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l'information nationaliste - Page 7726

  • Un jour, un texte! Les Français dans la guerre, deux chevaliers par Marcel BRION (12)

    « La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c’est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d’entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots.

    Notre premier ministre a déclaré que la France est en guerre. Mais l’ennemi est chez nous, au sein même de la population française. Il ne s’agit plus d’envoyer des professionnels, formés et aguerris combattre loin de nos terres, mais de se battre contre un ennemi sournois et impitoyable, qui use pour ses attaques de toutes nos libertés et des droits des citoyens français. Avant de faire une telle déclaration, encore eût-il fallu cultiver au sein du peuple françaisles valeurs qui font la force morale des nations. Cette nouvelle rubrique sur la guerre a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d’actualité, elle est un peu modifiée pour montrer : les Français dans la guerre, deux chevaliers par Marcel BRION (12)

    Au matin du 30 avril 1524, le chevalier de Bayard, poursuivi par les troupes espagnoles du marquis de Pescara, est blessé mortellement. Il attend la mort au pied d’un chêne et reçoit un dernier hommage de son adversaire.

    « Au loin, des escadrons espagnols apparurent, qui se dirigeaient au galop vers le groupe d’hommes rassemblés sous le chêne. Pour épargner à ses compagnons la honte de tomber entre les mains de l’ennemi, Bayard les suppliait de s’éloigner, mais ils n’en voulaient rien faire. Alors le bon Chevalier pria son maître d’hôtel d’écouter sa confession, puisqu’il n’y avait pas là de prêtre qui pût recevoir l’aveu de ses fautes et lui en donner l’absolution. Comme il n’y avait pas de notaire non plus à qui dicter ses dernières volontés, c’est au prévôt de Paris, d’Alègre, qu’il confia son testament rapidement formulé. Il n’avait pas de grands biens à léguer, et tout ce qu’il possédait, il le laissait à son frère Georges du Terrail. Quand il eut ainsi mis de l’ordre dans ses affaires et fait sa paix avec Dieu, il éloigna de lui, doucement, ceux qui l’entouraient.

    « Messeigneurs, je vous en supplie, allez-vous-en ; autrement vous tomberiez entre les mains des ennemis, et cela ne me serait d’aucun profit, car c’en est fait de moi. Adieu, mes bons seigneurs et amis, je vous recommande ma pauvre âme. Je vous supplie en outre, monseigneur d’Alègre, de saluer pour moi le roi notre maître. Dites-lui combien je regrette de n’avoir pu le servir plus longuement et que j’en avais bien le désir. Saluez aussi Mgrs les princes, tous Mgrs mes compagnons, et généralement tous les gentilshommes du très honoré royaume de France, quand vous les verrez. »

    Ils s’accrochaient à ses vêtements, mais lui les repoussa avec une affectueuse insistance, et comme ils faisaient mine de résister, il fit un geste : j’ordonne. Docilement, ils prirent congé de lui. Ils lui baisaient les mains, avec beaucoup de larmes, et le groupe de cavaliers ennemis grandissait. On voyait briller les cimiers des casques et flotter les étendards.

    Joffrey seul restait auprès de lui. Bayard, épuisé, avait fermé les yeux. Le vent agitait les branches du chêne. Quand les plaintes et les gémissements eurent cessé, les oiseaux recommencèrent à chanter.

    * * *

    Quand Bayard ouvrit les yeux, un chevalier couvert d’une armure splendide, brillant de soies et de panaches était devant lui. Bayard sourit. C’était un adversaire digne de lui, un vaillant soldat, un grand stratège : le marquis de Pescara. Le général espagnol s’était étonné de voir cet homme couché contre un arbre, auprès duquel pleurait un enfant. Quand il reconnut le Chevalier sans peur et sans reproche, le marquis sauta à bas de son cheval et s’approcha, plein de respect et de compassion.

    « Plût à Dieu, gentil seigneur de Bayard, qu’il m’en eût coûté une quarte de mon sang, et que, sans mourir, je ne dusse manger chair de deux ans, mais que je vous tinsse en bonne santé mon prisonnier ! Car, par le traitement que je vous ferais, vous apprendriez combien j’ai estimé la haute prouesse qui est en vous. Depuis que j’ai connaissance des armes, je n’ai entendu parler de chevalier qui en toutes vertus ait approché de vous. »

    Ainsi parlait-il, pour la grande gloire que Bayard s’était acquise dans toute une vie de vaillance et de dévouement, qui obligeait ses ennemis eux-mêmes à l’admirer et à l’aimer.

