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actualité - Page 2904

  • Matteo Salvini un chapelet à la main a lancé à la foule: « Voulez-vous jurer de (…) libérer les peuples d’Europe ? »

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    N’hésitant pas à brandir un chapelet face à la foule pour attester de la solidité de son engagement, Matteo Salvini a annoncé sa volonté de créer en Europe « la Ligue des Ligues »: une association paneuropéenne de partis souverainistes et identitaires à l’occasion du rassemblement annuel de La Ligue à Pontida au Nord de Milan:

    « Pour gagner, nous devions unir l’Italie, maintenant nous allons devoir unir l’Europe », je pense à une Ligue des Ligues d’Europe, réunissant tous les mouvements libres et souverains qui veulent défendre leurs populations et leurs frontières », « Ce que nous avons réussi à faire cette année, l’année prochaine, nous le ferons au niveau continental », a lancé le fougueux ministre italien de l’Intérieur à propos des élections au Parlement européen en mai 2019.  Source Les Observateurs

    Matteo Salvini a annoncé qu’à titre d’alternative à «l’Europe fondée sur l’exploitation et l’immigration de masse», il envisageait de créer une «Ligue des ligues» avant les élections de mai 2019 au Parlement européen. Les Izvestia

    Matteo Salvini fera appel à tous les partis qui n’appartiennent pas actuellement au même groupe que nous au Parlement européen. Par exemple, en plus de nos amis d’Autriche, d’Allemagne et de France, il y a des partis intéressants en Suède, en Belgique et en Bulgarie « , a déclaré aux Izvestia le conseiller du leader de la Ligue, Gianluca Savoini. « Étant déjà dans le statut de l’alliance paneuropéenne, nous continuerons à défendre une coopération étroite avec la Russie et des relations amicales avec elle.« 

    Une stratégie confirmée par Marcel de Graaf, l’eurodéputé Hollandais, qui co-préside le parti de « l’Union des Nations et de la liberté » au Parlement européen:

    « Nous soutenons pleinement l’initiative de M. Salvini de créer une grande ligue de partis dans l’Union européenne qui veulent voir l’Europe des nations, pas le super-État européen fédéral. » « Notre groupe au Parlement européen pourrait être étendu aux partis des pays qui ne sont toujours pas affiliées – a-t-il déclaré aux Izvestia. «Matteo Salvini s’adressera à tous les partis qui ne font pas déjà partie du même groupe que nous au Parlement européen. Par exemple, en plus de nos amis d’Autriche, d’Allemagne et de France, il y a des partis intéressants en Suède, en Belgique et en Bulgarie. En obtenant le statut d’alliance paneuropéenne. », a déclaré Gianluca Savoini, conseiller du leader de la Ligue.

    Le groupe de « l’Union des Nations et de la liberté » unit la Ligue italienne avec le Rassemblement national français (ex-FN) , le Parti des Pays-bas de la Liberté, le Parti de la liberté d’Autrichie (FPÖ) et des représentants des forces politiques de droite belges, polonaises et allemandes, mais les eurosceptiques wallons de Belgique ne sont pas encore représentés.

    Dans le même temps, au Parlement européen il existe actuellement un autre groupe eurosceptique – « l’Europe de la liberté et de la démocratie directe », qui comprend 45 députés. Les plus nombreux députés de ce groupe appartiennent au parti britannique UKIP, mais l’année prochaine après le retrait du Royaume-Uni de l’UE, cet Eurogroupe sera vidé de son sang. Les députés qui seront réélus ou élus parmi eux devront donc soit rester indépendants soit chercher un nouveau groupe. Or parmi eux se trouve le Mouvement 5 Etoiles.

    En faveur du réseau de partis nationalistes qu’il veut créer dans l’Union européenne, il a notamment cité la présidente du Rassemblement national français (ex-Front national), Marine Le Pen, le Premier ministre hongrois Viktor Orban et le jeune chancelier autrichien Sebastian Kurz. Ce qui est un noyau très solide.

