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31/01/2013

La banque Goldman Sachs veut baisser tous les salaires de 30% en France

PARIS (NOVOpress) – Comment redresser l’économie française ? Il faut abaisser tous les salaires de 30 %. C’est la réponse de Huw Pill, l’économiste en chef de la banque américaine, Goldman Sachs. Dans une interview accordée au Huffington Post, le « Monsieur Europe » de la banque internationale d’investissement a déclaré : « Il faudrait s’appuyer sur une baisse des salaires générale, afin de regagner de la compétitivité. On estime que la France devrait réduire sa moyenne salariale d’environ un tiers…». Soit 33% de moins en moyenne. Des mesures comparées plus loin dans l’entretien à des « ajustements » afin que la France prenne « la bonne direction ».

 

Des propos incroyablement provocateurs quand on sait que la banque avait annoncé en janvier 2011 que le salaire annuel de son PDG, Lloyd Blankfein, passait de 600 000 à… deux millions de dollars. Trois ans après un coup de pouce financier de plusieurs milliards de dollars d’aides de la part du Trésor américain. Pour mieux comprendre les outrances de cet univers, le récent film « Goldman Sachs – La banque qui dirige le monde » (vidéo ci-dessous), démontre comment cette banque a su profiter de la crise pour accroître sa puissance financière, augmenter son emprise sur les gouvernements et bénéficier de l’impunité des justices américaine et européennes.

Incarnation de la spéculation financière, Goldman Sachs s’est enrichie pendant la crise des « subprimes » en pariant sur la faillite des ménages américains. Elle a été sauvée ensuite de la faillite grâce à ses appuis politiques. Quand le krach financier s’exporte en Europe à partir de 2009 via la mondialisation, Goldman Sachs devient l’un des protagonistes de la crise de l’euro en pariant contre la monnaie unique, après avoir maquillé les comptes de la Grèce. Une fois que les gouvernements européens tombent les uns après les autres, « la Firme » va en profiter pour étendre son formidable réseau d’influence sur le Vieux Continent. Elle devient « la banque qui dirige le monde »

http://fr.novopress.info

Chute de la zone euro : Marine et « l’équipe Gollnisch » préparent l’Europe d’après…

La crise du capitalisme spéculatif, les effets délétères du mondialisme et ses ravages au sein d’une Union européenne au logiciel dépassé, une zone euro non viable …Chaque jour qui passe ne fait que confirmer de manière  aussi évidente qu’implacable la justesse des avertissements et des analyses du Front National et de Marine Le Pen. Si la majorité des  députés britanniques a  finalement eu peur de la vox populi et a refusé  lundi  soir  d’organiser un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE,  les coutures de la défroque bruxelloise  craquent de partout. Le quotidien La tribune l’évoque aujourd’hui, après la Grèce, c’est aujourd’hui l’Italie qui se rapproche dangereusement du bord du gouffre, pays dont la chute signerait notamment la mort de la zone euro, du moins dans sa configuration actuelle…

 « Quatrième dette publique au monde (…) l’Italie présente (…) un risque  systémique . Un doute sur sa capacité à rembourser sa dette et c’est la contagion à tout le système financier mondial. Près de 830 milliards d’euros de la dette italienne sont en effet dus à des opérateurs étrangers, souvent des banques et des fonds de pension. Les établissements français, qui contrôlent plusieurs banques importantes en Italie (elles mêmes ayant dans leurs comptes beaucoup d’emprunts italiens) à l’instar de la BNL (BNP),Cariparma (Crédit Agricole), seraient autrement plus concernées par un fléchissement (de l’économie italienne) que par le désastre grec. »

Si la  Banque centrale européenne (BCE) a racheté  massivement cet été  des emprunts italiens afin de maintenir bas leurs taux « il ne saurait être question d’éponger la moitié de la dette publique italienne indique encore La tribune, comme les banques et in fine les Etats de la zone euro s’apprêtent à le faire avec les 330 milliards d’euros du total de la dette grecque. À 1.900 milliards d’euros, l’endettement accumulé par les autorités publiques transalpines n’est pas gérable à coups de Fonds européen de stabilité financière (FESF), même plus efficient».

Dans ce contexte, le Front National offre plus que jamais un recours cohérent et crédible à la pensée unique euromondialiste. La lettre d’information Entourages 2012, souligne d’ailleurs le poids  de Bruno Gollnisch et de « ses proches »  « au sein de l’équipe de campagne de Marine Le Pen », dans le travail de réflexion et d’élaboration du  programme  de la candidate nationale sur les questions européennes.

 « Conseiller aux souverainetés et aux renégociations des traités », Président de  l’Alliance européenne des mouvements nationaux (AEMN),  Bruno Gollnisch s’est vu investi d’une tâche centrale est-il expliqué : «  recenser l’ensemble des contraintes internationales et européennes qui pèseraient sur la France et réfléchir aux conditions de leur révision, à commencer par une sortie de l’euro. » De son côté l’ingénieur centralien  Thibaut de La Tocnaye, qui avait «  coordonné les commissions d’action politique (CAP) pour le compte de Jean-Marie Le Pen lors de la précédente élection présidentielle », «  conseille désormais (Marine) sur les problématiques de réindustrialisation. »

 Catherine Salagnac, la  « directrice de cabinet » du député européen, « diplômée d’économie et de sciences politiques », « a pris la tête du CAP consacré à l’Europe » indique encore Entourages 2012. « En complément du travail de Bruno Gollnisch, (elle) devra élaborer les grandes lignes d’un futur traité européen revu de fond en comble mais qui n’abandonnera pas la coopération intergouvernementale. Epaulée par Edouard Ferrand, le conseiller aux affaires internationales du FN, elle n’exclut pas de s’appuyer sur la clause de retrait prévue par l’article 50 du traité de Maastricht. Ses premières propositions seront présentées (…) le 19 novembre 2011. »

 On le constate, si gouverner c’est prévoir, le mouvement de Marine Le Pen est fin prêt et l’équipe de Bruno Gollnisch est en première ligne dans l’élaboration d’une politique de souveraineté et de prospérité retrouvées. 

25 octobre 2011 http://www.gollnisch.com

2 janvier 1919 : la menace spartakiste

En proclamant la grève générale en Allemagne le 2 janvier 1919, les Spartakistes espèrent enclencher un mouvement insurrectionnel généralisé. Ils veulent tirer parti, au maximum, de la défaite de leur pays pour utiliser l'amertume de l'opinion comme un levier révolutionnaire.

Lorsque, le 9 novembre 1918, le socialiste Scheidemann, vieux routier de la politique parlementaire, a crié, du balcon du Reichstag, « Vive la République allemande », en écho Karl Liebknecht, du balcon du château impérial déserté par les Hohenzollern, a proclamé la République socialiste.

Liebknecht sort de prison. C'est un professionnel de l'agitation révolutionnaire. A partir de 1916 il a publié, sous le titre de Spartacus, des textes incendiaires. Entouré de Rosa Luxembourg, de Clara Zetkin il a constitué un noyau dur destiné à orienter l'aile gauche des sociaux-démocrates vers des positions antimilitaristes et défaitistes.

La révolution bolchevique de 1917 en Russie leur paraît le déclic décisif : les prolétaires allemands doivent imiter ce grand exemple, cette « lumière qui s'est levée à l'Est » et imposer le pouvoir des Soviets. Leur hantise : il ne faut surtout pas laisser les sociaux-démocrates s'installer au pouvoir. Par les mutineries au sein de régiments travaillés depuis longtemps par une propagande souterraine, par l'insurrection, par le pouvoir de la rue il faut imposer le règne du drapeau rouge. Le 4 novembre, le scénario semble se dérouler selon les espérances des Spartakistes : les marins de Kiel se révoltent, massacrent leurs officiers et un conseil de soldats proclame le début de la révolution. Dans les jours qui suivent, Munich, Hanovre, Brunswick s'embrasent à leur tour. Mais c'est l'entrée de Berlin dans le mouvement qui semble décisive : les Spartakistes peuvent à bon droit se dire qu'ils sont désormais au cœur d'un dispositif capable de faire basculer l'Allemagne dans le communisme.

Face à leur détermination et à leur fanatisme idéologique, les politiciens sociaux-démocrates, les bourgeois centristes - si l'on peut utiliser un tel pléonasme -, la vieille clique des hobereaux réactionnaire à monocle ne semblent pas pouvoir peser bien lourd. La fin d'un monde, fondé sur les valeurs bourgeoises, paraît inéluctable. D'autant que les combattants revenus du front, las et amers, n'ont aucune raison de défendre une « société civile » qui fait peu de cas de l'inutile héroïsme déployé, pendant quatre ans d'une guerre effroyable, dans la boue, le froid, le sang et la merde des tranchées.

Il faudra que quelques milliers de « réprouvés » au cœur rebelle se dressent, autour d'un chef, d'un drapeau, pour sauver la partie de la menace anarcho-gauchiste. Dans les forêts sableuses du Baltikum comme dans les rues des grandes villes, les corps-francs, insensibles à l'incompréhension et à la veulerie de leurs concitoyens, choisissent de se battre pour la seule cause qui importe à ces fraternités guerrières : l'honneur et la fidélité.

✍ P. V Rivarol du 29 décembre 1994 au 4 janvier 1995

21:23 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Islande : “Nous avons laissé les banques faire faillite”

Olafur Ragnar Grimsson, président de l’Islande est interviewé en marge de la conférence de Davos à propos du renouveau de l’économie Islandaise. Son programme a été simple : laisser les banques faire faillite, investir dans l’innovation et la haute technologie.

http://fortune.fdesouche.com/

Génération décervelée

« On n'avait jamais rien vu de tel. » Présenté comme une sorte d'OVNI de l'analyse de l'échec scolaire en France, le rapport publié mercredi par l'Institut Montaigne, Vaincre l'échec à l'école primaire, est censé marquer une date aussi bien quant à sa franchise, son origine (les analystes du principal « think tank » français qui rassemble des personnalités de droite comme de gauche) et l'audace de ses propositions. Mazette ! Tenons-nous enfin la pierre philosophale de l'enseignement primaire qui va permettre de rendre à l'école son rôle d'ascenseur social aujourd'hui mis à mal ? Je vous le dis tout de suite : non.
Le rapport « explosif » de l'Institut Montaigne
L'une des grandes préoccupations de l'Institut présidé par Claude Bébéar est d'œuvrer pour la diversité et la mixité, au besoin par la discrimination positive. Mais disons-le tout de suite, ce parti pris n'apparaît pas dans le rapport qui souligne à juste titre - dans une certaine mesure - à quel point les enfants de milieux simples ou de parents inactifs sont aujourd'hui à la traîne. Sans suggérer pour autant que cela tient à la capacité de certains parents de compenser les méthodes ineptes qui décervellent les enfants. Pour ma part je connais une gardienne de langue maternelle portugaise, dotée du seul certificat d'études primaires de son pays d'origine, qui a appris la lecture à son enfant en constatant que le CP de l'école publique très « chic » faisait cela par le biais du dessin : son fils fréquente aujourd'hui avec succès un des « bons » lycées de Paris. La réponse de la concierge est plus pertinente que celle de l'Institut Montaigne qui contient des remarques intéressantes et justes, mais aussi bien des idées fausses et avant tout une grave erreur de perspective.
Il faudra consacrer plusieurs de ces chroniques à ce rapport qui fait beaucoup de bruit et risque de formater la politique éducative de la France dans les années à venir, vu le prestige de l'Institut Montaigne et sa parfaite harmonie avec une certaine philosophie de la société qui a les faveurs des pouvoirs publics.
Ce qu'en ont retenu d'abord les médias sont ses aspects plus matériels, portant sur les rythmes scolaires, la rémunération des instituteurs du primaire, le nombre d'heures et de jours de classe, les sommes consacrées en moyenne sur le budget public aux élèves. D'un point de vue de rentabilité, sachant que la France dépense en moyenne 5 563 dollars par élève du primaire (un peu moins que la moyenne de l'OCDE, c'est après que les dépenses explosent !), il est évidemment désolant de voir la France dégringoler dans les évaluations de lecture internationales comme « PISA » alors même que les sommes allouées n'ont cessé d'augmenter depuis 1990.
Soit dit en passant : les frais de scolarité hors contrat, où les classes ont souvent de petits effectifs, frais supportés par les seuls parents, sont très inférieurs à ceux dépensés par l'État. Et les résultats en lecture, écriture et calcul qui intéressent au premier plan les experts de l'Institut Montaigne, y sont généralement bons ou au à tout le moins acceptables pour l'ensemble des élèves dont beaucoup atterrissent d'ailleurs là après avoir subi des pédagogies décervelantes de l'enseignement « officiel ».
Mais les rédacteurs du rapport ont raison de rappeler ceci, après le Haut Conseil de l'Education en 2007 :
« L'échec scolaire à l'école primaire est une bombe à retardement pour notre société : « Quatre écoliers sur dix, soit environ 300 000 élèves, sortent du CM2 avec de graves lacunes : près de 200 000 d'entre eux ont des acquis fragiles et insuffisants en lecture, écriture et calcul ; plus de 100 000 n'ont pas la maîtrise des compétences de base dans ces domaines. »
Scandale gigantesque qui aboutit à ce que , « chaque année 150 000 jeunes quittent le système éducatif sans qualification ».
On s'attendrait à ce propos à une réflexion de fond sur ce qui se passe réellement dans les classes : pourquoi tant d'enfants n'apprennent-ils pas à lire, écrire, compter, connaître leur langue ? Certes, au fil du rapport il est souligné que « l'effet maître » est primordial (ce qui contredit l'idée selon laquelle la réussite serait dictée par l'origine socio-économique) : autrement dit, un bon maître obtient de meilleurs résultats et ses élèves progressent d'autant mieux qu'il est exigeant et qu'il place haut la barre.
Peut-être tous les mauvais professeurs se concentrent-ils dans les zones les plus déshéritées ? Le rapport ne l'affirme pas mais il ose quand même ceci :
« C'est un marronnier pour les journaux télévisés chaque année au mois de septembre : l'arrivée des tout jeunes enseignants pour leur première nomination, à l'école, au collège ou au lycée, dans les établissements les plus difficiles, souvent face aux classes les plus complexes, le tout dans les zones les plus défavorisées ! Le tout avec 24 ou 48 heures, au mieux, pour prendre la mesure d'un environnement complètement nouveau... C'est le "baptême du feu" que l'Éducation nationale organise pour les reçus aux différents concours qu'elle organise.
« Non seulement ils manquent de pratique, mais ils ne connaissent généralement pas le milieu dans lequel ils sont catapulté ». Rares sont ceux à qui l'on donne le choix ... Comment dans ces conditions entretenir leur motivation ? D'autant que ces postes ont le charme du provisoire et de l'incertain : huit jeunes professeurs sur dix sont généralement affectés à des poste provisoires. »
Il faudrait donc mieux les payer en début de carrière, afin que la profession attire les meilleurs étudiants, quitte à prévoir une progression de salaire moins forte en cours de carrière, ne pas les lâcher dans des classes difficiles en début de parcours... Ce sont encore des mécanismes finalement très... mécaniques. Mais le rapport souligne aussi l'insuffisance de la formation pratique des enseignants qui font beaucoup de théorie, subissent souvent « l'infantilisation » des IUFM (Instituts universitaires de formation de maîtres) et reçoivent peu ou rien quand il s'agit de se préparer à enseigner concrètement une matière ou de faire face à des enfants difficiles ou en difficulté. 
Aussi le rapport propose-t-il de modifier l'apprentissage du métier pour multiplier les contacts avec les plus anciens et la formation en situation, ce qui paraît tomber sous le sens. Davantage de « formation continue » aussi... Le « hic » reste celui des contenus de ces formations dont on sait qu'elles peuvent receler la pire des choses, jusqu'à la manipulation mentale des intéressés. Dans un pays qui supporte l'avortement de 220 000 tout-petits par an, où les jeunes sont privés de leur culture, de leur intelligence, de leurs capacités d'analyse par un système pédagogique souvent nocif, la confiance que l'on peut avoir en ces « remèdes » reste forcément très modérée.
Les autres remèdes sont pour la plupart d'un même ordre, mécanique. En comparaison avec les autres pays de l'OCDE, ce sont les petits Français qui passent le moins de jours à l'école (140 par an) et pourtant ils ingurgitent presque le maximum d'heures de cours. À changer ! Ce sont les petits Français qui redoublent le plus, sans aucun bénéfice : ils doivent donc progresser sans rupture d'une année sur l'autre en recevant des soutiens individuels (personne ne se demande si le fait de redoubler en subissant des méthodes ineptes qui ont déjà fait la preuve de leur inefficacité n'est pas le problème, et non le redoublement lui-même).
Il faut aussi donner plus de pouvoir et plus d'autonomie aux directeurs d'écoles primaires pour que celles-ci cessent d'être gérées comme de simples « services municipaux » :
L'idée, c'est de donner au vrai responsable de l'école les moyens de vérifier et de contrôler ce qui se passe dans les classes et d'imposer un quota d'heures d'apprentissage du français et des mathématiques. Tiens, j'en connais un comme cela : c'est Marc Le Bris, le courageux directeur instituteur de l'école de Médréac en Îlle-et-Vilaine. Lui-même et ses institutrices obtiennent des résultats magnifiques en respectant des méthodes pédagogiques traditionnelles. Ce qui a valu à Marc Le Bris d'être bloqué dans son avancement par la vertu de l'inspection académique. On reste rêveur devant la recommandation de l'Institut Montaigne d'augmenter le nombre d'inspecteurs et de les rendre plus disponibles pour l'inspection qui, selon lui, devrait être l'un des principaux ressorts pour une amélioration de la situation.
Je vous l'ai dit, on reste sur une impression d'extériorité par rapport à la gravité et à la nature de l'échec scolaire. Le rapport parle aussi de manière plus détaillée de l'apprentissage de la lecture, sans aller aux vraies causes et en proposant des remèdes pour partie inadéquats ou nocifs...
Jeanne Smits Présent du 7 mai 2010

L’UE veut pouvoir contrôler la presse et les journalistes de plus près

Le site d’information britannique The Telegraph rend compte d’un rapport d’experts de « haut niveau » qui préconise d’instaurer un contrôle accru des médias par instances de supervision nationales qui rendraient compte à la Commission. Un rapport commandité suite au scandale « News of the World ».

(…)

Le rapport établit notamment que « tous les pays de l’UE devraient disposer d’un conseil indépendant des médias« , conseil qui devraient « disposer de réels pouvoirs de sanction comme le fait d’imposer des amendes, d’ordonner la diffusion d’excuses publiques ou le retrait du statut de journaliste« .

L’article du Telegraph consacré à ce rapport recommande également que les conseils des médias nationaux répondent à un certain nombre de standards européens et que la Commission soit la garante du respect de ces standards.

Une perspective qui donne visiblement du grain à moudre aux conservateurs (connus pour leur euroscepticisme outre-Manche).

Ainsi le député conservateur britannique Douglas Carswell a-til déclaré que ce rapport illustre « le genre d’état d’esprit que je m’attendrais à rencontrer en Iran pas en Occident. Cette idée loufoque nous en dit un peu plus quant au futur de la réglementation de la presse. Elle laisse entendre que le projet européen est finalement incompatible avec la notion d’une société libre« . 

RTBF.be via http://www.fdesouche.com/

Le rapport en question,

L'ACTION FRANCAISE EN POINTE, EN PROVENCE : NOTRE PROCHAIN CAFE POLITIQUE DE MARSEILLE AURA LIEU LE SAMEDI 9 FEVRIER

 

Cafés Politiques de Lafautearousseau

samedi 9 février 2013., à 18 h 30 précises 

(Accueil à partir de 18 h)

ENQUÊTE SUR LA RéPUBLIQUE

L'EUROPE EN ECHEC :

QUELLE Europe VOULONS-NOUS ? 

Nouveau Document Microsoft Office Publisher.jpg

par Alain BOURRIT 

Café Simon

28, cours Honoré d’Estienne d’Orves, Marseille 1er

Entrée libre. Participation sous forme d'une consommation.

Renseignements : 06 08 31 54 97

Possibilité de dîner sur place, après le Café Politique

 

Michel Onfray et Alain Soral: les civilisations et les empires

[Média] Prospectives Royalistes de l’Ouest

Le numéro n° 28 du nouveau journal royaliste unitaire centré sur la région ouest BRETAGNE-LOIRE ATLANTIQUE-VENDEE vient de sortir.

Vous pouvez le télécharger ici

Vous y retrouverez entre autres, l’intégralité du discours d’Amaury de Perros, délégué du CRAF pour la Loire-Atlantique.

http://www.actionfrancaise.net

 

VIDEO - LA FRANCE, L'EUROPE ET LE MONDE : RETOUR GEOPOLITIQUE

Gaullistes ou anti-gaullistes des années 1960, tout comme les plus jeunes d'entre nos lecteurs qui n'ont connu cette époque que par les livres, les récits ou les documents de toute nature, regarderont certainement cette vidéo avec intérêt, sans-doute avec profit, et, pour quelques uns, avec une certaine nostalgie pour un temps - à ce jour révolu, il est vrai (mais les "retours" sont toujours possibles) - où le Politique s'exprimait dans le langage de la culture et avec - au moins - les apparences de l'autorité et de la puissance.

Après cinquante ans (cette conférence de presse élyséenne de De Gaulle date du 15 mai 1962), bien des choses ont changé en France, en Europe et dans le monde. De Gaulle évoque la menace des "Soviets" : elle s'est effondrée; il parle d'une Allemagne qui, selon son expression avait "les reins cassés", l'Allemagne coupée en deux par un rideau de fer. Elle a retrouvé aujourd'hui son unité et sa puissance qui, à bien des égards, dépasse la nôtre, pour l'instant. Tout, cependant n'a pas changé. Quelques grandes constantes demeurent et restent d'actualité. En particulier tout ce qui a trait à la construction européenne, à l'heure où, justement, chacun s'interroge sur son devenir. Quelle Europe voulons-nous ? Comme Maurras, De Gaulle voulait l'Europe, mais ne voulait pas que l'on fît "comme si c'était fait". De plus, elle ne pouvait être, pour lui, que souveraine, c'est à dire indépendante des Etats-Unis d'Amérique, sans quoi elle n'existerait pas. Son projet était réaliste, progressif, volontaire mais construit sur la base des peuples et des Etats. On sait que c'est une démarche inverse qui a été suivie depuis; une démarche idéologique et technocratique, d'ailleurs plus mondialiste qu'européenne. On sait ce qu'il en est aujourd'hui et qu'au lieu d'être une force centripète qui eût uni peu à peu peuples et nations d'Europe occidentale s'habituant progressivement à leur unité, "l'Union" que l'on a tenté d'imposer aux peuples européens finit par être une force centrifuge qui oppose et divise. De fait, les peuples l'ont rejetée. D'ailleurs, à bien y regarder, l'affaiblissement des Etats, la décadence du Politique, n'ont pas du tout, comme d'aucuns l'espéraient, favorisé la construction européenne. Bien au contraire, ils l'ont rendue presque impossible. 