    « Je devrais être fort aise de vous voir comme je vous vois, dit-il encore, sachant bien qu’en ses guerres l’empereur mon maître n’avait point de plus grand ni plus rude ennemi. Cependant, quand je considère la grosse perte que fait aujourd’hui toute chevalerie, Dieu ne me soit jamais en aide s’il n’est vrai que je voudrais avoir donné la moitié de ce que je possède et qu’il en fût autrement ! Mais puisqu’à la mort il n’y a point de remède, je demande à Celui qui tous nous a créés à sa ressemblance de vouloir retirer votre âme auprès de lui. »

    Il le pressa ensuite de se laisser porter dans sa maison, l’assurant que ses chirurgiens le soigneraient si bien qu’on lui garderait la vie, mais Bayard souriait en écoutant ces discours. Car il avait entendu la voix de la mort, et compris qu’elle était déjà auprès de lui, prête à le prendre pour le conduire dans le paradis des valeureux soldats. Jamais gentilhomme n’a usé d’invitations aussi flatteuses et aussi insistantes pour attirer chez lui un hôte princier. Bayard savait que Pescara était sincère dans ses protestations, et que chez ce généreux ennemi il serait traité en chevalier. A quoi bon perdre son temps à disputer à la mort le corps sur lequel elle a déjà posé sa main ? L’âme seule compte et l’âme est à Dieu.

    « Laissez-moi sur le champ même où j’ai combattu, répondit simplement le mourant, afin que je meure ici en homme de guerre, comme je l’ai toujours désiré. »

    Pescara s’inclina. Pour complaire aux désirs du Chevalier, il fit dresser sa propre tente autour de l’arbre, installa un lit, et de ses propres mains il y déposa l’ennemi blessé. Il n’y avait plus, alors, en présence, deux soldats servant des causes rivales, mais deux chevaliers fraternellement unis par le rite de la chevalerie, animés du même idéal, que les hasards de la vie avaient entraînés à se combattre, alors qu’ils étaient faits pour se comprendre et s’aimer.

    Bayard ne voulut pas recevoir les médecins qui se présentèrent pour le soigner. Il accueillit dévotement le chapelain du marquis, auquel il renouvela sa confession faite un instant auparavant au petit Joffrey. Puis il demanda qu’on le laissât seul.

    Tandis qu’il se recueillait, Pescara rangeait son armée en ordre de défilé. Les commandements résonnaient d’une extrémité à l’autre des escadrons, on entendait galoper des chevaux, rouler des tambours, sonner des trompettes. Tous ces bruits familiers flottaient autour de l’agonisant. Soudain une grande fanfare retentit, et le pas cadencé des chevaux, la marche lourde des lansquenets. L’armée espagnole défilait devant le Chevalier mourant, inclinant ses étendards au moment où ils arrivaient à la hauteur du chêne. Tel était le dernier adieu de Pescara, le dernier hommage rendu par un vaillant à un autre vaillant. »

    Marcel Brion

    Extrait de : « Bayard ».

    Ed. Hachette – 1953.

    Lois Spalwer http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Islamo-terrorisme, Taubira minimise le rôle des prisons (Présent 8292)

    Intervenant mardi en marge de sa visite à l’ONU le ministre de la Justice, prenant prétexte que « 16 % seulement » des personnes condamnées pour actes de terrorisme auraient des antécédents judiciaires, a expliqué aux journalistes que la prison est « un des terreaux » de l’extrémisme mais « n’est pas le lieu principal de radicalisation » des djihadistes. Une affirmation qui n’est pas totalement fausse, puisqu’il y a aussi La Mecque et Médine…

    Islamo-terrorisme, Taubira minimise le rôle des prisonsCulture de l’excuse

    Il faut dire que le garde de Sceaux, qui venait d’exposer devant l’ONU « les leçons tirées par la France » des attentats du 11 janvier, avait déjà grandement rassuré nos partenaires en leur expliquant que la réponse au terrorisme ne doit pas être « uniquement sécuritaire » mais doit aussi « prendre en compte les facteurs économiques, culturels et sociaux ». Car, avait-elle ajouté, « le terrorisme se nourrit de la misère, de l’humiliation, du déracinement et du sentiment de ne pas avoir d’avenir », ainsi que des inégalités croissantes entre riches et pauvres. En clair : si les barbares de l’EI décapitent des innocents, c’est un peu notre faute, à nous autres salauds d’Occidentaux racistes et exploiteurs.