    « Avec sa ligne dure sur les migrants et les négociations avec l’Union européenne, le gouvernement italien, entré en fonction le 1er juin, a fait plus en un mois que ses prédécesseurs en six ans » , a poursuivi Matteo Salvini qui annonce que son parti est en place pour les 30 prochaines années. « Chacun d’entre vous est mon frère et ma sœur. Les enfants de chacun de vous sont mes enfants », a-t-il lancé à la foule de ses partisans, et brandissant un chapelet il l’a interrogée : « Voulez-vous jurer de ne pas abandonner tant que nous n’aurons pas libéré les peuples d’Europe ? » Franceinfo

    Si les élections européennes remportaient le succès attendu ce serait une vaste coalition en faveur d’une Europe des nations qui investirait la Parlement européen au printemps 2019.

    Quoi qu’il en soit, le désir de rejoindre l’alliance eurosceptique annoncée de Matteo Salvini entre le « M5S » et un certain nombre d’autres partis de droite dépendra largement d’une conjoncture politique qui pour l’heure penche clairement en faveur du leader de la Ligue. A peine arrivé au pouvoir, Matteo Salvini, élu sous les mots d’ordre de renforcement de la lutte contre les clandestins, est passé des paroles aux actes. L’une des premières mesures a été le refus de lancer des navires avec des immigrés clandestins sauvés dans les ports italiens, ce qui a provoqué beaucoup de critiques de la part des partenaires européens de Rome, mais a considérablement renforcé la popularité du vice-premier ministre et de son parti. Si dans les élections de mars, la Ligue aobtenu le soutien d’un peu moins de 18% des électeurs, sa côte dépasse déjà 30% aujourd’hui.

    La croissance de la popularité des sentiments anti-migrants est notable non seulement en Italie, mais elle a considérablement renforcé sa position, aussi, en Allemagne, en République tchèque, en Slovaquie, en Bulgarie et dans les pays scandinaves [Suède et Danemark ndlr]. En outre, les adversaires d’une politique migratoire sont déjà au pouvoir en Hongrie et en Autriche. Le tournant est notable depuis les précédentes élections du Parlement européen en 2014, soit avant la première vague des partis anti-migrants qui n’ont pas hésité à résister ter fortement à l’afflux de réfugiés.   Source « les Izvestia »

    Sebastian Kurtz, le jeune chancelier autrichien, va prendre pour six mois la tête de l’Union européenne, une conjoncture favorable au tournant anti-immigration actuel, lorsqu’il la quittera nous serons très proches des élections européennes. Sa présidence sera suivie de celle de la Bulgarie dont l’orientation reste très incertaine.

    http://www.medias-presse.info/matteo-salvini-un-chapelet-a-la-main-a-lance-a-la-foule-voulez-vous-jurer-de-liberer-les-peuples-deurope/94370/

  • Mayotte : l’immobilité du gouvernement devant la submersion migratoire, par Anne Isabeth

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    9148-20180707.jpgLes débats et prises de bec pour déterminer qui devait accueillir, ou pas, les migrants embarqués sur l’Aquarius ou le Lifeline ont fait oublier la situation dramatique qui est celle de notre 101e département français depuis 2009, Mayotte. Mansour Kamardine, député Les Républicains tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme.

    « A Mayotte, c’est un “Aquarius” qui arrive par semaine. En 4 mois et en toute impunité, 12 000 clandestins sont arrivés sur l’île, ce qui représente une croissance démographique record de + 4,7 %. Rapporté à la population, c’est comme si la métropole avait accueilli plus de 3 millions de clandestins en 4 mois ! Voilà ce que nous vivons à Mayotte ! Quel territoire de la République supporterait une telle pression migratoire ? », s’est alarmé le 4 juillet le député, dans un communiqué.

    Il faut dire que rien n’est fait pour aider, sur place, les autorités à refouler ce flot de clandestins qui submergent littéralement l’île. L’horizon est pour le moins obscur puisque les autorités comoriennes ont décrété, en mars dernier, qu’elles ne voulaient pas admettre leurs ressortissants sur le territoire, car les Comoriens seraient chez eux à Mayotte ! Cette prise de position, pour le moins ahurissante, ne risque pas d’être infléchie par la position de notre gouvernement qui réagit plus que mollement. Après avoir décidé, le 4 mai dernier – soit deux mois plus tard ! – que plus aucun visa pour l’espace Schengen ne serait délivré aux ressortissants comoriens, le gouvernement est revenu en partie sur sa décision en indiquant que cette mesure n’affecterait pas les étudiants en demande de visa.

