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l'information nationaliste - Page 5510

  • PARENTS DE DÉLINQUANTS : UN MAIRE LR VEUT LEUR SUSPENDRE LES AIDES ! POURQUOI PAS ?

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    À Rillieux-la-Pape – commune du nord de la métropole de Lyon –, la violence, c’est le pain quotidien des habitants.

    En février dernier, un homme, « victime d’un malaise cardiaque, à l’issue d’une bagarre rue Michelet à Rillieux-la-Pape mercredi soir, est décédé ce lundi après-midi à l’hôpital cardio de Bron. […] L’origine du litige provenait d’un jet de pierre, qui avait brisé la vitre d’une voiture en circulation » (Le Progrès).

    Un mois plus tôt, « le week-end a été émaillé par des outrages aux policiers et des feux de poubelles. Lundi après-midi, des rodéos à moto ont semé le trouble sur l’avenue de l’Europe. […] Une voiture siglée du Grand Lyon a été renversée, et mise sur le toit au milieu de l’avenue de l’Europe au niveau de l’agence de la Caf […] Dans la nuit de lundi à mardi, vers 3 heures du matin, trois voitures en stationnement ont été incendiées, place Alexandre-Dumas » (op. cit.). Ce qui campe le décor.

    Aussi, face à cette banalisation de la violence – qui n’est banale que pour ceux qui l’exercent ou ne la subissent pas –, Alexandre Vincendet, maire Les Républicains de la ville, a décidé de prendre le taureau par les cornes en mettant en place la mesure suivante : « Pour les jeunes qui sont délinquants et dégradent du bien public, ce qui peut arriver à Rillieux, leurs parents verront leurs aides municipales suspendues, s’ils en ont, le temps des réparations. […] D’un point de vue moral, les parents étant responsables, c’est un peu compliqué d’accorder une aide municipale à ces familles si leur enfant mineur vient de commettre des dégradations sur des biens publics » (20 Minutes). Mais ce n’est pas gagné, car le cadre législatif ne lui laissera sûrement pas les coudées franches pour de telles initiatives.

    Bien entendu, l’élu, quoique sa démarche soit fort louable, appartient à la famille républicaine – autrement dit, celle qui agite à l’envi le péril de l’extrême droite de grand-papa ! – et il ne saurait réprimer sans ménager la chèvre et le chou : « Le problème en politique, quel que soit le bord, c’est qu’on a d’un côté des élus dans l’angélisme absolu, qui ne sont que dans la prévention, et d’autres qui sont dans le tout répressif » (op. cit.).

    On sait où nous a menés ce genre d’équilibrisme politique avec ces quartiers, le tout répressif n’étant par ailleurs qu’un fantasme n’ayant en réalité jamais été appliqué nulle part. Saluons au moins cette démarche dont on espère qu’elle sera suivie d’effet.

    Enfin, malgré toutes ces précautions oratoires du maire de Rillieux-la-Pape, certaines divas du vivre ensemble vont encore nous chanter l’aria de la tolérance à l’égard des quartiers défavorisés. Ce à quoi je leur répondrai : « La multiplication des crimes commis par des enfants a sa source principale dans l’inflation de bons sentiments sous laquelle l’humanité chemine, à présent, courbée comme sous les rafales d’une tempête qui n’aurait pas de fin » (Philippe Muray, Les Ravages de la tolérance, in Revue des deux mondes).

    http://www.bvoltaire.fr/parents-de-delinquants-maire-lr-veut-suspendre-aides/

  • Ils s'inquiètent de la remise en cause de Mai-68

    6a00e008d99039883401b7c958c1ce970b-120wi.pngSerge Audier enseigne la philosophie morale et politique à l’université Paris-IV. Il a publié en 2008 « La Pensée ­anti-68 ». Dix ans plus tard, il déclare au Monde :

    "Dans les milieux conservateurs de la droite et de l’extrême droite françaises, le discours s’est radicalisé. Sous le quinquennat de François Hollande, La Manif pour tous s’est voulue un Mai 1968 à l’envers : semblant parfois mimer l’activisme subversif soixante-huitard, elle a accentué la rhétorique conservatrice sur le déclin des valeurs, de l’autorité et des cadres familiaux. La croisade « anti-genre » a instrumentalisé la cause de la nature, avec la revue Limite et son « écologie intégrale ». S’ils se réclament du pape François, certains de ses protagonistes ont des affinités avec les milieux catholiques intégristes et d’extrême droite, qui n’ont jamais digéré l’émancipation des femmes. Enfin, le contexte international pèse en ce sens, avec l’élection de Donald Trump, incarnation d’un « virilisme » haïssant les luttes des années 1960 des Noirs, des femmes et des homosexuels.