Est-il encore temps, comme il faut sans doute le souhaiter, de reprendre avec le réalisme qui s'impose un grand projet européen ? Ou, comme à d'autres époques de notre Histoire commune, faute de volonté, faute d'autorité, faute de solidarité, ce projet, cent fois repris, finira-t-il par se dissoudre et s'évanouir une fois de plus, comme une perpétuelle utopie ? Telle est la question.  

Mon bureau 3 Lucs.jpgCliquez sur l'image pour lire la vidéo 

Les fondamentaux du début de siècle

Nous allons traiter de géostratégie. C’est là une discipline relativement nouvelle. Le Grand Larousse ne la mentionne pas, le Grand Robert la définit comme : « un ensemble de facteurs stratégiques en liaison avec la géographie et la démographie d’une zone déterminée ». Ce serait donc une déclinaison plus spécifiquement militaire de la géopolitique. Mais, dans ce cas, ce serait une tautologie car il ne peut exister de stratégie militaire qui se conçoive hors du milieu naturel, c’est-à-dire de la géographie. Quant à la géopolitique, signalons-le en passant, elle est l’étude de l’influence de l’environnement physique sur le comportement des peuples.

La période que nous vivons, comme celle des prochaines décennies, a été et sera façonnée par trois facteurs déterminants parce qu’à la fois d’ordres politique, technique et socio-économique. Il s’agit, en l’occurrence, des faits exposés ci-après :
- La disponibilité de l’énergie indispensable au développement, c’est-à-dire, dans une grande mesure, de l’industrialisation. L’aspiration au mieux « vivre » anime une fraction de plus en plus étendue de la population et la production de biens commercialisables répond à son attente. L’énergie conditionne la production, oxygène du développement.

Terminal pétrolier de l'île de Das, à Abu Dhabi

 

La centrale nucléaire de Cruas, dans la vallée du Rhône. Les 4 réacteurs, mis en service en 1984 et 1985, produisent chaque année 25 milliards de kWh, soit environ 40% de la consommation de la région Rhône-Alpes. © Daniel Riffet

- L’efficacité des techniques nouvelles d’information et de communication (T.I.C) qui mettent en évidence les inégalités socio-économiques, amplifient les mouvements migratoires mais aussi placent les populations à la merci du pouvoir politique lorsqu’il s’approprie la gestion des TIC.

- Enfin, l’affrontement politique, économique et social, dans un monde ouvert, des industrialisés de longue date et des peuples émergents. D’un côté les bénéficiaires d’un puissant acquis civilisateur et de l’autre le poids des masses.

Jean Gabin : Le Gentleman d'Epsom !

Nouvel An à Pékin…

I – L’énergie, mère commune de tous les peuples

En ce qui concerne la géopolitique, elle est bipolaire : celle des hydrocarbures et celle que fournit la désintégration de la matière, les autres formes d’énergie relevant davantage du national que de l’international.
Il n’est pas exagéré de dire que la quasi-totalité des événements de grande ampleur survenus depuis un siècle a pour origine commune l’appropriation ou le contrôle des sources et de la consommation de ces deux formes d’énergie.
De manière spécifique, les hydrocarbures et l’atome ont déterminé la politique, la diplomatie, les alliances et les tensions, le recours à la force des armes avec en réaction, le terrorisme sous toutes ses formes.

Nigérians carbonisés par l'explosion du site pétrolier qu'ils attaquaient
http://pandanlag.unblog.fr/fin-du-petrole/

Enfin, la grande fracture entre les nantis et les autres. Bifide, la désintégration de la matière est à la fois source d’énergie industrielle et arme d’intimidation sinon de guerre. Elle privilégie les uns, suscite les convoitises ou les inquiétudes des autres. (Pour Washington elle justifierait même une guerre d’anéantissement préventive et en invoquant non des faits, mais des intentions).

I.a – La dictature politique des hydrocarbures.
Significative, en effet, est l’évocation des principales étapes – au cours du siècle dernier et au début du suivant – de l’obsession pétrolière dans la vie internationale.

1916 - 1920  
Signés en 1916 et sanctionnant le démembrement de l’empire Ottoman, les accords Sykes-Picot soumettaient à l’influence française la Syrie et la Mésopotamie septentrionale – le nord du futur Irak – y compris Mossoul.

Londres contrôlait les villayets de Bagdad, Bassora, du Koweït plus proches de la route des Indes. Mais, en octobre 1918, l’armée (britannique) du général Allenby ayant atteint Damas – zone  française –  et surtout du pétrole ayant été découvert dans la région de Mossoul, l’accord de 1916 fut modifié : la province de Mossoul passant, en septembre 1919, sous le contrôle des Britanniques, ce que confirma, en avril 1920, le traité de San Rémo, la France, en compensation, recevant un mandat sur le Liban et la Syrie. Ainsi a été dessinée la carte politique du Proche-Orient, Londres formant un Etat irakien et exerçant sa tutelle sur la Palestine. Ce découpage fut accepté par la Turquie, par le traité de Lausanne (juillet 1923). Ainsi le pétrole de Mossoul avait réuni les conditions d’au moins un siècle d’instabilité régionale.

1951 – 1953
 En 1951, Mohammed Mossadegh, premier ministre iranien nationalise la production pétrolière iranienne après avoir rompu les négociations avec la compagnie Anglo-Iranian.

Mohammad Mossadegh en 1951

 

Mohammad Mossadegh (1882-1967) Issu d'un milieu social aisé et cultivé, Mossadegh fait ses études à Téhéran. En 1896, il est contrôleur des impôts dans la province du Khorassan. Après dix années de service au ministère des Finances, il part à l'étranger. Étudiant à l'École des sciences politiques de Paris, il poursuit des études de droit en Belgique et en Suisse. Docteur en droit,il est élu en 1925 au parlement iranien, le "Majlis". Il s'oppose alors à la nomination du Premier ministre, Reza Khan en tant que nouveau roi d'Iran. Malgré l'effort de l'opposition, Reza Khan est proclamé roi et fonde une nouvelle dynastie, celle des Pahlavi. Mossadegh est contraint de se retirer de la vie politique, en s'exilant dans ses propriétés.

C'est alors qu'en 1942, suite à l'avènement du nouveau roi, Mohammad Reza Chah Pahlavi, il revient à la politique en siégeant de nouveau au Parlement iranien dans le rang des nationalistes. En 1944, Mossadegh rédigea une loi interdisant à quiconque de négocier avec des compagnies étrangères sans l’autorisation du Parlement. L’Angleterre porta l’affaire jusqu’à la Cour Internationale de La Haye. Cette dernière se prononça en faveur des Britanniques. Devenu Premier ministre le 29 avril 1951, avec l'appui des factions religieuses modérées (conduites par l'ayatollah Abol -Ghassem Kashani), il fitappel de cette décision. En 1952, la Cour Internationale donna raison à Mossadegh.

En février 1953, soutenu par Londres et par Washington le shâh destitue le premier ministre et, l’année suivante, un nouvel accord sera conclu avec la Grande-Bretagne quant au partage des ressources pétrolières de l’Iran. Mais vingt ans plus tard, reprenant la politique de Mossadegh, le shâh s’assure la maîtrise de la production iranienne, provocant la réaction des Occidentaux. Giscard d’Estaing accueille, en France, Khomeyni qui prêche l’éviction du shâh ; émeutes, révoltes, chassent le souverain (janvier 1979) si bien qu’en avril 1979 est proclamée en Iran une république islamique. Indirectement création des maladresses de la politique de Londres, Paris et Washington.

Emeute. Iran 1979…

1956
Le 20 juillet, la Banque mondiale refuse de financer la construction du barrage d’Assouan, vaste projet d’irrigation du Caire. La semaine suivante, le colonel Nasser riposte en nationalisant le canal de Suez. Londres et Paris, à la conférence de Sèvres, envisagent des sanctions militaires. Gaston Deferre, ministre du gouvernement Guy Mollet, va jusqu’à suggérer d’affamer la population égyptienne en asséchant le Nil. C’est à un subterfuge auquel on aura recours : l’Etat d’Israël sera incité à s’en prendre à l’Egypte et, sous prétexte de séparer les combattants, un puissant corps d’intervention franco-britannique envahira l’Egypte mettant un terme au nasserisme

Vue aérienne de navires coulés à l'entrée du canal de Suez afin d'empêcher tout passage lors de l'attaque de l'Égypte en 1956 par Israël, la France et la Grande-Bretagne.
(© Central Press/Getty Images)

Mais, à la surprise de Londres et de Paris, Washington se rangea aux côtés de l’Egypte et contre ses alliés français et britanniques. Faisant cause commune avec Moscou – qui avait brandi le spectre de l’arme atomique –Washington s’en prit à la livre sterling et ses bâtiments de guerre firent mine de gêner les opérations de débarquement alliées.

Ainsi, sept ans seulement après la signature du Pacte atlantique, Washington s’associait à Moscou contre ses principaux alliés atlantiques.
Première esquisse d’une politique pétrolière déterminante, il s’agissait pour Washington – comme pour Moscou – de ménager le monde arabe, détenteur d’au moins 70 % des ressources pétrolières alors inventoriées. La quête d’énergie valait bien un retournement – momentané – d’alliances.

1960
Les grands producteurs de pétrole, soucieux de tirer le maximum de profits des richesses de leur sous-sol – leur principale source de revenus – s’associent dans une Organisation des pays exportateurs (OPEC). Huit ans plus tard, sera mise sur pied une Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP) afin de défendre les intérêts spécifiquement arabes de l’entreprise pétrolière. Aussi l’or noir a-t-il provoqué la mise sur pied d’organisations à la fois politiques et commerciales, face aux démarches des compagnies exploitantes et à celles des gouvernements des pays consommateurs. Le commerce des hydrocarbures devenait une arme politique dotée de ses structures d’études, d’analyses et… de combat.

1973.
Après celui provoqué par la crise de Suez le choc pétrolier qui suivit la guerre dite du Kippour (octobre 1973) fut d’une autre ampleur.
Il semble que cette guerre fut plus ou moins « agencée » par le Département d’Etat, comme si celui-ci avait voulu que l’Etat d’Israël, toujours victorieux sur les champs de bataille, en vienne à composer avec l’Egypte, son puissant voisin après ne l’avoir emporté sur lui que de justesse grâce à l’audacieuse manœuvre des blindés de Sharon. Aussi les services spéciaux américains ont-ils trompé leurs homologues israéliens en leur cachant les préparatifs militaires égyptiens (Mme Golda Meir, à l’époque premier ministre le reconnut) si bien que les Egyptiens franchirent la ligne de Bar-Lev, les défenseurs israéliens y étant surpris.

« l'un des fameux ponts de bateaux jetés pour permettre le passage des chars égyptiens ».

Bar-Lev est le nom du chef d'état-major de Tsahal qui fit édifier en 69/70 cette ligne de défense anti-artillerie, afin qu'Israël puisse conserver ses positions dans le Sinaï après l'annexion de ce dernier lors de la guerre des Six jours.

Habile diplomate Henry Kissinger avait pris la précaution d’organiser, à Washington une rencontre Nixon-Brejnev afin de négocier la participation d’entreprises américaines à l’exploitation des gisements de gaz naturel de Sibérie mais aussi par l’article IV du traité (de Washington du 22 juin 1973) conclu par les deux pays, de décider que si quelque part dans le monde un conflit risquait de dégénérer en échange de coups nucléaires, les deux capitales devaient aussitôt se concerter pour y mettre un terme. Ainsi était « verrouillée » la tension israélo-arabe et il était moins risqué de la mettre à l’épreuve par une nouvelle guerre qui ne saurait déclencher le recours à l’atome.

Comme en 1956, l’objectif de la Maison-Blanche était de favoriser le clan arabe, sans pour autant, rompre les liens avec l’Etat hébreu. A nouveau, étaient en jeu, les approvisionnements en énergie fossiles.

1979.
En février, à Camp David est négocié un traité de paix israélo-égyptien qui sera signé le 26 mars par Sadate et Begin. Cet accord mécontente de nombreux pays musulmans et contribue à une nouvelle crise pétrolière dont il faudra que s’accommodent les économies des pays gros consommateurs d’hydrocarbures.

1981 – 1988
Guerre Irak-Iran.

Scène de la guerre Irak-Iran

Bagdad entend reprendre le contrôle du Chott el Arab et du détroit d’Ormuz par où transitent ses pétroliers. Car l’Iran a occupé Abou Moussa et les îles de la Grande et de la Petite Tomb, menaçant d’enclaver l’Irak, privé de son seul débouché sur la mer. Si la Syrie soutient l’Iran, l’Irak est aidé par l’Arabie Séoudite (qui redoute l’Iran chiite) la France, les Etats-Unis et l’URSS. La « guerres des villes » (échanges de fusées balistiques) l’attaque des tankers et des installations pétrolières de Kharg, d’Abadan…. déclenchent un nouveau choc pétrolier en 1985.

L'Euphrate, long de 2 700 km, traverse en outre la Syrie et l'Irak. Le Tigre (1 899 km) est frontalier avec la Syrie et coule ensuite en Irak. En Basse Mésopotamie, les eaux mêlées des deux fleuves constituent, sur 170 km environ, le Chott el Arab qui débouche dans le golfe persique.

1990 – 1991
Première guerre du Golfe. Positions de principe des futurs belligérants : l’Irak ne reconnaît pas la démarche des colonisateurs qui détachèrent le Koweït de l’Irak, province ottomane. Soucieux d’assurer leur ravitaillement en hydrocarbures les Etats-Unis aimeraient voir attribuer à l’Arabie Séoudite, à l’époque le grand allié, le quota de production de l’Irak, laïc-socialisant et plus pro-soviétique et pro-français que tourné vers les Etats-Unis. De surcroît, la « nucléarisation » de l’Irak par la France inquiète Washington. Tel Aviv, de son côté, incite Washington à intervenir.
Bagdad reproche aux autres pays du Golfe de provoquer la baisse du prix du pétrole. Plus spécifiquement le Koweït est accusé d’exploiter abusivement le gisement de Roumeillah, à cheval sur la frontière koweïto-iranienne.

Pour arriver à ses fins, Washington usa de l’ambiguïté de ses porte-parole :
Ce fut la cas de Mme A. Glaspie, ambassadeur à Bagdad, déclarant à Saddam Hussein, le 25 juillet que « les Etats-Unis n’entendaient pas intervenir dans le différend irako-kowétien ». Et plus encore de Mme Tutwiller et de John Kelly respectivement porte-parole du Secrétaire d’Etat et adjoint de M. J. Baker pour les questions du Proche-Orient : …  « Si le Koweït ou les Emirats étaient attaqués, les Etats-Unis n’étaient pas tenus de leur porter secours … ».
(31 juillet). S’agissait-il d’un piège ou de deux maladresses verbales ? Toujours est-il qu’ainsi encouragé Saddam Hussein fit envahir le Koweït le 2 août.

Autoroute Nord Koweït-city/Bagdad, baptisée la "Highway of death" ("autoroute de la mort") par l'armée Américaine du temps de la première guerre du Golfe.

Washington et ses alliés négocièrent jusqu’au début de 1991, les opérations militaires commençant le 16 janvier. Les Etats-Uni avaient réussi à mettre sur pied une coalition d’une trentaine de pays plus intéressés par le futur partage des richesses énergétiques de l’Irak que par le sort du Koweït. Ainsi a commencé une longue période d’instabilité au Proche-Orient et amorcé la profonde fracture entre « l’Occident » et « l’Orient », ou plutôt entre les anciennement industrialisés, forts consommateurs de pétrole et de gaz naturel, et les grands producteurs musulmans.

Années 90 à 2000
Les richesses énergétiques de la Caspienne passent de l’URSS défunte aux entreprises occidentales. La région du Caucase suscite les convoitises des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne … et de la France (Exxon et Chevron Texaco, British Petroleum, Total mais aussi ENI italien et Lukoil russe). A Washington, Mme Madeleine Albright, Secrétaire d’Etat déclare :
… « Prendre en compte les destinées du Caucase sera une tâche exaltante pour les Etats-Unis ». Ce qui explique les manœuvres des Etats-Unis en Géorgie, le tracé d’un nouvel oléoduc évacuant le pétrole de Bakou par la Turquie, en se détournant de la Russie. Ce qui justifie les réactions de Moscou. Ainsi, le pétrole, et demain le gaz naturel des rives de la Caspienne sont-ils à l’origine des empiétements occidentaux dans le domaine qui fut, exclusivement, celui de Moscou, annonçant une nouvelle guerre froide ayant l’énergie pour origine.

1993. La Chine devient importatrice de pétrole
La zone Asie-Pacifique n’a pas été favorisée en ce qui concerne les gisements d’hydrocarbures. Les réserves de la zone sont de l’ordre de 4 à 5 % des réserves mondiales alors que la consommation approche 30 %. Rapportées aux besoins de sa population les réserves de la Chine sont faibles (18 milliards de barils) comparés aux 263 milliards de barils de l’Arabie Séoudite et, a fortiori, aux 100 milliards du minuscule Koweït. Aussi la Chine est-elle devenue le deuxième importateur de pétrole, devancée seulement par les Etats-Unis, avec plus de 6 millions de barils/jours d’achats à l’extérieur.

Aussi Pékin s’est-il tourné vers Moscou et aussi le continent africain pour en emporter l’or noir et les matières premières indispensables à l’alimentation de son énorme potentiel de production. (Achats à Moscou de 700 millions de tonnes de pétrole en 25 ans). Construction de nouveaux oléoducs des gisements de Sibérie au littoral chinois du Pacifique, investissements massifs en Afrique et aménagements de l’infrastructure nécessaire au déplacement des fluides et autres matières premières). La boulimie d’énergie crée des liens économiques et politiques entre la Chine et la Russie, l’Afrique, l’Amérique du sud, au détriment des positions acquises par les pays anciennement industrialisés. Et la situation s’aggravera encore avec le passage des ans, la demande mondiale passant de 80 millions de barils/jour à 120/125 millions dans 15 ans. La Chine contribue à cet accroissement avec des besoins augmentant de 5 à 7 % annuellement.

Cette quête d’énergies fossiles est une précieuse manne pour les pays émergents qui en détiennent des gisements. L’Afrique en bénéficie, ce qui pourrait, au moins, ralentir la montée vers l’hémisphère nord de larges fractions de sa population.

2003. Deuxième guerre du Golfe
La première guerre du Golfe a réuni les conditions de la seconde. Le traitement infligé au peuple irakien et aussi le déploiement en Arabie Saoudite de forts contingents armés de l’Occident, stationnant en terre sainte, ont dressé contre les Etats-Unis en particulier et les Occidentaux en général, des intégristes musulmans rassemblés sous l’égide d’Al Qaeda. D’où la série d’attentats énumérés ci-dessous :
-World Trade Center (fév. 1993) Dhahran (juin 1995) – Nairobi et Dar es Salam (août 1998) – Yémen (octobre 2000) et New-York, World Trade Center et Pentagone à Washington (septembre 2001) – dans le temps que l’Argentine, l’Arabie Séoudite, la France, l’Egypte étaient aussi les victimes du terrorisme musulman (avant l’Espagne, la Grande-Bretagne, la Russie, l’Etat hébreu, l’Ouzbékistan, le Pakistan etc…).

Mais c’est évidemment l’attentat du 11 septembre 2001 qui a été déterminant dans la mesure où « bouleversés par l’audace des terroristes », les autorités américaines constataient que nombre de ressortissants saoudiens étaient impliqués dans les attentats visant les Etats-Unis.

D’où, la décision de changer de politique au Proche-Orient et, au lieu de s’en remettre à l’Arabie Saoudite comme essentiel fournisseur de pétrole, exploiter directement les hydrocarbures d’Irak en s’y installant par la force des armes. La guerre serait aisément justifiée : l’Irak détenait des armes de destruction massive – ce qui se révéla faux. Sa population subissait  une cruelle dictature et les Etats-Unis lui feraient bénéficier de la démocratie. Depuis, les événements ont mis en évidence l’échec de l’entreprise. Il fallait également s’en prendre à l’Afghanistan, siège des écoles de terrorisme et des irréductibles talibans… Mais aussi terre de passage d’un éventuel oléoduc – et gazoduc – alimentant l’Asie orientale en énergies provenant du bassin de la Caspienne.

La politique pétrolière des Etats-Unis dictée par le souci d’assurer à son économie un ravitaillement en énergie correspondant à ses besoins lui a aliéné sinon l’hostilité de tous les gouvernements musulmans, du moins celle de leurs populations. Et aussi celle de nombre de peuples émergents, soit près de la moitié de l’humanité.

Ainsi, cette politique pratiquée obstinément depuis le début des années 90 a créé une fracture plus profonde encore et plus grave que celle qui avait opposé l’économie planifiée à l’économie de marché, autocraties et démocraties au temps de la « guerre froide ». L’armement nucléaire figeait les hostilités au niveau verbal et diplomatique. Aujourd’hui, le terrorisme contourne le nucléaire et les moyens traditionnels d’assurer la sécurité si bien que la décision d’y mettre un terme dépend des terroristes eux-mêmes.

2000 à ……. 2050 ?  L’énergie au service de la Russie.
Si l’obsession énergétique inspire et domine la politique intérieure (un gouvernement de « pétroliers ») et extérieure (la guerre) des Etats-Unis, la Russie de Poutine recourant seulement à l’économie et à la pression diplomatique, place la même politique volontariste au service de la Russie, et de son retour à la puissance.

Au début du présent millénaire la Russie fournissait 13 % de l’énergie mondialement consommée. Plus spécifiquement en 2002 elle produisait 9 %  du pétrole mondial et déjà 25 % du gaz naturel dont elle détient 27 % des réserves mondiales. Ce qui lui permet de produire plus de 500 milliards de mètres cubes et par un gigantesque réseau de ravitailler en énergie le reste du monde. Mise en œuvre par 300.000 spécialistes et gérant plus de 150.000 kilomètres de gazoducs. Gazprom distribue le gaz naturel russe en Europe et en Asie.

Du développement d’infrastructures de GNL en mer de Barents à la construction de gazoducs reliant les gisements de Sibérie à la Chine, la Russie annonce d’ambitieux projets de développement d’infrastructures, qui permettraient à terme de limiter sa dépendance actuelle vis-à-vis du débouché européen.

En Europe, une dizaine de pays de centre Europe sont tributaires à 100 % du réseau Gazprom, l’Allemagne à 45 %, la France à 25 %, la grande firme d’Etat russe ayant déjà investi près de trois milliards de dollars dans ses gazoducs européens.