    C’est donc un flot ininterrompu qui, depuis quatre mois, vient grossir le nombre des clandestins. Une situation qui ne semble pas émouvoir en métropole – Mayotte est loin des yeux et donc loin du cœur ? Le député LR ne mâche pas ses mots : « Dans les faits, derrière une façade de fermeté et de détermination, se cachent la mollesse, la faiblesse, la lâcheté et l’impuissance de nos dirigeants actuels à protéger le territoire national, à garantir le contrôle des frontières et à protéger nos compatriotes, en particulier les plus pauvres d’entre eux. » Et il conclut en prévenant : « J’en appelle au sursaut de conscience du gouvernement, avant qu’il ne soit trop tard, avant que les citoyens ne décident d’assurer leur sécurité par eux-mêmes à la frontière du territoire. »

    Anne Isabeth

    Article paru dans Présent daté du 5 juillet 2018

    https://fr.novopress.info/

  • Migrants : quand l’UE se fracture – JT TVL 6 juillet 2018

    1) Union Européenne / Migrants : quand l’UE se fracture

    La crise des migrants continue de diviser l’Union Européenne. Avec la présidence de l’Autrichien Sebastian Kurz, les opposants à la politique immigrationniste espère un retournement de la situation.

    2) Sécurité / Nantes : la contamination se poursuit

    Deux jours après la mort d’Aboubakar Fofana lors d’un contrôle de police où il a tenté de fuir en écrasant un policier, la cité de Nantes continue de s’embraser… Le policier à l’origine du tir est en garde à vue.

    3) Politique / Plan pauvreté : Les sans-dent attendront

    Emmanuel Macron repousse plusieurs échéances politiques. Le report annoncé mercredi du très attendu plan pauvreté éloigne à nouveau le président de son aile gauche.

    4) International / Maroc : la révolte qui gronde encore

    5) L’actualité en bref

    https://www.tvlibertes.com/2018/07/06/24084/migrants-lue-se-fracture-jt-tvl-6-juillet-2018

  • Revue de presse : ET EMMANUEL MACRON DANSA AU NIGERIA

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    Jean-Charles Mignard Boulevard Voltaire cliquez ici

    En promenade au Nigeria, Macron a célébré la « créativité africaine » en s’exhibant sur la piste d’une boîte de nuit de Lagos au son des tambours, comme aurait dit Rose Laurens. Sans grâce ni rythme, il bouge vaguement et tape des mains. Bof ! C’est moins branché que la désormais célébrissime fête de la Musique à l’Elysée, mais tout aussi déplacé et ridicule. Et surtout plus immature encore.

    Imagine-t-on un autre président de la République française – même Hollande, même Sarkozy – dans de tels dévoiements de la fonction présidentielle ? Le scooter de Hollande était involontaire. La teuf africaine de Macron, elle, se veut, avec la suffisance habituelle de son auteur, un acte de communication doté d’une signification profonde.

    En fait, ce comportement révèle un manque de maturité étonnant et un goût prononcé de l’exhibition personnelle. L’impression de malaise devant un comportement si marqué par l’adolescence incite à la réflexion. À quel Président les Français ont-ils confié leur destin ? À quelle personnalité ? Et dire que certains croyaient que Macron incarnerait avec sérieux et dignité le renouveau de la fonction présidentielle !

    Mais si, voyons, l’autorité est bien au rendez-vous. L’autorité ? Non, l’autoritarisme !

    Autoritarisme. Le « Je suis votre chef » rappelé maladroitement aux militaires, comme si ces hommes et femmes capables du sacrifice suprême avaient besoin de cette inutile et obscène piqûre de rappel. Un vrai chef n’a nul besoin de préciser qu’il est le chef. Hélas, sa scolarité à l’ENA n’a pas appris au jeune Macron cette évidence humaine.

    Autoritarisme quand on met à pied, au mépris de toutes les règles, un ambassadeur respecté et efficace, coupable de dire ce qu’il pense d’un gouvernement brillamment réélu. Ah, mais le gouvernement hongrois de Viktor Orbán fait partie de ce que l’on qualifie hypocritement de « vent mauvais ». Éric Fournier, ambassadeur de France, a juste commis un délit d’opinion, si curieusement révélé par Mediapart.

