Est-ce possible ? C’est le point-de-vue de Delenda Carthago:
l'information nationaliste - Page 7843
-
Fin de la cotation de l’or et verrouillage du cours du dollar ?
L’autorité de gestion des marchés à terme avait annoncé ces nouvelles modalités le 11 décembre, pour les deux marchés principaux que sont le COMEX (Commodity Exchange) et le NYMEX (New York Mercantile Exchange), au moyen de la règle n° 589 intitulée Special Price Fluctuation Limits. L’esprit de cette manœuvre est habilement noyé dans des complexités techniques, consistant en une savante grille de fluctuations autorisées en valeur absolue (et non pas en pourcentage), et pour des plages de prix différentes d’un métal à l’autre, puisqu’évidemment la même valeur absolue (100 dollars par exemple) ne représente pas du tout le même pourcentage de la valeur d’une once selon qu’il s’agit de cuivre ou de platine. Ainsi il n’est pas dit que la fluctuation maximale est de 20% pour tous les métaux, mais la lecture attentive de la grille montre par exemple que si le dernier cours de l’or était inférieur à 1000 dollars la fluctuation maximale autorisée (en plus ou en moins) est de 100 dollars, et si le dernier cours se trouvait dans la tranche de 1000 à 2000 dollars la fluctuation permise est de 200 dollars… la tranche maximale prise en considération par la grille étant celle, pour l’or, de 3000 à 4000 dollars (il n’y a pas de tranche ouverte vers le haut, type « 4000 et plus »). Cette nouvelle règle laisse donc le lecteur de la grille libre d’imaginer ce qui se passera lorsque le cours de l’or atteindra 4000 dollars (guère plus du double du cours du 6 septembre 2011), à savoir fluctuation libre sans limite ou fermeture définitive des marchés, à moins que les autorités de régulation de la place d’échanges phare de l’économie de marché mondiale considèrent, et veuillent faire considérer, totalement inconcevable un doublement du prix de l’or, exprimé en dollars, par rapport au prix librement fixé par le jeu de l’offre et de la demande jusqu’aux manipulations monstres de septembre 2011. -
La gauche va-t-elle "mourir" en 2015 ?
L'ANNÉE DE TOUS LES DANGERS - Départementales, régionales, congrès du PS : les échéances à risques sont nombreuses pour la gauche au pouvoir, engluée dans l'impopularité.
C'était en juin dernier. Devant le conseil national du PS, Manuel Valls lançait ce solennel avertissement : "la gauche peut mourir". Quelques jours après la cuisante défaite du PS aux élections européennes, ce rude constat a été accueilli avec la plus grande gravité. Après une année 2014 catastrophique, cette funeste prédiction pourrait-elle se concrétiser dès 2015 ? La gauche devra faire face à deux dangereux scrutins. Ses divisions risquent de se creuser, sur fond de marasme économique et d'impopularité record pour François Hollande. Bref, tous les signaux sont au rouge, à l'aube d'une année 2015 de tous les dangers.
Une défaite annoncée dès mars. Au PS, la positive attitude n'est donc pas de mise. "Je ne vais pas faire du Raffarin : ça ne sera pas une partie de plaisir", soupire ce socialiste lorsqu'on l'interroge sur l'année à venir. Premier cap à haut risque : les élections départementales, prévues fin mars. Un récent sondage Odoxa pour Orange/L'Express/France Inter donne le Front national en tête avec 28% des voix. L'UMP rassemblerait 25% des suffrages, le PS et ses alliés seulement 17%.
La gauche préside aujourd'hui une soixantaine de départements, et compte quelque 1.500 conseillers généraux. Un bataillon qui pourrait se réduire à peau de chagrin, surtout si les duels FN-UMP se multiplient. "Etre battu au second tour ou éliminé dès le premier, ce n'est pas la même chose", insiste le député Christophe Borgel, secrétaire national aux élections du PS, joint par Europe 1. "En cas d'élimination au premier tour, on risque la marginalisation, voire la disparition. C'est le plus grand danger aujourd'hui". D'où la nécessité pour lui d'une union des forces de gauche. On n'en prend pas le chemin… La semaine dernière, le Front de gauche a appelé à former des "majorités anti-austérité" - donc dirigées contre la politique du gouvernement - en s'adressant notamment aux écologistes et aux communistes.