    Il suffit en outre de parcourir la littérature monotone des milieux conservateurs pour saisir leur détestation de ce qu’ils appellent parfois le « libéralisme libertaire », fruit empoisonné de Mai 1968. Le philosophe catholique Pierre Manent voit ainsi dans Mai 1968 une catastrophe individualiste décomposant l’Etat-nation, l’intellectuel François-Xavier Bellamy fustige la mise à mort de la transmission culturelle contenue dans la sociologie de Pierre Bourdieu, l’essayiste Bérénice Levet, proche d’Alain Finkielkraut, accuse la génération de 68 d’avoir décomposé la famille, l’école et la nation. [...]"

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • JEAN-MARIE LE PEN VS GÉRALD DARMANIN : LA CONFRONTATION

    Sur le plateau de « L’Émission politique », France 2

    http://www.bvoltaire.fr/jean-marie-pen-vs-gerald-darmanin-confrontation/

  • Enorme succès : Le 2e banquet de Synthèse nationale avec Jean-Marie Le Pen affiche comple

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    Une bonne et une mauvaise nouvelle....

    La bonne, c'est que le banquet que nous organisons samedi 24 mars à Paris au cours duquel Jean-Marie Le Pen prendra la parole affiche d'ores et déjà "complet". Les 200 places du restaurant sont toutes retenues et nous sommes dans l'impossibilité d'enregistrer de nouvelles réservations à partir d'aujourd'hui. Ce succès prouve combien le message du Président Le Pen est toujours attendu par de nombreux patriotes ainsi que la vitalité de l'Association des Amis franciliens de Synthèse nationale.

    La mauvaise, c'est que nous savons que beaucoup de nos amis qui ont tardé à réserver leurs places vont être déçus en lisant ce communiqué. Nous le regrettons franchement mais, hélas, la superficie de la salle n'est pas extensible. Nous avons peut être été trop prudents et sous-estimés la capacité croissante de mobilisation de notre organisation. Nous espérons que vous ne nous en tiendrez pas rigueur.

    Il y aura sans doute dans les mois qui viennent d'autres occasions de venir écouter Jean-Marie le Pen et nous ne manquerons pas de vous tenir informés.

    S.N.

    http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2018/03/17/le-2e-banquet-de-synthese-nationale-avec-jean-marie-le-pen-a-6034927.html

  • ASSOCIATION D’AIDE AUX MIGRANTS DE CALAIS : LE PREMIER QUI ARRIVE À SUIVRE LEUR LOGIQUE PRÉVIENT L’AUTRE

    Migrants de Calais, saison 5, épisode 8. L’action débute devant une camionnette flambant neuve fournie par l’État qui, dans son infinie bonté, se propose de distribuer des repas gratuits aux clandestins en transit vers l’Angleterre. Les associations exultent, mais coup de théâtre : parmi la clientèle, certains refusent ces repas au prétexte que leurs campements de fortune sont détruits au fur et à mesure de leur installation par ce même État distributeur de victuailles. Les scénaristes n’ont pas lésiné sur les rebondissements. L’affaire se corse. Ne sachant plus où donner de la tête, le président de L’Auberge des migrants accuse les pouvoirs publics d’agir avec maladresse. Sans préciser en quoi aurait consisté un agissement adroit. Sur ce point, le spectateur de la série peut laisser libre cours à son imagination : implantation d’une nouvelle jungle avec tout-à-l’égout, fast-foods et cinémas gratuits… Parc de loisirs, mosquées… La production examinera toutes les propositions dites « adroites ».