    Toutefois, mettons au défi Macron d’être aussi brillamment réélu qu’Orbán dans quatre ans. Et mettons-le au défi de se remettre en cause à mi-mandat, comme l’a annoncé le nouveau président mexicain Andrés Manuel López Obrador.

    Ces défis-là ne seront jamais relevés. Car les autoritaristes sont des faibles ; seule leur inconscience les protège de leur propre ridicule.

    http://synthesenationale.hautetfort.com/

  • Têtes à clash n°31 : 80 km/h, doit-on cesser d’emmerder les Français ?

  • 220 000 avortements par an, cela ne leur suffit pas

    6a00d83451619c69e2022ad39eb1d3200b-250wi.jpgLe Planning familial se plaint, dans Marie-Claire, que certains médecins osent refuser de pratiquer des avortements. Non, l'avortement ne sera jamais un acte anodin :

    "[...] Des médecins refusent de pratiquer des IVG, sans le dire directement mais en multipliant les rendez-vous ou les actes médicaux pourtant optionnels. Tout cela sans réorienter vers un.e professionnel.le compétent.e, comme la loi le prévoit. À force de ne pas répondre à la demande des femmes dans les temps, les délais sont parfois trop courts. Elles sont loin les années 70, pourtant aujourd’hui encore, des femmes se rendent aux Pays-Bas, en Angleterre ou en Espagne pour avorter. En cause : des délais d’attente trop longs, une découverte tardive de leur grossesse. Parfois encore elles ne peuvent pas avoir recours à l'interruption médicale de grossesse, ou subissent des violences conjugales à compter de l'annonce d’une grossesse pourtant désirée au départ.

    Les inégalités d’accès à l’avortement sont encore énormes en France : inégalités territoriales, inégalités sociales, inégalités économiques. Sur le numéro vert national géré par le Planning ou dans les lieux d’accueil, on entend encore trop de femmes nous raconter les questions intrusives ou jugeantes au moment de leur demande d’IVG : "Vous ne pouvez pas assurer cette grossesse ?" ; "Avez déjà fait une IVG ?" ; "Vous aviez une contraception ?"  Elles nous parlent trop souvent du soi-disant "petit coeur qui bat" qu’on leur fait écouter, sans leur demander leur avis, au moment d’une échographie. Il arrive aussi régulièrement que des structures refusent de prendre en charge des femmes sans papier ou étrangères, et qu’on leur demande de payer en amont l’IVG – pourtant, elle est considérée comme un "soin urgent".

    Nous recevons aussi des femmes à qui l’on a dit que l’IVG médicamenteuse ne fonctionnerait pas en raison de leur poids, ou qu’elles doivent revenir avec leur conjoint… Il s’agirait d’un choix à faire à deux ! Les jeunes filles mineures nous disent parfois que leur anonymat n’a pas pu être préservé car une facture est arrivée à la maison, ou que leur avortement avait été conditionné à la pause d’un implant pendant l’intervention.

    Pendant l’été, la continuité du service public n’est pas toujours assurée en raison du manque de professionnel.le.s. Cela amène des femmes sur certains territoires notamment en zones rurales, à parcourir de longues distances pour avorter. Dans le Loiret, des femmes devront aller avorter dans un autre département cet été. Un hôpital en Ardèche n’assure plus les IVG en ce moment même. Par mesure d’économies, la restructuration de services conduit à ce que des centres IVG dédiés, avec des professionnel.le.s. formé.e.s et volontaires pour accueillir les femmes dans de bonnes conditions, se voient obligés de se regrouper avec d’autres services (de chirurgie ou ambulatoires ou de maternités).

    D’autres freins à l’accès à l’IVG viennent des anti-choix : la première source d’information est Internet, et ceux-ci sont très présents pour délivrer de fausses informations, sous couvert de sites se faisant passer pour “officiels” : les femmes qui les ont eus au téléphone se disent choquées de leurs propos, et de leur manière de leur imposer de changer d’avis sur l’avortement. Il faut lutter tous les jours contre cette désinformation et mieux faire connaître les sites pro-choix, et s’appuyer sur le nouveau délit d’entrave à l’IVG étendu à Internet.