Saignée à prévoir chez les élus locaux. Un autre scrutin fait trembler le PS : les élections régionales, prévues en décembre. Le parti contrôle aujourd'hui toutes les régions, sauf l'Alsace. Or, selon des premières projections réalisées par L'Opinion, la gauche ne devrait garder qu'une à trois des 13 nouvelles grandes régions créées par la réforme territoriale. Après le désastre des municipales en 2014, c'est donc un nouveau coup de canif de grande ampleur qui s'annonce dans ce maillage d'élus locaux qui constituait l'un des grands atouts du PS.
Le congrès, rassemblement ou implosion ? Entre ces deux scrutins, une autre échéance sera scrutée de près : le congrès du PS, qui se tiendra en juin à Poitiers. Déjà, les couteaux s'affûtent. Les "frondeurs" qui refusent de voter certains textes du gouvernement entendent bien donner de la voix. Des ténors tels que Martine Aubry, Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon, eux aussi en désaccord avec la ligne de l'exécutif, sont en embuscade. Et de plus en plus de militants se découragent, au point de quitter le parti. "Ce congrès n'est pas sans risques", euphémise le député Olivier Faure, porte-parole du PS. "Mais il existe tout de même un socle solide et commun qui permet aux socialistes de ne pas oublier l'essentiel", veut-il croire. Rassemblement ou implosion, c'est le jeu à pile ou face de ce rendez-vous sous haute tension.
Quelques frémissements. A quoi le PS pourrait-il se raccrocher en 2015 ? En cette fin d'année, quelques frémissements pourraient lui permettre d'espérer, mais ils sont très timides. Certes, la popularité de François Hollande est en léger rebond, mais le président reste englué dans les abysses des sondages. L'Insee prévoit une légère reprise, mais l'indicateur clé aux yeux de l'opinion, le chômage, continue de grimper.
La bonne nouvelle Sarkozy. En fait, la meilleure nouvelle pour la gauche en 2015 pourrait venir… de la droite. François Hollande lui-même se montre satisfait, en privé, du retour de Nicolas Sarkozy, qui redonne au PS un adversaire contre lequel mobiliser ses troupes. "En 2014, nous étions seuls sur le ring. Maintenant, la droite est de retour, on va pouvoir comparer", se réjouit Christophe Borgel.
Comparer, et tenter de mettre en avant le chemin accompli depuis le début du quinquennat. "Il faut faire le récit de ce que la gauche apporte à ce pays depuis plus d'un siècle", affirme Olivier Faure, qui veut "expliquer comment notre combat d'aujourd'hui est lié à cette histoire. Il faut raconter ces nouveaux droits acquis depuis deux ans : le compte pénibilité, les droits rechargeables pour les chômeurs, la réforme de la formation professionnelle, le mariage pour tous..." Bref, montrer que la gauche a, malgré tous ses malheurs, l'esquisse d'un bilan.
Louis Hausalter
source : Europe1.fr
-
Avortement : pourquoi l'Espagne a reculé
Jeanne Smits a traduit un texte de Mgr Reig Pla, dont voici un extrait :
"[...] Récemment le président du gouvernement espagnol et du Partido Popular a retiré la réforme de la loi de l’avortement qui prétendait « limiter » quantitativement l’horrifique saignée des« enfants assassinés avant de naître » (pape François, 25-11-2014), certainement un crime abominable (Concile Vatican II, Gaudium et Spes, 51), un holocauste continu de vies humaines innocentes(saint Jean-Paul II, 29-12-1997). Sur tout cela je me suis déjà exprimé dans un message du 24 septembre dernier : « Appeler les choses par leur nom. Une véritable tâche pour les catholiques. » Mais quels sont les véritables motifs de ce retrait ?