Moscou utilise cette indispensable répartition d’énergie à des fins politiques, ne serait-ce qu’en majorant ou en diminuant les coûts en fonction du comportement des pays consommateurs vis-à-vis de la Russie. C’est ainsi qu’en 2004, afin que Minsk cède à Gazprom une entreprise de gazoduc nationale, les livraisons avaient été stoppées pénalisant à la fois la Biélorussie et la Pologne et menaçant l’ouest européen… Vis-à-vis de l’Ukraine, Moscou détient un atout majeur dans la négociation. Depuis, la Biélorussie bénéficie à nouveau de bas tarifs tandis que les pays baltes, entrés dans l’OTAN, paient plus cher.

Environ 25 % des besoins en gaz naturel de l’Union européenne sont satisfaits par Gazprom. De nouveaux projets sont à l’étude pour ravitailler la Turquie et, directement, l’Europe de l’ouest par un oléoduc construit sous la Baltique. Dépourvus d’énergies – Norvège et Grande Bretagne mises à part – les Etats de l’Union dépendent ainsi des ressources de la Russie.

2000 à 2050 ? Le pétrole hisse la Norvège au premier rang.

En ce qui concerne le revenu par habitant la Norvège a atteint le sommet de la hiérarchie des peuples. La rente pétrolière norvégienne, presque en totalité, a été versée à un fonds géré par la Banque de Norvège (plus de 190 milliards de dollars). Cette fortune – qui augmente avec le temps –  a permis à la Norvège d’éviter le carcan de l’Union européenne, les diktats de Bruxelles et l’euro afin de conserver sa pleine indépendance politique et économique.
D’importants gisements d’énergie fossile non exploités se trouveraient en mer de Barentz. Conformément aux droits de la mer, par son littoral nord, la Norvège y est, économiquement, souveraine. Son espace maritime est encore accru  par les îles de Spitzberg qui relèvent aussi de la Norvège.

Il y a là une source de vastes profits, du moins pour les prochaines décennies. Mais aussi un sujet d’inquiétude en raison des ambitions – tout aussi légitimes – de la Russie sur la mer de Barentz orientale qui jouxte les eaux revendiquées par la Norvège. Il est dangereux pour les pays faibles d’être trop riches en ressources énergétiques. La Norvège n’est pas faible, mais elle se développe sur le flanc d’un géant…

2000 à 2050 ? Le pétrole émancipe l’Amérique du Sud.

Le continent sud américain n’est pas dépourvu de sources d’énergies fossiles. Les réserves de pétrole seraient de l’ordre du milliard de barils et celles de gaz naturel d’environ 7 à 8 % des réserves mondiales.

Les principaux gisements d’énergie fossile se trouvent au Venezuela, en Bolivie et, plus modestes, en Colombie, Pérou et Argentine.

Deux événements ont complètement changé la situation des pays producteurs et exportateurs. D’une part l’augmentation du prix du baril avec le revenu considérablement accru de la rente pétrolière et, d’autre part, la demande de la Chine et de l’Inde déplaçant vers l’Asie les centres de haute consommation qui se trouvaient, naturellement, en Amérique du Nord.

Le président Chavez du Venezuela, et le président Morales de Bolivie se sont engagés dans la même voie que celle jadis empruntée, en Iran, par Mossadegh : nationaliser les hydrocarbures afin que le budget national tire plein profit de la commercialisation d’un produit national.

« Hugo Chavez du Venezuela, Fidel Castro de Cuba et Evo Morales de Bolivie »…

Eventuellement au détriment des entreprises exploitantes étrangères (Total, Exxon-Mobil, Conoco Phillips au Venezuela, et Pétrobras, Repsol et encore Total en Colombie).

L’arme du pétrole – avec les privilèges qu’elle confère – est brandie par M. H. Chavez. Il menace même d’ignorer, désormais, les organisations internationales (F.M.I.,  Banque mondiale,  taxées d’être aux ordres de Washington) acceptant peut-être de rejoindre la Communauté andine des nations (C.A.N) … pour qu’elle tourne le dos aux Etats-Unis.

Ainsi, les hydrocarbures suscitent, en Amérique latine, un mouvement d’émancipation vis-à-vis de la « grande sœur d’Amérique du nord », hier dominante sur le continent sud américain.

2000 à 2050 ? L’immense fortune des petits pays producteurs de pétrole

Les mini Etats arabes producteurs de pétrole bénéficient de l’explosion de leurs revenus. Fort intelligemment, ils gèrent cet afflux de liquidités – mesuré en centaine de milliards de dollars – en le plaçant au service du futur, lorsque, sous le sable, ne sera plus qu’un sous-sol stérile.

Localement ils développent des activités compatibles avec la dimension de leur territoire et les aptitudes de la population (finance, tourisme, quelques industries de pointe) mais, surtout les Emirats investissent à l’extérieur en participant, financièrement, à des entreprises minières, industrielles, touristiques, afin d’en tirer des revenus compensant le manque à gagner dû à l’épuisement des hydrocarbures.

Quelques exemples illustreront le propos :
Abu Dhabi a construit une fonderie d’aluminium, consacré des milliards de dollars à la réalisation d’ensembles  immobiliers  destinés  à attirer les touristes. Une ligne aérienne nationale les transporte et un nouvel aéroport les accueille. Dubaï exploite conjointement une mine de bauxite (3 milliards de dollars d’investissement en Afrique) crée un vaste centre de loisirs, participe au capital d’industries d’armement (Daimler-Chrysler, Doncaster).

« Projet « Palm island » à Dubaï »

Sa compagnie aérienne opère à partir d’un vaste aéroport destiné à être une des « plaques tournantes » du trafic aérien international . Emirates va ainsi être richement dotée, avec 43 Airbus 380 et une centaine de biréacteurs modernes. Dubaï a investi 11 milliards de dollars dans l’habitat indien, l’urbanisation de ce grand pays étant inéluctable, entre dans le capital du Nasdaq américain et a rejoint le Qatar pour s’approprier 48 % du capital de la prestigieuse Bourse de Londres. Pour sa part, le Koweït finance la Bristish Petroleum, la Royal Bank of Scotland, des firmes industrielles allemandes et britanniques, construit et gère des aéroports internationaux… Bref la rente pétrolière grossie, détournée de nouvelles prospections, est affectée, maintenant, au financement d’activités extérieures en étant peu à peu substituée au commerce des hydrocarbures.

Parce qu’il s’agit de sommes considérables, l’économie générale du monde en est modifiée. Ces participations ou ces prises de contrôle financier pèsent sur la vie politique et économique des pays bénéficiaires de cet afflux de liquidités mais également atteints dans la gestion d’un patrimoine ou d’un potentiel de production national dont ils ne sont plus maîtres.

Cette revue sommaire de ce que l’on pourrait appeler les « actes des hydrocarbures » montre que cette forme d’énergie a façonné les relations internationales et, en maintes occasions, sinon en permanence décidé du comportement des gouvernements et cela dans tous les domaines. L’autre forme d’énergie, celle que fournit la désintégration de la matière, et qui relève de la géopolitique, a également exercé sur les peuples une « dictature » analogue mais, évidemment d’un autre ordre.

 

I.b – L’emprise de l’atome sur l’humanité

Hiroshima : 6 août 1945

Le mois d’août 1945 inaugure un nouveau rapport de force entre les nations. Hier, le charbon, le fer, l’industrie lourde faisaient la différence. Depuis Hiroshima le traitement de l’uranium et le laboratoire distinguent les nantis des autres.

L’atome « militarisé » a mis fin à une guerre d’extermination qui avait duré six ans, mobilisé les combattants par millions et accumulé les ruines et les victimes, plus de 50 millions. En novembre 1945, Albert Einstein écrivait : « Comme je ne peux prévoir que l’énergie atomique ait, d’ici longtemps, des applications bénéfiques, je dois dire qu’actuellement, elle constitue une menace. Peut-être est-il bon qu’il en soit ainsi. Cela peut intimider les êtres humains et les conduire à mettre de l’ordre dans leurs affaires internationales car, sans la pression de la peur, ils ne sont pas capables de le faire ».

La pression de la peur ? Elle s’est exercée dans le bon sens. Après Hirsohima et pour une durée indéterminée, l’atome « militarisé » a neutralisé les privilèges qu’accordaient un territoire de vaste étendue, une riche démographie, et les gros bataillons qu’elle permettait, l’industrie lourde, des positions stratégiques favorables. La puissance repose sur d’autres critères qui doivent
moins à l’ordre naturel qu’à la volonté politique et à la capacité scientifique. Dans ce cadre géopolitique nouveau l’atome « militarisé » a eu aussi un bilan bénéfique. Il a imposé le statu quo entre les forces de l’OTAN et celles du Pacte de Varsovie, joué le même rôle dans le différend sino-russe des années cinquante, interdit à nouveau le recours à la force entre l’Inde et la Chine, puis entre l’Inde et le Pakistan après deux guerres meurtrières disputées avec des armements classiques.

1949.  Les Etats-Unis perdent le monopole de l’atome « militarisé », l’URSS ayant procédé à ses premières expérimentations. D’autre Etats vont s’engager dans la compétition : Grande-Bretagne (1952), France (1960), Chine (1964), Israël (1965), Inde (1974), Pakistan (1998), Corée du Nord (2006). Bien d’autres encore, pourraient suivre en partant de la production des centrales nucléaires leur fournissant de l’énergie commercialisable, à commencer par l’Iran.

1952   Première bombe dite à hydrogène expérimentée par les Etats-Unis en octobre, l’URSS disposant d’un projectile thermonucléaire en 1954, la Chine en 1967, la France en 1968 et l’Inde en 1998.

1958   Le sous-marin « Nautilus », de la marine américaine, passe sous la calotte glaciaire, au pôle nord, et annonce une ère stratégique nouvelle et sans précédent : le trinôme sous-marin, missile balistique et ogive nucléaire forment une arme décisive pratiquement invulnérable faute de pouvoir la localiser dans l’immensité océanique. Cette ère nouvelle commence avec le début des années 60.

1962 Les Etats-Unis ayant installé des fusées Thor et Jupiter en Turquie (et Italie et Grande-Bretagne) Moscou en déploie d’analogues à Cuba cherchant à la fois à occuper Berlin ouest et à obtenir le retrait des fusées qui menacent le sud de la Russie sans qu’il existe, à l’époque, une parade.

Fidel Castro et Nikita Khrouchtchev "Nous ferons tout pour soutenir Cuba."

Grave épreuve de force qui inquiète le monde et dont il est courant de dire aujourd’hui qu’une guerre mondiale fut évitée de justesse. La réalité est autre. C’est justement à cause – ou plutôt grâce – au déploiement, de part et d’autre, de sous-marins lance-missiles qu’un échange de coups nucléaires était impossible, aucune des deux parties ne sachant où frapper pour paralyser ou stopper l’agression. La crise a été exploitée à des fins de politique intérieure par l’équipe Kennedy (le président et son frère) faisant croire que la non-guerre reposait sur leurs talents diplomatiques. La Maison-Blanche retirant ses fusées de Turquie, le Kremlin retira les siennes de Cuba, l’échange mettant fin à la crise.

1963.  Signature, à Moscou, du traité interdisant les essais nucléaires dans l’atmosphère. (La France, la Chine, l’Inde n’ont pas adhéré au traité, la France en respectant ultérieurement les clauses).

1968.  Les Etats-Unis, l’URSS et la Grande-Bretagne signent le traité de non prolifération (TNP) en faisant la part des Cinq, ayant réalisé des essais avant janvier 1968 (Etats-Unis, URSS, Grande-Bretagne, France, Chine) et les autres Etats auxquels les Cinq s’engagent à ne pas fournir des armes nucléaires ou de les aider en s’en doter. Valable pour 25 ans, ce traité sera prorogé sans limite mais inégalement respecté.

Cérémonie de signature. La négociation du Traité de non-prolifération des armes nucléaires s'est achevée en 1968. Sur cette photo prise le 1er juillet de cette année, l'ambassadeur des États-Unis Llewellyn Thompson (à gauche) signe le traité à Moscou avec le ministre soviétique des affaires étrangères Andreï Gromyko. Assiste à la scène, parmi les membres de l'ambassade des États-Unis et les représentants soviétiques, le Premier ministre soviétique Alexeï Kosygin (troisième à partir de la droite). (AP Wide World Photos)

1972.  Autre accord  – bilatéral cette fois – entre Washington et Moscou. Ce premier accord sur la limitation des armements stratégiques porte également sur la restriction des armements  anti missiles, les deux parties fondant leur sécurité mutuelle sur le fait que l’une et l’autre demeurant vulnérables à une agression déclenchant d’imparables représailles. Encore une situation, historiquement, sans précédent. (En 1967, le stock américain culminait à 32 500 ogives nucléaires et le soviétique à 45 000 en 1986, incroyable potentiel de sur-annihilation, confinant à l’absurde). 

1986.  Signature du traité de Washington par lequel Russes et Américains démantèlent respectivement leurs armes nucléaires de portée intermédiaire (de sites de lancement de missiles de croisière), les engins Pershing à l’Ouest, des SS 20, SS 4, SS 5 et SS 22 et 23 à l’est).

1996  En septembre signature du traité d’interdiction complète de tous les essais nucléaires (TICEN). Il est signé par les Cinq mais, en 1999, le Sénat américain refusera de le ratifier. Démantèlement du Centre d’essai du Pacifique et recours à la simulation en ce qui concerne la France (et les Etats-Unis, lesquels cependant, n’ont pas fermé leur Centre du Nevada).

1998  Nouveaux essais indiens en mai et pakistanais en juin, le TICE n’est pas appliqué et la Corée du Nord négocie l’achat de deux réacteurs nucléaires dans le même temps qu’elle aborde la filière des centrifugeuses  selon les conseils du professeur pakistanais A.Q. Khan.

Abdul  Qadeer Khan, fondateur du programme nucléaire pakistanais. (AP Wide World Photos)

S’il en était besoin le traitement infligé à l’Irak par les Etats-Unis a justifié aux yeux des dirigeants nord-coréens, le recours à l’atome « militarisé » national. Au cours des années 80 et en fonction de l’affaiblissement de l’allié soviétique le directeur d’une usine de traitement du minerai d’uranium, Kim Dae Ho fit campagne « pour fonder la réunification sur la mise au point de l’arme atomique ». On sait, maintenant, que dès le début des années 60, la petite communauté scientifique de Corée du Nord s’intéressa à la science de l’atome. Elle recruta un chimiste japonais Lee Sung Ki qui avait d’ailleurs été enlevé aux siens lors des hostilités de Corée (1950 – 1953) et qui s’est mis au service de Pyong Yang. De son côté Moscou aida la Corée du Nord, les universités soviétiques spécialisées  accueillant plusieurs dizaines d’étudiants nord-coréens en atomistique. Ajoutons que le programme intitulé « Atom for peace » annoncé en 1955 par le président Eisenhower fut également un stimulant pour le régime de Pyong Yang, les techniques de l’atome étant largement divulguées.

Accédant peu à peu à la puissance les Etats émergents d’Asie se sont naturellement tournés vers les sciences de l’atome dans le même temps que s’en détournaient les « anciennement  industrialisés » en Occident. Ainsi en zone Asie-Pacifique, la Russie par la Sibérie, la Chine, l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord sont des Etats possédant le savoir conduisant à l’ « atome militarisé ».
La Chine doit à Hiroshima une révélation qui se montra décisive. Séculairement assurée sinon de sa supériorité, du moins d’une civilisation n’ayant rien à envier à l’extérieur, force lui fut de constater que c’est la science occidentale et non la sienne qui a maîtrisé la désintégration de la matière. D’où une révolution des vieilles certitudes et la préparation d’une nouvelle Chine regardant différemment l’Occident industrialisé et prête à emprunter les mêmes voies pour accéder à la toute puissance.

Dans un tel environnement, on saisit les ressorts  de la démarche
 iranienne. Il est probable que la diplomatie américaine n’a jamais été confrontée à un problème aussi complexe que celui que lui pose l’Iran contemporain et son
 programme nucléaire. C’est que les acteurs du conflit sont nombreux, imprévisibles, rivaux, à la fois coopérants et adversaires.

Qu’on en juge :
-D’abord le pouvoir – avec ses rivalités internes  – qui siège à Téhéran.
-Puis, les chiites d’Irak alliés de circonstance  des Etats-Unis dans le cadre de la « démocratie », les sunnites  irakiens, tantôt poursuivis, tantôt courtisés ; les minorités iraniennes  hostiles  au pouvoir central ; le Pakistan ravitaillant en armes les opposants  au régime des mollah et l’Etat hébreu « travaillant » les Kurdes d’Iran et, naturellement refusant un échange de bons procédés : démantèlement  de Dimona (en Israël) parallèlement à la destruction des usines de Natanz et de Arak (en Iran).

Les autorités irakiennes ont vivement démenti les informations de la chaîne britannique BBC 2 selon qui des instructeurs israéliens formeraient des soldats kurdes en Irak, mais elles n’ont pas été en mesure d’expliquer les témoignages et les images recueillis.
Le magazine « Newsnight » du 19 septembre 2006 avait présenté des images exclusives de vastes installations et de ces entraînements. Interop et Colosseum, deux sociétés israéliennes de mercenariat serviraient de couverture à cette activité de Tsahal. Les officiers transiteraient par Djibouti pour masquer leur origine.

Enfin, par-dessus  ces ambitions, ces démarches  et ces contraintes, il faut aussi tenir compte des intérêts de la Russie et de la Chine, et aussi de l’Allemagne, de la France, de la Grande-Bretagne, de la Turquie. C’est beaucoup exiger de Mme C. Rice,  Secrétaire d’Etat de M. Bush, traitant le dossier iranien.
Mais il faut aussi prendre l’Histoire en considération et le lourd contentieux irano-occidental. Au début de la Seconde Guerre mondiale les Britanniques et les Soviétiques envahissent l’Iran. Les premiers occupent le sud (route des Indes) et le second, le nord (Caspienne méridionale). Ils ne se retireront qu’en 1942.

Précédemment ont été brièvement rappelées les deux interventions anglo-saxones dans les affaires de l’Iran et dont Mossadegh, puis le shâh Reza Palevi furent les victimes… et Khomeiny le bénéficiaire.

Comme le serait la présidence  américaine, dix ans plus tard, obsédé par les approvisionnements en pétrole, Giscard d’Estaing allait non seulement donner une certaine autorité aux appels à la révolte de Khomeiny mais, auparavant, il avait conclu avec le shâh – invité à Paris en 1974  – un accord de coopération pétro-nucléaire. Paris fournirait à Téhéran 5 centrales nucléaires et 1e réacteur de recherche en échange d’un prêt de 1 milliard de dollars destiné à la réalisation du projet Eurodif (enrichissement de l’uranium naturel pour en faire un combustible capable d’alimenter les centrales nucléaires). L’Iran devait obtenir, annuellement, 10 % de la production d’Eurodif. Une société franco-iranienne, Sofidif participerait à 60 % au capital du CEA et pour 40 % à celui de l’Agence iranienne de l’énergie atomique ; la Sofidis disposerait de 25 % des actions d’Eurodif.

1974 - Giscard et le Shâh D'Iran
Centre nucléaire de Marcoule (Gard) le 28 juin 1974 : Le Président de la République française, Valéry Giscard d'Estaing, et son premier ministre Jacques Chirac reçoivent le , souverain d'Iran. Quelque temps plus tard, un accord est conclu pour financer la construction d'Eurodif, usine d'enrichissement d'uranium, absolument indispensable pour alimenter les 58 réacteurs nucléaires que la France va construire.

C’était préparer l’Iran à devenir une puissance nucléaire à part entière. (Un an plus tard Giscard allait réitérer avec l’Irak. Saddam Hussein, reçu à l’Elysée, en sortait pour déclarer : « que l’Irak allait devenir la première puissance nucléaire arabe ». On connaît la suite).

Mais, une fois au pouvoir, Khomeiny renonça à l’accord Eurodif  et réclama le remboursement du milliard de dollars. Paris commença par refuser et gela les comptes franco-iraniens d’autant que Téhéran entendait rester dans le capital d’Eurodif  tout en obtenant le remboursement du prêt. Paris argua de la rupture du contrat mais, jusqu’en 1984 les négociations échouèrent. N’ayant pas encore la « bombe », Téhéran disposait de l’arme du terrorisme : prise d’otages, attentats à Paris en mai 1986, enlèvement à Beyrouth de 4 journalistes, explosion dans le TGV Paris-Lyon, attentats aux Champs-Elysées  et en septembre 1986  5 bombes explosent encore à Paris. Le gouvernement français se résigna à rembourser en 3 tranches de 330 millions de dollars. Mais chaque retard dans le paiement fut sanctionné par un nouvel attentat. Les otages furent libérés entre juin 1986 et janvier 1987, mais Georges Besse, artisan d’Eurodif, avait été assassiné (17 novembre 1986) ainsi que le général Audran. Aussi est-il risqué de vouloir « sanctionner » l’Iran. Il semblerait que Washington le sache si Paris l’ignore. Vis-à-vis de l’Iran, la politique pétro-atomique  de Giscard d’Estaing avait déclenché une vague d’attentats – et ses dizaines de morts et ses centaines de blessés. L’année suivante une politique analogue conduite  avec l’Irak, puis relayée par les Etats-Unis aboutira au chaos actuel.

Aujourd’hui, les Iraniens constatent que des forces armées des Etats-Unis sont stationnées à leurs frontières occidentales  (en Irak) et orientale (Afghanistan) et qu’au nord, à cause des richesses  énergétiques de la Caspienne, les Occidentaux sont aussi au nord, tandis qu’au sud, croisent les navires de l’US Navy. Cet encerclement  rapproche la population iranienne de ses dirigeants, fussent-ils extrémistes.

Aussi, M. Ahmadinejad  exploite-t-il  aisément les faiblesses des Etats-Unis, tenus en échec en Irak, en Afghanistan et au Liban. Il assistait aux récentes réunions du groupe de Shanghaï et fit cause commune en Amérique latine, avec les régimes opposés à Washington.

M. Ahmadinejad et Hugo Chavez

En gagnant du temps, Téhéran peut envisager un « accommodement » comme celui qui vient de permettre à la Corée du Nord de ne plus figurer sur « l’axe du mal », tout en conservant la demi-douzaine de « bombes A » qu’elle détiendrait  ou qu’elle pourrait assembler avec le plutonium déjà produit. La Maison-Blanche a un extrême besoin de «succès » diplomatiques, même chèrement payés et Téhéran en tirerait parti en se prêtant à un compromis. Ce serait, semble-t-il, la position de l’organisation de l’énergie atomique de Vienne (due à la grande sagesse dont fait preuve son directeur, M. El Baradei).

M. El Baradei

On y admet qu’en 2020 la consommation  électrique de l’Iran atteindrait 56.000 mégawatts dont 7.000 grâce aux Centrales nucléaires du pays. Et le président iranien, Mohamed Khatami déclarait : … « Si nous voulons produire 7.000 ou 10.000 mégawatts d’électricité nucléaire, nous ne pouvons dépendre des autres pour le combustible des centrales  atomiques ».