    L’avortement est un acte courant de la vie des femmes : une sur trois y aura recours au cours de sa vie. Alors oui, on a encore à se mobiliser en France pour que l’avortement devienne réellement un droit effectif pour toutes les femmes, quelle que soit leur situation sociale et économique, pour que l’avortement soit vraiment considéré comme une priorité de service public, au même titre que d’autres soins, pour que l’information soit accessible partout et facilement. Nous exigeons que le droit fragile des femmes à disposer de leur corps soit effectivement appliqué pour toutes."

    A côté de ce discours idéologique, il existe des témoignages poignants de femmes que l'on a forcé à avorter. Nombreuses. Pour celles-là, le Planning familial n'a que mépris.

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Les technocrates ne changent pas

    6a00d8341c715453ef022ad39eb71a200b-320wi.jpgCe 3 juillet, les 550 délégués du Medef ont désigné le successeur de Pierre Gattaz. Une fois de plus la grosse presse unanime s'était engouffrée, depuis plusieurs jours, dans le recours, pour désigner son rôle, à une appellation vide de sens. Elle invite à voir dans le président de ce mouvement, car tel est le nom du Medef, le patron des patrons[1]. Rappelons qu'en réalité, il ne s'agit que du porte-parole de la plus grosse organisation représentative des entreprises, ne répercutant que les opinions de ses adhérents.

    Or, en cette occasion, sur RTL, François Lenglet gratifia de son propre commentaire les auditeurs de ce qui se veut la première radio de France. Habituellement, les chroniques relativement vivantes de ce commentateur agréé, sans doute talentueux mais légèrement arrogant, présentent une des rares fenêtres d'évocation des débats économiques offertes à un grand public désinformé.

    Et, ce matin-là, sans aucun lien réel avec l'événement du jour, il crut nécessaire de faire l'apologie de celui qu'il désigne pour un précurseur en la personne d'Auguste Detœuf (1883-1947).

    Le chroniqueur saluait en lui "un grand patron de l'entre-deux-guerres".

    Detœuf avait en effet fondé Alsthom, en 1928, qui donnera aussi naissance à Alcatel, l'ex-champion français des télécoms. Deux entreprises aujourd'hui en déconfiture après avoir eu leur heure de gloire.

    Detœuf faisait surtout figure de pilier du fameux centre polytechnicien d'études économiques, le groupe X-Crise.

    Il s'agit en fait d'un penseur et d'un praticien de ce qu'on appelle couramment la technocratie. À partir de la constitution du gouvernement Darlan en 1941, et, pendant quelques années, on en assimila le règne à une forme de synarchie, que les historiens actuels jugent en général quelque peu mythique[2].

    Detœuf penseur avait cru pouvoir prononcer comme un éloge funèbre des libertés économiques, supposant acquis leur acte de décès. Il prononça dans ce sens une conférence du 1er mai 1936 intitulée : "La fin du libéralisme". Lenglet reprend cette rhétorique à son compte. Et il conseille au nouveau président du Medef de s'en inspirer.

    "Le libéralisme a fait merveille", par le passé, mais, poursuit-il, "le libéralisme nous a donné de bien mauvaises habitudes. Il a sanctifié l'égoïsme. En bénissant le succès personnel, comme l'élément unique et nécessaire du bien-être général, il a détruit la notion de bien-être social".

    Detœuf, au contraire de l'idée fausse qu'il attribue au libéralisme, adhère à l'idée d'un étatisme à la fois rationnel et "sacrificiel". La convergence des monopoles sauvera, pensent les réseaux de technocrates, l'industrie française.

    Leur théorie repose à la fois sur l'idée d'un État "neutre"habilité à un tel titre à arbitrer la lutte des classes et sur l'illusion de son rôle de "stratège".

    Leur pratique, à partir de l'époque du front populaire et de la création de la SNCF en 1937, sera celle de l'étatisation, puis, à partir de 1945, de la planification appelée des vœux des divers courants d'idées dominants de la décennie 1936-1946, curant fortement représentés à Vichy.

    Or, si la France a entrepris un redressement économique salutaire, en particulier dans les premières années de la Cinquième république, elle ne le doit certainement ni aux théoriciens et ni aux praticiens de la technocratie.

    Ceux-ci ont effectivement colonisé à leur profit les allées du pouvoir et les conseils d'administration. Depuis un demi-siècle , ils ont mis en place un véritable capitalisme de connivence, dont les dirigeants polytechniciens de Alsthom comptèrent longtemps parmi les plus ardents représentants, avant de sombrer.

