentissime était conservé dans le gouvernement avec un rôle d’importance tel que celui de principal ministre, équivalent relatif du poste actuel de Premier Ministre : car à cette époque les hommes sont de valeurs et savent que la gouvernance et le bien commun de la cité passent au-dessus de leurs personnes propres et des inévitables conflits personnels.
Quelques éléments contextuels :
La période renaissante fait office de transition entre le monde médiéval et le monde moderne sur plusieurs points. Et pour mieux saisir un personnage historique, il est toujours bon de connaitre et de comprendre le contexte de son époque. Les évènements sous Louis XIII font suite à ceux du siècle précédent, c’est-à-dire le XVIe, sur lesquels nous reviendrons ponctuellement :
– À l’alliance franco-ottomane entre François 1er et Soliman le Magnifique [1536], où la France de destin politique et national se démarque du reste de l’Europe du Saint-Empire en s’alliant avec l’islam turc.
– Au concile de Trente [1542-1563], réunion des hauts dignitaires de l’Église catholique, qui redéfinissent les points de la foi contre la remise en question que pose Luther, Calvin et de manière générale la Réforme protestante. Tous les catholiques défendaient l’infaillibilité du pape face à eux.
– À l’Édit de Nantes d’Henri IV [1598] où les protestants se sont vu bénéficier d’une simple proclamation de tolérance religieuse afin de tempérer le conflit social et religieux français, à une époque où l’œcuménisme de Vatican II est impensable car considéré comme purement outrageant et hérétique.
– À l’essor de penseurs d’un type nouveau qui font changer les mentalités avant l’arrivée même desdites Lumières, causant une ré-identification accrue à la période antique en sa version païenne et à des concepts philosophiques dans un sens rationnellement vicié, notamment avec les exemples de Nicolas Machiavel ou encore de René Descartes…
Toujours est-il que, si la Renaissance contient philosophiquement et métaphysiquement des germes pré-révolutionnaires au sens jacobin (avec tout ce que cela peut contenir de gnose et de kabbale), ce n’est certainement pas à cause de la politique du cardinal de Richelieu qui, bien au contraire, vient déjouer une sorte de 1789 prématuré avec les mêmes types de complots récurrents contre la cour royale de la part de roturiers (ancêtres du banquier), de «parlementaires» et de «parpaillots» subversifs…, en résumé.
Centralisation politique française :
« Je n’ai eu d’autres ennemis que ceux de l’État »
« Le crime suprême, pour un homme d’État, c’est de ne pas agir, de laisser le destin s’accomplir sans chercher à le dominer. » (1)
L’unité et la sécurité de l’État sont les thèmes incontournables de sa pensée et de sa réalisation politique. Pour lui, être garant de l’unité du royaume, tout comme pour gagner son Ciel, est un combat de tous les instants. Notre cardinal admire d’ailleurs pour cela son contemporain saint Vincent de Paul pour son exemple de piété plus active que contemplative. Il mène alors son action de délivrance admirablement sans être tinté ni d’une pure praxis volontariste ni d’un constructivisme pré-marxisant, ou à l’inverse, d’un travers cléricaliste.
Du monarque qui est représentant de Dieu sur terre et régent dans son ordre temporel, le principal ministre le sait : si celui-ci incarne l’unité de l’État, il a cependant la faiblesse de ne pas être infaillible pour l’ordre temporel comme le pape l’est dans le domaine de la foi.
Dans une société aboutie la représentativité de l’État n’est jamais sans la «nation», dont le terme est déjà usité sous la Monarchie, présent dans la bouche des Mgr Bossuet et Louis XIV par exemple. La nation est un organe qui encadre un peuple défini, habitant sur un même territoire de même tradition. L’État rattache à un destin unifié des provinces diverses à un tout national en tant que partie supérieure, à l’image d’un petit empire. Cet organe naturel qu’est la nation, également assemblage de familles au sens élargi par la loi du sang, nécessite l’État afin de mettre la Cité en mouvement lui permettant de se développer sur une base civilisationnelle sur ses intérêts collectifs.