Et d’annoncer que l’Iran n’était pas isolé, qu’il avait reçu de la Chine 1000 kg d’hexafluorure d’uranium et aussi des centrifugeuses  G 2 tournant à des vitesses supersoniques, mises au point par le consortium Urenco (Anglo-germano-hollandais) tandis qu’il négociait toujours avec la Russie pour l’alimentation de la centrale nucléaire de Boucheir.

« Une guerre préventive contre l’Iran est une ultime option qui ne peut être écartée (estimait le sénateur Joseph Lieberman)… mettre des armes nucléaires entre les mains  d’un gouvernement qui croit et dit ce qu’il dit des Etats-Unis est dangereux ».

Et voici quatre ans qu’outre-atlantique  on se préparerait à cette guerre bien qu’elle ajouterait à l’insécurité générale du monde et au déclin moral des Etats-Unis.                
La concomitance  de l’obsession pétrolière – pour le développement  – d’une part et l’atome militarisé  pour la sécurité dans l’indépendance, d’autre part, ont plongé l’humanité dans la division, le désordre, le chaos, la guerre, le terrorisme d’Etat et de groupe, compromettant à la fois la course à la prospérité et l’aspiration à la sécurité.

II  - Le règne des nouvelles techniques d’information et de communication

Tous les gouvernements  cherchent à s’assurer sinon le contrôle, du moins l’utilisation intensive des TIC afin de justifier leur politique et d’y rallier l’opinion.
La pratique croissante  de la démocratie – ou d’un simulacre de démocratie – implique le recours généralisé aux TIC, instruments normaux de l’exercice du pouvoir, quel qu’il soit.

La puissance  d’information – et plutôt de désinformation –  des TIC est telle qu’elle permet au pouvoir qui maîtrise ces techniques de créer un monde virtuel aux agencements conformes à ses intérêts.Spéculant sur la complexité de la plupart des grandes affaires nationales et internationales, les gouvernements sont en mesure d’en donner l’image simplifiée, plus intelligible mais déformée, voire trompeuse qui leur convient.

Faire la part de la désinformation est malaisé, et la confusion entre la réalité et l’artifice fait le jeu des pouvoirs.

Relativement récente, l’addition de l’image télévisée à l’écrit et au son, s’est révélée décisive. Grand est son pouvoir de simplification, la succession rapide d’images supprime la réflexion et lui substitue une sensation subjective.La photographie d’un fait ou d’un événement en certifie l’authenticité, le téléspectateur y croit bien qu’à son insu, l’image peut être perfide, trompeuse,et  « fabriquée ».

La rétention d’images est une forme passive de la désinformation particulièrement  efficace, d’autant qu’elle peut apparaître innocente. Aléatoire est devenue la pratique de la démocratie. D’une part, le pouvoir de persuasion des TIC permet de contourner la réalité et de faire approuver des dispositions conformes au monde virtuel que ces techniques  peuvent créer, d’autre part l’image télévisée a inauguré l’intrusion du « crédit de faciès » dans la vie politique.

L’aspect physique  d’un cadre politique – silhouette, visage avenant – décide de sa carrière. Ses invisibles capacités  n’entrent plus dans l’équation politique quotidienne comme jadis, l’intelligence, la rigueur morale, la compétence, l’éloquence ; seuls comptent « l’extérieur » et la fréquence des images de sa personne.La popularité, c’est-à-dire en définitive, l’accès au pouvoir est fonction du « paraître ».

Il faut être vu à l’écran le plus souvent possible, entrer ainsi dans un grand nombre de foyers et y racoler les suffrages de l’électeur.Ainsi le vedettariat cinématographique  est-il devenu la condition de la réussite politique. La manipulation des TIC est parfois conduite  de manière cocasse.C’est  ainsi qu’à la veille des opérations militaires préparées par l’Allemagne et visant la dislocation de la Yougoslavie, une officine américaine  de publicité avait trouvé profit à passer de la propagande  touristique en faveur de la Croatie en instrument de propagande  au détriment de la Serbie. Et comme un journaliste français (1) s’en montrait surpris, il lui fut répondu que c’était un moyen de gagner beaucoup d’argent…
 D’ailleurs, cela n’a pas d’importance car au moins un Américain sur deux ne sait où, en Afrique, est la Bosnie ».

La guerre d’Irak, le traitement de sa malheureuse  population ont été justifiés en usant du mensonge délibéré (sur l’existence d’armes de destruction massive introuvables) de même que l’opinion publique avait été « préparée » à l’intervention de l’OTAN en Yougoslavie par une campagne préalable de diabolisation des Serbes.

En France, la récente élection présidentielle  a mis en évidence la puissance du TIC, et plus particulièrement celle de l’image télévisée.Près de la moitié du corps électoral français a été séduit par l’aspect physique d’une candidate que rien ne désignait vraiment à l’exercice des plus hautes fonctions.Elle a été le produit de l’image télévisée.Dans le cadre d’un système électoral où le racolage – démagogique à souhait – vise des millions de suffrages, les TIC sont, évidemment prépondérantes. Et le « crédit de faciès » déterminant.

« Racolage électoral »

Autre aspect inattendu, et comparativement secondaire  des interventions des TIC dans la vie de la société : son rôle dans le marché de l’art. Ce n’est plus sa valeur réelle  qui caractérise une œuvre d’art mais son prix d’achat. Une planche barbouillée  de vert acide, rose tendre et bleu pâle demeure un morceau de bois aussi longtemps que les TIC ne décident pas qu’elle est une œuvre d’art, mise en vente plusieurs millions de dollars. Et plus la somme est élevée, plus grand est l’art. Démarche normale  en fin de civilisation après des siècles au cours desquels le beau a été exploré sur toutes ses formes si bien qu’au contemporain il ne reste que l’incongru et le laid comme champ d’action. Grâce aux TIC et à leur pouvoir de persuasion ce domaine est à la fois vaste et rémunérateur.

IIIAffrontement des « anciens industrialisés » et des nouveaux émergents

Le XXIème siècle  est manifestement celui du retour, aux sommets de la puissance, des peuples de la zone Asie-Pacifique. La substitution de leur civilisation à celle qui, à l’Ouest, domina le monde durant des siècles ne se fera pas sans douleur.

Évolution du secteur des semi-conducteurs

Ces données permettent d'appeler l'attention sur deux phénomènes :

- la place croissante de la zone Asie-Pacifique (hors Japon),

- et la relative sous-consommation de l'Europe en semi-conducteurs, qui, avec plus de trois fois la population du Japon et près d'une fois et demie la population des États-Unis, représente une part inférieure du marché.

 En effet, la mutation des pôles de puissance s’effectuera dans un environnement de crise : à la raréfaction, puis à l’épuisement des énergies fossiles (hydrocarbures) accélérés par les besoins du développement asiatique et par l’accroissement général de la population, s’ajouteront l’insuffisance des ressources en eau potable et aussi les exigences de la sauvegarde du milieu naturel. D’où d’éventuelles tensions, voire des différends  meurtriers, les peuples se disputant des ressources inégalement réparties ou devenues insuffisantes.

Milliardaires  en vies humaines, Chine et Inde empruntent, pour leur développement, la même voie que celle qui fut suivie par l’Occident, terme général englobant ici essentiellement l’Europe et l’Amérique du Nord. En marche, elles  prennent le train du progrès tel qu’il a été conduit pendant deux siècles dans le cadre de la « civilisation industrielle » euro-atlantique.

Rassemblant, dans moins d’un quart de siècle, quelque 3 milliards d’habitants,  soit la moitié de la population mondiale  d’aujourd’hui, Chine et Inde détiennent un formidable potentiel de travail, avec près d’un milliard d’actifs.

 Et cela ne relevant que  de deux gouvernements. C’est dire la très grande capacité  de production de ces deux Etats dominant déjà les autres en zone asiatique, ne serait-ce  que par leur masse et les privilèges qu’elle confère. En théorie ces deux peuples seraient en mesure de satisfaire, sinon tous les besoins  du monde en produits de consommation  courante, du moins en équipements, limitant par des coûts de fabrication très bas toute production -ou presque- hors de chez eux.
A l’Ouest nous nous habituons mal aux grands chiffres, communs  en Asie Pacifique. Milliardaires  en vies humaines, Chine et Inde peuvent se permettre d’afficher des ambitions surprenantes  qu’ils étayent sur de vastes réalisations. Tous a été dit et écrit sur les taux de croissance  à deux chiffres,  les énormes réserves de change, mais aussi les conditions d’existence précaires de centaines de millions d’habitants, aussi bien en Chine qu’en Inde.

Rappelons  quelques unes de ces ambitions et de ces réalisations :

  • Pékin s’est donné comme  objectifs de construire 30.000km de voie ferrée d’ici à 2020, et aussi 35.000km d’autoroutes, d’urbaniser la population à 45% , de créer annuellement 15 millions d’emplois. En quête d’énergie, sous  toutes ses formes, le gouvernement chinois a envisagé la construction de quelque 30 centrales nucléaires parallèlement aux gigantesques barrages construits pour utiliser le réseau hydraulique du pays.

Chine : Barrage des Trois Gorges

Il s’agit, chaque année, de multiplier par 7 la production d’énergie électrique (et de construire 8 centrales thermiques  mensuellement). Et aussi, de l’aménagement  de 30 nouveaux aéroports, de reloger les ruraux dans 400 villes nouvelles de chacune 1 million de nouveaux citadins, en moyenne. Il s’agirait également  de porter la classe moyenne, une centaine de millions, à au moins 200 millions en dix ans, en sachant que 130 millions vivent avec l’équivalent de 1 dollar/jour et qu’il faut aussi, simultanément améliorer leur sort. Egalement ambitieux, sont les projets et les réalisations de la Chine en ce qui concerne l’espace  et l’armement en envisageant, dès maintenant d’y occuper la 3ème place derrière les Etats-Unis et la Russie…avant de les devancer.

La population de l’Inde, d’ici une trentaine d’années, aura dépassé, numériquement  celle de la Chine. A la différence de celle-ci, elle bénéficie dans ses relations  avec les « anciennement industrialisés », de la présence prolongée des Britanniques. Une des formes de sa richesse est la jeunesse  de sa population, un Indien sur deux aurait moins de 25 ans (soit 550 millions).

Comme la Chine  elle comporte une forte classe rurale -700 millions- travaillant des parcelles  de petites dimensions  et avec des moyens  encore rudimentaires, si bien qu’il y a migration vers les villes … et la nécessité  d’en créer de nouvelles, par centaines. Cette « armée de réserve », en Inde comme en Chine, peut servir de « régulateur des salaires », les ruraux étant admis à la ville lorsque les salaires  augmentent.

Mais l’Inde apporte  à la coopération internationale une importante main- d’œuvre, très qualifiée, aux traitements modestes.

Par exemple, par dizaines  de milliers, annuellement, des ingénieurs, ou encore 12 à 15 000 docteurs en chimie. Et aussi des milliers de spécialistes travaillant dans les TIC, l’Inde  exportant, en outre, pour plus de 10 milliards de dollars, chaque année, des logiciels et des systèmes de gérance à distance. Aussi, entre-t- elle victorieusement dans l’ère post-industrielle. Mais sans pour autant négliger les industries  de main-d’œuvre. La puissante  firme TATA MOTORS n’envisage-t-elle pas de fabriquer en grande série, des voitures automobiles qui seraient vendues moins de 2 000 Euros l’unité ?

A côté de l’énorme potentiel de production que représentent, maintenant –productivité croissante  aidant- les quelque 2 milliards de productifs mondiaux, les TIC ont joué leur rôle et facilité la mondialisation des échanges.

Les « anciennement industrialisés » ont visé le marché mondial, et pour ce qui nous concerne ici, celui des grandes puissances émergentes de la zone Asie-Pacifique avec ses 3 milliards de consommateurs.Sans trop se soucier qu’il y a parmi eux aussi, plus d’un milliard d’actifs -et même de « sur-actifs »- comparés aux normes du travail « occidental ».En retour il fallait donc s’attendre à subir les effets d’une concurrence  faussée par les coûts d’une main-d’œuvre  encore longtemps peu rémunérée bien qu’aussi qualifiée.

La conquête  de ce vaste marché, ne serait-ce que d’une fraction, a imposé des transferts de technicité qui ont contribué à accroître la qualité de la production locale tandis que celle-ci, exportée vers les marchés des « anciennement industrialisés » y figeait, puis y stérilisait la production, modifiant l’assiette de leur économie.

Au cours des dernières années, les unes après les autres, de nombreuses  activités industrielles  et commerciales des « anciennement  industrialisés » ont cessé, ou ont été préparées à renoncer faute d’être en mesure de produire à des prix rivalisant avec ceux pratiqués en zone Asie-Pacifique.

Usine textile en Chine

Ce fut le cas des textiles, de l’habillement, de l’industrie du jouet, de celle de l’électronique  ménagère, des ordinateurs, des constructions navales, et ce sera aussi le cas du matériel ferroviaire, de la pharmacie, des services à distance, de l’aéronautique, des techniques de l’atome, de l’espace.

Lenovo, le constructeur chinois d’ordinateur s’est fait connaître en rachetant la division PC à IBM fin 2004 pour 1,25 milliard de dollars.

Avant de mettre la clé sous la porte, les « anciennement  industrialisés » ont tenté des délocalisations en Europe, vers l’Est ou vers le Sud mais sans pouvoir rejoindre les conditions de production de la zone Asie-Pacifique et en ajoutant au chômage local.

Si, demain, ainsi que c’est annoncé, la Chine et l’Inde exportent leur production automobile, mettant sur le marché  des voitures vendues entre 1700 et 3500 euros, personne sur ce versant du monde, ne pourra relever un tel défi.
Encore moins outre-atlantique  où, déjà, la production automobile japonaise menace une industrie américaine qui fut mondialement majeure.

Si, comme le déroulement  des événements le donne à penser, l’innovation et la production dont se montre capable la zone Asie-Pacifique en venait à dominer celles de l’Occident, celui-ci serait tenu de s’accommoder d’une sorte de colonisation économique, ne vivant que de l’exploitation de son rayonnement et de sa splendeur passés. D’abord une économie de services puis perdant pied dans ce domaine également, des activités secondaires dépendant des loisirs des futurs trop riches.

Le charbon d’abord, le pétrole et le gaz naturel ensuite, autrement dit des formes d’énergies puisées dans la nature, à relativement bon compte, ont puissamment contribué à façonner la société occidentale, et dans la foulée, fort inégalement, le reste du monde.Et ce qui a été ainsi accompli aux cours des deux derniers siècles est irréversible. Si l’Occident faiblit, l’Asie-Pacifique reprend le flambeau permettant, et sans  doute amplifiant, ces acquis.

 Le XXIè siècle est celui de la mutation d’une énergie à une autre, laquelle  reste à trouver et à développer. Ce sera l’objectif de la seconde moitié du siècle  et la question se pose de savoir ou naîtra cette énergie, ou plutôt, où naîtront ces énergies de remplacement, sur quel versant du monde ?

Qui, initialement  du moins, en aura le monopole ?

Et à quel prix ces énergies nouvelles seront-elles  commercialisées, déterminant une nouvelle forme de société ?

Au cours des deux derniers siècles, de plus en plus exploitées, les énergies naturelles disponibles ont donc contribué –fort inégalement, certes- à l’amélioration générale des conditions d’existence. Mais dans le même temps Pétrole et Gaz naturel ont provoqué, de graves conflits, les non producteurs s’en prenant aux terres de pléthore. En revanche, simultanément, « l’atome militarisé » a figé les tensions évitant qu’elles dégénèrent en guerre d’extermination comme celles qui déchirèrent la première moitié du XXe siècle.

Mais l’heure de l’épuisement de cette forme d’énergie approche car la demande croissant -50% de plus au cours du prochain quart de siècle- vide les gisements exploités. A cet égard les experts sont pessimistes bien qu’il y aurait encore d’importantes ressources, mais dont il sera coûteux de tirer parti.Avant que la planète ait fourni ses derniers hydrocarbures, ceux-ci seront plus chers. Déjà, au cours de l’année 2006, quelque 200 milliards de dollars ont été dépensés pour trouver dans le monde de nouvelles sources d’énergie.La contraction puis la fin de la rente pétrolière vont bouleverser les économies, et les conditions d’existence des pays producteurs ainsi que leurs rapports avec les Etats grands consommateurs. La Russie a raison de hâter sa montée en puissance, si la Chine et l’Inde seront libérées du poids des importations d’hydrocarbures et les pays producteurs du tiers-monde, à nouveau plongés dans la précarité. Donc, en matière d’énergies, une fin de siècle fort différente, politiquement, de ses débuts.
Enfin, autres caractéristiques  du temps présent et des prochaines décennies, l’affrontement socio-économique  des « anciennement  industrialisés » et des « grands émergents » tourne à l’avantage de ces derniers.

Les dépenses militaires des USA depuis 1998

Ils marquent des points dans la guerre économique tandis que les premiers, sous l’égide des Etats-Unis, en restent à l’épreuve de force pour tenter de pérenniser leur prédominance.

Pierre M. Gallois 5 octobre 2007 http://www.lesmanantsduroi.com

Au nom de l'argent, mourez !

 

Au nom de l'argent, mourez !
Le système financier qui gangrène les sociétés dites développées ou industrialisées, nous a fait basculer dans un monde où l’argent est roi et où la consommation à outrance est le carburant essentiel pour faire tourner cette machine de mort à broyer les peuples, les nations et les traditions. Aux oubliettes les valeurs d’humanité, de fraternité, d’amitié. Adieu la spiritualité, l’élévation de l’homme par la connaissance.

Au nom de l’argent, un seul mot d’ordre : produisez, consommez et mourez !

La société libérale et capitaliste ne considère pas l’homme comme un être humain avec une intelligence, une âme, et des valeurs donnant un sens à sa vie. Au contraire, pour lui, cet être de chair et de sang composé d’une âme, n’est rien d’autre qu’une machine-outil. Un objet froid dont la seule finalité est de produire et de consommer.

Notre société est malade de l’argent et de la consommation. Et c’est au Japon que cette métastase est la plus avancée.

Le Japon compte un tiers d’habitants âgés de plus de 60 ans. La sécurité sociale de l’Etat nippon accumule donc de nombreuses dépenses pour soigner ses compatriotes.

Pour autant, un homme a trouvé une solution radicale, toujours au nom de l’argent et de l’austérité. Quand on aime le dieu du Veau d’or, on le vénère jusqu’au sacrifice. Et c’est ce que propose justement le ministre japonais des Finances, Taro Aso. Afin de combler le déficit de la sécurité sociale nipponne, le gardien du temple du dieu du Veau d’or, Tari Aso, a lourdement accablé ses compatriotes âgés d’un sentiment de culpabilité. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu’ils sont un frein aux réformes d’austérité qu’il souhaite imposer dans tout le pays.

Ainsi, c’est avec le cœur serré que le ministre des Finances a déclaré au peuple japonais « Que Dieu vous préserve de continuer à vivre alors que vous allez mourir […] Je ne pourrais pas me réveiller le matin en sachant que c’est l’Etat qui paie tout ça pour moi ». Mais la fraternité et la solidarité du ministre s’est aussi étendue aux proches de ces dépeceurs de la sécurité sociale : « la problématique des dépenses faramineuses en gériatrie ne sera résolue que si vous les incitez à se dépêcher de mourir ».

Les déclarations de Taro Aso, âgé de 72 ans et hériter d’une famille de riches industriels, sont révélatrices de la finalité du système libéral et capitaliste.

Cette information n’a pas été relatée dans la presse française, peut-être parce que le mariage des homosexuels et de l’adoption d’enfants par les parents 1 et 2 sont prioritaires sur une volonté politique qui programme ouvertement le génocide d’une partie de sa population.

En tout cas, nous savons désormais à quoi aboutit le capitalisme à son stade suprême : la mort !

La résistance ne peut être incarnée que par un patriotisme de combat ! Un patriotisme qui résiste ouvertement et à visage découvert à la soumission de la puissance d’argent, et qui n’a pas peur de mettre l’homme au cœur de ses priorités sociales et politiques. S’il faut choisir entre le système libéral qui mène les peuples à la mort, et le patriotisme qui, seul, peut rallumer la flamme de leur espérance, alors, sans conteste ni hésitation possible, nous choisissons la Vie !
Grégory Gennaro http://www.voxnr.com

Le garde des sceaux dérape dans son bac à sable

Mardi, alors qu’elle présentait son projet de loi sur le « mariage » homosexuel, le garde des sceaux, Christine Taubira, a déclaré entre autres inepties :

« Vous pouvez continuer à refuser de voir, à refuser de regarder autour de vous, à refuser de tolérer la présence, y compris près de vous, y compris, peut-être, dans vos familles, de couples homosexuels. [...] Vous pouvez conserver le regard obstinément rivé sur le passé [...] et encore, en regardant bien le passé, y trouverez-vous des traces durables de la reconnaissance officielle, y compris par l’Église, de couples homosexuels. »

Passons sur le passage où elle tente de faire dire au Magistère de l’Église ce qu’il n’a jamais enseigné. Il est vrai qu’il n’est nul besoin d’avoir été au catéchisme pour être garde de sceaux.

Plus grave cependant est le rôle qu’elle confère tacitement à la loi, lorsqu’elle suggère que celle-ci doit entériner toutes les situations de fait et sanctionner aveuglément l’évolution d’une société. La loi n’a pas vocation, par exemple, à reconnaître toutes les formes de « couples » afin de leur associer des droits : car le législateur n’est pas un prestataire de service, et la loi est ordonnée au bien commun, non à la satisfaction des intérêts égoïstes. Si le mariage fait l’objet d’une législation, c’est précisément parce qu’il a une fonction sociale ; c’est parce que, construit autour de la complémentarité sexuelle, il fonde la famille, cellule de base de la société et condition d’une société pérenne.

Quand on en vient à devoir théoriser le bon sens et justifier l’évidence, pourtant actée par la sagesse des siècles, c’est qu’on est tombé bien bas et que la société marche définitivement sur la tête…

http://www.contre-info.com/

Overdose : La prochaine crise financière (VOSTFR – Exclusivité Fortune)

En temps de crise, les sociétés cherchent des dirigeants forts et des solutions simples, mais que se passe-t’il si les solutions envisagées constituent les mêmes erreurs que celles qui ont provoqué cette crise ? Ce document relate l’origine de la plus grande crise économique de notre temps, la crise à venir.

Documentaire réalisé en 2010 par Martin Borgs et basé sur le livre de Johan Norberg : “Financial Fiasco”.

(Traduction et sous-titrage: Fortune) http://fortune.fdesouche.com/

Le piège technologique de la cyberguerre

Le prochain numéro de la  dirigée par Jeremy Ghez porte principalement sur la cyberguerre. Infoguerre publie un extrait de l’article que Christian Harbulot a rédigé dans ce numéro spécial.