    Aujourd'hui, succédant aux disciples polytechniciens de l'Utopie saint-simonienne, est venu plutôt le temps des esprits ultra-conformistes. Recrutés et formatés au sein de l'École nationale d'administration, ils donnent le ton et servent de caisse de résonance de la pensée unique[3].

    En face des technocrates et des continuateurs de l'orientation prise par X-Crise, dans les années 1930, c'est au contraire leur adversaire le plus déterminé, c'est Jacques Rueff (1896-1978) qui exerça une influence majeure dans les réformes économiques positives réalisées en France à partir de 1958, particulièrement pendant la période (trop courte) où Antoine Pinay fut ministre des Finances du général De Gaulle, lui-même ouvertement admirateur de Rueff.

    Dès 1934, Jacques Rueff avait répondu par avance à Detœuf et à la majorité de ses condisciples osant expliquer "Pourquoi je reste libéral"[4]. En 1949, alors que l'influence du Commissariat Général au Plan battait son plein, il avait publié une remarquable "Épître aux dirigistes"[5]Il bataillera plus encore contre les fausses équations monétaires de Keynes. On présenta, jusqu'aux années 1970, les combinaisons d'erreurs keynésiennes comme l'unique alternative tolérée au quasi-monopole des idées de Marx. Démonétisées un temps, elles ont repris de leur superbe avec l'arrivée de Mario Draghi et des enfants chéris de Goldmann Sachs, en 2011, à la tête de la Banque centrale européenne.

    Non cette faune technocratique ne sauvera pas plus la France qu'elle ne construira l'unité de ce qu'elle appelle l'Europe.

    JG Malliarakis 

    Apostilles

    [1] Le nouveau président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux est présenté de manière assez dithyrambique in La Croix du 4 juillet.
    [2] Lire à ce sujet Olivier Dard La Synarchie, Le mythe du complot permanent, Perrin, coll. Terre d'Histoire 1998, Tempus, 2012, 408 pages, publié en réponse à divers ouvrages écrits par des auteurs de tendances très différentes (Roger Husson alias Geoffroy de Charnay, Henry Coston, Jean Cottereau, Jean Saunier, Henri Azeau et André Ulmann, Roger Mennevée, Pierre Virion etc) mais convergents sur ce point, car accréditant tous l'assimilation de la technocratie à l'idée de Synarchie telle que rêvée par Saint-Yves d'Alveydre.
    [3] cf. à ce sujet l'article édifiant de Hadrien Mathoux dans Marianne du 2 juillet : "Le jury de l'ENA décrit des candidats moutonniers, incapables de penser par eux-mêmes."
    [4] titre de sa conférence donnée le 8 mai 1934 dans le cadre de X-Crise.br />[5] ed. Gallimard, 1949, 124 pages.

    http://www.insolent.fr/

  • Accord sur les migrants : l'Italie et l'Autriche, nouveaux chefs de file de l'Europe ?

    Dans cet intéressant entretien donné à Figarovox [4.07], au lendemain du dernier conseil européen, Jean-Thomas Lesueur, expose comment les leaders des pays d'Europe centrale et d'Italie sont désormais les hérauts d'une opinion européenne de plus en plus favorable à un durcissement de la politique migratoire. C'est cette voix qu'ils ont fait entendre au Conseil européen. 

    Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte semble être parvenu à imposer ses conditions lors des négociations sur les migrants. L'Italie est-elle en train de prendre un rôle de leader en Europe ? 

    Sur cette question, en effet. À la lecture du communiqué du Conseil européen, on trouve une inflexion, qu'on peut trouver trop lente bien sûr, dans le sens d'un durcissement de la réponse à la question migratoire. Dans le vocabulaire employé, on relève des euphémismes, des prudences, tout un champ lexical de pondération, mais il est notamment question du rôle des ONG, ce qui est nouveau. On assiste à une prise de conscience des peurs que suscite en Europe la question migratoire, et de la volonté de juguler les flux de la part des dirigeants européens. Et c'est assurément par l'Italie et l'Autriche que ces changements adviennent. On a beaucoup dit, hier soir, que le processus bloquait parce que l'Italie avait des revendications particulières qu'elle voulait voir prises en compte. Or c'est justement grâce au rôle de l'Italie que ce conseil a lieu et que la stratégie européenne de contrôle des flux commence à changer.