Le plat de lentilles : aujourd’hui un poste au Conseil de Sécurité des Nations unies, mais également l’accès à d’autres sphères de pouvoir et au financement
Pour bien comprendre cette décision du président du gouvernement il ne suffit pas de recourir à des analyses électoralistes. Avec tout le respect dû à sa personne, il faut dire qu’une décision aussi grave répond à d’autres exigences comme nous le montre le document : « Priorités de l’Espagne aux Nations unies. 69e période de sessions de l’Assemblée plénière », un document que l’on peut trouver sur le site web du ministère des Affaires étrangères. Ces « priorités » font partie de ce que le gouvernement de l’Espagne était disposé à faire (il le faisait déjà en parfaite continuité avec les législatures qui l’ont précédé) pour obtenir un place au Conseil de sécurité des Nations unies. La place a été obtenue, aujourd’hui nous savons pourquoi : ils ont fait ce qu’ils viennent de faire et ce qu’ils vont continuer de faire avec entière diligence, tant au niveau national qu’à celui des gouvernements autonomes. [...]
Avec le document Priorités de l'Espagne aux Nations Unies, 69ème période de session de l'Assemblée plénière que nous sommes en train de commenter, se confirmer une fois de plus ce que nous savions tous : nous nous sommes convertis en serviteurs des institutions internationales pour la promotion de ce qu'on appelle la gouvernance globale ou Nouvel Ordre mondial au service de l'impérialisme transnational de l'argent, qui a forcément fait pression pour que l'Espagne ne soit jamais un exemple pour l'Amérique latine et pour l'Europe pour ce qu'il considère comme une « régression » inadmissible en matière d'avortement est pour ce qu'on appelle les droits LGBTIQ.
[...] C'est pour cela que notre combat, comme nous le rappelle l'apôtre Paul, « n’est pas contre la chair et le sang, mais contre les principautés et les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres » (Eph. 6, 12). C'est pour cela qu'il est nécessaire, comme nous y exhortait le même apôtre, de nous revêtir des armes de Dieu : « Tenez donc ferme, ayant vos reins ceints de la vérité, revêtus de la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de zèle pour l’Evangile de la paix, prenant par-dessus tout le bouclier de la foi, au moyen duquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin » (Eph, 6, 14-16). Nous catholiques, en ce moment nous sommes devant une véritable croisée des chemins, et il est nécessaire de nous demander qui nous sommes disposés à servir : ou bien les dieux et leur messagers de cette nouvelle religion laïque, ou le Dieu véritable. Comme aux temps de Josué notre réponse ne peut-être autre que celle-ci : « Moi-même et ma maison, nous servirons le Seigneur » (Jos. 24,15)."
-
Heinz Christian Strache (FPÖ) apporte son soutien à PEGIDA
Le président du FPÖ Heinz-Christian Strache (Autriche) voit en PEGIDA un mouvement sérieux de défense des droits des citoyens. Il estime qu’il est monstrueux que des personnes qui se font des soucis pour l’avenir de leur pays et de leur culture soient diffamées et dénigrées en étant présentées comme des extrémistes. Heinz-Christian Strache n’exclut pas de participer à une de ces manifestations du lundi à Dresde contre l’islamisation.
« Nous sommes le peuple »
Source française et Source autrichienne
http://www.fdesouche.com/548337-heinz-christian-strache-fpo-apporte-soutien-pegida
-
Reportage : Charlemagne
Partie 1 :
Partie 2 :
Partie 3 :
-
21 janvier : mobilisation contre l'euthanasie
Le jour même du grand débat sur la fin de vie, à l'Assemblée, le collectif Soulager mais pas tuer organise une mobilisation. Cette journée d’action se traduira par des initiatives multiples, dans toute la France, et un rassemblement dans la capitale, à proximité de l’Assemblée nationale.
Cette mobilisation est complémentaire à la manifestation nationale qui se déroulera à Paris le dimanche suivant 25 janvier.