     

    Un discours qui ne surprend pas vraiment de la part de l’indépendantiste guyanaise qui, par pure idéologie, a donc ensuite minimisé le rôle de nos prisons dans la radicalisation des islamistes, alors même que celles-ci sont devenues de véritables écoles coraniques.

    « Plusieurs centaines de détenus »

    Un phénomène qui n’est pas nouveau puisqu’en 2013, déjà, Guillaume Larrivé, dans un rapport particulièrement alarmant, avertissait : « Alors qu’environ 60 % de la population carcérale en France (…) peuvent être considérés comme de culture ou de religion musulmane, la radicalisation islamiste est aujourd’hui susceptible de concerner plusieurs centaines de détenus. » Et les choses n’ont fait qu’empirer depuis. Comme en témoignait récemment l’aumônier musulman Mohamed Loueslati racontant dans divers médias comment, en quinze ans de visites quotidiennes dans la prison de Rennes, il a vu « le nombre de détenus dit “radicalisés” augmenter » et « leurs propos devenir de plus en plus violents ».

    Franck Delétraz

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  • "Une Patrie..." par Charles Maurras

    Il ne nous semble guère utile d'ajouter un long commentaire au texte de Maurras que nous publions aujourd'hui. Il date de la fin de sa vie, est extrait d'un livre publié après sa mort, et l'époque à laquelle il l'écrit, le Bel Aujourd'hui auquel il se réfère - dont il fait aussi le titre de son livre - est la France de Vincent Auriol, de la IVe République, des lendemains de la Libération. C'est aussi le temps de son ultime captivité, où il songe à l'avenir de la France et des idées qui ont été toute la matière de sa vie.

    Justement, le texte qui suit nous parle; il tombe, si l'on peut dire, à point nommé, au moment précis où toutes les composantes du Système s'emploient à nous prêcher, à nous seriner, même, le dogme des valeurs républicaines, dont on nous dit aussi qu'elles seraient en danger bien que, au fond, personne ne sait vraiment en quoi elles consistent, si ce n'est en de pures et utopiques abstractions. L'argument électoraliste stigmatise le danger que le Front National ferait courir à la République. Mais il ne s'agit, en fait, que de sauver des sièges ! Plus redoutable est la contestation de ceux, de plus en plus nombreux, de plus en plus puissants, de plus en plus audibles, qui s'aperçoivent et écrivent que les Lumières sont éteintes, que les valeurs républicaines ne sont pas un absolu, que la République, elle-même, n'est qu'unemodalité, qu'elle peut finir, que la France est un vieux pays, chargé d'une très longue histoire et qui ne commence pas en 1789. Ce sont là, en effet, des idées qui tuent; qui mettent la République en danger. Viendrait-elle à disparaître ? Houellebecq conclut son livre par cette phrase : je n'aurais rien à regretter.

    Aux valeurs républicaines, qui ne sont que des idées abstraites et fausses, Maurras oppose une conception radicalement autre. Il leur oppose la France réelle, fait d'histoire, fait de naissance et, avant tout, dit-il, phénomène de l'hérédité. Ici, nous sommes au cœur du débat d'aujourd'hui. Ce débat est maintenant largement ouvert. Il n'est pas sûr que les valeurs de la République, la République elle-même, en sortent indemnes.

    En ce sens, c'est le triomphe de Maurras.  Lafautearousseau     

    Charles MaurrasVotre bel aujourd’hui, Paris, Librairie Arthème Fayard, 1953

    « Une patrie, ce sont des champs, des murs, des tours et des maisons ; ce sont des autels et des tombeaux ; ce sont des hommes vivants, père, mère et frères, des enfants qui jouent au jardin, des paysans qui font du blé, des jardiniers qui font des roses, des marchands, des artisans, des ouvriers, des soldats, il n’y a rien au monde de plus concret.