La « centralisation » politique, qui était en germe dans les royaumes anciens commence à se voir réaliser avec la dynastie capétienne en France, s’est faite dans une hiérarchie verticale de haut en bas et se retrouve d’autant plus affirmée sous Louis XIII : le pouvoir est délégué aux vassaux par le gouvernement, de sorte que l’État étant fort, il se permet de décentraliser qu’une fois après avoir unifié le reste. Les vassaux du roi qui sont encore conservés à cette époque tiennent directement leur pouvoir du roi selon le principe de subsidiarité thomiste, ici actualisé. Dans le contexte, il est d’ailleurs légitime que Richelieu ait supprimé les féodaux qui ne remplissaient plus leur rôle, n’assumant plus leur responsabilité en souhaitant plutôt l’emprunter au service exclusif du roi. C’est le début de la fin du système féodale qui délaissait quasiment une province à elle-même.
Ainsi, la centralisation étatique républicaine des jacobins n’est pas venue de nulle part, ce n’est qu’un aboutissement qui empreinte hélas cette notion à un travers de la fin de monarchie française qui s’était faite gallicane. Idem pour Napoléon Bonaparte qui viendra accomplir un peu plus cette centralisation. Que le jacobinisme soit un principe corrupteur pour la France, ou que des acteurs maçonniques y participent ne prouve rien quant à la mauvaiseté de la centralisation, qui n’est pas mauvaise en soi, au contraire puisqu’elle se trouve être un principe organisateur. Là où l’étatisme républicain pèche, c’est dans son pur centralisme non respectueux des échelons inférieurs et des frontières géographiques provinciales. La République, IIIe du nom, fera d’ailleurs face à tous les particularismes locaux au nom de la francophonie, alors que pour être véritablement homme et être véritablement Français, il faut savoir s’enraciner dans un terroir particulier et concret.
Richelieu provoque donc dans son principe d’organisation les germes d’une centralisation monarchique, et devient ainsi le précurseur de cet absolutisme royal dont Louis XIV et le cardinal Mazarin seront les réalisateurs et les promoteurs acharnés. Richelieu la prépare et Mazarin l’accouche.
Dissensions religieuses et par conséquent sociales :
« Que c’était chose certaine que tant que le parti des huguenots subsisterait en France, le Roi ne serait absolu dans son Royaume. » [Mémoires du cardinal de Richelieu].
« Si on avait empoisonné Luther et Calvin lorsqu’ils commencèrent à paraître, on aurait épargné de grands maux à la Religion et beaucoup de sang à l’Europe. » [Lettre à la duchesse d’Aiguillon].
Le protestantisme est une intrusion sur notre sol qui vient détruire la notion d’unité chrétienne médiévale ainsi que l’unité confessionnelle des royaumes d’un même coup. Il n’y a ni méprise ni ambiguïté chez notre homme à ce sujet. La moitié de sa famille était protestante, du coup il connaissait bien ceux auxquels il avait à faire. Pourtant, la compagnie du Saint-Sacrement ne l’entendait pas de cette manière. Une compagnie appelée également le Parti des dévots, a été créé selon l’initiative romaine du Concile d’époque afin de surveiller le cas protestant, ainsi que le bien de la chrétienté auquel sont tenus les États d’Europe. Un Parti catholique dont Richelieu fut proche à ses débuts, et entrée en conflit avec lui pour raison de désaccord sur la question protestante. Si les deux camps partagent un bon nombre d’idées, le Roi vise d’abord l’unité chrétienne alors que le Premier Ministre vise d’abord l’unité du royaume.
Voici quelques éléments toutefois qui montrent que Richelieu n’était pas du tout favorable au protestantisme :
– Le Siège de La Rochelle, dont le portrait significatif d’Henri-Paul Motte affiche le cardinal en armure sur la place militaire, symbolise la victoire écrasante du royaume de France alors qu’il disposait d’une minorité de soldats par rapport aux protestants rochelais et au royaume d’Angleterre. Événement qui donne suite à la capitulation de la cité protestante.
– Il est celui qui a poussé Louis XIII à prononcer une succession de vœux, qui consacre la France à la Sainte Vierge, finalisée le 10 février 1638 ; le protestantisme, quel que soit ses variantes, refusant le culte de la Vierge et des Saints.
– Il collectionnait toute la littérature protestante, c’est dire s’il connaissait bien son ennemi. Il a même publié un Traité contre eux en 1650, appelant le retour des mauvaises ouailles dans le giron de l’Église.
Dans ce conflit confessionnel, l’éminent cardinal et ministre est évidemment du côté de la «contre-réforme» catholique face aux réformistes protestants qui, étant «libre-examentistes» sont imprégnés de subjectivisme et aident à faire éclore la libre pensée maçonnique un siècle plus tard avec le principe de laïcité. Plus personne n’osera affirmer la Vérité qui est reléguée à l’ordre de la simple opinion subjective de chacun.