-
Marche pour la Vie : un ou deux cars au départ de Saumur (49) [correctif]
Adresse mail corrigée.
Départ le 25 janvier 2015 à 8h30 pour se rendre à la Marche pour la vie à Paris. Retour vers 22h.
Tarifs aller-retour : 35 €, couples 50 €, ecclésiastiques, étudiants, personnes en difficultés financières: 15 €, familles: 70 €.
Réservations au 06 88 67 43 10 ou marchepourlavie.saumur@gmail.com
La Marche pour la Vie recherche toujours des volontaires, pour coller et tracter en amont, mais aussi pour la journée du 25.
-
Alain Finkielkraut : "On ne peut pas m'interdire de débattre avec Zemmour"
L'écrivain et philosophe réagit à l'éviction d'Éric Zemmour d'i>Télé. Et si désormais ne débattaient que des gens qui sont d'accord entre eux ?
La chaîne de télévision i>Télé a décidé vendredi 19 décembre de mettre un terme à l'émission Ça se dispute dans laquelle Éric Zemmour intervenait depuis dix ans, au nom d'une obscure polémique provoquée par des propos sur l'islam que Zemmour n'aurait même pas tenus ! Après Michel Onfray, Philippe Tesson, Jean-Luc Mélenchon, ou encore Charles Consigny, c'est au tour de l'écrivain et philosophe Alain Finkielkraut de venir défendre le polémiste. Et c'est parce qu'il n'est pas d'accord avec Éric Zemmour qu'Alain Finkielkraut réclame le droit de débattre avec lui. La démocratie médiatique exigerait-elle désormais que l'on mette aux prises des gens du même avis ou, mieux, des intervenants qui débattent avec eux-mêmes ? C'est au nom de ce non-sens intellectuel, de cette imposture de la bien-pensance que Finkielkraut s'élève contre l'éviction d'Éric Zemmour de l'antenne d'i>Télé.
D'ailleurs, si Finkielkraut devait débattre avec Éric Zemmour, il lui opposerait quelques solides arguments dont il est désormais privé... Alors, les voici...Lien video -
La nature comme socle, l’excellence comme but, la beauté comme horizon
Pour les Anciens, Homère était « le commencement, le milieu et la fin ». Une vision du monde et même une philosophie se déduisent implicitement de ses poèmes. Héraclite en a résumé le socle cosmique par une formulation bien à lui : « L’univers, le même pour tous les êtres, n’a été créé par aucun dieu ni par aucun homme ; mais il a toujours été, est et sera feu éternellement vivant… »
1. La nature comme socle
Chez Homère, la perception d’un cosmos incréé et ordonné s’accompagne d’une vision enchantée portée par les anciens mythes. Les mythes ne sont pas une croyance, mais la manifestation du divin dans le monde. Les forêts, les roches, les bêtes sauvages ont une âme que protège Artémis (Diane pour les Romains). La nature tout entière se confond avec le sacré, et les hommes n’en sont pas isolés. Mais elle n’est pas destinée à satisfaire leurs caprices. En elle, dans son immanence, ici et maintenant, ils trouvent en revanche des réponses à leurs angoisses : « Comme naissent les feuilles, ainsi font les hommes. Les feuilles, tour à tour, c’est le vent qui les épand sur le sol et la forêt verdoyante qui les fait naître quand se lèvent les jours du printemps. Ainsi des hommes : une génération naît à l’instant où une autre s’efface » (Iliade, VI, 146). Tourne la roue des saisons et de la vie, chacun transmettant quelque chose de lui-même à ceux qui vont suivre, assuré ainsi d’être une parcelle d’éternité. Certitude affermie par la conscience du souvenir à laisser dans la mémoire du futur, ce que dit Hélène dans l’Iliade : «Zeus nous a fait un dur destin afin que nous soyons plus tard chantés par les hommes à venir » (VI, 357-358). Peut-être, mais la gloire d’un noble nom s’efface comme le reste. Ce qui ne passe pas est intérieur, face à soi-même, dans la vérité de la conscience : avoir vécu noblement, sans bassesse, avoir pu se maintenir en accord avec le modèle que l’on s’est fixé.