    Dans une interview, Christian Salomé, responsable de cette association, exprime son gros embarras : « Nous, nous sommes très gênés. Nous ne nous attendions pas du tout à cette réaction. Nous sommes satisfaits que l’État offre les repas. Par contre, à partir du moment où les gens refusent de s’alimenter la journée, s’ils nous téléphonent le soir en disant “on a faim”, on ne va pas laisser les gens sans nourriture. » Retour à la case départ. Compassion « no limit » qui amène des benêts à se démener pour fournir de la nourriture à des gens qui ont refusé celle qui leur était proposée… Jusqu’où iront-ils dans la soumission ? La question n’a pas été posée à ce recordman de l’empathie… Qui poursuit : « Nous essayons de convaincre le maximum d’exilés d’accepter ces repas. » C’est la partie comique de la série. Distribuer des repas gratuitement n’est qu’une première étape. La seconde, plus difficile, consiste à convaincre les bénéficiaires d’ingérer les aliments qui leur sont proposés. Les poursuivre dans les rues de Calais en tenant une louche de purée d’une main et, de l’autre, un hamburger dégoulinant de ketchup n’est pas une mince affaire. Mais le résultat est là : le public s’amuse bien.

    Pour clore cet épisode en beauté, Christian Salomé affirme sans rire : « On ne peut pas affamer des gens même pour une raison d’État ce n’est pas possible, on n’est quand même pas dans un monde pareil. » Dans sa logique très particulière, celui qui donne à manger affame. Le spectateur perd un peu le fil du scénario. Il est temps d’envoyer le générique… Sur un coucher de soleil, la camionnette encore chargée de nourriture s’éloigne… En fond sonore, la chanson « Bécassine, c’est ma cousine » déroule sa mélopée… Le romantisme est à son maximum… 

    http://www.bvoltaire.fr/association-daide-aux-migrants-de-calais-premier-arrive-a-suivre-logique-previent-lautre/

  • Georges Valois contre l’argent: rencontre avec Olivier Dard

    par Frédéric Saenen

    Ex: http://salonlitteraire.linternaute.com

    28402727.jpgLorsqu’il s’agit d’aborder le cas Georges Valois (1878-1945), c’est peut-être le terme de « rupture » qui s’impose en premier lieu à l’esprit. En effet, ce singulier personnage aura successivement adhéré aux idéologies marquantes de l’âge des extrêmes, de l’anarchisme à l’Action française (dont il sera un des premiers dissidents), d’un fascisme à la française clairement revendiqué au syndicalisme, jusqu’à enfin une doctrine économique trop peu étudiée encore, « l’abondancisme ».

    De tels louvoiements passeront aux yeux de beaucoup pour une suspecte inconstance – et Valois se verra d’ailleurs taxé d’être en matière de politique un véritable caméléon. Mais il serait hâtif de résumer l’homme à cette tendance, tout autant que de l’enfermer dans son identité de fondateur du Faisceau. Ce mouvement, créé le 11 novembre 1925, mêlait en somme, et de façon quelque peu utopique, idéologie technocratique, planisme strict, exaltation de la figure du travailleur et valorisation des corporations. Le Faisceau implosera, après deux ans d’existence, sous la pression des divergences idéologiques qui le tiraillaient.

    La réflexion et l’engagement de Valois ne s’arrêtèrent cependant pas là : son nom sera aussi cité parmi ceux des non-conformistes des années 30 et il mourra, suite à son arrestation par la Gestapo, au camp de Bergen-Belsen. Étrange fin pour un homme que les esprits simplistes seraient tentés de réduire à un Mussolini à la française !

    Olivier Dard, dont on connaît les excellents travaux sur les droites radicales et nationales en France (de Maurras à l’OAS) mais aussi l’intérêt pour les relations entre politique et économie, ne pouvait rester indifférent à un homme tel que Valois. Après avoir dirigé le volume Georges Valois, itinéraire et réceptions paru chez Peter Lang en 2011, voici qu’il préface la réédition de L’homme contre l’argent. Un volume de souvenirs couvrant la décennie qui mène exactement de la fin de la Première Guerre mondiale à la faillite du Faisceau.