Situation extérieure et aire de civilisation européenne :
Dans ce contexte géopolitique, il faut retenir que l’Espagne, pays aujourd’hui économiquement et diplomatiquement plus secondaire, était le pays le plus puissant d’Europe qui avait su se donner un immense empire s’étendant au-delà de l’Atlantique. D’un côté, le monde hispanique avait des prétentions vis-à-vis de la France aux frontières, tandis que de l’autre, la maison d’Autriche souhaitait rattacher le «royaume du Lys» à son empire continental. Le Saint-Empire romain germanique est ce qui reprend l’idée impériale de la Rome antique, voulant incarner en intention l’Europe carolingienne médiévale, mais qui se composait uniquement de provinces multiples regroupées sous un destin européen commun. Résultant d’une opposition entre deux empires, notre patrie, manifestant une volonté d’exister dans un destin unique et de manière plus solitaire, a voulu une troisième voie faisant ainsi naître prématurément l’ère des nations constituées.
Dans le cadre de la politique française extérieure de Richelieu cependant, là où le parti des dévots avait raison, c’est que par intention de déstabiliser les royaumes ennemis, il a été convenu de s’allier avec les princes protestants «prussiens» afin de déstabiliser volontairement leur unité confessionnelle et sociale. Si cela paraît être au premier abord une habile politique d’indépendance nationale, le problème majeure est que cela a contribué à détruire le catholicisme en pays germaniques. C’est ainsi que le bien universel et chrétien est mis à mal au nom d’un bien national particulier. Il est à comprendre que si le bien national est d’importance, ce bien n’est pas indépassable puisque le cadre du bien universel est plus commun aux hommes, et se retrouve donc éminemment supérieur. Ce qui signifie que l’ordre terrestre est fait d’une pluralité de peuples qui concourent tous à une expression humaine différente dans un tout organique universel et hiérarchisé. C’est le principe de totalité.
Enfin, l’alliance avec les mahométans lancée par François 1er, toujours effective sous Louis XIII quoi que moindrement, était légitiment vue par le reste de l’Europe entière comme une alliance contre nature qui remettait en cause l’unité chrétienne jamais trahie durant la période médiévale. Par le passé, cette alliance impie a fait que la France, tant attendue par le continent et le pape, a été totalement absente à Lépante, bataille primordiale pour l’unité chrétienne européenne face à l’invasion ottomane…
Être nationaliste ne doit pas signifier ne reconnaître aucune erreurs humaines ou encore les accidents de l’histoire, il faut simplement en avoir conscience, assumer le meilleur, tout en osant faire le tri sur nos errements collectifs qui ont causé tant de mal que cela soit à nous-mêmes, soit aux autres.
Conclusion :
La personne de Richelieu arrive à tenir une certaine unanimité au-delà des clivages. Étant admirée autant par des nationalistes et des royalistes que par des historiens classiques ou mêmes des républicanistes. S’il n’est pas étonnant qu’un monarchiste de principe s’en inspire pour ce qui est de la dernière catégorie, les patriotes gaullo-bonapartistes par exemple aimant à piocher quelques éléments isolés chez une personnalité dont ils ne retiennent pas la globalité, quand ce n’est pas pour tomber dans une volonté de conjuguer les contraires en voyant une trop grande continuité entre la monarchie d’Ancien régime et les cinq républiques libéralo-marxistes et judéo-maçonniques qui ont suivis. Si «continuité» de principe il y a, c’est uniquement sur le thème de la centralisation politique, seul parallèle possible entre un Richelieu et un De Gaulle.
Le temps passant, la relève est désignée par Richelieu lui-même au cardinal Mazarin qui, avec sa personnalité particulière, continuera le même type de politique en transmettant la formation reçue par le roi précédant à Louis XIV. Hélas, le roi suivant usera des nouvelles notions de «propagandes royales» plus pour la glorification de sa personne qu’autre chose…
À propos de son Testament politique, c’est un document d’intérêt qui vient compléter son œuvre administrative admirable. Un ouvrage rédigé dans le but de disposer d’un enseignement clair, doté d’une grande simplicité sur la forme et d’un style spécifique, avec comme fond, des conseils au roi mêlant tous les thèmes de la religion à la gouvernance, en passant par des réflexions d’ordre philosophique et pratique sur la nature de l’homme et des sociétés aussi justes qu’enrichissantes.