2. L’excellence comme but
A l’image des héros, les hommes véritables, nobles et accomplis (kalos agatos), cherchent dans le courage de l’action la mesure de leur excellence (arétê), comme les femmes cherchent dans l’amour ou le don de soi la lumière qui les fait exister. Aux uns et aux autres, importe seulement ce qui est beau et fort. « Etre toujours le meilleur, recommande Pelée à son fils Achille, l’emporter sur tous les autres » (Iliade, VI, 208). Quand Pénélope se tourmente à la pensée que son fils Télémaque pourrait être tué par les “prétendants” (usurpateurs), ce qu’elle redoute c’est qu’il meurt « sans gloire », avant d’avoir accompli ce qui ferait de lui un héros à l’égal de son père (Odyssée, IV, 728). Elle sait que les hommes ne doivent rien attendre des dieux et n’espérer d’autre ressource que d’eux-mêmes, ainsi que le dit Hector en rejetant un présage funeste : « Il n’est qu’un bon présage, c’est de combattre pour sa patrie » (Iliade, XII, 243). Lors du combat final de l’Iliade, comprenant qu’il est condamné par les dieux ou le destin, Hector s’arrache au désespoir par un sursaut d’héroïsme tragique : « Eh bien ! non, je n’entends pas mourir sans lutte ni sans gloire, ni sans quelque haut fait dont le récit parvienne aux hommes à venir » (XXII, 304-305).
3. La beauté comme horizon
L’Iliade commence par la colère d’Achille et se termine par son apaisement face à la douleur de Priam. Les héros d’Homère ne sont pas des modèles de perfection. Ils sont sujets à l’erreur et à la démesure en proportion même de leur vitalité. Pour cette raison, ils tombent sous le coup d’une loi immanente qui est le ressort des mythes grecs et de la tragédie. Toute faute comporte châtiment, celle d’Agamemnon comme celle d’Achille. Mais l’innocent peut lui aussi être soudain frappé par le sort, comme Hector et tant d’autres, car nul n’est à l’abri du tragique destin. Cette vision de la vie est étrangère à l’idée d’une justice transcendantale punissant le mal ou le péché. Chez Homère, ni le plaisir, ni le goût de la force, ni la sexualité ne sont jamais assimilés au mal. Hélène n’est pas coupable de la guerre voulue par les dieux (Iliade, III, 161-175). Seuls les dieux sont coupables des fatalités qui s’abattent sur les hommes. Les vertus chantées par Homère ne sont pas morales mais esthétiques. Il croit à l’unité de l’être humain que qualifient son style et ses actes. Les hommes se définissent donc au regard du beau et du laid, du noble et du vil, non du bien ou du mal. Ou, pour dire les choses autrement, l’effort vers la beauté est la condition du bien. Mais la beauté n’est rien sans loyauté ni vaillance. Ainsi Pâris ne peut être vraiment beau puisqu’il est couard. Ce n’est qu’un bellâtre que méprise son frère Hector et même Hellène qu’il a séduite par magie. En revanche, Nestor, en dépit de son âge, conserve la beauté de son courage. Une vie belle, but ultime du meilleur de la philosophie grecque, dont Homère fut l’expression primordiale, suppose le culte de la nature, le respect de la pudeur (Nausicaa ou Pénélope), la bienveillance du fort pour le faible (sauf dans les combats), le mépris pour la bassesse et la laideur, l’admiration pour le héros malheureux. Si l’observation de la nature apprend aux Grecs à mesurer leurs passions, à borner leurs désirs, l’idée qu’ils se font de la sagesse avant Platon est sans fadeur. Ils savent qu’elle est associée aux accords fondamentaux nés d’oppositions surmontées, masculin et féminin, violence et douceur, instinct et raison. Héraclite s’était mis à l’école d’Homère quand il a dit : « La nature aime les contraires : c’est avec elle qu’elle produit l’harmonie. »
Dominique Venner
-
Et si on pouvait vivre sans croissance économique?