    Le patriotisme n’est pas seulement un devoir. C’est un plaisir. « Pour ma part, disait Ulysse aux bons Phéniciens, je ne sais rien de plus agréable à l’homme que sa patrie. » Il le disait d’un pauvre rocher sur la mer. Comment parlerons-nous de la nôtre ? En est-il de plus belle, plus digne d’être défendue ? Qui, un jour se penchant dans l’embrasure d’une haute colline ou vers quelque vallon ouvrant sur le fleuve et la mer, ne s’est pas arrêté, suspendu, presque sidéré par un chœur imprévu de couleurs et de formes demi-divines ?…

    La patrie est une société naturelle ou, ce qui revient absolument au même, historique. Son caractère décisif est la naissance. On ne choisit pas plus sa patrie – la terre de ses pères – que l’on ne choisit son père et sa mère. On naît Français par le hasard de la naissance. C’est avant tout un phénomène d’hérédité.

    Les Français nous sont amis parce qu’ils sont Français ; ils ne sont pas Français parce que nous les avons élus pour nos amis. Ces amis sont reçus de nous ; ils nous sont donnés par la nature… Rien ne serait plus précieux que d’avoir des Français unis par des liens d’amitié. Mais, pour les avoir tels, il faut en prendre le moyen et ne pas se borner à des déclarations et à des inscriptions sur les murs.

    Certes, il faut que la patrie se conduise justement. Mais ce n’est pas le problème de sa conduite, de son mouvement, de son action qui se pose quand il s’agit d’envisager ou de pratiquer le patriotisme ; c’est la question de son être même, c’est le problème de sa vie ou de sa mort… Vous remercierez et vous honorerez vos père et mère parce qu’ils sont vos père et mère, indépendamment de leur titre personnel à votre sympathie. Vous respecterez et vous honorerez la patrie parce qu’elle est elle, et que vous êtes vous, indépendamment des satisfactions qu’elle peut donner à votre esprit de justice ou à votre amour de la gloire. Votre père peut être envoyé au bagne : vous l’honorerez. Votre patrie peut commettre de grandes fautes : vous commencerez par la défendre, par la tenir en sécurité et en liberté.

    Le patriotisme n’a pas besoin d’un idéal, socialiste ou royaliste, pour s’enflammer ; car il naît de lui-même, du sang et du sol paternels. Ce qu’il faut saluer, c’est le suprême sacrifice de la vie fait sur le sol qu’il s’est agi de défendre. Ce sol sacré serait moins grand, moins cher, moins glorieux, moins noble et moins beau si les Français de toute origine et de toute obédience n’y payaient pas en toute occasion nécessaire la juste dette de leur sang. Plus haut que l’armée et que le drapeau, plus haut que la plus fière conscience de la patrie, vit la patrie même, avec les saintes lois du salut public. Ce sont elles qui font consentir à de durs sacrifices pour défendre l’intégrité du reste et préserver son avenir. Qu’elle vive d’abord ! »  

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2015/01/19/grands-textes-xxxv-une-patrie-par-charles-maurras-5539875.html

  • «Pour ceux qui rallient le FN, il y a la possibilité, en dix ans, d’être élu et de faire carrière»

    C’est ce qu’analyse Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite, après le ralliement au FN de deux élus d’arrondissements UMP de Marseille…

    Deux élus d’arrondissements UMP de Marseille, Karim Herzallah et Caroline Gallo, ont annoncé lundi qu'ils rejoignaient le Front national. Un ralliement minimisé mardi par Jean-Claude Gaudin, maire UMP de Marseille. Comment comprendre ces transfuges politiques ? Eléments d’analyse avec Jean-Yves Camus, chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), spécialiste de l’extrême droite…

    Le ralliement au Front national est-il un phénomène récent et fréquent ?

    Il y a toujours eu des ralliements, des volte-faces, et ce à tous les échelons. Un exemple avec les élections législatives de 1986, au scrutin proportionnel, qui voit 35 députés FN entrer à l’Assemblée nationale. Jean-Marie Le Pen propose des listes «Rassemblement National», qui ressemble à ce qu’a fait Marine Le Pen avec le «Rassemblement bleu marine». Avec le «Rassemblement national», Jean-Marie Le Pen accroche quelques élus d’autres partis qui ont ensuite été élus députés sous l'étiquette FN. Cependant, le ralliement n’a pas duré. Après que Le Pen affirme en 1987 que «les chambres à gaz sont un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale», beaucoup partent. 

    Ces ralliements sont-ils en augmentation depuis que Marine Le Pen est présidente du FN ?