    Le livre, « virulent et écrit à chaud » selon les termes mêmes d’Olivier Dard, constitue un témoignage de première main sur une période de l’histoire souvent négligée au bénéfice des années 30, identifiées comme celles de tous les périls, de toutes les crises, de toutes les passions. Pourtant, quel bouillonnement déjà dans cette France qui sort à peine des tranchées, de la boue et du sang. L’heure est à la reconstruction et à la recherche de nouveaux modèles de société. Les uns ne jurent que par le monde anglo-saxon, les autres penchent plutôt du côté des Soviets. Valois revendique quant à lui l’ouverture d’une troisième voie dès l’incipit : « Ni Londres, ni Moscou. »

    Ce texte n’est donc pas uniquement une autobiographie, bien que la mémoire de Valois et ses jugements en soient l’axe central. Il ne se cantonne pas non plus à la recension des faits objectifs et à leur scrupuleuse chronique. Mais s’il n’a pas le caractère offensant du pamphlet, il mérite bel et bien l’étiquette bernanosienne d’« écrit de combat ». Olivier Dard insiste sur le fait que « c’est bien comme une charge contre la “ploutocratie” qu’il faut lire L’homme contre l’argent » et poursuit sur ce constat : « Le capitalisme, dans sa dimension industrielle comme financière, sa compréhension et la lutte à entreprendre contre lui sont des préoccupations constantes chez Valois ». 

    Est-ce à dire qu’il y aurait encore une actualité possible pour un penseur qui paraît aujourd’hui tellement oublié et daté ? Nous avons demandé à l’historien de nous éclairer sur quelques aspects de cette publication, riche en anecdotes et en portraits, mais aussi sur la personnalité complexe de Valois et la place qu’il lui revient d’occuper parmi les figures de la pensée française du XXe siècle. Mieux vaut tard…

    Frédéric Saenen

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    Entretien avec Olivier Dard,

    professeur d'histoire contemporaine à l'université de Lorraine (plateforme de Metz), spécialiste d'histoire politique du vingtième siècle, en particulier des droites radicales et des relations entre politique et économie. 

     Georges Valois ne fut pas strictement un économiste ni un homme politique. Alors comment le qualifieriez-vous ? « Penseur » ? « Intellectuel » ? « Homme engagé » ?

    Olivier Dard : Homme engagé certainement. Les termes de « penseur » ou d’ « intellectuel » ne sont peut-être pas les mieux adaptés pour Valois même s’il aspire à être considéré comme un doctrinaire et multiplie les prises de position à fois sur des questions générales et sur les sujets qui lui tiennent le plus à cœur et qui sont d’ordre économique et social. Il faut s’attacher aux titres des ouvrages de Valois où deux mots ressortent particulièrement, « L’homme » et « nouveau/nouvelle » : L’homme qui vient, L’homme contre l’argentEconomie nouvelleUn nouvel âge de l’humanité… Autant de mots forts qui ne sont pas seulement les titres accrocheurs d’un éditeur chevronné et d’un professionnel du livre qu’est Valois. Ils renvoient à ses questionnements les plus profonds et les plus constants.

     Parmi les engagements successifs de Valois (anarchisme, maurrassisme, syndicalisme, fascisme, non-conformisme, abondancisme, résistance, etc.), lequel vous semble-t-il avoir mené avec le plus, non pas d’intégrité, mais de cohérence intellectuelle ? Et y a-t-il, chez cet homme de toutes les ruptures, des idées ou des valeurs permanentes, intangibles, qu’il maintiendra tout au long de son existence ?

    Je pense que la lutte contre l’argent est sans doute un marqueur essentiel du parcours de Valois. L’anticapitalisme est une constante de Valois mais son contenu a évolué avec le temps. A l’époque de l’AF, il faut le comprendre non comme un refus du principe de la propriété privée et une défense de la collectivisation des moyens de production comme le prône le socialisme, mais comme un rejet de la finance, la promotion pendant d’une « économie nouvelle » arrimée au corporatisme. Lorsque Valois passe à « gauche », l’accent est mis sur une République syndicale associée à « Etat technique » qui est le signe d’un nouvel âge. Le Valois de l’Economie nouvelle n’est pas aussi éloigné de celui du « nouvel âge » qu’il peut y paraître si on se polarise sur sa rupture avec l’AF. Dans le sillage du premier conflit mondial et de la promotion d’un « esprit des années vingt », Valois est pénétré de l’importance de la technique et de ses potentialités, tout comme du rôle nouveau à conférer à ceux qui sont alors dénommés les « techniciens » et qui annoncent les technocrates.