Par Christian Harbulot

La cyberguerre est née dans la confusion des genres (1) illustrée par la terminologie qui a fleuri ces dernières années : « cyberespace, cyberguerre, cyberdéfense, cyberstratégie, cyberattaque, cyberhacktivisme, cybercriminalité ». L’absence de doctrine française (2) sur le sujet entretient un flou conceptuel qui freine la prise de conscience des principaux intéressés (appareil militaire, structures de sécurité, acteurs économiques, société civile).

Lorsque le pouvoir politique ne saisit pas l’enjeu stratégique, la problématique se dilue souvent dans des considérations techniques avec, dans le meilleur des cas, quelques avancées sur le terrain défensif.

La clarification du concept de cyberguerre passe d’abord par une étude détaillée de la conflictualité propre à la société de l’information.

Cette évidence n’en est pas une. La plupart des spécialistes du sujet ou qui se présentent comme tels prennent le problème à l’envers en partant de l’identification des failles «  des tuyaux » et non de l’analyse des stratégies qui cherchent à les exploiter.

Cette erreur a déjà été commise lors de l’introduction du char dans les armées entre les deux guerres mondiales. Les responsables de l’armée française accueillirent cette innovation comme un apport technique à la puissance de feu de leurs forces et ne cherchèrent pas à saisir la manière dont l’ennemi allait l’utiliser en le combinant avec l’appui aérien.

Cet aveuglement n’est pas nouveau et a déjà eu pour conséquence d’aboutir dans le passé à des défaites stratégiques ou tactiques. Les précédents historiques dans l’histoire du XXè siècle devraient pourtant inciter à une certaine prudence.

Plusieurs conflits militaires de grande et de moyenne intensité ont mis en évidence l’importance déterminante d’une guerre de l’information par le contenu dans les stratégies des belligérants. (…)

La place du contenu dans la guerre de l’information

L’influence des Etats-Unis est perceptible dans cette tendance à focaliser les esprits sur le contenant tout en excluant la problématique du contenu ou la reléguant à un impact mineur.

La volonté de détruire l’ennemi, de le priver de ses capacités de frappe militaire, de limiter son pouvoir de nuisance par une suprématie en termes d’armement incite le mode de pensée militaire américain à privilégier la technologie de la guerre et sa rentabilité. Certains officiers généraux et ingénieurs informaticiens (français en l’occurrence) en charge du dossier portent une responsabilité certaine dans cette tendance à ne cerner que la partie technique de cette nouvelle forme de guerre.

Les premiers éléments de réflexion sur les marges de manœuvre suscitées par la nature conflictuelle de la société de l’information soulignent le lien indissociable qui existe entre le contenu et le contenant.

Les conflits militaires qui intègrent la cyberguerre font apparaître une différence d’impact entre les actions sur le contenant et les actions à partir du contenu.

Lors de la dernière guerre du Liban, les Israéliens ont détruit à distance des sites internet proches du Hezbollah. Mais cette réussite technique a eu peu d’effets par rapport à la photo mondialement connue du jeune enfant tué à la suite d’un bombardement israélien dans le Sud Liban.

Les commandos du Hezbollah tiraient des roquettes à proximité d’habitations pour exploiter ensuite l’image des victimes des tirs de contre batterie de l’Etat hébreu. Cette guerre de l’information par le contenu a obligé l’armée israélienne à relever ce défi lors de la guerre dans la bande de Gaza face au Hamas. Ce dernier reprit à son compte la ruse du Hezbollah mais en commettant l’erreur de donner l’exclusivité de la prise d’images à la chaîne Al Jezira. Ce regard exclusif sur le déroulement des évènements militaires dans la bande de Gaza eut pour effet de jeter le doute sur la démonstration par les images que les dirigeants du Hamas voulait faire passer dans le reste des médias. (…)

Les tensions en temps de paix génèrent aussi des actions de guerre de l’information. C’est l’interprétation que l’on peut donner au raid que des pirates chinois mènent désormais chaque année contre des sites japonais pour commémorer les crimes commis par l’armée nipponne (3) contre la population chinoise dans les années trente. Ces actes de piratage informatique sont un message adressé aux actuels dirigeants du Japon qui les traduit comme un acte d’intimidation. Dans cet exemple, le contenant sert de support au contenu. (…)

Un chemin semé d’embûches

Le contrôle des tuyaux est-il plus maîtrisable ou plus nuisible que l’information et la connaissance qu’ils véhiculent ?

Cette question est au cœur de la problématique de la guerre de l’information. Les informaticiens et les militaires centrés sur le contenant mettent en avant la croissance exponentielle des réseaux, des individus connectés, des produits liés aux technologies de l’information.

Cette  masse critique leur donne la légitimité dans la prise de parole et le cadrage de l’expertise.

Il n’empêche que l’histoire des conflits passés et présents relativise le poids de la technologie dans l’issue des affrontements.

Combien de fois faudra-t-il répéter que le Vietnam, l’Irak et l’Afghanistan ne sont pas des victoires technologiques mais  des situations d’enlisement dans lesquelles la guerre de l’information par le contenu (légitimée par des facteurs historiques et culturels) a joué et continue à jouer un rôle décisif ?

Notes :

  • Jamel Metmati, capitaine au 40è régiment de transmissions, Une stratégie du cyberespace, le modèle des cyberopérations, revue Défense&Sécurité Internationale n°85, octobre 2012.
  • Constat émis dans le rapport de Jean Marie Bockel sur la cyberdéfense.
  • Le massacre de Nankin de 1937 est un des évènements les plus marquants de la seconde guerre sino-japonaise. Plusieurs centaines de milliers de civils et de soldats ont été tués par les soldats de l’armée impériale japonaise

http://www.infoguerre.fr/

L’Europe, la géopolitique et Pierre Béhar par Maximilien MALIROIS

Les Éditions Desjonquères publient en 1990 le premier essai de Pierre Béhar, intitulé Du Ier au IVe Reich. Permanence d’une nation, renaissance d’un État. Agrégé d’allemand, professeur de littérature et de civilisation allemandes, enseignant aux universités de Sarrebruck, Metz et Paris-VIII, cet universitaire français interroge l’histoire de l’Allemagne à la lumière de la réunification de 1990 dans des frontières nouvelles. Celle-ci donnera-t-elle naissance à un futur Reich tant il est vrai que la conjonction de son poids démographique et de son dynamisme économique inquiéterait ses voisins ? Béhar y répond négativement. Il considère que le chancelier Kohl vient plutôt de donner à l’Allemagne l’adéquation tant désirée entre la nation, le peuple et l’État. Cependant, du fait de sa position géographique, l’Allemagne redevient l’« État du Milieu » de l’Europe et reprend son rang de puissance régionale à part entière.

Entre-temps, le bloc soviétique implose. Son effondrement abasourdit les Européens de l’Ouest qui se voient confrontés avec le retour explosif d’épineuses questions nationales gelées par cinquante ans d’internationalisme prolétarien ! Paraît alors L’Autriche-Hongrie, une idée d’avenir. Dans ce nouveau livre, Pierre Béhar dénonce le meurtre de l’Empire des Habsbourg par les vainqueurs de la Grande Guerre. Il salue aussi la clairvoyance de l’historien royaliste et libéral Jacques Bainville qui avait vu le danger des traités de paix dès 1920.

L’héritage des traités de 1919

En détruisant l’Autriche-Hongrie qui n’était pas une construction politique parfaite (loin de là…) et en chassant les Habsbourg, les Alliés de l’Entente ont durablement déstabilisé un ensemble régional. Le principe des nationalités à disposer d’elles-mêmes ne peut s’y appliquer intégralement sans qu’au préalable, on rectifie des frontières supposées intangibles et on garantit le droit des nombreuses minorités ethniques, linguistiques et religieuses. Pragmatique, la dynastie autrichienne avait exercé une autorité supranationale consolidée par l’histoire qui fût reconnue et respectée par les peuples du Danube et des Balkans. L’idée démocratique associée au nationalisme le plus chauvin excite au contraire les antagonismes nationaux. Livré à lui-même, chaque peuple se cherche alors un protecteur et s’aligne sur la grande puissance continentale du moment (la France dans les années 1920, l’Allemagne dans les années 1930 et 1940, l’U.R.S.S. et les États-Unis entre 1945 et 1991, l’O.T.A.N. depuis 1991). Ces alignements successifs ne font que renforcer les tensions entre peuples voisins et rivaux et contribuent à accroître la déstabilisation du Sud-Est européen.

Puis, avec Une géopolitique pour l’Europe, Pierre Béhar étend ses réflexions à l’Eurasie. Voulant répondre indirectement à Francis Fukuyama, prophète de la “ Fin de l’Histoire ”, il entrevoit que les bouleversements en cours aussi bien à l’Est (fin des démocraties populaires et éclatement des fausses fédérations) qu’à l’Ouest (émergence d’un marché commun européen) modifient radicalement la donne politique continentale. D’un ton assez optimiste, l’auteur expose un ambitieux projet géopolitique pour les peuples européens et eurasiens. Or, dans Vestiges d’empires, il semble abandonner ce dessein paneuropéen pour un constat pessimiste et désabusé. Aux incertitudes exaltantes du début des années 1990 succède le désenchantement de la fin de la décennie. Les guerres balkaniques et caucasiennes ont fait leur œuvre sanglante. L’euroscepticisme à l’Ouest a ralenti une construction européenne elle-même en proie aux soubresauts néo-jacobins et séparatistes régionaux ainsi qu’aux empiétements constants d’une administration technocratique et d’un marché qui se veut global. En pleine mondialisation, les nations européennes s’affirment plus que jamais vivaces alors qu’elles subissent parallèlement une perte majeure de légitimité. L’Europe, terre natale des nations, tente désespérément de s’unir, mais celles-ci semblent dans leur intimité s’y refuser. Bref, c’est le cercle vicieux !

Pour la très grande Europe

Les considérations géopolitiques de Pierre Béhar sont séduisantes car exemptes d’idéologie quelconque. « La géopolitique n’est autre que la politique nécessitée par les contraintes de la géographie, souligne-t-il. Celle imposée à l’Europe est claire. » La construction européenne ferait bien de prendre en compte le facteur géographique plus souvent que les indices macro-économiques. Mais comment Béhar conçoit-il l’Europe ? Il réfute la vision habituelle qu’il juge erronée. « Si l’on prétend [la] définir par la tradition judéo-chrétienne, on obtient une définition de celle-ci qui englobe les Américains et les Néo-Zélandais, mais qui exclut les Albanais et les Bosniaques. » L’Europe n’est qu’un sous-ensemble d’un espace plus vaste qui comprend aussi bien les Russies et la Sibérie que le monde turc : l’Eurasie. Pour qu’il soit efficace d’un point de vue géopolitique, Béhar pense qu’au nom de l’équilibre européen, il faut accepter l’adhésion de la Turquie dans l’Union européenne ! Pour lui, toute l’histoire ottomane, puis turque, est européenne, et les Turcs sont appelés à devenir, un jour ou l’autre, pleinement des Européens. Il est l’un des premiers à voir qu’« il est essentiel pour l’Europe qu[e la Turquie] soit le contrefort et son prolongement vers l’Asie centrale ». Il ajoute qu’Ankara dispose de plusieurs options géopolitiques. Soit elle rejoint l’Union et, en retour, l’Europe s’ouvrirait le vaste marché touranien des république d’Asie centrale et pourrait se constituer un glacis protecteur contre les pressions arabes, iraniennes, pakistanaises et chinoises. Soit Ankara se rapproche d’une Russie anti-occidentale et « eurasiste » (voie nationaliste), se recentre vers le monde arabo-musulman (voie néo-ottomane) ou bien devient « le promontoire d’un monde touranien hostile à l’Occident en général, à l’Europe en particulier » (voie pantouranienne), ces trois dernières possibilités étant assez complémentaires sous certaines conditions.

Au « réalisme » spatial s’ajoute une conception originale chez un universitaire du temps historique. La chute du mur de Berlin et la fin de l’URSS ont stupéfié les observateurs qui ne s’y attendaient pas, d’où leur profond trouble. Toutefois, Béhar atténue, tant « il est vrai que, même si elle vient s’inscrire dans un cycle assez nettement défini, la crise à laquelle se trouve confrontée l’Europe semble, dans sa nature, radicalement neuve. Elle ne l’est en réalité que dans la mesure où, dans sa conscience historique, l’Europe moderne ne trouve pas de précédent à cette situation ».

Maastricht ou la soumission

Rédigés au moment de la discussion du traité de Maastricht, les livres donnent une vision stimulante d’une véritable Europe politique. Mais l’auteur craint que Maastricht « divise une Europe occidentale qui ne l’était pas, et exclut durablement l’Europe centrale de la famille européenne. Se fondant sur des critères économiques, ce traité instaure implicitement une Europe à quatre degrés » les États riches, les moins riches, les pauvres et les indigents avant de préciser : « C’est une des grandes spécialités de la “ construction européenne ” que de faire les choses en dépit du bon sens ». Ses objections convergent ici avec la critique des souverainistes nationaux. Par ailleurs, il remarque que loin d’atténuer la méfiance française envers l’Allemagne, Maastricht l’a attisé. Cela explique les atermoiements européens au cours de la guerre en Bosnie-Herzégovine. La longue inaction des chancelleries françaises et britanniques se comprend par le désir secret de limiter la pénétration allemande dans la région et par la « représentation inconsciente que les musulmans sont moins chez eux en Europe que les chrétiens, même si ces musulmans – Bosniaques, mais aussi Albanais – font partie des plus anciens peuples d’Europe, convertis au XVIIe siècle à l’Islam ».

Revenant sur le processus de construction de l’Union européenne, P. Béhar critique sévèrement le parti-pris économiste. Avant d’imposer une monnaie unique, il faut créer un marché, instaurer une fiscalité et développer une économie adaptées. Et avant de s’atteler aux tâches économiques, il importe de donner à l’Europe un cadre militaire et diplomatique commun, ce qui signifie favoriser l’intérêt général des Européens. « Une armée commune, un projet de stratégie commun n’ont de sens que si l’on se met d’accord sur des intérêts politiques communs à défendre. On défend alors des intérêts, une vision d’ensemble. » Or le caractère que prend l’Europe dans la seconde moitié des années 1990 inquiète Béhar.  La réintégration subreptice de la France dans le giron de l’O.T.A.N. détruit toute velléité de défense européenne souveraine. « Un ensemble politique qui n’a plus les moyens d’assurer lui-même sa propre sécurité se dépossède des moyens d’une politique étrangère indépendante, qu’il se constitue en fédération, en confédération ou en tout ce que l’ingéniosité de ses légistes et de ses technocrates pourra bien inventer. Et cette démission, il faut le souligner, n’anéantit pas l’indépendance de la seule “ Union européenne ”, mais de l’Europe entière. » Cette lâcheté inacceptable aliène durablement les intérêts propres de l’Europe. En outre, elle affaiblit les Européens qui risquent finalement de perdre leur sécurité et leur liberté. « Il ne faut pas s’en remettre [aux Américains] pour la construction de l’avenir européen, martèle-t-il. C’est une attitude qui [le] fatigue que d’accepter de jouir de droits et de refuser les devoirs qui permettent d’accéder à ces droits. »

Béhar se montre sans indulgence envers la diplomatie calamiteuse de François Mitterrand qui nia les évidences de l’après-9 novembre 1989. L’aveuglement et/ou la frilosité du Président fit perdre à la France l’occasion unique de prendre la tête des nations européennes libérées. Déçues des atermoiements français, celles-ci se tournèrent vers l’Allemagne ! Conscient de l’importance des liens franco-allemands dans le mécano européen et estimant qu’« il n’est plus possible de réfléchir dans les cadres de pensée qui ont donné naissance aux traités de Westphalie », Béhar suggère des propositions détonnantes et révolutionnaires.

Le rôle européen manqué de la France

Dans un premier temps, considérant que si l’Allemagne est la grande puissance économique, dans « un autre domaine, en revanche, la France [lui] est supérieure : celui des armes ». Avant même la dissolution du Pacte de Varsovie (1991), il proposa que la France « prenant acte de l’immense élargissement de l’Europe, ne devait-elle pas replier à l’intérieur de ses frontières ses forces basées en Allemagne, mais les étendre aux territoires européens, offrant à la Pologne et à la Hongrie, qui précisément s’efforçaient de se rapprocher pour leur sécurité de l’Europe occidentale, de les stationner sur leur   sol ». Attention, Béhar insista beaucoup pour que ce déploiement vers l’Est fût élaboré en concertation avec les onze autres membres de la C.E.E. afin qu’il ne fût pas compris comme un moyen de restaurer une quelconque prépondérance française. Par cette action spectaculaire, « il s’agissait de concevoir une politique européenne équilibrée, dans laquelle aucun État – donc pas l’Allemagne, mais pas non plus la France – n’exerçât de prépondérance, et de mener la politique de la France dans le cadre et en fonction de cette politique conçue aux dimensions de l’Europe. La France, se gardant de prétendre pour elle-même à aucune hégémonie, devait d’une part aider les nations à recouvrer la liberté et à s’associer comme elles le désiraient, bref œuvrer à un nouvel équilibre européen interne; elle devait d’autre part mettre ses armes stratégiques et tactiques au service de la défense de l’ensemble européen » et en rendant, par une politique navale ambitieuse, l’Europe maîtresse de ses espaces maritimes.  En effet, « si la politique de la France a un avenir, conclut-il, c’est aux dimensions européennes » car la géographie et l’histoire ont fait de la France « une sorte de microcosme de l’Europe. Le Nord du pays est de culture flamande, l’Est de tradition germanique; les mondes normand et celtique de l’Ouest le rattachent aux îles britanniques; la Navarre est la porte de l’espagne et la Provence celle de l’Italie. Tous les mondes culturels, qui sont autant de visages de la culture européenne – le nordique et le méditerranéen, le continental et l’insulaire – se rencontrent en France pour s’y unir. Les autres cultures sont des variations de la culture européenne; la culture française est la synthèse de ces variations. Elle est la seule qui entretienne des relations avec la majorité des autres, permettant à chacune des autres d’une certaine façon de se reconnaître en elle – ce qui explique une part de son rayonnement passé : de toutes les cultures d’Europe, la culture française est la plus européenne. De la civilisation du vieux continent, elle est comme le point d’orgue. »

La Confédération paneuropéenne

Malheureusement, les événements prirent un tour différent. Alors, devant les risques d’une domination continentale depuis Berlin, Pierre Béhar traça une construction européenne alternative susceptible de concilier les constantes géopolitiques et les identités nationales. A la filandreuse Confédération européenne de F. Mitterrand, il opposa un modèle calqué sur l’exemple amélioré de l’Autriche-Hongrie. Pourquoi ? Parce que la Double-Monarchie est « cette grande survivance du passé [qui] semble aujourd’hui presque prophétique : une sorte de modèle de confédération pour l’Europe du XXIe siècle. Mais, dans une Europe des nationalités où l’Allemagne et l’Italie venaient de réaliser leur unité, elle paraissait un vivant anachronisme ». La Confédération paneuropéenne comprendrait non seulement des États, mais surtout et essentiellement des fédérations régionales d’États. Par le biais de ces fédération (balkanique, danubienne, nordico-scandinave, balte, atlantique, latine), il s’agirait de « créer des ensembles homogènes capables de faire entendre leur voix clairement en Europe ». Au sein de la Confédération, la fédération danubienne exercerait un rôle très important puisque « c’est autour de l’axe Vienne – Budapest que doit se reconstituer l’Europe centrale. Il doit être un élément essentiel de l’équilibre de l’Europe future ». Il va de soit que cette conception de l’Europe accorde le primat au politique. Pierre Béhar conteste sévèrement l’idéologie néo-libérale.

Cette Confédération paneuropéenne serait neutre ou, pour le moins, libérée de l’emprise américaine. À plusieurs reprises, Béhar exprime son hostilité envers l’O.T.A.N. Cependant, son attitude devient contradictoire après le déclenchement des nouvelles guerres balkaniques. S’il prend successivement la défense des Croates, des Bosniaques, puis des Kosovars, il se montre excessivement hostile à la Serbie. Après la signature des accords de Dayton, il regrette que ce soit, une nouvelle fois, une puissance non-européenne qui s’ingère dans les conflits du continent pour les régler.

L’Europe indépendante n’en demeure pas moins d’une urgente actualité primordial et une ardente nécessité. « Nous continuons de parler de parler de “ France ”, d’« Allemagne », d’« Angleterre », d’« États-Unis » ou de “ Russie ” comme aux plus beaux jours du XVIIIe siècle, sans nous rendre compte que ces mots représentent des forces dont les rapports de proportion se sont inversés. […] Aux dimensions du monde, seule compte l’Europe comme un tout. Il n’est pas actuellement en Europe de plus sûre façon de trahir les intérêts de sa patrie que de rester enfermé dans le cadre de pensée national ». P. Béhar insiste donc dans ses texte sur l’importance d’une géopolitique qui doit considérer le fait européen, les réalités nationales et la mondialisation qu’il faudra bien accommoder au risque sinon de périr. Pierre Béhar, parce qu’il est aussi historien, croît en l’Europe des peuples car « le sort des civilisations est toujours entre leurs mains. Les sentences qu’elles subissent ne sont prononcées que par elles-mêmes. Aussi sont-elles toujours justes ». Voilà un écrivain d’une espèce rare : un souverainiste… européen !
Maximilien Malirois http://www.europemaxima.com/

Bibliographie
Les phrases citées proviennent des livres et articles ci-dessous. Nullement exhaustive, cette petite liste se veut surtout indicative.
I – Les ouvrages
• Du Ier au IVe Reich. Permanence d’une nation, renaissance d’un État, Paris, Éditions Desjonquères, coll. « Le bon sens », 1990.
• L’Autriche-Hongrie, une idée d’avenir. Permanences géopolitiques de l’Europe centrale et balkanique, Paris, Éditions Desjonquères, coll. « Le bon sens », 1991.
• Une géopolitique pour l’Europe. Vers une nouvelle Eurasie ?, Paris, Éditions Desjonquères, coll. « Le bon sens », 1992.
• Vestiges d’empires. La décomposition de l’Europe centrale et balkanique, Paris, Éditions Desjonquères, coll. « Le bon sens », 1999.
• Les langues occultes de la Renaissance. Essai sur la crise intellectuelle de l’Europe au XVIe siècle, Paris, Éditions Desjonquères, coll. « La mesure des choses », 1997.
II – Les articles
• « Faute d’une âme. Déficiences européennes » (pp. 81-87), Futuribles, Paris, juin 1995.
• « Problèmes éternels de l’éternelle Russie » (pp. 12-23), Géopolitique, n° 54, Paris, été 1996.
• « Entre l’Empire et l’État national. Naissance d’une nation » (pp. 33-36), Enquête sur l’histoire, n° 20, Paris, avril-mai 1997.
• « Luther et la Réforme » (p. 37), Enquête sur l’histoire, n° 20, Paris, avril-mai 1997.
III – Un entretien
• « Prospective européenne : leçons d’histoire » (pp. 45-60), Futuribles, Paris, mai 2000.
• Paru dans L’Esprit européen, n° 6, printemps-été 2001. http://www.europemaxima

Hitler leur sert encore

Hitler : l’éternel retour. Le phénomène s’accélère à mesure que s’éloigne dans le temps  la seconde guerre mondiale, il se passe rarement une semaine en France depuis vingt ans, sans que le totalitarisme nazi ne soit évoqué dans les médias  au détour d’une émission, d’une fiction, d’un  documentaire, d’un reportage,  d’un entretien. Quant à la survivance de cette idéologie en Europe, concentrée dans quelques groupuscules « folkloriques » de quelques dizaines d’individus,   peuplés d’indicateurs de police,  d’illuminés   manipulés et sans soutien dans l’opinion,  elle est elle aussi grossie exagérément,  mise  en exergue régulièrement au travers d’enquêtes sensationnelles dans les magazines,   et bien  sûr  dans le cinéma hollywoodien  ou les téléfilms dont  le   service public  à le secret.  Le  traumatisme  majeur de la dernière grande guerre civile européenne,  son cortège de monstruosités, de massacres  et de persécutions, n’explique pas à lui seul ce pilonnage. Nous le savons,  la reductio ad hitlerum  visant  tous les défenseurs  des identités et des souverainetés nationales, des valeurs traditionnelles,  reste une arme efficace de diabolisation. Elle entend   rendre infréquentables et illégitimes les courants patriotiques. Une  démonisation  de l’adversaire politique qui est d’ailleurs le ressort de tous les totalitarismes…Stigmatisation qui touche ainsi  en premier lieu les opposants au   totalitarisme bruxellois, lequel n’est jamais que  l’aboutissement du  rêve d’une Europe supranationale… dirigée par l’Allemagne…ça ne vous rappelle rien ?  Bruxellois qui entendent  interdire aux Européens toute manifestation d’une fierté nationale, toute  volonté de préserver leurs racines. Dénoncer  les ravages de l’idéologie mondialiste,  aimer son peuple, défendre l’authentique  civilisation européenne,  c’est de  facto être  suspect de crypto fascisme. Tout sursaut identitaire doit donc être frappé d’infamie, et les Européens qui entendent le rester sont invités à faire leur autocritique et à se laisser « châtrer » sans moufter…

 Mort en 45, Hitler reste un épouvantail commode, mis à toutes les mauvaises sauces. Chevalier de la Légion d’honneur, officier des Arts et Lettres,  le metteur en scène et propriétaire du Théâtre du rond point, qui abrita notamment la   pièce crapoteuse  Golgota Picnic, Jean-Michel Ribes a d’ailleurs fait  sensation  en invitant le chancelier allemand  dans le débat sur le mariage et l’adoption  pour les couples homosexuels.