    Il y a une hausse du nombre des transfuges, qui rejoignent d’ailleurs plus facilement le Rassemblement bleu marine que le Front national, à l’instar [du député] Gilbert Collard. Une remarque cependant, à propos des deux élus marseillais: Ce sont deux mandats modestes, et cette information ne va pas déplacer les montagnes. Dans tous les cas, les transfuges jouent leur va-tout. C’est un chemin sans retour vers le Front national.

    Quel est le profil type du transfuge au Rassemblement bleu marine et au FN ?

    Aux municipales de mars 2014, une trentaine de candidats issus d’autres partis politiques ont été investis par le FN. Une partie de ces candidats vient des mouvements de Philippe de Villiers et de Nicolas Dupont-Aignan, là où la porosité est la plus grande. C’est un choix rationnel et économique de rallier un parti qui connaît une dynamique électorale, pour bénéficier d'une perspective de débouchés politiques.

    Qu’espèrent ceux qui rallient le Front national ?

    Ces personnes ont l’espoir d’un gain politique. Le FN offre une capacité importante aux candidats d’être investis et de bénéficier d’une trajectoire ascensionnelle. Prenez par exemple Ayméric Chauprade, qui n’avait aucun mandat électif avant d’être propulsé chef de liste en Ile-de-France FN aux européennes, et qui a été élu. Sophie Montel, elle aussi députée européenne, et que personne n’attendait il y a encore deux ans d’être face à face au PS lors de la législative partielle du Doubs. Pour ceux qui rallient le FN, il y a la possibilité, en dix ans, d’être élu et de faire carrière.

    Entre les historiques, la génération Marine Le Pen et les nouveaux venus, comment le parti maintient-il une cohérence idéologique ?

    Le FN est une palette politique hétéroclite, à la direction très centralisée. On a pu retrouver côte à côte des royalistes et des républicains, des collabos et des résistants, quelques gaullistes, des traditionalistes, des pieds-noirs... Même si les nouveaux venus, à l’image de Sébastien Chenu, ne sont pas toujours bien accueillis, les membres du FN sont portés par une dynamique politique et par une vision binaire du monde: «Eux contre nous». Par ailleurs, quand on est détenteur d’un mandat, on veut le garder... et donc on reste dans l’aventure FN.

    notes

    Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud

    source : 20 minutes : lien

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EukFyEVlypQkAcICFj.shtml

  • Entretien avec Cheyenne-Marie Carron

    Cheyenne-Marie Carron est cinéaste. L’Apôtre, son sixième long métrage, sorti en octobre dernier, qui relate la conversion d’un jeune musulman – appelé à devenir imam – au christianisme, vient d’être déprogrammé à Neuilly et à Nantes à la demande expresse des autorités. Dans la France de l’après 7-Janvier, les terroristes sont en train de gagner… Cheyenne-Marie Carron, qui aime la France d’un amour vigilant, inquiet, a bien voulu répondre à nos questions.

     

    « Minute » : Pour votre cinquième long métrage, Cheyenne-Marie, vous avez osé aborder un sujet qui fait peur : la conversion de l’islam au christianisme… Ce beau film, où chaque image a un sens, vous l’avez intitulé L’Apôtre. On peut dire que vous affichez la couleur tout de suite. Votre œuvre est sortie sur les écrans le 1er octobre 2014. Vous pouvez faire un premier bilan. Comment a-t-elle été reçue par la critique ?

    Cheyenne-Marie Carron : Malgré la difficulté du sujet, mon film a eu un grand succès critique : les revues com­me « Studio », « Ciné Live », « Premiè­re », mais aussi la grande presse, « Le Canard enchaîné », « Le Monde », « Le Figaro », « La Croix », « La Vie » étaient unanimes : le film n’est pas manichéen, il ne tente pas de montrer le monde en noir et blanc. On a mis souvent en exergue le fait que la réalisatrice est catholique et les comédiens musulmans. Je crois que c’est vraiment un exemple du dialogue possible entre chrétiens et musulmans. Il y a d’ailleurs aussi une comédienne de religion juive, Nora Krief, qui a accepté de jouer le rôle de la mère de famille musulmane.