     Dans le chapitre Mon premier complot, Valois évoque son voyage dans l’Italie fasciste et dresse un portrait de Mussolini, qu’il rencontrera d’ailleurs en audience. Que pensez-vous du regard que Valois porte sur le Duce, dans ces pages comme à d’autres moments de son œuvre ?

    La référence au Duce proposée dans L’Homme contre l’argent n’est pas isolée dans l’ensemble de l’œuvre de Georges Valois. Par la suite, il publie comme éditeur (librairie Valois) des antifascistes italiens et lui-même écrit sur l’Italie fasciste pour dénoncer son régime et son chef… comprenant rapidement la caractère infâmant du label fasciste dont il affuble Poincaré dans son essai Finances italiennes (1930). La présentation de Mussolini dans L’Homme contre l’argent est un texte fort intéressant. D’abord, parce qu’il peut se lire comme un témoignage important sur le dirigeant italien au milieu des années vingt et qui peut être comparé à d’autres, Français ou étrangers. Mussolini, comme l’a montré Didier Musiedlak dans son ouvrage sur Mussolini (Presses de Sciences Po, 2005 ) mettait un soin particulier à recevoir ses visiteurs et Valois, sans forcément le mesurer, se trouve intégré à un cérémonial d’audience bien rodé . Le récit de Valois est aussi instructif pour saisir par quels biais il a pu être reçu : Mussolini connaît ses écrits mais Valois a aussi été introduit dans le bureau par Malaparte (photo) qui se rattache alors aux « fascistes de gauche ». Un dernier point renvoie à la façon dont Valois appréhende Mussolini comme chef politique. Il est « conquis » par sa personnalité et rapproche à cet égard Mussolini de Lénine. Sur ce dernier point, l’empreinte de Georges Sorel est sans doute importante.

     Lorsqu’on lit le chapitre consacré à la rupture avec l’AF, on entrevoit qu’il s’agit moins d’une dissension à propos des idées que d’histoires de gros sous et de concurrence d’organes de presse (L’Action française contre le Nouveau Siècle) qui motivent le départ de Valois. Aux yeux de l’historien, ce récit est-il sincère et complet ?

    Dans le récit qu’il propose de sa rupture avec l’AF, le propos de Valois est logiquement partiel et partial. La dimension économique de la rupture est cependant importante car le divorce de Valois avec l’AF met en jeu l’avenir de la Nouvelle Librairie nationale et, du point de vue des organes de presse mentionnés, l’attraction d’un lectorat qui est acheteur et donc contributeur au financement des deux périodiques. La rupture débouche sur une polémique âpre et un long procès opposant Valois et l’AF, et présenté par Valois dans un gros ouvrage intitulé Basile ou la politique de la calomnie. L’argent et la rancœur, s’ils sont les éléments les plus visibles de ce divorce, ne sont pas les seuls à devoir être pris en compte. Il faut aussi compter avec l’importance des clivages idéologiques qui distendent progressivement la relation de Valois à l’AF, notamment quant à l’adéquation du programme de cette dernière avec ses projets et ses initiatives au début des années vingt : le « nationalisme intégral » laisse la place chez Valois à la recherche d’un fascisme à la française. Valois est alors déçu et désabusé quant aux perspectives de l’AF au lendemain des résultats électoraux calamiteux de 1924. Il y a entre le fondateur du Faisceau et l’AF un divorce qui renvoie à la stratégie et aux modalités de l’action politique à entreprendre.

     Quelle anecdote, scène ou rencontre évoquée dans L’homme contre l’argentvous semble résumer le mieux le tempérament de Valois ?