   Lundi 28 janvier sur  RTL Soir, dans l’émission de  Marc-Olivier Fogiel,  le citoyen Ribes a violemment attaqué Frigide Barjot qui  défendait  une conception traditionnelle de la filiation. Argument massue, il a  éructé que  « le papa et la maman ça a donné Hitler »… Cela a aussi « donné » Jean-Michel Ribes, mais nous sommes priés d’admirer la finesse et l’intelligence du raisonnement. Pour faire bonne mesure, M. Ribes   a  fait un parallèle, comme le délicat Pierre Bergé avant lui,   entre ce qu’il croit être le retour de  l’homophobie  et l’antisémitisme… ça ne mange pas de pain.

 Au-delà de cet épisode consternant, qui prouve la pauvreté navrante des arguments de prosélytes du mariage gay, l’anniversaire de l’arrivée au pouvoir d’Hitler, il y a 80 ans, le 30 janvier 1933,  a été utilisé à plein. Les faiseurs d’opinions  ont abreuvé les foules  de commentaires sentencieux établissant comme de bien entendu un parallèle entre la geste hitlérienne et l’émergence de courants « populistes » en Europe,  qui seraient animés des mêmes  pulsions coupables plus ou moins inavouables …

 En Belgique, Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’info à la RTBF,  a mis en place hier  la 30 janvier  une « journée Hitler » dont le but pédagogique était d’expliquer  que la Bête  est  toujours tapie dans l’ombre  prête  à bondir et à asservir les peuples d’Europe. D’ailleurs,  invité à expliquer pourquoi les représentants des  partis et mouvements nationaux  sont interdits d’antenne sur « sa » chaîne » il confesse que « ce  cordon sanitaire a une raison d’être ». «  Il répond à l’obligation que nous avons à la RTBF d’être responsables des propos qui sont tenus et qui ne peuvent pas être en contradiction avec les lois contre le racisme, la xénophobie, la discrimination, les genres (sic), etc. Et quand nous avons l’impression que ce genre de dérapage est possible, notamment avec l’extrême droite, nous jouons notre rôle d’éditeur responsable et nous ne les prenons pas en direct. »

Un « principe de précaution », si nous suivons la logique de ce monsieur, qui commanderait  d’interdire purement  et simplement les Mouvements patriotiques et la possibilité pour ces derniers de se présenter aux élections. Cette  tentation  là, est  toujours présente prévient Bruno Gollnisch,  et elle est étudiée, il faut le savoir, par les plus hautes instances européistes…

 Bien sûr, pas de grand débat sans grand sondage et le quotidien gratuit Métro a publié ce matin celui de l’ Ifop.  Les sondeurs « ont posé aux Français une question radicale, inscrite dans cette perspective historique : Croyez-vous possible qu’un mouvement politique se réclamant du nazisme arrive un jour au pouvoir dans un pays européen, comme Hitler en Allemagne en 1933 ? Le résultat interpelle : un tiers des personnes interrogées (34%) répond par l’affirmative. Qu’ils expriment du pessimisme, de l’inquiétude ou de la vigilance par rapport aux mouvements d’extrême-droite, c’est une part non négligeable qui juge que le ventre dont est sorti la Bête pourrait encore être fécond, estime Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.

Se voulant plus rassurant, le spécialiste de l’extrême-droite, Jean-Yves Camus, ne cite par Bertold Brecht comme M. Dabi, mais  reprend une formule de Louis-Ferdinand  Céline en affirmant que «  l’histoire ne repasse jamais les plats.  Il y a des différences fondamentales (entre les années 30 et la situation actuelle, NDLR)  ne serait-ce que parce qu’il existe aujourd’hui une législation contre le racisme et l’antisémitisme . S’il note qu’il faut s’inquiéter de la montée en puissance de partis néo-fascistes comme Jobbik en Hongrie (étiquette rejetée catégoriquement par cette formation et dont le programme ne s’apparente en rien à celui du fascisme des années trente, NDLR)  ou Aube dorée en Grèce, le chercheur à l’Iris qualifie leur capacité à arriver au pouvoir de  pratiquement inexistante ». Alors pourquoi tant de battage ?

Et  bien parce que « La crainte que les gens expriment, c’est en réalité celle de l’arrivée au pouvoir de partis populistes et xénophobes. Et là, l’affaire est déjà jouée d’avance puisque des formations de ce type ont déjà accédé au gouvernement. Parti de la Liberté de Geert Wilders aux Pays-Bas, FPÖ autrichien du temps de Jorg Haïder, Ligue du Nord en Italie, Silvio Berlusconi vient de susciter un tollé en rendant hommage à MussoliniCes mouvements auprès desquels peut-être rangé le FN ont enregistré des succès électoraux ces dernières années. De quoi faire redoubler les vigilances.»

Bref, à écouter nos spécialistes,  les gens craignent le retour d’Hitler parce que des mouvements qui ne sont dans leur essence ni  totalitaires, ni  fascistes, ni héritiers de l’hitlérisme  sont  demain en position d’arriver au pouvoir…chercher l’erreur !

 Dans ce concert d’avertissements  solennels, laissons le mot de la fin à Benjamin Abtan,  président du Mouvement antiraciste européen – European Grassroots Antiracist Movement (EGAM), ancien conseiller «Droits de l’Homme et Société Civile» de Bernard Kouchner et ancien président de l’UEJF. Dans une lettre ouverte à la chancelière Angela Merkel  et publié par le Nouvel Obs, il félicite cette dernière « pour le travail d’histoire et de mémoire », mais  il agite les fantasmes d’une Europe rongée par la haine vis-à-vis des minorités.

Il  exige que «  l’Allemagne, comme tous les pays de l’UE, (remette) au cœur de son discours européen la promotion et le développement de la démocratie, en particulier la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. » Soit le «  projet civilisationnel que porte l’Europe, fondé sur la Paix, la démocratie, l’Égalité, et le dépassement des identités particulières en une identité collective plurielle et diverse »

M. Abtan,  précisait sa vision de l’Europe « plurielle et diverse », dans les colonnes du Monde  au lendemain du 22 avril dernier.  Avec  « 17,90 %, avrtissait-il,  le score du Front National au premier tour de l’élection présidentielle résonne comme un coup de tonnerre aux oreilles de tous ceux qui sont attachés aux valeurs de la démocratie, en France comme en Europe ». Il appelait   les «démocrates européens à agir vigoureusement» pour que le score de Marine Le Pen  soit relégué «au rayon des mauvais souvenirs anachroniques». « Avec près de 80 % de participation, l’extrême droite rassemble derrière elle le plus grand nombre de Français depuis la Collaboration, d’où sont issus les fondateurs du FN, et donne au 22 avril 2012 un relent nauséabond de 21 avril 2002 » affirmait sans crainte du ridicule ce militant.  Comme disait Joseph  Goebbels, en grand  maître de la propagande, « plus c’est gros plus ça passe » ?

 La solution pour arracher la mauvaise herbe européenne ? Notre antiraciste de choc la donne, à savoir  la poursuite d’une « immigration extra-européenne (qui)  a contribué à donner à notre continent son plus beau visage, celui du métissage des cultures (…). Il est grand temps que les dirigeants politiques européens démocrates s’adressent à leurs concitoyens pour leur parler de ces bouleversements, à l’instar de Bill Clinton expliquant dans les années 1990 au peuple américain qu’il n’y avait plus de majorité ethnique ou religieuse dans le pays et traçant des perspectives de vivre ensemble pour une Amérique transformée. Il leur faudra expliquer, avec pédagogie et clarté, que nous ne pouvons bénéficier de la démocratie et d’un haut niveau de protection sociale sans les apports de l’immigration. Nous avons besoin de plus d’immigration si nous ne voulons sacrifier ces deux autres éléments qui fondent l’identité européenne. »

 Benjamin Abtan a au moins le mérite d’énoncer clairement  l’alternative   posée entre deux conceptions du devenir de la France  et de l’Europe; en dernier ressort les Européens ont encore la possibilité de choisir…avant qu’il ne soit trop tard.

http://www.gollnisch.com

Mali, c'est quoi demain ?

Kidal est tombé, le croissant rouge qatari est déconsidéré, les drones-tueurs américains vont décoller du Niger. Il faut passer à autre chose.
Bambara
On a pu un temps considérer le Mali comme le solde de répartition des espaces décolonisés. On attela deux régions antagonistes qui traînaient à la découpe, le désert au nord du fleuve tenu plus ou moins par les Touaregs, le fleuve des Songhaï et les terres à jardins du sud peuplées de Bambara. A tel enseigne qu'il exista au départ une Fédération du Mali groupant le Sénégal actuel et le Soudan français, Mali d'aujourd'hui. Cette géographie des restes, qui apparaît en Afrique et au Moyen-Orient au reflux des empires français et anglais, est de tout temps calamiteuse car une aimantation des ethnies aux pays voisins subsiste, et la devise du Mali « un Peuple - un But - une Foi » fait sourire puisque ce fut dès le départ tout l'inverse, à l'exception de l'islam soufi. L'histoire du pays est correctement résumée par la Wikipedia. La déposition du président Amadou Toumani Touré le 21 mars 2012 tient justement à ce qu'on ne voyait aucun but à sa politique autruchienne.

Le problème de toujours est la fracture entre Touaregs et Noirs. Les premiers ont besoin des seconds pour subvenir au quotidien dans la variété alimentaire, l'artisanat, le négoce de comptoir, toutes activités qui exigent la sédentarité pour se développer ; quand les seconds peuvent facilement substituer les produits d'élevage touaregs par les leurs. Ces élevages décimés par la sècheresse ont agglutiné beaucoup de nomades sans qualifications dans les villes au sud du Sahara. Les programmes de développement pilotés par Bamako ou par les agences étrangères les ont particulièrement évités. D'où l'ambiance de rezzou persistante dans les zones désertiques qu'ils patrouillent plus qu'ils ne les contrôlent. Les tribus sont assimilées aux trafics en tout genre jusqu'au juteux narcotiques qu'ils partagent avec les hordes arabes prétendument islamistes. Peu instruits, ils ont en revanche une haute considération d'eux-mêmes et un mental fort qui leur évite de tomber dans le piège du suicide bruyant pour la Cause et les 72 vierges-aux-yeux-noirs. Aussi est-il peu à craindre qu'un Touareg se fasse sauter en plein marché. C'est plutôt une occupation d'Arabe des villes. En ce sens, le concours des autochtones est utile à détecter le freux malade dans la foule.

Songhai
ATT, le président renversé, était un ancien parachutiste et il est surprenant qu'il ait laissé se liquéfier l'armée malienne jusqu'au point qu'elle déserte ses postes avancés dans le nord à la première annonce d'une colonne de rebelles assoiffés de sang. Il est vrai que le massacre par le MNLA de la garnison d'Aguel'hok (cercle de Kidal) rendue à court de munitions le 18 janvier 2012, qui avait été démembrée ensuite pour faire des vidéos sur Internet, avait cassé le moral et enflammé les familles des "sacrifiés". Mais de réactions offensives, point ! On peut dater ce lâche abandon de 2005 : Lors de la fête du Maouloud (naissance du Prophète), le colonel Kadhafi convoque à Tombouctou tous les chefs de tribus touaregues du quartier afin de signer ensemble la Charte pour la Fédération du Grand Sahara au nez et à la barbe du pouvoir de Bamako. Les "unités" étaient sa marotte. Après avoir humilié convenablement ATT, il rentre à Tripoli avec des groupes touaregs qu'il place en position de garde rapprochée du pouvoir. Ce sont ces groupes qui devront se débander à la chute du raïs libyen et retourner au nord du Mali, armés jusqu'aux dents. Ils y seront reçus avec les honneurs par les officiels !!! L'armée malienne doutait de la pertinence de cet accueil aimable mais maintint sa confiance à l'ancien général jusqu'à "Aguel'hok". ATT était devenu un président playmobil dans le déni perpétuel des réalités, fustigeant l'amalgame terrorisme-islamisme-azawad (c'était sa marotte à lui). Mal équipée, démotivée, ses cadres corrompus, une fraction de l'armée le renversera, à deux mois du scrutin présidentiel !

Kel Tamasheq
On sait bien que résoudre la question touarègue est essentiel à la pacification et au développement du Mali. Mais elle convoque deux préalables : que les quatre Etats impliqués au Sahara agissent de concert et ne jouent pas du vieil antagonisme ethnique ; que les Touaregs non sédentarisés s'inscrivent dans un schéma économique moderne - ce qui n'est pas tout de leur responsabilité, faut-il qu'ils y soient acceptés aussi. Le maillon faible du raisonnement est l'Algérie. Il y a un blocage mental du pouvoir algérien sur l'amélioration de conditions de vie au sud-Sahara. Ces territoires qu'ils ne se sont jamais vraiment appropriés n'ont d'intérêt pour eux que minier, et le plus fort affaiblissement des voisins sahéliens est recherché dans un but dont il est difficile de trouver la logique, quand on sait le déséquilibre des forces en présence ; la prospérité de la sous-région serait quand même préférable pour tous, y compris les nomades. Pourquoi dès lors traiter en sous-main avec tel groupe djihadiste contre tel autre ? Ce brassage de fange est caractéristique d'une intention de déstabilisation de la sous-région, mais pour quel profit ? C'est à la limite de la pathologie. L'attaque d'In Amenas les a-t-elle fait changer d'avis ? Ils ont tous les moyens de fermer la frontière (pas nécessairement sur le tracé point-trait) et s'ils avaient besoin d'un soutien dans le renseignement, l'Africom américain y pourvoierait de bonne humeur. Mais le soutien est un gros-mot. Le pouvoir en place qui vit sur la trajectoire d'une victoire militaire historique contre un empire européen - on a les contrefaçons qu'on peut, nous avons les nôtres - n'a besoin du soutien de personne. Qu'on se le dise ! Aussi, coincé entre l'insurrection rampante de la Kabylie misérable au nord, l'insatisfaction populaire partout ailleurs, et l'insécurité grandissante au désert, le gouvernement risque fort de cultiver son autisme face à l'imbrication des difficultés de tous ordres, un peu comme le faisait ATT dans ses derniers mois, la tête dans le sable à compter son or, laissant à la police le comptage des mécontents.

femme Dogon
ATT a-t-il perçu ces empêchements d'une politique de croissance comme il l'avait promise, et attendait-il "à la Chirac" la fin de son mandat ? C'est probable. Un homme politique, même un général parachutiste peut être dépassé par la fonction, les contingences, ses humeurs, sa résilience voire l'étendue de la corruption qu'il organise. Même sans cette gangrène, la meilleure bonne volonté des présidents¹ qui s'y sont succédés en libéralisant les codes socialistes pour inciter les entrepreneurs à créer n'a pu vaincre une chose : le manque de capitaux pour mettre en valeur les fondamentaux du pays qui ne sont pas nuls. C'est pourquoi la corruption d'Etat, qui a détourné les fonds de développement destinés à le pallier, est criminelle.
Le secteur minier produit de l'or, du fer, de la bauxite, des phosphates et du marbre. L'agriculture vivrière (blé, riz) ne peut suivre la démographie et l'agriculture commerciale (coton, maïs) n'est pas transformée sur place, faute d'investisseurs - il y a de vrais opportunités à créer des filières agro-alimentaires. Le cheptel laitier est important et le pays ne manque pas de protéines (viande, laitages) mais les filières de conservation insuffisantes obligent à importer du lait sec. La production avicole est de bon niveau ; la pêche est ridiculement faible par rapport à la ressource. Du fait des ruptures saisonnières et du climat sahélien dégradé, il manque des conserveries de fruits et légumes. Le reste de l'économie tient aux services, transport et commerce principalement. Les comptes du pays ne sont pas "horribles", et avec le retour d'un Etat compétent et honnête, et grâce à la jeunesse de sa population et à ses ressources, le Mali est un pays certes pauvre mais d'avenir. Avis aux capitalistes courageux.
J'amortis ce billet en présentant une ONG qui mérite le détour et qui oeuvre en pays dogon. J'ai travaillé pour ces gens, efficaces et désintéressés. Une courte vidéo en dira plus long. Si vous avez six sous de reste, c'est là qu'il faut les jeter sans hésitation !

(1) Un article de MaliJet passe en revue les grands chefs du Mali depuis l'indépendance et l'influence de la fonction sur leur comportement ; nous résumons :
- Modibo Keïta (Bamako 1915- Djikoroni 1977), intègre jusqu'à l'os mais socialiste buté, ne laissera à sa famille qu'une ferme à Moribabougou et nul compte bancaire en Suisse. Déposé par le suivant.
- Moussa Traoré (Sébétou 1936- ), général putschiste préférant le pouvoir à l'argent, laissera ses affidés faire fortune sur fonds internationaux quand lui ni sa famille ne furent ensuite remarqués par leur train de vie. Déposé par ATT qui fera la transition démocratique.
- Alpha Oumar Konaré (Kayes 1946- ), viendra à bout des revendications touarègues mais pas de la corruption désormais endémique de son entourage. Terminera ses deux mandats constitutionnels propre sur lui et s'est retiré à l'OIF.
- Amadou Toumani Touré dit ATT (Mopti 1948- ), revêtira la peau du mouton jusqu'à recevoir l'adoubement des grandes démocraties pour l'équité politique qu'il met en scène. Une gestion des pénuries à la Ben Ali, sa famille captera le plus de richesses possibles tant sur fonds internationaux que nationaux. La corruption gangrènera l'état-major. Déposé par un capitaine de rencontre, prof d'anglais au prytanée militaire, il va subir une procédure d'extradition au Sénégal pour répondre du trésor amassé par le clan.

Mères porteuses : Taubira veut naturaliser les enfants nés à l’étranger

 

Indépendantiste et anti-française avant de se voir bombardée ministre, Taubira n’a de cesse de détruire les fondements d’une France qu’elle abhorre. Elle vient en effet d’envoyer une circulaire aux magistrats pour leur demander de reconnaitre la nationalité française aux enfants de Français nés de la gestation pour autrui à l’étranger, une pratique interdite en France.
Alors même que les députés ont entamé le débat sur le mariage pour tous à l'Assemblée, la question de la Gestation pour autrui (GPA), totalement absente du projet de loi, s’invite sur le devant de la scène par un autre biais. Christiane Taubira, la ministre de la Justice, a en effet envoyé une circulaire aux magistrats leur demandant de ne plus refuser la délivrance de certificats de nationalité française aux enfants nés de mères porteuses à l'étranger. Si la gestation pour autrui est totalement interdite en France, pour les couples hétérosexuels comme homosexuels, elle est parfois pratiquée à l’étranger, notamment aux États-Unis, par des Français.
 

 « C’EST UNE FORME DE PROVOCATION »

Pour Éric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes, le débat va plus loin. « C’est une forme de provocation. On voit bien aujourd’hui que tous les débats ne sont pas ouverts dans le texte présenté à l’Assemblée nationale. On voit qu’il y a des arrière-pensées. Malgré les propos du gouvernement, il y a la question de la PMA, il y a la création de la gestation pour autrui, beaucoup plus grave, beaucoup plus dangereuse, qui introduit cette mercantilisation de l’enfant qui est totalement insupportable, totalement intolérable ».

« CETTE CIRCULAIRE EST CONSTERNANTE »

Le député de la Drôme et l’un des porte-parole de l’UMP sur le mariage pour tous Hervé Mariton estime pour sa part que la circulaire est un préalable à une future loi. « Cette circulaire est consternante. Que vaut la parole du gouvernement ? Il nous dit qu’il ne veut pas de la GPA, et puis il régularise celles faites à l’étranger. Alors, assez vite, on nous dira « puisque ça se fait à l’étranger, et qu’on les régularise en France, alors autant les faire en France ». Voilà l’enchaînement qu’on nous propose, raison de plus pour dire non ».

La politique et ses méandres...