    L'accord signé est-il significatif ? On voit que beaucoup de décisions reposent sur le volontariat des pays, notamment pour établir des postes de contrôle en dehors de l'Union européenne. Que va-t-il sortir de concret ?

    Je pense que l'Italie va se sentir confortée dans sa stratégie de refus d'accueillir les navires de migrants. Concrètement, tout conduit à une décomplexion par rapport aux mesures de restriction de l'immigration et d'interdiction d'accès aux ports nationaux. Malte en profitera peut-être aussi pour durcir l'accueil des navires de migrants.

    Quant aux décisions prises, elles reposent effectivement sur le volontariat. Lorsque l'on suit cela de près, rien de très neuf n'émerge de cet accord. Il s'agissait d'abord, pour les dirigeants européens, que ce sommet ne tourne pas au psychodrame : ça aurait pu bien mal finir ! Les partisans d'une politique migratoire ferme prennent la main, mais Bruxelles et pas mal d'États membres restent dans l'optique d'une politique européenne concertée. Toute la culture européenne est une culture de consensus et de compromis. Et cette recherche d'équilibre est fragile. Il n'y a plus que Macron, à la sortie du conseil, pour mettre en avant l'idée d'un « dialogue européen ». Les autres chefs d'État ou de gouvernement ont plutôt insisté sur la nécessité de tarir les flux migratoires.

    La position de la France est-elle hypocrite ?

    Oui, c'est le triomphe du « en même temps ». Cela dit, Emmanuel Macron n'invente rien : François Hollande faisait la même chose, à savoir accueillir beaucoup moins de migrants que prévu sans l'assumer publiquement. Sur le fond, Macron est soulagé de ne pas avoir à assumer l'accueil de nouveaux migrants auprès de sa population, et publiquement il se targue de respecter les droits de l'homme et de bousculer l'Europe sur cette question.

    Pourquoi les récalcitrants, comme l'Autriche ou la Hongrie, ont-ils signé l'accord, si ce n'est pour sa flexibilité et le flou qui entoure les décisions prises ?

    Le fond de l'accord est assez peu contraignant, voilà le fond de l'affaire. L'Italie va par exemple pouvoir continuer sa politique de fermeté migratoire avec ce qui apparaît comme une forme de blanc-seing de la part du conseil européen. Politiquement, c'est une vraie victoire pour elle. Les Autrichiens ou les Italiens se rendent d'ailleurs compte que leur position est exactement celle attendue par les populations d'Europe occidentale. Cela constitue une situation politique inédite : la convergence d'un message porté par les dirigeants d'Europe centrale et italiens et des attentes d'une large partie de l'opinion des pays de l'Ouest. Politiquement, les résultats sont encore difficiles à cerner. Il reste que, sociologiquement et culturellement, les pays d'Europe de l'Est ont une influence considérable et portent une parole influente dans toute l'Europe. Ce qu'Angela Merkel et Emmanuel Macron sont obligés de prendre en compte.

    Comment va-t-on « trier » entre les migrants économiques et les réfugiés qui demandent l'asile ? Quels moyens seront mis en œuvre ?

    Le « laboratoire » de cette mesure sera l'Italie. Il faudra installer de vrais moyens, des hommes, du matériel et des procédures, notamment à la frontière entre la Libye et le Niger. Et l'enjeu portera sur la durée des procédures, qui doit passer de plusieurs mois à seulement quelques semaines. Mais il va sans dire que les migrants n'iront pas s'arrêter volontairement à ces postes de tri… Un Sénégalais de vingt ans, par exemple, qui tente d'atteindre l'Europe ne fuit ni la guerre, ni aucune persécution, ni même la famine, il n'a donc pas de moyens légitimes d'obtenir l'asile : il ne s'y présentera pas de lui-même.

    Il faut ainsi mettre les moyens pour obtenir une vraie politique migratoire européenne et renforcer le mécanisme de garde-frontières européens. Ce qui demanderait un coût de plusieurs milliards: l'Union européenne sera de toute façon amenée à dépenser beaucoup d'argent pour mettre au point cette politique réclamée par les peuples… Car raccompagner un clandestin à la frontière coûte cher.