La journaliste Marie-Monique Robin publie «Sacrée croissance!», un livre qui pourrait nous faire revoir nos certitudes économiques…
Tout commence avec cette phrase, prononcée le 15 mai 2012 par François Hollande: «L’Europe a besoin de projets, elle a besoin de solidarité, elle a besoin de croissance.» Le mot-clé est lâché: depuis des décennies, la croissance économique apparaît comme le Graal des dirigeants politiques du monde entier. Pourtant, de plus en plus de voix dénoncent cette obsession et assurent que le monde se porterait beaucoup mieux s’il arrêtait de courir après des points de PIB. Parmi elles,Marie-Monique Robin, journaliste auteur du Monde selon Monsanto, publie ce jeudi 11 décembre un livre intitulé Sacrée croissance! dans lequel elle imagine François Hollande prenant la tête de la «Grande transition» mondiale.
La «Grande transition»
Dans ce livre, nous sommes en 2034 et Marie-Monique Robin nous raconte comment, vingt ans auparavant, le monde a connu un choc en lisant le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC): «On y voit clairement l’inquiétude des scientifiques pour l’avenir de la planète, explique-t-elle. J’ai imaginé que ce 14 avril 2014, les médias ne parlaient que de ça et que François Hollande se réveillait.» S’ensuivrait une «Grande transition» qui viserait à affronter la crise économique et sociale et à sauver notre planète. «Cela consisterait à jeter les bases d’une société décarbonée», poursuit la journaliste.
Concrètement, voici à quoi ressemblerait notre vie en 2034: organisés en communautés sur des territoires délimités, nous ne travaillerions que 20 heures par semaine et passerions le reste du temps à nous occuper d’une coopérative locale de production d’énergie ou à faire pousser nos aliments dans une ferme collective. Les décisions seraient prises par un système de démocratie participative et les échanges se feraient en monnaie locale.
«La croissance nous a réduits à être des consommateurs, déplore la journaliste. Dans ce nouveau modèle, nous serions des “prosommateurs”: nous fabriquons en partie ce que nous échangeons.» Toutes ces activités ne seraient pas de la «croissance verte», un «mythe» selon l’économiste Jean Gadrey, auteur de Adieu à la croissance, qui estime impossible de découpler croissance du PIB et augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Mais elles permettraient en revanche de créer des milliers d’emplois, assure-t-il.
«On travaille moins, on produit moins, mais on partage plus»
Marie-Monique Robin s’appuie sur des expériences réussies au niveau local, comme dans le village d’Ungersheim en Alsace, et sur le succès croissant des monnaies locales complémentaires: l’idée est de sortir les échanges quotidiens des fluctuations financières mondiales. Une idée partagée notamment par l’économiste Gaël Giraud, qui préconise de revenir à des «euros nationaux» pour ne pas pénaliser les pays les moins forts économiquement.
Gaël Giraud : “L’euro monnaie unique ne marche… par franceinterSi les Occidentaux pourraient accepter de renoncer à un certain confort, rien n’est moins sûr pour les pays en développement. «Les pays développés doivent donner un exemple différent aux Chinois ou aux Indiens, estime Marie-Monique Robin. Nous pouvons arriver à un état stationnaire de l’économie, déjà recommandé par Adam Smith.»
Citant des économistes de référence, elle assure qu’ils n’ont jamais envisagé possible une croissance infinie. La clé de sa réflexion repose sur un meilleur partage des ressources, aussi bien entre les régions du monde qu’au sein des «communautés»: «Dans une société post-croissance, on travaille moins, on produit moins, mais on partage plus», explique-t-elle.
Marie-Monique Robin – Sacrée Croissance. Editions La Découverte
http://fortune.fdesouche.com/368355-et-si-pouvait-vivre-sans-croissance-economique#more-368355