La politique et ses méandres... Marx faisait remarquer en son temps que si les hommes faisaient l’histoire, ils ne savaient pas l’histoire qu’ils faisaient. S’il était possible d’algébriser la politique, ce serait probablement par l’intermédiaire des mathématiques du chaos ou des équations de la turbulence. Auquel cas, c’est à un système non fermé, c’est à dire à un ensemble d’équations moins nombreuses que le nombre d’inconnues que nous serions confrontés : irrésoluble. Il est tant de paramètres qu’il est humainement impossible de tous les prendre en compte. Spinoza, quant à lui, contestait le libre arbitre pour de nombreuses raisons ; à titre d’exemple, il considérait que l’homme y croyant, le faisait parce qu’il avait une opinion bien trop haute de lui-même : infatuation. Spinoza, aussi, considérait que si, par exemple, nous étions confrontés à trois choix, nous choisirions alors, celui qui nous semblerait au présent le meilleur. Cependant, ce à quoi mène chacune de ces trois voies sur le long terme, nous ne le savons pas. Par voie de conséquence, il nous est impossible de savoir exactement laquelle de ces trois voies est réellement la meilleure. Après tout, Maurras, qu’on l’apprécie ou non, fustigeait la politique du pire ; or, force est de constater que le pis en 1939 était d’oeuvrer pour la victoire allemande qui finit pourtant par advenir. Et Maurras alors de célébrer ce qu’il appela la divine surprise...

C’est ainsi qu’à moins de faire preuve d’autisme, récitant un cathéchisme appris par coeur comme le font le plus souvent les militants d’extrême gauche – Le communisme est grand et Marx est son prophète - , il est particulièrement difficile de choisir une voie de façon à obtenir, politiquement, ce que nous souhaitons. Ainsi, fallait-il faire voter Hollande, Sarkozy, ou rester indifférents, lors du second tour des élections présidentielles, cela, nous ne le savons. Il est un aspect de la politique suivie en occident dont on ne peut pourtant douter : bien des voyants sont désormais au rouge. Ainsi par exemple, la paupérisation va croissant. Ainsi, les Etats Unis, s’ils n’ont pas été proclamés en situation de banqueroute, ne le doivent qu’au statut très particulier du dollar. Autre aspect, l’occident est désormais en recul ; encore une fois pour des raisons économiques, mais aussi en terme d’engagement militaire. En l’espace d’une dizaine d’années, on a vu l’occident chuter. Ainsi en Afghanistan où l’échec est patent. Ainsi en Irak, pays dont les occidentaux n’ont su faire une démocratie libérale. Ainsi en Syrie, même si la messe n’est pas encore dite, où la tentative de déstabilisation a échoué. Il n’est donc pas impossible, même si nos contemporains dans leur majorité ne le perçoivent pas, que nous assistons à une modification radicale de la localisation du centre de gravité mondial.

Ceux qui sont de ma génération (un demi-siècle) et qui appartiennent à ce que l’on appelle souvent la mouvance ont vu leur jeunesse monopolisée par l’affrontement entre Est et Ouest. L’impérialisme communiste, depuis 1917, fut une réalité qu’on ne pouvait contester. Je me souviens d’ailleurs qu’étudiant, j’avais affiché sur le mur situé devant mon bureau de travail, une carte du monde dont j’avais colorié au feutre en rouge les pays tombés dans l’escarcelle que l’on imagine, avec en noir la date correspondante. L’idée qui prévalait à l’époque, était que le monde allait nécessairement tomber entre les mains d’un des deux protagonistes. On sait ce qu’il advint : à partir de 1990, ce fut fini, et du mur de Berlin, et plus généralement du rideau de fer. Et les analystes de proclamer la victoire définitive de l’occident, au point que Fukuyama n’hésita pas à postuler la fin de l’histoire. C’était il y a une vingtaine d’années et depuis, il faut bien avouer que l’histoire s’est vengée. Afghanistan, Irak, Syrie bien sur, mais aussi alliance objective entre pays pourtant différents idéologiquement comme par exemple la Russie, le Venezuela, l’Iran, la Syrie ou la Chine : est-on bien certain dans de telles conditions que l’opposition Est/Ouest est aujourd’hui dépassée ? Rien ne me semble moins sur... La chance qu’ont désormais les opposants au Système combattu, c’est donc de pouvoir compter sur certains pays qui, même si on n’est nullement obligés d’acquiescer à l’idéologie qu’ils véhiculent, font opposition à l’établissement d’un nouvel ordre mondial étendu à l’échelle planétaire, dont on peut assez facilement prévoir, que sans aucune opposition extérieure, il aurait vocation à devenir totalitaire.

Bien évidemment, par occident, je n’appelle ni la féodalité pour laquelle j’ai toujours eu de la sympathie, ni les ordres de chevalerie sachant les valeurs qu’ils véhiculaient. Je vois l’occident, et notamment son maître d’oeuvre, les Etats Unis, tel qu’il est et non tel que je souhaiterais qu’il soit.

Je ne veux nullement embarrasser le lecteur en évoquant les subtilités de la pensée hegelienne – la phénoménologie de l’esprit m’apparaissant autrement plus complexe que la critique de la raison pure – mais il est un point de vue chez ce penseur du début du XIX ème siècle qui n’est pas inintéressant. Bien avant Spengler avec son déclin de l’occident, bien avant Paul Valery indiquant que les civilisations sont elles aussi mortelles, Hegel considère que le processus historique est mû successivement par certains pays qui, lorsqu’ils ont atteint leur acmé, constituent le moteur de l’histoire, avant de retomber dans l’anonymat : qui méconnaît les V ème et IV ème siècle grecs ? Qu’est ce que la Grèce aujourd’hui ? Aussi bien le Portugal que les Pays bas, à l’époque appelés Provinces Unies, ont été des acteurs majeurs à leur grande époque, cela à l’échelle planétaire. Qui se soucie d’eux aujourd’hui ?

Je comprends très bien que ma prose peut embarrasser ceux là même qui ne jurent que par la France et l’Europe, personnalités dont je suis bien entendu proche, bien esseulées au milieu de Français ou d’Européens qui n’ont que faire des intérêts supérieurs. Très franchement, je suis entièrement convaincu qu’on ne fait pas l’histoire avec des consommateurs. Et Dieu merci qu’il en soit ainsi ! Les viets partis à l’assaut de Dien Bien Phu évoluaient pieds nus et peu nourris. Les Palestiniens ne disposent nullement d’une armée moderne. Seule la Foi, ou l’Esprit pour reprendre Hegel, peuvent faire la différence.

En conséquence, j’estime que ceux qui se réclament de l’opposition radicale, se doivent d’apporter leur soutien aux quelques pays dont on sait qu’ils sont peu nombreux, notamment la Russie. Je suis persuadé que les océans indien et pacifique remplaceront dans les prochaines décennies l’atlantique. Je pense que le continent de demain sera l’Asie, là où justement la Russie a accès. Accrochons donc notre wagon à Saint Pétersbourg afin de nous régénérer et de nous offrir un avenir digne de ce nom. Quant à ceux qui refuseraient de s’investir au profit des quelques pays présentant une alternative au motif qu’ils ne coïncident pas avec leur culte d’une certaine histoire très ponctuelle, d’ailleurs qu’ils n’ont pas même connus, et qui est désormais obsolète, laissons les se comporter en enfants gâtés qu’ils sont ; d’ailleurs le ménage a été fait... Alain Rebours

http://www.voxnr.com

L'illusion économique d'Emmanuel Todd

Modernité de la Nation

Le livre est sous-titré : « essai sur la stagnation des sociétés développées ». On subodore l'œuvre d'un spécialiste, avec tout ce que cela comporte trop souvent d'abscons et d'ésotérique. Mais, si « L'illusion économique » est en effet rédigée dans toutes les règles universitaires et abondamment documentée, ses conclusions générales restent aussi claires que sans appel. L'auteur, Emmanuel Todd, diplômé de Sciences Po et docteur en histoire de Cambrigde, y met à nu les fausses logiques des diverses théories de la mondialisation, et démontre que la crise actuelle ne sera surmontée que si renaît l'idée de nation. Cependant, tout en condamnant la pensée unique, qu'il appelle pour sa part « pensée zéro », Todd se justifie de son audace en donnant des coups de patte au Front National, en ménageant certains des responsables du déclin de notre civilisation, et en faisant des concessions au marxisme, bien que son exposé en prenne fondamentalement le contre-pied. Des précautions regrettables et discordantes, qui ne parviennent quand même pas à atténuer le choc des évidences que Todd dégage.

Il fallait une bonne vision, et pas mal d'audace pour annoncer en 1976 l'implosion du système soviétique, comme le fit Todd dans « La chute finale ». À l'époque, néanmoins, la pression subie par ceux qui résistaient au communisme ne revêtait pas, du moins en Occident, un caractère aussi pesant et omniprésent que celle exercée aujourd'hui sur les réfractaires au mondialisme. C'est pourquoi, en dépit de sérieuses réserves à émettre sur quelques-unes de ses affirmations, les vérités de Todd méritent d'être relevées. D'emblée, il va au cœur du problème contemporain « Le souci d'efficacité (l'idée de modernité, la nécessité économique) exige la déstabilisation des existences, implique la destruction des mondes civilisés... La mondialisation - globalisation selon la terminologie anglo-saxonne - serait la force motrice de cette fatalité historique. Parce qu'elle est partout, elle ne peut être arrêtée nulle part... Elle flotte a-sociale, a-religieuse, a-nationale, au-dessus des vastes océans, l'Atlantique et le Pacifique s'affrontant pour la prééminence dans un combat vide de conscience et de valeurs collectives. Que faire contre une telle abstraction, une telle délocalisation de l'Histoire ? »

La réponse de Todd est décapante : face à cela, les temps présents sont dominés par l'« impuissance des Etats, des nations, des classes dirigeantes ». On assiste à un « accablement spirituel » et « la dépression des classes dirigeantes françaises est particulièrement surprenante. Elle intervient au moment exact où la France a enfin cessé d'être, à l'intérieur du monde développé, un pays en retard ». Pour Todd, la France n'a pas à avoir de complexe face à l'Amérique, en plein recul culturel, ce dont il fournit des preuves étonnantes et convaincantes (éléments chiffrés sur la chute du niveau intellectuel aux États-Unis). Malheureusement, il y a ces chefs de gouvernements spectateurs résignés ou cyniques d'une histoire qui les dépasse. Ainsi, Bill Clinton et Jacques Chirac... « subissent-ils passivement la mondialisation, une illusion, parce que le mécanisme économique n'est en rien le moteur de l'Histoire, une cause première dont tout découlerait ».

Le moteur de l'Histoire, Todd le cherche dans les « croyances collectives », et la plus importante à ses yeux est la nation, dont il souligne la permanence à travers l'anthropologie, l'éducation, l'économie, la démographie. Il touche au tabou de l'individualisme, qu'il ne tient pas pour la panacée, tout au contraire. Il accuse les diverses sortes de mondialisme de s'attaquer à l'idée nationale, par le haut (credo monétaire maastrichien) ou par le bas (décentralisation géographique, droit à la différence pour les immigrés) : « Tous ces phénomènes, que rien ne relie en apparence - européisme, mondialisme, décentralisation, multiculturalisme - ont en réalité un trait commun : le refus de la croyance collective nationale. »

La Nation, un besoin prioritaire

Quand il recherche l'origine et le développement, ce qu'il baptise d' «antinationalisme», Todd est incisif et percutant. Il montre crûment tout le mépris du peuple français chez les soixante-huitards, à quel point Bernard-Henri Lévy identifiait « en notre nation un monstre abject », la « véritable horreur de la nation » dont sont atteintes les prétendues élites françaises. Pour nos lecteurs, ce n'est certes pas une découverte. Todd ne se contente pas, il est vrai, d'enfoncer cette porte ouverte, il cherche à voir où mène « l'antinationalisme » qui spécule sur la disparition des nations : « une illusion tragique, dont la puissance a conduit à l' incohérence économique du monde développé, à travers les expériences désastreuses que sont le libre-échange intégral et la construction monétaire de l'Europe ».

« L'utopie libre-échangiste », « L'utopie monétaire », sont deux chapitres très forts, le noyau dur du livre. Le libre-échangisme, démonté dans tous ses aspects, est accusé en particulier de générer, outre la pauvreté et la spéculation, le racisme et les inégalités. Au passage, Tood remarque que ce n'est pas le développement de l'informatisation qui a déstabilisé l'économie. Il accompagne sa défense du protectionnisme d'une tentative de « réintroduction de sociologie marxiste », comme s'il lui fallait une excuse. Il est plus direct en s'en prenant à la monnaie unique, dont il met à jour les multiples insuffisances et le caractère irrationnel. À elles seules, les différences d'évolutions démographiques de l'Allemagne et de la France sont appelées à créer des difficultés insolubles pour la gestion de l'euro. « Sortir de la monnaie unique ne serait pas un drame, sauf peut-être pour les dirigeants trop mouillés dans le naufrage du projet. »

B M ne dit pas autre chose dans la "Troisième voie", et Todd le sait. Aussi s'est-il cru obligé, par crainte sans doute de se voir «amalgamé», de traiter du FN par le biais d'une analyse marxiste à la fois hautaine, discutable et réductrice. Parallèlement, il a évité de s'attarder sur le rôle du PC (à qui il sert à l'occasion de faire-valoir) dans la soumission à la « pensée zéro ». N'en déplaise à Todd, pour que son souhait final se réalise (« ce dont nous avons d'abord besoin est d'un saut de la foi, dans une croyance collective raisonnable, la nation »), il n'y a qu'un vecteur possible, le Front National. L'inventeur de la fameuse "fracture sociale" a encore un petit pas à faire. 
N.T.
Emmanuel Todd, « L'illusion économique », Éd. Gallimard.
Français d'abord ! 2e quinzaine mars 1998

La mondialisation à la source de l'endettement : l'heure de vérité !

« Crise de l’euro », « crise de la dette » : les débats politiques et médiatiques passent à côté de l’essentiel. Il n’y a pas de crise de l’euro, il y a une crise de la dette. Et cette crise de la dette est due à la mondialisation sauvage. L’enjeu est simple : baisser massivement le niveau de vie des Européens ou bien réindustrialiser le continent européen en rétablissant des frontières. Un point de vue de François Thuillier pour Polémia.

Crise de l’euro, crise de la dette, crise économique, tout le monde y va de son analyse, de ses pronostics, de ses solutions. Et chacun, qu’il soit politique, journaliste ou économiste, de nous faire part de ses inquiétudes, de ses commentaires ou de ses recommandations, quand il ne s’agit pas d’ouvrir une polémique sur les responsabilités des uns ou des autres. Pourtant, dans cette abondance de débats rien de clair n’émerge, ni sur la nature réelle du problème ni sur les remèdes à y apporter.

L’euro est en crise mais son cours reste élevé

Première incohérence : on nous parle d’une crise de l’euro. Or il n’y a pas de crise de l’euro. Certes, la monnaie européenne gêne aujourd’hui des pays comme la Grèce qui ne peuvent plus dévaluer pour redresser leur économie. Mais l’euro en tant que tel reste une monnaie forte. Si l’euro n’inspirait plus confiance, personne n’en voudrait plus et son cours s’effondrerait. Ce qui est loin d’être le cas.

En revanche, il y a bien une crise de la dette due à des niveaux d’endettement auxquels beaucoup d’Etats européens ne peuvent plus faire face. Mais rares sont les observateurs qui avancent des explications convaincantes sur l’origine de cet endettement généralisé. On laisse entendre que cette dérive serait due au laxisme de nos dirigeants. Sans doute y a-t-il là une part de vérité, mais peut-on réellement expliquer un phénomène aussi généralisé et aussi continu par une simple dérive des comportements politiques ?

L’endettement des pays européens, conséquence de la mondialisation sauvage

En réalité, l’endettement massif des pays européens est principalement la conséquence de la mondialisation sauvage et du soutien idéologique indéfectible qu’elle reçoit des dirigeants du système. La mondialisation a en effet provoqué, avec la désindustrialisation, un transfert de richesse des pays européens vers les pays émergents, qui se traduit par un appauvrissement relatif de l’Europe. Or, nos gouvernants, qui n’ont cessé de vanter les mérites de cette mondialisation, n’ont jamais voulu admettre cette terrible vérité. Et pour supprimer les effets désastreux qui en résultent, ils ont cherché, malgré l’appauvrissement de notre nation, à maintenir le niveau de vie et de protection des citoyens en recourant massivement à l’emprunt. Pour ne pas avoir à réduire les prestations sociales, le service public et le pouvoir d’achat, ils ont fait vivre notre pays au-dessus de ses moyens.

Il faut donc le dire haut et fort : la crise de l’endettement est la conséquence directe de la mondialisation sauvage. Comment expliquer autrement que l’endettement débute dans les années soixante-dix et aille croissant à mesure que les droits de douane sont supprimés et que la dérégulation commerciale se généralise ? Comment expliquer autrement que les pays européens soient tous largement endettés alors que les pays émergents disposent tous de larges excédents ?

Il n’est plus possible de camoufler les effets néfastes de la mondialisation

C’est donc clair : la crise que nous connaissons aujourd’hui vient du fait que la politique de camouflage des effets néfastes de la mondialisation est devenue impossible dès lors que le niveau d’endettement a atteint son seuil maximum.

Si l’on comprend cela, on comprend pourquoi aucun gouvernement n’a jamais pu apporter une solution véritable à ce problème et pourquoi aucun des partis en présence ne peut résoudre cette crise. Attachés aveuglément à l’idéologie de la mondialisation, liés par les propos idylliques qu’ils tenaient il y a peu de temps encore sur ses supposés bienfaits, ils ne voudront jamais se déjuger et, en refusant de s’attaquer aux causes profondes de la crise, ils ne pourront qu’en développer les conséquences funestes.

Mondialisation sauvage ou régulation aux frontières ?

Nous sommes donc à la croisée des chemins, car quel que soit le discours de nos dirigeants il nous faut maintenant revenir à la réalité. Dès lors, deux voies et deux voies seulement nous sont ouvertes. Ou bien on remet en cause la mondialisation sauvage par une régulation réelle aux frontières de l’Europe qui permettrait de réindustrialiser notre continent et de retrouver une prospérité suffisante pour résorber nos dettes. Ou bien on laisse les frontières grandes ouvertes et il faudra alors se résoudre, contraint et forcé, à réduire le niveau de vie et de protection de nos compatriotes et à organiser l’appauvrissement et donc la régression inexorable des nations européennes.

Tel est le véritable enjeu. Un enjeu que personne hélas ne présente clairement aux Français.

François Thuillier
24/11/2011

Correspondance Polémia – 28/11/2011

Changement : ceux pour qui « ça l’fait » et ceux pour qui « ça l’fait toujours pas »

Changement : ceux pour qui « ça l’fait » et ceux pour qui « ça l’fait toujours pas » Tout change pour que rien ne change ? Le changement annoncé maintenant et impatiemment attendu par ceux qui y ont crû – si, si, des électeurs hollandistes y ont sincèrement crû, nous assure-t-on– semble être de mise. Dans l’enseignement, en tout cas. La preuve par la grève de ce jour à Paris à l’appel des syndicats d’enseignants s’insurgeant contre les nouveaux rythmes scolaires, avec entre autre, le retour en classe le mercredi matin. Le rajout d’une demi-journée hebdomadaire permettant de passer à 180 jours de classe par an contre 144 actuellement.

Ceux qui votaient « à gauche » en espérant moins de grèves en sont pour leurs bulletins de vote. On ne peut vraiment plus se fier à rien, ni à personne !

Une fois de plus, on ne comprend pas bien de quoi il est question, étant entendu que « dans l’intérêt de l’enfant, tout le monde s’accorde sur la nécessité de revenir à la semaine de 4,5 jours dans le primaire. Les journées d’école sont trop chargées, l’année trop courte, ce qui ne favorise pas les apprentissages »(1)…

Alors quoi ? Alors « des résistances apparaissent en raison d’intérêts divergents (enseignants, parents, élus, patronat…) »… Soit, mais quels « intérêts divergents » ?

« Nous sommes favorables à une remise en question du rythme de la semaine, voire de l’année, à condition qu’il y ait une vraie concertation sur le sujet. Pour nous, l’urgence est dans la refonte des programmes et la manière dont on enseigne. Alors seulement découlera la question du rythme », martèle Pauline Laby-Le Clercq, enseignante en primaire et responsable de la section parisienne de l’Unsa, syndicat plutôt réformiste qui lui-même appelle à la grève.

Soit, en – mauvais, mais plus compréhensible – français dans le texte : « Faut qu’on cause ! »… Beaucoup et sans se presser, soit le mot d’ordre bien connu de l’enseignant post-soixante-huitard type : « Pas trop vite le matin, lentement l’après-midi et jamais pendant les pauses café… »

« Comme une majorité de Français, nous avons voté pour ce gouvernement, reconnaît Jérôme Lambert, Secrétaire départementale de Paris du Snuipp-FSU. Aujourd’hui, nous sommes déçus. Si la Refondation de l’école comporte des avancées, elle est un miroir aux alouettes, car ad minima. Contrairement aux promesses faites, elle ne permettra pas de passer de la massification de l’enseignement à sa démocratisation. »

Ah ! l’enjeu est « démocratique », et là ! Évidemment, si la démocratie est en jeu, il y a péril en la demeure, on s’en doute ! On conçoit mieux l’urgence de la grève d’aujourd’hui…

Le Snuipp-FSU propose pour sa part de prendre « une année de débat public », rien de moins… car il y a des urgences qui impose de prendre son temps… et généralement, pour le syndicaliste français qui se respecte, à exiger plutôt celles-ci sur le temps de travail… afin de « … recréer et donner des moyens aux Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased), baisser les effectifs afin de permettre un travail en petits groupes, former les enseignants… »(2)… et toutes ces sortes de choses en attendant l’été et les sacro-saints mois de juillet et août que nul enseignant qui se respecte ne saurait, évidemment, sacrifier, démocratie en péril ou pas !

Ces enseignants, à l’évidence, n’en veulent pas du « changement maintenant » promis par François Hollande. Et pour plus tard, gageons que ce sera sans doute encore trop tôt…

Reste aux parents concernés par l’éternel problème de savoir ce qu’ils vont bien pouvoir faire de leur progéniture durant cette journée de « sauvetage de la démocratie »… Pour eux, pas de changement.

Philippe Randa http://www.voxnr.com/

Notes :

(1) http://aquitaine.france3.fr/2013/01/21/rythmes-scolaires-..., KJ avec Hélène Chauwin.
(2) www.lavie.fr.

Quand les députés PS veulent provoquer les catholiques et sont bloqués par les CRS…

Alors qu’ils avaient, peu après 20 heures, quitté la séance qui se poursuivait à l’Assemblée sur le mariage pour tous, une dizaine de députés PS, accompagnés de leurs assistants et menés par Yann Galut, député du Cher, ont voulu se rendre place du Président Edouard-Herriot (ParisVIIe) où le mouvement Civitas, opposé au projet de loi sur le mariage pour tous, tenait une prière de protestation. Ils ont été stoppés par des CRS assurant l’ordre public autour de la manifestation. Le ton est alors vite monté, les élus prétendant qu’avec leurs badges de députés, ils pouvaient aller partout, et en toutes circonstances…


Manifestation Civitas : accrochage entre... par leparisien

http://www.contre-info.com/

Michel Onfray - "L'islam n'est pas une religion de paix et d'amour ! »

La guerre au Mali ne profite pas à François Hollande

 Avec la prise de Tombouctou, François Hollande a remporté une première bataille mais pas encore la guerre tant les périls paraissent toujours grands pour la reconquête du nord du Mali. L'opération militaire est toujours soutenue par une majorité de Français mais ne bénéficie guère à François Hollande dans sa reconquête de l'opinion.