Tout nationaliste, et même simplement tout bon français, doit connaître le Testament politique, les principes et mises en application du combat du cardinal de Richelieu.
Tous ces éléments sont développés plus conséquemment dans ma conférence en ligne du même nom.
(1) Maximes d’État, ou Testament politique (1623).
Florian Rouanet, Militant N°706 en pages 12 et 13 (éditorial).
Avertissement : les propos de l’article n’engagent que son auteur, qui ne connaît pas personnellement Marion Maréchal.
Depuis les mouvements des gilets jaunes, Marion Maréchal a du mal à rester dans le silence médiatique promis suite à l’ouverture de son école. Manifestant avec les gilets jaunes aux Champs-Élysées, intervenant au Figaro ou à BFM TV, elle donna dernièrement une conférence organisée par le Cercle Audace sur la pensée conservatrice et l’union des droites. Selon le journaliste Charles Sapin, ces activités initieraient un retour en politique.
Cependant, l’ancienne députée de Vaucluse peut-elle incarner le « Destin français » dans un avenir proche qui s’annonce sombre ? À mon sens, si elle est brillante et sincère, sa vision théorique manque de pragmatisme et sa pensée conservatrice n’est pas en phase avec un peuple meurtri aux désirs simples et concrets.
En effet, les sondages montrent que si les Français sont « identitairement » à droite, ils se révèlent néanmoins « sociétalement » à gauche, puisque 80 % d’entre eux sont contre l’interdiction de l’euthanasie, 75 % contre la limitation de l’avortement et 63 % contre l’abrogation de la loi Taubira.
Par conséquent, à l’aune de ces études d’opinion, il est probable qu’ils considèrent le conservatisme comme une pensée rétrograde et que l’union des droites ne leur parle pas. Ils exigent seulement l’émergence d’un politicien aux « cojones » bien greffées qui impose les réformes nécessaires que sont :
a) l’arrêt de l’immigration par le gel des obtentions de visa des pays d’émigration, de la reconduction des permis de séjour et des naturalisations, ainsi que le rapatriement de l’ensemble des clandestins afin de briser la dynamique des flux.
b) la lutte contre l’islam radical par la dénaturalisation et l’expulsion des penseurs et religieux extrémistes couplées, si nécessaires, par l’élimination ciblée des potentiels terroristes à la manière du Shin-Bet, le service secret intérieur israélien*.
c) la baisse simultanée des taxes et du train de vie de l’État, additionnée à la mise en place d’une politique familiale afin que « le peuple central » puisse de nouveau vivre décemment.
d) la refonte de l’Union européenne afin que celle-ci fixe des frontières politique et économique fermes pour protéger ses peuples des conséquences de l’explosion démographique de l’hémisphère sud et de la montée en puissance de la Chine.
Si elle souhaite revenir en politique, selon moi, il serait intéressant que Marion Maréchal se penche sur les analyses de l’historien Jean-Louis Thiériot, passionné par ces grands réformateurs que furent le général de Gaulle, le chancelier Schröder et ce « Winston Churchill du temps de paix » que fut Margaret Thatcher, surnommée la Dame de fer pour avoir écrasé les puissants syndicats de mineurs.
Selon monsieur Thiériot, trois règles animent un grand dirigeant : 1) se concentrer seulement sur quelques mesures essentielles. 2) s’entourer d’une équipe restreinte d’experts préparant dans le secret leur mise en place. 3) les imposer dans les six mois suivant l’élection afin de jouir, en fin de mandat, d’une popularité retrouvée pour la réélection grâce aux résultats de ces mesures initialement impopulaires.
Ainsi, à mon sens, madame Maréchal devrait s’émanciper de son entourage de jeunes politologues à la pensée un peu abstraite et s’entourer d’un petit groupe de hauts fonctionnaires civils, militaires et des services secrets bûchant sur un programme de redressement national.
Puis réunir les fonds pour créer un mouvement sans étiquette et se mettre en campagne en martelant son projet uniquement au nom de la grandeur nationale et non en fonction d’une quelconque éthique conservatrice.
*selon le journaliste Vincent Nouzille, les services secrets français pratiquent aussi les éliminations ciblées, mais uniquement hors des frontières nationales.
Le journaliste Yves Mamou nous présente son dernier ouvrage “Le grand abandon – Les élites françaises et l’islamisme”. Un essai pour dénoncer l’absence délibérée de débat sur une immigration musulmane qui a déjà meurtrie les paysages urbains français.