    Aujourd’hui, malgré ce succès d’estime que l’on peut dire unanime, vous ne parvenez pas à passer votre film dans une salle de cinéma pour la bonne et simple raison que les salles qui avaient accepté de le mettre à l’affiche se décommandent…

    J’ai effectivement reçu des courriels de cinémas qui avaient été fortement incités à interdire la projection du film, et même sommés de le faire. L’atmosphère s’est beaucoup alourdie depuis les 7 et 11 janvier. Il y a vraiment, pour tout le monde je crois, un avant et un après l’attentat. Et parce qu’il y a en France beaucoup de Français qui sont des Français de papier, on se croit obligés de se taire et de faire taire ceux qui tentent de témoigner de façon sincère sur des questions religieuses qui sont libres. Ces gens qui font pression ou qui menacent ne jouent pas le jeu de la laïcité, c’est-à-dire de l’impartialité religieuse. Je ne les juge pas mais je pense qu’ils n’aiment pas cette France et ses valeurs. Il est grand temps de les inviter à trouver leur patrie ou leur terre de cœur ailleurs.

    Vous mettez en cause les musulmans ?

    Non, pas les musulmans mais des musulmans. Mes comédiens sont mu­sulmans. Mon comédien principal, qui joue le rôle du converti, est un musulman. Il a une pratique de sa religion qui lui permet de vivre harmonieusement dans son pays, la France.

    Vous pensez donc que les musulmans peuvent recevoir les valeurs universelles de la laïcité ?

    Je crois surtout qu’il est temps de cesser de penser que nos valeurs doivent être universelles. D’autres peuvent avoir d’autres valeurs, qui ne correspondent pas du tout aux nôtres. Et même s’il s’agit de ressortissants français, il faut leur dire qu’il y a d’autres pays où cette culture-là est possible, mais pas la France. J’essaye d’être honnête et de tenir un discours de vérité. Aujourd’hui, ces gens qui cherchent leurs repères dans la charia, nous faisons tous comme s’ils n’existaient pas et cela les humilie. Cela ne peut qu’aggraver les problèmes relationnels. C’est un des dangers du 11 janvier, cette unanimité de façade qui fait que l’on cesse de se poser des questions. Les politiques doivent accepter de voir qu’il existe aujourd’hui sur notre sol des idéaux divergents et incompatibles entre eux. Pour le moment, on feint de dire que tout le monde est d’accord et qu’il n’y a pas de différences. Mais c’est une attitude qui ne peut engendrer que la violence de la part de ceux qui se sentent méprisés par cette façon de gommer les différences.[...]

    La suite sur Minute-hebdo.fr

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Entretien-avec-Cheyenne-Marie

  • Carrefour Royal 2015 : Partie 1 - Les institutions libérales sont-elles au service du peuple ?

  • La routine de la Cour des Comptes

    Comme chaque année, la Cour des Comptes parle dans le désert, à croire que cette institution, jamais écoutée par le pouvoir en place, ne sert à rien. Le premier président de la Cour des comptes a jugé «incertaine» la capacité du gouvernement à tenir ses engagements de déficit public pour l'année en cours.

    Le déficit 2014 dérapera fortement par rapport aux 3,6 % initialement anticipés. Ce résultat interrompt la décrue continue du déficit amorcée en 2010. Parmi les pays dont le déficit était supérieur à 3 % du PIB en 2013, «la France est le seul de l'Union européenne, avec la Croatie, où il augmente en 2014».

    Par ailleurs, les économies reposent toujours largement sur des acteurs dont l'État ne contrôle pas les dépenses. Par exemple, «rien ne garantit», que la baisse de 3,7 milliards des dotations aux collectivités locales se traduira bel et bien «par des réductions de même ampleur» de leurs dépenses. Les hauts magistrats ne sont pas convaincus que l'objectif d'une hausse des dépenses contenue à 1,1 % (13,5 milliards) sera tenu.

    La Cour a aussi identifié une sous-estimation des opérations de défense ou des dépenses de solidarité pour 2015. Quant aux objectifs de maîtrise des dépenses maladie, ils devraient également être plus difficiles à respecter que les années précédentes.

    L'autre préoccupation de la Cour concerne les recettes. La dette pourrait approcher, «voire dépasser», 100 % du PIB en 2017. Or à l'avenir, cette dette ne pourra plus être financée aux taux exceptionnellement bas actuels.

    Un rapport pour rien : à l'issue du Conseil des ministres, Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, a assuré qu'il n'y a «rien à changer»sur les objectifs de déficit public. 

    Michel Janva http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html