    Et que deviendront les migrants des navires de sauvetage en mer affrétés par les ONG ?

    C'est la première fois que le sujet est évoqué dans les conclusions d'un Conseil européen. Je pense que, pour un pays comme l'Italie, cela ouvre la possibilité de mieux contrôler ses eaux, voire d'aller intervenir au plus près des ports libyens pour bloquer les passeurs ou les ONG en mettant ensuite ses partenaires devant le fait accompli. L'Italie aurait d'ailleurs l'aval des populations européennes en recourant à ce genre de démarche. Cet accord européen pourra créer un socle d'action pour que l'Italie monte d'un cran dans sa politique migratoire. Le climat européen et les mentalités changent énormément: nous sommes à un moment de rupture, notamment par rapport au renvoi des migrants. Il y a donc aussi un problème de droit qui doit être posé…  

    Jean-Thomas Lesueur est délégué général de l'Institut Thomas More.

    Entretien par  Journaliste Figaro Paul Sugy  Journaliste Figaro Etienne Campion

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • SOCIALES EN ITALIE. ET PUBLIC SÉNAT FAIT LE COUP DU MÉPRIS

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    On a pu assister avant hier, sur LCP, à une séance de torture inquisitoriale et de mauvaise foi d’Éric Ciotti par un peloton de journalistes de cette chaîne. Le but, sur un ton agressif et primaire, était de faire dire à M. Ciotti qu’il approuvait l’extrême droite italienne et, donc, qu’il était lui aussi d’extrême droite – sous-entendu, un « danger-pour-la-démocratie-et-heureusement-que-la-gauche-veille ». Minable, agressif, sommaire, rabâché et creux. Qui va, un jour, enfin, définir l’extrême droite ? Et quand va-t-on cesser de schématiser et proscrire des idées politiques dans un débat supposé démocratique où l’on devrait librement et calmement exposer ses idées pour donner une vraie information aux citoyens ? De plus fort dans l’entretien entre la chaîne du Sénat avec un élu de la nation, responsable politique.

    Or, voici que, ce mardi matin, on apprend que le gouvernement italien, si décrié, vient au secours des classes moyennes et inférieures en adoptant des mesures pour favoriser l’emploi. Cette nuit, le Conseil des ministres a adopté un décret-loi introduisant des mesures urgentes pour la « dignité des travailleurs et des entreprises » : il s’agit de rendre plus difficiles les licenciements et de sanctionner les entreprises subventionnées par l’État qui délocaliseraient. Elles devront alors rembourser de deux à quatre fois le montant de la subvention. Ce qu’aucun gouvernement, de gauche ou de droite, n’a su faire jusqu’au bout en France.

    Le communiqué officiel du gouvernement annonce aussi la « limitation de l’utilisation des contrats à durée déterminée » (désormais plafonnés à deux ans au lieu de trois) ; et les indemnités fixées par le juge lors d’un licenciement fautif seront également augmentées de moitié.

    Le Mouvement 5 étoiles (M5S) avait fait de ces mesures (ainsi que du rétablissement des retraites, en cours d’étude) son thème majeur de campagne électorale. Une partie du patronat italien a réaffirmé son hostilité à de telles mesures suspectées de décourager les embauches. Nous verrons, d’ici au maximum trois mois (début septembre), si les deux assemblées ratifient ce texte ou le modifient.

    Quand on ne sait plus penser et qu’on se contente de répéter en chorus des slogans : on taxe le gouvernement italien, suivi par 75 % de la population, tantôt de « populiste », tantôt d’extrémiste ou d’anti-européen… En attendant la suite, qui ne sera pas forcément facile, ce gouvernement italien avance, alors qu’ici, En Marche ! recule dans les sondages. Et, comble de l’impolitesse, ce gouvernement italien prend les mesures sociales promises dans le programme de gouvernement… Ainsi, l’idée d’écouter les demandes des peuples, pour plus de liberté, pour le plein respect du consensus sur l’équilibre sociologique et culturel de la nation, pour le respect des travailleurs et la sauvegarde de l’emploi, serait donc extrémiste ?

    http://www.bvoltaire.fr/avanti-italia-grandes-reformes-sociales-en-italie-et-au-fond-a-lextreme-gauche-pres-du-radiateur-public-senat/