    La question est délicate mais le récit de sa rupture avec l’AF (chapitre V) est un passage tout à fait caractéristique d’un personnage dominé par son égocentrisme et dont la psychologie traduit une obsession des machinations et des complots. Sans revenir sur le fond de l’affaire ni commenter les épisodes racontés par Valois ou les portraits fielleux qu’il dresse de chacun des protagonistes (qui le lui rendent bien dans d’autres textes), on pourra rapprocher son comportement d’alors de celui qui s’observe une dizaine d’années plus tard à l’occasion des crises qui frappent le mouvement Nouvel Age. Au printemps 1938, l’affaire Anne Darbois (militante et collaboratrice du journal) est sur ce point instructive. Valois, comme à l’époque de sa rupture avec l’AF, insiste sur les renseignements qu’il aurait obtenus et les machinations qu’il aurait mises au jour, construit des discours de justification et attaque la personnalité de sa contradictrice… L’affaire s’achève par la publication de l’ensemble sous forme de dossiers, dans le journal et non en volume comme pour Basile ou la politique de la calomnie.

     En somme, pourquoi lire encore Valois aujourd’hui, et en particulier L’Homme contre l’argent ?

    On peut lire Valois en fonction de différentes logiques. Le lecteur intéressé par l’histoire de la France des années vingt (et pas seulement par celle de l’AF et du Faisceau) découvrira à travers Valois une source importante pour appréhender cette période et son évolution. La lecture de Valois est aussi instructive dans une perspective très actuelle, où l’heure est aussi à la dénonciation de l’argent. Les analyses de Valois sur « la révolution planétaire » (qu’il n’appelle pas mondialisation), son organisation, ou ses développements sur les relations à établir entre les Etats et ce qu’il nomme les trusts ont une résonnance particulière avec les enjeux de cette seconde décennie du XXIe siècle.

    Propos recueillis par Frédéric Saenen (octobre 2012)

    Georges Valois, L’homme contre l’argent. Souvenirs de dix ans 1918-1928, édition présentée par Olivier Dard, Septentrion, septembre 2012, 375 pages, 30 €

    http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2018/03/12/georges-valois-contre-l-argent-rencontre-avec-olivier-dard.html

  • Charles Maurras : tout le monde en parle, personne ne le lit. N’est-ce pas, Claude Askolovitch ?

    Par Stéphane Blanchonnet

    3034082768.jpgUne excellente tribune parue dans Boulevard Voltaire (15.03)  LFAR

    Les récents articles d’Askolovitch dans Le Nouveau Magazine littéraire et Le Point sont emblématiques de la réception de Maurras depuis une trentaine d’années : tout le monde en parle, personne ne le lit (en dehors d’un nombre tout de même important de jeunes militants politiques et, bien sûr, du public vraiment cultivé) et il est le plus souvent réduit à quelques polémiques ad hominem et à un antisémitisme pourtant tout à fait accessoire pour comprendre sa pensée. J’ai moi-même écrit un petit livre de synthèse sur son vocabulaire politique (Petit dictionnaire maurrassien, Éditions Nouvelle Marge, 2017) sans qu’il me paraisse nécessaire de consacrer plus d’une seule page sur 98 à cette question.

    Le Président Macron a, quant à lui, fait tout récemment référence, regrettant le retrait de Maurras du Livre des commémorations 2018, à l’influence du maître de l’Action française sur certains de ses prédécesseurs. Prenons ce fait comme exemple d’une réception intelligente, à l’opposé de celle d’Askolovitch : incontestablement, la dimension monarchique donnée par le général de Gaulle à la Constitution de 1958 doit beaucoup à la critique maurrassienne, qu’il connaissait et partageait, des faiblesses de la IIIe République ; Georges Pompidou, quant à lui, n’avait pas hésité à donner Kiel et Tanger (du même Maurras) comme modèle d’analyse géopolitique aux étudiants de Sciences Po ; enfin, Mitterrand, qui expliquait à Pierre Péan, à la fin de sa vie, combien il avait été marqué par sa lecture de Maurras, s’est certainement souvenu de ce précurseur de l’idée de décentralisation en France au moment de mettre en œuvre ses propres réformes dans ce domaine. 

    L’essentiel de la pensée de Maurras ne se trouve pas dans les « quatre États confédérés », comme veut le faire croire par ignorance ou par haine Askolovitch, mais bien dans des formules comme « l’autorité en haut, les libertés en bas »« pays réel, pays légal » ou « Politique d’abord ! », ou encore dans sa réfutation magistrale du contractualisme de Rousseau. Les lecteurs et les chercheurs de bonne foi pourront le vérifier (enfin !) le mois prochain lors de la réédition d’une partie de ses œuvres dans la très populaire collection « Bouquins ».