Avec la prise très symbolique de Tombouctou, François Hollande semble avoir rassuré tout du moins les siens qui s’inquiétaient de son manque de décision. Moins de trois semaines après le lancement de l'opération Serval au Mali, la reconquête éclair des villes du Nord lui confère désormais l'apparence de celui qui n'a pas hésité à agir « vite et bien », loin des accusations d’hésitation qui, néanmoins, lui collent toujours à la peau.
 
Une posture nouvelle pour le président, « plus grave et plus posée », sans doute bénéfique également sur la scène intérieure où il doit faire face à la gravité de la situation économique et sociale.
Pour autant, et même si une majorité de Français soutient l'intervention au Mali, cette adhésion ne bénéficie encore guère à François Hollande dans les sondages. Malgré une très légère hausse, il reste une large majorité d'opinions négatives pour le président (58 à 60% de mécontents).
Alors que la guerre au Mali s'annonce toujours périlleuse, que le chômage est toujours au plus haut en France, la reconquête de l'opinion française est donc encore loin d'être gagnée pour le « chef » de l'État.

Avec RFI http://www.francepresseinfos.com/

« Ils étaient blancs et esclaves, ils étaient juifs et négriers. » (1/2)

Peut-on réduire l’histoire de l’esclavage à l’homme noir ? Des esclaves blancs ont existé. Ont-ils moins souffert que les esclaves noirs ? Qui furent les véritables mercantis de l’esclavage ?

Rien n’interdit encore d’aborder la question de l’esclavage dans un esprit révisionniste et libre. L’IHR (Institute for Historical Review) propose deux ouvrages qui démontent le mythe de La Case de l’Oncle Tom : They Were White and They were Slaves (Ils étaient blancs et ils étaient esclaves) de Michael A. Hoffman et The Secret Relationship Between Blacks and Jews (Les relations secrètes entre les Noirs et les juifs) de Farrakhan. Dans Les différenciations raciales entre les Noirs et les Blancs, Thomas Jefferson relève que sous l’Empire romain au siècle d’Auguste, la condition des esclaves est bien pire que celle des Noirs dans le continent américain. Malgré cela, Epictète, Térence et Phèdre, esclaves de race blanche, furent les précepteurs des enfants de leurs maîtres. Au IXsiècle, des dizaines de milliers d’esclaves sont vendus sur les terres occupées par l’Islam, comme dans le Royaume de Cordoue. Les Vikings participent à ce commerce juteux. Les captifs sont blancs. Ils viennent d’Islande, d’Ecosse et d’Irlande. Les enfants, non rentables, n’ont pas été embarqués mais tués sur place et les drakkars s’en sont retournés chargés de denrées et de bijoux.

Du Xe au XVsiècle, la majorité des esclaves est issue des peuples slaves, d’où le mot tire son étymologie. Les femmes sont vouées à la prostitution, les hommes aux galères. La castration est courante. Peu y survivent. Avec la disparition des sociétés traditionnelles et le recul du catholicisme sous la poussée des protestantismes, des populations entières sombrent dans une profonde misère.

L’Angleterre concentre tous ces signes. Sa monarchie, très tôt liée aux desseins de la franc-maçonnerie, contribue à accentuer les souffrances d’un peuple contraint à un esclavage aujourd’hui cadenassé dans les amnésies du politiquement correct. Pourtant, cet esclavage, non répertorié comme tel et se développant en Angleterre, est bien plus cruel que celui qu’ont subi les pauvres Noirs d’Amérique. En 1765, sur vingt-trois enfants employés par l’entreprise St Clément Dane’s, dix-huit sont mortellement blessés. Soixante-quatre des soixante-dix huit enfants ouvriers d’une entreprise d’Holborn connaissent le même sort.
A St Qeorge’s Middlesex, seize enfants sur dix-huit meurent d’accidents du travail. En Angleterre, le taux de mortalité de cette main-d’œuvre enfantine est estimé à 90 %. Les rythmes imposés sont insoutenables. Les journées de travail durent en moyenne seize heures. Les enfants sont employés à nettoyer les conduits de cheminées dont, par souci d’économie, les foyers ne sont pas éteints. Les accidents sont nombreux. Mal ou pas rémunérés, les petits ramoneurs qui doivent mendier leur nourriture sont décimés par la tuberculose et le cancer des bronches. Dans The White Slaves of England, John C. Cobden décrit la cruauté des patrons.
En 1833, dans une usine de Manchester, un garçon de moins de dix ans est en retard. Il est contraint de porter autour du cou des poids de dix kilos. D’autres, meurent roués de coups. Dans les mines des dizaines de milliers d’enfants servent de bêtes de somme, attelés à des chariots. Dans les cimetières, les épitaphes témoignent de l’âge de ces esclaves : « William Smith, huit ans, mineur, mort le 3 janvier 1871 ». A l’entour, des enfants de quatre ans reposent dans les autres petites tombes. Dans The Factory System Illustrated William Dodd note qu’en 1846 plus de dix mille ouvriers anglais (en majorité des enfants), ont été blessés, mutilés ou déchiquetés par des machines.

En 1840, un médecin de Stockport voit mourir une jeune fille la chevelure happée par le roulement à billes d’une machine. John Randolph, Virginien de Roanoke, voyage en Irlande et en Angleterre, accompagné de son serviteur. Il écrit : « Je ne pensais pas être autant choqué par la misère des paysans du Limmerick et de Dublin. Johnny est même fier d’être un esclave noir de Virginie. Il était horrifié de voir des taudis, des blancs mourant de faim ». La vie des paysans du Sud de l’Angleterre, témoigne l’historien anglais William Cobbet, est pire que celles des esclaves noirs américains. En 1834, des fermiers du Dorset tentent de former un syndicat pour préserver de la famine les veuves et les orphelins. Ils sont déportés en Australie. Outre-Atlantique, le sort des esclaves blancs, premiers déportés dans le nouveau monde où l’appât du gain a aboli toute morale, est tout aussi inhumain.

En 1645, dans un courrier adressé au gouverneur du Massachusetts, John Winthrop, un certain George Downing conseille aux propriétaires qui veulent faire fortune dans les Antilles d’acheter des esclaves provenant d’Angleterre. En 1640, dans les plantations de canne à sucre des Iles de La Barbade (actuellement haut lieu de la Jet Society), 21 700 blancs sont recensés sur 25 000 esclaves. De 1609 à 1800, près des deux tiers des blancs arrivent en Amérique comme esclaves. Ils constituent la grande majorité de cette main-d’œuvre : il est moins difficile d’obtenir des esclaves blancs que des Nègres. Les chefs des tribus africaines doivent être saoulés par les marchands de « bois d’ébène ». Les Noirs ne sont capturés qu’après des traques qui durent de longues semaines dans des conditions excessivement périlleuses à travers les forêts et les savanes africaines. Le « rendement » est très mauvais. La plupart des captifs meurent, à bout de force, avant d’atteindre les bateaux. Les pistes sont jonchées d’ossements. Une bonne partie des survivants succombera pendant la traversée. En revanche dans les villes et la campagne irlandaise ou écossaises, les kidnappers - que l’édition 1796 du Dictionary of vulgar longue définit comme : « Personne volant des enfants pour les envoyer dans les colonies ou les plantations des Antilles » - fournissent à moindre frais des esclaves moins coûteux à livrer. Selon History of the United States, d’Edward Channing, dix mille enfants kidnappésont été déportés aux Etats-Unis en 1670. Michael A. Hoffman évoque le négoce du capitaine Henry Brayne : « En novembre 1670, son bateau quitte la Caroline. Il est alors chargé de charpentes qui doivent être livrées aux Antilles anglaises en échange d’une cargaison de sucre pour Londres. Ici, le Capitaine prend à bord deux cents à cinq cents esclaves blancs à destination de la Caroline ». Toutes ces raisons conjuguées au fait qu’un esclave blanc a moins de valeur qu’un noir habitué au climat tropical de la Virginie ou de la Floride, expliquent le prix très bas des esclaves blancs.

Par conséquent, les esclavagistes ne les ménagent pas : il les affectent aux tâches les plus dures et les plus répugnantes, les soumettent à des actes de maltraitance et de sadisme. Des enfants seront pendus par les mains à une corde, amputés et tués. Le trésorier de l’Etat de Virginie, George Sandys, atteste du peu de valeur d’un esclave blanc : il en échange 7 contre 150 livres de tabac. Dans A True and Exact History, Richard Ligon mentionne en 1657 le troc d’une esclave blanche contre un cochon. Dans les Antilles anglaises, les quatre cinquièmes des esclaves blancs meurent l’année de leur arrivée. Dans Sugar and Slaves : The Rise of the Planter Class in the English West Indies, l’historien Richard Dunn démontre que les plantations de canne à sucre des Antilles anglaises étaient le tombeau des esclaves blancs. Ecœuré par ces pratiques, le colonel William Brayne écrit en 1656 aux autorités anglaises pour demander l’importation d’esclaves noirs. Mais l’esclavage des blancs est encouragé par les hautes instances politiques et la Couronne. En 1615, le parlement anglais, soutenu par Charles Ier, donne tout pouvoir aux magistrats pour permettre la déportation des Anglais les plus pauvres. Sous le règne de Charles II (1630-1685), même le petit Pays de Galles n’est pas épargné.

Aux XVIIe et XVIIIsiècles, des économistes insistent sur le « bien-fondé » de l’esclavage des blancs, main-d’œuvre qui permet le développement des colonies anglaises et favorise l’expansion de l’Empire britannique. En 1618, des aristocrates adressent une pétition au Conseil de Londres exigeant que les enfants qui errent dans les rues soient déportés en Virginie. En janvier 1620, des enfants tentent de s’enfuir de la prison de Briedewell. Une mutinerie éclate. On craint que le mouvement se généralise. Un courrier est envoyé au secrétaire du Roi, Sir Robert Naunton. Le 31 janvier, le Privy Council autorise à titre d’exemple le recours aux sentences capitales. Cela durera jusqu’au XIXsiècle, époque à laquelle les propriétaires d’usines de Nouvelle-Angleterre militent pour l’abolition de l’esclavage noir tout en exploitant sans vergogne les enfants blancs. Ce n’est pas une attitude nouvelle. Dès février 1652, les propriétaires des plantations ont obtenu la légalisation et l’extension du kidnapping des blancs. Les villes du Commonwealth voient les plus pauvres, accusés de mendicité partir chaînes aux pieds pour l’Amérique. Les juges perçoivent les pots-de-vin liés à ce trafic. La part de Sa Majesté n’est pas la moindre.

[suite la semaine prochaine]

Laurent Glauzy http://www.contre-info.com
Article tiré de Atlas de géopolitique révisée, tome I

09:48 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

La mondialisation a permis d'augmenter le pouvoir d'achat ? Balivernes !

Quand les ressorts pervers de la mondialisation sont dévoilés, quelques bonnes âmes s’exclament : « Oui ! mais grâce à la mondialisation, les prix baissent, le pouvoir d’achat s’améliore. Qui lutte contre la mondialisation va donc renchérir le coût de la vie des plus pauvres, dont les tee-shirts ou les jouets en plastique vaudront soudain quelques euros de plus. » Cet argument est naïf et faux. H.de B. 

Quelques produits ont vu baisser leurs coûts grâce à la mondialisation, comme l’électronique grand public, les jouets et une partie du textile. Mais les produits importés ne sont pas l’essentiel des dépenses obligatoires des ménages. Le coût du logement ne baisse pas grâce à la mondialisation, ni le prix des abonnements téléphoniques, de l’électricité, des transports, de l’assurance ou de la banque. Ni les impôts. Les quelques produits dont les prix ont baissé ont, en outre, souvent vu leur qualité s’effriter, comme les jouets en plastique qui connaissent une fin digne de Toy Story : la benne, vite. Dans le domaine alimentaire, la mondialisation a accéléré l’industrialisation de la production d’aliments, et provoqué une baisse effarante de la qualité des produits : poulets sans goût, saturés de déchets, viande de porc repue d’antibiotiques, viande de bœuf fourrée d’hormones de croissance, tomates hors sol truffées de pesticides, poisson d’élevage saturé d’antibiotiques. Pour cette nourriture sans goût, qui empoisonne à long terme et représente une régression majeure par rapport aux produits moins industriels, la baisse de la qualité a été bien plus forte que la baisse des prix... Le bénéfice pour le client final a été maigre.

Pour d’autres produits, comme le textile ou l’électronique, la baisse des coûts liée au sourcing en Asie a servi à augmenter les marges des grandes marques plus qu’à baisser des prix. Apple, Nike ou Mattel pratiquent des prix élevés et des coûts bas. Ils n’ont guère contribué à l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages occidentaux. Au contraire, les marges fortes rendues possibles par la délocalisation leur ont permis d’investir massivement en marketing pour convaincre les consommateurs occidentaux d’acheter leurs produits de plus en plus cher

Dans le textile et l’ameublement, les baisses les plus fortes de prix ne sont pas dues à la mondialisation, mais à l’adoption de nouveau business modèles par des entreprises comme Zara ou Ikea. Flux tendus, fabrication européenne mais intégrée, séries finies, rapidité dans la chaîne design/fabrication pèsent davantage sur les prix que la sous-traitance déloca- lisée. Le low-cost a été inventé dans l’aérien par Southwest et a migré en Europe grâce à Ryanair : rien à voir avec la mondialisation, pas plus que le low-cost hôtelier ou que le hard discount dans la distribution.

Voir en la mondialisation la Jeanne d’Arc du pouvoir d’achat des classes moyennes ou inférieures relève de la stupidité ou de l’intégrisme. Il ne reste à la mondialisation venue de Chine que la baisse de prix des tee-shirts, des jouets, d’outils ou de meubles bas de gamme. Mince bilan.

Au contraire, cette même mondialisation a pesé sur le pouvoir d’achat occidental, en faisant grimper le prix des matières premières, de l’énergie et même des produits alimentaire. L’adoption, par les milliards d’habitants des pays émergés, des pires habitudes des pays occidentaux, a créé une bulle des prix, amplifiée par les hedge funds. Les Chinois, vainqueurs et prisonniers de l’hypercapitalisme, veulent eux aussi se gaver de steaks, une des nourri- tures les plus coûteuses, les moins efficaces et les plus polluantes. Les classes moyennes inférieures et les classes pauvres occidentales ont ainsi la joie de combiner, grâce à la mondialisation, aliments de qualité douteuse et prix en augmentation.

Au rebours de la vision des ravis du libre-échange heureux, la mondialisation a fait décliner, depuis vingt ans, le pouvoir d’achat réel de la majorité de la population des pays occidentaux. Des baisses limitées sur un nombre restreint de produits non indispensables ont été largement compensées par une dégradation de la qualité, pendant que s’envo- laient les dépenses de santé, le coût du logement et les tarifs des monopoles. La stagnation voire la baisse des salaires, ou le chômage, liés à la mondialisation, ont empiré la situation. La mondialisation, c’est l’enrichissement de quelques-uns et l’appauvrissement de presque tous.

Henri de Bodinat http://www.polemia.com
président de TIME Equity Partners 
27/01/2013

« Rupture » et « subversion »

Invité ce mercredi de l’antenne de RTL, Jean-Marc Ayrault a annoncé que la demande de manifestation déposée pour protester contre le film innocence of muslims,  instrumentalisé par l’internationale verte  sous forme de manifestations violentes qui ne faiblissent pas, sera rejetée.  il n’y a « pas de raison qu’on laisse venir dans notre pays des conflits qui ne concernent pas la France » a affirmé le locataire de Matignon,  qui feint d’ignorer que ce phénomène de libanisation est  justement le propre des sociétés soumises à l’immigration de masse. Bref, hors de question d’étaler de nouveau devant les caméras des images de prières publiques ou de barbus en colère dans les rues emblématiques de notre capitale…Le Premier ministre n’a pas caché  non plus sa gêne devant le nouveau coup de pub à moindre frais de l’hebdomadaire scato pour adulescents, Charlie hebdo.

 Le  patron du journal, Stéphane Charbonnier alias Charb,  avait annoncé de nouvelles caricatures de Mahomet, dévoilées ce mercredi, au nom  de la liberté d’expression au pays des droits de l’homme.  Chacun sait  en effet que l’une des conquêtes de la  philosophie des  lumières  est bien  le droit  au blasphème, car en  assimilant la  religion à une  idéologie, celle-ci peut être en tant que telle  critiquée, vilipendée et moquée.

 Ce matin, le Premier ministre a encore  observé: « Nous sommes dans un pays où la liberté d’expression est garantie, la liberté de caricature aussi ». « Si vraiment des personnes se sentent heurtées dans leurs convictions et pensent qu’il y a eu dépassement du droit – nous sommes dans un Etat de droit qui doit être totalement respecté -, elles peuvent saisir les tribunaux ». Certes. Attaché à la liberté d’expression, ce qui lui a valu les persécutions que l’on sait et d’être traîné dans la boue  par les petits kapos de Charlie et d’ailleurs, Bruno Gollnisch avait  condamné l’année dernière  l’attentat contre cet hebdomadaire, tandis que le pauvre  Charb confiait alors sa peur   que celui-ci  soit « instrumentalisé par l’extrême droite » (sic)- http://www.gollnisch.com/2011/11/03/charlie-bobo%e2%80%a6/.

.Dans le nuit du 1er au 2 novembre 2011,    à la suite à la diffusion en avant première sur internet de la « une » d’un  numéro intitulé  « Charia Hebdo » et consacré sur un mode « humoristique » à la montée en puissance des islamistes en Tunisie et en Libye, un cocktail Molotov  avait  ravagé les locaux  du journal.  Par ailleurs le groupe de hackers islamistes Akincilar avait  revendiqué  le piratage du site de ce journal, au nom de la « lutte contre une publication qui attaque (ses) croyances et (ses) valeurs morales. »

 Bien sûr notions nous, les plus cyniques soulignaient  que l’incendie criminel de la rédaction de Charlie Hebdo était  une divine surprise  arrivant  à point nommé pour booster les ventes du journal qui se situaient  en moyenne autour de 48 000 exemplaires par semaine en 2011… contre 120 000 les années précédentes. Les petits comptables de Charlie visent ils aujourd’hui  le même effet d’aubaine en se dissimulant  derrière les grands principes ? ?

 A l’époque,  Yves Thréard, directeur adjoint du Figaro, soulignant implicitement que  l’hebdomadaire satirique a surtout pour habitude d’insulter l’église catholique, avait avancé  la probabilité d’un attentat émanant de « l’extrême droite catholique », au motif que celle-ci avait  été (également) pointée du doigt par Charlie hebdo dans son dernier numéro. L’Hercule Poirot du Figaro étayait  son hypothèse en signalant la présence de musulmans à la manifestation organisée par Civitas à Paris quelques jours  auparavant pour protester  pacifiquement contre deux pièces heurtant violemment  la sensibilité des croyants  mais  subventionnées par nos impôts – Sur le concept du visage du Fils de Dieu de Romeo Castellucci et Golgota Picnic de Rodrigo Garcia .

 Car la nébuleuse anti chrétienne est toujours aussi active, nous en voulons pour preuve l’incroyable cabbale déclenchée vendredi contre le cardinal de Lyon,  Philippe Barbarin, jouissant jusqu’alors d’une bonne image médiatique pour son « humanisme ». Au sujet de  l’offensive en faveur du mariage homosexuel,  l’homme d’Eglise a évoqué   au cours d’une émission  diffusée  par la radio RCF et la chaîne TLM « une rupture de société » qui  a des  « conséquences innombrables.  Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre. Après, un jour peut-être, l’interdiction de l’inceste tombera. »  Il n’en a pas fallu plus pour  que Mgr Barbarin soit cloué au pilori.

 Pourtant, le Secrétaire départemental et   Conseil régional FN du Rhône Christophe Boudot  l’a souligné, « Monseigneur Barbarin, est victime  d’une injuste tentative de déstabilisation. »  Il n’a fait que rappeler « la position de l’Eglise sur la question des revendications homosexuelles (…). Le Primat des Gaulles est dans son rôle quand il rappelle, l’équilibre du mariage entre un homme et une femme et la primauté de la famille composée d’un père et d’une mère ». Or, « Le Front National reconnait le principe fondamental de la liberté de chacun, mais se montre farouchement opposé au mariage homosexuel et à l’adoption d’enfants par des personnes de même sexe et de toutes les revendications politico-sociétales qui vont avec. »

 Alors que le projet de loi sur le mariage et l’adoption homosexuels sera présenté le 24 octobre au conseil des ministres,  la porte-parole du Collectif pour l’enfant, Béatrice Bourges,  rappelait dernièrement elle aussi   quelques dangers  (voir notre article en date du 12 septembre).  « Le mariage entre personnes de même sexe est la porte ouverte à la reconnaissance légale de la polygamie a-t-elle déclaré. Car, en ne réservant plus le mariage à l’homme et à la femme qui s’engagent dans la durée pour fonder une famille mais en l’ouvrant à des personnes de même sexe au motif qu’ils s’aiment, pourquoi ne pas, dès lors, le permettre entre plusieurs personnes qui peuvent également éprouver des sentiments les unes pour les autres ? Est-ce véritablement ce que nous souhaitons pour notre pays et nos enfants ? »

 Pas de quoi inquiéter le maire « rose » de Paris, Bertrand Delanoë,  qui a estimé lundi sur Europe 1 que le cardinal  Barbarin avait tenu des propos « très choquant ». « C’est même étonnant venant de lui, parce que c’est un homme que je considère comme un homme sage. Je ne sais pas ce qu’il lui a pris, il a un peu pété les plombs, et ce qu’il dit est franchement moche » a-t-il jugé.

 Ce qui est franchement moche c’est de ne pas comprendre ( ?),  quand on a l’intelligence de M. Delanoë,  les conséquences évidentes de cette rupture là,  pour satisfaire les revendications  très minoritaires d’une fraction toute aussi  minoritaire de la population.

 A la lumière de cette actualité, Bruno Gollnisch  constate que  du lobby de l’immigration qui s’étonne de la montée en puissance des revendications ethnico-religieuses,  au lobby progressiste qui s’attaque à la famille traditionnelle,  « ce sont les mêmes forces de destruction qui sont  l’œuvre. Renversement brutal ou corrosion progressive, décadence larvée ou subversion brutale. Subversion venue d’ailleurs ou subversion par le dedans. Ces phénomènes ne s’excluent pas nécessairement. Ils peuvent très bien se cumuler… »

19 sept 2012 http://www.gollnisch.com/

30/01/2013

Michel Onfray casse BHL (CSOJ)